Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Les protectrices du dernier homme — Chapitre 15 · Ce manque
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Les protectrices du dernier homme
Chapitre 15 · Ce manque
Cette nuit-là, je m'en souviens comme si c'était hier. Elle restait gravée dans mon esprit parce qu'elle marqua un tournant dans ma façon de concevoir les choses. Je ne devais plus penser à ma seule petite personne, mais également penser à vous deux. Si je ne faisais pas attention à la moindre de vos frustrations, si je n'écoutais pas assez bien et si je ne faisais pas par moments un travail d'introspection, je savais très bien que quelque chose allait se gangrener, pourrir de l'intérieur et un jour, exploser. Je ne pouvais pas vous perdre tant vous étiez importantes pour moi.
On dormait profondément. Il faisait nuit noire, tout était calme. Nos respirations synchrones, les corps emmêlés sous la couette chaude. Et puis je me réveillai en sursaut comme si je sortais d'un cauchemar, quelque chose m'avait sorti de mon sommeil. J'entendais des bruits, des gémissements étouffés, des souffles saccadés. Rien d'anormal pour quelqu'un qui dort avec d'autres personnes, mais il y avait un truc de différent.
Au début, je crus que c'était un rêve, mais non. C'était vous. Vous étiez en train de rêver. Fort. Intensément.
Je restai immobile. Lucy avait sa tête sur mon torse. Amina collée dans mon dos. J'écoutai. Vos voix étaient faibles, presque inaudibles, mais claires dans le silence de la chambre.
Lucy murmurait, les lèvres contre ma peau : « Les tentacules... c'est divin ... non, c'est interdit ». Son corps se serra contre le mien. Elle mordit doucement mon épaule sans s'en rendre compte. Ses hanches bougèrent légèrement, comme si quelque chose la voulait dans son sommeil.
Je restai immobile. Lucy avait sa tête sur mon torse. Amina collée dans mon dos. J'écoutai. Vos voix étaient faibles, presque inaudibles, mais claires dans le silence de la chambre.
Lucy murmurait, les lèvres contre ma peau : « Les tentacules... c'est divin ... non, c'est interdit ». Son corps se serra contre le mien. Elle mordit doucement mon épaule sans s'en rendre compte. Ses hanches bougèrent légèrement, comme si quelque chose la voulait dans son sommeil.
Amina, derrière, serrait l'oreiller contre elle. Elle poussait un râle long, presque animal. Elle écartait les jambes sous la couette, frottait son bassin contre le matelas. Elle chuchotait : « Papa ... les tabous... » Sa voix tremblait. Elle se cambra légèrement, un petit spasme la traversa.
Vous dormiez. Mais vous bougiez. Vous gémissiez. Vous vous excitiez. Lentement, inconsciemment, vos corps se frottaient contre moi, contre le lit, contre le vide de vos rêves. Je sentais votre chaleur monter, vos respirations s'accélérer, vos muscles se contracter.
Lucy accéléra le rythme de ses hanches. Elle frottait son clitoris contre ma cuisse, toujours endormie, toujours perdue dans son rêve. Elle murmura : « Oui... plus profond... » Et d'un coup, jouit. Un orgasme discret, mais violent. Son corps se figea, trembla, puis se relâcha. Chaud. Mouillé. Elle soupira longuement, sans ouvrir les yeux, et retomba dans un sommeil profond.
Amina suivit quelques instants après. Elle serra mon épaule, mordit l'oreiller. Elle poussa son bassin une dernière fois contre moi. Elle murmura : « Merci... » Et jouit à son tour. Plus silencieuse. Plus longue. Un frisson qui partit de son ventre et remonta jusqu'à sa gorge. Elle se colla encore plus fort contre mon dos, puis s'immobilisa. Apaisée.
Vous vous êtes rendormis comme si rien ne s'était passé, comme si c'était juste un rêve normal. Moi je restai là, les yeux grands ouverts dans le noir, à moitié dur par votre excitation, mais avec le cerveau qui commençait à réfléchir dans tous les sens, à écouter vos souffles redevenir réguliers, à sentir vos corps encore chauds contre le mien.
Je souris dans l'obscurité. Parce que c'était incroyable. Parce que même endormies, vous vouliez. Parce que même dans vos rêves, vous cherchiez ce frisson, cette limite, cette violence que les films vous avaient montrée.
