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✦ unzeste85 Si jolie XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Lesbiennes Orientation principale dans ce chapitre

Si jolie — Chapitre 15

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unzeste85
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Si jolie

Chapitre 15

L'ambiance festive qui avait régné pendant l'été grâce à la quasi disparition de la pandémie en France disparut rapidement lorsqu'apparurent les premiers signes de reprise de celle-ci. Les quatre occupantes de la villa décidèrent de se réunir afin de définir une organisation qui leur donnerait les meilleures chances d'échapper à la contamination tout en essayant de vivre le plus normalement possible. Naturellement, ce fut Claire qui d'emblée mena les débats.
— Bien ! Il faut que nous organisions notre journée à toutes les quatre de façon à la fois conviviale et prudente. Pour cela, nous allons devoir définir des règles que nous devrons suivre impérativement.
Margaux éclata de rire.
— Tu as raté ta vocation. Tu devrais faire l'armée.
— Garrrrde à vous ! Repos ! Et silence dans les rangs ! Plus sérieusement, si nous ne voulons pas nous crêper le chignon,…
— Il ne faut pas porter de chignon !
— Ah , ah! … très drôle ! … Puis-je continuer ? … Merci beaucoup ! Si nous voulons éviter les conflits, il faut que chacune d'entre nous sache comment se comporter pour disposer d'un maximum de confort sans craindre de gêner les autres ou de leur faire courir un risque ni d'en courir soi-même.
— En ce qui nous concerne, intervint Alice, nous avons décidé avec Muriel que si les choses s'aggravent, nous ne sortirons plus du tout, qu'il y ait confinement ou pas.
— Je ne suis pas certaine qu'il faille être aussi radicale mais c'est vous qui voyez. Cela dit, ce qui est le plus important c'est de définir ce que vous devrez faire en rentrant si vous êtes amenées à sortir. Commençons par définir qui a le droit d'entrer dans la villa en dehors de nous, évidemment.
— Police, pompiers, Samu, médecins, infirmières.
— D'accord ! On supposera qu'ils prennent les précautions nécessaires.
— La femme de ménage.
— Oui mais à condition qu'elle porte un masque et utilise le gel hydroalcoolique. On pourra lui fournir le masque ?
— Oui. Et pour le gel ?
— On en mettra sur une console dans l'entrée. Elle servira aussi pour des urgences du type plombier.
— Ainsi que pour les livreurs.
— Ah non ! Les livreurs restent dehors. On ne sait pas où ils sont passés avant. Ils posent les livraisons dans le jardin.
— Et s'il pleut ?
— Le perron est protégé de la pluie.
— Et si c'est trop gros ?
— Et si c'est un camion ou un avion ou une fusée pour aller sur la lune ? Si c'est gros on s'organisera au coup par coup. On essaye de définir des règles générales valables la plupart du temps.
— Tu as oublié de mettre ton képi.
— Oui, bon ! excusez-moi !
— Ne t'excuse pas, ma douce, tu fais ça très bien. Simplement, n'oublie pas que tu parles à des adultes sains d'esprit.
— D'accord ! Je peux continuer ?
— Nous sommes toutes ouïes.
— Autres précautions : Nettoyer après chaque passage les poignées du portail et de la porte d'entrée avec des lingettes qu'on jette ensuite. Il faudra donc une poubelle pour jeter lingettes et masques après utilisation.
— On change de masque à chaque fois qu'on sort?
— Si on n'a croisé personne de près et qu'on n'a pénétré dans aucun lieu fermé, on peut le réutiliser plusieurs fois, je pense. Il faut évaluer le risque.
— La poubelle, on la met à l'extérieur, je suppose.
— Ça serait mieux, à mon avis. De même pour l'entrée du second.
— Je pensais qu'on allait la condamner.
— Ça, ce sera notre entrée à Margaux et à moi. On risque d'être parfois obligées d'aller à la faculté de médecine pour des travaux dirigés et les travaux pratiques. Les stages, on ne sait pas encore s'il y en aura. A la fac, on croisera forcément du monde. On prendra le maximum de précautions mais on ne pourra pas éviter certains risques, même avec des masques. On rentrera par derrière et on passera d'abord par l'ancienne chambre de Margaux pour se laver le visage et les bras et se changer.
Ses trois interlocutrices approuvèrent. Elle avait pensé à tout. Encore faudrait-il qu'elles soient capables de respecter cette organisation quasi militaire.
— Maintenant, il va falloir qu'on décide comment on va s'organiser pour vivre en harmonie quand on sera ensemble toute la journée et que nous, on voudra travailler pendant que vous voudrez vous distraire.
— Oui mais, pour le moment, j'entends ton téléphone qui sonne. C'est peut-être important.
— Zut ! Je l'ai oublié dans la chambre. Excusez-moi, je reviens.
Claire partit en courant sous le regard béat de ses trois interlocutrices.
— Il faut reconnaître qu'elle est bluffante, remarqua Alice. Elle a déjà tout prévu.
Muriel afficha un petit air satisfait.
— Ravie que tu t'en rendes enfin compte.
— Mais je n'ai jamais douté de ses qualités.
— Oui, mais moi, je les ai tout de suite remarquées.
— Je te ferai observer que tu n'y es pas pour grand-chose.
— Pas plus que toi pour Margaux.
— Je m'excuse de vous interrompre, intervint Margaux, peut-être que je dérange ?
— Avoue que tu as eu du nez en la choisissant comme binôme.
— Tu sais, ce n'est pas moi qui l'ai choisie, c'est elle qui me l'a proposé. Ensuite, si j'ai accepté, ce n'est pas parce-que j'appréciais ses qualités intellectuelles mais parce-que je commençais déjà à être amoureuse. Je n'ai pas eu du nez mais de la chance.
Au moment où Margaux allait enchaîner, elle fut interrompue par un bruit sourd provenant de l'étage …‘'BADABOUM !''… . Elle réagit instantanément et se précipita dans l'escalier en hurlant.
— CLAIRE !!!
En arrivant dans la chambre, elle aperçut la jeune fille recroquevillée près de sa table de nuit à moitié renversée. Elle était blessée au front et semblait inconsciente. Margaux se jeta sur elle en pleurant.
— Claire ! Mon amour ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
Muriel, qui l'avait suivie de près, examina rapidement la blessure.
— Ça n'a pas l'air d'être grave. Elle a dû se cogner en tombant.
Claire ouvrit les yeux et les regarda d'un air incertain.
— Je suis tombée ?
Puis, elle regarda Alice qui s'était emparée du téléphone où l'on pouvait entendre la voix d'un homme répétant inlassablement :
— Allo ? Allo ?
Alors, elle fondit en larmes.
— Maman ! Maman ! Ma pauvre Maman ! Mon dieu !Mais qu'est-ce qui s'est passé ? qu'est-ce qui est arrivé?
Alice prit l'initiative de répondre au téléphone.
— Allo ?
— Ah ! Enfin ! Où est Claire ? Je l'avais au téléphone.
— Elle a eu un malaise.
— Ça n'est vraiment pas le moment !
— Pourquoi ? Vous croyez qu'elle l'a fait exprès ?
Claire ravala ses larmes tant bien que mal et tendit la main pour qu'Alice lui passe le téléphone.
— Allo papa ? Excuse-moi ! J'ai fait un petit malaise mais ça va. Oh, mon pauvre papa ! Qu'est-ce qui s'est passé ?
