Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cybèle et pourtant — Chapitre 3
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cybèle et pourtant
Chapitre 3
Numéro de charme
Sophie était tout à fait satisfaite de l'avancement des préparatifs de sa soirée. Son père s'était occupé de toute l'organisation, faisant libérer le grand salon qui allait être utilisé avec la terrasse sur laquelle il donnait. Une pièce du rez-de-chaussée était, elle aussi, préparée pour être utilisée comme vestiaire. Son père s'était occupé de faire installer la sonorisation du grand salon et un de ses soupirants s'était fait un plaisir d'enregistrer le programme musical de la soirée sur un ordinateur à partir des CD qu'elle avait achetés le week-end précédent. Il y aurait pour au moins 8 heures de musique ininterrompue ce qui serait largement suffisant. La soirée devait commencer vers 21 heures ce qui permettrait de tenir jusqu'à 5 heures du matin. Le cas échéant on pourrait toujours recommencer au début de l'enregistrement.
Sa mère s'était occupée des approvisionnements en nourriture et en boissons conformément aux indications de Sophie. Il y aurait largement assez de canapés, de gâteaux salés, de pains surprise etc… pour que chacun y trouve son compte. Quant aux boissons, les jus de fruits et les sodas permettraient d'abreuver une armée et les bouteilles de Whisky et de Tequila permettraient de faire rouler sous la table un bataillon d'invités. Et il en resterait encore.
Elle avait enfin invité MarieClaude et celle-ci avait accepté d'aider au service au buffet, au réapprovisionnement en boissons et nourriture et même de passer les plateaux parmi les invités. Comme de toute façon elle n'allait pas danser ça lui permettrait de s'occuper. Sophie avait eu l'intention d'embaucher deux ou trois serveurs pour la soirée mais elle avait complètement oublié et c'était trop tard maintenant ou en tout cas il lui aurait fallu plusieurs heures pour en trouver. Mais MarieClaude allait sûrement très bien s'en sortir seule. Et puis comme on dit : A la guerre comme à la guerre.
Sophie voyait avec plaisir que, comme d'habitude, les gens étaient prêts à se mettre en quatre pour lui faire plaisir. Il lui suffisait de demander avec le sourire pour obtenir ce qu'elle voulait.
Ses réflexions l'amenèrent à penser à Cédric. Ce dernier avait éveillé chez elle un intérêt certain. Il était brillant et très beau garçon. Elle se voyait bien l'ajouter à la liste de ses soupirants ce qui serait probablement assez facile compte tenu des regards admiratifs qu'il lui avait porté discrètement mais que, très habituée à la chose, elle n'avait pas manqué de remarquer. Le tout était de trouver une bonne raison de le revoir. Au fait pourquoi ne pas l'inviter à sa soirée ? Il en serait sûrement ravi et elle trouverait bien quelques instants à lui consacrer durant la soirée. Cela le flatterait sûrement et elle se faisait fort de le subjuguer comme c'était le cas avec les autres garçons. Elle se demandait même si elle n'avait pas un peu le béguin pour ce beau garçon et si leur relation ne pourrait pas devenir quelque chose de sérieux.
Ses réflexions l'amenèrent à penser à Cédric. Ce dernier avait éveillé chez elle un intérêt certain. Il était brillant et très beau garçon. Elle se voyait bien l'ajouter à la liste de ses soupirants ce qui serait probablement assez facile compte tenu des regards admiratifs qu'il lui avait porté discrètement mais que, très habituée à la chose, elle n'avait pas manqué de remarquer. Le tout était de trouver une bonne raison de le revoir. Au fait pourquoi ne pas l'inviter à sa soirée ? Il en serait sûrement ravi et elle trouverait bien quelques instants à lui consacrer durant la soirée. Cela le flatterait sûrement et elle se faisait fort de le subjuguer comme c'était le cas avec les autres garçons. Elle se demandait même si elle n'avait pas un peu le béguin pour ce beau garçon et si leur relation ne pourrait pas devenir quelque chose de sérieux.
Après tout elle était un excellent parti et, tout le monde savait que c'était les meilleurs partis qui inspiraient les sentiments les plus profonds.
Cédric, pour sa part, avait été séduit par la beauté et la fraîcheur de Sophie et n'aurait pas été mécontent de la revoir. Il ne voyait pas trop pour l'instant quel prétexte il pourrait inventer mais il comptait bien en trouver un. Ce soir-là, il était tranquillement installé dans un fauteuil du séjour du petit appartement qu'il louait pour l'instant. Il comptait bien devenir propriétaire un jour mais préférait attendre d'avoir trouvé la fille avec laquelle il déciderait de faire sa vie. L'appartement était situé au premier étage d'un petit immeuble récent construit dans un quartier calme du nord de Toulouse. Il n'était pas très grand mais il était confortable et bien orienté. Il était constitué d'un séjour spacieux, d'une cuisine intégrée correctement équipée, d'une chambre de taille raisonnable et dotée de placards intégrés et d'une salle de bains bien équipée. Une petite terrasse séparée du séjour par une large baie vitrée complétait l'ensemble.
Cédric, pour sa part, avait été séduit par la beauté et la fraîcheur de Sophie et n'aurait pas été mécontent de la revoir. Il ne voyait pas trop pour l'instant quel prétexte il pourrait inventer mais il comptait bien en trouver un. Ce soir-là, il était tranquillement installé dans un fauteuil du séjour du petit appartement qu'il louait pour l'instant. Il comptait bien devenir propriétaire un jour mais préférait attendre d'avoir trouvé la fille avec laquelle il déciderait de faire sa vie. L'appartement était situé au premier étage d'un petit immeuble récent construit dans un quartier calme du nord de Toulouse. Il n'était pas très grand mais il était confortable et bien orienté. Il était constitué d'un séjour spacieux, d'une cuisine intégrée correctement équipée, d'une chambre de taille raisonnable et dotée de placards intégrés et d'une salle de bains bien équipée. Une petite terrasse séparée du séjour par une large baie vitrée complétait l'ensemble.
L'appartement était meublé de façon encore relativement sommaire bien que confortable. Il était par contre très bien équipé en matière d'audiovisuel, Home Cinéma, Chaîne Hifi, internet haut débit, etc.
Il était donc assis dans un fauteuil et lisait un roman de fiction en écoutant la neuvième symphonie de Schubert quand son smartphone se manifesta. Il répondit et reconnut tout de suite la petite voix fraîche de Sophie :
— Bonjour Cédric ! Comment vas-tu ?
— Bonjour Sophie ! Je suis ravi de t'avoir au téléphone.
— N'empêche que tu ne m'as pas appelée. Cela m'a beaucoup déçue dit-elle d'un ton faussement boudeur.
— Je te demande pardon mais je cherchais une excuse pour le faire.
— Bonjour Sophie ! Je suis ravi de t'avoir au téléphone.
— N'empêche que tu ne m'as pas appelée. Cela m'a beaucoup déçue dit-elle d'un ton faussement boudeur.
— Je te demande pardon mais je cherchais une excuse pour le faire.
Elle eut un petit rire ravi.
— Pour te montrer que je ne t'en veux pas j'ai décidé de t'inviter vendredi à une soirée que j'organise chez mes parents. Il y aura là quelques amis très sympas et nous passerons sûrement une bonne soirée. Si tu veux que je te pardonne complètement tu es obligé d'accepter.
— Mais je n'ai aucunement l'intention de refuser une offre aussi tentante.
— Je suis très contente, roucoula-t-elle, et j'ai hâte d'être à vendredi.
— Par contre il faudrait que tu m'indiques le lieu et l'heure.
— C'est à partir de neuf heures du soir. Mes parents habitent à Ramonville-Saint-Agne. C'est sur la route de Narbonne un peu après la fac de sciences de Rangueil. Tu connais ?
— Bien sûr ! J'ai fait ma dernière année d'études à côté.
— C'est vrai j'avais oublié. C'est au 10 Allée de joncs. C'est une grande propriété. Tu ne peux pas la rater.
— Comment faut-il être habillé ?
— Normalement ! Les garçons sont en blue-jean et les filles comme elles veulent mais en tenue décontractée.
— Hé bien j'y serai donc à partir de 21 heures.
— Ne tarde pas trop ! Bisous ! Et elle raccrocha.
— Mais je n'ai aucunement l'intention de refuser une offre aussi tentante.
— Je suis très contente, roucoula-t-elle, et j'ai hâte d'être à vendredi.
— Par contre il faudrait que tu m'indiques le lieu et l'heure.
— C'est à partir de neuf heures du soir. Mes parents habitent à Ramonville-Saint-Agne. C'est sur la route de Narbonne un peu après la fac de sciences de Rangueil. Tu connais ?
— Bien sûr ! J'ai fait ma dernière année d'études à côté.
— C'est vrai j'avais oublié. C'est au 10 Allée de joncs. C'est une grande propriété. Tu ne peux pas la rater.
