Fiction
Lesbiennes
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Si jolie — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Si jolie
Chapitre 3
Le lendemain matin, Margaux se leva fraîche et dispose à six heures du matin. Elle avait dormi comme un loir et se sentait en pleine forme. Elle prit une douche puis sécha et peigna soigneusement ses cheveux frisés qui, quoi qu'elle fasse, s'emmêlaient la nuit. Alors qu'elle entreprenait de préparer son petit déjeuner, elle aperçut un petit mot que sa tante Alice avait déposé sur le réfrigérateur.
Ma petite Margaux, comme tu pars tôt et rentres tard, je me permets de te mettre ce mot. Rassure-toi, je n'en ai pas profité pour faire l'indiscrète. Si tu en es d'accord, je t'invite à déjeuner dimanche à midi. Comme je cuisine peu, nous irons manger dans une auberge où j'ai mes habitudes. Nous pourrons ensuite faire une petite promenade si le temps le permet. Nous pourrons profiter du temps passé ensemble pour faire plus ample connaissance.
Margaux prit une feuille de papier à lettre pour répondre immédiatement. Elle était ravie. Elle allait enfin faire vraiment connaissance de cette grande tante qui semblait très gentille et était pleine d'attentions à son égard. Tante Alice était en train d'essayer d'établir avec elle une relation affective. Il ne fallait pas qu'elle passe à côté.
Chère tante Alice, ça ne me dérange pas du tout que tu pénètres dans ma chambre. Etant donné que je rentre tard le soir, je ne penserai pas forcément à regarder si j'ai du courrier dans la boîte aux lettres. Je te remercie de ta très gentille invitation qui me fait vraiment plaisir. J'en profite pour te remercier pour les nouveaux aménagements que tu as fait rajouter à ma chambre. Ils me rendront un grand service. Je t'embrasse de tout mon cœur en attendant dimanche.
Elle entreprit ensuite de préparer un nouvel email pour ses parents. Elle n'avait pas encore envoyé le premier qui était maintenant obsolète. Elle décida de parler avant tout de ses études et du binôme que Claire et elle-même avaient décidé de former. Par contre, elle évita de parler des améliorations apportées à la chambre par tante Alice. De même elle ne fit pas allusion aux économies que grâce à Claire elle allait pouvoir réaliser. Elle ne tenait pas à ce que ses parents réduisent en conséquence la somme qu'ils devaient lui verser mensuellement. Après tout, ces économies n'étaient pas garanties et celles qui concernaient les livres étaient virtuelles puisqu'elles consistaient à ne pas être obligée de gagner elle-même l'argent nécessaire à leur achat. Le gain principal était avant tout l'augmentation du temps qu'elle allait pouvoir consacrer à ses études. Quant à ce qu'elle pourrait mettre de côté, elle saurait l'utiliser, par exemple en allant nager à la piscine chaque semaine.
À huit heures trente elle reçut un coup de fil de Claire qui l'attendait garée devant la maison. Comme d'habitude son cœur se mit à battre plus vite. Il lui fallait se résigner : si elle pouvait espérer dominer ses émotions pendant le travail, ça serait beaucoup plus difficile en dehors, d'autant plus que Claire était du genre câlin.
Elle décida qu'il lui fallait mettre un peu de distance sur le plan physique entre elles. En arrivant sur le trottoir, lorsqu'elle s'aperçut que Claire allait sortir de la voiture pour l'accueillir, elle fit promptement le tour du véhicule et s'engouffra dedans côté passager avant de claquer la portière. Claire, qui avait commencé à sortir de la FIAT se rassit, ferma sa portière et se pencha vers sa passagère pour lui faire la bise. Au lieu de tendre la joue, Margaux entreprit d'attacher sa ceinture de sécurité puis, se carrant dans son fauteuil, tapota la main de son amie en lui disant d'un ton enjoué :
— Voilà ! On peut y aller.
Manifestement complètement déstabilisée Claire attacha elle aussi sa ceinture et démarra la voiture. Un silence de mort régna à l'intérieur du véhicule. Claire conduisait sans dire un mot, d'un air préoccupé, tout en jetant de temps en temps un regard inquiet à Margaux qui, de son côté ne savait quoi dire pour détendre l'atmosphère. Elle regrettait déjà son geste qui ne résolvait pas ses problèmes et risquait d'en créer un autre. Elle voulait se protéger mais elle ne voulait pas faire de la peine à Claire et encore moins perdre son affection.
Ce fut Claire qui brisa le silence en abordant directement le sujet qui la préoccupait.
Ce fut Claire qui brisa le silence en abordant directement le sujet qui la préoccupait.
— Il y a un problème ?
— Non, pourquoi ?
— Pourquoi tu n'as pas voulu qu'on se fasse la bise ?
— Non, pourquoi ?
— Pourquoi tu n'as pas voulu qu'on se fasse la bise ?
On ne pouvait pas reprocher à Claire de tourner autour du pot.
— Excuse-moi répondit Margaux en bafouillant. Elle ne savait pas quoi répondre ; surtout pas la vérité en tout cas.
— Je ne t'en veux pas mais je voudrais comprendre ce qui se passe. Pourquoi tu boudes ? Tu es fâchée ?
— Je ne boude pas !
— Si ! Tu boudes !
— Non !
— À ta guise ! Et Claire se tut à nouveau.
— Je ne t'en veux pas mais je voudrais comprendre ce qui se passe. Pourquoi tu boudes ? Tu es fâchée ?
— Je ne boude pas !
— Si ! Tu boudes !
— Non !
— À ta guise ! Et Claire se tut à nouveau.
La suite du trajet se passa en silence. Claire n'avait pas l'air en colère mais plutôt pensive. A l'arrivée elle se tourna vers Margaux et dit d'un air très sérieux :
— Moi, je sais ce que tu as.
Margaux la regarda à la fois inquiète et incrédule. Elle n'avait tout de même pas deviné ! Voyant qu'elle ne réagissait pas, Claire reprit :
— Tu as simplement un gros coup de cafard. (Elle lui sourit affectueusement). Tu sais, j'ai connu ça moi aussi l'année dernière quand je me suis retrouvée seule à Clermont-Ferrand. C'était la première fois que j'étais loin de mes parents. Qu'est-ce que j'ai pu cafarder les premiers jours ! mais ne t'en fais pas ; tu n'es pas seule. Je vais bien m'occuper de toi, tu vas voir.
Alors Margaux détacha sa ceinture de sécurité et se jeta contre la poitrine de son amie. Elle se serra contre elle et fondit en larmes. Elle ne savait pas au juste pourquoi elle pleurait mais cela lui faisait un bien fou. Claire toute émue ne savait que répéter : là, là, ce n'est rien ! Margaux finit par arrêter de pleurer mais resta un instant serrée dans ses bras. Elle y était si bien. Elle finit par se redresser et lui fit un baiser sur la joue.
— Merci, ma Claire, c'est toi ma grande sœur.
— Je suis contente que tu le penses.
— Je suis contente que tu le penses.
La tension était retombée. Margaux allait pouvoir se concentrer sur ses études sans que celles-ci ne soient perturbées par ses problèmes sentimentaux. Il fallait simplement qu'elle accepte les sentiments qu'elle portait à Claire et les mette simplement entre parenthèses pendant le travail au lieu d'essayer de les ignorer. Une sorte d'interrupteur : Clic ! travail… clic ! sentiments… clic ! travail…
Pendant le repas de midi elle annonça à Claire que sa tante Alice l'avait invité le dimanche suivant au restaurant à midi et qu'elles passeraient certainement une partie de l'après-midi ensemble.
