Une chute de vélo
Chapitre 48 · Câlin du matin
Couverture de Une chute de vélo, par Mandrakke Une chute de vélo Chapitre 1 · La chute Chapitre 2 · Retour de l'hôpital Chapitre 3 · Première soirée Chapitre 4 · Première nuit Chapitre 5 · Chez Hervé Chapitre 6 · Retour avancé Chapitre 7 · Katia Chapitre 8 · Visite nocturne Chapitre 9 · La déclaration Chapitre 10 · L'explication Chapitre 11 · Epilation Chapitre 12 · La soirée Chapitre 13 · Le parcours 1/2 Chapitre 14 · Le parcours 2/2 Chapitre 15 · La surprise pour Hervé 1/3 Chapitre 16 · La surprise pour Hervé 2/3 Chapitre 17 · La surprise pour Hervé 3/3 Chapitre 18 · Doutes et certitudes Chapitre 19 · Le Grand Ordre Chapitre 20 · Les larmes d’Hervé Chapitre 21 · Gordon Chapitre 22 · Soirée électrique Chapitre 23 · Révélation orageuse Chapitre 24 · Une nuit agitée Chapitre 25 · Gaffes accidentelles Chapitre 26 · Enquête et interrogatoires Chapitre 27 · Reprises en main Chapitre 28 · Une réaction incontrôlée Chapitre 29 · In extrémis Chapitre 30 · Tracasseries Chapitre 31 · Le grand loup Chapitre 32 · Merveilleuses soirées Chapitre 33 · Encore un tour Chapitre 34 · Un bien mauvais sort Chapitre 35 · Dans la grotte d’Hervé Chapitre 36 · Déplacement professionnel Chapitre 37 · Cauchemar hôtelier Chapitre 38 · Retournement de situation Chapitre 39 · Jeux dangereux Chapitre 40 · Dualité trompeuse Chapitre 41 · Mise au point Chapitre 42 · Confidences Chapitre 43 · Sur la route du plaisir Chapitre 44 · Pris en flagrant délit Chapitre 45 · Qui perd gagne Chapitre 46 · Triple duel au soleil Chapitre 47 · Surprises croisées Chapitre 48 · Câlin du matin Chapitre 49 · Femmes aux commandes Chapitre 50 · Service de nuit Chapitre 51 · Alarmantes nouvelles Chapitre 52 · Rapport de visite Chapitre 53 · En quête d’espoir Chapitre 54 · Le feu de l’amour Chapitre 55 · Une charmante princesse Chapitre 56 · Les larmes du diable Chapitre 57 · Balade en forêt Chapitre 58 · La légende des douze moines Chapitre 59 · Trois drôles de dames Chapitre 60 · Une nuit enflammée Chapitre 61 · Pris au piège Chapitre 62 · Les amants enflammés Chapitre 63 · Le donjon du mystère Chapitre 64 · Nouveaux désirs Chapitre 65 · Disparition Chapitre 66 · Jeux de mains Chapitre 67 · Réactions en chaîne Chapitre 68 · Images subliminales Chapitre 69 · Piège aux Larmes Chapitre 70 · Le secret des larmes
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Une chute de vélo — Chapitre 48 · Câlin du matin

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Mandrakke
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Une chute de vélo

Chapitre 48 · Câlin du matin

Le jour suivant étant un dimanche, ils décidèrent que ce serait un jour de repos et de détente, aussi, les musiciennes mirent fin à leurs répétitions quelques minutes avant que le repas ne soit servi. Après le dessert, elles nettoyèrent soigneusement leurs instruments respectifs et rangèrent leurs accessoires. Elles rejoignirent ensuite Hervé, déjà installé sur un transat à l'ombre.
 
— Ah ! Je vois que la leçon a porté ses fruits, constata Véronique. Tu as installé les parasols cette fois.
— On apprend souvent de ses erreurs. Je ne te défierai plus.
— A la bonne heure. Ton mec devient enfin raisonnable ma Juju.
— Il l'est depuis que je le connais.
— Ok. Alors on va dire qu'il l'est encore plus depuis qu'il m'a défié. 
 
Elle s'installa elle aussi confortablement à l'ombre et complimenta Hervé pour ne pas avoir eu peur de son jouet. 
 