— Comment faut-il être habillé ?
— Normalement ! Les garçons sont en blue-jean et les filles comme elles veulent mais en tenue décontractée.
— Hé bien j'y serai donc à partir de 21 heures.
— Ne tarde pas trop ! Bisous ! Et elle raccrocha.
Voilà ! Se dit-elle, le poisson est ferré ! Phase suivante : Amabilité distante alternant avec sourires de séduction. Bientôt il ne saurait plus où il en serait et lui mangerait dans la main comme les autres. Comme c'était amusant ! Comme toute cette vie était amusante !
Cédric était aux anges. Sophie avait l'air de l'apprécier et il allait sûrement passer une soirée très agréable. Bien sûr ils ne seraient pas seuls puisqu'il y aurait quelques amis mais c'était déjà un bon début.
Cédric était aux anges. Sophie avait l'air de l'apprécier et il allait sûrement passer une soirée très agréable. Bien sûr ils ne seraient pas seuls puisqu'il y aurait quelques amis mais c'était déjà un bon début.
Le buffet
Le vendredi suivant, Armelle et Philippe arrivèrent les premiers vers vingt heures trente.
— Nous sommes désolés ma chérie, nous sommes venus exprès en avance pour te dire que nous ne pouvons absolument pas rester ce soir. Nous avons un empêchement imprévu qui nous oblige à nous rendre à Albi et nous ne serons de retour que vers minuit une heure du matin.
Sophie prit un air désolé :
— J'espérais que vous pourriez rester un peu. Mais c'est comme ça.
Armelle et Philippe repartirent immédiatement. Sophie les avait déjà oubliés. Normalement Romain Bouchon aurait dû arriver avec MarieClaude. Il fallait absolument que MarieClaude puisse ouvrir le Buffet avant neuf heures sinon ça risquait d'être la catastrophe. Romain Bouchon arriva peu après, mais il était seul. Sophie se précipita vers lui.
— Où est MarieClaude ? J'ai absolument besoin d'elle. Tu devais l'amener.
Romain répondit d'un ton rogue :
— Je ne suis pas chauffeur de taxi. Tu n'avais qu'à aller la chercher toi-même. Moi, je n'ai vu personne place Esquirol.
Hors d'elle, Sophie téléphona à MarieClaude qui répondit tout de suite.
— MarieClaude, qu'est-ce que tu fiches ? Romain m'a dit qu'il ne t'avait pas vue. Où est tu ?
— Mais je suis place Esquirol depuis vingt minutes ! Je suis venue volontairement en avance, mais je t'assure que je n'ai vu passer aucune voiture de sport rouge.
— Bon ! bon ! ne bouge pas, je passe te chercher. Il faut vraiment que je fasse tout moi-même.
— Mais je suis place Esquirol depuis vingt minutes ! Je suis venue volontairement en avance, mais je t'assure que je n'ai vu passer aucune voiture de sport rouge.
— Bon ! bon ! ne bouge pas, je passe te chercher. Il faut vraiment que je fasse tout moi-même.
Sophie se précipita dans sa voiture et démarra sur les chapeaux de roues. A peine cinq minutes plus tard, après avoir grillé un ou deux feux rouges, elle freina brutalement devant MarieClaude. Allez ! Monte ! Dépêche-toi ! Mon dieu, mais tu as vu comme tu es attifée ? Tu aurais quand même pu faire un effort.
— Mais tu m'avais dit que c'était une réunion toute simple et qu'on pouvait s'habiller comme on voulait.
— Tu n'as pas le sens des nuances, ma pauvre MarieClaude. Bon ! On va se débrouiller. Je vais te passer un joli tablier de soubrette. Ça cachera un peu tes vêtements.
— Tu n'as pas le sens des nuances, ma pauvre MarieClaude. Bon ! On va se débrouiller. Je vais te passer un joli tablier de soubrette. Ça cachera un peu tes vêtements.
MarieClaude se sentit un peu humiliée mais ne répondit rien. Elle avait tellement pris l'habitude de ces petites humiliations qu'elle ne les relevait même plus. A neuf heures moins le quart, elles étaient de retour chez les parents de Sophie. Cette dernière se précipita vers le buffet en tirant derrière elle MarieClaude qui avait de la peine à la suivre. Elle lui passa en vitesse le tablier de soubrette et lui montra rapidement où se trouvaient les boissons et les plateaux dans l'arrière-salle.
— Bon ! Je te laisse. Je ne sais pas quand les serveurs arriveront, mais tu sauras bien te débrouiller en attendant.
MarieClaude commença le service des boissons pendant que les premiers invités commençaient à piller les plateaux de canapés. Bientôt, ceux-ci furent vides et les invités le lui firent remarquer. Elle s'excusa auprès de ceux qui attendaient pour la boisson et s'absenta quelques instants. Quand elle revint avec le premier plateau, elle eut la désagréable surprise de constater que la population agglutinée devant le buffet avait presque doublé. Elle posa le plateau, boita le plus rapidement qu'elle put vers l'arrière-salle et rapporta un nouveau plateau. Les personnes attendant qu'on leur serve à boire commençaient à s'impatienter. Elle entreprit donc de les servir, mais pendant ce temps-là les deux malheureux plateaux qu'elle avait amenés se trouvèrent vidés avant qu'elle ait réussi à servir une dizaine de verres. Les gens recommencèrent alors à se plaindre que les plateaux soient vides.
Elle courut de nouveau vers l'arrière- salle, mais pendant ce temps-là de nouveaux invités étaient arrivés et la situation continuait à empirer. Mon dieu ! Faites que les Serveurs arrivent vite !
L'insulte
Cédric se changea pour remplacer son costume de travail par un pantalon de coton beige, une chemisette et un pull. Il préférait ne pas mettre de jean car il se méfiait un peu. S'il était le seul à ne pas avoir de jean, ça ne gênerait personne, mais s'il était le seul à en porter un il aurait l'air d'un plouc. Il prit ensuite sa voiture, une Audi A4 bleu métallisé qu'il avait achetée tout récemment, et se rendit à la soirée. La propriété n'était pas très difficile à trouver mais il fut un peu surpris du nombre de voitures qui semblaient se diriger vers le même endroit que lui. Il arriva devant un grand portail et entra dans un parc au fond duquel se trouvait un magnifique hôtel particulier. De nombreuses voitures étaient déjà garées devant l'entrée principale mais il arriva à trouver une place pas trop éloignée de l'entrée.
Il était presque neuf heures et demie quand il franchit la porte d'entrée monumentale et se retrouva dans le non moins monumental hall d'entrée. Au fond du hall un escalier de marbre permettait de monter aux étages. Il devait y avoir au moins deux étages normaux plus un troisième sous les combles. A gauche il y avait plusieurs pièces dont l'une, ouverte, servait manifestement de vestiaire. Compte tenu de la tiédeur de la soirée elle n'était pas très utilisée et pour sa part il n'avait rien à y mettre. A droite se trouvait la salle de réception. En y entrant, Cédric eut envie d'éclater de rire : la pièce ou plutôt la salle était noire de monde. Si c'était ce que Sophie appelait quelques amis qu'est-ce que ce devait être quand elle invitait du monde !
Sophie accueillait les invités qui arrivaient en un flot continu et elle avait manifestement l'habitude de le faire, accueillant chaque personne d'un mot gentil et lui indiquant comment trouver à manger et à boire. Quand ce fut le tour de Cédric il eut droit à une bise.
— C'est très gentil de ta part d'être venu lui dit-elle. Le buffet est au fond. Prends tout ce qui te fait plaisir. C'est MarieClaude qui tient le buffet ce soir alors n'hésite pas à lui demander tout ce dont tu as besoin ; elle est là pour ça.
— Elle est toute seule pour faire le service ?
— Ne t'en fais pas pour elle. Elle se débrouille très bien.
— Et Armelle ?
— Oh ! Elle est déjà repartie avec Philippe. Ils ne pouvaient pas rester car ils doivent aller en catastrophe à Albi. Attend, je vais te présenter à mes parents. Papa, maman, je vous présente Cédric Mareuil. C'est un cousin de mon amie Armelle.
— Elle est toute seule pour faire le service ?
— Ne t'en fais pas pour elle. Elle se débrouille très bien.
— Et Armelle ?
— Oh ! Elle est déjà repartie avec Philippe. Ils ne pouvaient pas rester car ils doivent aller en catastrophe à Albi. Attend, je vais te présenter à mes parents. Papa, maman, je vous présente Cédric Mareuil. C'est un cousin de mon amie Armelle.
Le père de Sophie salua Cédric d'un bref signe de tête, quant à sa mère, elle le toisa d'un air condescendant.
— Bonjour, jeune homme. Allez donc vous rafraîchir au buffet, c'est au fond de la salle.
Elle lui tourna le dos sans rien ajouter.
— Bon je te laisse aller au buffet. Tu verras, il est très bien garni.
Sur ce, Sophie lui tourna le dos pour accueillir les invités suivants.
