Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Si jolie — Chapitre 7
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Si jolie
Chapitre 7
Le lendemain le petit nuage qui avait légèrement assombri leur relation était déjà oublié ou, en tout cas rangé dans la case ”à oublier bien vite”. Elles étaient déterminées à rejeter tout ce qui pourrait ternir leur bonheur et voulaient profiter pleinement de l'instant présent.
Après avoir pris un copieux petit déjeuner, elles remontèrent au second étage pour faire leur toilette et s'habiller. Lorsqu'elles eurent terminé, Claire rejoignit Margaux dans sa chambre.
Après avoir pris un copieux petit déjeuner, elles remontèrent au second étage pour faire leur toilette et s'habiller. Lorsqu'elles eurent terminé, Claire rejoignit Margaux dans sa chambre.
— Tu serais d'accord pour que nous allions nous promener avant le repas ?
— Oui, mon amour.
— Oui, mon amour.
Claire rosit de plaisir.
— Je n'ai pas bien entendu. Tu peux me répéter ce que tu viens de dire ?
— J'ai dit oui.
— Je sais, mais après le oui ?
— J'ai dit quelque chose après le oui ?
— Oui, tu as dit quelque chose. Tu veux bien le répéter ?
— Ah, mais je ne me souviens pas d'avoir dit quelque chose d'autre. Tu es certaine que j'ai ajouté quelque chose ?
— Tu es méchante.
— Attend ! Laisse-moi réfléchir. Ah oui, ça me revient !
— J'ai dit oui.
— Je sais, mais après le oui ?
— J'ai dit quelque chose après le oui ?
— Oui, tu as dit quelque chose. Tu veux bien le répéter ?
— Ah, mais je ne me souviens pas d'avoir dit quelque chose d'autre. Tu es certaine que j'ai ajouté quelque chose ?
— Tu es méchante.
— Attend ! Laisse-moi réfléchir. Ah oui, ça me revient !
Margaux éclata de rire et se jeta au cou de Claire.
— Oui, mon amour, ma chérie adorée que j'aime de tout mon cœur.
Claire la serra tendrement contre elle.
— Tu ne peux pas savoir comme tu me rends heureuse.
Elles s'habillèrent chaudement avant de sortir.
— Où nous amènes-tu ?
— Il y a une allée piétonne qui longe le Cher sur une assez longue distance, peut-être deux kilomètres. Le dimanche matin, elle est principalement parcourue par les joggeurs. A mon avis, on devrait y être tranquilles. Il y a quelques bancs pour se reposer en contemplant le paysage. Il y a des gens qui lui reprochent son nom mais si on en fait abstraction, c'est un lieu de promenade très agréable.
— Elle s'appelle comment ?
— Allée de la déportation.
— Effectivement, ça n'est pas très gai. Moi, au lieu de commémorer l'évènement, j'aurais préféré un hommage aux victimes. Allée des déportés, ça aurait été plus humain, plus chaleureux, moins idéologique.
— En tout cas, ça ne m'a jamais empêchée d'y faire mon jogging le dimanche matin et je ne suis pas la seule. C'est l'endroit idéal.
— Mais alors, c'est moi qui t'empêche de faire ton jogging ! Je suis contente qu'on aille se promener toutes les deux en amoureuses mais je ne veux pas que ça t'empêche de faire de l'exercice comme d'habitude.
— Ne t'en fais pas pour ça, ma chérie. Rien ne peut me faire autant plaisir que d'être avec toi dans les endroits que j'aime.
— Il y a une allée piétonne qui longe le Cher sur une assez longue distance, peut-être deux kilomètres. Le dimanche matin, elle est principalement parcourue par les joggeurs. A mon avis, on devrait y être tranquilles. Il y a quelques bancs pour se reposer en contemplant le paysage. Il y a des gens qui lui reprochent son nom mais si on en fait abstraction, c'est un lieu de promenade très agréable.
— Elle s'appelle comment ?
— Allée de la déportation.
— Effectivement, ça n'est pas très gai. Moi, au lieu de commémorer l'évènement, j'aurais préféré un hommage aux victimes. Allée des déportés, ça aurait été plus humain, plus chaleureux, moins idéologique.
— En tout cas, ça ne m'a jamais empêchée d'y faire mon jogging le dimanche matin et je ne suis pas la seule. C'est l'endroit idéal.
— Mais alors, c'est moi qui t'empêche de faire ton jogging ! Je suis contente qu'on aille se promener toutes les deux en amoureuses mais je ne veux pas que ça t'empêche de faire de l'exercice comme d'habitude.
— Ne t'en fais pas pour ça, ma chérie. Rien ne peut me faire autant plaisir que d'être avec toi dans les endroits que j'aime.
Elles prirent la voiture et allèrent se garer sur le parking du supermarché qui se trouvait juste à côté du début de l'allée.
— Tu n'as rien contre un peu de marche à pied ?
— Non, au contraire. Je n'ai pas beaucoup de résistance à la course mais j'aime bien la marche.
— Non, au contraire. Je n'ai pas beaucoup de résistance à la course mais j'aime bien la marche.
Elles s'engagèrent dans l'allée piétonne la main dans la main. Elles parcoururent ainsi une centaine de mètres mais s'aperçurent rapidement qu'ainsi elles dérangeaient les joggeurs. Elles devaient alors se ranger sur le côté pour les laisser passer. Lorsque ces derniers venaient en face, ça se passait bien mais s'ils venaient de derrière, elles étaient à chaque fois surprises et ne savaient jamais de quel côté se ranger. Elles finirent par avancer en se serrant l'une contre l'autre, Claire ayant passé un bras autour des épaules de Margaux qui la tenait par la taille. A chaque fois qu'un joggeur les croisait ou les dépassait, elles se serraient un peu plus l'une contre l'autre de sorte qu'elles se mirent rapidement à avancer étroitement enlacées, ne laissant planer aucun doute sur la relation qu'elles entretenaient.
Margaux, un peu inquiète au début, se demandait qu'elle allait être la réaction des gens qu'elles croisaient. Elle fut rapidement rassurée par l'attitude de ces derniers. Ils faisaient en général un sourire ou un petit signe de la main accompagné parfois d'un ”salut” ou ”salut les filles”. Claire, pour sa part, avait décidé de prendre le taureau par les cornes et affichait clairement ses sentiments, n'hésitant pas à prodiguer à Margaux un baiser ou une caresse sur la joue au vu et au su de tous les gens qui les croisaient. Ces derniers ne s'en offusquaient pas plus, se contentant de remplacer à l'occasion un ”salut les filles” par un ”salut les amoureuses” accompagné d'un clin d'œil complice.
Elles arrivèrent devant un banc particulièrement bien situé. En léger retrait et situé du côté opposé à celui de la rivière par rapport au chemin, il permettait de voir passer les joggeurs ainsi que les quelques rares promeneurs tout en contemplant le superbe paysage offert par le Cher à cet endroit. Elles s'y installèrent et Claire continua à tenir Margaux étroitement enlacée et à l'embrasser tendrement. Cette dernière, à la fois ravie et légèrement effarouchée, remarqua :
— Tu n'as pas peur de choquer les gens comme hier, en ville ?
— Pas du tout. D'abord, il ne s'agit pas de la même population et celle-ci nous est, par nature, favorable. Ensuite, ma chérie, je suis en train de faire mon ”coming-out”. Je connais un grand nombre de ces joggeurs et ils me connaissent au moins de vue. Ils vont se charger de répandre la nouvelle comme quoi Claire Lefront a une relation amoureuse avec une autre fille. Je n'ai pas honte de mon amour pour toi et je n'ai pas l'intention de le cacher. Tant pis si ça ne plaît pas à certains. Je comprends que tu sois un peu intimidée à l'idée d'étaler notre amour sur la place publique mais, en ce qui me concerne, j'estime que, compte tenu de mon intention de faire ma vie avec toi, autant prévenir tout de suite tout le monde.
— Alors, c'est sûr ? Tu veux faire ta vie avec moi ?
— Oui ! Et j'ai même l'intention de t'épouser.
— Pas du tout. D'abord, il ne s'agit pas de la même population et celle-ci nous est, par nature, favorable. Ensuite, ma chérie, je suis en train de faire mon ”coming-out”. Je connais un grand nombre de ces joggeurs et ils me connaissent au moins de vue. Ils vont se charger de répandre la nouvelle comme quoi Claire Lefront a une relation amoureuse avec une autre fille. Je n'ai pas honte de mon amour pour toi et je n'ai pas l'intention de le cacher. Tant pis si ça ne plaît pas à certains. Je comprends que tu sois un peu intimidée à l'idée d'étaler notre amour sur la place publique mais, en ce qui me concerne, j'estime que, compte tenu de mon intention de faire ma vie avec toi, autant prévenir tout de suite tout le monde.
