Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Si jolie — Chapitre 9
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Si jolie
Chapitre 9
Dès le départ de Montluçon, Margaux remarqua l'air préoccupé de Claire. Elle attendit patiemment. Pourquoi brusquer les choses ? Si Claire voulait lui parler de quelque chose, elle finirait par le faire quand elle serait prête. Plusieurs fois, Claire fut sur le point de parler mais, après avoir esquissé une syllabe, referma la bouche sans continuer. Décidément, il allait falloir l'aider.
— Dis-moi ma douce, j'ai l'impression que tu as quelque chose à me dire et que tu ne sais pas comment t'y prendre.
— Ce n'est pas ça, enfin si ! Je ne sais pas comment m'y prendre. C'est un sujet délicat et je ne voudrais pas que tu interprètes de travers ce que je vais te dire.
— Eh bien voilà ! C'est fait ! Je sais maintenant que l'affaire est délicate et peut donner lieu à une mauvaise interprétation. Donc tu vas me révéler de manière simple et directe ce qui te préoccupe. Ensuite tu prendras ton temps pour m'indiquer comment je dois interpréter la chose. Comme je sais qu'il ne faut pas que je fasse une erreur d'interprétation, je n'interprèterai rien à l'avance. D'accord ?
— D'accord !
— Alors, je t'écoute. Commence par m'expliquer ton problème en quelques mots. Tu développeras ensuite.
— Muriel m'a fait une déclaration d'amour.
— Oups ! Heureusement que tu m'as prévenue. Effectivement, ça mérite quelques développements. Continue !
— Ça s'est passé pendant que tu étais en train de féliciter les membres du groupe folklorique. J'avais envie de bavarder un peu avec Muriel et d'essayer de mieux la connaitre parce que j'ai l'impression qu'elle et moi ça accroche bien ; qu'on est sur la même longueur d'ondes. Pour engager la conversation je lui ai fait remarquer que ta tante Alice avait l'air de beaucoup t'aimer. Elle m'a répondu qu'il y avait deux raisons à la chose. La première, d'après elle, était due à notre beauté et à notre caractère. Bien sûr, je ne pouvais que souscrire à sa description dithyrambique en ce qui te concerne, mais elle m'a d'emblée incluse dans cette description. Elle a parlé de toi et de moi en utilisant systématiquement la deuxième personne du pluriel et j'ai eu l'impression qu'elle parlait surtout de moi à ce moment-là. Ensuite elle a parlé de ce que recherchait ta tante Alice sur le plan affectif et là, elle a comparé leur situation à elles deux en les décrivant comme identiques.
— Et puis elle s'est mise à philosopher sur une femme de son âge qui fait la connaissance d'un fille de mon âge et dont ça bouleverse la vie. A la fin cette femme dont elle parle dit ”si j'avais eu une fille comme elle, qu'est-ce que je t'aimerais”. Pas ”que je l'aimerais” mais bien ”que je t'aimerais”. Je ne sais pas si c'était un lapsus ou si c'était volontaire. En tout cas, ça m'a énormément émue. J'en avais une boule au ventre. Je lui ai alors demandé si elle parlait toujours de ta tante et de toi et elle m'a répondu carrément qu'elle parlait d'elle et de moi. Tu penses bien que j'étais plutôt bouleversée. Entendre une telle déclaration de la part d'une femme comme Muriel qui est tout sauf une rigolote ayant tendance à dire n'importe quoi ça fait un choc. Bien entendu, pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, j'ai tout de suite précisé que c'était avec toi que j'allais construire ma vie. Elle a été claire, elle aussi. Ce dont elle rêve, c'est que nous ayons une relation de tendresse semblable à celle qui t'unit à ta tante. Voilà ! Tu en sais autant que moi.
— Pas tout à fait, ma douce. Tu ne m'as pas dit ce que tu as décidé.
— J'ai décidé de t'en parler avant de décider quoi que ce soit à son sujet.
— C'est très gentil de ta part, mais moi, ce qui m'intéresse c'est de savoir ce que tu aimerais faire dans l'absolu. Tu aimerais lui apporter cette tendresse dont elle rêve, en quelque sorte être sa ”Margaux ”, ou bien tu préférerais en rester là ? Je te promets que je te dirai ensuite ce que j'en pense.
— Ce n'est pas ça, enfin si ! Je ne sais pas comment m'y prendre. C'est un sujet délicat et je ne voudrais pas que tu interprètes de travers ce que je vais te dire.
— Eh bien voilà ! C'est fait ! Je sais maintenant que l'affaire est délicate et peut donner lieu à une mauvaise interprétation. Donc tu vas me révéler de manière simple et directe ce qui te préoccupe. Ensuite tu prendras ton temps pour m'indiquer comment je dois interpréter la chose. Comme je sais qu'il ne faut pas que je fasse une erreur d'interprétation, je n'interprèterai rien à l'avance. D'accord ?
— D'accord !
— Alors, je t'écoute. Commence par m'expliquer ton problème en quelques mots. Tu développeras ensuite.
— Muriel m'a fait une déclaration d'amour.
— Oups ! Heureusement que tu m'as prévenue. Effectivement, ça mérite quelques développements. Continue !
— Ça s'est passé pendant que tu étais en train de féliciter les membres du groupe folklorique. J'avais envie de bavarder un peu avec Muriel et d'essayer de mieux la connaitre parce que j'ai l'impression qu'elle et moi ça accroche bien ; qu'on est sur la même longueur d'ondes. Pour engager la conversation je lui ai fait remarquer que ta tante Alice avait l'air de beaucoup t'aimer. Elle m'a répondu qu'il y avait deux raisons à la chose. La première, d'après elle, était due à notre beauté et à notre caractère. Bien sûr, je ne pouvais que souscrire à sa description dithyrambique en ce qui te concerne, mais elle m'a d'emblée incluse dans cette description. Elle a parlé de toi et de moi en utilisant systématiquement la deuxième personne du pluriel et j'ai eu l'impression qu'elle parlait surtout de moi à ce moment-là. Ensuite elle a parlé de ce que recherchait ta tante Alice sur le plan affectif et là, elle a comparé leur situation à elles deux en les décrivant comme identiques.
— Et puis elle s'est mise à philosopher sur une femme de son âge qui fait la connaissance d'un fille de mon âge et dont ça bouleverse la vie. A la fin cette femme dont elle parle dit ”si j'avais eu une fille comme elle, qu'est-ce que je t'aimerais”. Pas ”que je l'aimerais” mais bien ”que je t'aimerais”. Je ne sais pas si c'était un lapsus ou si c'était volontaire. En tout cas, ça m'a énormément émue. J'en avais une boule au ventre. Je lui ai alors demandé si elle parlait toujours de ta tante et de toi et elle m'a répondu carrément qu'elle parlait d'elle et de moi. Tu penses bien que j'étais plutôt bouleversée. Entendre une telle déclaration de la part d'une femme comme Muriel qui est tout sauf une rigolote ayant tendance à dire n'importe quoi ça fait un choc. Bien entendu, pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, j'ai tout de suite précisé que c'était avec toi que j'allais construire ma vie. Elle a été claire, elle aussi. Ce dont elle rêve, c'est que nous ayons une relation de tendresse semblable à celle qui t'unit à ta tante. Voilà ! Tu en sais autant que moi.
— Pas tout à fait, ma douce. Tu ne m'as pas dit ce que tu as décidé.
— J'ai décidé de t'en parler avant de décider quoi que ce soit à son sujet.
— C'est très gentil de ta part, mais moi, ce qui m'intéresse c'est de savoir ce que tu aimerais faire dans l'absolu. Tu aimerais lui apporter cette tendresse dont elle rêve, en quelque sorte être sa ”Margaux ”, ou bien tu préférerais en rester là ? Je te promets que je te dirai ensuite ce que j'en pense.
Claire hésita à peine.
— J'aimerais lui apporter ce qu'elle attend de moi. J'aimerais être sa Margaux à elle parce que je l'aime beaucoup. Je la connaissait à peine jusqu'à aujourd'hui mais sa manière d'être, de parler, d'écouter les autres, tous cela compose un personnage à la fois simple et distingué, une femme pleine de douceur et de classe qui me plaît beaucoup et me donne envie de mieux la connaître et de mieux me faire connaître d'elle. Si je devais avoir un mentor, c'est une femme comme elle que je choisirais.
— Alors, je pense qu'il faut que tu le fasses. Les sentiments, ça ne se commande pas et, franchement, je me vois mal faire un câlin à tante Alice pendant que vous vous regardez en chiens de faïence avec Muriel parce-que je ne vous ai pas donné la permission d'en faire autant. Pour moi t'aimer, ce n'est pas vouloir attenter à ta liberté ; c'est te faire confiance. Et puis, j'aime beaucoup Muriel et je suis très contente que tu l'aimes aussi.
— Je suis contente et soulagée de ta réaction. J'avais peur que tu prennes mal la chose.
— Il y a quand même une chose qui me tracasse. Quid de tes parents ? Tu comptes leur en parler ?
— Je n'y ai pas réfléchi, mais tu as raison. Je risque de les blesser.
— Tu comprends, ça n'est pas la même chose que pour tante Alice et moi. On a une relation affective que je qualifierais de naturelle. Qu'on s'aime beaucoup, tout le monde trouvera ça normal parce qu'on est proches parentes. Et puis je suis loin de mes parents qui vivent à l'autre bout du monde. Toi, tu vis à moins de deux heures des tiens que tu vois tous les week-ends et tu n'as strictement aucun lien de parenté avec Muriel. Tes parents auront certainement du mal à comprendre que tu cherches auprès d'elle une affection dont ils n'ont jamais été avares à ton égard.
— Alors, tu penses qu'il faut que je fasse machine arrière ?
— Je n'ai pas dit ça. Simplement il faut trouver une manière d'édulcorer les choses. Il faut qu'ils considèrent votre relation comme anecdotique du genre ”Muriel est super sympa et elle t'aime bien”. Le but n'est pas de cacher une faute mais d'éviter de blesser tes parents à l'occasion d'une gaffe.
— On pourrait peut-être dire quelque chose comme ça : Ta tante Alice a une amie d'enfance qu'elle voit souvent car elles s'entendent très bien. Comme tu la connais et que tu l'aimes beaucoup, elle était là pour ton anniversaire. Elle est super sympathique et très généreuse et d'ailleurs c'est elle qui t'a offert tes jolis escarpins bleus pour ton anniversaire. Je pense qu'on sera amenées à la revoir de temps en temps car je crois qu'elle nous aime bien toutes les deux et comme elle était elle-même médecin, elle sera certainement en mesure, de nous faire part à l'occasion de son expérience.
— Voilà ! C'est exactement le genre d'histoire qui n'est qu'une manière de présenter les choses sans risquer de se couper par la suite. Tout est juste mais présenté de manière très soft. Tu vois, quand tu veux, tu peux faire preuve de diplomatie.
— Ça c'est grâce à ton influence.
— Eh bien, je t'apprendrai la diplomatie et toi tu m'apprendras la fermeté.
— Ouais ! On deviendra des femmes parfaites toutes les deux et on fera des tas de jaloux.
— Exactement ! On est un binôme super renforcé !
— Tu as le numéro de téléphone de Muriel ? J'aimerais faire une petite halte à la prochaine aire de repos pour la rassurer. Je lui ai dit qu'avant d'aller plus loin dans notre relation, je voulais d'abord t'en parler.
— Tu sais que tu es quand même gonflée. Tu me fais passer pour qui ? Une intransigeante gardienne de l'orthodoxie ? Une jalouse hystérique ?
— Je voulais simplement ménager ta sensibilité !
— Bon, d'accord ! Ça partait d'une bonne intention. Mais essaye de me faire un peu plus confiance. Je crois que j'ai son numéro. Elle m'avait donné une carte de visite que j'ai dû ranger dans l'étui de mon smartphone. Ah la voilà ! mais c'est moi qui vais lui téléphoner. Je veux m'assurer qu'elle n'a pas mal interprété tes paroles. Tu pourras lui téléphoner à ton tour quand nous serons à Montluçon.
— Alors, je pense qu'il faut que tu le fasses. Les sentiments, ça ne se commande pas et, franchement, je me vois mal faire un câlin à tante Alice pendant que vous vous regardez en chiens de faïence avec Muriel parce-que je ne vous ai pas donné la permission d'en faire autant. Pour moi t'aimer, ce n'est pas vouloir attenter à ta liberté ; c'est te faire confiance. Et puis, j'aime beaucoup Muriel et je suis très contente que tu l'aimes aussi.
— Je suis contente et soulagée de ta réaction. J'avais peur que tu prennes mal la chose.
— Il y a quand même une chose qui me tracasse. Quid de tes parents ? Tu comptes leur en parler ?
— Je n'y ai pas réfléchi, mais tu as raison. Je risque de les blesser.
— Tu comprends, ça n'est pas la même chose que pour tante Alice et moi. On a une relation affective que je qualifierais de naturelle. Qu'on s'aime beaucoup, tout le monde trouvera ça normal parce qu'on est proches parentes. Et puis je suis loin de mes parents qui vivent à l'autre bout du monde. Toi, tu vis à moins de deux heures des tiens que tu vois tous les week-ends et tu n'as strictement aucun lien de parenté avec Muriel. Tes parents auront certainement du mal à comprendre que tu cherches auprès d'elle une affection dont ils n'ont jamais été avares à ton égard.
— Alors, tu penses qu'il faut que je fasse machine arrière ?
— Je n'ai pas dit ça. Simplement il faut trouver une manière d'édulcorer les choses. Il faut qu'ils considèrent votre relation comme anecdotique du genre ”Muriel est super sympa et elle t'aime bien”. Le but n'est pas de cacher une faute mais d'éviter de blesser tes parents à l'occasion d'une gaffe.
— On pourrait peut-être dire quelque chose comme ça : Ta tante Alice a une amie d'enfance qu'elle voit souvent car elles s'entendent très bien. Comme tu la connais et que tu l'aimes beaucoup, elle était là pour ton anniversaire. Elle est super sympathique et très généreuse et d'ailleurs c'est elle qui t'a offert tes jolis escarpins bleus pour ton anniversaire. Je pense qu'on sera amenées à la revoir de temps en temps car je crois qu'elle nous aime bien toutes les deux et comme elle était elle-même médecin, elle sera certainement en mesure, de nous faire part à l'occasion de son expérience.
