Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les protectrices du dernier homme — Chapitre 2 · Mon miracle
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les protectrices du dernier homme
Chapitre 2 · Mon miracle
Je vivais reclus dans ce vieil appartement, tapi dans l'ombre, comme à mon habitude. Depuis que le virus avait rendu tous les hommes stériles, j'étais probablement l'un des rares à être immunisé. Si l'on me découvrait, je finirais enfermé, disséqué comme un rat de laboratoire. Alors je restai discret, invisible, le cœur battant à chaque bruit dans le couloir ou dehors. Je ne sortis que très rarement, et quand je le fis, je me déguisai en vieillard à l'article de la mort : dos voûté, chapeau rabattu sur un visage fripé par du maquillage grossier, pas traînant pour tromper les regards. C'était le seul moyen de ne pas être découvert, de ne pas finir en cobaye.
Un soir, pourtant, quelque chose changea.
Je vaquais à mes occupations quand je remarquai un silence inhabituel. L'immeuble était toujours calme. Des femmes y vivaient, mais on n'entendait presque jamais rien. Pourtant ce soir-là, un bruit sourd qui me hantait depuis des heures s'était tu. Intrigué, je risquai un œil dans le couloir.
L'ascenseur était bloqué entre deux étages.
Il était tard, la nuit profonde. Rien ne laissait penser qu'il y avait un problème, mais... je ne sus pas pourquoi, mon esprit me somma d'aller voir de plus près cet ascenseur qui fonctionnait toujours très bien. J'enfilai une veste, relevai la capuche, vérifiai qu'il n'y avait personne et n'entendis aucun bruit. Je m'avançai lentement, sur mes gardes, prêt à faire demi-tour au moindre doute. J'arrivai devant les portes de l'appareil bloqué et constatai rapidement, en regardant entre les deux battants à peine ouverts, quelque chose au sol qui gémissait péniblement. Je forçai les portes le plus doucement possible. À l'intérieur, elle était là, allongée sur le sol froid, tremblante, à moitié inconsciente. Elle cherchait sans doute quelque chose dans l'immeuble, à en juger par sa tenue qui n'avait clairement pas le standing habituel des rares personnes qui résidaient ici. Elle s'était retrouvée coincée, et personne n'était venu.
Je ne fus pas surpris : c'était en grande partie pour cela que j'avais décidé de m'établir temporairement dans ce bâtiment.
Je savais que je devais rester caché. Je mesurais l'importance de ce que je représentais et la gravité de ce qu'on pourrait me faire si l'on me découvrait. Je jouais clairement avec la fin de ma « liberté », mais... je ne pus me résoudre à la laisser mourir de froid. Et quelque chose me disait que je devais aider cette personne.
Je l'aidai à sortir. Elle était faible, gelée. Je la portai jusqu'à mon appartement, la couvris d'un plaid, lui préparai une soupe chaude. Elle but lentement, les yeux mi-clos, encore méfiante, et marmonna des choses que je ne compris pas grand-chose. Mais au bout de quelques minutes, elle sembla aller un peu mieux.
— T'es qui, toi, putain ? grogna-t-elle d'une voix rauque. Le dernier mec au monde ou juste un pervers qui mate les nanas coincées ?
Je marmonnai quelque chose sur les laboratoires, sur ma peur d'être capturé. Je dus bien avouer que je n'étais plus vraiment habitué à communiquer avec mes semblables et, avec tout ce stress, ma bouche parlait, mais mon cerveau ne semblait pas la suivre. Elle sourit à peine, les lèvres encore engourdies.
— T'as de la bouffe ? Parce que si t'as que du sperme, je préfère geler, merde.
Je ris presque, nerveusement, mais aussi parce que ce n'étaient pas les premiers mots que j'attendais d'elle. C'était la première fois depuis des années que je riais.
Elle était comme ça : franche, rustre, un langage de camionneuse, pas de filtre. Elle parlait fort, jurait sans retenue, te regardait dans les yeux comme pour te défier. Elle avait vécu dehors, dans ce monde durci, et ça se voyait.
Elle accepta quand même de rester. Je lui prêtai un vieux pull trop grand qui sentait la sueur et le linge mal rangé, une odeur d'homme que plus personne ne connaissait. On s'assit. On parla peu. Elle me regarda comme si j'étais un fantôme. Moi, je la regardai comme si elle était un miracle. On savait tous les deux que quelque chose d'impossible venait de se produire. Quelle chose qui nous dépassait et qui nous forçait presque contre notre gré, contre notre nature, à le faire.
La nuit tomba. Je lui offris mon lit. Je dormis sur le canapé. Elle répondit quand même à ma générosité par une gentille blague à propos de gentleman. Avant de fermer la porte de la chambre, elle me dit :
— Au fait, moi c'est Lucy, et toi ?
Je lui répondis :
— Jacques, même s'il me semblait le lui avoir déjà dit.