Je ne compris pas tout de suite, mais mon esprit rassembla les morceaux et un schéma très clair se dégageait. Ce n'était pas juste une obsession passagère. C'était plus profond. C'était un manque. Pas de moi. Pas de nous. Mais d'un truc qu'on ne pouvait pas vous donner. Pas comme ça. Pas avec tendresse. Pas avec amour. Avec ... excès. Avec excès et sans filet de sécurité.
Je me levai doucement, sortis de la chambre sans un bruit. Je marchai pieds nus jusqu'à la cuisine. Je bus un verre d'eau tout en regardant par la fenêtre. Les rues étaient vides. Les néons clignotaient au loin. Et je cogitai. Je repensai à ce que vous aviez dit quelques jours plus tôt, sur le canapé, quand on parlait de la vidéo. Lucy qui disait qu'elle y pensait tout le temps, Amina qui avouait qu'elle aussi. Vos rêves. Vos mots endormis. Et je me dis : ce n'est pas un hasard, ce ne sont pas des phases en l'air. C'est une faim. Une faim d'aller trop loin. Une faim de voir jusqu'où on peut se tenir, se déchirer, se reconstruire.
Je passais plusieurs minutes à réfléchir à tout ça, à comprendre et surtout je souhaitais savoir ce que je devais faire.
Je retournai dans le lit. Lentement. Je me glissai entre vous. Amina remua. Elle posa sa main sur mon ventre, sans se réveiller. Lucy colla sa tête contre mon épaule. Et on resta comme ça. Trois corps. Trois souffles. Et moi, je regardai le plafond. Toute la nuit. Pas pour dormir. Pour décider.
Je retournai dans le lit. Lentement. Je me glissai entre vous. Amina remua. Elle posa sa main sur mon ventre, sans se réveiller. Lucy colla sa tête contre mon épaule. Et on resta comme ça. Trois corps. Trois souffles. Et moi, je regardai le plafond. Toute la nuit. Pas pour dormir. Pour décider.
Parce que je compris. Ce n'était pas moi qui manquais. Ce n'était pas nous. C'était... cette violence sexuelle. Celle qu'on refuse. Celle qu'on aime quand même. Celle qu'on cherche quand même. Celle qu'on ne peut pas se donner. Et je me dis : il faut que je fasse quelque chose. Pas pour vous punir. Pas pour vous partager. Mais pour vous laisser respirer. Pour vous laisser hurler. Pour vous laisser dire « Amen » à des trucs qui bougent. Et surtout, pour que vous puissiez aller au bout de votre désir et, pour une fois, je ne serais pas concerné.
Et pourtant, c'était moi qui allais vous ouvrir la porte. Moi qui allais dire « allez-y ». Moi qui allais dire « prenez ça ». Pas d'hommes, pas de l'amour, mais du frisson.
Et dans mon demi-sommeil, j'entendis encore Lucy murmurer : « Encore... » Et je souris. Parce que je savais que bientôt... j'allais dire oui.
Le lendemain, je passai la journée à y réfléchir tout en observant les filles. J'essayais de détecter le moindre détail, la moindre preuve de ce que j'avançais. J'essayais quelque part de me rassurer et de faire disparaître le moindre doute en moi.
Et dans mon demi-sommeil, j'entendis encore Lucy murmurer : « Encore... » Et je souris. Parce que je savais que bientôt... j'allais dire oui.
Le lendemain, je passai la journée à y réfléchir tout en observant les filles. J'essayais de détecter le moindre détail, la moindre preuve de ce que j'avançais. J'essayais quelque part de me rassurer et de faire disparaître le moindre doute en moi.
Les filles voyaient bien que j'étais ailleurs. Quand elles me demandaient si j'allais bien, je leur répondais toujours des trucs à côté pour détourner le sujet et quand elles devenaient insistantes, je leur parlais de mon bonheur de vivre avec elles, de leur beauté, de leur sincérité. De la chance que j'avais et je faisais semblant d'entamer ce sujet parce que je savais très bien qu'elles allaient me traiter de « lover », de « fleur bleue » et l'esquiver.
La nuit venue, rebelote : impossible de dormir. Cette idée me hantait, car au fond de moi, je savais très bien ce que je devais faire, mais je refusais de m'écouter.
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