Cédric se dit avec philosophie que la soirée ne se passerait sans doute pas comme il l'avait imaginé. Il croyait assister à une réunion d'amis alors qu'il s'agissait en réalité d'une grande réception mondaine ; lui qui avait horreur de ça. Il se sentit un peu ridicule. Sophie était peut-être adorable mais il était évident qu'ils n'étaient pas du même monde ; et il ne rêvait pas du tout du monde qu'il voyait ce soir-là.
Cédric se dit avec philosophie que la soirée ne se passerait sans doute pas comme il l'avait imaginé. Il croyait assister à une réunion d'amis alors qu'il s'agissait en réalité d'une grande réception mondaine ; lui qui avait horreur de ça. Il se sentit un peu ridicule. Sophie était peut-être adorable mais il était évident qu'ils n'étaient pas du même monde ; et il ne rêvait pas du tout du monde qu'il voyait ce soir-là.
Il arriva à se frayer un chemin vers le fond de la salle où se trouvait effectivement un gigantesque buffet devant lequel une foule était agglutinée. Il renonça à accéder tout de suite au buffet, préférant attendre que les choses se calment. Prévoyant, il avait pris un léger repas avant de venir et il n'avait nul besoin de quoi que ce soit pour le moment. Dans ces cas-là le seul intérêt d'un verre est qu'il permet de se donner une contenance. Ne sachant trop quoi faire étant donné qu'il ne connaissait personne, la seule personne qu'il connaissait étant déjà partie, il en profita pour chercher MarieClaude des yeux. C'est vrai qu'il la connaissait aussi un petit peu. Il se demandait avec une légère inquiétude comment elle s'en sortait toute seule. Ce n'était visiblement pas le cas. La pauvre faisait de son mieux pour servir les gens et remplacer les plateaux d'amuse-gueules qui se vidaient avec une rapidité effrayante.
Elle passait son temps à courir du buffet à l'office situé à l'arrière dans une pièce attenante puis revenait le plus rapidement qu'elle le pouvait, chargée de plateaux qu'elle essayait de ne pas faire tomber. Elle faisait de son mieux, pendant ce temps, pour servir à boire aux invités qui attendaient. Cela n'empêchait pas certaines personnes de se plaindre de ce que le service était trop lent.
Sophie qui passait par là s'adressa à lui :
— Comment ? Tu ne t'es pas encore fait servir ? Il faut demander à MarieClaude !
— Tu sais, répondit Cédric, MarieClaude n'arrête pas de remplacer les plateaux qui se vident très rapidement et de donner à boire à des tas de gens.
— Tu sais, répondit Cédric, MarieClaude n'arrête pas de remplacer les plateaux qui se vident très rapidement et de donner à boire à des tas de gens.
Il voulait faire comprendre à Sophie que MarieClaude était complètement débordée par l'affluence, mais Sophie, se méprenant sur le sens de ses propos, le rassura :
— Ne t'en fais pas. J'ai tout prévu. Il y a suffisamment de réserves pour que tout le monde trouve son bonheur jusqu'à la fin de la soirée et il en restera encore demain.
Puis, elle appela MarieClaude et lui glissa :
— Dis donc, tu ne pourrais pas accélérer la cadence ? Il y a des invités qui râlent.
Elle repartit immédiatement à l'autre bout de la salle bavarder avec de nouveaux arrivants. MarieClaude la regarda partir complètement affolée. Cédric était abasourdi par la réaction de Sophie. Non seulement MarieClaude ne pouvait pas aller plus vite mais sa claudication n'allait pas lui permettre de tenir très longtemps à ce rythme. Un accident était inévitable si personne n'intervenait et personne n'en avait manifestement l'intention. Il décida de prendre les choses en main. Il passa derrière le buffet et commença à faire le service des boissons. Voyant cela MarieClaude s'approcha de lui.
— C'est gentil mais tu n'es pas là pour ça. Si Sophie te voit elle ne sera pas contente.
— Hé bien tant pis si elle n'est pas contente. Il faut au moins deux personnes pour assurer le service. Je vais t'aider jusqu'à ce que ça se calme. Nous allons aller en vitesse à l'office où tu me montreras l'emplacement des provisions et je me chargerai du transport des plateaux et des bouteilles ; Tu te contenteras de servir les boissons. Je m'occupe du reste.
— Hé bien tant pis si elle n'est pas contente. Il faut au moins deux personnes pour assurer le service. Je vais t'aider jusqu'à ce que ça se calme. Nous allons aller en vitesse à l'office où tu me montreras l'emplacement des provisions et je me chargerai du transport des plateaux et des bouteilles ; Tu te contenteras de servir les boissons. Je m'occupe du reste.
MarieClaude le regarda un peu égarée. Elle n'allait pas tarder à craquer si ça continuait :
— Je ne pensais pas qu'il y aurait tant de monde murmura-t-elle. Je n'ai même pas eu le temps de remplacer les verres sales.
— C'est comme si c'était fait.
— C'est comme si c'était fait.
Cédric ramassa rapidement les verres sales et les emporta à l'office. Heureusement il y avait un appareil permettant de les rincer et de les sécher rapidement. En quelques voyages le problème fut réglé. Au passage il avait observé l'organisation de l'office en ouvrant les frigidaires pour repérer l'emplacement des boissons et de la nourriture. Il décida donc qu'il pouvait se débrouiller tout seul et commença les allers retours. Naturellement il allait deux fois plus vite que MarieClaude pour les trajets et ses qualités athlétiques faisaient merveille. Quand il avait un peu de temps il aidait MarieClaude au service des boissons et faisait la police, n'hésitant pas à remettre à leur place les invités qui se plaignaient d'attendre. Compte tenu de son aspect physique les gens n'insistaient pas.
Ce fut tendu pendant largement plus d'une heure puis les choses commencèrent à se calmer d'autant plus que certaines personnes étaient venues seulement faire un tour et étaient déjà en train de s'en aller. Sophie n'était pas venue une seule fois et ne s'était manifestement rendu compte de rien. Elle papillonnait au milieu de sa cour d'admirateurs. C'était sa fête et elle comptait bien en profiter.
Vers vingt-trois heures, les choses s'étaient suffisamment calmées pour que Cédric puisse laisser MarieClaude se débrouiller toute seule. Il repassa de l'autre côté du bar et en profita pour boire un jus d'orange et manger quelques canapés. C'est alors que Sophie repassa.
— Je vois que tu es toujours collé au buffet espèce de gourmand. Viens, je vais te présenter à quelques amis.
Elle se tourna vers MarieClaude :
— Tu vois MarieClaude, ce n'est pas si terrible comme travail. Maintenant qu'il y a moins de monde pourrais-tu te promener un peu au milieu des invités pour leur présenter les plateaux ? Cédric n'eut pas le temps d'objecter. Sophie le prit par la main et l'amena au groupe de prétendants qui l'avait suivie toute la soirée. Elle leur présenta Cédric et les laissa seuls. Les garçons le regardaient avec froideur ce qui amusait beaucoup Cédric. Ils n'avaient manifestement pas besoin d'un nouveau concurrent et le lui firent sentir. Cédric s'éclipsa discrètement dès que ce fut possible. Il n'allait pas se forcer à rester avec ces gamins mal élevés. Il commençait d'ailleurs à en avoir marre. Il était venu en espérant voir Sophie mais n'avait pu la voir qu'une ou deux minutes et avait dû passer le reste de son temps à aider cette pauvre MarieClaude à s'en sortir. Il avait compris que Sophie était une petite allumeuse un peu égoïste et il n'avait pas l'intention de jouer les amoureux transis. Il songeait à s'en aller discrètement mais il hésitait à laisser MarieClaude alors que la pauvre gamine ne pouvait manifestement pas assurer seule à la fois le service en salle et la gestion du buffet. Et Sophie ne se rendait compte de rien ou s'en fichait complètement.
Il retourna en soupirant près du buffet. MarieClaude était en train de revenir avec un plateau vide pour en prendre un autre. Un petit groupe de garçons plantés devant le bar chahutait en attendant que quelqu'un veuille bien leur servir à boire. A leur excitation on voyait bien qu'ils ne buvaient pas du jus d'orange. MarieClaude leur sourit et, tout en se penchant pour poser le plateau, leur demanda s'ils désiraient quelque chose. Le plus excité du groupe, pensant faire une bonne plaisanterie, lui répondit d'un ton grandiloquent :
— Whisky pour tout le monde, poupée !
Et il lui donna une grande claque sur le postérieur. MarieClaude le regarda horrifiée et s'écarta brusquement pour se réfugier à côté d'un groupe qui discutait à quelques pas de là. Le garçon qui lui avait manqué de respect, sans doute vexé de sa réaction, s'exclama :
— Mais c'est qu'elle joue les vierges effarouchées la vilaine petite boiteuse. Quand on est moche comme elle on ne fait pas la difficile.