Pendant le repas de midi elle annonça à Claire que sa tante Alice l'avait invité le dimanche suivant au restaurant à midi et qu'elles passeraient certainement une partie de l'après-midi ensemble.
— C'est sympa ça ! Elle est gentille ? Vous vous entendez bien ?
— Tu sais, je la connais à peine. Mais à travers les petits mots qu'elle me laisse et puis les aménagements qu'elle a fait installer dans la chambre je devine qu'elle doit être très gentille. Je suis certaine que je m'entendrai bien avec elle.
— Et puis comme ça tu ne passeras pas la journée toute seule.
— Et toi ? Qu'est-ce que tu fais ce week-end ?
— Samedi soir je vais à Montluçon chez mes parents et je rentre dimanche soir.
— Et dans la journée de samedi ?
— Tu plaisantes ? Samedi on passe la journée ensemble. Samedi, on travaille ma puce ! Peut-être pas toute la journée mais une bonne partie. Tu ne comptais pas te tourner les pouces j'espère !
— Pas du tout ! Je pensais faire un peu de lessive et de ménage et réviser mes cours.
— Oh là ! pas si vite ! D'abord je te rappelle que si j'ai un lave-linge séchant, ce n'est pas pour des prunes. Samedi matin, je viens te chercher avec un sac pour ton linge. J'apporterai aussi des produits d'entretien et un aspirateur. A deux et avec le matériel nécessaire ça ne devrait pas nous prendre beaucoup de temps vu la taille de ta chambre. Ensuite, on va chez moi. Un petit coup d'aspirateur vite fait (Le reste du ménage car j'en fais un petit bout chaque matin ; ça me réveille). Ensuite, quartier libre pour le boulot et les loisirs. Tu aimes nager ?
— Justement, je voulais te demander…
— Piscine entre onze heures et midi et retour à la maison pour manger. Je t'offre la piscine et les repas ce mois-ci.
— Ah non ! Je ne veux pas que …
— Tu sais, je la connais à peine. Mais à travers les petits mots qu'elle me laisse et puis les aménagements qu'elle a fait installer dans la chambre je devine qu'elle doit être très gentille. Je suis certaine que je m'entendrai bien avec elle.
— Et puis comme ça tu ne passeras pas la journée toute seule.
— Et toi ? Qu'est-ce que tu fais ce week-end ?
— Samedi soir je vais à Montluçon chez mes parents et je rentre dimanche soir.
— Et dans la journée de samedi ?
— Tu plaisantes ? Samedi on passe la journée ensemble. Samedi, on travaille ma puce ! Peut-être pas toute la journée mais une bonne partie. Tu ne comptais pas te tourner les pouces j'espère !
— Pas du tout ! Je pensais faire un peu de lessive et de ménage et réviser mes cours.
— Oh là ! pas si vite ! D'abord je te rappelle que si j'ai un lave-linge séchant, ce n'est pas pour des prunes. Samedi matin, je viens te chercher avec un sac pour ton linge. J'apporterai aussi des produits d'entretien et un aspirateur. A deux et avec le matériel nécessaire ça ne devrait pas nous prendre beaucoup de temps vu la taille de ta chambre. Ensuite, on va chez moi. Un petit coup d'aspirateur vite fait (Le reste du ménage car j'en fais un petit bout chaque matin ; ça me réveille). Ensuite, quartier libre pour le boulot et les loisirs. Tu aimes nager ?
— Justement, je voulais te demander…
— Piscine entre onze heures et midi et retour à la maison pour manger. Je t'offre la piscine et les repas ce mois-ci.
— Ah non ! Je ne veux pas que …
Claire se mit carrément en colère.
— Tu ne vas pas recommencer avec ces histoires ! Tu confonds tout. Si c'était de la charité, je pourrais faire ça pour n'importe qui mais c'est pour toi et personne d'autre que je le fais. Ça n'est pas la peine de parler de grande sœur ou de petite sœur si je ne peux même pas te rendre la vie plus facile. Tu l'as l'argent pour la piscine ?
— Le mois prochain…
— Mais pas ce mois-ci ! Pas plus que pour les repas ! Et pourquoi ? Parce que tu as tout dépensé en tickets restaurant et carte mensuelle de transport. Je sais compter, figure-toi !
— Je te rembourserai le mois prochain…
— Tu ne me rembourseras rien du tout ! Ça suffit à la fin ! Je n'en veux pas de ton argent ! C'est cadeau, tu m'entends ? Cadeau !
— Le mois prochain…
— Mais pas ce mois-ci ! Pas plus que pour les repas ! Et pourquoi ? Parce que tu as tout dépensé en tickets restaurant et carte mensuelle de transport. Je sais compter, figure-toi !
— Je te rembourserai le mois prochain…
— Tu ne me rembourseras rien du tout ! Ça suffit à la fin ! Je n'en veux pas de ton argent ! C'est cadeau, tu m'entends ? Cadeau !
Margaux abandonna la partie. Elle se contenta de caresser la main de Claire.
— J'ai beaucoup de chance de t'avoir.
— Moi aussi, mon chou.
— Moi aussi, mon chou.
*****
Lorsqu'elles repartirent après les cours de l'après-midi, Margaux remarqua qu'elles ne prenaient pas le chemin habituel.
— On ne va pas directement chez toi ?
— Non, on passe d'abord au drive de l'hypermarché pour récupérer ma commande hebdomadaire. Ne t'en fais pas, ça ne prend pas beaucoup de temps. Le jeudi soir on attend moins longtemps alors que le vendredi et le samedi c'est bourré de monde.
— Tu es super bien organisée, je trouve.
— Avec tous les moyens que me fournissent mes parents, ça serait un comble que je ne sois pas organisée. En plus, c'est la deuxième année que je passe dans ces conditions. J'ai déjà mes repères.
— J'ai cru comprendre que ton frère était plus cool.
— Lui c'est lui et moi c'est moi. Je ne veux pas le critiquer mais, je pense que même s'il n'a finalement pas trop mal réussi, il avait les moyens intellectuels et le soutien de nos parents qui auraient pu lui permettre d'intégrer une grande école. Lui, il a préféré faire la fête. Attention ! J'adore mon frère qui est quelqu'un de très gentil mais moi, j'estime que j'ai une sorte de contrat moral avec mes parents : ils font le maximum pour me faciliter la vie alors moi aussi je fais le maximum. David, lui, il a fait le minimum.
— Tu es un peu sévère, non ?
— Tu es pourtant bien placée pour comprendre mon point de vue, toi qui fais le maximum alors que tes parents font le minimum.
— Tu sais, mes parents n'ont pas les moyens financiers de tes parents.
— C'est vrai et je ne sais pas s'ils pourraient faire mieux sur le plan financier. Mais je ne suis pas certaine que tu aies de leur part le soutien moral dont tu as besoin.
— Non, on passe d'abord au drive de l'hypermarché pour récupérer ma commande hebdomadaire. Ne t'en fais pas, ça ne prend pas beaucoup de temps. Le jeudi soir on attend moins longtemps alors que le vendredi et le samedi c'est bourré de monde.
— Tu es super bien organisée, je trouve.
— Avec tous les moyens que me fournissent mes parents, ça serait un comble que je ne sois pas organisée. En plus, c'est la deuxième année que je passe dans ces conditions. J'ai déjà mes repères.
— J'ai cru comprendre que ton frère était plus cool.