— Voilà ! C'est exactement le genre d'histoire qui n'est qu'une manière de présenter les choses sans risquer de se couper par la suite. Tout est juste mais présenté de manière très soft. Tu vois, quand tu veux, tu peux faire preuve de diplomatie.
— Ça c'est grâce à ton influence.
— Eh bien, je t'apprendrai la diplomatie et toi tu m'apprendras la fermeté.
— Ouais ! On deviendra des femmes parfaites toutes les deux et on fera des tas de jaloux.
— Exactement ! On est un binôme super renforcé !
— Tu as le numéro de téléphone de Muriel ? J'aimerais faire une petite halte à la prochaine aire de repos pour la rassurer. Je lui ai dit qu'avant d'aller plus loin dans notre relation, je voulais d'abord t'en parler.
— Tu sais que tu es quand même gonflée. Tu me fais passer pour qui ? Une intransigeante gardienne de l'orthodoxie ? Une jalouse hystérique ?
— Je voulais simplement ménager ta sensibilité !
— Bon, d'accord ! Ça partait d'une bonne intention. Mais essaye de me faire un peu plus confiance. Je crois que j'ai son numéro. Elle m'avait donné une carte de visite que j'ai dû ranger dans l'étui de mon smartphone. Ah la voilà ! mais c'est moi qui vais lui téléphoner. Je veux m'assurer qu'elle n'a pas mal interprété tes paroles. Tu pourras lui téléphoner à ton tour quand nous serons à Montluçon.
Margaux composa le numéro de Muriel.
Muriel ? C'est Margaux. Je téléphone pour vous remercier de nouveau tante Alice et toi de la merveilleuse journée que vous nous avez fait passer à Claire et à moi. Claire m'a dit combien elle avait été heureuse de faire ta connaissance et toutes les choses gentilles que tu lui as dites. Ça m'a fait drôlement plaisir. Tu dois avoir les oreilles qui sifflent car elle n'arrête pas de faire des compliments sur toi. Je crois que tu as fait sa conquête. Elle ne peut pas te téléphoner car elle conduit mais je ne serais pas étonnée qu'elle te passe un petit coup de fil quand on sera arrivées à Montluçon. Elle aimerait qu'on vienne te voir début janvier pour te souhaiter la bonne année… Non, pas le week-end du deux car on sera encore à Montluçon. Le week-end du neuf ça serait parfait. Le samedi neuf, pas le dimanche dix parce qu'on fêtera ce jour-là ses vingt-et-un ans avec ses parents à Montluçon… oui ! Le cinq janvier. Hé oui !
Muriel ? C'est Margaux. Je téléphone pour vous remercier de nouveau tante Alice et toi de la merveilleuse journée que vous nous avez fait passer à Claire et à moi. Claire m'a dit combien elle avait été heureuse de faire ta connaissance et toutes les choses gentilles que tu lui as dites. Ça m'a fait drôlement plaisir. Tu dois avoir les oreilles qui sifflent car elle n'arrête pas de faire des compliments sur toi. Je crois que tu as fait sa conquête. Elle ne peut pas te téléphoner car elle conduit mais je ne serais pas étonnée qu'elle te passe un petit coup de fil quand on sera arrivées à Montluçon. Elle aimerait qu'on vienne te voir début janvier pour te souhaiter la bonne année… Non, pas le week-end du deux car on sera encore à Montluçon. Le week-end du neuf ça serait parfait. Le samedi neuf, pas le dimanche dix parce qu'on fêtera ce jour-là ses vingt-et-un ans avec ses parents à Montluçon… oui ! Le cinq janvier. Hé oui !
C'est moi l'aînée des deux… Bien sûr que ça lui ferait plaisir, surtout venant de toi. Elle protestera pour la forme en disant qu'elle ne veut pas te déranger mais, en réalité elle sera ravie… Pardon ?...
— Naturellement que j'en fais un peu trop ! Quand tu veux être sûre d'être bien comprise, il vaut mieux qu'on te voie venir avec tes gros sabots plutôt qu'on ne te remarque même pas avec tes petits chaussons de ballerine. Bon, je vais te laisser car il faut que j'aille donner à manger aux poules avant de remettre mes chaussons. Bisous !... Pardon ?... D'accord ! Je t'envoie une dizaine de photos comme ça tu pourras choisir. Tu as une adresse mail ? Attends, je note …. OK ! Envoie-nous-en une ou deux de toi pour qu'on fasse la même chose. C'est tout ? Alors re-bisous !
Margaux avait à peine raccroché que Claire l'interrogea anxieusement.
— Alors ! Raconte !
— Elle était émue évidemment. Tu sais, quand elle est émue elle prend sa voix toute douce pour parler. Sinon, on est invitées le neuf janvier chez elle pour fêter ton anniversaire.
— Avoue ! Tu as fait exprès de parler de mon anniversaire n'est-ce pas ?
— Bien sûr ! Tu ne pouvais pas le faire toi-même. Ça aurait eu l'air d'un appel du pied. Du coup elle n'aurait pas eu l'information à temps et ça aurait été dommage. Je suis sûre qu'elle aurait été très déçue.
— Et les photos, c'est pour quoi ?
— Pour l'annuaire de son smartphone et l'économiseur d'écran de son PC.
— Elle était émue évidemment. Tu sais, quand elle est émue elle prend sa voix toute douce pour parler. Sinon, on est invitées le neuf janvier chez elle pour fêter ton anniversaire.
— Avoue ! Tu as fait exprès de parler de mon anniversaire n'est-ce pas ?
— Bien sûr ! Tu ne pouvais pas le faire toi-même. Ça aurait eu l'air d'un appel du pied. Du coup elle n'aurait pas eu l'information à temps et ça aurait été dommage. Je suis sûre qu'elle aurait été très déçue.
— Et les photos, c'est pour quoi ?
— Pour l'annuaire de son smartphone et l'économiseur d'écran de son PC.
Claire resta pensive quelques instants avant de reprendre la conversation.
— C'est bizarre.
— Quoi donc ?
— Quand je suis tombée amoureuse de toi, je ne me suis pas sentie coupable un seul instant. Ça m'a semblé complètement naturel alors que ça ne l'est pas vraiment. Là, c'est tout le contraire. Une femme âgée et une jeune fille qui se prennent d'affection l'une pour l'autre, ça n'a rien d'extraordinaire et pourtant je me sens vaguement coupable.
— Quoi donc ?
— Quand je suis tombée amoureuse de toi, je ne me suis pas sentie coupable un seul instant. Ça m'a semblé complètement naturel alors que ça ne l'est pas vraiment. Là, c'est tout le contraire. Une femme âgée et une jeune fille qui se prennent d'affection l'une pour l'autre, ça n'a rien d'extraordinaire et pourtant je me sens vaguement coupable.
Margaux réfléchit quelques instants puis elle répondit en cherchant ses mots.
— Quand nous sommes tombées amoureuses l'une de l'autre, nous étions libres de toute attache et nous n'avons fait ce que tout le monde fait à nos âges, c'est-à-dire répondre au besoin de nous trouver un ou une partenaire avec qui partager notre vie. Ça n'est entré en concurrence avec rien d'autre. Quand Muriel et toi vous parlez d'affection c'est parce-que vous n'osez pas parler d'amour. Cet amour n'empiète pas sur notre amour car il n'est pas du même ordre mais il empiète sur l'amour que tu portes à tes parents. Ce que Muriel et toi appelez affection, s'apparente plus à l'amour maternel chez elle. Quand elle te dit ”si tu avais été ma fille qu'est-ce que je t'aimerais”, elle te dit qu'elle t'aime comme si tu étais sa fille ou comme elle pense qu'une mère aime sa fille. Au fond de toi, même si tu ne te l'avoues pas, tu aimes cet amour qu'elle a pour toi et que tu lui rends ou que tu as envie de lui rendre. Alors, si tu culpabilises, c'est parce-que tu te demandes si quand tu aimes Muriel, tu aimes moins tes parents ou si ton cœur est assez grand pour trois. Toi seule peux répondre à cette question, ma douce, mais moi, je crois pour ma part que tu as un cœur énorme. Il faut seulement organiser tout ça pour que chacun trouve la place dont il a besoin.
— Tu sais, tu n'as pas de raisons d'être jalouse. Dans mon cœur, toi tu occupes toute seule la case tout en haut de la pyramide.
— Je sais, ma douce et c'est réciproque.
— Tu sais, tu n'as pas de raisons d'être jalouse. Dans mon cœur, toi tu occupes toute seule la case tout en haut de la pyramide.
— Je sais, ma douce et c'est réciproque.
Quand elles pénétrèrent dans la grande villa de Montluçon, celle-ci était plongée dans le noir. Les parents de Claire n'étaient pas encore revenus de leur congrès. Claire qui s'était débarrassée de son manteau frissonna.
— Brrr… ! il ne doit pas faire plus de quatorze degrés. Je vais mettre un bon coup de chauffage.
— Il y a un réglage unique ou bien c'est par pièce ?
— En fait, c'est un réglage par étage. C'est un bon compromis. Bon ! Il est dix-huit heures trente. A mon avis, ils ne seront pas là avant vingt heures. On a largement le temps de tout préparer.
— On commence par ranger nos affaires ?
— Oui, mais j'aimerais d'abord passer un petit coup de fil.
— A Muriel ?
— Oui, si ça ne t'ennuie pas.
— Ma douce ! Tu ne vas tout de même pas me demander la permission chaque fois que tu voudras lui parler. Tiens ! Tu as ma permission pour vingt ans renouvelables par tacite reconduction.
— Ne te moque pas de moi ! Je ne veux pas risquer de te poser des problèmes par maladresse. C'est trop important pour moi !
— Je l'ai bien compris mais ta relation avec Muriel ne me pose aucun problème. Je l'aime moi-même beaucoup et je suis très heureuse de l'affection que vous vous portez.
— Il y a un réglage unique ou bien c'est par pièce ?
— En fait, c'est un réglage par étage. C'est un bon compromis. Bon ! Il est dix-huit heures trente. A mon avis, ils ne seront pas là avant vingt heures. On a largement le temps de tout préparer.
— On commence par ranger nos affaires ?
— Oui, mais j'aimerais d'abord passer un petit coup de fil.
— A Muriel ?
— Oui, si ça ne t'ennuie pas.
— Ma douce ! Tu ne vas tout de même pas me demander la permission chaque fois que tu voudras lui parler. Tiens ! Tu as ma permission pour vingt ans renouvelables par tacite reconduction.
— Ne te moque pas de moi ! Je ne veux pas risquer de te poser des problèmes par maladresse. C'est trop important pour moi !
— Je l'ai bien compris mais ta relation avec Muriel ne me pose aucun problème. Je l'aime moi-même beaucoup et je suis très heureuse de l'affection que vous vous portez.
Elles se séparèrent pour se rendre chacune dans sa chambre et Claire composa aussitôt le numéro de Muriel.
— Claire ?
— Oui ! C'est moi.
— Oui ! C'est moi.
La voix de Muriel se fit toute douce.
— Claire, ma chérie, je reconnaitrais ta voix entre mille.
— Je ne pouvais pas te téléphoner tout à l'heure parce-que j'étais en train de conduire. On vient d'arriver et j'ai juste eu le temps d'enlever mon manteau et de régler le chauffage avant de te téléphoner.
— Tu sais, ça n'était pas urgent, même si j'espérais que tu allais m'appeler.
— Mais moi, j'avais hâte de le faire.
— C'est gentil.
— Figure-toi que j'ai été grondée par Margaux. Î.
— Hou là, là ! J'en frémis d'avance !
— Elle n'était pas contente que je t'aie dit que je voulais d'abord lui parler de nous deux. En fait, elle m'approuve et elle est très heureuse pour moi et, je crois, aussi pour toi.
— Ça ne m'étonne pas d'elle. C'est une merveilleuse petite jeune femme et vous avez eu beaucoup de chance de vous rencontrer. Il faudra qu'un jour tu me racontes tout ça. Tout ce qui touche à votre bonheur à toutes les deux m'importe énormément.
— Eh bien, c'est réciproque.
— Margaux t'a parlé de la petite fête que je compte organiser chez moi le neuf janvier pour célébrer ton anniversaire ?
— Oui ! J'ai hâte d'y être.
— Tu sais, ça sera plus simple que le ”spécial Margaux ” dont Alice nous a gratifiées aujourd'hui. Ce sera dans l'intimité. Simplement nous quatre chez moi. Comme ça tu feras connaissance avec mon intérieur. J'espère que tu aimeras.
— Moi, j'en suis sûre.
— Dis-moi, ma chérie, je veux te faire un cadeau mais je voudrais éviter d'indisposer tes parents. A moins que tu me dises que je m'inquiète pour rien. J'ai conscience que notre relation peut avoir quelque chose de surprenant même si, de mon point de vue, elle n'a absolument rien de malsain.
— Non, tu as raison. Je préfère parler de toi à mes parents de façon très ”soft” et un cadeau voyant pourrait apparaître incongru.
— Malheureusement, un bijou qu'on cache ou un vêtement qu'on n'ose pas porter étant exclus, ça restreint les choix.
— Oui, tu as raison. Je ne vois pas trop.
— Est-ce que de jolis sous-vêtements…
— Oh oui ! J'adore ça.
— Ça te ferait plaisir ?
— Certainement !
— Tu ne trouverais pas ça déplacé ?
— Non, pas du tout !
— Il faudrait que tu me donnes tes mensurations.
— Quatre-vingt-quinze B, soixante-cinq, Quatre-vingt-quinze.
— Quelle couleur tu préfères ?
— Rouge !
— Et les formes ? Je sais que les jeunes femmes aiment bien les strings.
— Moi, je préfère des formes plus classiques comme les shortys ou les tangas.
— Et pour les hauts ?
— Je n'aime pas les formes trop enveloppantes. Tout le reste me convient.
— Très bien ! Je suis bien contente d'avoir trouvé quelque chose qui puisse te plaire, mais il va falloir que tu réfléchisses à tout ce qui pourrait te faire plaisir comme cadeau. Je ne vais tout de même pas t'offrir des sous-vêtements chaque fois que je voudrai te faire un cadeau !