— Alors, c'est sûr ? Tu veux faire ta vie avec moi ?
— Oui ! Et j'ai même l'intention de t'épouser.
Le cœur de Margaux fit un véritable bond dans sa poitrine et elle devint écarlate.
— Tu es en train de me demander en mariage ?
— Ça m'en a tout l'air. Voudras-tu m'épouser ?
— Ça m'en a tout l'air. Voudras-tu m'épouser ?
Margaux fondit en larmes et enfouit son visage contre la poitrine de Claire. Elle répondit en hoquetant :
— Oui, je veux qu'on se marie ! Je ne rêve que de ça.
Un joggeur qui avait assisté à la scène de loin s'arrêta devant le banc l'air désolé.
— Elle a du chagrin la petite puce ?
Venant d'un garçon qui ne devait pas être plus âgé qu'elles, cette question indiscrète, prêtait à sourire mais il avait l'air sincèrement désolé. Claire lui répondit en souriant.
— Non ! Elle est tout simplement émue.
Margaux releva la tête et le regarda les yeux illuminés de bonheur.
— Elle m'a demandé en mariage !
— Je crois deviner la réponse ,dit le garçon en souriant avant d'ajouter pensivement :
— Quel dommage que vous ne puissiez pas faire un bébé ensemble. Il serait sûrement magnifique.
— Je crois deviner la réponse ,dit le garçon en souriant avant d'ajouter pensivement :
— Quel dommage que vous ne puissiez pas faire un bébé ensemble. Il serait sûrement magnifique.
Il répéta une nouvelle fois pensivement ”quel dommage !” et reprit son chemin. Claire remarqua d'un air satisfait :
— Non seulement Claire Lefront a une liaison amoureuse avec une autre fille, mais elle l'a demandée en mariage. Avec ça, si les gens ne comprennent pas qu'entre nous c'est du sérieux, je veux bien être pendue !
Elles restèrent enlacées encore un bon moment à se parler tendrement et à se donner de petits baisers. Margaux avait réussi à vaincre sa timidité, aidée en cela par l'attitude bienveillante des gens qui passaient, et n'hésitait plus à étaler ouvertement son amour et son bonheur.
Le temps passant, il fut bientôt l'heure de rentrer et elles retournèrent sans se presser rejoindre la petite FIAT qui les attendait sagement sur le parking du supermarché au bout de l'allée que, d'un commun accord, elles avaient débaptisée pour l'appeler ”notre allée des bords du Cher”. Chemin faisant, elles discutèrent de leur mariage et commencèrent à analyser les nombreux obstacles qui allaient se dresser devant leur projet.
De retour chez les parents de Claire, elles allèrent rapidement se changer et se recoiffer avant d'aller mettre le couvert. Elles rayonnaient littéralement toutes les deux de bonheur ce que ne manquèrent pas de remarquer Jérôme et Julie Lefront. Cette dernière, après les avoir observées quelques instants attendit le début du repas pour remarquer :
— Vous avez l'air particulièrement en forme, depuis votre retour de promenade. Il s'est passé quelque chose de particulier ?
Claire hésita un court instant avant de répondre mais elle n'avait rien à cacher à ses parents puisqu'ils savaient déjà l'essentiel. Alors, elle expliqua tranquillement.
— D'abord, nous avons eu confirmation de ce que j'espérais. La population de joggeurs qui parcourt l'allée de la déportation le dimanche matin n'a rien à voir avec celle du centre-ville du samedi après-midi. Non seulement elle est tolérante mais elle est même sympathisante. Nous n'avons eu droit qu'à des sourires et des paroles aimables. C'était très réconfortant. Ensuite, ceci nous a permis d'afficher ouvertement nos sentiments et, comme je suis connue d'un nombre important de joggeurs parmi ceux que nous avons croisés, le bruit de notre liaison va rapidement se répandre, propagé par des gens qui nous sont favorables. Mais la raison la plus importante de notre joie, c'est que j'ai demandé à Margaux de m'épouser et qu'elle a accepté. D'ailleurs, le bruit va aussi s'en répandre rapidement.
Le discours de Claire fut interrompu par le bruit du verre que Julie Lefront venait de renverser suivi de celui fait par son époux qui venait d'avaler de travers et qui toussait comme un malheureux tout en essayant de reprendre sa respiration. Lorsqu'il y fut parvenu, il se leva dignement tout en toussant encore un peu et se rendit dans le salon. Il en revint peu après muni d'un carnet et d'un stylo à bille, se rassit et demanda :
— Peux-tu m'indiquer quel jour et à quelle heure vous allez faire ça ?
— Papa ! Je suis sérieuse !
— Je ne doute pas de votre sincérité, ma chérie mais, quant au sérieux, permets-moi de m'interroger. Un mariage, compte tenu de votre situation particulière, n'est pas une chose qui se règle sans problèmes à résoudre ni obstacles à surmonter.
— Papa ! Je suis sérieuse !
— Je ne doute pas de votre sincérité, ma chérie mais, quant au sérieux, permets-moi de m'interroger. Un mariage, compte tenu de votre situation particulière, n'est pas une chose qui se règle sans problèmes à résoudre ni obstacles à surmonter.
Claire fusilla son père du regard. Elle s'apprêtait à répliquer vertement mais Margaux s'en rendit compte. Elle lui posa la main sur le bras et le lui caressa doucement en lui souriant. Ce geste suffit à calmer Claire qui la regarda d'un air interrogateur. D'une petite voix tranquille, elle demanda :
— Me permettez-vous d'intervenir ?
Les parents de Claire reportèrent leur attention sur la blondinette qui continua.
— Je crains qu'il y ait un léger malentendu. Claire vous a annoncé une intention. Il ne s'agit pas d'une décision assortie d'un plan d'action. La seule chose dont nous sommes certaines, c'est que nous nous marierons au plus tard lorsque nous serons autonomes financièrement. Nous sommes parfaitement conscientes que cette échéance est lointaine et nous avons l'intention de la respecter s'il n'y a pas moyen de faire autrement. Naturellement, si nous pouvons nous marier avant, nous en serons très heureuses. Encore faut-il que notre couple soit assuré d'une qualité de vie nous permettant à toutes les deux de poursuivre nos études avec une chance raisonnable de les réussir. Comme toutes nos ressources proviennent de nos parents, il n'y a que deux possibilités : Soit ces derniers acceptent sans restriction de continuer à nous fournir l'assistance matérielle et financière dont nous bénéficions actuellement, soit il nous faudra en trouver nous-mêmes par d'autres moyens comme l'emprunt ou bien un travail rémunéré. Honnêtement, ce sont des pis-aller.
Elle regarda le papa de Claire bien en face. car c'était lui qui pour l'instant avait réagi.
— En ce qui concerne notre situation actuelle, Claire a la chance d'avoir en vous des parents qui, jusqu'à présent, ont eu à cœur de lui assurer les meilleurs moyens matériels pour poursuivre ses études dans des conditions extrêmement confortables. Il vous appartient de décider si, au vu de la situation que nous avons créée, vous consentez à continuer dans le futur à lui accorder votre confiance et le même soutien. Pour ma part, je pense qu'elle le mérite mais je ne peux être à la fois juge et partie.
Elle continua sur un ton un peu moins assuré.
— Ma situation est plus compliquée : Mes parents me fournissent une assistance financière mais elle est minimale et, surtout, fournie avec beaucoup de réticence. Leur rêve n'est pas de me voir réussir mes études de médecine, ce dont ils ne me croient de toute façon pas capable, mais de me faire épouser un jeune lieutenant de bonne famille ayant, pourquoi pas, un nom à particule et m'assurant la vie, oh combien !, passionnante de femme de militaire. Il va falloir que je leur apprenne avec diplomatie mon amour pour Claire et notre désir de le concrétiser par un mariage. Ça va faire beaucoup à la fois et nécessitera du temps d'autant plus que je dois essayer de faire passer la pilule en annonçant une bonne nouvelle, à savoir nos bons résultats dans nos études, à Claire et à moi. J'avoue que ce dernier point me laisse perplexe : Mes bons résultats constitueront-ils une bonne ou une mauvaise nouvelle pour mes parents ? Bref, il n'est pas du tout exclu que je sois obligée un jour d'arrêter mes études et de me trouver un boulot.
— C'est de ma faute ! S'exclama Claire au bord des larmes. C'est à cause de moi que tu as tous ces problèmes ! Si tu dois abandonner ton rêve d'être médecin ce sera à cause de moi.