— Lui c'est lui et moi c'est moi. Je ne veux pas le critiquer mais, je pense que même s'il n'a finalement pas trop mal réussi, il avait les moyens intellectuels et le soutien de nos parents qui auraient pu lui permettre d'intégrer une grande école. Lui, il a préféré faire la fête. Attention ! J'adore mon frère qui est quelqu'un de très gentil mais moi, j'estime que j'ai une sorte de contrat moral avec mes parents : ils font le maximum pour me faciliter la vie alors moi aussi je fais le maximum. David, lui, il a fait le minimum.
— Tu es un peu sévère, non ?
— Tu es pourtant bien placée pour comprendre mon point de vue, toi qui fais le maximum alors que tes parents font le minimum.
— Tu sais, mes parents n'ont pas les moyens financiers de tes parents.
— C'est vrai et je ne sais pas s'ils pourraient faire mieux sur le plan financier. Mais je ne suis pas certaine que tu aies de leur part le soutien moral dont tu as besoin.
Margaux se renfrogna. Elle n'aimait pas qu'on dise du mal de ses parents. Cependant, elle était quand même obligée d'admettre qu'elle n'avait pas beaucoup de soutien de leur part. Elle retint donc la réponse cinglante qui lui était venue à l'esprit. Claire ne le méritait pas, de toute façon.
Le détour par le drive de l'hypermarché ne prit pas beaucoup de temps. Les postes de récupération des courses étaient nombreux et bien conçus et les clients peu nombreux.
Dans le parking privé de l'immeuble où logeait Claire l'emplacement réservé à cette dernière était proche de l'ascenseur. Comme elles devaient prendre leurs sacoches en plus des sacs de courses elles firent un premier voyage jusqu'à l'ascenseur puis Claire alla chercher le reste pendant que Margaux appuyait sur le bouton d'appel. Cinq minutes plus tard elles étaient dans l'appartement et Claire refermait la porte derrière elles. Dix minutes encore et les courses étaient rangées. Il ne leur restait plus qu'à vider leurs sacoches.
Dans le parking privé de l'immeuble où logeait Claire l'emplacement réservé à cette dernière était proche de l'ascenseur. Comme elles devaient prendre leurs sacoches en plus des sacs de courses elles firent un premier voyage jusqu'à l'ascenseur puis Claire alla chercher le reste pendant que Margaux appuyait sur le bouton d'appel. Cinq minutes plus tard elles étaient dans l'appartement et Claire refermait la porte derrière elles. Dix minutes encore et les courses étaient rangées. Il ne leur restait plus qu'à vider leurs sacoches.
Margaux contempla rêveuse le séjour. Elle s'y sentait merveilleusement bien. Le style des meubles, la couleur du carrelage, des murs et des grandes tentures masquant la large baie vitrée donnaient à l'ensemble une impression de sécurité que complétait l'odeur qui imprégnait l'atmosphère. Une odeur à la fois légère et suave qui l'émouvait chaque fois qu'elle la percevait : l'odeur de Claire. Elle comprit qu'elle ne pourrait jamais faire abstraction de ses sentiments. Qu'il fallait les utiliser au contraire. Que tout ce qu'elle allait faire dorénavant, elle le ferait pour Claire. Elle ne devait pas se concentrer sur son travail en oubliant ses sentiments mais à cause d'eux ; grâce à eux. Elle ferait tout ce qu'elle pourrait pour que Claire soit la meilleure. Elle était d'ailleurs certaine que ce serait réciproque.
Quand elles eurent installé sur la grande table le matériel nécessaire, tablettes, enregistreur mp3, stylos, blocs de papier, etc… Claire l'interrogea.
— Par quoi veux-tu commencer, ma puce ?
— Ce qui te convient le plus. Ce qui te va me va aussi. Je te demande simplement de me permettre d'envoyer un mail à mes parents.
— Tu ne préfères pas leur téléphoner ?
— Avec le décalage horaire, ça n'a rien d'évident. En ce moment ils doivent tous dormir là-bas. En plus, j'ai le forfait minimum pour téléphoner. Pour la nouvelle Calédonie ça chiffre rapidement. Un mail, ça peut être aussi long qu'on veut et je peux joindre des photos de ma chambre.
— Ou de chez moi.
— Sûrement pas de chez toi. De même, quand je parle de toi, je ne parle que de toi, de notre amitié et du travail en binôme. Je ne fais surtout pas allusion à ce qui comporte un aspect financier.
— Tu as peur de les choquer ?
— Au contraire ! Je pense qu'ils seraient enchantés. Ils en profiteraient pour essayer de réduire la somme qu'ils m'allouent chaque mois.
— Tu en es sûre ?
— Non, je n'en suis pas sûre mais je n'ai pas envie de vérifier.
— En tout cas, ça prouve que j'ai raison. S'ils t'apportaient le soutien que tu mérites, tu ne réagirais pas comme tu le fais. Tu aurais confiance en eux.
— Mais, heureusement, je t'ai toi et puis, je crois, Tante Alice. Tu veux que je te lise le mail que je leur envoie ?
— Je ne veux pas être indiscrète.
— Je n'ai rien à te cacher. D'ailleurs je ne dis que des choses gentilles sur toi.
— Alors, je veux bien écouter les choses gentilles que tu dis sur moi. J'adore qu'on dise des choses gentilles sur moi.
— J'essaierai de t'en dire plus souvent mais pas trop tout de même. Tu risquerais de devenir vaniteuse.
— Ne t'en fais pas. Je le suis déjà.
— Si c'est vrai, tu le caches rudement bien. Bon ! Je commence ?
— Je t'écoute.
— '' Chère maman, cher papa, je vous envoie ce petit mot pour vous tenir au courant de ces premiers jours de cours à Clermont-Ferrand. De la ville elle-même je ne peux pas dire grand-chose car je n'ai pas encore eu l'occasion de la visiter. Tout ce que je peux en dire, c'est que l'ambiance est plutôt agréable encore que je connaisse surtout celle de la fac. La chambre de bonne que Tante Alice a si gentiment mise à ma disposition est petite mais bien équipée. Je vous joins deux photos de la pièce. Elles vous donneront une idée de sa disposition et de son confort. Comme elle est au dernier étage de la villa, elle est très claire bien que mansardée. Je vous ai joint une photo de la vue que l'on a depuis la fenêtre. Vous pourrez constater qu'elle est très dégagée. On se croirait presqu'à la campagne, ce qui est reposant. L'inconvénient évidemment c'est que c'est assez loin du centre-ville ainsi qu
— Ce qui te convient le plus. Ce qui te va me va aussi. Je te demande simplement de me permettre d'envoyer un mail à mes parents.
— Tu ne préfères pas leur téléphoner ?
— Avec le décalage horaire, ça n'a rien d'évident. En ce moment ils doivent tous dormir là-bas. En plus, j'ai le forfait minimum pour téléphoner. Pour la nouvelle Calédonie ça chiffre rapidement. Un mail, ça peut être aussi long qu'on veut et je peux joindre des photos de ma chambre.
— Ou de chez moi.
— Sûrement pas de chez toi. De même, quand je parle de toi, je ne parle que de toi, de notre amitié et du travail en binôme. Je ne fais surtout pas allusion à ce qui comporte un aspect financier.
— Tu as peur de les choquer ?
— Au contraire ! Je pense qu'ils seraient enchantés. Ils en profiteraient pour essayer de réduire la somme qu'ils m'allouent chaque mois.
— Tu en es sûre ?
— Non, je n'en suis pas sûre mais je n'ai pas envie de vérifier.