MarieClaude était terrifiée et avait les larmes aux yeux. Elle n'osait bien entendu plus s'approcher du bar. Elle regardait autour d'elle cherchant désespérément Cédric des yeux. Lui seul pouvait la tirer de là.
Les camarades du garçon protestèrent un peu en lui disant qu'il exagérait. Il leur répondit avec morgue qu'il avait l'habitude de se faire respecter et qu'il ne retirait rien de ce qu'il avait dit.
Cédric sentit une bouffée de rage l'envahir. Non seulement MarieClaude se faisait exploiter de manière éhontée par une fille qui se disait son amie, mais en plus il fallait qu'elle se fasse insulter par un petit con qui ne lui arrivait probablement pas à la cheville. Son premier réflexe fut de se ruer sur le garçon et de le massacrer. Il se retint au dernier moment : MarieClaude en avait suffisamment bavé ce soir-là pour ne pas l'obliger à assister en plus à une scène de violence. Il s'approcha du garçon par derrière et, lui posant négligemment la main sur l'épaule, lui pinça un nerf situé au niveau de la clavicule. C'était une prise dont on lui avait appris la technique. Cela faisait un mal de chien auquel personne ne pouvait résister. Il lui glissa à l'oreille :
Cédric sentit une bouffée de rage l'envahir. Non seulement MarieClaude se faisait exploiter de manière éhontée par une fille qui se disait son amie, mais en plus il fallait qu'elle se fasse insulter par un petit con qui ne lui arrivait probablement pas à la cheville. Son premier réflexe fut de se ruer sur le garçon et de le massacrer. Il se retint au dernier moment : MarieClaude en avait suffisamment bavé ce soir-là pour ne pas l'obliger à assister en plus à une scène de violence. Il s'approcha du garçon par derrière et, lui posant négligemment la main sur l'épaule, lui pinça un nerf situé au niveau de la clavicule. C'était une prise dont on lui avait appris la technique. Cela faisait un mal de chien auquel personne ne pouvait résister. Il lui glissa à l'oreille :
— Maintenant tu vas venir avec moi t'excuser auprès de mon amie.
Le garçon n'était même pas capable de lui répondre et des larmes de douleur commençaient à lui envahir les yeux. Ne voulant pas qu'il s'évanouisse sur place, Cédric relâcha la pression juste assez pour qu'ils puissent avancer. Ils se dirigèrent vers MarieClaude qui les regardait complètement désemparée. Ce fut Cédric qui prit la parole :
— Mon camarade ici présent voudrait te faire des excuses mais il est trop timide pour s'exprimer. N'est-ce pas camarade ?
Le garçon approuva péniblement de la tête. Cédric reprit :
— Mon camarade tient à te présenter ses excuses les plus sincères (Il pinça un peu plus fort le nerf et le garçon poussa un petit gémissement) pour sa conduite inqualifiable. Il se rend bien compte que tout individu a droit au respect des autres et il ne se pardonnera jamais une attitude qui n'est due qu'à sa bêtise et à sa méchanceté.
Il tourna la tête vers le garçon :
— J'ai bien exprimé ce que tu voulais dire camarade ?
Le garçon déglutit péniblement sa salive et acquiesça de nouveau. Cédric le relâcha alors, puis le poussant négligemment en direction de ses copains il conclut :
— Tu peux retourner jouer maintenant.
Le garçon penaud et dégrisé retourna vers ses copains qui s'étaient bien gardés d'intervenir. Cédric se retourna vers MarieClaude qui se sentait visiblement très mal. Cela ne pouvait pas durer plus longtemps.
— Allez ! On s'en va ! lui dit-il.
La prenant par la main, il l'entraîna vers la sortie. MarieClaude protesta faiblement :
— Sophie sera furieuse. Elle comptait tant sur moi.
— Je n'en ai rien à faire. Elle se débrouillera très bien pour trouver parmi ses nombreux soupirants une ou deux poires pour te remplacer. D'ailleurs j'avais déjà l'intention de partir.
— Je n'en ai rien à faire. Elle se débrouillera très bien pour trouver parmi ses nombreux soupirants une ou deux poires pour te remplacer. D'ailleurs j'avais déjà l'intention de partir.
Ils arrivèrent dans le Hall d'entrée.
— As-tu quelque chose à prendre au vestiaire ?
— Ma veste. La voix de MarieClaude n'était qu'un murmure.
— Ma veste. La voix de MarieClaude n'était qu'un murmure.
Ils récupérèrent sa veste et sortirent. Il l'aida à s'asseoir, lui boucla lui-même sa ceinture, s'assit à son tour et démarra. C'est à ce moment-là que MarieClaude craqua complètement. Elle éclata en sanglots en hoquetant des excuses. Elle lui avait gâché sa soirée, c'était sûrement sa faute si le garçon s'était fait des idées et tout cela était bien fait pour elle, etc… Bref ! elle trouvait le moyen de se sentir coupable.Cédric était atterré. Qu'est ce qui lui était arrivé pour qu'elle en arrive là. Elle était totalement sans défenses. Comment allait-elle pouvoir affronter la vie ?
Au bout de quelques instants MarieClaude arriva à reprendre le contrôle d'elle-même. Le trajet se poursuivit en silence. Ils arrivèrent devant la maison où MarieClaude louait une chambre et Cédric l'aida à descendre de voiture. Il lui demanda si elle allait suffisamment bien pour qu'il puisse la laisser seule. Elle lui répondit par l'affirmative, le remercia pour sa gentillesse et après lui avoir souhaité une bonne nuit entra dans la maison.
Cédric alla se coucher à son tour. Il eut un certain mal à s'endormir. Il était déstabilisé par ce qui c'était passé ce soir-là. Il avait du mal à comprendre qu'on puisse se comporter de manière aussi égoïste que l'avait fait Sophie et aussi méchante que l'avait fait le garçon. Quel était ce milieu où on était tellement imbu de soi-même qu'on était capable de faire preuve d'un tel mépris envers les autres ? Mais ce qu'il comprenait encore moins, c'était la passivité de MarieClaude. Elle aurait dû se rebeller. Elle ne devait rien à personne. Il avait déjà rencontré des personnes lourdement handicapées. Jamais elles n'auraient accepté qu'on les traite ainsi.
MarieClaude, une fois dans sa chambre, se remit à sangloter. Elle était complètement effondrée. Durant des années, elle avait essayé de se faire oublier pour qu'on la laisse tranquille et elle y était arrivée. Et voilà que ça recommençait. Elle était maudite. Elle en venait à se demander si elle avait eu raison de résister aux pulsions morbides qui l'avaient envahie au cours de sa seizième année. Elle essaya de dormir, mais elle passa une nuit épouvantable, entrecoupée de brèves périodes de sommeil peuplées de cauchemars.
Sophie était enchantée de la façon dont se déroulait sa soirée. Tout se passait merveilleusement bien : Marie Claude s'était très bien occupée du buffet. Ce n'était d'ailleurs pas très compliqué et puis on lui avait raconté qu'un des invités avait donné un coup de main ; elle ne savait qui, mais il avait dû trouver ça amusant de jouer les serveurs. Pour sa part, elle se régalait en dansant avec un nombre incalculable de cavaliers qui se bousculaient pour l'inviter. Cerise sur le gâteau, Cédric était présent et attendait sûrement avec impatience qu'elle s'occupe un peu de lui. Elle l'avait bien laissé mariner jusque-là et elle allait pouvoir passer à la deuxième phase : La séduction. Bien qu'il soit plus âgé et probablement plus mûr que ses amis, elle ne doutait pas du résultat. Elle savait qu'elle lui plaisait et il serait bientôt à ses pieds. En plus, avec son physique et tous ses diplômes, il était extrêmement valorisant.
Retournant vers le buffet, elle s'étonna de ne pas y voir MarieClaude. Elle alla regarder si celle-ci n'était pas à l'office mais ne l'y vit pas. MarieClaude n'était visiblement pas non plus en train de présenter les plateaux dans la salle. Sophie, très étonnée, s'approcha d'un groupe de garçons parmi lesquels se trouvait Romain Bouchon, son fiancé, qui affichait une mine morose, et leur demanda s'ils n'avaient pas vu la fille qui servait au buffet. Ils lui annoncèrent qu'elle était partie en compagnie d'un garçon qui l'avait entraînée de force après s'être querellé avec Romain pour une petite plaisanterie que celui-ci avait faite. Grâce à la description qu'ils firent du garçon en question, Sophie comprit qu'il s'agissait de Cédric. Les garçons de sa cour de soupirants en profitèrent pour dire qu'ils n'étaient pas étonnés du tout car Cédric leur avait paru manquer totalement d'éducation. Sophie ne savait quoi faire pour le buffet.