— Non, ce n'est pas de ta faute, ma chérie. C'est un problème entre mes parents et moi. Si je n'arrive pas à les convaincre d'accepter la situation, ce sera ma faute et la leur mais certainement pas la tienne.
— C'est de ma faute ! S'exclama Claire au bord des larmes. C'est à cause de moi que tu as tous ces problèmes ! Si tu dois abandonner ton rêve d'être médecin ce sera à cause de moi.
— Non, ce n'est pas de ta faute, ma chérie. C'est un problème entre mes parents et moi. Si je n'arrive pas à les convaincre d'accepter la situation, ce sera ma faute et la leur mais certainement pas la tienne.
Claire se tourna vers ses parents et s'adressa à eux d'un ton suppliant.
— Maman, papa, vous ne pouvez rien faire ?
Margaux se mit en colère :
— Arrête Claire ! Tu sais ce que je pense de la charité ! Je ne suis pas une mendiante !
Claire fondit en larmes, se leva brutalement de sa chaise et, la renversant, courut se réfugier dans le salon. Sa maman voulut se lever pour aller la consoler mais Margaux qui l'avait devancée l'arrêta d'un geste.
— Je crois qu'il vaut mieux que ce soit moi.
Elle remit la chaise de Claire sur ses pieds et la replaça devant la table avant de rejoindre son amie dans le salon. Celle-ci sanglotait assise sur la banquette. Elle s'assit à côté d'elle et lui couvrit le visage de baisers en la serrant contre elle. Claire hoqueta entre deux sanglots.
— Ça n'est pas juste ! Pourquoi les choses sont si difficiles pour toi alors qu'elles sont si faciles pour moi ? Et en plus, je n'ai même pas le droit de t'aider à réaliser ton rêve.
— Mais si, mon amour chéri ! C'est ce que tu es en train de faire.
— Comment ça ?
— Mon rêve, c'est toi, ma chérie. C'est cette merveilleuse fille qui a déboulé dans ma vie un jour de septembre et qui m'a prise immédiatement sous son aile ; cette magnifique jeune femme dont je suis tombée amoureuse pratiquement tout de suite. Mes études de médecine, c'est la cerise sur le gâteau.
— Mais si, mon amour chéri ! C'est ce que tu es en train de faire.
— Comment ça ?
— Mon rêve, c'est toi, ma chérie. C'est cette merveilleuse fille qui a déboulé dans ma vie un jour de septembre et qui m'a prise immédiatement sous son aile ; cette magnifique jeune femme dont je suis tombée amoureuse pratiquement tout de suite. Mes études de médecine, c'est la cerise sur le gâteau.
Claire esquissa un sourire et Margaux continua entre deux baisers.
— Tu sais, les choses peuvent changer dans la vie, surtout à nos âges. Avant de te connaître, mes études de médecine étaient ce qu'il y avait de plus important dans ma vie ; mais maintenant c'est toi, c'est notre relation, c'est ce que nous allons construire ensemble. C'est le petit nid d'amour que nous allons construire pour nous et pour nos enfants. Alors, bien sûr que j'adorerais être un jour médecin et que je ferai le maximum pour y arriver. Mais si cela se révélait impossible ça ne serait pas une catastrophe. Je pourrais certainement emprunter de quoi faire des études d'infirmière ou bien les faire avec un contrat d'apprentissage. Au lieu d'ouvrir un cabinet médical avec deux médecins, on ouvrirait un cabinet médical avec un médecin et une infirmière. Tu crois qu'on serait moins heureuses ? Moi, je suis sûre que non.
Claire n'était pas tout à fait convaincue par les arguments de Margaux. Elle commençait à la connaître suffisamment pour savoir que, face à un obstacle, sa nature la poussait à trouver des solutions de contournement plutôt qu'à essayer de le surmonter à tout prix. Cela lui permettait d'avancer mais risquait de la faire passer à côté du meilleur choix au profit d'un choix passable. Elle sécha ses larmes et répondit d'un ton décidé :
— Très bien ! mais je te préviens : Je n'accepterai pas que tu abandonnes tes études de médecine sans avoir exploré toutes les possibilités qui peuvent se présenter. S'il faut que tu trouves un job d'appoint, je m'en trouverai un moi aussi et s'il faut se serrer la ceinture, on sera deux à se la serrer.
Elle sourit, sa combativité retrouvée.
— Je suis désolée, ma chérie, mais j'ai besoin de mon binôme pour mes études ; n'essaye pas de me faire faux bond.
— Ça c'est un très bon argument. C'est même la raison la plus importante pour laquelle je dois absolument continuer mes études de médecine.
— Je plaisantais.
— Eh bien, pas moi. Ça va me motiver encore plus mais j'aurai besoin de toute ton aide.
— Tu l'auras, crois-moi ! En fait, nous nous devons aide et assistance, un peu comme si on était déjà mariées.
— On l'est moralement, voilà tout. D'ailleurs tu ne crois pas qu'il faudrait qu'on se fiance en attendant ? Ça signifierait quelque chose d'important. Les fiançailles c'est une promesse qu'on se fait ; la promesse de nous marier un jour.
— D'accord ! Alors je propose que, puisque ton anniversaire tombe le vingt décembre qui est, si je ne trompe pas, un dimanche, on fête ce jour-là à la fois ton anniversaire et nos fiançailles.
— Je suis d'accord mais, tu sais, je n'ai jamais eu vraiment d'anniversaire. Je ne suis pas habituée à le fêter.
— Tes parents ne fêtaient pas ton anniversaire ?
— Le problème, c'est que mon anniversaire tombe seulement quatre jours avant la Noël. Mes parents ont donc décidé qu'on ne ferait qu'une fête pour les deux le jour de Noël. Du coup, mon anniversaire n'était que quelque chose qui venait en plus ; du genre ” joyeux Noël Margaux. Ah, au fait : Bon anniversaire aussi". Jusqu'au moment où on a complètement oublié l'événement qui a fini par devenir un non évènement.
— C'est un peu triste.
— En fait, il y avait quand même deux fêtes à l'occasion de Noël : La fête normale le vingt-cinq décembre et le Noël de l'armée. C'est une fête organisée pour les enfants des militaires de la garnison. Les mairies font elles aussi souvent ça. C'est un goûter spectacle avec distribution de cadeaux. En général c'était plutôt sympa. Mais ça ne remplace pas un anniversaire où l'enfant est le roi de la fête. Bon ! Il faudrait peut-être retourner à table. Tes parents doivent se demander ce qu'on fait.
— Ça c'est un très bon argument. C'est même la raison la plus importante pour laquelle je dois absolument continuer mes études de médecine.
— Je plaisantais.
— Eh bien, pas moi. Ça va me motiver encore plus mais j'aurai besoin de toute ton aide.
— Tu l'auras, crois-moi ! En fait, nous nous devons aide et assistance, un peu comme si on était déjà mariées.
— On l'est moralement, voilà tout. D'ailleurs tu ne crois pas qu'il faudrait qu'on se fiance en attendant ? Ça signifierait quelque chose d'important. Les fiançailles c'est une promesse qu'on se fait ; la promesse de nous marier un jour.
— D'accord ! Alors je propose que, puisque ton anniversaire tombe le vingt décembre qui est, si je ne trompe pas, un dimanche, on fête ce jour-là à la fois ton anniversaire et nos fiançailles.
— Je suis d'accord mais, tu sais, je n'ai jamais eu vraiment d'anniversaire. Je ne suis pas habituée à le fêter.
— Tes parents ne fêtaient pas ton anniversaire ?
— Le problème, c'est que mon anniversaire tombe seulement quatre jours avant la Noël. Mes parents ont donc décidé qu'on ne ferait qu'une fête pour les deux le jour de Noël. Du coup, mon anniversaire n'était que quelque chose qui venait en plus ; du genre ” joyeux Noël Margaux. Ah, au fait : Bon anniversaire aussi". Jusqu'au moment où on a complètement oublié l'événement qui a fini par devenir un non évènement.
— C'est un peu triste.
— En fait, il y avait quand même deux fêtes à l'occasion de Noël : La fête normale le vingt-cinq décembre et le Noël de l'armée. C'est une fête organisée pour les enfants des militaires de la garnison. Les mairies font elles aussi souvent ça. C'est un goûter spectacle avec distribution de cadeaux. En général c'était plutôt sympa. Mais ça ne remplace pas un anniversaire où l'enfant est le roi de la fête. Bon ! Il faudrait peut-être retourner à table. Tes parents doivent se demander ce qu'on fait.
