Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les protectrices du dernier homme — Chapitre 11 · Notre pacte
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les protectrices du dernier homme
Chapitre 11 · Notre pacte
Le lendemain matin, le téléphone était toujours posé sur la table basse, encore tiède de la veille au soir quand Sarah l'avait discrètement déposé. Nous ne l'avions pas encore examiné, car les filles étaient rentrées tard et moi, je m'étais couché tôt. Elles avaient donc préféré attendre que nous soyons tous ensemble.
On se réveillait doucement, dans ce silence un peu lourd qui suit les grandes attentes. Lucy faisait le café, Amina était sous la douche, et moi je fixais cet appareil comme s'il allait exploser d'un moment à l'autre.
On s'installait tous les trois autour de la table, tasses fumantes en main. Lucy prit le téléphone la première. « Il est là depuis hier soir ... Elles ont finalement osé. Mais... que pensez-vous qu'il contient ? ». Amina lui répondit qu'il n'y avait pas 50 solutions pour le savoir, il fallait qu'elle regarde.
Elle alluma l'écran et regarda : trois dossiers : « Eden », « Cadeau », « Réponse ». On ne toucha rien pendant de longues secondes. On respirait juste. On savait que ce n'était pas une simple vidéo. C'était leur réponse. Leur corps, leur désir, leur oui peut-être. Mais peut-être tout autre chose...
On n'appuya pas tout de suite sur lecture, parce que c'était trop. Parce que c'était réel. Parce qu'une fois qu'on aurait lancé « Réponse », on ne pourrait plus faire demi-tour.
Finalement, on s'habilla vite fait. On brancha le téléphone sur la télé. L'écran 55 pouces devint noir. Lucy cliqua sur « Réponse ».
L'image apparut. Léa était poussée par Sarah sur le lit. C'était une magnifique jeune rouquine aux couleurs pâles, avec une si belle petite paire de seins en parfaite harmonie avec son corps. Sarah, tout aussi sublime, petite brune aux longs cheveux lisses, parfaitement épilée, s'installa entre elles et lui écarta les jambes. On découvrit alors la magnifique toison rousse de Léa. Sarah s'approcha tout près, puis tourna la tête vers la caméra et lâcha avec un sourire plein de malice : « Vous voyez ça ? Ça... c'est à moi. »
Amina me serra la main très fort. Moi, je serrai celle de Lucy. On regardait, hypnotisés. L'air devenait plus lourd. On commençait à chauffer, mais ce n'était pas seulement de l'excitation physique. C'était plus profond. On était touchés. Bouleversés.
La vidéo continua malgré la montée d'hormones. On les vit se caresser, se donner du plaisir, hurler de bonheur avec des regards vicieux. Puis vint le clou du spectacle : leur ciseau. Elles se frottèrent, se retinrent un instant, puis lâchèrent prise. Quand elles jouirent ensemble, en même temps, Amina ferma les yeux et murmura : « Putain de merde... elles me font mouiller ces petites pestes ! ».
Moi, je haletais, je bandais très fort, submergé par tant de désir. Les tétons de Lucy pointaient visiblement sous son haut et se mordit les lèvres, pas seulement par envie, mais par une vérité brute. Elle était très excitée, cela ne faisait aucun doute, mais surtout rassurée : notre plan fonctionnait vraiment.
L'écran s'éteignit. Silence. Trois respirations qui se synchronisaient. Une seule idée, claire comme de l'eau : on allait les faire monter. Pas aujourd'hui. Mais bientôt.
On resta longtemps comme ça, regard dans le vide. Amina parla la première : « C'était pas du bluff. C'était pas pour rire. » Lucy répondit doucement : « C'était un appel. » Moi : « Elles nous ont montré tout ce qu'elles veulent. » Amina : « Et on leur a montré tout ce qu'on a. » Lucy : « Mais elles veulent pas juste regarder visiblement. Elles veulent participer. » Moi : « Elles veulent être prises. » Amina : « Par lui. » Lucy : « Et par nous. »
On se regarda tous les trois. Ce n'était pas un plan cul. C'était une rencontre pour former, nous l'espérions, une forme d'alliance. Ce n'était pas une soirée. C'était la suite logique. Et on le sut en même temps : on les ferait monter. Demain. Après-demain. Quand elles seraient prêtes. On leur ouvrirait. Pas seulement la porte. Tout. Mais que si elles étaient réellement prêtes.