— Tu sais que tu m'as impressionnée hier soir quand je t'ai présenté le gode pour que tu le suces après que je l'ai utilisé sur Julie ?
— Je ne cherchais pas à faire une quelconque impression.
— Dommage que tu ais gagné, sinon je t'aurais fait découvrir son usage intérieur avec la même énergie que celle que tu aurais déployée sur moi.
— Alors, je suis encore plus satisfait d'avoir gagné.
— Et moi, déçue de ne pas t'avoir vu effrayé en me voyant arrivée ainsi équipée.
— Je ne vois pas ce qu'il y a d'effrayant à cela.
— Enfin, j'imagine que maintenant que tu sais à quoi t'en tenir, je n'ai plus guère de chances de voir ton fondement engloutir ce chibre de plastique…
— Tu n'as pas tout perdu Véro, c'est moi qui l'ai acheté et c'est sur moi que tu l'as utilisé.
— J'aurais quand même bien voulu être présente quand tu lui as enfoncé le plug. J'aurais même été très heureuse de le faire à ta place.
— J'ai quelques photos qui ont été prises ce soir là, précisa Julie.
— J'espère que tu me les montreras, cependant, une photo, ça ne vaut pas le feu de l'action, l'ambiance du moment… Mais, j'y pense. Le plug, il est aussi à toi ?
— Oui, bien sûr.
— Alors tu peux recommencer ? Allez ! On le fait maintenant ?
— Non, répondit Julie. Sans public pour regarder, ce n'est pas drôle du tout.
— Heu… Mon avis est-il requis ou bien compte-t-il pour du beurre ? 
— Tu as déjà dit oui, répliqua Véronique.
— Ah ? Quand ça ? 
— Tu as bien laissé Julie le faire, non ?
— Et ça vaut validation éternelle ? Tu serais prête à entrer dans mon lit durant mon sommeil et à m'enfourner sans plus de cérémonial sous prétexte qu'il y a eu un précédent dont tu as entendu parler ?
— Heu… Ce n'est pas ce que j'ai dit…
— Comment devrais-je signifier mon refus ? Par un coup de genou entre tes jambes ?
 
La remarque d'Hervé replaça subitement Véronique dans la situation qu'elle avait vécue lors de sa rencontre avec lui. L'expression peinte sur son visage aurait fait sourire son interlocuteur dans d'autres circonstances.
 
— Je me suis laissée emporter par l'excitation. Il n'était pas dans mon intention de te forcer à quoi que ce soit, se justifia Véronique.
— Je veux bien te croire.
— Ma juju, je crois que tu n'utiliseras pas souvent ton joujou lorsque je serai repartie en tournée.
— Ah ? Et pourquoi donc ? demanda Hervé.
— Hé bien, tu viens de dire qu'il n'était pas question pour toi de te le prendre. Ou alors j'ai compris de travers ?
— Tu as effectivement compris de travers, affirma Hervé. Je n'ai jamais utilisé cet appareillage ni d'un côté ni de l'autre, donc je ne peux pas me prononcer sur ses qualités, ou défauts.
— Explique-toi plus clairement à la fin, s'agaça Véronique.
— Mais il est très clair Véro, moi, j'ai parfaitement compris.
— Peut-être, mais je veux être sûre, et pour cela, l'entendre me dire lui-même ce qu'il pense. Alors Hervé ?
— Comme je te le disais, je n'ai jamais expérimenté l'usage d'un tel objet, et pour connaitre les effets qu'il procure, la meilleure façon, c'est de l'essayer non ? Ensuite, je serai fixé et je pourrai dire si j'ai envie de renouveler l'expérience ou pas.
— Je suis scotchée ! Tu me laisserais te prendre le cul ?
— Tu vas un peu vite dans tes conclusions Véronique. Je vais plutôt laisser ce privilège à Julie, car je sais qu'elle sera douce et prête à stopper à tout moment si j'en formule le souhait.
— Vous deux, vous êtes en train de me mettre en boite !
— Il ne faut pas dire non si l'on ne connaît pas, juste par ignorance. Tu n'es pas d'accord avec moi ?
— Il pense réellement ce qu'il dit ? demanda-t-elle à Julie.
 
Pour toute réponse, Julie s'installa à califourchon sur son homme et l'embrassa longuement. Leurs bouches se séparèrent finalement, cependant, ils poursuivirent par un long câlin silencieux durant lequel Véronique se força à patienter sans les interrompre ni masquer sa fébrilité.
 