On était séparés par un mur fin, mais on n'arriva pas à dormir. On pensait à la même chose. On entendit le souffle de l'autre à travers la cloison. On n'osa pas bouger. Je ne savais pas vraiment quelles étaient ses intentions, mais j'avais toujours entendu dire qu'un chien qui aboie ne mord pas. Je fis donc confiance à cet adage et décidai de l'aider jusqu'au bout. Nous verrions bien demain si je me réveillais attaché, bâillonné ou pire : balancé aux autorités.
Le lendemain matin, je me réveillai le premier. Lucy dormait encore, à moitié recroquevillée sous la couette. Le pull avait glissé, découvrant la courbe de ses fesses. Je la regardai. Longtemps. Son corps était magnifique, réel, vivant. Sa peau sentait encore le métal de l'ascenseur et quelque chose de plus chaud, de plus elle.
J'eus très envie de la prendre tout de suite, là, maintenant. Le désir me brûla comme jamais. Mais je restai là, immobile, respectueux. Je ne la touchai pas.
Lucy bougea légèrement. Elle releva une jambe. Le tissu remonta un peu plus. Elle savait que je regardais. Elle fit semblant de dormir, s'offrit un peu plus à mon regard, lentement, comme pour me tester, pour voir si j'étais quelqu'un de confiance. Je le fus. Terriblement excité, oui, mais je ne bougeai pas.
Je finis par m'éloigner sans bruit et allai préparer le petit-déjeuner en silence.
On mangea. La gêne était là, mais elle parla déjà plus. Toujours aussi directe, toujours ces jurons qui claquaient, mais quand je lui parlai de ma solitude, elle baissa un instant les yeux, tripota le bord de son bol. La journée passa ensemble. On commença à se dire des choses : mes peurs, ma terreur d'être capturé. Elle écouta, hocha la tête, lâcha un « putain, c'est rude » de temps en temps, mais sa voix fut un peu moins tranchante. Elle me fit comprendre, à sa manière, qu'elle ne cherchait pas à me balancer.
Le soir venu, elle décida de rester encore.
— J'ai pas envie de me les geler dehors, grogna-t-elle, mais elle ajouta plus bas :
— Et... c'est pas si mal ici.
Deuxième nuit : elle dans le lit, moi... sur le canapé.
Le lendemain, le deuxième matin, tout recommença comme la veille, mais cette fois avec une lenteur presque provocante. Elle s'étira longuement, laissa le pull remonter plus haut, les yeux toujours fermés, mais un léger sourire au coin des lèvres. Elle testa encore, poussa un peu plus loin. Son odeur, un mélange de sommeil, de femme et de mon propre pull, envahit la pièce.
Je craquai intérieurement. Une chaleur lourde dans le ventre me tendit comme un arc. Je filai sans bruit dans la salle de bain, pensant qu'elle ne m'avait pas remarqué, fermai mal la porte sous cette soudaine et terrible envie. Je me soulageai lentement, la main tremblante. Ça faisait mal, trop longtemps sans, et elle m'excitait tellement. Je retins mon souffle, mais pas tout à fait.
De son côté, Lucy entendit. Elle entendit mon souffle saccadé. Ses doigts glissèrent sous la couette. Elle se toucha, mouilla, imagina. Aucun de nous ne dit rien.
La journée continua. On parla encore plus. Elle me raconta sa vie d'avant, les routes, les jobs durs, comment elle avait survécu seule. Par moments, elle jura moins, laissa des silences plus doux et laissa transparaître un magnifique sourire. Mais dehors, un bruit lointain, une sirène peut-être un contrôle de routine, me rappela que notre bulle était fragile, que le monde attendait pour nous avaler.
À partir du troisième matin, quelque chose changea vraiment. Lucy s'adoucit. Les gros mots devinrent plus rares, les gestes plus calmes. Elle rit franchement à une de mes blagues, un rire clair, surpris, comme si elle ne s'y attendait pas elle-même. Elle resta près de moi quand on était assis, pas encore contre moi, mais tout près. La sauvage baissa les crocs, laissa entrevoir la femme qu'il y avait dessous.
Et le soir venu, alors que je m'apprêtais à rejoindre le canapé, Lucy me dit :
— Tu sais que tu n'es pas obligé de dormir là-bas, le lit est bien assez grand pour nous deux.
Mon corps se tétanisa quelques secondes, mon cœur se mit à battre fort, très fort, mais je pris finalement mon courage à deux mains et la rejoignis.
Allongé à côté d'elle depuis maintenant plusieurs minutes, elle se retourna, prit mon bras et le tira contre son ventre tout en se reculant contre moi, se collant comme une huître à son rocher. J'étais là, allongé contre une merveille, le cœur qui battait à cent à l'heure, son odeur, CETTE odeur de femme, de chaleur, d'elle. Mais avant que mon cerveau n'explosât, Morphée fit son œuvre et nous nous endormîmes ainsi.
La confiance grandit. Le désir aussi. Plus intense, plus proche, presque insoutenable.
Et on sentait que le temps commençait à man
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Commentaires ()
Ça rend la lecture un peu compliquée je trouve.
Malheureusement c'est comme ça pour tout le roman. Je n'ai jamais eu ce genre retour mais espère que vous prendrez malgré tout du plaisir à lire la suite ! 😊
rdv le 18 ^^'