— En tout cas, ça prouve que j'ai raison. S'ils t'apportaient le soutien que tu mérites, tu ne réagirais pas comme tu le fais. Tu aurais confiance en eux.
— Mais, heureusement, je t'ai toi et puis, je crois, Tante Alice. Tu veux que je te lise le mail que je leur envoie ?
— Je ne veux pas être indiscrète.
— Je n'ai rien à te cacher. D'ailleurs je ne dis que des choses gentilles sur toi.
— Alors, je veux bien écouter les choses gentilles que tu dis sur moi. J'adore qu'on dise des choses gentilles sur moi.
— J'essaierai de t'en dire plus souvent mais pas trop tout de même. Tu risquerais de devenir vaniteuse.
— Ne t'en fais pas. Je le suis déjà.
— Si c'est vrai, tu le caches rudement bien. Bon ! Je commence ?
— Je t'écoute.
— '' Chère maman, cher papa, je vous envoie ce petit mot pour vous tenir au courant de ces premiers jours de cours à Clermont-Ferrand. De la ville elle-même je ne peux pas dire grand-chose car je n'ai pas encore eu l'occasion de la visiter. Tout ce que je peux en dire, c'est que l'ambiance est plutôt agréable encore que je connaisse surtout celle de la fac. La chambre de bonne que Tante Alice a si gentiment mise à ma disposition est petite mais bien équipée. Je vous joins deux photos de la pièce. Elles vous donneront une idée de sa disposition et de son confort. Comme elle est au dernier étage de la villa, elle est très claire bien que mansardée. Je vous ai joint une photo de la vue que l'on a depuis la fenêtre. Vous pourrez constater qu'elle est très dégagée. On se croirait presqu'à la campagne, ce qui est reposant. L'inconvénient évidemment c'est que c'est assez loin du centre-ville ainsi qu
e de la fac. Heureusement le réseau de transport est assez dense. Je suis à une dizaine de minutes à pied du plus proche arrêt de bus.
Tante Alice n'est pas souvent chez elle et comme moi-même je pars tôt et rentre tard nous n'avons pas encore eu le temps de nous rencontrer. Mais elle m'a invitée à passer la journée de dimanche avec elle ce dont je me réjouis à l'avance car les quelques mots qu'elle a déposé dans ma chambre pendant mon absence étaient très chaleureux. Je pense que ça doit être quelqu'un de très gentil.
Tante Alice n'est pas souvent chez elle et comme moi-même je pars tôt et rentre tard nous n'avons pas encore eu le temps de nous rencontrer. Mais elle m'a invitée à passer la journée de dimanche avec elle ce dont je me réjouis à l'avance car les quelques mots qu'elle a déposé dans ma chambre pendant mon absence étaient très chaleureux. Je pense que ça doit être quelqu'un de très gentil.
Je vais vous parler un peu de mes études car je pense que c'est ce qui vous préoccupe le plus. Soyez rassurés, tout va bien. Je suis passionnée par ce que j'apprends et, chaque matin je n'ai qu'une hâte c'est de me rendre à la fac. Bien entendu, je ne sais pas encore quelle spécialité pourrait m'intéresser si je devais en choisir une. Tout ce que je sais, c'est que c'est bien la médecine qui m'intéresse et je vous remercie de me faire assez confiance pour m'aider à réaliser mon rêve.
Il faut que je vous dise aussi que je me suis fait une amie. Elle s'appelle Claire. Elle est d'origine auvergnate. Ses parents sont tous les deux médecins et exercent à Montluçon. Elle aussi a décidé d'être médecin plus tard. Elle est aussi brune que je suis blonde et aussi grande que je suis petite mais, en dehors de ça, nous nous entendons merveilleusement bien. Il faut dire que Claire a une douceur de caractère et une gentillesse telles que je ne vois pas comment on peut ne pas l'aimer. En tout cas, elle m'a conquise et nous sommes devenues les meilleures amies du monde. C'est pourquoi nous avons décidé de travailler en binôme. Comme nos deux caractères ainsi que nos qualités intellectuelles se complètent parfaitement cela donne d'excellents résultats dont nous bénéficions toutes les deux.
Il serait présomptueux de ma part d'en tirer des conclusions hâtives mais je suis persuadée que si nous continuons sur ce rythme-là, non seulement nous devrions réussir cette première année, mais aussi nous préparer de manière efficace aux années suivantes, celles qui décideront de notre avenir.
Il serait présomptueux de ma part d'en tirer des conclusions hâtives mais je suis persuadée que si nous continuons sur ce rythme-là, non seulement nous devrions réussir cette première année, mais aussi nous préparer de manière efficace aux années suivantes, celles qui décideront de notre avenir.
Voilà. Je crois que je vous ai dit l'essentiel de ce qui me concerne. J'espère que de votre côté, votre séjour en Nouvelle-Calédonie se passe bien, que papa est content de son nouveau job et que vous avez déjà pu vous faire des relations intéressantes. Il est vrai que le milieu militaire s'y prête particulièrement. Et puis j'espère que vous supportez bien le climat de Nouméa. J'ignore si c'est un climat tropical, tempéré ou autre. La géographie n'a jamais été ma matière préférée, même si j'y avais des notes satisfaisantes.
Je vous embrasse tous les deux très fort, je vous aime. Donnez-moi des nouvelles.
Margaux.”
Margaux.”
— Voilà ! Qu'est-ce que tu en penses ?
— Je trouve que c'est très bien. C'est complet et bien construit.
— Je te parle du contenu.
— Si tu fais référence à la partie qui me concerne, je ne sais pas ce qui me fait le plus plaisir, les jolis compliments que tu fais sur moi ou la suite de ta lettre à la première personne du pluriel.
— La deuxième est la conséquence de la première, ma chérie.
— Alors, les deux me font autant plaisir.
— Je trouve que c'est très bien. C'est complet et bien construit.
— Je te parle du contenu.
— Si tu fais référence à la partie qui me concerne, je ne sais pas ce qui me fait le plus plaisir, les jolis compliments que tu fais sur moi ou la suite de ta lettre à la première personne du pluriel.
— La deuxième est la conséquence de la première, ma chérie.
— Alors, les deux me font autant plaisir.
Margaux réalisa soudain que pour la première fois elle avait appelé Claire ”ma chérie ”. Cette dernière n'avait pas réagi. Juste un peu de rose aux joues, peut-être.
— Bon, je vais l'envoyer comme ça.
— Tu crois qu'ils vont te répondre ?
— Oui, mais pas dès qu'ils auront lu mon mail. Is vont certainement commencer par discuter entre eux du fond et de la forme de leur réponse.
— C'est si compliqué que ça ? Il me semble à moi que ça n'est pas très compliqué de répondre qu'ils sont heureux que tout aille bien pour toi, qu'ils t'aiment et que tu leur manque et puis de raconter quelques anecdotes sur leur séjour.
— Ce qui va leur prendre du temps, c'est la partie sermon.
— Quel sermon ?
— Le message philosophique ou moral ou les deux qu'ils voudront me transmettre afin de me convaincre de suivre la voie qu'ils jugent la meilleure pour moi.
— Ils font ça souvent ?
— Pratiquement tout le temps.
— Et qu'est-ce que tu leur réponds ?
— Je ne leur réponds pas. Enfin, je veux dire que quand je leur envoie le mail suivant, je ne fais pas allusion à leur sermon. Ils rabâchent toujours les mêmes thèmes et comme la plupart du temps je ne suis pas d'accord avec eux, je ne tiens pas à entretenir la polémique.