Elles retournèrent s'asseoir à table après que Claire se soit excusée auprès de ses parents. Cette dernière avait retrouvé toute sa sérénité et tenait à ce que leur position vis-à-vis du mariage soit clairement expliquée afin que ses parents prennent totalement conscience du sérieux de leur démarche.
— Tout à l'heure, un excès d'enthousiasme m'a fait m'exprimer d'une manière telle que je vous ai laissé croire à un manque de réflexion de ma part. Je pense que vous vous inquiétez à l'idée que Margaux et moi-même cédions à une impulsion irréfléchie lorsque nous disons vouloir nous marier. Margaux vous a expliqué que nous avions conscience des problèmes à résoudre et des difficultés à vaincre. Je ne reviendrai pas sur ses explications mais j'ajouterai une chose : contrairement à ce que pense Margaux, ce n'est pas Margaux ou Claire qui aura à résoudre un problème ou à surmonter une difficulté. C'est Margaux ET Claire. Il n'y a pas d'un côté Margaux pour qui tout est difficile et Claire à qui tout sourit. Si la somme des ressources dont nous disposons est suffisante ce sera tant mieux. Si ce n'est pas le cas, c'est pour nous deux qu'elle sera insuffisante et ce sera à nous deux de l'augmenter. Si pour cela il est nécessaire de trouver des petits boulots, ce sera à nous deux d'en trouver. Je ne vais pas vous détailler tous les problèmes et difficultés que nous devrons surmonter. De toutes façons ils ne sont pas inéluctables. Il vous suffit de savoir qu'à chaque fois ce sera à deux que nous nous y attaquerons.
Elle hésita un peu avant de continuer.
— Maintenant, pourquoi avons-nous l'intention de nous marier comme la loi nous y autorise depuis peu ? D'abord, une précision : Notre relation à Margaux et à moi est de nature homosexuelle bien évidemment. Pourtant, je ne me sens pas homosexuelle ni même bisexuelle. Pour parler clairement, je ne suis pas attirée sexuellement par les femmes et je ne l'ai jamais été. Pour être tout à fait honnête, depuis que je connais Margaux, je ne suis pas non plus attirée sexuellement par les hommes. La différence, c'est qu'avant de la connaître, j'étais résolument hétérosexuelle et, je peux l'avouer, très, très attirée par les garçons. A ma connaissance, c'est la même chose pour Margaux mais, c'est à elle de le dire.
— C'est pareil pour moi, répondit Margaux, à ceci près que je n'ai aucune expérience en la matière.
— Par contre, dès la première fois que j'ai vu Margaux dans le grand amphi de la fac de médecine, je ne me suis plus intéressée à personne d'autre et depuis, quand elle est avec moi, je ne vois qu'elle. Si nous étions homosexuelles on pourrait s'interroger sur la profondeur de nos sentiments, notre relation étant conforme à notre nature. Mais , ici, nos sentiments ont balayé littéralement notre nature profonde ; c'est dire toute leur puissance et toute leur solidité. Il est donc normal que cette puissance et cette solidité se traduisent par l'acte juridique le plus fort que nous autorise la loi, à savoir le mariage.
— Très bien ! Dans la mesure où vous êtes conscientes des problèmes que vous rencontrerez et de votre volonté de les assumer, nous n'avons aucune objection à votre décision. Julie et moi en avons rapidement discuté et nous avons pris la décision suivante : Dorénavant et conformément à ce que nous avions déjà envisagé il y quelques temps, nous ne nous occuperons plus directement de tes dépenses. C'est toi qui devra les assurer grâce à un budget convenu à l'avance et versé chaque mois selon un échéancier tenant compte autant que possible des irrégularités dans le rythme des dépenses. Nous ne mettrons pas le nez dans tes affaires mais en cas de demande de rallonge, celle-ci devra être justifiée et nous déciderons au cas par cas si oui ou non tu devras la rembourser. Jusqu'à présent tu as fait preuve de suffisamment de sérieux sur le plan financier pour que, dans l'avenir, cette nouvelle façon de faire donne de bons résultats. Est-ce que tu as des questions, ma chérie ?
— Oui, il m'en vient plusieurs. D'abord, Est-ce que je pourrai utiliser mon budget comme je veux ?
— Oui ! C'est ce je t'ai dit à l'instant. Notre relation financière est la même que celle d'un employeur et d'un employé. Ici, le contrat de travail, c'est ton obligation de faire des études de médecine et de les réussir en contrepartie de l'équivalent d'un salaire, même si c'est différent dans les détails. L'utilisation de ce salaire est de ta responsabilité.
— Bien entendu, je te conseille de suivre tes dépenses par rapport au budget prévu de manière à éviter les mauvaises surprises. Par exemple, dans le budget voiture, il y a trois rubriques : l'utilisation, c'est-à-dire l'essence les péages et les parkings payants ; l'entretien (révision, lavage, liquides divers, réparations, etc.) ; et l'assurance. Rassure-toi, la première année tu disposeras d'un fichier Excel avec un découpage précis en rubriques et sous-rubriques et le budget prévisionnel mois par mois. Je te laisserai le soin de réaliser ou de te procurer un outil de suivi te permettant de savoir où tu en es à un moment donné par rapport à ce qui avait été prévu.
— Deuxièmement, est-ce que je participerai à la détermination des sommes prévues.
— C'est pareil pour moi, répondit Margaux, à ceci près que je n'ai aucune expérience en la matière.
— Par contre, dès la première fois que j'ai vu Margaux dans le grand amphi de la fac de médecine, je ne me suis plus intéressée à personne d'autre et depuis, quand elle est avec moi, je ne vois qu'elle. Si nous étions homosexuelles on pourrait s'interroger sur la profondeur de nos sentiments, notre relation étant conforme à notre nature. Mais , ici, nos sentiments ont balayé littéralement notre nature profonde ; c'est dire toute leur puissance et toute leur solidité. Il est donc normal que cette puissance et cette solidité se traduisent par l'acte juridique le plus fort que nous autorise la loi, à savoir le mariage.
— Très bien ! Dans la mesure où vous êtes conscientes des problèmes que vous rencontrerez et de votre volonté de les assumer, nous n'avons aucune objection à votre décision. Julie et moi en avons rapidement discuté et nous avons pris la décision suivante : Dorénavant et conformément à ce que nous avions déjà envisagé il y quelques temps, nous ne nous occuperons plus directement de tes dépenses. C'est toi qui devra les assurer grâce à un budget convenu à l'avance et versé chaque mois selon un échéancier tenant compte autant que possible des irrégularités dans le rythme des dépenses. Nous ne mettrons pas le nez dans tes affaires mais en cas de demande de rallonge, celle-ci devra être justifiée et nous déciderons au cas par cas si oui ou non tu devras la rembourser. Jusqu'à présent tu as fait preuve de suffisamment de sérieux sur le plan financier pour que, dans l'avenir, cette nouvelle façon de faire donne de bons résultats. Est-ce que tu as des questions, ma chérie ?
— Oui, il m'en vient plusieurs. D'abord, Est-ce que je pourrai utiliser mon budget comme je veux ?
— Oui ! C'est ce je t'ai dit à l'instant. Notre relation financière est la même que celle d'un employeur et d'un employé. Ici, le contrat de travail, c'est ton obligation de faire des études de médecine et de les réussir en contrepartie de l'équivalent d'un salaire, même si c'est différent dans les détails. L'utilisation de ce salaire est de ta responsabilité.
— Bien entendu, je te conseille de suivre tes dépenses par rapport au budget prévu de manière à éviter les mauvaises surprises. Par exemple, dans le budget voiture, il y a trois rubriques : l'utilisation, c'est-à-dire l'essence les péages et les parkings payants ; l'entretien (révision, lavage, liquides divers, réparations, etc.) ; et l'assurance. Rassure-toi, la première année tu disposeras d'un fichier Excel avec un découpage précis en rubriques et sous-rubriques et le budget prévisionnel mois par mois. Je te laisserai le soin de réaliser ou de te procurer un outil de suivi te permettant de savoir où tu en es à un moment donné par rapport à ce qui avait été prévu.
— Deuxièmement, est-ce que je participerai à la détermination des sommes prévues.
Les parents de Claire éclatèrent de rire en même temps.
— Rassure-toi, tu pourras contrôler que nous n'essayons pas de t'arnaquer. Margaux pourra assister à la foire d'empoigne si tu le souhaites mais à titre d'observatrice. De notre côté, ta maman et moi, nous nous partagerons la tâche. En particulier c'est elle qui évaluera avec toi ton budget habillement et produits cosmétiques.
Claire prit un ton désolé.
— J'aurais préféré que ce soit toi.