— Ok mon petit père, lâcha-t-elle lorsqu'ils mirent fin à leur câlin, je te crois et je suis pressée de voir ça. Ma Juju, je t'en prie, laisse-moi te le préparer pendant que tu vas t'équiper.
— Il est d'accord pour tester, ça ne veut pas dire sur le champ, tempéra Julie. Je préfère attendre que son coup de soleil ne le fasse plus souffrir, et qu'il puisse profiter à fond de ce moment.
— Merci mon ange, de toute façon j'ai eu suffisamment de sexe pour ce week-end.
— Quoi ? J'ai bien entendu ? Tu en as eu assez ? Mais tu ne t'es pas servi de ta queue depuis … que tu as perdu ton pari la semaine dernière. Ça ne te manque pas ?
— Avec vous deux, je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer.
— Bon sang ! Pourquoi les mecs gentils ne sont pas pour moi ! se lamenta Véronique.
 
Hervé sourit du ton et de la moue avec laquelle Véronique appuya sa remarque et invita les sœurs à le suivre à l'ombre des arbres sous lesquels il avait la ferme intention de faire une sieste afin de ne pas être à nouveau victime du soleil en se réveillant. Le reste de la journée fut consacré au repos. Le soir, Véronique regagna l'appartement de sa sœur, de leur côté, les amoureux s'endormirent tendrement, l'un contre l'autre.
 
Julie invita sa sœur quasiment tous les soirs de la semaine suivante sous prétexte que son appartement en ville était trop chaud, mais en réalité, elles étaient ravies de se voir, de bavarder et surtout de jouer de la musique ensemble. Hervé les écouta en préparant les repas le soir, parfois il dut même les appeler à plusieurs reprises lorsque tout était prêt. Dès la dernière bouchée avalée, elles reprenaient leurs instruments et répétaient assez tard. Le vendredi soir, Véronique déclara la maison d'Hervé parfaite pour leur créativité ; hormis quelques volatiles, pas de voisins importunés par leurs répétitions, une bonne table, un bon lit, de l'air pur, le calme de la campagne, tout était propice pour elle. Elle demanda même un massage après une longue séance de guitare en duo avec Julie. Hervé s'était dévoué et sans se forcer avait, avec grand plaisir, longuement massé ces deux corps. Ce soir-là, ils terminèrent tous les trois dans le même lit alors que le reste de la semaine, Véronique avait regagné chaque nuit l'appartement de Julie. Hervé, même si son sexe était débarrassé des conséquences du coup de soleil, refusa toute approche sexuelle et les jumelles déclarèrent qu'elles patienteraient, enfin surtout Julie, Véronique n'ayant suivi que du bout des lèvres pour imiter sa sœur.
 
Le lendemain, Hervé avait prévu depuis le début de la semaine de rendre une visite à Bruno afin de s'assurer que tout  allait bien pour lui depuis son coup de déprime. Bien que les répétitions puissent se poursuivre sans lui, Julie insista pour l'accompagner, car elle se sentait coupable d'avoir ridiculisé Bruno en public. Véronique retourna à son appartement sans discuter juste après le repas. 
 
Bruno, qui attentait son ami, avait préparé un gâteau et le café. Il avait l'air de bien aller, son moral était bien plus haut qu'a la fin du week-end organisé par Hervé pour présenter Julie à ses amis. La rencontre d'Elsa lui avait fait le plus grand bien, malgré le gros coup de blues qu'il avait ressenti sur le quai de la gare lors de son départ. Depuis, ils s'appelaient régulièrement au téléphone quand elle n'était pas de service et parlaient longuement. Bruno consacrait toute son énergie à terminer les rénovations dans sa maison dans l'espoir d'un retour d'Elsa chez lui pour quelques jours ou plus longtemps. Durant la visite de ses amis, il ne parla quasiment que d'elle et de ses travaux. Toutefois, ils devinèrent que malgré cet enthousiasme affiché, la présence de la vétérinaire lui manquait fortement. Elle lui avait positivement retourné le cœur et il ne vivait que pour elle, espérant son retour chez lui. Il n'imaginait son avenir qu'avec elle, et l'univers tout entier de Bruno était désormais axé autour d'Elsa.
 
Lorsqu'ils quittèrent leur ami, Julie demanda à faire un tour en ville, car les répétitions avec Véronique l'avaient empêchée de faire les boutiques. Hervé, ravi d'être seul avec elle, l'accompagna et porta les achats qu'elle effectua pour elle, mais aussi pour lui, puis ils s'accordèrent une pause sur la terrasse d'un café.
 