On décida de les laisser mariner un peu. On patienta plusieurs jours. Au bout du troisième soir, tard dans la nuit, en accord avec Amina et Lucy, je pris le téléphone. J'ouvris le bloc-notes. J'écrivis lentement, gros, blanc sur noir : « Quand vous voulez. Les filles, vous savez où on habite, mais la discrétion est de mise, vous le comprenez très bien. »
Je regardai Amina. Elle hocha la tête. Lucy regarda par la fenêtre. Nuit noire. 2 h 12. Amina descendit pieds nus dans l'escalier, posa le téléphone sur le paillasson, toqua doucement, remonta. On resta tous les trois sur le canapé. Pas un bruit. On écoutait. Rien. Mais on savait. Elles verraient. Elles comprendraient. Elles décideraient. Et très bientôt, Léa sera là, devant nous trois à nous raconter comme elle a reçu notre message. De mon côté, je m'imaginais déjà sa manière de réagir en voyant ce téléphone posé devant sa porte d'entrée.
Quelques jours plus tard, petit matin. Léa descendit chercher le courrier en nuisette. Elle vit le téléphone. Elle se figea. Elle le ramassa, rentra en courant. « Sarah ! » Sarah sortit de la cuisine, céréales en bouche. « Quoi ? » « Ils nous ont répondu. »
Elles coururent dans la chambre. Léa posa le téléphone sur le lit. Elles s'assirent tout près l'une de l'autre. Léa : « C'est quoi ? » Sarah : « On regarde ? » Léa hésita : « Oui... non... attends. »
Elle ouvrit le bloc-notes. Une ligne. « Quand vous voulez. Les filles, vous savez où on habite, mais la discrétion est de mise, vous le comprenez très bien. » Léa souffla un petit « oh... » Sarah lâcha presque sa cuillère qu'elle avait gardée machinalement de la cuisine. Elles se regardèrent. Sarah : « Ils nous veulent... » Léa : « Putain, que crois-tu qu'ils vont nous faire ? » Sarah : « Pas juste regarder je pense... et j'espère surtout. » Léa : « Merde, je stresse un max ! »
Elles savaient. Ce n'était plus une question. C'était un lieu. Une heure. Une invitation ouverte. Elles savaient où on habitait. Elles savaient qu'on les attendait.
Toute la journée, elles hésitèrent. Le soir passa. Le lendemain encore. Elles parlèrent des heures. Sur le balcon. Sur le lit. Dans la cuisine. « J'veux y aller. » « J'en ai envie. » « J'ai peur. » « Et si elles nous détestent après ? » « Et si elles nous gardent ? » « Et s'il nous baise toutes les deux ? » « Et si on aime pas ? ».
Elles riaient. Elles pleuraient un peu. Elles se touchaient la main. Elles se disaient que ce n’était pas normal. Que c'était pas mal. Que c'était vrai. Que c'était peut-être la seule fois. Que c'était peut-être la dernière et elles savaient déjà intérieurement que leur choix était déjà fait...
Mais elles ne montèrent pas tout de suite. Elles attendaient. Elles respiraient. Et nous, en haut, on attendait aussi.
Quatre jours après le message, 22 h 18.
L'immeuble était silencieux. Dans leur chambre, Léa regarda Sarah. Sarah regarda Léa. Pas un mot. Juste un regard qui disait : « C'est maintenant. »
Elles se levèrent. Elles ne portaient ni maquillage ni parfum. Juste deux corps. Deux cœurs qui cognaient fort. Elles étaient en leggings et en T-shirts trop grands. Rien dessous. Elles montèrent l'escalier sans bruit. Le téléphone se trouvait dans la poche de Sarah. Devant notre porte, elles s'arrêtèrent. Léa leva sa main tremblante, puis la retira. Elle regarda Sarah. Sarah hocha la tête. Alors Léa frappa. Deux coups. Très légers. Presque timides.
À l'intérieur, on entendit les coups. Lucy se leva la première. Elle regarda par l'œillet. Un immense sourire illumina son visage. Elle se retourna vers nous et murmura : « Je crois que c'est parti. »
Amina stressa d'un coup. « Merde, je ne suis pas correctement habillée », dit-elle.
Moi, je lui attrapai la poignée en lui disant : « Reste comme ça, naturelle. C'est ce qu'elles veulent, crois-moi. »
On resta figés une seconde. Lucy ouvrit la porte.
Elles étaient là. Stressées. Pieds nus sur le carrelage froid. Le téléphone était serré contre Sarah comme un talisman. On voyait qu'elles regrettaient presque d'être venues, qu'elles se demandaient si elles n'avaient pas commis une énorme connerie.