— Quelle sagesse !
— Quelle prudence plutôt. Tu sais, ils ne sont pas méchants ; ils sont simplement vieux jeu.
— Tu crois qu'ils vont te répondre ?
— Oui, mais pas dès qu'ils auront lu mon mail. Is vont certainement commencer par discuter entre eux du fond et de la forme de leur réponse.
— C'est si compliqué que ça ? Il me semble à moi que ça n'est pas très compliqué de répondre qu'ils sont heureux que tout aille bien pour toi, qu'ils t'aiment et que tu leur manque et puis de raconter quelques anecdotes sur leur séjour.
— Ce qui va leur prendre du temps, c'est la partie sermon.
— Quel sermon ?
— Le message philosophique ou moral ou les deux qu'ils voudront me transmettre afin de me convaincre de suivre la voie qu'ils jugent la meilleure pour moi.
— Ils font ça souvent ?
— Pratiquement tout le temps.
— Et qu'est-ce que tu leur réponds ?
— Je ne leur réponds pas. Enfin, je veux dire que quand je leur envoie le mail suivant, je ne fais pas allusion à leur sermon. Ils rabâchent toujours les mêmes thèmes et comme la plupart du temps je ne suis pas d'accord avec eux, je ne tiens pas à entretenir la polémique.
— Quelle sagesse !
— Quelle prudence plutôt. Tu sais, ils ne sont pas méchants ; ils sont simplement vieux jeu.
Le lendemain, Margaux fit observer à Claire qu'elles avaient cours le samedi de neuf heures à onze heures.
— Ça n'est pas un problème. On ira à la piscine après le cours.
— Ça n'est pas pour la piscine que je disais çà. C'est pour le ménage de ma chambre.
— Ah oui ! Que je suis bête ! Je n'y avais pas pensé. Tant pis ! Je me lèverai plus tôt et toi, tu t'arrangeras pour être prête à huit heures. On fera le ménage à huit heures. Compte tenu de la taille de ta chambre, une demi-heure de travail à deux devrait suffire. Ça ne te posera pas trop de problème de te lever tôt ?
— Non, je suis plutôt une lève tôt.
— Ça n'est pas pour la piscine que je disais çà. C'est pour le ménage de ma chambre.
— Ah oui ! Que je suis bête ! Je n'y avais pas pensé. Tant pis ! Je me lèverai plus tôt et toi, tu t'arrangeras pour être prête à huit heures. On fera le ménage à huit heures. Compte tenu de la taille de ta chambre, une demi-heure de travail à deux devrait suffire. Ça ne te posera pas trop de problème de te lever tôt ?
— Non, je suis plutôt une lève tôt.
En fin d'après-midi Margaux vérifia sa boîte mail. Elle était toujours vide. Malgré ce qu'elle avait dit la veille à Claire, elle était un peu déçue. Compte tenu du fait que c'était la première fois qu'elle était loin de ses parents, elle espérait qu'ils se seraient empressés de lui répondre ne serait-ce qu'un petit mot affectueux pour accuser réception, quitte à envoyer plus tard le sermon habituel. Elle essaya de prendre la chose avec philosophie.
— C'est sans doute un problème de décalage horaire.
Claire, qui passait derrière elle, lui posa une main sur l'épaule et lui fit un petit baiser dans les cheveux.
— Essaie de ne pas y penser, ma puce, on a pas mal de boulot ce soir.
Le samedi matin, comme prévu, Claire se présenta dès huit heures du matin munie d'un aspirateur, de produits d'entretien et d'un grand sac pour le linge.
— Je vais passer l'aspirateur pendant que tu t'occupes de la douche.
Elles commencèrent immédiatement le ménage tout en plaisantant gaiement. Elles étaient obligées de crier un peu à cause du bruit de l'aspirateur. Au bout de quelques minutes, cependant, elles furent interrompues par des coups assénés derrière la porte. Margaux se précipita pour ouvrir tandis que Claire arrêtait l'aspirateur. Tante Alice se dressait devant elle en pantoufles et en robe de chambre, décoiffée et l'air vengeur.
— Heu, bonjour, Tante Alice !
— C'est quoi ce raffut ? On se croirait en mai soixante-huit à côté d'une barricade. Nous, au moins, on faisait ça à des heures civilisées !
— Nous faisons un peu de ménage, Tante Alice.
— Je vois bien mais qui est-ce qui vous a demandé de faire le ménage ?
— On ne voulait pas te causer du dérangement, Tante Alice.
— Tu ne crois tout de même pas que c'est moi qui fais le ménage ? J'ai quand-même les moyens de payer une femme de ménage pour ça ! Alors, remballez votre machine de malheur pour ne pas être plus grossière. La femme de ménage passe tous les lundis. Au fait, pendant que j'y pense, elle s'occupe aussi des draps de lit et des serviettes de toilette. Pour tes vêtements, tu te débrouilles mais, si tu veux, elle fait aussi du repassage. Tu peux lui faire confiance. Elle est discrète et très sérieuse.
— C'est trop gentil, Tante…
— C'est quoi ce raffut ? On se croirait en mai soixante-huit à côté d'une barricade. Nous, au moins, on faisait ça à des heures civilisées !
— Nous faisons un peu de ménage, Tante Alice.
— Je vois bien mais qui est-ce qui vous a demandé de faire le ménage ?
— On ne voulait pas te causer du dérangement, Tante Alice.
— Tu ne crois tout de même pas que c'est moi qui fais le ménage ? J'ai quand-même les moyens de payer une femme de ménage pour ça ! Alors, remballez votre machine de malheur pour ne pas être plus grossière. La femme de ménage passe tous les lundis. Au fait, pendant que j'y pense, elle s'occupe aussi des draps de lit et des serviettes de toilette. Pour tes vêtements, tu te débrouilles mais, si tu veux, elle fait aussi du repassage. Tu peux lui faire confiance. Elle est discrète et très sérieuse.
— C'est trop gentil, Tante…
Mais Tante Alice avait déjà tourné le dos et s'en allait en ronchonnant.
— Passer l'aspirateur à huit heures du matin quand tout le monde dort encore. C'est du grand n'importe quoi !
Margaux referma doucement la porte et regarda Claire. Elles étaient toutes deux hilares.
— C'est bien la première fois que me fais enguirlander parce que je veux faire le ménage ! remarqua Margaux.
— Je crois surtout qu'elle déteste qu'on la réveille le matin. C'est manifestement une lève tard.
— Du coup on n'a plus rien à faire. On va être super en avance pour la fac.
— Et si on en profitait pour accrocher aux murs les posters que je t'ai donné ?
— Je crois qu'on ne pourra en mettre qu'un seul. Le seul endroit disponible, c'est au-dessus de la tête du lit.
— Tant pis ! C'est déjà ça.
— Je crois surtout qu'elle déteste qu'on la réveille le matin. C'est manifestement une lève tard.
— Du coup on n'a plus rien à faire. On va être super en avance pour la fac.
— Et si on en profitait pour accrocher aux murs les posters que je t'ai donné ?
— Je crois qu'on ne pourra en mettre qu'un seul. Le seul endroit disponible, c'est au-dessus de la tête du lit.
— Tant pis ! C'est déjà ça.
Elles déployèrent les posters comme elles purent et Margaux les examina.
— Je ne sais pas trop lequel choisir. Ils sont tous beaux.
Elle réfléchit longuement avant de se décider.
— Je crois que je vais choisir cette madone de Botticelli. Je la trouve très belle. D'ailleurs elle te ressemble un peu.