— D'accord ! Je te promets d'y réfléchir. Mais tu sais, c'est ton affection qui est la plus importante pour moi, pas les cadeaux.
— J'en suis sûre ma chérie, mais c'est important pour moi de t'en faire.
— Alors ça le sera aussi pour moi.
— Je vais être obligée de te laisser. Alice me réclame.
— Tu es encore chez elle ?
— On passe la soirée ensemble comme presque tous les soirs. En plus, elle a besoin de moi puisqu'elle est sans voiture.
— Alors passez une bonne soirée. Je t'embrasse bien tendrement. Je t'aime très fort.
— Moi aussi. Au revoir !
— Au revoir !
— Je ne pouvais pas te téléphoner tout à l'heure parce-que j'étais en train de conduire. On vient d'arriver et j'ai juste eu le temps d'enlever mon manteau et de régler le chauffage avant de te téléphoner.
— Tu sais, ça n'était pas urgent, même si j'espérais que tu allais m'appeler.
— Mais moi, j'avais hâte de le faire.
— C'est gentil.
— Figure-toi que j'ai été grondée par Margaux. Î.
— Hou là, là ! J'en frémis d'avance !
— Elle n'était pas contente que je t'aie dit que je voulais d'abord lui parler de nous deux. En fait, elle m'approuve et elle est très heureuse pour moi et, je crois, aussi pour toi.
— Ça ne m'étonne pas d'elle. C'est une merveilleuse petite jeune femme et vous avez eu beaucoup de chance de vous rencontrer. Il faudra qu'un jour tu me racontes tout ça. Tout ce qui touche à votre bonheur à toutes les deux m'importe énormément.
— Eh bien, c'est réciproque.
— Margaux t'a parlé de la petite fête que je compte organiser chez moi le neuf janvier pour célébrer ton anniversaire ?
— Oui ! J'ai hâte d'y être.
— Tu sais, ça sera plus simple que le ”spécial Margaux ” dont Alice nous a gratifiées aujourd'hui. Ce sera dans l'intimité. Simplement nous quatre chez moi. Comme ça tu feras connaissance avec mon intérieur. J'espère que tu aimeras.
— Moi, j'en suis sûre.
— Dis-moi, ma chérie, je veux te faire un cadeau mais je voudrais éviter d'indisposer tes parents. A moins que tu me dises que je m'inquiète pour rien. J'ai conscience que notre relation peut avoir quelque chose de surprenant même si, de mon point de vue, elle n'a absolument rien de malsain.
— Non, tu as raison. Je préfère parler de toi à mes parents de façon très ”soft” et un cadeau voyant pourrait apparaître incongru.
— Malheureusement, un bijou qu'on cache ou un vêtement qu'on n'ose pas porter étant exclus, ça restreint les choix.
— Oui, tu as raison. Je ne vois pas trop.
— Est-ce que de jolis sous-vêtements…
— Oh oui ! J'adore ça.
— Ça te ferait plaisir ?
— Certainement !
— Tu ne trouverais pas ça déplacé ?
— Non, pas du tout !
— Il faudrait que tu me donnes tes mensurations.
— Quatre-vingt-quinze B, soixante-cinq, Quatre-vingt-quinze.
— Quelle couleur tu préfères ?
— Rouge !
— Et les formes ? Je sais que les jeunes femmes aiment bien les strings.
— Moi, je préfère des formes plus classiques comme les shortys ou les tangas.
— Et pour les hauts ?
— Je n'aime pas les formes trop enveloppantes. Tout le reste me convient.
— Très bien ! Je suis bien contente d'avoir trouvé quelque chose qui puisse te plaire, mais il va falloir que tu réfléchisses à tout ce qui pourrait te faire plaisir comme cadeau. Je ne vais tout de même pas t'offrir des sous-vêtements chaque fois que je voudrai te faire un cadeau !
— D'accord ! Je te promets d'y réfléchir. Mais tu sais, c'est ton affection qui est la plus importante pour moi, pas les cadeaux.
— J'en suis sûre ma chérie, mais c'est important pour moi de t'en faire.
— Alors ça le sera aussi pour moi.
— Je vais être obligée de te laisser. Alice me réclame.
— Tu es encore chez elle ?
— On passe la soirée ensemble comme presque tous les soirs. En plus, elle a besoin de moi puisqu'elle est sans voiture.
— Alors passez une bonne soirée. Je t'embrasse bien tendrement. Je t'aime très fort.
— Moi aussi. Au revoir !
— Au revoir !
Après avoir raccroché, Claire déballa ses affaires et les rangea soigneusement avant de rejoindre Margaux dans la chambre d'amis. Celle-ci n'avait pas encore rangé ses affaires et elle était occupée à admirer la nouvelle décoration de la pièce.
— Tu as vu la belle chambre ? On dirait presque celle de Clermont-Ferrand !
— Elle te plait ?
— Bien sûr ! Il faudrait que je sois difficile pour ne pas l'aimer !
— C'est ta chambre maintenant, mon ange.
— Oh non ! C'est la chambre d'amis. Moi je ne suis qu'une pièce rapportée.
— Une pièce rapportée, peut-être, mais pour longtemps, j'espère. A moins que tu ne veuilles plus m'épouser.
— Elle te plait ?
— Bien sûr ! Il faudrait que je sois difficile pour ne pas l'aimer !
— C'est ta chambre maintenant, mon ange.
— Oh non ! C'est la chambre d'amis. Moi je ne suis qu'une pièce rapportée.
— Une pièce rapportée, peut-être, mais pour longtemps, j'espère. A moins que tu ne veuilles plus m'épouser.
Margaux regarda Claire avec stupéfaction.
— Ben, quand on sera mariées, on n'aura plus besoin de deux chambres. Tu n'envisageais tout de même pas que nous fassions chambre à part ?
Claire devint écarlate et se mit à bafouiller.
— Non, ce n'est pas ce que je voulais dire. Je… c'est-à-dire… ce sera une chambre d'enfant, naturellement.
Margaux n'insista pas. Claire avait dû mal s'exprimer, alors l'incident était clos. Elle le rangea néanmoins dans une petite case de sa mémoire avec les choses auxquelles il faudrait peut-être un jour repenser.
Elle se mirent à deux pour ranger plus rapidement les affaires de Margaux avant de redescendre au premier pour préparer le repas du soir.
Elle se mirent à deux pour ranger plus rapidement les affaires de Margaux avant de redescendre au premier pour préparer le repas du soir.
— Comment je les fais, les haricots verts ?
— Il y a juste à les faire chauffer sans rien. Il y aura du beurre et des condiments sur la table pour ceux qui veulent. Ils sont précuits. Tu as juste à les mettre dans la passoire pour bien les rincer avant de les mettre dans un récipient allant au micro-ondes. On les mettra à chauffer au dernier moment avec juste un peu d'eau au fond du récipient. Pareil pour le saumon. Tu sors les morceaux de leur emballage et tu les mets directement avec un peu d'eau dans le plat qui va lui aussi au micro-ondes. Tu n'oublieras pas le couvercle. Non seulement ça évite que les morceaux se dessèchent mais aussi les projections éventuelles. Pendant ce temps, moi je m'occupe du riz. Après on ira mettre la toile cirée et le couvert.
— Il y a juste à les faire chauffer sans rien. Il y aura du beurre et des condiments sur la table pour ceux qui veulent. Ils sont précuits. Tu as juste à les mettre dans la passoire pour bien les rincer avant de les mettre dans un récipient allant au micro-ondes. On les mettra à chauffer au dernier moment avec juste un peu d'eau au fond du récipient. Pareil pour le saumon. Tu sors les morceaux de leur emballage et tu les mets directement avec un peu d'eau dans le plat qui va lui aussi au micro-ondes. Tu n'oublieras pas le couvercle. Non seulement ça évite que les morceaux se dessèchent mais aussi les projections éventuelles. Pendant ce temps, moi je m'occupe du riz. Après on ira mettre la toile cirée et le couvert.
Lorsque les parents de Claire arrivèrent en début de soirée, les deux jeunes filles les attendaient pelotonnées dans les bras l'une de l'autre sur la banquette du salon devant la télévision dont elles regardaient distraitement une des chaines. Ils leur firent un petit signe de la main avant de monter dans leur chambre pour se changer et faire un brin de toilette. Lorsqu'ils redescendirent une vingtaine de minutes plus tard, le repas était prêt et ils n'eurent plus qu'à s'asseoir à leur place après avoir embrassé nos deux amoureuses.
— Alors, comment s'est passé votre petit week-end en pays nantais ?
— Si on peut parler de week-end ! Vendredi soir on est arrivés complètement crevés et on s'est couchés sans manger. Heureusement l'hôtel était en pleine nature sans aucune route importante à proximité. Donc on n'entendait aucun bruit. Comme en plus la literie était confortable, on a bien dormi. Hier soir, nous sommes retournés à notre hôtel dès la fin du banquet et on n'a pas été les seuls. La soirée a dû continuer avec les plus jeunes et les toubibs de la région. Ce matin nous avons fait la grasse matinée. Petit repas vers midi et demie et on est repartis en début d'après-midi.
— C'est compliqué pour aller de Nantes à Montluçon ?
— Non ! Avec le réseau autoroutier, c'est très simple : On commence par prendre l'A11 direction Paris. Juste après d'Angers on bifurque sur l'A85 qui passe au sud de Tours et rejoint l'A71 au nord de Vierzon. La A71 c'est celle que vous prenez à Clermont pour venir à Montluçon donc on descend vers Clermont-Ferrand et on prend la sortie de Montluçon. Normalement on fait le trajet en quatre heures trente mais nous, on n'était pas pressés et c'était ta mère qui conduisait alors on a mis une heure de plus.
— Ce que ton père oublie de préciser, c'est qu'on s'est arrêtés deux fois dont une pour refaire le plein. D'autre part, je roule sur la file de droite et je n'utilise les autres que pour les dépassements. Je me permets par ailleurs de faire remarquer que cent trente à l'heure, c'est la vitesse maximum autorisée, pas la vitesse obligatoire. Nous les femmes, quand nous conduisons, nous avons un avantage sur les hommes : Nous n'avons pas besoin d'affirmer notre virilité. N'est-ce pas mon chéri ?
— Je n'ai jamais essayé d'affirmer ma virilité en conduisant !
— Si tu le dis.
— Et le contenu du séminaire ? C'était intéressant ?
— Le congrès, ma chérie. Pas le séminaire.
— Quelle est la différence ?
— Le but du congrès est avant tout d'approuver les comptes et le compte-rendu d'activité, de voter le budget et les nouveaux projets et d'élire le nouveau bureau. Les conférences c'est en plus.
— Je suppose que les conférences sont la partie la plus intéressante ?
— Ça dépend du sujet et surtout du conférencier. Cette année, il y en a un qui s'est fait particulièrement remarquer. Il a raconté une histoire fictive qui décrit comment un simple touriste peut déclencher une pandémie mondiale en rentrant chez lui porteur d'un virus qu'il a attrapé au fin fond de l'Inde en photographiant d'un peu trop près un mendiant et son singe savant la veille de son retour. Ça fait froid dans le dos. Enfin, espérons que ça n'arrivera jamais. Et vous, les cocottes ? Comment c'est passé votre ”spécial Margaux ” ?
— Absolument super ! La grand-tante de Margaux lui avait organisé un anniversaire somptueux. Raconte leur toi-même, Margaux. Tu sais mieux raconter que moi.
— Ma tante Alice a l'habitude avec quelques amies de se rendre sur les bords du lac Chambon dans un restaurant tenu par une autre de leurs amies. Marcelline dirige d'une main ferme cet établissement situé au bord de l'eau et son mari y officie aux cuisines. C'est là que nous nous sommes rendues pour un excellent déjeuner.
— Si on peut parler de week-end ! Vendredi soir on est arrivés complètement crevés et on s'est couchés sans manger. Heureusement l'hôtel était en pleine nature sans aucune route importante à proximité. Donc on n'entendait aucun bruit. Comme en plus la literie était confortable, on a bien dormi. Hier soir, nous sommes retournés à notre hôtel dès la fin du banquet et on n'a pas été les seuls. La soirée a dû continuer avec les plus jeunes et les toubibs de la région. Ce matin nous avons fait la grasse matinée. Petit repas vers midi et demie et on est repartis en début d'après-midi.
— C'est compliqué pour aller de Nantes à Montluçon ?
— Non ! Avec le réseau autoroutier, c'est très simple : On commence par prendre l'A11 direction Paris. Juste après d'Angers on bifurque sur l'A85 qui passe au sud de Tours et rejoint l'A71 au nord de Vierzon. La A71 c'est celle que vous prenez à Clermont pour venir à Montluçon donc on descend vers Clermont-Ferrand et on prend la sortie de Montluçon. Normalement on fait le trajet en quatre heures trente mais nous, on n'était pas pressés et c'était ta mère qui conduisait alors on a mis une heure de plus.
— Ce que ton père oublie de préciser, c'est qu'on s'est arrêtés deux fois dont une pour refaire le plein. D'autre part, je roule sur la file de droite et je n'utilise les autres que pour les dépassements. Je me permets par ailleurs de faire remarquer que cent trente à l'heure, c'est la vitesse maximum autorisée, pas la vitesse obligatoire. Nous les femmes, quand nous conduisons, nous avons un avantage sur les hommes : Nous n'avons pas besoin d'affirmer notre virilité. N'est-ce pas mon chéri ?
— Je n'ai jamais essayé d'affirmer ma virilité en conduisant !
— Si tu le dis.
— Et le contenu du séminaire ? C'était intéressant ?
— Le congrès, ma chérie. Pas le séminaire.
— Quelle est la différence ?
— Le but du congrès est avant tout d'approuver les comptes et le compte-rendu d'activité, de voter le budget et les nouveaux projets et d'élire le nouveau bureau. Les conférences c'est en plus.
— Je suppose que les conférences sont la partie la plus intéressante ?