— Un accident de voiture. Ta mère est morte sur le coup.
— Mais, ça s'est passé où ?
— A Prague sur la route venant de l'aéroport. Laura aussi est morte. Seul David a survécu mais il est grièvement blessé.
— Oh mon dieu ! mais alors, et Gwendoline ? Et le bébé ? Qu'est devenu le bébé ?
— Non, le bébé n'a rien. Il était chez la nounou.
— Et toi ? Tu n'as rien ?
— Je n' étais pas à Prague. J'étais à Montluçon.
— Mon pauvre papa ! Je suis anéantie. Mais je suppose que tu vas avoir besoin d'aide ?
— Oui, ma chérie. J'ai besoin de toi. Je ne vais pas pouvoir m'en sortir tout seul.
— Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
— D'abord, il faut que tu ailles à Montluçon pour annuler tous les rendez-vous de ta mère. Il faut mettre une affichette sur le portail. Il faut aussi remettre tous mes rendez-vous. Moi, je suis à Prague. Je n'ai pas eu le temps de le faire. Il faut aussi que tu prennes contact avec les pompes funèbres. Tu choisis la prestation et tu demandes un devis. Tu leur dis que je me mettrai d'accord avec eux pour choisir la date dès qu'il sera possible d'en choisir une. Pour l'instant, je ne sais ni quand, ni comment je vais pouvoir faire rapatrier le corps de ta maman.
— C'est tout ?
— Oh non, ce n'est pas tout ! Ensuite, tu te ramènes dare-dare à Prague et tu t'occupes de récupérer ta filleule. La nounou m'a fait comprendre qu'elle ne voulait pas la garder plus longtemps la nuit. Je lui ai promis qu'on récupérerait Gwendoline samedi.
— Très bien ! Je te tiens au courant.
— Merci, ma Claire chérie ! Je savais que je pourrais compter sur toi.
— Je ne te laisserai jamais tomber, mon papa.
— Je t'aime.
— Moi aussi. Je te rappelle dès que je me suis organisée.
Claire raccrocha. Elle avait parlé d'un ton calme et affectueux mais elle était blême et ses mains tremblaient. Elle regarda autour d'elle d'un air égaré puis, les yeux dans le vide, s'adressa à la cantonade d'un ton qu'elle voulait convaincant mais qui n'était pas vraiment convaincu.
— Voilà comment je vois les choses : Demain matin, je pars à la première heure et je vais à … Montluçon … Oui, c'est ça, à Montluçon. Je m'occupe des rendez-vous de maman et de papa et… et ensuite je vais aux pompes funèbres. Quand j'ai fini … je … je pars pour Prague. En roulant tout l'après-midi et la nuit avec des haltes pour dormir un peu et avec du café et de la vitamine C, je dois pouvoir être à Prague samedi au petit matin. Je passe la journée à aider papa et je récupère Gwendoline. samedi soir, je repars sans me presser. Je devrais pouvoir être de retour dimanche en début d'après-midi.
Margaux qui l'avait écoutée sans rien dire explosa.
— C'est de la folie !
— Oh ma chérie ! (La voix de Claire s'était mise à trembloter.) Ne me crie pas après. Je fais ce que je peux mais je n'ai pas le choix.
Margaux reprit doucement.
— Pardonne-moi, ma douce mais il est hors de question que tu fasses ça toute seule. Je viens avec toi. On se relayera pour conduire et au retour on ne sera pas trop de deux parce qu'on devra aussi s'occuper du bébé.
C'est alors qu'une voix douce de Muriel les interrompit. Elle les regardait tendrement.
— Je crois que vous ne réalisez pas que nous sommes concernées toutes les quatre de manière directe ou indirecte par cet épouvantable drame. D'abord, il est peut-être inutile que nous t'adressions nos condoléances, ma chérie, mais sache que nous sommes très malheureuses de ce qui vous arrive à ta famille et à toi.
— Je vous remercie, murmura Claire, de nouveau au bord des larmes.
— Mais, comme je viens de le dire, Alice et moi, nous sommes concernées. D'abord, le bébé va atterrir chez nous d'ici dimanche soir et il faut mettre en place un minimum de choses pour l'accueillir. Ensuite, je vous vois mal faire deux mille cinq cents kilomètres, dont la moitié avec un bébé, en trois jours avec une Fiat 500. Il faut donc que vous preniez la BMW. Seulement, en cas de contrôle routier, si je ne suis pas avec vous, vous risquez d'être embêtées, surtout compte tenu de votre âge. Et puis, vous aurez des dépenses prévues ou imprévues et moi, j'ai toujours ma carte gold qui me permet de payer n'importe où en Europe, y compris dans des pays qui ne sont pas passés à l'euro. De toutes façons, ça n'est certainement pas à vous de payer quoi que ce soit. Enfin, pour un si long trajet et compte tenu de la présence d'un bébé au retour, nous ne serons pas trop de trois. Il ne s'agit pas que nous ayons nous aussi un accident.
Claire eut un pauvre petit sourire.
— Je crois que, pour cette fois, je vais te laisser prendre la direction des opérations.
— Alors, si vous me faites confiance, voilà ce que je propose : Alice, ma chérie, toi tu restes ici et tu organises mon ancienne chambre pour qu'elle puisse accueillir un bébé. Nous trois, nous partons ensemble demain matin de bonne heure. Nous déposons Margaux chez les parents de Claire où elle s'occupe d'annuler les rendez-vous et de poser les affichettes. Pendant ce temps-là, nous nous rendons aux pompes funèbres où nous traitons le problème des obsèques de la maman de Claire. Cela veut dire choisir la prestation, obtenir un devis, le faire valider au téléphone par son papa et payer un acompte. Je ferai l'avance.
Elle hésita un peu avant de demander à Claire.
— Et pour la compagne de ton frère ?
— Aucune idée.
— Elle a encore ses parents ?
— A mon avis, il n'y a que David qui doit savoir. Ou peut-être papa.
— De toute façons, c'est Gwendoline qui hérite de tout donc les frais d'obsèques seront pris sur le compte de sa maman. Mais , ça ne nous dit pas qui doit s'occuper des obsèques. Ça ne pourra pas être David.
— J'ai entendu dire que si on ne trouve pas rapidement un héritier pour s'en occuper, c'est la commune d'habitation qui doit le faire.
— Sauf qu'elle n'habite plus en France.
— Dans ce cas, ça doit sûrement être le consulat.
— De toute façon, on n'en sait rien donc on ne s'en occupe pas. Quand on en aura fini avec les pompes funèbres, on passe chercher Margaux et on va faire les courses.
— On ne peut pas, tout simplement, acheter des sandwichs sur le trajet ?
— Pas pour nous mais pour le bébé. Il nous faut du lait en poudre maternisé, des petits pots, deux ou trois biberons avec le produit pour les laver et celui pour les stériliser, un chauffe-biberon, un sac de couches ou deux, des sacs poubelles, du coton, de l'éosine, du mixa bébé, du sérum physiologique, des cotons tige et … j'en oublie certainement. Ah oui ! Deux ou trois packs d'Évian. Ça fera peut-être doublon avec ce qu'on pourra récupérer là-bas mais il vaut mieux prendre nos précautions.
— Heureusement qu'il y a un grand coffre.