Alors les garçons, ravis de se mettre en avant la rassurèrent en lui disant qu'ils allaient se charger de tout. Sophie retourna danser rassurée mais furieuse contre Cédric et MarieClaude. Alors qu'elle avait fait confiance à cette dernière pour tenir le buffet, celle-ci l'avait laissée tomber sans prévenir en plein milieu de la soirée. Quand à Cédric, il l'avait profondément humiliée en la trompant sur ses intentions à son égard. C'était la première fois qu'un garçon lui faisait un tel affront.
Lendemain de fête
Le lendemain, Sophie téléphona à Armelle. Elle était dans tous ses états.
— Tu pourras dire à Cédric que j'entends qu'il me fasse des excuses vu la façon dont il s'est comporté hier soir !
— Grand dieux que s'est-il passé ?
— Il s'est passé que ce monsieur, non content d'être reparti tôt sans même avoir la politesse de me dire au revoir a emmené MarieClaude avec lui sans prévenir après avoir pris à partie mon fiancé. Il n'y avait plus personne pour porter les plateaux et servir à boire. Tu te rends compte ? Il a fallu que je fasse appel à des amis pour la remplacer au pied levé. Et il a fallu qu'ils se mettent à plusieurs pour faire le travail. J'avais l'air de quoi ? Je te jure que ça ne se passera pas comme ça. Je veux bien être celle qui est gentille avec les autres mais j'aimerais bien qu'on me rende la pareille ! Elle était outrée.
— Ce que tu me racontes m'étonne un peu. Connaissant Cédric et surtout MarieClaude je suis sûre qu'ils ont dû avoir une bonne raison de se conduire de la sorte. Je vais essayer de voir avec eux ce qui s'est passé.
— Tu fais comme tu veux mais tu pourras leur dire que je suis furieuse et très déçue.
— Grand dieux que s'est-il passé ?
— Il s'est passé que ce monsieur, non content d'être reparti tôt sans même avoir la politesse de me dire au revoir a emmené MarieClaude avec lui sans prévenir après avoir pris à partie mon fiancé. Il n'y avait plus personne pour porter les plateaux et servir à boire. Tu te rends compte ? Il a fallu que je fasse appel à des amis pour la remplacer au pied levé. Et il a fallu qu'ils se mettent à plusieurs pour faire le travail. J'avais l'air de quoi ? Je te jure que ça ne se passera pas comme ça. Je veux bien être celle qui est gentille avec les autres mais j'aimerais bien qu'on me rende la pareille ! Elle était outrée.
— Ce que tu me racontes m'étonne un peu. Connaissant Cédric et surtout MarieClaude je suis sûre qu'ils ont dû avoir une bonne raison de se conduire de la sorte. Je vais essayer de voir avec eux ce qui s'est passé.
— Tu fais comme tu veux mais tu pourras leur dire que je suis furieuse et très déçue.
Puis elle raccrocha. Armelle décida d'aller voir MarieClaude pour lui demander ce qui s'était passé la veille. Elle prévint Philippe, qui commençait à préparer les bagages pour leur week-end à Condom chez les parents d'Armelle. Bien que n'étant pas encore mariés, ils habitaient déjà ensemble depuis deux ans. Elle lui dit qu'il fallait qu'elle passe chez MarieClaude et qu'ils ne pourraient pas partir tout de suite pour Condom. Elle était inquiète car elle pensait qu'il avait forcement du se passer quelque chose de grave, concernant probablement MarieClaude.
Philippe l'accompagna donc dans le quartier de la côte pavée ou MarieClaude avait sa chambre d'étudiante avant de retourner préparer les bagages. MarieClaude était logée dans une des pièces d'un petit pavillon calme dont la propriétaire était une vieille dame charmante. Elle était veuve et vivait seule. Si elle louait une chambre à des étudiants c'était surtout pour se sentir moins seule. Elle n'essayait pas de s'imposer mais une deuxième présence la rassurait un peu. De toute manière elle était très gentille et il était difficile de la trouver importune. Elle avait déjà logé de nombreux étudiants avec lesquels cela s'était toujours bien passé mais elle avait une tendresse particulière pour MarieClaude qui l'attendrissait beaucoup. MarieClaude avait eu de la chance de trouver un endroit où on faisait preuve de tant de gentillesse envers elle.
Armelle sonna et la vieille dame lui ouvrit :
— Bonjour madame Alquier je ne vous dérange pas ?
— Bonjour Armelle tu ne me dérange pas du tout. Tu viens voir notre petite MarieClaude ?
— Oui si cela ne vous dérange pas. Elle est là ?
— Elle est là. Tu sais où est sa chambre, tu n'as pas besoin que je t'accompagne.
— Bonjour Armelle tu ne me dérange pas du tout. Tu viens voir notre petite MarieClaude ?
— Oui si cela ne vous dérange pas. Elle est là ?
— Elle est là. Tu sais où est sa chambre, tu n'as pas besoin que je t'accompagne.
La vieille dame rajouta :
— C'est bien que tu passes la voir. Elle n'a pas l'air bien du tout. Tout à l'heure je suis sûre de l'avoir entendue pleurer.
Armelle très inquiète frappa doucement à la porte de la chambre.
Au bout de quelques temps MarieClaude lui ouvrit. Elle avait encore plus que d'habitude une mine de papier mâché. On voyait bien qu'elle avait beaucoup pleuré et elle était encore au bord des larmes. Armelle referma la porte et prit son amie dans ses bras pour l'embrasser. Cette dernière resta pelotonnée contre elle un certain temps sans bouger. Armelle, bouleversée par la détresse de MarieClaude lui demanda doucement :
Au bout de quelques temps MarieClaude lui ouvrit. Elle avait encore plus que d'habitude une mine de papier mâché. On voyait bien qu'elle avait beaucoup pleuré et elle était encore au bord des larmes. Armelle referma la porte et prit son amie dans ses bras pour l'embrasser. Cette dernière resta pelotonnée contre elle un certain temps sans bouger. Armelle, bouleversée par la détresse de MarieClaude lui demanda doucement :
— Tu ne vas pas bien ma chérie ?
— Si, tout va bien.
— Tu as pleuré.
— Ce n'est rien, je me suis cognée.
— Qu'est ce qui s'est passé hier soir ? Tu es partie en catastrophe avec Cédric. Sophie m'a téléphoné.
— J'ai eu un gros coup de fatigue. Cédric qui se préparait à partir a bien voulu me raccompagner. J'ai commis un impair auprès de Sophie. Il faudra que je lui demande pardon.
— MarieClaude ! Ne me prend pas pour une idiote. Je vois bien que ça ne va pas bien du tout. Que s'est-il passé hier soir ?
— Rien, je te dis ! ; J'étais seulement fatiguée. MarieClaude se remit à pleurer.
— Bon ! Moi je vais téléphoner à Cédric pour lui demander.
— Non ! Ne lui téléphone pas !
— Si, tout va bien.
— Tu as pleuré.
— Ce n'est rien, je me suis cognée.
— Qu'est ce qui s'est passé hier soir ? Tu es partie en catastrophe avec Cédric. Sophie m'a téléphoné.
— J'ai eu un gros coup de fatigue. Cédric qui se préparait à partir a bien voulu me raccompagner. J'ai commis un impair auprès de Sophie. Il faudra que je lui demande pardon.
— MarieClaude ! Ne me prend pas pour une idiote. Je vois bien que ça ne va pas bien du tout. Que s'est-il passé hier soir ?
— Rien, je te dis ! ; J'étais seulement fatiguée. MarieClaude se remit à pleurer.
— Bon ! Moi je vais téléphoner à Cédric pour lui demander.
— Non ! Ne lui téléphone pas !
MarieClaude était complètement affolée. Armelle sans lui répondre composa le numéro de Cédric. MarieClaude s'effondra alors sur son lit en sanglotant et en hoquetant :
— Non ! Ne téléphone pas. Je te jure que ça va bien. Elle était dans un état pitoyable.
Cédric répondit et Armelle entra tout de suite dans le vif du sujet :
— Bonjour Cédric. Je suis désolée de te déranger mais j'ai besoin que tu éclaires ma lanterne, si tu veux bien.
— Bonjour Armelle. Tu ne me déranges pas du tout.
— Bonjour Armelle. Tu ne me déranges pas du tout.
Il avait l'air tendu au téléphone et semblait prêt à exploser.
— Que puis-je pour toi ?
— Je suis chez MarieClaude qui n'a pas l'air bien du tout.
— Je suis chez MarieClaude qui n'a pas l'air bien du tout.
Armelle n'eut même pas le temps de continuer. Cédric l'interrompit en explosant de fureur.
— Tu pourras dire à cette petite dinde de Sophie et à ses petits cons d'amis qu'ils pourraient faire preuve d'un minimum de respect humain. On ne traite pas les gens comme MarieClaude a été traitée hier soir.
Armelle l'interrompit :
— Cédric ! S'il te plaît ne hurle pas comme ça. MarieClaude est déjà complètement affolée. Entendre tes cris ne va pas arranger les choses. Elle entendit Cédric respirer plusieurs fois à fond puis il répondit :
— Je te prie de m'excuser je vais essayer de me calmer mais je suis outré.