— Ça dépend du sujet et surtout du conférencier. Cette année, il y en a un qui s'est fait particulièrement remarquer. Il a raconté une histoire fictive qui décrit comment un simple touriste peut déclencher une pandémie mondiale en rentrant chez lui porteur d'un virus qu'il a attrapé au fin fond de l'Inde en photographiant d'un peu trop près un mendiant et son singe savant la veille de son retour. Ça fait froid dans le dos. Enfin, espérons que ça n'arrivera jamais. Et vous, les cocottes ? Comment c'est passé votre ”spécial Margaux ” ?
— Absolument super ! La grand-tante de Margaux lui avait organisé un anniversaire somptueux. Raconte leur toi-même, Margaux. Tu sais mieux raconter que moi.
— Ma tante Alice a l'habitude avec quelques amies de se rendre sur les bords du lac Chambon dans un restaurant tenu par une autre de leurs amies. Marcelline dirige d'une main ferme cet établissement situé au bord de l'eau et son mari y officie aux cuisines. C'est là que nous nous sommes rendues pour un excellent déjeuner.
Elle s'arrêta le temps d'avaler une bouchée de saumon.
— Vous allez me dire que tout cela est fort sympathique mais ne sort guère de l'ordinaire. Tout à fait d'accord avec vous. Le ”spécial Margaux ”, c'était le cadre du repas et son animation. Le cadre, c'était une reconstitution de la salle d'un château du moyen-âge. C'était plus vrai que nature. Un mobilier en bois brut et de la vaisselle en étain complétaient l'ensemble ; un vrai décor de film ; un peu kitch, mais super sympa. Quant à l'ambiance, elle était assurée par la présence d'un groupe folklorique auvergnat avec chants et danses traditionnels. Je n'avais jamais imaginé qu'on puisse organiser un tel spectacle rien qu'en mon honneur.
— Je crois que tu peux effectivement remercier ta tante Alice. Elle t'a fait un très beau cadeau.
— Ah mais j'ai eu aussi un cadeau ! Une robe offerte par tante Alice et des chaussures par son amie Muriel.
— On peut dire que tu as été vraiment gâtée pour ton anniversaire. Mais qui est cette Muriel qui apparaît juste à la fin de ton récit ?
— C'est vrai. Je ne vous ai pas parlé d'elle. Muriel est la grande amie de ma tante Alice depuis leur plus tendre enfance. Elles ne se sont jamais perdues de vue et restent très liées, d'autant plus qu'elles sont toutes les deux célibataires. C'est quelqu'un que j'aime beaucoup. Elle était là elle aussi pour mon anniversaire ce qui m'a fait très plaisir. Du coup, elle a fait aussi la connaissance de Claire avec qui elle a sympathisé. Il faut dire qu'avant sa retraite elle était médecin. Sa spécialité, c'était la psychiatrie. Elle s'est prise d'affection pour nous. Je vous rassure, pas en tant que psy bien sûr. De temps en temps, elle donne des conférences et elle se tient encore au courant de l'actualité médicale. Elle pourra nous tuyauter à l'occasion car elle a conservé de nombreux contacts dans le milieu médical.
— Comment dis-tu qu'elle s'appelle ?
— Muriel Chasseur, comme un chasseur.
— C'est un nom qui me dit quelque chose. On a dû assister à une de ses conférences.
— Claire, j'ai vu que tu avais pris des tas de photos de la fête. Tu n'en aurais pas une de Muriel ?
— Je crois que tu peux effectivement remercier ta tante Alice. Elle t'a fait un très beau cadeau.
— Ah mais j'ai eu aussi un cadeau ! Une robe offerte par tante Alice et des chaussures par son amie Muriel.
— On peut dire que tu as été vraiment gâtée pour ton anniversaire. Mais qui est cette Muriel qui apparaît juste à la fin de ton récit ?
— C'est vrai. Je ne vous ai pas parlé d'elle. Muriel est la grande amie de ma tante Alice depuis leur plus tendre enfance. Elles ne se sont jamais perdues de vue et restent très liées, d'autant plus qu'elles sont toutes les deux célibataires. C'est quelqu'un que j'aime beaucoup. Elle était là elle aussi pour mon anniversaire ce qui m'a fait très plaisir. Du coup, elle a fait aussi la connaissance de Claire avec qui elle a sympathisé. Il faut dire qu'avant sa retraite elle était médecin. Sa spécialité, c'était la psychiatrie. Elle s'est prise d'affection pour nous. Je vous rassure, pas en tant que psy bien sûr. De temps en temps, elle donne des conférences et elle se tient encore au courant de l'actualité médicale. Elle pourra nous tuyauter à l'occasion car elle a conservé de nombreux contacts dans le milieu médical.
— Comment dis-tu qu'elle s'appelle ?
— Muriel Chasseur, comme un chasseur.
— C'est un nom qui me dit quelque chose. On a dû assister à une de ses conférences.
— Claire, j'ai vu que tu avais pris des tas de photos de la fête. Tu n'en aurais pas une de Muriel ?
Claire monta dans sa chambre et redescendit rapidement en brandissant son smartphone. Elle avait justement pris une photo sur laquelle figuraient Alice et Muriel, assises l'une à côté de l'autre pendant le repas.
Ses parents reconnurent immédiatement Muriel.
Ses parents reconnurent immédiatement Muriel.
— Oui, je me souviens. Il y a cinq ans, quand notre congrès s'est tenu à Clermont-Ferrand, elle a fait une conférence sur l'accompagnement psychologique des enfants de femmes battues.
Après le repas, les parents de Claire passèrent quelques instants à discuter au salon avec les deux jeunes filles avant d'aller se coucher. Contrairement à ces dernières, ils n'étaient pas en vacances le lendemain et avaient besoin de se remettre des fatigues d'un week-end chargé. Claire et Margaux s'occupèrent du rangement de la salle à manger et de la cuisine. Elles avaient décidé, d'un commun accord, de soulager les parents de Claire des tâches ménagères pendant les vacances. Tant pis s'il fallait sacrifier pour cela les séances de piscine et les promenades le long du Cher. Tout en s'occupant de la vaisselle, elles discutèrent à voix basse.
— Tout à l'heure, après avoir rangé mes affaires, j'ai téléphoné à Muriel.
— Ça a dû lui faire plaisir.
— Sûrement car elle a pris sa voix toute douce pour me répondre. Bien sûr, on s'est dit des choses gentilles. Figure-toi qu'elle était encore chez Alice. Elle m'a dit qu'elles passent presque toutes leurs soirées ensemble.
— Je pense que quand on vit seule, ça ne doit pas être très drôle le soir. Nous, c'est différent, on est ensemble tard le soir et nos études nous occupent beaucoup. Elles, elles sont en retraite. Elles n'ont pas grand-chose à faire le soir à part lire et regarder la télé. Ça doit être plutôt déprimant.
— Deux amies d'enfance et toutes les deux célibataires alors qu'elles sont toutes les deux plutôt belles femmes. Elles devaient plaire aux hommes quand elles étaient jeunes.
— Je ne sais pas pour Muriel mais tante Alice n'est pas célibataire, elle est divorcée.
— Ah, mais je ne savais pas ! Tu ne m'en avais jamais parlé. Son mari était infidèle ?
— Non, c'était elle. Un soir, en rentrant chez lui plus tôt que prévu, il l'a surprise au lit avec son amant. Il l'a virée illico et a demandé le divorce. Elle s'est retrouvée du jour au lendemain dans la rue, sans aucune ressource avec sa brosse à dents et quelques vêtements qu'il l'avait autorisée à emporter. Elle n'a rien osé réclamer car il l'a menacée de déclencher un scandale qui aurait pu démolir la réputation et la carrière de son amant. Heureusement, il y avait Muriel. Elle l'a recueillie chez elle, l'a logée, l'a nourrie et l'a vêtue pendant plusieurs années, le temps qu'elle se remette de son aventure.
— Et son amant alors ? Il ne l'a pas aidée ?
— Pas à ma connaissance.
— Quel salaud tout de même !
— Pourtant elle l'aime toujours.
— Ça, c'est bien des nanas ! Elles ont un mec qui les traite comme des moins que rien, et je suis polie, et elles continuent à l'aimer.
— Tu sais, je ne connais pas toute l'histoire. Tante Alice n'a même pas voulu me dire qui c'est. Il doit être obligé d'être très discret.
— Quand même !... En tout cas, Muriel a été une amie drôlement dévouée. Tu vois, j'éprouvais déjà beaucoup d'affection pour elle mais, après ce que tu viens de me raconter, je crois que je vais l'aimer encore plus.
— Ça a dû lui faire plaisir.
— Sûrement car elle a pris sa voix toute douce pour me répondre. Bien sûr, on s'est dit des choses gentilles. Figure-toi qu'elle était encore chez Alice. Elle m'a dit qu'elles passent presque toutes leurs soirées ensemble.
— Je pense que quand on vit seule, ça ne doit pas être très drôle le soir. Nous, c'est différent, on est ensemble tard le soir et nos études nous occupent beaucoup. Elles, elles sont en retraite. Elles n'ont pas grand-chose à faire le soir à part lire et regarder la télé. Ça doit être plutôt déprimant.
— Deux amies d'enfance et toutes les deux célibataires alors qu'elles sont toutes les deux plutôt belles femmes. Elles devaient plaire aux hommes quand elles étaient jeunes.
— Je ne sais pas pour Muriel mais tante Alice n'est pas célibataire, elle est divorcée.
— Ah, mais je ne savais pas ! Tu ne m'en avais jamais parlé. Son mari était infidèle ?
— Non, c'était elle. Un soir, en rentrant chez lui plus tôt que prévu, il l'a surprise au lit avec son amant. Il l'a virée illico et a demandé le divorce. Elle s'est retrouvée du jour au lendemain dans la rue, sans aucune ressource avec sa brosse à dents et quelques vêtements qu'il l'avait autorisée à emporter. Elle n'a rien osé réclamer car il l'a menacée de déclencher un scandale qui aurait pu démolir la réputation et la carrière de son amant. Heureusement, il y avait Muriel. Elle l'a recueillie chez elle, l'a logée, l'a nourrie et l'a vêtue pendant plusieurs années, le temps qu'elle se remette de son aventure.
— Et son amant alors ? Il ne l'a pas aidée ?
— Pas à ma connaissance.
— Quel salaud tout de même !
— Pourtant elle l'aime toujours.
— Ça, c'est bien des nanas ! Elles ont un mec qui les traite comme des moins que rien, et je suis polie, et elles continuent à l'aimer.
— Tu sais, je ne connais pas toute l'histoire. Tante Alice n'a même pas voulu me dire qui c'est. Il doit être obligé d'être très discret.
— Quand même !... En tout cas, Muriel a été une amie drôlement dévouée. Tu vois, j'éprouvais déjà beaucoup d'affection pour elle mais, après ce que tu viens de me raconter, je crois que je vais l'aimer encore plus.
*****
Lorsque Margaux se réveilla le lendemain matin elle eut un peu de mal à réaliser qu'elle n'était pas dans sa petite chambre chez tante Alice. Elle ouvrit les yeux et voulut allumer la lumière de sa lampe de chevet. C'est en s'apercevant qu'à sa droite se trouvait un mur au lieu de la petite table basse habituelle qu'elle réalisa qu'elle était à Montluçon dans la jolie chambre d'amis qui lui était attribuée et, qu'avec Claire, elles se préparaient à passer une dizaine de jours du matin jusqu'au soir sans jamais se quitter. Le bonheur quoi !
Alors qu'elle était en train de s'étirer voluptueusement en se demandant si elle n'allait pas faire durer un peu le plaisir de paresser, la porte de la chambre s'ouvrit à la volée et une véritable tornade se précipita vers la fenêtre en criant.
Alors qu'elle était en train de s'étirer voluptueusement en se demandant si elle n'allait pas faire durer un peu le plaisir de paresser, la porte de la chambre s'ouvrit à la volée et une véritable tornade se précipita vers la fenêtre en criant.
— Allez ! Debout là-dedans, espèce de paresseuse !
Claire, en pyjama et qui venait visiblement de se lever, tira d'un grand geste les doubles rideaux puis tourna furieusement la manivelle du volet roulant. Le jour envahit la pièce et aveugla Margaux qui ferma les yeux. Elle n'eut pas le temps de protester que Claire avait déjà bondi sur le lit et s'était mise à la chatouiller. Margaux était maintenant totalement réveillée. Elle se tortillait comme un ver de terre en essayant d'échapper à la torture tout en poussant des hurlements de rire et en suppliant son bourreau ( sa bourrelle ? bourotte ? BOF !) d'arrêter. Après quelques minutes de chahut, Claire arrêta les chatouilles et les remplaça par plusieurs énormes baisers que lui rendit aussitôt la blondinette.
— As-tu bien dormi, mon petit ange adoré ?
— Merveilleusement bien, mon amour !
— Merveilleusement bien, mon amour !
Elles continuèrent à se roucouler des mots d'amour serrées l'une contre l'autre jusqu'à ce que Claire interrompe prosaïquement les effusions.
— Moi, j'ai faim ! Pas toi ?
— Moi aussi je commence à avoir un petit creux. Et puis, ça sent la viennoiserie chaude.
— Viens ! On va se goinfrer de brioches à la cuisine.
— On y va comme ça, en pyjama ? Ça ne risque pas de choquer tes parents ?
— Je ne vois pas pourquoi. J'ai toujours fait ça pendant les vacances.
— Chez mes parents, je n'ai jamais fait ça. Vacances ou pas, la première chose qu'on fait, c'est de passer sous la douche. Ensuite on s'habille et, seulement après, on prend le petit-déjeuner puis on termine par le lavage des dents. C'est très militaire.
— Chez nous, c'est plus cool. Pendant l'année scolaire, ça se passe un peu comme chez tes parents mais, pendant les vacances, on fait comme on veut. De toute façon, à cette heure mes parents sont levés depuis longtemps et ont déjà commencé leur journée de travail. Donc, il n'y a personne au premier.
— Moi aussi je commence à avoir un petit creux. Et puis, ça sent la viennoiserie chaude.
— Viens ! On va se goinfrer de brioches à la cuisine.
— On y va comme ça, en pyjama ? Ça ne risque pas de choquer tes parents ?
— Je ne vois pas pourquoi. J'ai toujours fait ça pendant les vacances.