— Tu crois que tu pourrais mieux me circonvenir, espèce de manipulatrice ! Eh bien tu as tort. Comme je n'y connais rien, j'aurais tendance à me méfier et je serais beaucoup plus difficile à convaincre que ta mère qui est beaucoup plus soucieuse que moi d'avoir une fille qui soit la plus belle et la mieux vêtue et qui sait parfaitement comment y arriver.
— Tu crois que tu pourrais mieux me circonvenir, espèce de manipulatrice ! Eh bien tu as tort. Comme je n'y connais rien, j'aurais tendance à me méfier et je serais beaucoup plus difficile à convaincre que ta mère qui est beaucoup plus soucieuse que moi d'avoir une fille qui soit la plus belle et la mieux vêtue et qui sait parfaitement comment y arriver.
Julie Lefront eut un petit sourire qui confirmait que Claire n'avait aucun souci à se faire sur ce plan-là. Le papa de Claire tint néanmoins à être très clair sur ce qui concernait Margaux.
— Je précise que, ton budget ne sera ni en diminution ni en augmentation par rapport à ce que nous dépensons actuellement pour toi. Autrement dit, c'est ton budget et pas celui de votre couple. Margaux ne veut pas la charité et c'est tout à son honneur. Nous avons le même point de vue qu'elle.
Le sujet étant clos, Claire décida d'aborder celui des fiançailles.
— Comme il est peu probable que nous puissions nous marier rapidement, Margaux et moi souhaiterions marquer néanmoins notre intention par des fiançailles. Il se trouve que l'anniversaire de Margaux est le 20 décembre qui est le premier dimanche des vacances de fin d'année. Je pensais que nous pourrions fêter ce jour-là à la fois nos fiançailles et l'anniversaire de Margaux. Qu'en pensez-vous ?
— Désolé mais ça ne va pas être possible, ma chérie.
— Pourquoi ?
— Parce-que ce dimanche-là nous ne serons pas à Montluçon. Nous partons le vendredi pour la Loire-Atlantique, nous couchons à l'hôtel près de Nantes et le samedi nous assistons à l'assemblée générale de notre syndicat. Il y a une soirée et nous retournons terminer la nuit à l'hôtel. Le dimanche, on sera crevés et on se lèvera tard. On repartira au plus tôt en fin de matinée et on sera à Montluçon en fin d'après-midi. Je nous vois mal organiser une fête le dimanche soir.
— Désolé mais ça ne va pas être possible, ma chérie.
— Pourquoi ?
— Parce-que ce dimanche-là nous ne serons pas à Montluçon. Nous partons le vendredi pour la Loire-Atlantique, nous couchons à l'hôtel près de Nantes et le samedi nous assistons à l'assemblée générale de notre syndicat. Il y a une soirée et nous retournons terminer la nuit à l'hôtel. Le dimanche, on sera crevés et on se lèvera tard. On repartira au plus tôt en fin de matinée et on sera à Montluçon en fin d'après-midi. Je nous vois mal organiser une fête le dimanche soir.
Julie Lefront intervint.
— Margaux, je suppose que tu n'as rien de prévu pour les vacances ?
Claire intervint à son tour.
— Elle pourrait les passer chez nous à Montluçon !
— Si tu m'avais laissé parler, c'est ce que j'allais dire. Nous pourrions alors fêter vos fiançailles le jour de Noël. Votre cadeau de Noël serait tout trouvé.
— Tu veux dire que …
— Je veux dire que si tu peux casser ta tirelire pour offrir un cadeau de fiançailles à Margaux, elle ne peut pas te rendre la pareille, vu que, si j'ai bien compris, elle n'en a pas, elle, de tirelire. L'avantage de ma solution, c'est qu'elle vous permet à chacune d'avoir son cadeau de fiançailles et comme ils auront été acquis ensemble, ils seront assortis.
— Si tu m'avais laissé parler, c'est ce que j'allais dire. Nous pourrions alors fêter vos fiançailles le jour de Noël. Votre cadeau de Noël serait tout trouvé.
— Tu veux dire que …
— Je veux dire que si tu peux casser ta tirelire pour offrir un cadeau de fiançailles à Margaux, elle ne peut pas te rendre la pareille, vu que, si j'ai bien compris, elle n'en a pas, elle, de tirelire. L'avantage de ma solution, c'est qu'elle vous permet à chacune d'avoir son cadeau de fiançailles et comme ils auront été acquis ensemble, ils seront assortis.
Claire, émue, se précipita pour embrasser sa mère.
— Tu es la plus adorable des mamans.
Margaux s'approcha timidement à son tour.
— Est-ce que je peux vous embrasser moi aussi ?
— Bien sûr, ma chérie !
— Bien sûr, ma chérie !
Margaux lui fit un baiser délicat sur la joue et murmura.
— Merci. Merci beaucoup. Merci pour tout.
— Eh bien, et moi alors réclama le père de Claire.
— Eh bien, et moi alors réclama le père de Claire.
Les deux jeunes filles coururent vers lui et lui couvrirent le visage de baisers. Il prit un air béat.
— J'adore ça !
Il se tourna vers son épouse.
— Ce n'est pas un gendre qui pourrait me faire ça !
— C'est vrai, mais peut-être à moi.
— Dis donc ! J'espère bien que non !
— C'est vrai, mais peut-être à moi.
— Dis donc ! J'espère bien que non !
La fin du repas se passa dans une ambiance joyeuse. Seule Claire ne participait pas aux discussions. Elle avait l'air distraite. Quand son père le remarqua, il l'interpella .
— Claire ! Tu veux bien revenir parmi nous ?
— Claire sursauta.
— Excusez-moi j'étais distraite.
— Claire sursauta.
— Excusez-moi j'étais distraite.
Les autres convives éclatèrent de rire.
— Claire est déjà en train de réfléchir à la meilleure manière de négocier à son avantage son budget annuel.
Claire sourit sans répondre. Elle était bien en train de réfléchir à des problèmes budgétaires, mais ce n'était pas du montant qu'elle se préoccupait. De ce côté-là, elle connaissait suffisamment bien ses parents pour être certaine qu'elle n'aurait pas à se plaindre. Ce à quoi elle réfléchissait, c'était au meilleur moyen d'utiliser discrètement son budget habillement et produits de beauté au profit de sa compagne et, surtout à la manière de s'y prendre pour lui faire accepter la chose, l'orgueil mal placé de Margaux lui faisant considérer comme de la charité ce qui, aux yeux de Claire n'était que partage et preuve d'amour. Elle se mit à contempler Margaux. Quel plaisir elle aurait à l'accompagner dans une parfumerie choisir un parfum ou une eau de toilette. Quel bonheur de l'aider à choisir une jolie robe ou encore des sous-vêtements assortis pour mettre en valeur ce joli corps qui… que… elle se sentit rougir et s'efforça de penser à autre chose.
L'après-midi fut consacrée au travail. Les deux jeunes filles s'assirent côte à côte devant la table de la salle à manger munies de leurs deux tablettes de quelques livres et de deux blocs-notes. Les parents de Claire assis dans le salon essayaient de se concentrer sur la lecture de revues médicales mais ne pouvaient s'empêcher de les écouter dialoguer. C'était un modèle du genre. Margaux reprenait en le commentant le cours qu'elle avait pris en sténographie tandis que Claire établissait la relation entre le contenu du cours, celui d'un cours précédent, le même sujet qui était traité dans un des livres et des informations qu'elle avait pêchées sur des sites Web anglo-saxons. Si elles pouvaient continuer comme ça jusqu'au bout, nul doute qu'elles réussiraient toutes les deux à être médecins.
Elles travaillèrent ainsi jusque vers dix-neuf heure, grignotèrent rapidement un reste de poulet froid, un yaourt et une pomme et à vingt heures la petite FIAT démarrait pour les ramener à Clermont-Ferrand.
Jérôme et Julie Lefront les regardèrent partir depuis le bord du trottoir avant de rentrer se mettre au chaud. Même s'il avait fait beau toute la journée, les soirées commençaient à être vraiment froides.
Julie Lefront 'inquiéta :
— Pourvu qu'elles n'aient pas de verglas.
— Je ne pense pas qu'il y ait un danger de verglas ce soir. Il a fait sec dans la journée et le sol est encore chaud. C'est demain matin qu'il risque d'y en avoir. Avec ce ciel étoilé, la nuit sera froide et la rosée du matin fera une belle couche de givre bien glissante en se déposant. Mais ce soir, aucun risque !
— Qu'est-ce que tu as pensé de ce qui s'est passé ce week-end ?