— Si tu me racontais ce qui s'est passé ?
— D'abord, en arrivant, quand j'ai vu le monde qu'il y avait et quand Sophie m'a appris que MarieClaude s'occupait seule du buffet…
— Je te prie de m'excuser je vais essayer de me calmer mais je suis outré.
— Si tu me racontais ce qui s'est passé ?
— D'abord, en arrivant, quand j'ai vu le monde qu'il y avait et quand Sophie m'a appris que MarieClaude s'occupait seule du buffet…
Armelle l'interrompit :
— Attends ! Elle devait juste donner un petit coup de main aux serveurs pour s'occuper.
— Je ne sais pas ce qui était prévu mais elle était seule pour faire le service.
— Mais avec tout ce monde comment pouvait elle s'en sortir ?
— Justement, elle ne pouvait pas ! Il fallait en même temps qu'elle remplace les plateaux qui se vidaient à une vitesse ahurissante, qu'elle serve à boire et remplace les bouteilles vides et en plus qu'elle lave les verres sales. C'est évident qu'elle ne pouvait pas tout faire ! En plus elle boitait de plus en plus. Elle se dirigeait tout droit vers la catastrophe.
— Mais Sophie n'est pas intervenue ?
— Oh si ! Elle est passée une fois et tout ce qu'elle a trouvé à dire c'est (Il prit une voix bête et nasillarde) : « Est-ce que tu ne pourrais pas aller plus vite ? Les gens s'impatientent.
— Je suppose que ça s'est mal terminé ?
— Non parce que je suis intervenu. Je suis passé de l'autre côté du buffet et j'ai pris les choses en main.
— C'est très gentil de ta part d'avoir aidé ma petite sœur.
— Ta petite sœur ?
— C'est comme ça que je l'appelle toujours. Mais dis-moi, si tu as pu la soulager qu'est ce qui a pu la mettre dans cet état ? (MarieClaude horrifiée essaya de l'arrêter. Non ! Non !)
— Malheureusement ce n'était que le début.
— Je ne sais pas ce qui était prévu mais elle était seule pour faire le service.
— Mais avec tout ce monde comment pouvait elle s'en sortir ?
— Justement, elle ne pouvait pas ! Il fallait en même temps qu'elle remplace les plateaux qui se vidaient à une vitesse ahurissante, qu'elle serve à boire et remplace les bouteilles vides et en plus qu'elle lave les verres sales. C'est évident qu'elle ne pouvait pas tout faire ! En plus elle boitait de plus en plus. Elle se dirigeait tout droit vers la catastrophe.
— Mais Sophie n'est pas intervenue ?
— Oh si ! Elle est passée une fois et tout ce qu'elle a trouvé à dire c'est (Il prit une voix bête et nasillarde) : « Est-ce que tu ne pourrais pas aller plus vite ? Les gens s'impatientent.
— Je suppose que ça s'est mal terminé ?
— Non parce que je suis intervenu. Je suis passé de l'autre côté du buffet et j'ai pris les choses en main.
— C'est très gentil de ta part d'avoir aidé ma petite sœur.
— Ta petite sœur ?
— C'est comme ça que je l'appelle toujours. Mais dis-moi, si tu as pu la soulager qu'est ce qui a pu la mettre dans cet état ? (MarieClaude horrifiée essaya de l'arrêter. Non ! Non !)
— Malheureusement ce n'était que le début.
Armelle sentit la sueur couler dans son dos. D'une voix tremblante elle demanda :
— Qu'est ce qui s'est passé ensuite ?
— Sophie est repassée et quand elle a vu que les choses s'étaient un peu calmées elle a demandé à MarieClaude de passer les plateaux parmi les invités. Puis elle m'a entraîné de force vers un groupe de ses soupirants, espérant visiblement m'y intégrer. Comme on n'avait pas grand-chose à se dire, eux et moi, je me suis éclipsé. Je commençais à en avoir un peu marre. En plus ça commençait à puer de cannabis. J'ai voulu partir mais j'avais des scrupules à laisser MarieClaude seule. Je suis donc revenu vers le buffet et là, j'ai assisté à une scène…
— Sophie est repassée et quand elle a vu que les choses s'étaient un peu calmées elle a demandé à MarieClaude de passer les plateaux parmi les invités. Puis elle m'a entraîné de force vers un groupe de ses soupirants, espérant visiblement m'y intégrer. Comme on n'avait pas grand-chose à se dire, eux et moi, je me suis éclipsé. Je commençais à en avoir un peu marre. En plus ça commençait à puer de cannabis. J'ai voulu partir mais j'avais des scrupules à laisser MarieClaude seule. Je suis donc revenu vers le buffet et là, j'ai assisté à une scène…
Il s'interrompit pour respirer lentement plusieurs fois.
— Excuse-moi mais il faut que je me calme à nouveau.
— Quoi ? Continue !
— Quoi ? Continue !
Armelle commençait à être affolée.
— Quand je suis arrivé près du buffet, un petit con visiblement ivre lui avait mis la main aux fesses puis, comme elle s'écartait avec horreur il l'a insultée en la traitant de mocheté boiteuse.
— Mon dieu ça n'est pas possible ! Rien ne pouvait être pire pour elle. Tu es intervenu au moins ?
— Bien sûr ! J'ai obligé le type à faire des excuses mais le mal était fait. J'ai donc décidé que ça suffisait comme ça et j'ai ramené MarieClaude chez elle.
— Tu as bien fait. Je te remercie. Je t'ai toujours considéré comme quelqu'un de bien.
— Armelle ! La voix de Cédric était passée de la colère à l'anxiété.
— Oui ?
— Je ne comprends pas !
— Quoi ?
— Quand j'ai raccompagné MarieClaude chez elle, elle n'a pas arrêté de dire que tout ça c'était de sa faute et de s'excuser. Je me suis même demandé si elle n'allait pas vouloir retourner là-bas pour présenter des excuses au garçon qui l'avait insultée. Qu'est-ce qu'elle a ? Qu'est ce qui lui est arrivé ?
— Il faudra que je t'en parle un jour. Mais pas maintenant. Il faut que je m'occupe de ma petite sœur. Et puis je vais passer un coup de fil à Sophie pour lui dire ce que j'en pense.
— Merci Armelle. Tu es quelqu'un de bien toi aussi. Et tu pourras dire à MarieClaude qu'elle aussi est quelqu'un de bien. Mais pas Sophie. Je suis désolé mais pas Sophie.
— Au revoir Cédric.
— Au revoir Armelle.
— Mon dieu ça n'est pas possible ! Rien ne pouvait être pire pour elle. Tu es intervenu au moins ?
— Bien sûr ! J'ai obligé le type à faire des excuses mais le mal était fait. J'ai donc décidé que ça suffisait comme ça et j'ai ramené MarieClaude chez elle.
— Tu as bien fait. Je te remercie. Je t'ai toujours considéré comme quelqu'un de bien.
— Armelle ! La voix de Cédric était passée de la colère à l'anxiété.
— Oui ?
— Je ne comprends pas !
— Quoi ?
— Quand j'ai raccompagné MarieClaude chez elle, elle n'a pas arrêté de dire que tout ça c'était de sa faute et de s'excuser. Je me suis même demandé si elle n'allait pas vouloir retourner là-bas pour présenter des excuses au garçon qui l'avait insultée. Qu'est-ce qu'elle a ? Qu'est ce qui lui est arrivé ?
— Il faudra que je t'en parle un jour. Mais pas maintenant. Il faut que je m'occupe de ma petite sœur. Et puis je vais passer un coup de fil à Sophie pour lui dire ce que j'en pense.
— Merci Armelle. Tu es quelqu'un de bien toi aussi. Et tu pourras dire à MarieClaude qu'elle aussi est quelqu'un de bien. Mais pas Sophie. Je suis désolé mais pas Sophie.
— Au revoir Cédric.
— Au revoir Armelle.
Explication de gravure
Armelle se retourna vers MarieClaude :
— Pourquoi tu ne voulais pas m'en parler ma chérie.
— Je ne voulais pas t'embêter avec mes histoires murmura MarieClaude.
— Les grandes sœurs sont faites pour ça.
— Tu es si gentille avec moi.
— C'est parce que je t'aime très fort.
— Tu sais, il ne faut pas en vouloir à Sophie. Elle ne s'est pas rendu compte du travail que ça représentait. Et puis elle est toujours très gentille avec moi. C'est la seule amie que j'aie en dehors de toi.
— Rassure toi, je n'ai pas l'intention de me fâcher avec elle, mais je vais quand même lui téléphoner pour mettre les choses au point. Elle m'a téléphoné pour se plaindre et il n'y a pas de raison pour que je la laisse sur l'impression que c'est elle la victime. Je t'emmène à Condom. Tu ne reviendras à Toulouse que quand tu te seras remise de cette consternante histoire. Cédric m'a tout raconté.