— Chez mes parents, je n'ai jamais fait ça. Vacances ou pas, la première chose qu'on fait, c'est de passer sous la douche. Ensuite on s'habille et, seulement après, on prend le petit-déjeuner puis on termine par le lavage des dents. C'est très militaire.
— Chez nous, c'est plus cool. Pendant l'année scolaire, ça se passe un peu comme chez tes parents mais, pendant les vacances, on fait comme on veut. De toute façon, à cette heure mes parents sont levés depuis longtemps et ont déjà commencé leur journée de travail. Donc, il n'y a personne au premier.
Elles descendirent au premier et s'attablèrent l'une à côté de l'autre dans la cuisine. Margaux regarda autour d'elle d'un air satisfait.
— Je me sens un peu chez moi, ici. Même cette cuisine est accueillante.
Pendant quelques minutes, le silence régna, seulement entrecoupé par quelques bruits de bols, de cuillères et de micro-ondes. Lorsqu'elles eurent fini de se gaver de brioche, elles recommencèrent à parler. Claire proposa.
— Alors ? Piscine ou jogging ?
— Je croyais qu'on devait s'occuper de faire la cuisine.
— Tu sais, pour le repas de midi, on ne fait jamais rien de bien compliqué en dehors des jours de fête. Le vrai repas, c'est celui du soir. On fait un peu comme les anglais : un solide petit déjeuner, un repas de midi léger et un vrai repas le soir. La seule différence c'est que le petit-déjeuner est à la française. Bref, on doit pouvoir consacrer une bonne heure à faire un peu d'exercice chaque matin.
— Et le travail ?
— Attend ! Les vacances c'est aussi pour se détendre ! Sinon on ne terminera pas l'année scolaire. A un moment, il faut trouver un équilibre entre le travail et la récupération. Ou alors, on fait comme certains qui marchent au café et aux amphétamines et un jour on se retrouve à l'hosto. Moi, l'hosto c'est pour mes études ; pas en tant que patiente.
— Bon, mais comment tu vois les choses.
— Si on travaille quatre ou cinq heures par jour, ça devrait suffire. Nous avons déjà révisé au moins une fois tout le programme du premier trimestre et même deux fois pour certaines parties plus difficiles. On dispose de quatorze jours avant la reprise des cours. Si on enlève la Noël et le jour de l'an, il nous reste douze jours de travail. Il y a de nombreux sujets que nous maîtrisons suffisamment pour qu'un simple survol de vérification suffise. En nous concentrant sur ceux qui sont les plus compliqués, on devrait avoir le temps de faire le tour du problème. Alors, voilà ce que je propose : De huit à dix, on prend le petit déjeuner, on range et on prépare le repas de midi. De dix à onze, on fait notre toilette et on se prépare. De onze heures à midi et quart, c'est jogging ou piscine. La piscine est à dix minutes maximum comme les bords du Cher. On a de la marge mais il faut qu'on se change au retour. A midi et demi, les parents montent manger. On met le couvert sur la table de la cuisine et on réchauffe au micro-ondes les plats qu'on a préparés le matin. On prend le café et mes parents redescendent à treize heures trente. Nous, on range tranquillement la cuisine et on lance la vaisselle. A quatorze heures, on commence à bosser jusqu'à dix-neuf heures. A dix-sept heures, on se prépare un thé et on grignote quelques biscuits.
— Comme les Anglais !
— Exact ! Et à dix-neuf heures, on arrête les révisions et on prépare le repas du soir.
— Dis-donc, à la fin des vacances, on sera de vrais cordons bleus !
— Comme ça, si on rate nos études de médecine, on pourra ouvrir un restaurant. Alors ? Mon programme te convient ?
— Tout à fait mais je veux préciser une chose !
— Quoi donc, mon ange ?
— Je veux bien calquer mes horaires sur ceux des anglais mais pas la cuisine. Et il n'est pas question qu'au petit déjeuner je mange du bacon, des œufs frits et des saucisses frites.
— Ça ne risque pas Beurk ! Je ne sais pas comment ils font.
— Tu veux que je te dise ? Ce ne sont pas des gens civilisés.
— Je croyais qu'on devait s'occuper de faire la cuisine.
— Tu sais, pour le repas de midi, on ne fait jamais rien de bien compliqué en dehors des jours de fête. Le vrai repas, c'est celui du soir. On fait un peu comme les anglais : un solide petit déjeuner, un repas de midi léger et un vrai repas le soir. La seule différence c'est que le petit-déjeuner est à la française. Bref, on doit pouvoir consacrer une bonne heure à faire un peu d'exercice chaque matin.
— Et le travail ?
— Attend ! Les vacances c'est aussi pour se détendre ! Sinon on ne terminera pas l'année scolaire. A un moment, il faut trouver un équilibre entre le travail et la récupération. Ou alors, on fait comme certains qui marchent au café et aux amphétamines et un jour on se retrouve à l'hosto. Moi, l'hosto c'est pour mes études ; pas en tant que patiente.
— Bon, mais comment tu vois les choses.
— Si on travaille quatre ou cinq heures par jour, ça devrait suffire. Nous avons déjà révisé au moins une fois tout le programme du premier trimestre et même deux fois pour certaines parties plus difficiles. On dispose de quatorze jours avant la reprise des cours. Si on enlève la Noël et le jour de l'an, il nous reste douze jours de travail. Il y a de nombreux sujets que nous maîtrisons suffisamment pour qu'un simple survol de vérification suffise. En nous concentrant sur ceux qui sont les plus compliqués, on devrait avoir le temps de faire le tour du problème. Alors, voilà ce que je propose : De huit à dix, on prend le petit déjeuner, on range et on prépare le repas de midi. De dix à onze, on fait notre toilette et on se prépare. De onze heures à midi et quart, c'est jogging ou piscine. La piscine est à dix minutes maximum comme les bords du Cher. On a de la marge mais il faut qu'on se change au retour. A midi et demi, les parents montent manger. On met le couvert sur la table de la cuisine et on réchauffe au micro-ondes les plats qu'on a préparés le matin. On prend le café et mes parents redescendent à treize heures trente. Nous, on range tranquillement la cuisine et on lance la vaisselle. A quatorze heures, on commence à bosser jusqu'à dix-neuf heures. A dix-sept heures, on se prépare un thé et on grignote quelques biscuits.
— Comme les Anglais !
— Exact ! Et à dix-neuf heures, on arrête les révisions et on prépare le repas du soir.
— Dis-donc, à la fin des vacances, on sera de vrais cordons bleus !
— Comme ça, si on rate nos études de médecine, on pourra ouvrir un restaurant. Alors ? Mon programme te convient ?
— Tout à fait mais je veux préciser une chose !
— Quoi donc, mon ange ?
— Je veux bien calquer mes horaires sur ceux des anglais mais pas la cuisine. Et il n'est pas question qu'au petit déjeuner je mange du bacon, des œufs frits et des saucisses frites.
— Ça ne risque pas Beurk ! Je ne sais pas comment ils font.
— Tu veux que je te dise ? Ce ne sont pas des gens civilisés.
Après avoir pris leur petit déjeuner, elles préparèrent rapidement le repas de midi : une salade d'endives avec une vinaigrette faite avec du vinaigre de cidre et de l'huile de noix additionnée d'un peu de moutarde. Elles coupèrent un morceau de gruyère en petits cubes qu'elles rajoutèrent à la salade. Pendant la préparation de la salade, elles avaient fait cuire du riz et sorti du réfrigérateur quatre escalopes de poulet qu'elles firent revenir à la poêle. Il ne resterait plus qu'à faire réchauffer le poulet et le riz au micro-ondes. Elles allèrent ensuite faire leur toilette avant de mettre leurs maillots de bain et leurs tenues de jogging. Elles mirent leurs serviettes et bonnets de bains dans un sac, enfilèrent leurs manteaux et sortirent dans le jardin. Un froid glacial les accueillit. Heureusement, le sol était sec et la pluie ne menaçait pas. Par contre le vent froid qui soufflait aurait rendu extrêmement pénible une tentative d'aller faire un jogging sur les bords du Cher.
Le choix d'aller ce jour-là à la piscine était de loin le meilleur. Elles montèrent donc dans la FIAT et se rendirent au centre aqualudique de la Loue.
Le grand bassin du centre aqualudique ressemble à celui de Clermont-Ferrand tant par sa structure que par son organisation. Les trois premiers couloirs forment un espace unique dans lequel tout le monde peut s'ébattre à sa guise. Les autres sont individualisés à l'aide de flotteurs reliés par des cordes. Ils servent uniquement à faire des longueurs de bassin. L'apparition des deux jeunes filles parcourant le bord du bassin pour aller s'installer à une de ses extrémités fit sensation. D'abord à cause de leur beauté mais surtout parce qu'elles se tenaient par la main et affichaient très clairement l'amour qui les unissait. Puis elles descendirent dans l'eau et on arrêta de s'occuper d'elles. Comme d'habitude, Margaux préféra éviter les couloirs d'entraînement et nager tranquillement dans l'espace commun des trois premiers couloirs tandis que Claire enchaînait les longueurs de bassin avant de la rejoindre.
Le grand bassin du centre aqualudique ressemble à celui de Clermont-Ferrand tant par sa structure que par son organisation. Les trois premiers couloirs forment un espace unique dans lequel tout le monde peut s'ébattre à sa guise. Les autres sont individualisés à l'aide de flotteurs reliés par des cordes. Ils servent uniquement à faire des longueurs de bassin. L'apparition des deux jeunes filles parcourant le bord du bassin pour aller s'installer à une de ses extrémités fit sensation. D'abord à cause de leur beauté mais surtout parce qu'elles se tenaient par la main et affichaient très clairement l'amour qui les unissait. Puis elles descendirent dans l'eau et on arrêta de s'occuper d'elles. Comme d'habitude, Margaux préféra éviter les couloirs d'entraînement et nager tranquillement dans l'espace commun des trois premiers couloirs tandis que Claire enchaînait les longueurs de bassin avant de la rejoindre.
Elles finirent la séance en se frictionnant mutuellement, gestes qui sous une apparence innocente provoquèrent chez elles un plaisir un peu trouble.
De retour à la villa, elles eurent largement le temps de se changer et de se recoiffer avant de se rendre à la cuisine pour mettre la table. Les parents de Claire ne tardèrent pas à les rejoindre et tout le monde s'installa pour le déjeuner.
De retour à la villa, elles eurent largement le temps de se changer et de se recoiffer avant de se rendre à la cuisine pour mettre la table. Les parents de Claire ne tardèrent pas à les rejoindre et tout le monde s'installa pour le déjeuner.
Ils étaient à peine assis que le téléphone portable de Jérôme Lefront se mit à sonner. Ce dernier décrocha et répondit immédiatement sans laisser parler son correspondant :
— Ne quitte pas ! Puis il expliqua : c'est Henri. Il m'a téléphoné tout à l'heure et je lui ai demandé de rappeler à midi et demie. Henri ? Je mets le haut-parleur pour que tout le monde puisse entendre.
— Bonjour, tout le monde ! Vous allez tous bien ?
— Oui. Claire est en vacances à la maison et nous voyons David et Laura pour le nouvel an.
— Ça tombe bien, je voulais parler à Claire pour l'inviter.
— Tu veux que je te la passe ?
— Si ça ne te dérange pas, je veux bien.
— Je coupe le haut-parleur ?
— Bien sûr que non ! Il n'y a rien de secret, bien au contraire !
— Salut Riri ! Tu vas bien ?
— Heu, Angélique préfère qu'on m'appelle Henri.
— Qui est Angélique ?
— Oui, il faut peut-être que je commence par là. J'ai fait la connaissance d'Angélique il y a huit mois et nous avons décidé de nous marier l'été prochain. Nous allons fêter nos fiançailles dimanche vingt-sept et nous voulions t'inviter pour cette occasion, si tu es disponible, naturellement. Désolé de te prévenir si tard, mais ça s'est décidé au dernier moment.
— Ça n'est pas grave du tout mais j'ai un petit problème. Je ne suis pas seule.
— Tu es avec quelqu'un ?
— Oui, je fête moi-même mes fiançailles le vingt-cinq.
— Super ! Presqu'en même temps que nous. Naturellement, vous êtes invités tous les deux.
— Ecoute, je ne veux pas te prendre en traître. Ça n'est pas tous les deux, c'est toutes les deux. Elle s'appelle Margaux.
— Bonjour, tout le monde ! Vous allez tous bien ?
— Oui. Claire est en vacances à la maison et nous voyons David et Laura pour le nouvel an.
— Ça tombe bien, je voulais parler à Claire pour l'inviter.
— Tu veux que je te la passe ?
— Si ça ne te dérange pas, je veux bien.
— Je coupe le haut-parleur ?
— Bien sûr que non ! Il n'y a rien de secret, bien au contraire !
— Salut Riri ! Tu vas bien ?
— Heu, Angélique préfère qu'on m'appelle Henri.
— Qui est Angélique ?
— Oui, il faut peut-être que je commence par là. J'ai fait la connaissance d'Angélique il y a huit mois et nous avons décidé de nous marier l'été prochain. Nous allons fêter nos fiançailles dimanche vingt-sept et nous voulions t'inviter pour cette occasion, si tu es disponible, naturellement. Désolé de te prévenir si tard, mais ça s'est décidé au dernier moment.
— Ça n'est pas grave du tout mais j'ai un petit problème. Je ne suis pas seule.
— Tu es avec quelqu'un ?
— Oui, je fête moi-même mes fiançailles le vingt-cinq.
— Super ! Presqu'en même temps que nous. Naturellement, vous êtes invités tous les deux.
— Ecoute, je ne veux pas te prendre en traître. Ça n'est pas tous les deux, c'est toutes les deux. Elle s'appelle Margaux.
Henri hésita à peine pour répondre.
— Je ne m'y attendais pas, naturellement, mais ça ne me pose aucun problème. Quant à Angélique, je ne crois pas que… attend ! Je te la passe.
— Claire ?
— Bonjour !
— Je voulais te dire, d'abord que je suis très heureuse de faire ta connaissance. Henri m'a beaucoup parlé de toi.
— Moi aussi, je serais très heureuse de faire ta connaissance. Mais je ne voudrais pas gâcher la fête.