— Tu comprends, maintenant pourquoi la Fiat ne serait pas indiquée ? Voyager avec un bébé, c'est toujours une expédition.
— Ensuite, direction Prague ?
— Tout à fait ! Il y a une seconde raison pour laquelle la BMW est plus indiquée que la Fiat : la vitesse. Il nous faut trouver un motel sur l'autoroute en Allemagne mais proche de la frontière avec la République Tchèque. En roulant à cent trente sur l'autoroute en France et à cent soixante en Allemagne, il y a moyen d'atteindre le motel assez tôt pour y passer la nuit. Le lendemain matin, on repart pour Prague. Si on arrive à partir, disons vers sept heures, on peut être à Prague vers dix ou onze heures selon la distance qu'il nous restera à parcourir. Si on repart de Prague en fin d'après-midi, on peut passer une nouvelle nuit au motel.
Elle reprit sa respiration et réfléchit quelques secondes avant de continuer, moins sûre d'elle.
— Dimanche, il ne faut pas compter aller aussi vite au retour qu'à l'aller. D'abord, rouler à cent soixante avec un bébé à bord qui va brailler la moitié du temps parce qu'il veut son biberon, qu'il a besoin d'être changé, ou qu'il est tout simplement perturbé par un environnement auquel il n'est pas habitué, n'est pas franchement indiqué. Ensuite, justement, il faudra qu'on s'arrête régulièrement pour le bébé et à chaque fois, ça risque de prendre du temps. Aucune d'entre nous ne s'est déjà occupée d'un bébé. Et puis, même si nous passons une bonne nuit, on ne sera pas très en forme. Je pense qu'il ne faut pas espérer arriver à Clermont-Ferrand avant dix heures du soir même en partant tôt le matin. Donc il est inutile de faire des prévisions sur l'heure de notre retour.
— En fait, fit remarquer Margaux, tout dépend de la possibilité de trouver un motel en Allemagne mais pas trop loin de la frontière Tchèque. Mais pourquoi pas un motel en République Tchèque ?
— Plus le motel sera près de Prague, plus il sera difficile d'y arriver à une heure décente. Plus il en sera loin, moins longtemps nous pourrons rester à Prague. L'idéal serait de trouver quelque chose qui soit entre deux cent cinquante et trois cent kilomètres de Prague. En plus, j'ai plus confiance en la qualité de l'hébergement en Allemagne. Tu peux essayer de trouver un motel sur ou près de l'autoroute sur ton ordinateur ? Moi, je ne saurais pas faire ça.
Margaux redescendit au rez-de-chaussée où elle s'affaira devant son ordinateur et passa quelques coups de fil avant de remonter et d'annoncer :
— J'ai trouvé un motel sur l'autoroute. Il est à quatre cent cinquante kilomètres de Prague ce qui, au dire de mon interlocuteur, représente à peu près quatre heures de trajet. On ne peut pas réserver pour demain soir parce-que c'est trop tard pour réserver à distance mais ils auront des chambres libres. Par contre, pour samedi soir on pourra réserver sur place. Ils n'ont que des chambres pour deux. Le tarif est par chambre, pas par personne. On devra prendre deux chambres. Paiement à l'arrivée. A mon avis, ils sont sérieux. Ils ne parlent pas le français mais parlent très bien l'anglais.
— Alors, c'est un problème réglé. Il ne reste plus qu'à téléphoner au papa de Claire pour le tenir au courant en lui précisant que j'avance les frais engagés et qu'on règlera tout ça plus tard.
Claire, était manifestement ailleurs. Il valait mieux ne pas compter sur elle. Margaux trancha.
— Je m'en occupe !
Elle téléphona aussitôt à Jérôme Lefront en utilisant cette fois la ligne fixe.
— Jérôme ? C'est Margaux !
— Bonjour, Margaux ! Je suppose que tu es au courant de ce qui se passe ?
— Oui. Nous sommes toutes très tristes de ce qui est arrivé et nous vous faisons plein de baisers à David et à toi.
— C'est gentil.
— Je te téléphone pour de tenir au courant de ce que nous comptons faire.
— Je pensais que ce serait Claire.
— Claire est un peu K.O. pour l'instant. On s'occupe de tout avec Muriel.
— Elle est au courant ?
— Bien sûr. Elle va venir avec nous pour nous aider. Ma mamie reste préparer une chambre pour accueillir le bébé. C'est plus facile quand on est plusieurs.
— Vous avez besoin de quelque chose ? Une réservation d'hôtel, peut-être ?
— Non, non ! tout est réglé de notre côté. Demain matin on est à Montluçon. Je m'occupe des annulations de rendez-vous et des affichettes pendant que Claire et Muriel vont voir les pompes funèbres. Elles auront besoin de t'avoir au téléphone pour valider le devis. On sera à Prague samedi en milieu de matinée. On dormira en chemin. Il faudra que tu nous précises où on doit récupérer Gwendoline.
— Vous la récupérerez au consulat. Il y a des formalités pour que vous puissiez l'emmener. Comme David ne peut pas prendre de décision et que Laura est morte, il faut qu'en tant que père de David je vous mandate pour prendre Gwendoline en charge et la ramener en France. Le matin on remplira tous les papiers et l'après-midi on récupérera les papiers visés par les services consulaires et vous autorisant à ramener Gwendoline en France.
— Ça ira très bien ! On avait prévu de repartir en fin d'après-midi et de dormir en chemin. On sera à Clermont-Ferrand dimanche en fin de soirée. Au fait, Muriel te fait dire qu'elle avance les frais et que vous verrez ça ensemble plus tard.
— Tu la remercieras de ma part mais je lui ferai un chèque samedi.
— Vous verrez ça ensemble.
Le lendemain matin, au moment du départ, Margaux se proposa pour conduire. Ce fut donc elle qui prit le volant de la BMW. Le résultat ne fut guère concluant. Conductrice novice, la jeune fille était impressionnée par la puissance de la voiture et ne put se résoudre à dépasser la vitesse de cent dix kilomètres à l'heure. Ça n'était pas très grave sur la courte distance qui séparait Clermont-Ferrand de Montluçon mais c'était insuffisant pour espérer arriver à une heure décente au motel où elles devaient dormir.
Un peu avant neuf heures, elles arrivèrent devant la maison des Lefront. Margaux en descendit et pénétra dans le jardin tandis que la voiture repartait avec Claire au volant. Il lui fallut en premier lieu se débarrasser poliment des premiers patients de la journée qui étaient déjà arrivés et patientaient devant la porte fermée de la villa. Elle se dépêcha ensuite de pénétrer dans la villa et de fermer la porte derrière elle. Si de nouveaux patients arrivaient, ils devraient attendre qu'elle ait terminé de fabriquer les affichettes destinées à la porte d'entrée de la villa et au portail du jardin. Normalement celui-ci aurait dû être fermé mais, soit une minuterie l'ouvrait automatiquement en début de journée, soit Jérôme Lefront avait oublié de le fermer en partant.
Quand elle eut terminé les affichettes, elle sortit et alla les fixer sur le portail et la porte d'entrée du jardin à l'aide de quelques morceaux de scotch. Comme elle ignorait s'il serait possible de verrouiller le portail, elle fixa aussi une affichette sur la porte d'entrée de la maison. Elle contempla le résultat d'un œil critique. Il fallait espérer qu'il ne pleuvrait pas.
