Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les protectrices du dernier homme — Chapitre 16 · LA SOLUTION
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les protectrices du dernier homme
Chapitre 16 · LA SOLUTION
Je me réveillai très tôt, vers quatre heures du matin. La maison était silencieuse, le noir complet. Lucy et Amina dormaient profondément, enlacées, leurs respirations calmes et régulières. Je les regardai un long moment. Elles étaient belles, apaisées, vulnérables dans leur sommeil. Je me levai sans bruit pour rejoindre la cuisine, manger un morceau, me laver. Puis j'enfilai un jean et un sweat, attrapai mes clés. Je partis en silence. Elles ne savaient rien de cette partie de ma vie. Je n'en avais jamais parlé. Ça devait rester secret. Mais je savais très bien qu'un jour, il faudrait tout leur dire.
Je marchai dans les rues vides, les néons encore allumés, jusqu'au cabinet d'Hélène. Je passai par derrière, sonnai discrètement. Elle ouvrit la porte de service. Hélène avait soixante ans. De longs cheveux teints blonds clairs, des yeux bleu marine perçants, une très belle poitrine que sa blouse blanche dessinait parfaitement, un fessier bombé et ferme qui tendait sa jupe crayon. Une femme superbe, désirable malgré, ou grâce à, son air sérieux et strict. Lunettes fines sur le nez, chignon impeccable. Mais avec moi, elle avait toujours ce côté mère poule, un peu protecteur, un peu tendre sous la rigueur.
— T'es ponctuel, comme toujours, dit-elle avec un petit sourire en coin avant de me faire un câlin pour me saluer.
Elle me fit entrer, on discuta un peu dans le couloir. Elle avait préparé la salle d'examen pour moi comme à son habitude : lumière tamisée, chaise confortable, magazines “médicaux” posés là pour faire genre, une TV prêt à être allumé au besoin. Elle me laissa seul et retourna dans son bureau. « Prends ton temps. Je reste à côté. »
Je m'installai, me mettais nu et fermai les yeux. Mais j'avais du mal. Pas à cause de l'acte. À cause d'elles. À cause de cette frustration que je voyais grandir chez Lucy et Amina depuis les films. Elles en parlaient peu, mais je le sentais. Elles avaient ce manque. Ce besoin d'aller au bout de quelque chose que moi je ne pouvais pas leur donner. Pas comme ça. Pas avec la même intensité brute. Pas avec cette violence qu'elles avaient vue, qu'elles avaient rêvée.
Hélène jeta un coup d'œil pour s'assurer que tout aller bien et me vit à travers la vitre qui séparait les deux pièces. Elle entra. Elle s'appuya contre le chambranle, bras croisés. « T'as l'air ailleurs. »
Je hochai la tête. « C'est compliqué. »
Je lui racontai tout. Les films. Les rêves. Les gémissements la nuit. Cette faim qui grandissait chez elles. Ce besoin d'aller trop loin, de tester une limite que notre trio ne pouvait pas franchir sans se briser. « Elles veulent allez chez Eden. Pas moi. Pas nous. Juste… ça. »
Elle me regarda longtemps. « Tu veux quoi ? »
Je respirai un grand coup. « Deux passes gold pour elles. Accès illimité, 24 heures. Toutes les salles, toutes les machines. »
Elle éclata de rire. « T'es dingue. Je n'ai pas ça. »
Je la fixai. « Si. Tu les donnes parfois, à certaines patientes pour qu'elles s'ouvrent sexuellement. C'est une forme de thérapie. Tu l'as fait. Je le sais, tu me l'as dit une fois. »
Elle cessa de rire. Elle me scruta. « T'es sérieux ? »
Je hochai la tête. « C'est vital, elles en ont besoin. »
Elle soupira. Puis elle sourit, un peu moqueuse. « D'accord. Mais en échange… tu m'en fais au moins 3 ! » en regardant les flacons.
Je hochai la tête. « Marché conclu. »
Elle retourna à son bureau, tapa sur son ordinateur et l'imprimante 3D s'alluma. Quelques minutes plus tard, elle revint avec deux passes gold pendant que j'étais en train de faire mon 1er don : petites cartes en plastique doré, code gravé, puce intégrée. Officielles. Parfaites. « Valables 1 mois. Toute la journée. Elles peuvent aller partout. Même les niveaux 3. Mais sois discret je t'en conjure. »
Je les pris, les serrai dans ma main « Merci Hélène ».