— Tu ne gâcheras rien du tout. Je peux t'affirmer en toute certitude que ni mes parents ni ceux d'Henri ne seront choqués. Quant à moi, je serai ravie de faire la connaissance de ta chérie. Si tu vous vous aimez autant que nous, je comprends que vous braviez tous les tabous du monde.
— Claire ?
— Bonjour !
— Je voulais te dire, d'abord que je suis très heureuse de faire ta connaissance. Henri m'a beaucoup parlé de toi.
— Moi aussi, je serais très heureuse de faire ta connaissance. Mais je ne voudrais pas gâcher la fête.
— Tu ne gâcheras rien du tout. Je peux t'affirmer en toute certitude que ni mes parents ni ceux d'Henri ne seront choqués. Quant à moi, je serai ravie de faire la connaissance de ta chérie. Si tu vous vous aimez autant que nous, je comprends que vous braviez tous les tabous du monde.
Pendant l'échange entre Claire et ses correspondants, Jérôme Lefront et son épouse s'étaient concertés à voix basse. Le père de Claire lui fit signe de lui repasser le téléphone.
— Je te repasse papa. Il a quelque chose à vous dire.
— Oui ! Je voulais vous demander ce que vous faisiez pour Noël.
— Juste un petit réveillon le vingt-quatre.
— Et le vingt-cinq ?
— On mange les restes en général.
— Ça vous dirait de venir fêter les fiançailles de Claire et de Margaux avec nous le vingt-cinq sur le coup de midi ? Comme vous aurez le ventre bien plein, on essayera de vous faire du léger : foie gras, chapon farci, profiteroles… je plaisante bien sûr.
— C'est très gentil de nous inviter. Ça sera avec le plus grand plaisir. Du coup, vous ferez vous aussi la connaissance d'Angélique.
— Alors, au vingt-cinq. Tu embrasses tes parents de notre part et tu salues bien ceux d'Angélique.
— Au vingt-cinq ! Bisous tout le monde.
— Oui ! Je voulais vous demander ce que vous faisiez pour Noël.
— Juste un petit réveillon le vingt-quatre.
— Et le vingt-cinq ?
— On mange les restes en général.
— Ça vous dirait de venir fêter les fiançailles de Claire et de Margaux avec nous le vingt-cinq sur le coup de midi ? Comme vous aurez le ventre bien plein, on essayera de vous faire du léger : foie gras, chapon farci, profiteroles… je plaisante bien sûr.
— C'est très gentil de nous inviter. Ça sera avec le plus grand plaisir. Du coup, vous ferez vous aussi la connaissance d'Angélique.
— Alors, au vingt-cinq. Tu embrasses tes parents de notre part et tu salues bien ceux d'Angélique.
— Au vingt-cinq ! Bisous tout le monde.
Claire était rayonnante.
— Moi qui me demandais comment il allait prendre la chose !
Margaux se sentait un peu perdue.
— Tu ne m'as jamais parlé de cet Henri dont l'opinion semble tellement compter pour toi.
Ce fut Jérôme Lefront qui répondit.
— J'ai une sœur et un frère. Ma sœur est l'aînée et elle habite en région parisienne. On s'entend bien, mais on n'a pas souvent l'occasion de se voir. Moi, je suis le second et mon frère Albert est le benjamin. Il habite à Vichy où il exerce la profession de courtier en assurances. Son épouse Véronique est juge au tribunal de grande instance. Elle s'occupe des affaires familiales. Ils ont un fils, Henri, qui a deux ans de plus que Claire. Il est venu très souvent passer des vacances chez nous et, réciproquement, David et Claire ont régulièrement étés invités chez eux à Vichy.
— Oui, intervint Claire, j'ai toujours considéré Henri comme un deuxième frère. A un moment j'étais plus proche de lui que de David à cause de la différence d'âge. Ces derniers temps, on s'était un peu perdus de vue à cause de nos études mais j'ai toujours beaucoup d'affection pour lui.
— Tu as d'autres cousins ?
— Oui. La sœur ainée de papa a deux garçons qui ont déjà dépassé la trentaine. Du côté de maman, j'ai deux cousine en Bretagne.
— Et toi ? Demanda Julie Lefront à Margaux.
— Du côté de papa, il n'y a personne car il est fils unique et ma tante Alice n'a pas d'enfants. Du côté de maman, j'ai une tripotée de cousins et cousines en Martinique car maman est d'une famille de ‘'békés''. Elle-même est une ‘'béké'' car elle née à la Martinique et y a passé toute sa jeunesse. J'ai passé des vacances là-bas quand nous étions en Guadeloupe. Ils sont tous adorables et j'ai été traitée comme une princesse. J'aimerais beaucoup les revoir, mais ils ne viennent jamais en France métropolitaine.
— Oui, intervint Claire, j'ai toujours considéré Henri comme un deuxième frère. A un moment j'étais plus proche de lui que de David à cause de la différence d'âge. Ces derniers temps, on s'était un peu perdus de vue à cause de nos études mais j'ai toujours beaucoup d'affection pour lui.
— Tu as d'autres cousins ?
— Oui. La sœur ainée de papa a deux garçons qui ont déjà dépassé la trentaine. Du côté de maman, j'ai deux cousine en Bretagne.
— Et toi ? Demanda Julie Lefront à Margaux.
— Du côté de papa, il n'y a personne car il est fils unique et ma tante Alice n'a pas d'enfants. Du côté de maman, j'ai une tripotée de cousins et cousines en Martinique car maman est d'une famille de ‘'békés''. Elle-même est une ‘'béké'' car elle née à la Martinique et y a passé toute sa jeunesse. J'ai passé des vacances là-bas quand nous étions en Guadeloupe. Ils sont tous adorables et j'ai été traitée comme une princesse. J'aimerais beaucoup les revoir, mais ils ne viennent jamais en France métropolitaine.
L'après-midi et les jours suivants, les deux jeunes filles s'en tinrent au programme qu'elles avaient défini : Détente le matin et révisions l'après-midi. Le temps passant et le vingt-cinq décembre approchant, Claire devint de plus en plus fébrile. La perspective de ses prochaines fiançailles avec Margaux le jour de Noël lui paraissait le symbole de leur bonheur futur à Margaux et à elle. Et, cerise sur le gâteau, Henri serait présent. Elle se souvenait de leur âge tendre et des jeux de filles ou de garçon auxquels ils jouaient indifféremment, l'important étant de jouer ensemble.
Elle se souvenait de l'époque où ils s'étaient aperçus qu'elle le dépassait en taille. Elle s'était mise à l'appeler ”le nabot” tandis que lui ne l'appelait plus que ”la girafe ” ou encore ”la planche à repasser” étant donné son absence de poitrine. Ils n'auraient accepté de personne d'autre ce genre de moquerie. Un jour, David avait eu le malheur d'appeler sa sœur ”la girafe”. Elle avait fondu en larmes tandis qu'Henri s'était rué sur son cousin pour venger l'insultée. Il avait d'ailleurs reçu une raclée mais avait eu droit à un baiser en récompense de sa bravoure.
Margaux était, elle aussi, ravie à la perspective de sceller par des fiançailles leur décision de s'unir pour la vie. Elle était par contre plus réservée sur la présence d'Henri et de sa fiancée. Ils étaient certainement très gentils tous les deux mais elle avait imaginé quelque chose de plus intime en présence des seules personnes, en dehors de Muriel, devant lesquelles elles pouvaient échanger des gestes tendres. De plus, sa maudite timidité allait lui causer les habituelles angoisses que ressentent tous ceux qui craignent de ne pas être à la hauteur. Elle se résigna cependant en constatant la joie que ressentait Claire à l'idée de la présence imprévue du couple. Après tout, ils avaient l'air très gentils et pourraient constituer avec elles le noyau d'un groupe d'amis.
Le matin du vingt-cinq, lorsque les deux demoiselles descendirent en pyjama prendre le petit déjeuner dans la cuisine, elles en furent expulsées manu-militari par les parents de Claire qui étaient en train de préparer le repas de fête.
— Ne restez pas dans nos pattes ! Allez plutôt vous préparer avant de mettre le couvert. Si vous voulez tout de même prendre quelque chose, vous attendrez que nous soyons en train d'aller nous-même nous préparer.
Elles remontèrent donc se préparer ce qui n'empêcha pas Claire de râler contre ses parents.
— Je déteste quand ils me parlent comme ça. Je ne suis plus une gamine, quand-même !
Margaux sourit en elle-même. Ça ne lui déplaisait pas du tout d'être traitée en gamine par les parents de Claire. Elle se sentait intégrée quand cela lui arrivait. Après avoir fait sa toilette, elle enfila sa robe fourreau et ses chaussures à talon avant de se coiffer. Au lieu de tenter inutilement de rendre ses cheveux moins frisés, elle en accentua au contraire le gonflement, allant même jusqu'à consolider le tout avec un léger nuage de laque. Elle se regarda satisfaite dans le miroir de sa chambre. Elle n'avait pas l'allure d'une pin-up de magazines mais elle avait réussi à se vieillir suffisamment pour ne plus avoir l'air d'une gamine de quinze ans.
Lorsque la sonnette de la porte de séparation du rez-de-chaussée retentit et que Claire et Margaux allèrent accueillir Henri et sa fiancée, Margaux faillit pouffer de rire. Angélique devait être au moins deux fois plus timide qu'elle. Elle avait beau être coiffée de manière sophistiquée, elle avait tout de même l'air d'une gamine et c'était surtout à cause de son attitude. Elle se tenait à moitié cachée derrière son fiancé et elle était rose d'émotion. Elle avait un besoin urgent d'être rassurée. Aussi, la blondinette, laissant Claire et Henri se congratuler, alla serrer dans ses bras Angélique qu'elle embrassa affectueusement.
— Bonjour Angélique. Je suis Margaux, la fiancée de Claire. Quand j'ai fait la connaissance de ses parents, j'étais moi aussi très intimidée. Surtout ne t'en fais pas. Ils sont très gentils. J'ai été très bien accueillie et il en sera de même pour toi.
Angélique, un peu rassurée lui sourit et s'avança légèrement mais, au même instant, Claire réalisa qu'elle ne l'avait pas encore accueillie et se précipita vers elle en s'exclamant.
— Salut Angélique ! Alors, comme ça tu as réussi à séduire notre Henri ? Dis donc, tu n'en as pas l'air comme ça mais tu es une petite futée !
— Margaux, se tourna vers Henri et ils échangèrent un regard consterné tandis qu'Angélique essayait de sourire bravement tout en agrippant la manche de la veste d'Henri. Il fallait immédiatement corriger l'impression désastreuse qu'avait faite Claire sinon Angélique allait la détester. Elle attrapa la main de Claire et la retint tandis que Henri et Angélique pénétraient dans l'ascenseur.
— Montez sans nous. Claire et moi, on va prendre l'escalier. Les parents de Claire vous attendent au premier. Nous arrivons tout de suite.
— Tandis que l'ascenseur démarrait, elle tira Claire à sa suite et retourna dans le hall du rez-de-chaussée avant de refermer la porte de séparation.
— Au nom du ciel, est-ce que tu réalises ce que tu viens de faire avec Angélique ?
— Ben quoi ? Je l'ai bien accueillie non ?
— Tu appelles ça bien accueillir ? En deux phrases, sans même lui dire bonjour tu lui dis que tu es étonnée qu'elle ait réussi à séduire ton cousin bien qu'elle n'ait pas l'air futée.
— Mais ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu dire !
— Pourtant, c'est ce que tu as dit.
— Mais je voulais plaisanter ! Henri et moi, on plaisante toujours ensemble chaque fois qu'on se voit ! On se dit n'importe quoi mais ça ne porte pas à conséquence !
— Peut-être, mais tu ne sais pas si Angélique est comme ça et, à mon avis, elle n'est pas du tout comme ça. D'abord, c'est manifestement quelqu'un de très timide. Comme je le suis moi aussi, je m'en suis aperçue tout de suite. J'étais en train d'essayer de la rassurer quand tu es arrivée avec tes gros sabots et tes réflexions vaseuses. En plus, je ne serais pas étonnée qu'elle fasse un complexe d'infériorité. Tu as été très maladroite avec elle.
— Mon dieu ! C'est épouvantable ! Qu'est-ce qu'elle va penser de moi ? Il faut que j'aille lui faire immédiatement des excuses.
— Attend ! Ne te précipite pas. Si tu fais ça devant tout le monde le remède risque d'être pire que le mal. Il faut que tu fasses ça en privé. Si tu veux, je peux essayer d'arranger ça.
— Tu es gentille de faire ça pour moi.
— Je ferais bien davantage pour toi s'il le fallait, ma douce.
— Margaux, se tourna vers Henri et ils échangèrent un regard consterné tandis qu'Angélique essayait de sourire bravement tout en agrippant la manche de la veste d'Henri. Il fallait immédiatement corriger l'impression désastreuse qu'avait faite Claire sinon Angélique allait la détester. Elle attrapa la main de Claire et la retint tandis que Henri et Angélique pénétraient dans l'ascenseur.
— Montez sans nous. Claire et moi, on va prendre l'escalier. Les parents de Claire vous attendent au premier. Nous arrivons tout de suite.
— Tandis que l'ascenseur démarrait, elle tira Claire à sa suite et retourna dans le hall du rez-de-chaussée avant de refermer la porte de séparation.
— Au nom du ciel, est-ce que tu réalises ce que tu viens de faire avec Angélique ?
— Ben quoi ? Je l'ai bien accueillie non ?
— Tu appelles ça bien accueillir ? En deux phrases, sans même lui dire bonjour tu lui dis que tu es étonnée qu'elle ait réussi à séduire ton cousin bien qu'elle n'ait pas l'air futée.
— Mais ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu dire !
— Pourtant, c'est ce que tu as dit.
— Mais je voulais plaisanter ! Henri et moi, on plaisante toujours ensemble chaque fois qu'on se voit ! On se dit n'importe quoi mais ça ne porte pas à conséquence !
— Peut-être, mais tu ne sais pas si Angélique est comme ça et, à mon avis, elle n'est pas du tout comme ça. D'abord, c'est manifestement quelqu'un de très timide. Comme je le suis moi aussi, je m'en suis aperçue tout de suite. J'étais en train d'essayer de la rassurer quand tu es arrivée avec tes gros sabots et tes réflexions vaseuses. En plus, je ne serais pas étonnée qu'elle fasse un complexe d'infériorité. Tu as été très maladroite avec elle.