— Moi, je suis ravi. Margaux est adorable et toutes les deux me semblent très amoureuses. Elles s'entendent manifestement très bien. Tu as vu comment elles ont travaillé ensemble, cet après-midi ? Tout a l'air évident et la petite Margaux est brillante. Je ne sais pas quel est son QI mais elle devait faire partie, sinon des surdouées, en tout cas pas loin. Quant à Claire, quand je la vois comme ça, je me dis que l'argent qu'elle nous coûte, ça n'est pas de l'argent fichu en l'air. Elle est d'une efficacité redoutable.
— Oui, c'est vrai qu'elles semblent très bien s'entendre.
— Très bien s'entendre ? Elles s'adorent, tu veux dire.
— Oui, tu as sans doute raison.
— Tu n'as pas l'air franchement enthousiaste. Qu'est-ce qui te tracasse ?
— Ce qui me tracasse c'est Claire. Elle n'a pas encore vingt et un ans. C'est encore une gamine même si son physique la fait paraître plus ”femme”. Jusqu'à présent, la constance en matière sentimentale n'a pas été son fort. Elle a beaucoup papillonné et a déjà ”consommé” deux amants.
— Je croyais qu'il n'y en avait eu seulement un ?
— Non ! Frédéric Marlon était son deuxième. Elle n'était déjà plus vierge quand elle l'a connu.
— Et alors, qu'est-ce que ça change ?
— Rien, sinon que c'est elle qui les a largués du jour au lendemain. Le premier parce qu' il ne s'est pas montré ”à la hauteur”, le second à cause d'une dispute. C'est elle qui séduit et c'est elle qui ”largue” sans se préoccuper des dégâts occasionnés.
— Qu'est-ce que tu veux, c'est ça les filles de nos jours.
— Peut-être, mais ce que je sais, c'est que Margaux n'est pas comme cet idiot de Freddy. C'est une fille sensible, manifestement sans aucune expérience sentimentale et très amoureuse. Imagine qu'à l'occasion d'une dispute, Claire décide de rompre. Çà peut démolir complètement la petite. Tu sais, le premier qu'elle a jeté comme une vieille chaussette , eh bien il a mis plusieurs mois à s'en remettre. Il était jeune et sans expérience mais c'était un très gentil garçon, paraît-il. Pour le second, par contre, c'était un homme à femme et il s'en est très rapidement remis. Par contre, c'est Claire que la rupture a démolie. C'est vrai que c'est elle qui a rompu après une bagarre mais ça l'a quand même démolie. Elle était très amoureuse et je crois que pendant un certain temps, elle a espéré qu'il lui reviendrait. Il faut dire que c'est un très beau garçon et qu'ils formaient un couple magnifique.
— Tu dresses là un tableau bien pessimiste.
— Non, réaliste. Je pense ou plutôt je suis certaine de la sincérité de Claire à l'heure actuelle. Ce dont je suis moins certaine, c'est de sa constance sur le long terme surtout dans le cadre d'une liaison contre nature. D'ailleurs, Margaux elle aussi peut se lasser à force de devoir supporter l'hostilité de certains. Non ! pour moi, rien n'est définitif. Alors, je jouerai le jeux mais je resterai vigilante.
— Je ne pense pas qu'il y ait un danger de verglas ce soir. Il a fait sec dans la journée et le sol est encore chaud. C'est demain matin qu'il risque d'y en avoir. Avec ce ciel étoilé, la nuit sera froide et la rosée du matin fera une belle couche de givre bien glissante en se déposant. Mais ce soir, aucun risque !
— Qu'est-ce que tu as pensé de ce qui s'est passé ce week-end ?
— Moi, je suis ravi. Margaux est adorable et toutes les deux me semblent très amoureuses. Elles s'entendent manifestement très bien. Tu as vu comment elles ont travaillé ensemble, cet après-midi ? Tout a l'air évident et la petite Margaux est brillante. Je ne sais pas quel est son QI mais elle devait faire partie, sinon des surdouées, en tout cas pas loin. Quant à Claire, quand je la vois comme ça, je me dis que l'argent qu'elle nous coûte, ça n'est pas de l'argent fichu en l'air. Elle est d'une efficacité redoutable.
— Oui, c'est vrai qu'elles semblent très bien s'entendre.
— Très bien s'entendre ? Elles s'adorent, tu veux dire.
— Oui, tu as sans doute raison.
— Tu n'as pas l'air franchement enthousiaste. Qu'est-ce qui te tracasse ?
— Ce qui me tracasse c'est Claire. Elle n'a pas encore vingt et un ans. C'est encore une gamine même si son physique la fait paraître plus ”femme”. Jusqu'à présent, la constance en matière sentimentale n'a pas été son fort. Elle a beaucoup papillonné et a déjà ”consommé” deux amants.
— Je croyais qu'il n'y en avait eu seulement un ?
— Non ! Frédéric Marlon était son deuxième. Elle n'était déjà plus vierge quand elle l'a connu.
— Et alors, qu'est-ce que ça change ?
— Rien, sinon que c'est elle qui les a largués du jour au lendemain. Le premier parce qu' il ne s'est pas montré ”à la hauteur”, le second à cause d'une dispute. C'est elle qui séduit et c'est elle qui ”largue” sans se préoccuper des dégâts occasionnés.
— Qu'est-ce que tu veux, c'est ça les filles de nos jours.
— Peut-être, mais ce que je sais, c'est que Margaux n'est pas comme cet idiot de Freddy. C'est une fille sensible, manifestement sans aucune expérience sentimentale et très amoureuse. Imagine qu'à l'occasion d'une dispute, Claire décide de rompre. Çà peut démolir complètement la petite. Tu sais, le premier qu'elle a jeté comme une vieille chaussette , eh bien il a mis plusieurs mois à s'en remettre. Il était jeune et sans expérience mais c'était un très gentil garçon, paraît-il. Pour le second, par contre, c'était un homme à femme et il s'en est très rapidement remis. Par contre, c'est Claire que la rupture a démolie. C'est vrai que c'est elle qui a rompu après une bagarre mais ça l'a quand même démolie. Elle était très amoureuse et je crois que pendant un certain temps, elle a espéré qu'il lui reviendrait. Il faut dire que c'est un très beau garçon et qu'ils formaient un couple magnifique.
— Tu dresses là un tableau bien pessimiste.
— Non, réaliste. Je pense ou plutôt je suis certaine de la sincérité de Claire à l'heure actuelle. Ce dont je suis moins certaine, c'est de sa constance sur le long terme surtout dans le cadre d'une liaison contre nature. D'ailleurs, Margaux elle aussi peut se lasser à force de devoir supporter l'hostilité de certains. Non ! pour moi, rien n'est définitif. Alors, je jouerai le jeux mais je resterai vigilante.
*****
La circulation fluide et le temps clément permirent à Claire et à sa passagère d'arriver devant la maison de tante Alice vers vingt-deux heures. Pour un dimanche soir, c'était encore un peu tôt et aucune des deux n'avait envie de se retrouver seule. D'un autre côté, aller chez Claire pour en repartir peu de temps après ne présentait pas un grand intérêt.
— J'ai un peu le cafard, ce soir. Tu ne veux pas rester un peu avec moi ?
— Moi aussi j'ai le cafard. On a passé un trop bon week-end. On va rester encore une petite demi-heure ensemble.
— Moi aussi j'ai le cafard. On a passé un trop bon week-end. On va rester encore une petite demi-heure ensemble.
Elles rejoignirent la chambre de Margaux qui commença par ranger quelques affaires sans conviction. Elle sortit sa petite robe bleue, la posa sur le dossier de la chaise, hésita quelques instants puis s'assit sur le bord du lit.
— Ça peut attendre demain.
Elles s'installèrent l'une contre l'autre, assises sur le lit et le dos appuyé contre le mur. Elles commentèrent à voix basse tout ce qui avait changé pour elles en un seul week-end et cette évocation suffit à leur remonter le moral. Elles se parlaient à voix basse en faisant attention de ne pas faire de bruit. Pourtant, au bout d'une dizaine de minutes, elles furent interrompues par des coups frappés à la porte. Elles se levèrent précipitamment.
— Pourtant on était discrètes, cette fois-ci, chuchota Claire.
Margaux la regarda d'un air impuissant en haussant les épaules et alla ouvrir la porte. C'était bien tante Alice mais elle n'était pas seule. Muriel l'accompagnait.
— On peut entrer ?
— Bien sûr, Tante Alice !
— Bien sûr, Tante Alice !
Alice pénétra dans la chambre et embrassa Margaux.
— Bonjour, ma chérie. Comment vas-tu ?
Margaux allait lui répondre lorsque Muriel s'avança à son tour pour l'embrasser.
— Bonjour, Margaux.