Lucy, douce et rieuse, lança : « Bonsoir les filles. On vous attendait plus. »
Sarah bégaya : « Pardon madame... je pense qu'on s'est peut-être trompées... »
Lucy rit doucement. « Non non, pas de madame. Appelez-moi Lucy, j'ai pas 60 ans, je pourrais être votre grande sœur. On peut parler normalement. Entrez, venez... »
Elles entrèrent lentement. Elles nous dirent bonsoir tout bas. Je répondis : « Bonsoir les filles, venez, on ne va pas vous manger... enfin, je crois pas ? »
Je regardai Amina qui riait à ma blague, puis j'invitai les filles à s'asseoir. On leur proposa à boire, quelque chose à grignoter. Et on parla. Du quartier. Du temps qu'il faisait. De leurs études à la fac. Pas un mot sur les vidéos. Pas un mot sur le sexe. Petit à petit, leurs voix montèrent, leurs regards s'adoucirent, leurs épaules redescendirent.
Et soudain, Sarah leva les yeux et lâcha : « C'est vrai ce qu'il y a dans le téléphone ? »
On sourit tous en même temps. Et on répondit : « Oui. »
Sarah s'enfonça un peu plus dans le fauteuil, se mordit la lèvre. « Oh merde... j'ai dit ça tout haut ? »
Je m'assis par terre en tailleur en face d'elle. « Oui. Et c'est très bien. » Je souris. « Enfin on va pouvoir en parler. Comme des adultes. »
Amina posa une main sur l'épaule de Léa. « On n'a pas joué. On n'a pas tourné pour le plaisir de tourner. On a tourné pour vous dire : on est là. Il est là. »
Léa avait les larmes aux yeux. Elle se libérait doucement de ce poids, de cette gêne. « C'était vrai ? C'est pas du montage ? »
Je répondis, calme et lent : « Non. C'était moi. Ma bite. Mon sperme. Leur bouche. Leurs mains. Leur plaisir. »
Léa me regarda dans les yeux, puis ma gorge, mon boxer, mon ventre. Et elle murmura : « Je crois que je veux ca. »
Sarah ajouta tout bas : « Moi... moi aussi. »
Cinq sourires. Un seul désir.
Je rigolai doucement en voyant leurs yeux briller, leurs genoux s'écarter légèrement, leurs doigts serrer les accoudoirs. Amina se pencha, sourire en coin : « Doucement, les filles... on va pas se sauter dessus comme des affamées. » Elle me regarda, puis regarda Lucy. « Avant tout, il faut que vous compreniez bien qui nous sommes, comment nous vivons et surtout l'importance de ce qui est en train de se passer. »
Je repris la parole et leur expliquai tout de A à Z : ma rencontre avec Lucy, puis avec Amina, ce qu'on s'était promis mutuellement, nos désirs, comment nous vivions ensemble toujours en harmonie sans rien nous cacher et surtout sans jamais forcer quiconque. Le fait que deux femmes vivent avec un homme, et ce que cela impliquait au quotidien.
Les filles étaient très calmes et attentives. Elles buvaient mes paroles, non pas comme des excitées incontrôlables, mais comme deux femmes qui prenaient réellement conscience de ce qui se tramait ici. Nous formions littéralement le bonheur dans son plus simple appareil, mais cela demandait de faire ce qu'il fallait pour y arriver. Elles voyaient bien qu'on n'exagérait pas : nos regards, nos caresses, nos sourires les uns envers les autres.
Arriva le moment des questions. Et mon Dieu, qu'elles en avaient ! Une fois que j'eus répondu patiemment à chacune d'elles – du style « Mais ça ne vous fait rien qu'on puisse s'intégrer et coucher avec l'un d'entre vous ou même tous les trois ? », « Tu t'es jamais fait griller, Jacques ? » –, elles nous dirent à leur tour ce qu'elles ressentaient, ce qu'elles étaient venues chercher au départ, et comment elles voyaient les choses désormais.
On constata qu'on était tous bien raccord. Alors Lucy se leva, tendit sa main et cria : « Pacte. On dit rien. Jamais. À personne. Ni aux voisins, ni à la famille, ni à personne. »
Amina lui fit remarquer que c'était un peu ringard, mais ça amusa les filles. Sarah hocha la tête très vite. Léa plus lentement, mais décidée. Lucy ajouta : « Si on vous apprend, vous nous apprenez. Vous n'avez jamais eu d'homme. Nous, on n'a pas eu d'autres personnes depuis longtemps. On va tout découvrir ensemble. Lentement. Sans pression. Sans jalousie. »
On plaça tous les cinq notre main sur celle de Lucy. Cinq mains dans l'air. Un pacte muet, mais sincère.
Amina conclut : « Parfait. Maintenant, on respire. Et on se laisse porter par le destin. »
Elles hochèrent la tête. Elles savaient que la nuit serait longue. Que la faim serait immense. Et que demain ou un autre jour, ce serait pour de vrai.
On finit donc la soirée tranquillement. Les filles rentrèrent chez elles en nous remerciant tous d'avoir crevé l'abcès de cette manière, sans les brusquer et sans les forcer à rien.
Elles en discutèrent dans leur lit pendant que nous faisions de même de notre côté.
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