— Il a dû me trouver un peu ridicule ?
— Pas du tout. Il est outré de ce qui s'est passé. Il m'a dit que tu étais quelqu'un de bien. Tu vois, certaines personnes t'apprécient.
— Pas beaucoup.
— Beaucoup plus que tu ne le crois.
— En tout cas, pas les gens d'hier soir.
— Tu devrais en être plutôt fière. Bon ! Il faut que je passe plusieurs coups de fil. Je te laisse quelques instants. Profites-en pour faire un petit bagage. Moi je vais demander à Madame Alquier si je peux téléphoner depuis une autre pièce. Tu es assez traumatisée comme ça.
— D accord répondit docilement MarieClaude.
— Je ne voulais pas t'embêter avec mes histoires murmura MarieClaude.
— Les grandes sœurs sont faites pour ça.
— Tu es si gentille avec moi.
— C'est parce que je t'aime très fort.
— Tu sais, il ne faut pas en vouloir à Sophie. Elle ne s'est pas rendu compte du travail que ça représentait. Et puis elle est toujours très gentille avec moi. C'est la seule amie que j'aie en dehors de toi.
— Rassure toi, je n'ai pas l'intention de me fâcher avec elle, mais je vais quand même lui téléphoner pour mettre les choses au point. Elle m'a téléphoné pour se plaindre et il n'y a pas de raison pour que je la laisse sur l'impression que c'est elle la victime. Je t'emmène à Condom. Tu ne reviendras à Toulouse que quand tu te seras remise de cette consternante histoire. Cédric m'a tout raconté.
— Il a dû me trouver un peu ridicule ?
— Pas du tout. Il est outré de ce qui s'est passé. Il m'a dit que tu étais quelqu'un de bien. Tu vois, certaines personnes t'apprécient.
— Pas beaucoup.
— Beaucoup plus que tu ne le crois.
— En tout cas, pas les gens d'hier soir.
— Tu devrais en être plutôt fière. Bon ! Il faut que je passe plusieurs coups de fil. Je te laisse quelques instants. Profites-en pour faire un petit bagage. Moi je vais demander à Madame Alquier si je peux téléphoner depuis une autre pièce. Tu es assez traumatisée comme ça.
— D accord répondit docilement MarieClaude.
Armelle alla voir la vieille dame.
— Je voudrais passer quelques coups de fil mais pas devant MarieClaude. Est que je pourrais me mettre dans votre cuisine ?
— Reste dans le salon tu y seras mieux. Moi j'ai à faire dans la cuisine.
— Reste dans le salon tu y seras mieux. Moi j'ai à faire dans la cuisine.
C'était sûrement faux mais Armelle n'insista pas.
— MarieClaude va bien ?
— Non pas très bien. Certaines personnes se sont mal comportées avec elle hier soir et elle est bouleversée. Je l'emmène avec moi à Condom.
— Tu fais bien. Bon ! Je te laisse. Prend ton temps.
— Non pas très bien. Certaines personnes se sont mal comportées avec elle hier soir et elle est bouleversée. Je l'emmène avec moi à Condom.
— Tu fais bien. Bon ! Je te laisse. Prend ton temps.
Armelle téléphona en premier à Sophie :
— Sophie ? C'est de nouveau moi.
— Tu as vu MarieClaude ?
— Je suis chez MarieClaude et j'ai eu Cédric au téléphone. Il était très remonté.
— QUOI ?????
— Tu as vu MarieClaude ?
— Je suis chez MarieClaude et j'ai eu Cédric au téléphone. Il était très remonté.
— QUOI ?????
Sophie était outrée. Armelle reprit :
— Permet moi de te dire que tu es drôlement gonflée. Je croyais que MarieClaude devait seulement donner un coup de main au buffet en cas de problème. En réalité elle était toute seule.
— Sophie un peu gênée baissa d'un ton.
— Elle n'était pas seule, il paraît que quelqu'un l'a aidée.
— Oui ! C'est Cédric qui l'a aidée ! Il a passé presque deux heures avec elle. Tu trouves ça normal ? Qu'est ce qui se serait passé s'il n'avait pas été là ? Tu peux me le dire ?
— Ce n'est pas ma faute ; on avait prévu trois serveurs et j'avais dit à Maman que je m'en occupais. Et puis j'ai oublié et, quand je m'en suis rendue compte, c'était trop tard. Alors je me suis rabattue sur MarieClaude.
— Mais tu es inconsciente ma pauvre Sophie ! Tu remplaces trois serveurs dont c'est le métier par une gamine qui n'a jamais fait ça et qui boîte bas et tu pensais qu'elle allait s'en sortir toute seule ?
— Sophie se mit à pleurnicher :
— Je ne savais pas. Ils auraient dû me prévenir. Ce n'est pas de ma faute. Et puis MarieClaude aurait dû me dire qu'elle était trop fatiguée pour continuer.
— Ce n'est pas pour ça qu'elle est partie brusquement. C'est parce qu'un de tes invités lui a mis la main aux fesses et ensuite l'a traité de mocheté boiteuse. C'est ça tes amis ? Tu me déçois énormément Sophie.
— Sophie un peu gênée baissa d'un ton.
— Elle n'était pas seule, il paraît que quelqu'un l'a aidée.
— Oui ! C'est Cédric qui l'a aidée ! Il a passé presque deux heures avec elle. Tu trouves ça normal ? Qu'est ce qui se serait passé s'il n'avait pas été là ? Tu peux me le dire ?
— Ce n'est pas ma faute ; on avait prévu trois serveurs et j'avais dit à Maman que je m'en occupais. Et puis j'ai oublié et, quand je m'en suis rendue compte, c'était trop tard. Alors je me suis rabattue sur MarieClaude.
— Mais tu es inconsciente ma pauvre Sophie ! Tu remplaces trois serveurs dont c'est le métier par une gamine qui n'a jamais fait ça et qui boîte bas et tu pensais qu'elle allait s'en sortir toute seule ?
— Sophie se mit à pleurnicher :
— Je ne savais pas. Ils auraient dû me prévenir. Ce n'est pas de ma faute. Et puis MarieClaude aurait dû me dire qu'elle était trop fatiguée pour continuer.
— Ce n'est pas pour ça qu'elle est partie brusquement. C'est parce qu'un de tes invités lui a mis la main aux fesses et ensuite l'a traité de mocheté boiteuse. C'est ça tes amis ? Tu me déçois énormément Sophie.
Sophie se mit carrément à pleurer.
— Je t'en supplie Armelle. Pardonne-moi. Je ferai des excuses. Je vais faire un gros cadeau à MarieClaude. Je ferai tout ce que vous voudrez mais pardonnez-moi toutes les deux. J'ai été égoïste et inconsciente mais je me rachèterai. Mais je ne veux pas que nous soyons fâchées. Je vous aime tellement toutes les deux. Pardonnez-moi je vous en supplie !
Armelle se radoucit :
— MarieClaude ne t'en veut pas. Tu sais bien qu'elle en est incapable. Moi aussi je veux bien te pardonner mais je veux que tu prennes bien conscience de l'injustice, le mot est faible, dont MarieClaude a été victime et qui risque de laisser des traces étant donné sa fragilité.
— Et Cédric ? Tu crois qu'il me pardonnera lui aussi ?
— Franchement je n'en suis pas sûre. Manifestement, pour lui, le respect des autres est une valeur fondamentale. J'ai bien peur que l'opinion qu'il se fait sur les gens soit difficile à modifier.
— Tu ne peux pas intercéder ?
— Je suis désolée ma chérie mais il est temps que tu assumes tes responsabilités. Si tu veux te réconcilier avec Cédric il faudra que ce soit toi, et personne d'autre, qui rattrape la situation si c'est possible.
— Je n'oserai jamais.
— Je suis désolée mais je ne peux rien pour toi. Et je ne dis pas ça par méchanceté crois-moi, mais ma priorité maintenant c'est MarieClaude.
— Je comprends. Ce sera une leçon pour moi. J'essayerai d'en tenir compte. Au revoir Armelle.
— Au revoir Sophie.
— Et Cédric ? Tu crois qu'il me pardonnera lui aussi ?
— Franchement je n'en suis pas sûre. Manifestement, pour lui, le respect des autres est une valeur fondamentale. J'ai bien peur que l'opinion qu'il se fait sur les gens soit difficile à modifier.
— Tu ne peux pas intercéder ?
— Je suis désolée ma chérie mais il est temps que tu assumes tes responsabilités. Si tu veux te réconcilier avec Cédric il faudra que ce soit toi, et personne d'autre, qui rattrape la situation si c'est possible.
— Je n'oserai jamais.
— Je suis désolée mais je ne peux rien pour toi. Et je ne dis pas ça par méchanceté crois-moi, mais ma priorité maintenant c'est MarieClaude.
— Je comprends. Ce sera une leçon pour moi. J'essayerai d'en tenir compte. Au revoir Armelle.