— Mon dieu ! C'est épouvantable ! Qu'est-ce qu'elle va penser de moi ? Il faut que j'aille lui faire immédiatement des excuses.
— Attend ! Ne te précipite pas. Si tu fais ça devant tout le monde le remède risque d'être pire que le mal. Il faut que tu fasses ça en privé. Si tu veux, je peux essayer d'arranger ça.
— Tu es gentille de faire ça pour moi.
— Je ferais bien davantage pour toi s'il le fallait, ma douce.
Quand elles arrivèrent au premier étage après avoir emprunté l'escalier, Angélique et Henri étaient encore dans le couloir avec les parents de Claire auxquels Henri avait manifestement présenté Angélique car ils devisaient amicalement avec le couple, Henri répondant le plus souvent à la place d'Angélique bien que cette dernière ait commencé à prendre confiance devant la gentillesse avec laquelle leurs hôtes s'adressaient à elle. Margaux profita du premier blanc pour intervenir dans la conversation.
— Nous permettriez-vous de vous voler Angélique quelques instants. Nous voudrions bavarder un peu entre filles. On en profitera pour déposer les manteaux au second.
Puis, sans attendre de réponse, elle débarrassa Henri et Angélique de leurs manteaux qu'elle confia à Claire puis s'empara de la main d'Angélique et l'entraîna vers l'escalier suivie de Claire un peu penaude. Elles se rendirent dans la chambre de Margaux qui fit s'asseoir Angélique à côté d'elle en continuant à lui tenir la main. Puis Claire s'assit de l'autre côté d'Angélique et posa sa main sur l'autre main de la jeune fille. Elle guetta le regard de Margaux et, sur un hochement de tête approbateur de cette dernière, prit la parole.
— Avant de te parler un peu de nous, je voudrais te présenter mes excuses pour les paroles imbéciles que j'ai prononcées en guise d'accueil. Henri et moi, depuis que nous sommes enfants, avions l'habitude de nous balancer des vannes à chaque occasion. C'était un jeu de gamins mais je n'ai pas réalisé que nous n'étions plus des gamins et que mes paroles pouvaient être prises au sérieux.
Elle hésita un peu avant de continuer puis reprit avec véhémence :
— Je ne pensais pas à mal mais ça n'excuse pas mon attitude à ton égard. Je suis d'autant plus consternée par ce qui s'est passé que je souhaite vraiment être ton amie. D'abord, parce-que tu es celle qui a su se faire aimer par mon cousin que j'aime beaucoup et ensuite parce que lundi dernier au téléphone j'ai été particulièrement touchée par les paroles très gentilles que tu as eues pour parler de Margaux et de moi. Est-ce que tu veux bien me pardonner ?
Claire s'était exprimée avec beaucoup de conviction et elle avait apparemment réussi à convaincre Angélique qui fit un timide sourire, saisit la main que Claire avait posée sur la sienne puis, se penchant vers elle, lui déposa un petit baiser sur la joue. Alors Claire, éperdue et au bord des larmes, la serra dans ses bras en répétant sans arrêt.
— Pardonne-moi, pardonne-moi, je ne suis pas comme ça.
À la fin, Margaux, satisfaite du résultat, jugea bon d'intervenir.
— Je crois qu'Henri et les parents de Claire vont s'impatienter. Nous aurons tout le temps de te parler de nous une autre fois.
Lorsqu'elles rejoignirent Henri et les parents de Claire au salon pour prendre l'apéritif avant de passer à table, Angélique affichait un sourire radieux. Elle avait compris que la plaisanterie vaseuse de Claire ne procédait d'aucune mauvaise intention et n'était qu'une manière maladroite de lui faire bon accueil. Mais c'était avec Margaux qu'elle se sentait le plus à l'aise. Celle-ci avait remarqué immédiatement son problème de timidité et tenté de la rassurer et, de plus, il était plus que probable qu'elle était à l'origine de la prise de conscience de Claire. Elle était manifestement gentille et pleine de délicatesse. Margaux la rassurait et elle sentait qu'elle avait trouvé une amie au sein de la famille d'Henri.
Au moment de s'asseoir, elle reprit la main de Margaux et elles s'assirent l'une à côté de l'autre sur la banquette puis, tout naturellement Claire s'assit contre Margaux. Faute de place Henri s'empara d'un fauteuil disponible et s'installa à côté de sa fiancée. Un joyeux brouhaha de conversations s'établit bientôt tandis qu'ils sirotaient leur apéritif en croquant des amuse-gueules. Angélique fut bientôt le centre de l'attention générale, ce qui augmenta sa confusion. Henri, qui avait manifestement l'habitude de ce genre de situation, lui prit la main pour la rassurer. Finalement, Margaux se leva et fit signe au couple de s'installer sur la banquette à côté de Claire puis s'installa tranquillement sur les genoux de celle-ci.
— Si ça ne vous dérange pas, c'est ma place préférée.
Claire, ravie de cette audace qui n'avait l'air de déranger personne fit semblant d'en être contrariée.
— Et comment je fais, maintenant, pour attraper les amuse-gueules ?
— C'est moi qui te donnerai la becquée.
— C'est moi qui te donnerai la becquée.
Henri passa son bras autour des épaules d'Angélique et la serra contre lui ce qui la rassura suffisamment pour lui permettre de satisfaire la curiosité des autres convives avec un peu plus de sérénité.
Julie Lefront fut la première à poser la question.
Julie Lefront fut la première à poser la question.
— Vous vous connaissez depuis longtemps ?
Ce fut Henri qui répondit.
— Oui et non. Moi je connais Angélique depuis un an mais elle, elle me connaissait de vue depuis beaucoup plus longtemps. On a fait réellement connaissance le vingt décembre de l'année dernière chez le coiffeur. Je vais toujours chez le même coiffeur à Vichy pendant les vacances. C'est un salon mixte pas loin de chez mes parents. D'habitude, c'était toujours le même employé qui s'occupait de moi mais, ce jour-là il était absent. C'est Angélique qui l'a remplacé. On a un peu discuté mais sans plus. Quand elle a eu fini, je lui ai dit au revoir poliment, je suis allé payer à la caisse et je suis sorti. J'avais fait une cinquantaine de mètres quand j'ai entendu crier derrière moi : Monsieur ! Monsieur ! Je me retourne et je vois mon Angélique qui court pour me rattraper. Je m'arrête pour l'attendre et là, elle se met à m'expliquer en bafouillant qu'elle était dans la même école primaire que moi et qu'elle habite près de chez mes parents. Et puis, elle est devenue toute rouge et elle est repartie en courant.
Angélique commençait à se décontracter et à prendre confiance. Elle expliqua en rosissant.
— Quand j'étais en CP, Henri était chez les grands en CM2. Il ne nous voyait même pas mais moi, c'était mon héros. L'année suivante il est allé au collège et puis quand j'y suis allée à mon tour, il est allé au lycée. On n'a plus jamais été dans la même école mais, comme on habitait le même quartier, je l'apercevais régulièrement dans la rue. On ne s'est jamais parlé mais c'était toujours mon héros. Quand je l'ai vu au salon de coiffure, j'aurais voulu être celle qui s'occuperait de lui mais ce n'est pas moi qu'il a choisie. Alors quand l'occasion s'est présentée, j'ai réussi à remplacer le coiffeur qui s'occupait normalement de lui et qui était malade. Je voulais en profiter pour faire sa connaissance mais j'étais tellement paralysée par le trac que j'ai été incapable de lui dire trois mots. Quand il est parti, j'étais désespérée. J'avais raté une occasion qui ne se reproduirait sans doute jamais.
Elle continua d'un ton un peu gêné.
— Alors je lui ai couru après dans la rue pour lui parler mais au bout de deux phrases bafouillées je me suis sentie complètement idiote et je suis retournée au salon de coiffure sans même m'excuser. Tout le monde a bien vu que je pleurais en revenant mais on m'a fichu la paix. J'étais effondrée. J'avais gâché ma seule chance de me faire remarquer de lui et je me demandais s'il ne valait pas encore mieux que j'aille me faire embaucher ailleurs. Mais lorsqu'en fin de journée j'ai quitté mon travail, Henri était dehors. Il m'a dit qu'il m'attendait et m'a demandé si je voulais bien qu'il me raccompagne chez moi. Alors j'ai tout déballé. Je lui ai fait une déclaration d'amour, comme ça, en pleine rue alors qu'on ne s'était jamais parlé auparavant. Je n'avais rien préparé. C'est sorti tout seul. Normalement, Henri aurait dû me prendre pour une folle et s'enfuir en courant mais, au lieu de ça, il m'a prise dans ses bras et m'a embrassée. J'étais au septième ciel. Ensuite, il m'a raccompagnée chez mes parents chez qui j'habite toujours et m'a dit qu'il passerait me prendre le lendemain matin et qu'on passerait la journée ensemble. Le lendemain c'était un dimanche. A dix heures, il a sonné. Mes parents étaient en robe de chambre. Henri avait amené un gros bouquet de fleurs pour ma mère et a demandé la permission de m'emmener avec lui.
Henri expliqua.
Quand je vais chez le coiffeur, la plupart du temps, je m'occupe en faisant des mots croisés ou en bavardant avec mon coiffeur pendant qu'il me coupe les cheveux. Comme ce n'était pas mon coiffeur habituel, je me suis contenté des mots croisés de sorte que je n'ai pas fait très attention à Angélique. C'est quand elle m'a couru après dans la rue que je l'ai regardée. Je n'ai pas bien compris pourquoi elle me disait ce qu'elle m'a raconté. Par contre, ce qui m'a frappé, c'est qu'elle était jolie comme un cœur, que sa voix m'enchantait et que son regard faisait battre mon cœur. Je n'ai pas eu le temps de réagir qu'elle était déjà repartie en courant. Je lui aurais bien couru après mais je me voyais mal revenir dans le salon de coiffure pour lui parler au milieu des clientes et des autres employés. Alors j'ai décidé de l'attendre dans la rue. Quand elle m'a fait cette folle déclaration d'amour, j'ai complètement craqué.
Quand je vais chez le coiffeur, la plupart du temps, je m'occupe en faisant des mots croisés ou en bavardant avec mon coiffeur pendant qu'il me coupe les cheveux. Comme ce n'était pas mon coiffeur habituel, je me suis contenté des mots croisés de sorte que je n'ai pas fait très attention à Angélique. C'est quand elle m'a couru après dans la rue que je l'ai regardée. Je n'ai pas bien compris pourquoi elle me disait ce qu'elle m'a raconté. Par contre, ce qui m'a frappé, c'est qu'elle était jolie comme un cœur, que sa voix m'enchantait et que son regard faisait battre mon cœur. Je n'ai pas eu le temps de réagir qu'elle était déjà repartie en courant. Je lui aurais bien couru après mais je me voyais mal revenir dans le salon de coiffure pour lui parler au milieu des clientes et des autres employés. Alors j'ai décidé de l'attendre dans la rue. Quand elle m'a fait cette folle déclaration d'amour, j'ai complètement craqué.
Je me suis dit : ” Tu viens de rencontrer la jeune fille de tes rêves et elle te dit qu'elle t'aime. C'est une occasion inespérée. Ne passe pas à côté ! ''. Eh bien, je ne suis pas passé à côté et j'en suis rudement heureux.
Margaux, toujours pelotonnée sur les genoux de Claire caressa affectueusement la joue d'Angélique.
— Je crois que tu as fait le bon choix, Henri. Tu as une sacrée chance tout de même.
— Non ! Protesta Angélique. C'est moi qui ai de la chance ! Moi qui suis juste une petite coiffeuse de rien du tout, tout juste capable d'avoir un C.A.P., j'ai rencontré le prince charmant et il va m'épouser.
— Eh bien, moi je dis que dans l'histoire, ce n'est pas forcément Cendrillon qui a eu le plus de chance mais, peut-être bien, le prince charmant. Ceci dit sans vouloir nier tes qualités, Henri.
— Non ! Protesta Angélique. C'est moi qui ai de la chance ! Moi qui suis juste une petite coiffeuse de rien du tout, tout juste capable d'avoir un C.A.P., j'ai rencontré le prince charmant et il va m'épouser.
— Eh bien, moi je dis que dans l'histoire, ce n'est pas forcément Cendrillon qui a eu le plus de chance mais, peut-être bien, le prince charmant. Ceci dit sans vouloir nier tes qualités, Henri.
Jérôme Lefront, qui avait écouté avec intérêt et un certain attendrissement cet étalage de bons sentiments, conclut la discussion.
— Je me réjouis de constater combien vous êtes tous remplis d'idéal. Dites-vous bien cependant que ce n'est qu'un point de départ. Il va falloir maintenant mettre tout cela en pratique et vous vous apercevrez rapidement que ce n'est pas si facile que ça. Et maintenant, à table !
Pendant le repas, la conversation s'orienta tout d'abord vers Henri.
— Nous avons cru comprendre, ta tante et moi que tu avais terminé ton école de gestion et que tu allais entrer dans la vie active. Ton père avait parlé de courtage comme lui.
— C'est exact. Je fais actuellement un stage aux thermes à Vichy. L'été prochain, j'épouse Angélique et Papa m'embauche comme salarié débutant. Plus tard je deviendrai son associé et nous étendrons peut-être l'activité de courtage à l'immobilier.
— Qu'est-ce que c'est, le courtage ? Demanda Margaux.
— C'est une activité exercée par quelqu'un appelé Courtier. C'est un intermédiaire entre un client et un fournisseur. En général, il recherche un fournisseur vendant le produit dont a besoin le client et sert d'intermédiaire dans la négociation. Papa, par exemple a pour clients des entreprises qui ont besoin de s'assurer pour réaliser une prestation donnée. Il va analyser leur besoin et trouver la société d'assurance qui propose la meilleure couverture au meilleur prix pour ce genre de prestation.
— Ça te plaît comme métier ?
— C'est un métier intéressant car les clients sont tous différents les uns des autres. Et puis, je vais pouvoir exercer mon métier depuis Vichy. C'est là qu'Angélique et moi avons toujours vécu et c'est là que vivent nos familles et nos amis. C'est important pour nous.