Elle me fit un clin d'œil « Allez matelot, tout le monde sur le pont maintenant » en me claquant sur une fesse avant de repartir.
Je finis mes prélèvements, lui donnai les échantillons. Elle les plaça dans le frigo. On se parla un peu puis, se dit au revoir par un chaleureux câlin comme 2 amis qui se connaissent depuis des années et partis.
Je rentrai à la maison. Le jour se levait à peine. Je préparai le petit-déjeuner : Croissants frais, café, thé pour Amina. Je cachai les deux passes sous leur tasse et attendis qu'elles se réveillent.
Elles arrivèrent une petite heure après. Amina bâilla, Lucy avait les cheveux en bataille. Elles m'enlacèrent en m'embrassant fougueusement comme tous les matins pour me dire bonjour puis s'assirent devant leur tasse. Elles me parlèrent et remarquèrent leur cadeau en levant leur tasse. Deux cartes dorées. « Eden Gold ». Elles les fixèrent puis jetèrent un regard vers moi
Amina dit : « C'est quoi ? » Lucy avait déjà les yeux qui brillaient. Je dis : « C'est demain. Toute la journée. C'est… Eden. Pour vous. »
Amina lâcha un petit cri. Lucy dit : « C'est… vrai ? » Je hochai la tête. « C'est pour vous. »
Et elles restèrent comme figées là. Les cartes dans les mains. Le café fumant. Les croissants tièdes.
Et puis Amina demanda : « Mais… comment t'as fait ? » Lucy ajouta : « Et pourquoi maintenant ? T'étais pas chaud du tout à cette idée. » Je baissai les yeux mais elles insistèrent : « T'as changé d'avis ? » « T'as eu peur ? » « T'as eu envie ? » « C'est pour nous, c'est ça ? » Vous parliez vite. Vous parliez fort. Vous étiez excitées. Vous étiez heureuses. Vous étiez… inquiètes aussi. « T'as rien à nous cacher ? » « T'as négocié ? » « T'es pas jaloux ? »
Et moi je souris. Et je dis : « Calmez-vous. Lâchez-moi cinq minutes. »
Je respirai. « Pour répondre à ta question, Amina : comment j'ai fait ? J'avais un contact. Un vieux truc quand j'avais des petits boulots en secret. Une vieille dame qui me devait un gros service ».
Je tournai la tête vers Lucy. « Et pourquoi j'ai changé d'avis ? La vérité, c'est qu'avant-hier soir, quand on dormait, après avoir regardé les films l'autre jours… je vous ai entendues. Je vous ai vues. Dans vos rêves. Vous avez gémi. Vous avez bougé. Vous avez dit “encore”, “papa”, “Amen”. Même endormies. Même collées à moi. J'ai senti qu'il y avait un vrai manque. Que même si vous refusiez un peu d'y aller, votre corps criait, il souhaitait y aller. Et moi … j'ai compris. Vous avez besoin de ça. Pas de moi. Pas de nous. Mais de ça. De cette limite. De cette violence. De ce trop. »
Amina me regarda. Lucy baissa les yeux. Je finis : « Alors j'ai appelé. J'ai demandé. J'ai payé. Pas avec de l'argent. Avec un service. Et maintenant… c'est à vous. »
Elles étaient comme paralysées, bouches ouvertes, les croissants entre les dents. Amina posa sa tasse. Lucy avait les yeux qui piquaient. Et puis vous vous levèrent et me sautèrent au coup. Fort. Longtemps. Sur la bouche. Sur le front. Sur le cœur. Et Amina murmura : « Merci. » Et Lucy murmura : « Merci. » pendant que je souris.
On était tous rassurés. Tous contents. On se rendit compte que quoi qu'il arrive, à chaque fois ça finissait bien, qu'on se comprenait, qu'on essayait de se parler, de communiquer. On adorait sans dire certains mots. On se regardait et on adorait la situation. Donc voilà, on finit de déjeuner tranquillement.
Elles passèrent la journée à en parler, à s'imaginer et à stresser.
Je regardai la pendule. Je regardai par la fenêtre. Je regardai les deux passes. Je rangeai la table. Je fis la vaisselle. J'attendis que demain arrive. On était contents. On était vivants. On était… d'accord. C'était tout ce qui comptait.
Mais, au fond de moi, j'appréhendais ...
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