— Dis-moi Hervé, je te trouve songeur. Tu penses que Bruno est guéri et qu'il va bien ?
— Je ne sais pas trop. Il semble aller mieux, cependant, toutes ses pensées sont pour Elsa. Elle est à l'autre bout du pays. Combien de temps tiendra-t-il sans la revoir ? Et question plus délicate encore : se reverront-ils ?
— Quelles sont tes craintes ?
— Imagine qu'Elsa ne revienne plus dans la région, ou pire, qu'elle ne veuille plus le revoir. Ce serait catastrophique pour ce pauvre Bruno. Je ne sais pas comment il réagirait, mais sûrement mal, très mal… 
— Avec les copines, on pourrait lui faire comprendre qu'il existe d'autres femmes ?
— Il est tellement accro à elle, que je le crois capable de ne même pas voir le reste du monde.
— C'est une belle preuve d'amour, non ?
— Trop belle. Il a accumulé tellement de frustration qu'une rechute risquerait d'être fatale… 
— Que peut-on faire pour l'aider ?
— Dans l'état actuel des choses, juste être présent pour qu'il puisse parler et ne pas tout garder pour lui. Tu avais un bon contact avec Elsa, non ?
— Oui. Tu veux que je lui téléphone ?
— C'est une bonne idée, explique-lui en douceur, que nous avons quelques inquiétudes pour Bruno.  Elle pourrait te dire ce qu'elle en pense et quelles sont ses intentions avec lui ?
— Ok je lui demanderai. En attendant, si on allait faire une balade le long du canal ?
— Avec plaisir.
— On pourrait se faire un resto après ?
— Et ensuite, un film au cinéma ?
— Oh oui ! Merci mon chou !
 
Les amoureux apprécièrent cette soirée, sans personne pour les interrompre ni les déranger. Ils marchèrent longuement main dans la main, firent une pause accoudés à la rambarde de la passerelle métallique permettant de passer sur l'autre rive, observèrent passer quelques péniches lourdement chargées. Le soir venu, ils dinèrent dans un restaurant avant d'aller frissonner devant le rideau déchiré, d'Alfred Hitchcock. Ils rentrèrent directement en discutant du film et s'endormirent rapidement.
 
Le lendemain matin, Véronique les retrouva comme convenu pour le repas de midi. Elle avoua que son samedi soir avait été ennuyeux et demanda à Julie une discussion sans témoin. Hervé devina qu'elles avaient des choses à se dire et proposa de leur laisser la maison tout l'après midi, il en profiterait pour aller tenir compagnie à Bruno et l'aider  pour ses travaux, mais Véronique refusa, car elle n'avait pas besoin d'autant de temps. Les deux sœurs s'installèrent sur la table au fond du jardin, tandis qu'Hervé resta dans le salon. La discussion, ne s'éternisa pas, à peine trente minutes plus tard, elles étaient de retour et affichaient toutes les deux un large sourire. Hervé ne les interrogea pas sur la nature de leur échange, elles sauraient bien le mettre au courant d'une façon ou d'une autre s'il était concerné.
 
Le reste de la journée se passa calmement. Lorsque le jour tira sa révérence, Véronique déposa sur la joue d'Hervé un simple bisou et regagna l'appartement de Julie en ville. Toute la semaine de Véronique fut rythmée par les contacts professionnels pour sa prochaine tournée. Ne pas avoir de contrat en vue lui pesait et même si elle était ravie de voir sa sœur, elle se devait de retrouver du travail. Entre les nombreux coups de téléphone et son impatience de jouer encore avec Julie, le vendredi arriva vite et c'est avec une grande joie qu'elle la retrouva.
 
Le lendemain promettait d'être, encore une fois, tout comme les jours précédents, une chaude journée ensoleillée. Il n'était pas encore sept heures du matin que Julie et Véronique étaient déjà levées, laissant Hervé terminer sa nuit tranquillement. Elles s'affairaient dans la cuisine depuis un bon moment. Hervé, réveillé par le bruit qu'elles avaient pourtant cherché à réduire le plus possible pour le laisser dormir, s'était habillé et avait été chercher des croissants sans qu'elles ne s'en rendent compte. Tout aussi discrètement, il s'était remis en caleçon et simula une grasse matinée gâchée par leurs activités culinaires. 
 