Puis elle se tourna vers Claire, la regarda avec intensité, hésita un peu et l'embrassa elle aussi.
— Bonjour, Claire.
— Elle se recula et les contempla toutes les deux.
— Vous avez l'air en pleine forme et vous êtes belles comme le jour. Ça fait plaisir à voir. Votre binôme a l'air de bien fonctionner.
— Elle se recula et les contempla toutes les deux.
— Vous avez l'air en pleine forme et vous êtes belles comme le jour. Ça fait plaisir à voir. Votre binôme a l'air de bien fonctionner.
Alice était un peu déstabilisée car si elle avait entre-aperçu Claire à plusieurs reprises, elle ne voyait pas comment Muriel pouvait la connaître. Claire esquissait un sourire incertain car elle ne savait même pas qui était cette femme qui se montrait aussi familière. Margaux s'empressa de débloquer la situation.
— Bonjour Muriel. Je vois que la description que je t'avais faite de Claire était fidèle. C'est vrai que je t'avais aussi montré sa photo. Notre binôme fonctionne parfaitement. Nous sommes en forme parce-que les parents de Claire ont très gentiment accepté que nous allions nous ressourcer chez eux à Montluçon. Nous venons de rentrer. Et toi, Tante Alice, tu vas bien ?
— Très bien, ma chérie. Je voulais te voir parce-que, si je ne m'abuse, ton anniversaire tombe le dimanche vingt décembre. Nous avons décidé avec Muriel d'organiser une petite fête pour toi à cette occasion.
— Très bien, ma chérie. Je voulais te voir parce-que, si je ne m'abuse, ton anniversaire tombe le dimanche vingt décembre. Nous avons décidé avec Muriel d'organiser une petite fête pour toi à cette occasion.
Margaux et Claire se regardèrent consternées. Elles avaient envisagé de fêter l'anniversaire de Margaux toutes les deux en amoureuses à Montluçon. Au lieu de cela, elles allaient être séparées ce jour-là.
Muriel, depuis qu'elle avait pénétré dans la chambre observait Claire avec fascination. Elle s'aperçut immédiatement qu'il y avait un problème et intervint aussitôt.
Muriel, depuis qu'elle avait pénétré dans la chambre observait Claire avec fascination. Elle s'aperçut immédiatement qu'il y avait un problème et intervint aussitôt.
— Ce sera une fête intime, bien entendu. Nous ne serons que quatre.
— Quatre ?
— Oui. Les deux vieilles que nous sommes, Alice et moi, et les deux jeunes, Claire et toi, si Claire est d'accord naturellement.
— Quatre ?
— Oui. Les deux vieilles que nous sommes, Alice et moi, et les deux jeunes, Claire et toi, si Claire est d'accord naturellement.
Elle continua en regardant fixement Alice qui était en train de perdre complètement pied.
— Nous en avons discuté avec Alice et nous nous sommes dit que ce serait plus agréable pour Margaux d'avoir avec elle une amie de son âge pour son anniversaire. N'est-ce pas Alice ?
— Oui, ce serait plus agréable, bafouilla Alice. Puis elle se racla la gorge et poursuivit d'un ton normal.
— Nous irons comme d'habitude à notre auberge des bords du lac, mais nous aurons droit à une spéciale Margaux.
— C'est quoi, une spéciale Margaux ?
— Un espace réservé Isolé du reste du restaurant avec une décoration complètement repensée en ton honneur y compris le mobilier. Un menu de fête spécialement conçu par le mari de Marcelline et qui sera une surprise pour tout le monde. On essayera aussi d'avoir une petite animation.
— Oui, ce serait plus agréable, bafouilla Alice. Puis elle se racla la gorge et poursuivit d'un ton normal.
— Nous irons comme d'habitude à notre auberge des bords du lac, mais nous aurons droit à une spéciale Margaux.
— C'est quoi, une spéciale Margaux ?
— Un espace réservé Isolé du reste du restaurant avec une décoration complètement repensée en ton honneur y compris le mobilier. Un menu de fête spécialement conçu par le mari de Marcelline et qui sera une surprise pour tout le monde. On essayera aussi d'avoir une petite animation.
Alice ne voulait pas être de nouveau prise de vitesse par Muriel, aussi elle enchaîna immédiatement :
— Ce programme te convient-il, ma chérie ?
Margaux consulta du regard Claire. Cette dernière avait un air à la fois ravi et surpris. Elle décida d'accepter une invitation qu'elle aurait de toutes les façons difficilement pu refuser.
— Bien sûr que ça me convient. Je suis un peu confuse de bénéficier d'une telle gentillesse mais ton invitation me fait très plaisir.
— Et toi, Claire ? Tu nous ferais très plaisir à Muriel et à moi en acceptant de faire la quatrième et je suis certaine que Margaux serait contente de t'avoir avec elle ce jour-là.
— Et toi, Claire ? Tu nous ferais très plaisir à Muriel et à moi en acceptant de faire la quatrième et je suis certaine que Margaux serait contente de t'avoir avec elle ce jour-là.
Claire avait déjà analysé la situation. Accepter l'invitation présentait deux inconvénients : d'une part elles passeraient la nuit du samedi au dimanche à Clermont-Ferrand chacune chez elle au lieu de la passer dans deux chambres situées l'une à côté de l'autre à Montluçon dans une maison qu'elles occuperaient seules ce qui aurait été nettement plus intime ; d'autre part, au lieu d'être seules ensemble pour fêter l'anniversaire de Margaux en amoureuses, elles devraient participer à une fête sûrement sympathique mais, là encore, moins intime.
D'un autre côté, si elle refusait l'invitation, soit Margaux l'acceptait de son côté, ce qu'elle venait d'ailleurs de faire, et le résultat était encore pire puisqu'elles ne fêteraient du coup rien du tout ensemble ; soit Margaux changeait d'avis et refusait aussi et elle ferait un véritable affront à sa tante Alice qui le méritait d'autant moins qu'elle était manifestement remplie de bonnes intentions à son égard. Elle fit donc un grand sourire en répondant à la vieille dame.
— Je m'en voudrais de refuser une si gentille invitation. Margaux me parle souvent de vous car elle vous aime beaucoup et j'avais très envie de vous connaître.
— Bon ! Alors, c'est réglé. On prendra une seule voiture. Muriel passera nous chercher d'abord, Margaux et moi et ensuite on prendra Claire au passage. Tu sauras guider Muriel jusque chez Claire ?
— Bon ! Alors, c'est réglé. On prendra une seule voiture. Muriel passera nous chercher d'abord, Margaux et moi et ensuite on prendra Claire au passage. Tu sauras guider Muriel jusque chez Claire ?
Margaux hésita. Elle n'en était pas certaine car elle ne connaissait pas vraiment la ville et ne faisait guère attention au trajet que de toute manières elle ne faisait que dans l'autre sens et de nuit. Claire répondit à sa place.
— Je crois que le plus simple serait que je vienne vous rejoindre ici et madame… là, elle se mit à bafouiller, et… et… Muriel… je veux dire… elle s'arrêta écarlate. Muriel éclata de rire.
— Je ne savais pas que je pouvais être aussi intimidante. Ne t'en fais pas. Fais comme ça te vient. Margaux m'appelle Muriel tout bêtement. Tu n'as qu'à faire comme elle. Ça ne me dérange pas du tout, bien au contraire.
— Je ne savais pas que je pouvais être aussi intimidante. Ne t'en fais pas. Fais comme ça te vient. Margaux m'appelle Muriel tout bêtement. Tu n'as qu'à faire comme elle. Ça ne me dérange pas du tout, bien au contraire.
Alice approuva.
— Muriel à raison. Restons simples. Tu n'as qu'à nous appeler Muriel et tante Alice comme Margaux.
Claire, rassurée reprit.
— Je voulais dire que le plus simple était que Muriel nous prenne toutes les trois ici.
Elle expliqua .
— Margaux et moi, nous allons passer les vacances de fin d'année chez mes parents à Montluçon. Nos affaires seront préparées à l'avance et à notre retour du ”spécial Margaux ” (j'aime bien l'idée) nous repartirons immédiatement pour Montluçon.
— Vous comptiez peut-être partir dès le samedi et on va vous en empêcher.
— Ça n'a pas beaucoup d'importance. Nous ferons un petit saut à la piscine et nous nous avancerons dans notre travail à Clermont-Ferrand au lieu de le faire à Montluçon. De toute façons, ce week-end-là, mes parents seront absents. Ils assistent à un congrès à Nantes.
— Vous comptiez peut-être partir dès le samedi et on va vous en empêcher.