— Au revoir Sophie.
Armelle téléphona ensuite à Philippe.
— C'est toi Armelle ? Que se passe-t-il ?
— Je te téléphone pour que tu passes me chercher. Nous emmenons MarieClaude avec nous à Condom. Je vais prévenir ses parents.
— Qu'est ce qui se passe ?
— La soirée s'est très mal passée pour MarieClaude. Non seulement il fallait qu'elle assure toute seule le service du buffet mais en plus, elle s'est faite gravement insulter par un invité. Heureusement mon cousin Cédric s'est occupé d'elle et l'a retirée du guêpier dans lequel elle était tombée. Mais elle a été complètement traumatisée et a besoin de se réfugier un temps auprès de ses parents.
— Tu as tout à fait raison. Je ferme l'appartement et j'arrive.
— Sois prudent en conduisant.
— A tout de suite.
— Je te téléphone pour que tu passes me chercher. Nous emmenons MarieClaude avec nous à Condom. Je vais prévenir ses parents.
— Qu'est ce qui se passe ?
— La soirée s'est très mal passée pour MarieClaude. Non seulement il fallait qu'elle assure toute seule le service du buffet mais en plus, elle s'est faite gravement insulter par un invité. Heureusement mon cousin Cédric s'est occupé d'elle et l'a retirée du guêpier dans lequel elle était tombée. Mais elle a été complètement traumatisée et a besoin de se réfugier un temps auprès de ses parents.
— Tu as tout à fait raison. Je ferme l'appartement et j'arrive.
— Sois prudent en conduisant.
— A tout de suite.
Armelle téléphona ensuite aux parents d'Armelle. Ce fut sa mère qui répondit. Armelle fut soulagée car elle préférait ne pas avoir à faire au papa de MarieClaude qui pouvait avoir des réactions violentes si on touchait à sa fille.
— Bonjour madame Roussel. C'est Armelle.
— Bonjour Armelle. Comment vas-tu ?
— Très bien. Je vous téléphone pour vous avertir que nous amenons MarieClaude avec nous à Condom.
— Elle ne peut pas nous téléphoner ?
— Je crains qu'elle n'ait quelques difficultés pour le faire car elle est très émue.
— Qu'est ce qui est arrivée à ma petite fille ? S'écria, alarmée, la maman de MarieClaude.
— La soirée à laquelle elle a participé hier s'est mal passée. Elle s'est vue demander un travail qui n'était pas dans ses moyens puis elle s'est fait gravement insulter par un invité. Je vous en reparlerai de vive voix mais je pense qu'il vaudrait mieux que vous soyez la seule à être au courant.
— Tu as tout à fait raison. Nous dirons simplement qu'elle a un gros coup de fatigue dû à son travail acharné. Mon bébé ! Je vais bien m'occuper d'elle. Je vais me mettre en congés pour la chouchouter. Je vous attends avec impatience.
— Je n'ai aucun doute à ce sujet. Au revoir Madame Roussel.
— A tout à l'heure.
— Bonjour Armelle. Comment vas-tu ?
— Très bien. Je vous téléphone pour vous avertir que nous amenons MarieClaude avec nous à Condom.
— Elle ne peut pas nous téléphoner ?
— Je crains qu'elle n'ait quelques difficultés pour le faire car elle est très émue.
— Qu'est ce qui est arrivée à ma petite fille ? S'écria, alarmée, la maman de MarieClaude.
— La soirée à laquelle elle a participé hier s'est mal passée. Elle s'est vue demander un travail qui n'était pas dans ses moyens puis elle s'est fait gravement insulter par un invité. Je vous en reparlerai de vive voix mais je pense qu'il vaudrait mieux que vous soyez la seule à être au courant.
— Tu as tout à fait raison. Nous dirons simplement qu'elle a un gros coup de fatigue dû à son travail acharné. Mon bébé ! Je vais bien m'occuper d'elle. Je vais me mettre en congés pour la chouchouter. Je vous attends avec impatience.
— Je n'ai aucun doute à ce sujet. Au revoir Madame Roussel.
— A tout à l'heure.
Armelle alla prévenir Madame Alquier qu'elle avait fini de téléphoner puis retourna auprès de MarieClaude.
— Tout est réglé. Ta maman t'attend.
MarieClaude la regarda avec reconnaissance. Comme à l'accoutumée, lorsqu'elle avait un problème, sa grande sœur la protégeait. Quelques instants plus tard Philippe arriva et ils se mirent en route pour Condom. Le trajet prit comme d'habitude un peu plus d'une heure et demie. Philippe était concentré sur sa conduite. Armelle essayait de changer les idées de MarieClaude en parlant de choses et d'autres et en faisant des commentaires sur le paysage qu'on apercevait depuis la route. Il était d'ailleurs très agréable en ces lieux et à cette époque de l'année. MarieClaude faisait son possible pour lui répondre mais le cœur n'y était manifestement pas. Bientôt le silence s'établit jusqu'à l'arrivée à Condom. Ils traversèrent la ville avant de continuer quelques kilomètres en direction de Bordeaux. Ils prirent une petite route vers la droite et arrivèrent presque tout suite à destination. C'était une belle propriété.
Elle se composait d'une jolie Villa spacieuse et largement ouverte sur un jardin d'agrément amoureusement entretenu. Une Large terrasse orientée au sud-ouest complétait le tout. La maman de MarieClaude les attendait près de l'entrée. On voyait bien que c'était quelqu'un de très affectueux. Quand MarieClaude descendit elle alla sans un mot se réfugier dans les bras de sa mère la tête enfouie contre sa poitrine comme pour s'y réfugier. Celle-ci la berça en lui murmurant des mots d'amour comme seule une mère sait les dire. Puis elle fit un petit signe de remerciement au couple qui repartit aussitôt. Serrant sa petite fille dans ses bras elle rentra dans la maison. Armelle était rassurée. MarieClaude était maintenant avec sa maman. Tout irait bien.
Pendant ce temps, à Ramonville-Saint-Agne, Sophie essayait de digérer la nouvelle qu'elle avait apprise et la colère d'Armelle. Elle espérait qu'Armelle et MarieClaude lui pardonneraient. Elle se demandait par contre si elle arriverait à se faire pardonner par Cédric qui était manifestement quelqu'un d'entier. Cela la peinait beaucoup car elle se rendait compte qu'elle était très attirée par ce beau garçon qui pourrait être un mari merveilleux.
Elle allait tout faire pour le reconquérir. Elle allait laisser tomber tous ces crétins qui lui courraient derrière. Elle saurait lui prouver combien elle était capable d'être quelqu'un de formidable dont tout le monde vanterait les qualités morales. C'était ça qui comptait vraiment dans la vie. Elle n'hésiterait pas à l'affirmer et même à braver son père. D'ailleurs elle lui dirait qu'elle refusait d'épouser le fils Bouchon et qu'elle avait choisi de consacrer sa vie à Cédric ; que c'était comme ça, que ça lui plaise ou non. Et si son père lui coupait les vivres hé bien tant pis ! Elle avait maintenant un métier. Elle avait beaucoup de goût et elle réussirait très certainement à trouver du travail dans la décoration de magasins. Elle en serait très capable et même elle se voyait bien créer sa propre boite. Ça n'avait pas l'air bien difficile. Elle aurait du succès et tout le monde s'adresserait à elle.
Elle se voyait très bien aménager des vitrines de mode comme par exemple chez « Marie Lou » et ses jolis chemisiers…
LES CHEMISIERS ??? Catastrophe !!! Elle avait complètement oublié « Marie Lou » avec toutes ces histoires. C'était épouvantable ! Ils avaient déjà dû vendre tout leur nouveau lot de chemisiers ou en tout cas les plus beaux. Elle n'aurait rien à se mettre samedi prochain pour la soirée donnée chez les Bouchon. Elle se ridiculiserait même aux yeux du fils Bouchon. « Marie Lou » devait déjà être ouvert. Il n'y avait plus une minute à perdre. Elle prit sa Mini et fonça vers le centre-ville. Quand elle raconterait ça à Armelle, celle-ci se rendrait compte combien toute cette histoire l'avait perturbée.
LES CHEMISIERS ??? Catastrophe !!! Elle avait complètement oublié « Marie Lou » avec toutes ces histoires. C'était épouvantable ! Ils avaient déjà dû vendre tout leur nouveau lot de chemisiers ou en tout cas les plus beaux. Elle n'aurait rien à se mettre samedi prochain pour la soirée donnée chez les Bouchon. Elle se ridiculiserait même aux yeux du fils Bouchon. « Marie Lou » devait déjà être ouvert. Il n'y avait plus une minute à perdre. Elle prit sa Mini et fonça vers le centre-ville. Quand elle raconterait ça à Armelle, celle-ci se rendrait compte combien toute cette histoire l'avait perturbée.
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Commentaires ()
Et la plus grande serait une liaison entre ces deux derniers pour sa plus grande désillusion et humiliation