— Que se passe-t-il ? Un problème ? demanda-t-il en se frottant les yeux comme s'il venait de se réveiller.
— Rien mon petit père, tout va pour le mieux. Comme tu le vois, on ne fait pas que de la musique, on cuisine aussi !
— Et vous faites toujours ça entièrement nues ?
— C'était pour ne pas te réveiller.
— Je ne pense pas qu'enfiler un t-shirt et une culotte m'aurait sorti de mon sommeil.
— Véronique voulait absolument te faire une forêt noire. Mais hier, nous avons raté la génoise, alors on en refait une ce matin, pour qu'elle puisse passer suffisamment de temps au froid.
— N'oublie pas de me garder un peu de chantilly Juju !
— Elle est déjà dans le frigo, il y en a assez pour le gâteau et toi.
— Pour quel usage ? demanda Hervé sur un ton soupçonneux.
— Pour mettre sur la glace.
— Deux desserts ? Vous ne lésinez pas toutes les deux ! Je vous ai dit que Gordon ne vient jamais les mains vides et qu'il apporte souvent une forêt noire, car il adore ça.
— Mais ! Veux-tu nous laisser gérer pour une fois ? s'agaça Véronique. Va plutôt t'occuper du barbecue !
— Si je l'allume maintenant, ce sont des cendres que j'aurai au lieu de braises !
— Laisse Véro, j'ai terminé ici, alors je vais m'occuper d'Hervé, de la saucisse et de la braise…
— Et moi ? Je reste seule ici alors ?
— Il faut savoir, tu veux qu'il te laisse en paix ou pas ?
— Et bien… en fait, je ne refuserais pas de l'avoir entre mes jambes, mais je ne le veux pas dans mes pattes quand je cuisine.
— Je vais occuper le gêneur plus loin, je te laisse surveiller la cuisson, préviens-nous quand tu auras démoulé la génoise.
 
Avec un clin d'œil complice à l'attention de sa sœur, Julie sauta dans les bras d'Hervé qui la conserva contre lui comme au temps de leur rencontre, lorsqu'elle ne pouvait pas marcher seule.
 
— Emmène-moi au pays de l'amour, j'ai envie de toi.
— Encore ? Tu n'en as pas eu assez hier soir ?
— Hier soir, c'est Véronique qui a pris la plus grosse part… 
— Et tu veux sûrement me montrer que tu es aussi gourmande qu'elle ?
— Evidemment, car c'est moi que tu as ramassée, ne l'oublie pas. Je ne veux pas me contenter des miettes… Fais-moi l'amour !
— D'accord, mais dépêchons nous, je n'ai que quelques heures.
— Que quelques heures ? s'indigna faussement Véronique.
— Hé oui, se justifia Hervé sur le même ton, jusqu'à l'arrivée de Gordon que j'ai invité pour faire ta connaissance, puisque vous deux avez décidé de ne plus vous cacher.
 
Sans laisser à Véronique le temps de répliquer, Hervé emporta sa dulcinée dans sa chambre en esquissant maladroitement quelques pas de danse. Il la déposa sur le lit sans la lâcher et lui dévora les seins avec plus d'appétit que les viennoiseries qu'il avait rapportées de la boulangerie pour le petit déjeuner. Julie poussa des petits cris de plaisir, se saisit de la verge déjà tendue d'Hervé pour l'attirer vers elle. Il pivota, se régala du mille feuilles de sa tendre, tandis qu'elle lubrifiait sa queue de sa salive. Il n'attendit pas que Véronique vienne se joindre à eux et la pénétra avec douceur. Les premiers allers-retours lents firent rapidement place à des mouvements plus amples, plus fermes. Julie apprécia ce traitement, cria son plaisir, accrochée à son amant comme le lierre à son arbre. Hervé alterna la cadence, changea de rythme plusieurs fois et même s'il avait eu sa dose de sexe la veille, il apprécia d'être seul avec sa Julie. Il savoura le fait de ne pouvoir penser qu'à elle, qu'à eux deux et lui en fit la démonstration attentionnée.
 