— C'est exact. Je fais actuellement un stage aux thermes à Vichy. L'été prochain, j'épouse Angélique et Papa m'embauche comme salarié débutant. Plus tard je deviendrai son associé et nous étendrons peut-être l'activité de courtage à l'immobilier.
— Qu'est-ce que c'est, le courtage ? Demanda Margaux.
— C'est une activité exercée par quelqu'un appelé Courtier. C'est un intermédiaire entre un client et un fournisseur. En général, il recherche un fournisseur vendant le produit dont a besoin le client et sert d'intermédiaire dans la négociation. Papa, par exemple a pour clients des entreprises qui ont besoin de s'assurer pour réaliser une prestation donnée. Il va analyser leur besoin et trouver la société d'assurance qui propose la meilleure couverture au meilleur prix pour ce genre de prestation.
— Ça te plaît comme métier ?
— C'est un métier intéressant car les clients sont tous différents les uns des autres. Et puis, je vais pouvoir exercer mon métier depuis Vichy. C'est là qu'Angélique et moi avons toujours vécu et c'est là que vivent nos familles et nos amis. C'est important pour nous.
Margaux intervint de nouveau mais cette fois en s'adressant à Angélique. Ce n'était pas parce qu'elle était discrète qu'il fallait se désintéresser d'elle.
— Et toi, Angélique ? Le métier de coiffeuse n'est pas trop pénible ? Les clientes qui râlent et puis être debout toute la journée ?
— C'est surtout la position debout qui est fatigante à la longue. Les clientes, ça va, je n'ai pas à me plaindre.
— Il faut dire, intervint Henri, que les clientes apprécient sa gentillesse et sa discrétion. En plus, c'est une très bonne coiffeuse. Sa patronne l'apprécie beaucoup.
— Tu aimerais pouvoir un jour ouvrir ton propre salon ?
— Oh non ! Moi, ce que j'aime, c'est coiffer et puis, je ne saurais pas faire. Il faut avoir fait des études pour ça et moi, je ne suis pas douée pour les études. Je ne suis pas assez intelligente pour ça.
— Il ne faut pas dire ça ! D'abord, tu as réussi ton CAP, ce qui n'est pas rien, et puis, tu as quand-même réussi à faire à ton chéri une déclaration d'amour qui l'a convaincu.
— C'est surtout la position debout qui est fatigante à la longue. Les clientes, ça va, je n'ai pas à me plaindre.
— Il faut dire, intervint Henri, que les clientes apprécient sa gentillesse et sa discrétion. En plus, c'est une très bonne coiffeuse. Sa patronne l'apprécie beaucoup.
— Tu aimerais pouvoir un jour ouvrir ton propre salon ?
— Oh non ! Moi, ce que j'aime, c'est coiffer et puis, je ne saurais pas faire. Il faut avoir fait des études pour ça et moi, je ne suis pas douée pour les études. Je ne suis pas assez intelligente pour ça.
— Il ne faut pas dire ça ! D'abord, tu as réussi ton CAP, ce qui n'est pas rien, et puis, tu as quand-même réussi à faire à ton chéri une déclaration d'amour qui l'a convaincu.
Le deuxième argument n'était pas très convaincant car c'étaient sa beauté, sa voix et son regard qui avaient séduit Henri mais Jérôme Lefront vint au secours de Margaux.
— Il y a deux formes d'intelligence : l'intelligence conceptuelle et l'intelligence pratique. Toi, tu as surtout une intelligence pratique. Ça veut dire que tu sais très bien faire les choses et utiliser les outils dont tu disposes du moment qu'il s'agit de choses matérielles comme les cheveux des clientes ou une paire de ciseaux. Ça, c'est l'intelligence pratique. L'intelligence conceptuelle permet par exemple de faire des calculs ou des raisonnements compliqués dans ta tête ou de trouver des solutions à des problèmes. Tu es moins à l'aise que certains dans ce domaine mais lequel ou laquelle d'entre nous autour de cette table serait capable d'apprendre la coiffure ?
Margaux éclata de rire.
— En tout cas, pas moi ! Ce serait un vrai massacre. Je suis d'une maladresse absolument consternante. Je ne me vois pas te faire la coiffure qu'on t'a faite.
— C'est ma patronne qui me coiffe. Je crois qu'elle m'aime bien. Elle dit que je suis sa petite dernière.
— C'est vrai que tu as l'air encore plus jeune que Margaux, intervint Claire. Tu as quel âge ?
— Je viens d'avoir dix-huit ans.
— C'est ma patronne qui me coiffe. Je crois qu'elle m'aime bien. Elle dit que je suis sa petite dernière.
— C'est vrai que tu as l'air encore plus jeune que Margaux, intervint Claire. Tu as quel âge ?
— Je viens d'avoir dix-huit ans.
Julie Lefront intervint à son tour en regardant affectueusement la jeune fille.
— Une chose est sûre, petite Angélique. Tu as l'art de te faire aimer. Bienvenue dans notre famille, ma chérie !
Angélique ne répondit pas mais le sourire qu'elle fit à la maman de Claire répondit pour elle.
Quand vint le moment du dessert, Jérôme Lefront disparut dans la cuisine et revint bientôt avec une bouteille de champagne millésimé tandis que son épouse allait chercher la pièce montée des grandes occasions. Il alla ensuite chercher dans le salon un paquet d'une taille relativement modeste mais dont l'emballage portait l'indication d'une grande bijouterie de Montluçon. Il le tendit à son épouse.
Quand vint le moment du dessert, Jérôme Lefront disparut dans la cuisine et revint bientôt avec une bouteille de champagne millésimé tandis que son épouse allait chercher la pièce montée des grandes occasions. Il alla ensuite chercher dans le salon un paquet d'une taille relativement modeste mais dont l'emballage portait l'indication d'une grande bijouterie de Montluçon. Il le tendit à son épouse.
— A toi l'honneur, ma chérie.
Julie regarda affectueusement sa fille et celle qui avait conquis son cœur.
— Mes chéries, je n'ai pas l'intention de vous faire un discours. Tout ce que je pourrais vous dire, vous l'avez déjà entendu. Vous avez fait des choix difficiles à assumer que ce soit pour vos études ou pour votre avenir affectif. Vous avez notre soutien pour l'un et pour l'autre. Le petit cadeau que contient ce paquet est pour vous deux. J'espère que sa symbolique vous conviendra.
Elle déposa le paquet entre les deux jeunes filles qui étaient tellement émues qu'elles ne savaient pas laquelle des deux devait l'ouvrir. Ce fut finalement Claire qui s'en chargea. À l'intérieur se trouvait un petit vase de porcelaine décoré de fleurs sur lequel étaient gravés en lettres dorées un C et un M entrelacés. Elles se tournèrent vers les parents de Claire qui les regardaient en souriant mais ils coupèrent court à leurs remerciements.
— Attendez ! Regardez ce qu'il y a dans le vase !
Elles remarquèrent alors que dans le vase il y avait deux petits sacs de soie fermés par un cordon. Elles les avaient pris tout d'abord pour une protection du vase contre les chocs. Chaque petit sac contenait une gourmette en or pour femme. Les deux gourmettes étaient identiques bien que de tailles légèrement différentes. Sur la face externe de leur partie plate étaient gravés les mêmes initiales entrelacées que sur le vase. Sur la face interne était gravé un cœur. Alors, en un geste solennel, elles s'attachèrent mutuellement les gourmettes au poignet, comme on fait pour des bagues, avant de tomber dans les bras l'une de l'autre tandis qu'Angélique poussait des cris d'enthousiasme en applaudissant, bientôt rejointe par le reste de la tablée. Terrassée par l'émotion Margaux fondit en larmes.
Elle pleura à la fois sur la merveilleuse histoire d'amour d'Angélique et d'Henri, sur l'échange des gourmettes, promesse d'un bonheur futur, sur l'affection que lui témoignaient les parents de Claire et les deux vieilles dames qui s'étaient attachées à elle et surtout sur l'amour immense qu'elle ressentait pour Claire qui la serrait contre elle : elle pleura de bonheur, comme les oiseaux chantent le leur.
*****
Le dimanche suivant elles se rendirent à Vichy pour assister aux fiançailles d'Henri et d'Angélique sa délicieuse fiancée. Celles-ci devaient se dérouler chez les parents d'Angélique. Comme ils habitaient le même quartier que ceux d'Henri, Claire n'eut aucune difficulté pour s'y rendre. C'était un petit immeuble datant des années cinquante qui, bien que correctement entretenu, paraissait son âge.
Lorsqu'elles sonnèrent à la porte de l'appartement situé au troisième étage, elles entendirent un bruit de pas précipités et la porte s'ouvrit sur une Angélique radieuse qui se jeta dans leurs bras avec effusion. Elle les débarrassa de leurs manteaux qu'elle alla déposer dans une chambre au fond du couloir. Elle s'empara ensuite de la main de Margaux et les introduisit dans la pièce de séjour où se trouvaient, en plus d'Henri, quatre adultes et une jeune fille.
Connaissant la profession des parents d'Angélique, conducteur de bus pour son père et aide-soignante pour sa mère, Margaux n'eut aucune peine à deviner qui étaient les parents de qui. Les parents d'Henri, tirés à quatre épingles semblaient un peu déplacés dans le cadre très simple où ils se trouvaient. Ceux d'Angélique, habillés de neuf de vêtements dont la coupe indiquait une provenance plus proche de Bombay que de Paris ressemblaient plus à leur appartement mais ne paraissaient pas plus à l'aise que leurs invités. La jeune fille ressemblait à Angélique en plus jeune. Elle devait avoir une quinzaine d'années. Dotée d'un look provocateur, elle affichait un air blasé et semblait s'ennuyer prodigieusement.
L'accueil qu'ils firent aux deux jeunes filles fut à l'image des personnages. Les parents d'Henri accueillirent chaleureusement leur nièce et firent preuve d'une amabilité prudente à l'égard de Margaux. Le papa d'Angélique fit preuve d'une cordialité exprimée par une solide poignée de main et accompagnée d'un regard appréciateur sur les rondeurs bien placées de Claire tandis que son épouse se précipitait sur Margaux pour la serrer dans ses bras et l'embrassait en lui murmurant à l'oreille.
— Angélique n'arrête pas de parler de vous. Elle vous idolâtre.
Le démarrage de la réunion fut un peu poussif. Les parents des fiancés ne se connaissaient pas et avaient peu de choses à partager. La différence de milieu social réduisait le nombre de sujets de discussion pouvant être abordés sans risque. Heureusement les jeunes couples n'avaient pas les mêmes problèmes. L'affection qu'ils se portaient déjà ou qui était née quelques jours avant établit rapidement une ambiance joyeuse et décontractée à laquelle participèrent peu à peu les quatre adultes. Même la petite sœur d'Angélique daigna perdre son visage de carême pour sourire de temps en temps. Elle n'alla cependant pas jusqu'à répondre aux tentatives d'approche de Margaux qui finit par se lasser et décida, sinon de l'ignorer, du moins de la laisser tranquille.
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Commentaires ()
Il n’est certes pas le seul à tenter l’aventure de trouver un éditeur.
Il y a loin de la coupe aux lèvres, et les contraintes inhérentes à la profession découragent bien des gens dans le monde réel.
Cette histoire est tout à fait charmante, il est vrai qu’à un moment, on commence un peu à se dire que les deux copines se tournent autour sans avoir vraiment le courage (il en faut ?) de "sauter le pas" en quelque sorte.
On devine également que le contexte se prêtera plus à des situations dramatiques avec le COVID, le confinement, sans doute la maladie et l’hôpital, le respirateur, les aveux et les amours ou la tendresse au supplice.
Alors bon… On trouve sur le site, et en nombre, des langues et des doigts agiles.
C’est une histoire d’amour et de tendresse, et c’est une exception.
C’est donc exceptionnel ! ^^
Positivons ! et lisons tranquillement cette histoire pas comme les autres ;-)
C'est dommage, ça gâche un peu le plaisir.
Compte tenu de la chronologie de l'histoire je sens bientôt arriver l'épidémie du COVID et le confinement avec les privations de liberté qui en ont résulté... Comment nos amoureuses vont vivre cette épreuve ?
Mais depuis ce que je considère comme le sommet, c’est-à-dire la déclaration d’amour de Margaux dans le café, le soufflé retombe progressivement et de plus en plus vite : l’histoire est délayée avec des situations et des personnages nouveaux qui sortent les héroïnes du centre de l’attention, et l’attente se prolonge inutilement.
J’ai bien noté que la présence du texte sur xstory est un peu inattendue et décalée. Mais le platonisme des deux jeunes filles n’est pas crédible, et du coup l’histoire perd de son intérêt.
En fait ce petit roman sans prétention n'était pas destiné à figurer sur ce site. Je l'ai écrit pour le plaisir et c'est avant tout une histoire d'amour entre deux jeunes filles romantiques et pleines de contradictions.
Me disant que l'histoire pourrait intéresser quelques lecteurs j'ai eu l'outrecuidance d'en envoyer une copie à un certain nombre d'éditeurs mais j'e n'ai pas reçu l'ombre d'une réponse. J'ai donc décidé de proposer ce texte sur xstory après l'avoir découpé et essayé de lui donner un semblant de teinture érotique.
Malheureusement je n'y suis pas parvenu car il est difficile d'insérer des séquences de sexe dans un texte qui n'a pas été prévu pour ça à moins de le dénaturer complètement. Je me suis donc contenté de le pimenter légèrement là où c'était possible avant de le soumettre à votre jugement.
Merci de votre compréhension.
Si le simple fait d'évoquer de partager un beau soir la couche de sa femme provoque chez Claire rougeur et bafouillements, Margaux n'est pas sortie de l'auberge ^^'
Le manuel du savoir cuire un repas vite fait est amusant, un jour peut-être une autre forme d'élévation de température au sein de ce jeune couple qui n'en est toujours "pas vraiment" un ? ;-)
Elles se tournent autour avec beaucoup de gentillesse et c'est tout à fait charmant, mignon même, mais... elles sont en panne d'hormones les gamines ? hihi !
C'est d'ailleurs bien vu : Le conditionnement a la vie dure ^^