— Dis donc, je ne savais pas que j'avais l'air aussi vieille !
— Mais, elle n'a pas l'air vieille du tout !
— Tu parles ! Elle doit avoir près de cinq cent ans.
— Mais elle n'avait pas cet âge quand … très drôle ! Tu as l'humour un peu lourd le matin.
— Il faut bien que je me mette à ton niveau.
— Dis donc, je ne savais pas que j'avais l'air aussi vieille !
— Mais, elle n'a pas l'air vieille du tout !
— Tu parles ! Elle doit avoir près de cinq cent ans.
— Mais elle n'avait pas cet âge quand … très drôle ! Tu as l'humour un peu lourd le matin.
— Il faut bien que je me mette à ton niveau.
Finalement, lorsqu'elles eurent fini de fixer le poster au bon endroit, il était l'heure de partir pour la fac.
*****
Le cours dispensé sous la forme d'étude dirigée portait sur les médicaments. Les deux jeunes filles étaient concentrées comme à leur habitude et le temps leur parut passer rapidement.
Quand, à la fin du cours, elles sortirent de la salle, elles ressentirent un énorme soulagement. Cette première semaine avait été particulièrement lourde et le week-end était le bienvenu, même si elles comptaient travailler une grande partie de l'après-midi. La tension nerveuse et la peur de rater quelque chose, c'était pour le surlendemain.
Quand, à la fin du cours, elles sortirent de la salle, elles ressentirent un énorme soulagement. Cette première semaine avait été particulièrement lourde et le week-end était le bienvenu, même si elles comptaient travailler une grande partie de l'après-midi. La tension nerveuse et la peur de rater quelque chose, c'était pour le surlendemain.
Elles rejoignirent la voiture et se rendirent au centre aquatique. Elles n'étaient manifestement pas les seules à vouloir se baigner ce jour-là. Une joyeuse animation régnait à l'entrée. La plupart des gens semblaient avoir déjà leurs cartes mais la capacité des tourniquets du contrôle des entrées n'était pas saturée. Malheureusement, il n'en était pas de même pour l'unique guichet de vente des cartes ouvert ce jour-là. La difficulté semblait provenir du système d'encaissement des règlements. Voyant que la queue n'avançait pas Claire tendit sa carte à Margaux.
— Ecoute, ça n'est pas la peine que nous fassions la queue toutes les deux. Passe avec ma carte. Moi, je passerai avec la tienne.
Margaux prit la carte et franchit le tourniquet. Elle suivit les personnes qui étaient devant elle et parvint aux cabines. Elle dut patienter quelques minutes avant que l'une d'entre elles se libère. Une dame, accompagnée de trois enfants essaya de lui passer devant en prononçant un ”PARDON !” sonore mais elle réussit à se faufiler la première en répondant par un ”excusez-moi ! ” accompagné d'un grand sourire.
Elle se déshabilla rapidement et mit son maillot. Elle se contempla dans la glace avec satisfaction. Ce petit deux pièces lui allait bien. D'un joli bleu clair agrémenté de motifs floraux jaunes il était constitué d'un haut en forme de bandeau qui suffisait largement à dissimuler une poitrine de petite taille et d'une culotte agrémentée d'une jupette. L'ensemble ne contribuait pas à la vieillir mais, du moment qu'elle n'avait pas besoin qu'on la prenne au sérieux, elle ne détestait pas l'image charmante qu'elle donnait. Il lui arrivait même d'en rajouter à l'occasion, simplement pour le plaisir. Elle rangea soigneusement ses affaires dans son sac de sport et sortit de la cabine par la porte opposée. Elle se dirigea alors vers les armoires de rangement, en trouva une ouverte et y fourra son sac, ne gardant qu'un berlingot de savon et un bonnet de bain assorti à son maillot. Elle ferma l'armoire et attacha la clé sur le côté de sa culotte.
Elle se dirigea ensuite vers la salle de douches et se lava de la tête aux pieds avant de mettre son bonnet de bain.
Elle sortit enfin de la salle de douche et pénétra dans l'espace aquatique regroupant les divers bains. Le plus grand de tous, un bassin de cinquante mètres, comportait de nombreux couloirs. Margaux en compta neuf mais seuls les six derniers étaient séparés par des cordons munis de flotteurs. Les nageurs qui les occupaient nageaient les uns derrière les autres dans un sens puis dans l'autre en respectant une certaine distance entre eux. Un accord tacite ou la simple habitude semblait présider au choix du couloir en fonction de la vitesse des nageurs.
Elle sortit enfin de la salle de douche et pénétra dans l'espace aquatique regroupant les divers bains. Le plus grand de tous, un bassin de cinquante mètres, comportait de nombreux couloirs. Margaux en compta neuf mais seuls les six derniers étaient séparés par des cordons munis de flotteurs. Les nageurs qui les occupaient nageaient les uns derrière les autres dans un sens puis dans l'autre en respectant une certaine distance entre eux. Un accord tacite ou la simple habitude semblait présider au choix du couloir en fonction de la vitesse des nageurs.
Les trois couloirs restants formaient un espace unique dans lequel s'ébattaient librement tous ceux qui ne cherchaient qu'à barboter. Ce fut là qu'elle choisit de nager. Elle aimait nager mais n'avait jamais cherché à apprendre autre chose que la brasse qu'elle pratiquait paresseusement pour le simple plaisir d'être dans l'eau. Elle se dirigea vers l'échelle la plus proche d'un pas légèrement dansant, sur la pointe des pieds et les bras légèrement écartés, comme si elle marchait en équilibre sur une corde, sous le regard bienveillant des personnes présentes le long du bord, séduites par son charmant visage, sa silhouette délicate et sa démarche gracieuse. Elle descendit dans l'eau qui devait bien faire dans les trente degrés, ce qui lui convenait parfaitement, et se dirigea en nageant tranquillement vers le milieu de l'espace délimité qu'elle avait choisi.
Tout en nageant, elle regardait vers la salle de douche en guettant l'arrivée de Claire. Au bout d'une dizaine de minutes, elle commença à s'inquiéter. Claire avait-elle un problème ?
Alors qu'elle était encore à attendre et que son attention avait été détournée par deux jeunes filles qui chahutaient dans l'eau, elle vit l'une d'entre elles regarder vers le pédiluve les yeux écarquillés et la bouche ouverte en un ‘'O'' de stupéfaction tandis que l'autre exprimait la même chose mais plus bruyamment.
Alors qu'elle était encore à attendre et que son attention avait été détournée par deux jeunes filles qui chahutaient dans l'eau, elle vit l'une d'entre elles regarder vers le pédiluve les yeux écarquillés et la bouche ouverte en un ‘'O'' de stupéfaction tandis que l'autre exprimait la même chose mais plus bruyamment.
— La vache !
Apollon en personne venait présenter à l'assistance admirative sa démarche virile et sa plastique irréprochable. Son visage de beau ténébreux et son corps à la musculature impressionnante autant qu'élégante lui valurent un silence respectueux autant qu'admiratif. Les hommes se sentirent laids et les femmes se sentirent toutes ramollies par une émotion délicieuse à la vue de ‘'tablettes'' qui pour n'être point en chocolat auraient tout de même satisfait bien des lèvres. Apollon contempla d'un air satisfait ses bras dont il gonflait et dégonflait alternativement les muscles et regarda l'assistance d'un air conquérant.
Il fit quelques pas … et brusquement, plus personne ne fit attention à lui.
Claire avait franchi à son tour le pédiluve d'un pas décidé et elle ne jouait visiblement pas dans la même catégorie.