Il lui fallait maintenant s'occuper du téléphone. Elle alla s'installer dans le bureau de Jérôme Lefront. Il ne serait peut-être pas ravi qu'on dérange ses affaires mais, aller dans celui de son épouse était au-dessus de ses forces. L'ambiance était déjà suffisamment funèbre dans cette villa déserte et silencieuse pour ne pas en rajouter en allant s'installer dans le bureau d'une morte. Jérôme allait déguster quand il serait de retour à Montluçon et se retrouverait tout seul dans cette grande maison pleine de souvenirs.
Elle décida tout d'abord d'enregistrer un nouveau message sur les répondeurs téléphoniques du couple. Il lui faudrait tout de même aller dans le bureau de Julie Lefront pour le faire. Elle constata avec satisfaction que le papa de Claire l'avait déjà fait. Elle se contenta donc de vérifier avec son smartphone que les appels aboutissaient bien sur les deux répondeurs. Il restait le plus gros, c'est à dire les rendez-vous pris avant que Jérôme ait enregistré les messages. Pour les rendez-vous de Julie Lefront, c'était malheureusement simple : Il fallait tout annuler. Pour Jérôme, par contre, c'était plus compliqué car cela dépendait de la date à laquelle le cabinet rouvrirait. Elle décida de l'appeler pour lui demander conseil.
— Jérôme ? C'est Margaux ! Tu tiens le coup ?
— J'essaye. Ça n'est pas facile.
— Tu as des nouvelles de David ?
— Il est sorti du coma.
— C'est bon signe, je suppose ?
— C'est un progrès. Malheureusement, on n'est pas sûr qu'il remarchera un jour. Tu m'appelais pour qu'elle raison ?
— Je suis à Montluçon. J'ai collé les affichettes.
— Tu as pensé à les protéger ?
— Ben non. Je n'avais rien sous la main. J'ai juste mis du scotch.
— Va voir dans mon bureau. Dans l'armoire, tu trouveras des articles de papèterie. Il y a des punaises er des pochettes en plastique transparentes au format A4.
— D'accord ,mais je te téléphonais pour autre chose. Je me prépare à téléphoner aux patients pour annuler les rendez-vous. Jusqu'à quelle date je dois annuler les tiens ?
— J'avoue que je n'ai pas eu le temps d'y réfléchir. Je ne veux pas laisser David tout seul à Prague. Je pense qu'il ne sera pas transportable avant une dizaine de jours.
— Alors voilà ce que je te propose : Pour l'instant, j'annule tous tes rendez-vous de cette semaine et de la suivante. Je photocopie les rendez-vous des autres semaines et je garde les photocopies avec moi. Ensuite, je te contacte régulièrement pour qu'on se mette d'accord sur les nouveaux rendez-vous à annuler et je fais ça depuis Clermont-Ferrand. Pour les rendez-vous de la maman de Claire, j'annule le maximum de rendez-vous aujourd'hui en commençant par les plus proches et, si je n'ai pas fini, je fais aussi des photocopies.
— Non ! Ne t'embête pas à faire des photocopies. Emmène carrément nos deux agendas avec toi.
— D'accord ! On fait comme ça. Bon ! Je vais te laisser parce-que j'ai du pain sur la planche. Tu devrais recevoir bientôt un coup de fil de Claire à propos de l'organisation des obsèques.
— Merci pour tout, ma chérie. Claire et toi, vous êtes deux amours.
— Je t'embrasse très, très fort.
Margaux commença par annuler tous les rendez-vous de la semaine des deux médecins. Elle perdit du temps à devoir expliquer le pourquoi des annulations et pourquoi elle ne pouvait enregistrer d'autres rendez-vous. Elle ne pouvait faire mieux, aussi elle prépara un discours standard afin de perdre le moins de temps possible. Elle risquait d'indisposer quelques patients et dramatisa donc au maximum sa présentation qu'elle termina en ajoutant qu'elle travaillait bénévolement et était complètement surchargée de travail eu égard au nombre incalculable de rendez-vous à annuler. Elle arriva ainsi à décourager d'avance toute tentative de dialogue, ce qui lui permit de travailler à la chaîne.
En arrivant à l'agence de pompes funèbres, Muriel fut bien obligée de constater que Claire se comportait comme un véritable zombie. La malheureuse arrivait à faire bonne figure lorsqu'elle parvenait à oublier le drame épouvantable qui s'était abattu sur sa famille mais dans le cas présent, s'occuper activement des obsèques de sa mère était au-dessus de ses forces. Ce fut donc Muriel qui mena l'entretien avec le responsable de l'agence. Elle se contenta de présenter Claire en faisant comprendre à demi-mots à son interlocuteur que la jeune fille n'était pas en état de régler elle-même les détails de l'enterrement. Claire se contenta donc d'approuver les choix qui lui étaient proposés par Muriel. Elle réussit néanmoins à téléphoner à son père pour lui faire valider ces choix. Jérôme Lefront accepta tout sans discussion.
Compte tenu des problèmes qu'il avait lui-même à résoudre, il préférait lui faire confiance plutôt que de s'embarquer dans des discussions qui leur feraient tous perdre leur temps à tous les deux. Ce fut donc en définitive Muriel qui décida de la façon dont seraient traitées les obsèques d'une personne qu'elle n'avait jamais vue de sa vie.
Lorsque Claire et Muriel revinrent de la société des pompes funèbres, Margaux avait réussi à annuler tous les rendez-vous de Jérôme qui devaient l'être ou avait au moins laissé un message sur les numéros des personnes qu'elle n'avait pu contacter. Elle avait aussi réussi à annuler les rendez-vous des trois prochaines semaines de Julie Lefront. Le reste, elle aurait largement le temps de le traiter une fois revenue à Clermont-Ferrand. Elle avait aussi réussi en s'arrêtant cinq minutes de téléphoner, à préparer une pleine cafetière de café noir soit deux bons litres du liquide bien chaud qui attendait d'être versé dans deux grands thermos que Claire dénicha dans le cellier et dont elle ébouillanta d'abord l'intérieur.
Après que Claire eut verrouillé les portes de la Villa et du Jardin, nos trois héroïnes se rendirent au centre commercial où elles remplirent le coffre de la voiture avec tout ce qui était nécessaire pour leur voyage et le confort du bébé. Elles firent aussi le plein avant de prendre la route en direction de Nuremberg, ville la plus proche du motel où elles devaient passer la nuit. Claire et Muriel expliquèrent gentiment à Margaux, un peu vexée, qu'elle conduisait très bien, certes, mais un peu trop lentement. D'autre part, elle n'avait encore jamais conduit sous la pluie autrement qu'en ville et le ciel était menaçant.
— Du coup, je ne sers pas à grand-chose !
— Rassure-toi ! au retour, c'est toi qui t'occuperas de Gwendoline. Tu regretteras peut-être alors le trajet aller.
Muriel et Claire se mirent d'accord tout de suite sur la répartition des rôles : Muriel, ancienne coureuse de rallye était habituée à conduire à grande vitesse sur de longues distances. C'était donc elle qui conduirait sur la partie allemande du trajet puisque la limite de cent trente kilomètres heures y était seulement conseillée. Claire prit donc le volant jusqu'aux environs de Mulhouse puis elle laissa celui-ci à Muriel à l'occasion d'un arrêt pipi, sandwich et nouveau plein d'essence.