— Ça n'a pas beaucoup d'importance. Nous ferons un petit saut à la piscine et nous nous avancerons dans notre travail à Clermont-Ferrand au lieu de le faire à Montluçon. De toute façons, ce week-end-là, mes parents seront absents. Ils assistent à un congrès à Nantes.
Le sujet étant épuisé, elles étaient sur le point de se séparer lorsque Margaux posa une question qui la turlupinait depuis quelques minutes.
— Mais, pourquoi on ne prend pas ta Mercedes, Tante Alice ? Elle est pourtant super confortable.
— Parce-que Muriel vient de toucher sa nouvelle BMW et qu'elle veut faire la fière avec.
— Parce-que Muriel vient de toucher sa nouvelle BMW et qu'elle veut faire la fière avec.
Muriel éclata de nouveau de rire. Elle avait l'air particulièrement en forme.
— La vérité, c'est qu'Alice a perdu tous ses points de permis de conduire. Elle est obligée de suivre un stage et de repasser le code. Sa voiture est très confortable mais, en attendant, elle dort dans son garage. La voiture, pas Alice.
— Eh bien, dis donc ! qu'est-ce que tu as fait pour perdre tous tes points, tante Alice ?
— Juste un stationnement dangereux.
— Ça a suffi pour perdre tous tes points ?
— Eh bien, dis donc ! qu'est-ce que tu as fait pour perdre tous tes points, tante Alice ?
— Juste un stationnement dangereux.
— Ça a suffi pour perdre tous tes points ?
Alice se contenta de grogner, mais Muriel se fit un plaisir de préciser.
— Ça a suffi pour qu'elle perde les deux malheureux petits points qui lui restaient. Il faut dire que depuis des années, elle jongle avec ses points, en en perdant deux par ci et en en récupérant trois par là. Elle semble considérer que les points sont en quelques sorte une réserve dans laquelle on puise quand on a du mal à se garer ou qu'on est pressé parce qu'on est en retard. Comme elle est coutumière de ce genre de petites infractions, elle finit forcément par se faire verbaliser. C'est pour ça que c'est moi qui vais être obligée de faire le chauffeur, ce dont je suis ravie car ça va me permettre de frimer avec ma nouvelle et superbe voiture.
Au moment de partir, Alice aperçut la petite robe bleue sur le dossier de la chaise. Elle s'en empara aussitôt.
— Oh là, là ! Elle a besoin d'un bon nettoyage, cette robe. Je vais l'apporter demain chez le teinturier. Ne t'en fais pas. Tu l'auras d'ici vendredi.
— C'est très gentil, tante Alice, je crois que je la garderai propre pour le vingt de toute façon.
— C'est très gentil, tante Alice, je crois que je la garderai propre pour le vingt de toute façon.
Avant de se retirer, les deux vieilles dames les embrassèrent affectueusement. Muriel, manifestement séduite par Claire, la serra légèrement dans ses bras. Margaux ferma la porte pendant qu'elles s'éloignaient. Elle n'entendit pas Alice qui interpellait son amie d'un ton outré.
— Tu peux m'expliquer ce qui s'est passé tout à l'heure ?
— À quel sujet ?
— Tu le sais très bien ! Je te parle de Claire, le binôme de Margaux.
— Il y a un problème ?
— On n'a jamais parlé de l'inviter !
— Tu ne veux pas l'inviter ?
— Je n'ai pas dit ça ! De toutes les façons, c'est trop tard pour changer d'avis. Mais tu aurais pu m'en parler avant. Au moins, je n'aurais pas eu l'air d'une imbécile.
— Ça t'ennuie à ce point qu'elle vienne ?
— Mais non !
— Parce que si ça te pose un problème, c'est moi qui paierai son repas.
— Le problème, ce n'est pas qu'elle vienne. C'est que nous n'en avions jamais parlé auparavant.
— Eh bien oui ! Ça m'est venu comme ça ! Je sais qu'elles s'entendent très bien car Margaux m'en a parlé quand elle est venue me voir. Heureusement qu'elle a trouvé une amie de son âge car je pense que ça lui fait beaucoup de bien. Alors, ça m'a paru naturel d'inviter Claire elle aussi.
— C'est vrai qu'elles ont l'air de très bien s'entendre.
— C'était tout de même difficile de ne pas inviter Claire alors que Margaux est invitée à Montluçon chez les parents de celle-ci pour les vacances de fin d'année.
— C'est vrai ! Tu as raison ! … Comme d'habitude ! … tu sais que tu es parfois agaçante ?
— Et puis, il y a une autre raison.
— Laquelle ?
— Je m'intéresse beaucoup à Claire et je voudrais mieux la connaître.
— Là, il va falloir que tu me racontes ça !
— À quel sujet ?
— Tu le sais très bien ! Je te parle de Claire, le binôme de Margaux.
— Il y a un problème ?
— On n'a jamais parlé de l'inviter !
— Tu ne veux pas l'inviter ?
— Je n'ai pas dit ça ! De toutes les façons, c'est trop tard pour changer d'avis. Mais tu aurais pu m'en parler avant. Au moins, je n'aurais pas eu l'air d'une imbécile.
— Ça t'ennuie à ce point qu'elle vienne ?
— Mais non !
— Parce que si ça te pose un problème, c'est moi qui paierai son repas.
— Le problème, ce n'est pas qu'elle vienne. C'est que nous n'en avions jamais parlé auparavant.
— Eh bien oui ! Ça m'est venu comme ça ! Je sais qu'elles s'entendent très bien car Margaux m'en a parlé quand elle est venue me voir. Heureusement qu'elle a trouvé une amie de son âge car je pense que ça lui fait beaucoup de bien. Alors, ça m'a paru naturel d'inviter Claire elle aussi.
— C'est vrai qu'elles ont l'air de très bien s'entendre.
— C'était tout de même difficile de ne pas inviter Claire alors que Margaux est invitée à Montluçon chez les parents de celle-ci pour les vacances de fin d'année.
— C'est vrai ! Tu as raison ! … Comme d'habitude ! … tu sais que tu es parfois agaçante ?
— Et puis, il y a une autre raison.
— Laquelle ?
— Je m'intéresse beaucoup à Claire et je voudrais mieux la connaître.
— Là, il va falloir que tu me racontes ça !
*****
De son côté, Claire était un peu perdue.
— Je n'ai pas bien compris qui était cette Muriel que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam mais qui semble, elle, me connaître et m'apprécier. Toi, tu as l'air de parfaitement la connaitre et même tu la tutoies, mais tu ne m'en as jamais parlé.
— Muriel est la meilleure amie de ma tante Alice. Elles sont amies d'enfance. Chaque fois que j'ai été invitée par Tante Alice, elle était présente. C'est pour ça que je commence à bien la connaitre. Si elle a semblé te connaitre, c'est que je lui ai montré une photo de toi quand je suis allée lui demander conseil à propos des sentiments que j'éprouvais à ton égard. C'est elle la psy que je suis allée voir. Je crois que tu lui as fait une forte impression quand elle a vu ta photo. Elle avait l'air fascinée.
— En tout cas, je trouve qu'elle a beaucoup de classe.
— Muriel est la meilleure amie de ma tante Alice. Elles sont amies d'enfance. Chaque fois que j'ai été invitée par Tante Alice, elle était présente. C'est pour ça que je commence à bien la connaitre. Si elle a semblé te connaitre, c'est que je lui ai montré une photo de toi quand je suis allée lui demander conseil à propos des sentiments que j'éprouvais à ton égard. C'est elle la psy que je suis allée voir. Je crois que tu lui as fait une forte impression quand elle a vu ta photo. Elle avait l'air fascinée.
— En tout cas, je trouve qu'elle a beaucoup de classe.
Pour Alice et Muriel, la soirée n'était pas encore terminée. Pour les deux jeunes filles, par contre, elle l'était car elles tombaient toutes les deux de sommeil. Il commençait à être tard et une nouvelle semaine de travail les attendait dès le lendemain à la première heure. Le planning des cours pour la prochaine quinzaine était particulièrement chargé. Heureusement, elles pourraient ensuite souffler un peu pendant les vacances de fin d'année.
Elles avaient déjà prévu comment elles organiseraient leur temps. Le matin, grasse matinée puis piscine ou jogging ou simple promenade selon l'humeur de Margaux et le temps qu'il ferait. Une après-midi studieuse consacrée aux révisions. Enfin, une soirée tranquille en famille avec les parents de Claire. Elles comptaient se coucher tôt sauf pour la veillée de Noël et la célébration de leurs fiançailles puis pour le réveillon du nouvel an qu'elles fêteraient en boîte en compagnie de David, le frère de Claire, et de sa compagne Laura, venus spécialement pour l'occasion comme l'année précédente.
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