Dire simplement que son apparition fit sensation aurait été lui faire injustice et Margaux la contempla médusée. Elle était tout simplement splendide. La coiffure qu'elle s'était faite pour pouvoir mettre un bonnet de bain, une grosse natte enroulée sur le sommet de son crâne et tenue par quelques épingles, mettait en valeur son visage de madone. Ses cheveux tirés en arrière avaient pour effet de lui étirer légèrement les yeux, lui donnant un air vaguement oriental qui ajoutait à son charme. Elle était vêtue d'un maillot une pièce turquoise figurant un fond sous-marin qui soulignait la perfection de sa silhouette : un buste surmonté d'un long cou, bordé de larges épaules et de bras où les muscles le disputaient à la chair tendre. Il supportait une poitrine arrogante à faire pâlir d'envie n'importe quelle bimbo de journal spécialisé. Il dessinait un V jusqu'à la taille qu'elle avait fine puis s'évasait en de larges hanches et formait avec elles une magnifique amphore.
Claire avait franchi à son tour le pédiluve d'un pas décidé et elle ne jouait visiblement pas dans la même catégorie.
Dire simplement que son apparition fit sensation aurait été lui faire injustice et Margaux la contempla médusée. Elle était tout simplement splendide. La coiffure qu'elle s'était faite pour pouvoir mettre un bonnet de bain, une grosse natte enroulée sur le sommet de son crâne et tenue par quelques épingles, mettait en valeur son visage de madone. Ses cheveux tirés en arrière avaient pour effet de lui étirer légèrement les yeux, lui donnant un air vaguement oriental qui ajoutait à son charme. Elle était vêtue d'un maillot une pièce turquoise figurant un fond sous-marin qui soulignait la perfection de sa silhouette : un buste surmonté d'un long cou, bordé de larges épaules et de bras où les muscles le disputaient à la chair tendre. Il supportait une poitrine arrogante à faire pâlir d'envie n'importe quelle bimbo de journal spécialisé. Il dessinait un V jusqu'à la taille qu'elle avait fine puis s'évasait en de larges hanches et formait avec elles une magnifique amphore.
Des jambes parfaites aux muscles allongés complétaient une silhouette à la fois élégante et sportive. Sa beauté et sa démarche de reine lui attiraient tous les regards, franchement admiratifs de la part de la gent masculine, plus mitigés de la part de la gent féminine, oscillant entre admiration voire gourmandise et agacement voire hostilité. Dans ce genre de situation, il est intéressant de noter certaines différences de sensibilité entre les deux sexes.
Margaux, pour sa part, n'en n'était plus au stade de l'admiration. Chez elle, dominait totalement l'émotion. Une émotion à la foi délicieuse et poignante qui ne pouvait plus lui laisser le moindre doute quant à ses sentiments. Elle était amoureuse, merveilleusement ou terriblement, elle ne savait pas trop mais définitivement, elle en était certaine. Elle était tellement émue qu'elle n'avait pas réalisé que son amie s'était approchée du bord et s'adressait à elle.
— Coucou, ça va ?
Margaux s'ébroua pour reprendre ses esprits.
— Oui, oui, ça va. Elle est très bonne.
— Je vais faire quelques longueurs de l'autre côté. Si tu préfères rester de ce côté-ci, je te rejoindrai ensuite.
— Je vais faire quelques longueurs de l'autre côté. Si tu préfères rester de ce côté-ci, je te rejoindrai ensuite.
Elle se dirigea vers les six couloirs d'entrainement, examina quelques instants les nageurs qui les parcouraient et choisit le couloir qui lui convenait le mieux. Après avoir mis son bonnet et ses lunettes de protection et fait un petit signe de reconnaissance au garçon auquel elle avait volé la vedette, elle fit un plongeon impeccable et entreprit de parcourir son couloir de la nage plus puissante que rapide d'une nageuse de demi-fond. Margaux l'admira quelques instants mais quand elle comprit que son amie était partie pour faire de nombreuses longueurs, elle se remit elle-même à nager sans même y penser.
Elle tenta de faire le point sur ce qui lui arrivait. Était-elle en train de devenir lesbienne ? L'avait-elle toujours été sans le savoir ? Mais, être amoureuse d'une fille, était-ce ça être lesbienne ou bien était-ce d'aimer les filles au lieu d'aimer les garçons. Mais ça n'était pas son cas. Les garçons lui plaisaient plutôt. Elle n'éprouvait pas de dégout à l'idée de faire l'amour avec un garçon. Elle en avait même eu envie déjà plusieurs fois. Pas assez souvent peut-être ? Non, ça ne voulait rien dire ! Ça ne se mesure sûrement pas au nombre de fois ! On n'est pas des machines ! Et puis, elle n'avait jamais eu envie de faire l'amour avec une fille ; jamais ! Mais si, justement ! Avec Claire ! Ou bien elle voulait simplement faire des câlins et des baisers. C'était peut-être la même chose. Et puis d'abord, c'était quoi exactement faire l'amour avec une fille ? Y avait-il une définition ? Elle aurait bien aimé le savoir. Ou encore peut-être était-elle simplement bisexuelle ?
Mais ça ne changeait rien du tout. En fait, la seule chose dont elle était certaine, c'était qu'elle était amoureuse de Claire. Non, elle n'était pas amoureuse de Claire, elle AIMAIT Claire ! Alors, les définitions et les qualificatifs plus ou moins péjoratif, elle n'en avait rien à faire. On n'est pas coupable parce qu'on aime quelqu'un. Être coupable d'amour, ça ne veut rien dire. « Monsieur ou madame, je vous déclare coupable d'amour", c'est complètement stupide ! Alors, pourquoi serait-on jugé si on n'est pas coupable d'un crime ?
Elle fut interrompue dans ses réflexions par une main caressant doucement son épaule. C'était Claire qui avait terminé ses longueurs de bassin et était venue la rejoindre.
— J'avais peur de te faire sursauter et te faire boire la tasse tellement tu avais l'air perdue dans tes pensées. Tout va bien ?
— Oui, tout va bien. Je rêvassais tout simplement en nageant.
— Tu veux continuer à nager ou on va se faire sécher sur le solarium ?
— J'en ai un peu marre. J'irais bien sur le solarium.
— Oui, tout va bien. Je rêvassais tout simplement en nageant.
— Tu veux continuer à nager ou on va se faire sécher sur le solarium ?
— J'en ai un peu marre. J'irais bien sur le solarium.
Elles sortirent de l'eau et se dirigèrent vers le solarium qui se trouvait près du bain pour les petits après que Claire ait récupéré son sac de plage à côté d'une famille qu'elle remercia. Margaux s'inquiéta.
— Tu n'as pas peur qu'on te vole ton sac ?
— Non. La plupart du temps je trouve une famille qui m'inspire confiance et qui accepte de le surveiller.
— Moi, je n'ai pas osé.
— Du coup tu n'as pas de serviette. Ce n'est pas grave. On se serrera.
— Non. La plupart du temps je trouve une famille qui m'inspire confiance et qui accepte de le surveiller.
— Moi, je n'ai pas osé.
— Du coup tu n'as pas de serviette. Ce n'est pas grave. On se serrera.
Elles s'assirent l'une à côté de l'autre. Claire avait fourré son bonnet de bain et ses lunettes dans le sac. Margaux y mit aussi son bonnet de bain et secoua la tête pour refaire gonfler ses boucles. Claire la contemplait en souriant d'un air attendri.