En définitive, le ciel se montra clément et le trajet se passa sans anicroche de sorte qu'aux environs de dix heures du soir, elles se présentaient à la réception du motel. La personne que Margaux avait eu la veille au téléphone l'avait bien renseignée car elles obtinrent aisément deux chambres communicantes au rez-de-chaussée. Comme elles ne savaient pas à quelle heure elles seraient de retour de Prague le lendemain soir, elles réservèrent tout de suite deux nuitées et réglèrent immédiatement la totalité de la note. Cela leur permettrait de conserver les clefs des deux chambres et donc de revenir le lendemain avec Gwendoline sans se soucier de l'heure.
Il était temps qu'elles arrivent car Muriel, qui avait conduit pendant plusieurs heures à des vitesses atteignant parfois les cent soixante kilomètres heures avait grand besoin de récupérer. Margaux, qui n'avait pas eu grand-chose à faire pendant le trajet, était encore relativement en forme mais il n'en était pas de même pour Claire. Ce n'était pas tant à cause des quatre heures de conduite sur la partie française du trajet que le résultat du traumatisme provoqué par la nouvelle du décès de sa mère. Elle avait dû prendre des somnifères la nuit précédente pour arriver à dormir et elle en aurait encore besoin cette nuit et probablement les suivantes.
Le lendemain matin, Margaux fut la première à se réveiller. Elle se leva et alla prendre une douche avant de s'habiller. Elle se rendit ensuite dans la chambre de Muriel et réveilla cette dernière en lui apportant son petit-déjeuner au lit. Il consistait en un jus d'orange, du café noir provenant d'un des deux thermos et qui était encore suffisamment chaud, de quelques tranches de pain de mie et d'un mini pot de miel achetés la veille à Montluçon en même temps que le jus d'orange. Elle retourna ensuite dans la chambre où elle avait dormi en compagnie de Claire et prépara deux petits déjeuners avant de réveiller sa fiancée à grand renfort de baisers. Grâce aux somnifères, Claire avait réussi à dormir mais ils ne lui avaient pas permis d'éviter les cauchemars de sorte que si physiquement elle était reposée, le mental avait du mal à suivre. On pouvait compter sur sa volonté pour être à la hauteur de la situation, mais cette histoire allait certainement laisser des traces.
Au moment de partir, Claire prit d'autorité les clefs de la voiture et alla s'installer au volant confirmant ainsi l'impression qu'avait déjà Margaux : Elle était en train de se construire une sorte de carapace qui lui permettrait de tenir jusqu'à… Jusqu'à quand ? c'était bien le problème et dans quel état se retrouverait-elle lorsque sa carapace tomberait en miettes ? Margaux adressa un regard inquiet à Muriel qui lui retourna un air impuissant en haussant les épaules.
De ses années rallye, Muriel avait gardé l'habitude d'utiliser des cartes routières de nombreux pays. Elle avait ensuite tout naturellement adopté le système de navigation GPS dans sa version Européenne, plus par principe que par nécessité. Elles n'eurent donc aucun problème pour se rendre à l'ambassade de France ou, plus précisément, à l'adresse où se trouvaient les services consulaires, lieu où Jérôme Lefront leur avait donné rendez-vous. Après avoir garé la voiture à quelques dizaines de mètres de l'entrée, elles pénétrèrent dans les locaux du consulat et se présentèrent à l'accueil. L'hôtesse était au courant de leur venue mais ne put leur indiquer où se trouvait Jérôme Lefront. La seule chose qu'elle savait, c'était qu'il n'était pas encore arrivé. Il ne restait plus qu'à patienter.
*****
Une demi-heure plus tard, une femme entre deux âges apparut à l'entrée. Elle portait un couffin dans lequel un bébé agitait ses petits bras en gazouillant. Derrière elle, apparut Jérôme Lefront. Il regarda autour de lui et, remarquant les trois femmes les indiqua à la femme. Elle se dirigea donc vers le trio et voulut tendre le couffin à Claire mais cette dernière, l'ignorant totalement, courut se jeter dans les bras de son père et tous les deux se mirent à sangloter en s'étreignant avec désespoir. Cela ne servait à rien, pour l'instant d'essayer de les consoler. Ils avaient besoin de partager leur peine et leur amour quelques instants avant d'être capables de reprendre contact avec leur environnement.
Ce fut donc Margaux qui récupéra le couffin. Si ce dernier était d'apparence rustique, en revanche, les draps brodés et la couverture de laine avaient dû coûter une petite fortune de même que la combinaison rose dont était revêtue Gwendoline. Cette pauvre Laura avait manifestement beaucoup aimé sa fille. Cette dernière regarda Margaux d'un œil scrutateur puis lui adressa un grand sourire édenté en même temps qu'éclatant. Sans pouvoir expliquer d'où lui venait cette certitude, Margaux comprit alors qu'entre Gwendoline et elle, commençait une merveilleuse histoire d'amour. Elle sortit l'adorable bout de chou de son panier pour la serrer contre elle. Gwendoline réagit avec enthousiasme en lui envoyant son petit poing potelé en plein dans l'œil gauche. Margaux cria de douleur avant d'éclater de rire. Après tout, c'était juste une manière de rompre la glace. Elle se mit à câliner une Gwendoline ravie jusqu'à ce qu'une odeur pestilentielle parvienne à ses narines.
— Ça commence !
Elle regarda fébrilement autour d'elle pour chercher de l'aide. Malheureusement, Claire était toujours avec son père et Muriel était en train de présenter ses condoléances à ce dernier. Il fallait qu'elle se débrouille toute seule. Elle remit précipitamment Gwendoline dans le panier et courut vers l'accueil en portant celui-ci. La jeune femme qui se trouvait là devint verdâtre et lui indiqua fébrilement les toilettes pour femmes.
— Il y a une table à langer ! Dépêchez-vous ! Ça pue !
— Merci beaucoup ! (Je voudrais t'y voir, pétasse !).
Elle se précipita en direction des toilettes mais s'arrêta au bout de quelques pas. Elle n'avait rien pour changer Gwendoline. Elle courut remettre le panier où il était auparavant, déclenchant des cris indignés de la part de l'hôtesse d'accueil et se rua en direction de Jérôme et de ses deux interlocutrices.
— Les clefs !
— Quoi ?
— Les clefs de la bagnole ! Vite !
Elle ressortit du consulat et sprinta vers la BMW stationnée à quelques dizaines de mètres. Elle ouvrit le coffre, s'empara du sac prévu à cet effet et y fourra tout ce qu'elle pût, y compris une boîte de lait et le chauffe biberons. Au retour, elle dût se contenter de trottiner en direction du consulat en portant péniblement le sac rempli à ras-bord. Elle pénétra dans le consulat et se dirigea vers l'endroit où elle avait laissé le couffin : Il n'y était plus.
— Le bébé ! Où est passé le bébé ? Cria t'elle affolée.
— Je l'ai mis dans les toilettes pour femme, répondit avec aigreur l'hôtesse d'accueil. Ça puait vraiment trop !
— Ça ne va pas ? Non ?