Dans la cuisine, Véronique surveillait la génoise dans le four. Elle savait parfaitement ce que sa sœur était en train de faire avec Hervé, et elle avait une furieuse envie de les rejoindre, de se faire ramoner encore par cette queue qu'elle avait sottement repoussée lorsqu'elle l'avait réveillée par surprise en plein rêve érotique. Elle entendait Julie exprimer son plaisir de plus en plus fort, mais aussi celui de son homme. Plus elle entendait les amoureux, plus son propre désir de sexe montait et plus elle devait se retenir, s'obliger à surveiller la cuisson pour ne pas commettre la même erreur que la veille et laisser brûler le gâteau. Alors elle se fixa un but : réussir sa mission afin de pouvoir, dès que la cuisson serait terminée, les rejoindre sans remords. Elle s'imagina la scène à venir comme si elle visionnait un film érotique. Elle devait trouver un moyen de remercier Julie de partager son homme avec elle, de profiter enfin d'un amant attentif à sa partenaire, au plaisir qu'il lui donnait et qu'elle avait pris bien volontiers, et qu'elle reprendrait encore et encore lors de leurs parties de jambes en l'air, mais aussi en jouant pour lui des airs de musique langoureux sur son sax… Rien que le fait de prononcer ces deux derniers mots, de les penser, lui procurait de la joie, des frissons. Elle avait enfin son instrument favori rien qu'à elle, et ce, grâce à Hervé. Elle mesura à quel point, au cours de la discussion banale qu'ils avaient eue le temps d'un trajet en voiture, il avait été attentif à ses propos et deviné la fragilité de sa situation financière. Ces quelques mots, a priori insignifiants, il ne les avait pas oubliés et il lui avait fait ce cadeau le soir même. Arthur, son ex, ne lui avait jamais fait de présent si spontané ni surtout si couteux. Le refus d'Hervé d'accepter une contrepartie charnelle, fut la plus grosse surprise pour Véronique. Depuis qu'elle avait compris comment elle pouvait manipuler les hommes avec le sexe, jamais un seul ne s'était refusé à elle. Mais lui, l'avait fait, et plusieurs fois même. Sans la complicité de Julie, pour les surprendre au lit en pleine action, il n'aurait sans doute pas cédé à ses avances. Grâce à Hervé, elle avait eu sa première relation sexuelle avec sa sœur et un mec qui ne cherchait pas à assouvir un fantasme. Au contraire, c'était tout bonnement la situation inverse qui s'était produite. 
 
Mais à cet instant, Véronique les entendait baiser si fort qu'elle avait l'impression d'être à côté d'eux sans les voir, alors pour patienter, elle glissa sa main entre ses cuisses et se caressa en surveillant la cuisson. Quelques minutes encore et elle pourrait s'empaler sur le sexe raide d'Hervé. Tout son corps en frémissait d'avance, et ne pouvant plus attendre davantage, elle introduisit deux doigts en elle, ce qui augmenta notablement son envie et les agita rapidement dans son sexe chaud et déjà bien humide. Lorsqu'il fut temps de sortir la génoise, elle se lécha consciencieusement les doigts, enfila les maniques et se saisit du moule brûlant, le déposa sur le plan de travail et le démoula non sans quelques difficultés, mais sa mission était réussie, elle pouvait aller chercher sa récompense. Au moment de retirer ses mains des gants épais, elle eut subitement une idée pour exciter Hervé davantage et décida de patienter deux minutes supplémentaires durant lesquelles elle prépara ses accessoires.
 
Véronique entra dans la chambre en jubilant, toute heureuse de sa trouvaille. Malheureusement pour elle, ce fut pour assister à l'orgasme parfaitement synchronisé des amoureux. Ils ne remarquèrent sa présence qu'après avoir récupéré leur souffle et leurs esprits. Sans s'occuper de leur spectatrice, les amants, toujours enlacés, s'embrassèrent tendrement durant plusieurs minutes qui lui semblèrent une éternité. Durant ce laps de temps, elle observa la verge ramollie sortir d'elle-même de sa cachette, accompagnée d'un léger épanchement blanchâtre.
 
— Oh non ! s'écria-t-elle en dissimulant ses mains derrière son dos. Vous auriez pu m'attendre quand même…
— Toi aussi, tu aurais pu nous laisser un peu d'intimité, lui répondit Julie.
— Vous n'avez pas été spécialement discrets non plus, ce que j'ai entendu tenait plus du brame d'un cerf en rut que d'une invitation à faire un troisième dessert !
— Tu ne voulais pas surveiller le gâteau ?
— Vous entendre m'a tellement chauffée que j'aurais pu cuire tout un chapelet de saucisses moi-même. Alors, pour me calmer, j'ai été me satisfaire toute seule dans le salon avec un magazine.
— Et alors ? Il n'y a pas de mal à ça ?
— J'ai pris une revue au hasard, un numéro du Chasseur Français. J'ai été obligée d'arrêter, il y avait un reportage sur la reproduction animale. C'était terrible, j'ai brûlé toute la moquette autour de moi.
 