— Tu es totalement craquante, tu sais, dans ton petit maillot bleu. Il te va à ravir.
Margaux préféra changer de sujet.
— Je commençais à m'inquiéter tout à l'heure. Tu as eu des problèmes ?
— Non, rien de particulier. Mais , tu sais, dans les files d'attente il y a toujours des personnes qui ont des demandes particulières ou qui ne trouvent pas leurs papiers ou leur argent.
— Non, rien de particulier. Mais , tu sais, dans les files d'attente il y a toujours des personnes qui ont des demandes particulières ou qui ne trouvent pas leurs papiers ou leur argent.
Tout en discutant, Claire, de façon tout à fait naturelle, avait passé son bras autour des épaules de Margaux qui ne résista pas au plaisir de s'appuyer contre elle.
— Moi, quand j'ai voulu me déshabiller, ça bouchonnait un peu aux cabines mais j'ai eu de la chance. Celle devant laquelle j'attendais c'est libérée presque tout de suite. La personne qui poireautait devant celle d'à côté à bien essayé de me passer devant mais j'ai réussi à me faufiler.
— Ce n'était pas une femme qui avait trois enfants avec elle ?
— Je n'ai pas fait très attention mais elle avait plusieurs enfants.
— Je crois que c'est celle que j'ai vue. Elle râlait à-propos de tout : les cabines étaient trop petites, les portes des armoires fermaient mal, ses gamins la rendaient folle, elle ne voyait pas pourquoi il fallait qu'elle se lave comme tout le monde vu qu'elle n'avait pas l'intention de se baigner et, en plus, elle fulminait contre les jeunes qui ne respectent rien et vous passent devant.
— Dis-moi ! Le garçon à qui tu as fait un signe tout à l'heure, demanda Margaux, tu le connais ?
— Un peu. Je le croise régulièrement dans le quartier quand je vais courir. Pourquoi ? Il t'intéresse ?
— Ah ! ben non, alors !
— Ce n'était pas une femme qui avait trois enfants avec elle ?
— Je n'ai pas fait très attention mais elle avait plusieurs enfants.
— Je crois que c'est celle que j'ai vue. Elle râlait à-propos de tout : les cabines étaient trop petites, les portes des armoires fermaient mal, ses gamins la rendaient folle, elle ne voyait pas pourquoi il fallait qu'elle se lave comme tout le monde vu qu'elle n'avait pas l'intention de se baigner et, en plus, elle fulminait contre les jeunes qui ne respectent rien et vous passent devant.
— Dis-moi ! Le garçon à qui tu as fait un signe tout à l'heure, demanda Margaux, tu le connais ?
— Un peu. Je le croise régulièrement dans le quartier quand je vais courir. Pourquoi ? Il t'intéresse ?
— Ah ! ben non, alors !
L'idée même que Claire pense qu'elle puisse s'intéresser à un ou une autre qu'elle la révulsait et elle avait répondu avec véhémence. Claire la regarda d'un air bizarre puis éclata de rire.
— Parce que si c'est le cas, je préfère te prévenir tout de suite. Tu n'as aucune chance. Il est gay, totalement gay.
Margaux se sentait affreusement gênée, non pas à cause de la réponse de Claire mais à cause du ton qu'elle-même avait employé pour dire que le garçon ne l'intéressait pas. Pour noyer le poisson, elle rit à son tour avant de demander.
— Il est étudiant, lui aussi ?
— Non ! A mon avis, il n'a pas dû aller jusqu'au bac.
— De quoi vit-il ?
— De son corps. C'est son fonds de commerce. Il fait du mannequinat et pose nu pour les élèves des beaux-arts. Il passe une grande partie de son temps à entretenir son corps et consacre le reste à un Avocat bien connu de Clermont-Ferrand auquel il dispense ses faveurs. En dehors de ça, il est plutôt sympa.
— Non ! A mon avis, il n'a pas dû aller jusqu'au bac.
— De quoi vit-il ?
— De son corps. C'est son fonds de commerce. Il fait du mannequinat et pose nu pour les élèves des beaux-arts. Il passe une grande partie de son temps à entretenir son corps et consacre le reste à un Avocat bien connu de Clermont-Ferrand auquel il dispense ses faveurs. En dehors de ça, il est plutôt sympa.
Elles restèrent à paresser au soleil, appuyées l'une contre l'autre, tantôt bavardant, tantôt silencieuses. De temps en temps, Claire, qui avait gardé une main sur l'épaule de Margaux, lui faisait une toute petite caresse du bout des doigts. Margaux serait restée des heures ainsi mais Claire mit fin à cet intermède agréable.
— Je commence à avoir faim. À moins que tu ne veuilles te baigner encore, je propose qu'on s'en aille.
— Oh ! Je suis trop bien !
— Allez, debout paresseuse ! On rentre à la maison.
— On ne mange pas au RU ?
— Pas à moins que tu aies quelque chose à faire à la fac ensuite ou que tu aimes tellement la nourriture du RU que tu ne peux pas t'en passer.
— Non, pas à ce point-là.
— Alors on rentre à la maison.
— Oui. À la maison.
— Oh ! Je suis trop bien !
— Allez, debout paresseuse ! On rentre à la maison.
— On ne mange pas au RU ?
— Pas à moins que tu aies quelque chose à faire à la fac ensuite ou que tu aimes tellement la nourriture du RU que tu ne peux pas t'en passer.
— Non, pas à ce point-là.
— Alors on rentre à la maison.
— Oui. À la maison.
Elle avait dit ça d'un ton rêveur et se le répéta plusieurs fois dans sa tête. ”À la maison”, ça voulait un peu dire ”chez nous”. Claire aurait pu dire ”chez moi” mais elle avait dit ”à la maison”. Peut-être que ça ne voulait rien dire, mais peut-être pas. Ayant sans doute remarqué le ton rêveur de Margaux, Claire lui sourit et lui caressa la joue du bout des doigts.
L'après-midi passa comme dans un rêve. Claire multipliait les mots et les gestes affectueux. Margaux était sur un petit nuage.
Elle était heureuse. Mais le soir, lorsqu'elle se retrouva seule dans sa petite chambre, elle retomba brutalement sur terre. Claire l'avait déposée plus tôt que d'habitude car elle se rendait à Montluçon pour passer la deuxième partie du week-end chez ses parents.
Elle était heureuse. Mais le soir, lorsqu'elle se retrouva seule dans sa petite chambre, elle retomba brutalement sur terre. Claire l'avait déposée plus tôt que d'habitude car elle se rendait à Montluçon pour passer la deuxième partie du week-end chez ses parents.
Elle réalisa qu'elle ne faisait pas partie de la vie de Claire. Elle était son binôme, peut-être un peu plus, mais ça n'allait pas plus loin. Au fond, elle n'était guère plus qu'un animal favori qu'on caresse en lui disant des mots tendres mais qu'on confie à la voisine pour partir en week-end. Elle se coucha tout de suite et se mit à ruminer des idées moroses. A force de s'apitoyer sur elle-même, elle réussit à se faire pleurer, ce qui contribua, comme d'habitude, à la consoler et elle finit par s'endormir.
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Commentaires ()
J'espère qu'il y va y avoir un rapprochement entre Claire et Margaux
Mais ça seul l'auteur le sait
J'espère qu'il y va y avoir un rapprochement entre Claire et Margot
Mais ça seul l'auteur le sait
C'est un plaisir de lire chaque chapitre et de partager la confusion de Margaux, son trouble vis a vis de son amie.
J'adore le rythme que tu impose