Tout en traînant le sac, elle trottina vers les toilettes. Le panier s'y trouvait et Gwendoline y gazouillait en essayant d'enfourner un de ses pieds dans sa bouche. Elle la coucha sur la table à langer puis entreprit de la déshabiller. Quand elle lui retira sa couche, elle ne put que constater les dégâts. Il y en avait un peu partout et une odeur nauséabonde envahit les toilettes. Elle fit comme elle avait eu l'occasion de voir faire sur des sites internet et arriva à s'en sortir à peu près correctement. Elle gaspilla tout de même deux couches avant de comprendre comment on les mettait en place et comment on les faisait tenir après en avoir mis la première à l'envers et la suivante devant derrière.
Quand elle revint dans la grande salle, serrant contre elle de son bras droit une Gwendoline enchantée qui s'était emparée de son nez et essayait de le tordre dans tous les sens, portant le panier dans l'autre main et donnant de grands coups de pieds dans le sac pour le faire avancer, Muriel était assise seule sur une des chaises tandis que Jérôme et Claire avaient disparu.
— Tu as l'air d'avoir réussi à t'en sortir avec Gwendoline.
— Oui, mais un peu d'aide n'aurait pas été de refus.
— Franchement, je ne vois pas ce que j'aurais pu faire pour t'aider. Je n'ai aucune expérience dans ce domaine. D'ailleurs, tu devrais être contente, toi qui te plaignais de te sentir inutile.
Margaux sourit.
— Je crois que je pensais à quelque chose de plus valorisant. Enfin il y a des compensations, rajouta t'elle en contemplant le petit bout de chou qui venait de s'endormir.
— Qu'est-ce qui est arrivé à ton œil ?
— Un excès d'enthousiasme et un réel don pour la boxe chez Gwendoline. Tu crois que mamie voudra bien qu'on s'en occupe ?
— Le contraire m'étonnerait beaucoup. On aura la réponse quand on verra comment elle aura aménagé mon ancienne chambre pour accueillir Gwendoline. Elle est comme ça, notre Alice. Quand elle t'aime, elle te couvre d'attentions et de cadeaux. Regarde la chambre qu'elle t'a offerte.
— Tu veux dire les chambres. La première était petite mais elle l'avait très bien aménagée.
— Et, en plus, elle ne t'a pas fait payer un sou de loyer. Tu sais que la plupart des petits meubles et des bibelots que je possède, c'est elle qui me les a offerts ?
— Sans blagues ? (Pardon !).
— A une époque, je ne pouvais pas admirer un bibelot sans qu'elle veuille me l'offrir. J'ai dû me mettre en colère pour qu'elle arrête. Elle aurait transformé mon appartement en caverne d'Ali baba.
— Parfois, j'ai peur qu'elle se ruine.
— Ne t'en fais pas pour elle. Elle a les pieds sur terre et un grand sens des affaires. Une vraie auvergnate !
— Tu sais où sont passés Claire et Jérôme ?
— On est venu les chercher pour les formalités à remplir pour pouvoir emmener Gwen avec nous. Il faut remplir deux dossiers : le premier permet de confier Gwendoline à ton père étant donné que Laura sa mère est décédée et que ton frère David est incapable de s'occuper d'elle. Le deuxième permet à Jérôme Lefront de déléguer à Claire la responsabilité de Gwendoline pour un temps indéterminé. D'après le papa de Claire, les formalités administratives devraient normalement prendre plusieurs jours mais ils ont accepté, compte tenu des circonstances, de traiter les deux dossiers en même temps en procédure d'urgence. Les deux dossiers seront remplis ce matin et traités cet après-midi.
— Donc, tout va bien en dehors du fait qu'on va passer notre temps à attendre. Désolée !
— Oh, ça n'est pas bien grave. J'ai ma tablette avec quelques jeux et l'île mystérieuse de Jules Vernes. Ça ne sera jamais que la troisième fois que je le lis. Peut-être qu'ils ont le Wi-Fi pour les visiteurs. Et puis, je gage que petite Gwen va m'occuper une partie du temps entre câlins, guiliguilis, biberons et couches à changer. Grands dieux ! Lavoisier a dit ” Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”. Je rajouterais ”et ressort par l'autre bout”. A ce rythme-là, le bébé devrait maigrir et disparaître de la surface du globe en laissant juste une odeur qu'on qualifie habituellement à l'aide d'un mot de cinq lettres. Hein, ma petite Gwendoline ! Tu aurais fait des ravages dans les tranchées en quatorze-dix-huit. Bon ! En attendant, je vais préparer son biberon. Je sens que je vais encore apprendre des tas de choses.
— Il paraît que le lait, parfois, ça ressort aussi par en haut.
— Merci, Muriel ! Ta manière de remonter le moral des gens me va droit au cœur.
Lorsque Claire et son père redescendirent, il était déjà plus de midi. Margaux avait réussi à donner son premier biberon à Gwendoline et avait dû la changer une nouvelle fois. Jérôme Lefront proposa qu'ils aillent manger dans un petit restaurant proche du consulat.
— Après le repas, nous irons à l'hôpital, Claire et moi pour aller voir David. Il peut recevoir de courtes visites et pas plus de deux personnes en même temps.
— On pourra aussi aller voir maman ? J'aurais voulu lui dire un dernier adieu.
— Ça n'est pas envisageable, ma chérie. Les corps de Laura et de ta maman sont vraiment très abîmés. Les visages aussi. Ça ne pourrait que te faire du mal de voir ta maman dans l'état où elle se trouve. Ce n'est pas ainsi que tu dois te souvenir d'elle.
Muriel se proposa de les conduire elle-même à l'hôpital.
— Je vous attendrai dans la voiture.
— Moi, je préfère rester ici avec ma … la petite Gwen intervint Margaux. Elle va faire plus de mille kilomètres en voiture d'ici demain soir alors autant ne pas en rajouter. D'ailleurs, on ne vous accompagne pas au restaurant. De toute façon, je n'ai pas faim.
Claire, son père et Muriel allèrent manger l'équivalent tchèque d'un plat du jour dans le petit restaurant puis, après avoir ramené un sandwich à Margaux se rendirent à l'hôpital. Jérôme Lefront tint à prévenir sa fille.
— David ne sait pas que sa mère est morte. Il n'est pas non plus au courant pour Laura. Je préfère attendre quelques jours avant de le lui annoncer. S'il demande des nouvelles, tu me laisses répondre.
Lorsqu'ils pénétrèrent dans la chambre, David, qui semblait sommeiller, ouvrit les yeux et les reconnut.
— Claire ? Tu as fait tout ce trajet pour venir nous voir ?
Claire se pencha pour embrasser son frère.
— Comment te sens-tu ?
— J'ai un peu mal partout, sauf aux jambes. Il paraît que c'est normal. Et maman et Laura ? Comment elles vont ? Elles ont dû salement déguster. Elles étaient à l'avant, elles.
Jérôme Lefront intervint.
— Oui, elles ont dégusté encore plus que toi. Les médecins ne sont pas très optimistes.
— Elles étaient en train de se disputer.
— A cause de Gwendoline ?
— Évidemment ! C'était inévitable. Gwendoline est chez sa nounou ?
— Non. On a pu la récupérer. Claire va la ramener en France.
— C'est bien ! Maman sera contente. J'espère que Laura comprendra.