Avec ces mots prononcés avec une déception perceptible et devant la mine déconfite de Véronique, Hervé éclata de rire.
 
— Tu sais, j'aime énormément ta sœur, expliqua-t-il dès qu'il eut repris son sérieux. Et j'ai parfois besoin d'être seul avec elle.
— Ok, j'ai compris, je dérange. Je serai partie dans une heure, dit-elle en sortant de la chambre à grands pas.
— Mais non ! Reviens !

Note de l'auteur


Je tiens à remercier les lecteurs qui suivent cette histoire, oui, vous, qui avez lu jusqu'ici, ceux qui votent pour, ceux qui m'ont laissé un ou plusieurs commentaires. Vous m'avez donné envie de poursuivre l'écriture des suites.

Je voulais aussi exprimer ma gratitude envers les participants au forum, qui ont distillé ici et là des conseils et tutoriels sur l'écriture, cela m'a permis de progresser en orthographe, conjugaison, rédaction et fluidité de lecture, et particulièrement Duchesse, qui a relu et corrigé une bonne dizaine de chapitres. Elle à ainsi contribué à améliorer mon écriture par ses explications et ses conseils pertinents.

Pour les lecteurs joueurs, il y a deux répliques tirées de films, dissimulées dans ce chapitre. Saurez-vous les identifier ?
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Mandrakke
29 août 2024 à 21:38
Oui elle dérange elle est lourde la sœura julie

Véronique, si semblable à Julie et pourtant si différente...
Merci pour ton retour @lbclh

Et c’est donc toujours un plaisir de lire et relire ce roman d’amour parsemé de pincées de sexe .
Et pour tester les notifications @Mandrakke

Comme je le disais, j’ai commencé à lire cette histoire « avant » et j’y reviens parfois.
^^

Merci @Iznogood, j'ai bien recu la notif.
Et merci aussi pour les relectures
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Iznogood
Iznogood
29 août 2024 à 21:30
Oui elle dérange elle est lourde la sœura julie

Véronique, si semblable à Julie et pourtant si différente...
Merci pour ton retour @lbclh

Et c’est donc toujours un plaisir de lire et relire ce roman d’amour parsemé de pincées de sexe .
Et pour tester les notifications @Mandrakke

Comme je le disais, j’ai commencé à lire cette histoire « avant » et j’y reviens parfois.
^^
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Mandrakke
Mandrakke
2 juillet 2024 à 12:49
Encore un fabuleux chapitre, merci beaucoup

Dans tous les cas, j'attends vivement la suite de cette fabuleuse histoire que j'aime toujours au temps.

Merci @julien66000, je sais que tu apprécies les personnages de cette histoire et j'apprécie tes commentaires.
Soyez respectueux
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lbclh
2 juillet 2024 à 08:38
Oui elle dérange elle est lourde la sœura julie
Soyez respectueux
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Photo de profil de julien66000
julien66000
2 juillet 2024 à 00:59
Encore un fabuleux chapitre, merci beaucoup, sinon j'ai parfois l'impression que Véronique et jalouse de sa jumelle Julie d'avoir un homme aussi fantastique qu'Hervé, elle voudrait que sa jumelle partage bien plus son homme avec elle.

Sauf qu'Hervé, bien qu'il est pu bien connaitre Véronique et avoir quelque bride sexuelle avec elle et donc apprendre à l'apprécier, son cœur et ses sentiments restent entièrement pour son ange Julie, ce qui explique pourquoi il a très souvent besoin d'être seul avec elle, chose que Véronique a du mal à comprendre, du moins c'est l'impression que personnellement j'ai, se pendent la réalité peut être tout autre.

J'espère que les futurs chapitres pourrons potentiellement répondre à cette interrogation la concernant.

Dans tous les cas, j'attends vivement la suite de cette fabuleuse histoire que j'aime toujours au temps.
Modifié 2 juillet 2024 à 11:18
Soyez respectueux
Répondre
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OlivX
2 juillet 2024 à 00:29
Ça fait toujours plaisir de retrouver Hervé et les jumelles.
Véronique toujours aussi impatiente de baiser, et Julie en osmose avec son homme :)
Soyez respectueux
Répondre

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