Lorsque Margaux vit revenir Claire, elle fut affolée par la mine décomposée de celle-ci. La visite à l'hôpital ne lui avait manifestement fait aucun bien. Depuis le matin, elle prenait sur elle pour ne pas craquer mais ça ne pourrait pas durer éternellement. Claire alla s'asseoir à l'écart et resta sans bouger, les yeux dans le vide. Margaux ne savait pas quoi faire pour lui venir en aide. Presque par réflexe, elle se leva pour aller s'asseoir à côté d'elle et, posant à ses pieds le couffin ou dormait Gwendoline, elle s'empara de sa main, y déposa un baiser et la garda serrée dans la sienne. Claire lui fit un pauvre sourire.
— Tout va bien, dit-elle avant de regarder de nouveau dans le vide, enfermée dans son chagrin.
Elle garda cependant la main de Margaux dans la sienne.
Lorsqu'on vint les chercher, son père et elle pour qu'ils aillent récupérer les documents contrôlés par les services consulaires et les attestations dont ils auraient besoin, elle sursauta puis suivit son père en se composant un visage serein et décidé sous le regard admiratif de ses deux compagnes d'aventure. Quand ils redescendirent, Jérôme Lefront remit à sa fille un exemplaire des deux attestations dont elle avait besoin. La première, indiquait qu'il était chargé par l'administration de la tutelle de sa petite fille et la seconde qu'il déléguait à Claire la garde provisoire de Gwendoline, en précisant l'adresse à laquelle elle devrait demeurer, en l'occurrence la villa d'Alice à Clermont-Ferrand.
— Voilà ! Conclut Jérôme, je crois que tout est réglé. Je suppose que vous avez hâte de repartir. Un voyage fatigant vous attend. Quant à moi, je vais retourner auprès de mon fils.
— Alors, nous prendrons congé les uns des autres à l'hôpital. On vous y déposera en repartant.
— Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour nous aider, Muriel.
— Je ne pouvais pas faire moins pour notre merveilleuse Claire et pour son papa. C'est un vrai bonheur de la côtoyer. Et ce n'est pas Margaux qui dira le contraire.
— Toi aussi, je te remercie, Margaux. Je commence à bien te connaître et je sais que je peux totalement te faire confiance.
— Ne t'en fais surtout pas pour Gwen. Je m'en occuperai comme si c'était ma propre fille.
Lorsqu'après avoir déposé Jérôme devant l'hôpital, Muriel et les deux jeunes femmes prirent le chemin du retour, Claire prit le volant d'autorité.
— Inutile de me traiter comme une impotente. Je suis parfaitement capable de conduire. En plus, ça me changera les idées.
Elle s'était assise au volant et regardait devant elle d'un air farouche, si bien que ni Muriel ni Margaux n'osèrent s'opposer à sa décision. Elles le regrettèrent rapidement. Claire qui d'ordinaire avait une conduite fluide et régulière, se mit à conduire brutalement, alternant accélérations à contre temps et coups de freins intempestifs. Au bout d'une centaine de kilomètres sur l'autoroute du retour, Margaux était terrifiée et Gwendoline, réveillée par les secousses s'était mise à pleurer. A la fin, Muriel, n'en pouvant plus, protesta.
— Claire ! Ma chérie, ce n'est pas un combat !
Claire ne répondit pas mais, une aire de repos se présentant quelques kilomètres plus loin, elle s'y engouffra et arrêta la voiture brutalement sur un emplacement de parking. Elle retira la clef de contact et la plaqua sur le tableau de bord puis elle sortit de la voiture et, se penchant à la portière, apostropha Muriel.
— Ça va ! Prends-le, ton volant, puisque tu es si maligne !
Sans répondre, Muriel s'extirpa à son tour du véhicule et alla s'installer au volant tandis que Claire allait se pelotonner l'air désemparée sur le siège passager. Muriel s'apprêtait à redémarrer quand Margaux interrompit timidement la manœuvre.
— Gwen à vomi et elle a fait dans sa couche. Il faut que je la change.
La conduite en douceur quoique rapide de Muriel les amena vers vingt-deux heures au motel. Tandis que Claire allait directement se coucher après avoir pris un somnifère, Margaux changea de nouveau Gwendoline pour lui mettre une couche sèche et lui fit prendre son dernier biberon du soir. N'ayant aucune expérience en la matière, elle suivait à la lettre les instructions figurant sur la boîte de lait maternisé.
Elle ne passa pas une très bonne nuit. Elle se faisait du souci pour Claire qui, malgré ses efforts, semblait avoir le plus grand mal à dominer son chagrin. Elle ne pouvait en vouloir à Jérôme d'avoir fait appel à sa fille pour l'aider mais cet aller-retour à Prague dans des conditions aussi dramatiques était en train de la démolir.
Lorsque Margaux arrivait à penser à autre chose, c'était pour s'inquiéter parce qu'elle n'entendait pas la respiration de Gwendoline. Elle se levait alors pour voir si la petite fille était toujours vivante. A chaque fois, elle se traitait d'idiote et retournait se coucher rassurée mais elle recommençait à la première occasion.
*****
Le lendemain matin, elle se réveilla un peu vaseuse. Muriel, déjà levée, devait être en train de faire sa toilette car on entendait le bruit de sa douche par la porte de communication qu'elles avaient volontairement laissée entrouverte pendant la nuit. Elle commença par aller vérifier une énième fois si Gwendoline allait bien et en profita pour lui faire un tendre baiser sur sa petite joue ronde. La petite Gwen se mit à gazouiller ; alors Margaux la prit dans ses bras et, tout en la couvrant de petits baisers, lui roucoula les mots les plus bêtes du répertoire maternel. Elle en avait un peu honte mais pas plus que cela. Elle trouvait ça tellement agréable de bêtifier devant un bébé( Il paraît que le parler bébé pratiqué par une mère s'apparente à un chant ; un chant d'amour.). Ensuite, elle fit couler de l'eau tiède dans le lavabo et après avoir complètement déshabillé la puce, elle entreprit de laver le petit corps rose et rond à l'aide d'une éponge douce.
Elle coucha ensuite Gwendoline et la revêtit de vêtements propres. Elle les avait trouvés dans un grand sac contenant tous les vêtements récupérés chez la nounou et, surtout dans le logement de Laura. On pouvait reprocher bien des choses à la malheureuse Laura mais certainement pas de ne pas s'être occupée de sa fille étant donné la garde-robe de la petite.
Elle se mit à penser à Laura. Pourquoi avait-elle été obnubilée par le souci d'éliminer à l'avance tout ce qui risquait d'empêcher sa fille d'occuper la première place en toutes circonstances ? Reproduisait-elle un modèle ou, au contraire, faisait-elle tout pour ne pas le reproduire ? Margaux commençait à se demander si, avec des caractères très différents, elles n'avaient pas plus de points communs qu'on pouvait l'imaginer de prime abord. Il faudrait un jour savoir qui étaient ses parents et ce qu'ils étaient devenus.
Claire ne tarda pas à se réveiller à son tour. Elle s'étira avant de se lever puis alla s'enfermer dans la salle de bains après y avoir amené ses vêtements. Elle en sortit une demi-heure plus tard habillée et coiffée et annonça à la cantonade :
— Ah ! J'ai bien dormi cette nuit ! Je me sens en pleine forme. Café pour tout le monde ?
Muriel s'approcha de Margaux et lui chuchota :
— Méfie-toi ! Elle se force. Elle ne tiendra pas jusqu'au bout.
Au moment de repartir, Claire prétendit prendre le volant mais Muriel s'y opposa fermement.
— C'est moi qui conduis jusqu'à Mulhouse ! Je te passerai le volant uniquement si je te sens capable de conduire.
— Mais je suis en forme !
— On verra à Mulhouse !
Muriel avait vu juste car Claire, malgré de louables efforts, s'éteignit petit à petit tout au long du trajet jusqu'à la station-service où elles devaient refaire le plein près de Mulhouse.
Quand elles arrivèrent à la station, elle n'essaya même pas de sortir de la voiture et resta assise les yeux dans le vague sur le siège passager. Elle était manifestement incapable de prendre le volant. Malheureusement, Muriel ne valait guère mieux. A soixante-quinze ans, malgré sa bonne volonté, elle n'avait plus la résistance nécessaire pour conduire encore quatre cents kilomètres après avoir traversé deux fois l'Allemagne en trois jours. Margaux prit donc la décision qui s'imposait.
— C'est moi qui vais conduire. Claire, tu ne bouges pas. C'est Muriel qui surveillera Gwen. Ne t'en fais pas, Muriel. S'il faut la changer, je m'en occuperai. Je ne suis peut-être pas capable de conduire à la même vitesse que vous mais nous arriverons entières à Clermont-Ferrand. Ce sera simplement plus tard.
Elles arrivèrent aux environs de vingt-trois heures. La fin du trajet avait été passablement pénible pour Margaux. Elle avait fait tout son possible pour ne pas trop traîner et avait même réussi à tenir une moyenne plus que correcte pendant la première partie du trajet. Muriel avait essayé de l'aider à rester éveillée mais après une dernière halte pendant laquelle Margaux avait dû une fois encore changer la couche de Gwendoline, la vieille dame avait fini elle-même par s'endormir. Comme Claire, de son côté, n'avait plus une seule fois ouvert la bouche, le seul bruit qu'elle entendit fut le ronron du moteur. Elle essaya de chantonner mais le cœur n'y était pas vraiment. Elle essaya de ne pas paniquer mais dût se contenter d'une moyenne plus modeste.
Lorsque la voiture se présenta devant le portail, ce fut un véritable soulagement. Elles n'eurent pas besoin de manifester leur présence car le portail s'ouvrit au moment même où la voiture se présentait. Alice, déjà sortie dans le jardin les attendait en compagnie d'Angélique. Cette dernière, qu'Alice avait tenue au courant des événements s'était proposée pour s'occuper de Gwendoline la première nuit. Elle s'empara du panier où la petite fille, réveillée en sursaut, s'était mise à pleurer et l'emporta précipitamment à l'intérieur de la maison. Lorsqu'Alice et les trois voyageuses entrèrent à leur tour, elle avait pris Gwendoline dans ses bras et la berçait en lui chantant une comptine. Margaux, soulagée à l'idée de passer le relais, se préparait à lui donner ses instructions mais Claire, lui prenant la main, la tira derrière elle en direction de l'escalier. Margaux adressa un regard impuissant à Angélique mais celle-ci la rassura.
— Ne t'en fais pas. Je m'occupe de tout.
Claire, l'entraînant avec elle, monta directement dans leur chambre. Elle s'assit sur le bord du lit et s'effondra complètement.
— Ma maman est morte et je n'ai pas pu lui dire que je l'aimais !
Jugeant inutile d'essayer de la raisonner en un pareil instant, Margaux se contenta de la serrer dans ses bras, de lui caresser la tête et le visage et de l'embrasser en recueillant avec ses lèvres le flot de larmes au goût salé qui s'échappait de ses yeux.
— Mon amour chéri, je suis si malheureuse pour toi !
Claire ne répondit pas mais se serra un peu plus contre elle. Elles restèrent ainsi, enlacées pendant de nombreuses minutes puis le flot des larmes de Claire finit par se tarir et elle murmura :
— J'ai tellement besoin de toi !
— Je suis là, mon amour. Je serai toujours là.
— Tu peux m'aider à me déshabiller ? Je voudrais me coucher.
Margaux lui enleva ses vêtements un à un puis en fit de même avec ses sous-vêtements, contemplant au passage la splendeur de son corps sans défaut. Elle se préparait à lui enfiler son pyjama mais Claire se coucha entièrement nue et impudique avec juste ‘'cette touffe de noir jésus'' (Léo Ferré) sans prendre la peine de se recouvrir du drap. Le message était très clair. Margaux se déshabilla à son tour et rejoignit sa compagne dans le lit complètement nue elle aussi. Claire écrasa ses lèvres contre les siennes et l'embrassa longuement avant de lui demander :
— Fais-moi l'amour !
Alors Margaux entreprit de pratiquer sur sa compagne toutes les caresses qu'elle connaissait et que Claire appréciait particulièrement, que ce soit sur sa poitrine dont elle suça consciencieusement les tétons ou au sein de son intimité où sa bouche s'empara de son clitoris tandis que son index lui caressait le point G. Cela ne suffit pas à amener un semblant de réaction orgasmique chez Claire qui resta complètement passive. Elle finit même par s'endormir. Margaux ulcérée mais en même temps rassurée, se serra contre elle et s'endormit elle aussi rapidement. Elle était elle-même épuisée et n'aurait pu continuer très longtemps.
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Photo de profil de LecteurNu
LecteurNu
27 janvier 2025 à 21:50
Toujours aussi captivant j'adore je ne m'en lasse pas des rebondissements.
Merci
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Photo de profil de Jiwa
Jiwa
26 janvier 2025 à 10:01
Oui le mot ulcérée ne correspond pas au personnage.. peut être contrariée serait plus adapté.. vivement la suite
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Photo de profil de unzeste85
unzeste85
26 janvier 2025 à 08:56
Je reconnais que j'ai utilisé un mot qui ne convenait pas. Margaux était déçue de ne pas avoir réussi à procurer au moins un orgasme à Claire; elle considère cela comme un échec.
Une coquille au passage : Lorsqu'à Prague Muriel explique à Margaux quels papiers sont nécessaires avant qu'elle puissent ramener Gwendoline en France, elle parle bien évidemment du père et du frère de Claire et non de Margaux.
En ce qui concerne la famille de Laura on va bientôt en parler.
Soyez respectueux
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Photo de profil de OlivX
OlivX
26 janvier 2025 à 00:44
Voilà un drame qu'on imaginait pas, il est étonnant que personne n'ait fait état de la famille de Laura.
Elle était orpheline ?
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Photo de profil de Gubbe
Gubbe
25 janvier 2025 à 18:22
Quel drame !!!. Si bien ecris et tres touchant.
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reveur73
25 janvier 2025 à 15:50
je me régale avec cette histoire....
Par contre je ne comprends que Margaux soit "ulcérée" par le fait que sa chère Claire s'endorme sous la douceur de ses caresses. Cela fait ressortir une certaine rancœur contre cet endormissement subit alors que dans la situation vécue, cela devrait être au contraire une source de joie et de satisfaction que d'avoir su apporter la détente nécessaire au repos et au sommeil de sa bien-aimée. Ce mot me semble inadapté, à moins que je n'en comprenne pas le sens...
Hâte de lire la suite
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Photo de profil de Gaynudiste74
Gaynudiste74
25 janvier 2025 à 12:02
Les épreuves de la vie arrivent avec violence et place ce récit dans la réalité. Hâte de lire la suite.
Soyez respectueux
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