Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
L'éveil dans l'obscurité — Chapitre 9
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
L'éveil dans l'obscurité
Chapitre 9
Chapitre 9
Le monde est un bloc de sensations confuses. Il n'y a plus de noir ou de blanc, seulement des pressions, des odeurs et des sons qui s'entrechoquent. Je me sens comme un vaisseau à la dérive, balloté par des vagues de douleur lancinante qui battent le rythme, inlassablement, contre mes tempes. Parfois, l'odeur âcre de l'antiseptique se dissipe pour laisser place à un parfum que je connais mieux que tout : le bois de santal et cette chaleur métallique, l'identité de Dan.
Quand j'ouvre les yeux — ou plutôt, quand mon esprit se force à émerger dans cet état de semi-conscience — je ne vois rien, mais je sens tout. Je sens le drap de coton rêche sous ma peau, le froid de la perfusion qui glisse dans mes veines, et le poids de Dan, immobile, à mes côtés.
Le silence est rompu par un froissement de papier et des pas feutrés sur le linoléum. Une voix masculine, grave, posée, s'approche de mon lit. C'est le médecin.
— Monsieur, vous êtes avec nous ?
Je tente de répondre, mais ma bouche est une plaie sèche. J'entends Dan se lever brusquement, la chaise grinçant contre le sol. Sa main attrape la mienne, une pression qui me dit : « Je suis là, ne lâche rien. »
— Il est réveillé, dit Dan. Sa voix est un mélange d'épuisement et de soulagement intense.
Le médecin s'installe, je sens son souffle près de mon visage.
— Monsieur, vous avez eu une chance inouïe.
Je l'écoute détailler le rapport. Il parle de la plaie sur ma tempe. Il explique que le cuir chevelu est incroyablement vascularisé — c'est ce qui explique pourquoi Dan a cru voir une mare de sang, pourquoi l'hémorragie était si impressionnante. "Dix points de suture," dit-il, "ce n'est qu'une plaie cutanée, spectaculaire, mais bénigne."
Puis, il passe à l'essentiel, le scanner. « Aucune lésion intracrânienne. Votre cerveau a été secoué, une commotion de grade 2, mais il est intact. Pas d'œdème, pas de fracture crânienne. »
Chaque mot est une bouffée d'oxygène pour Dan, dont je sens la main se détendre un peu dans la mienne. Pourtant, une terreur nouvelle m'envahit. L'idée de rester ici, dans cette chambre froide, sans repères, entouré par le bourdonnement des machines, m'est insupportable.
— Demain matin, vous pourrez sortir, conclut le médecin.
Une onde de panique déchire ma poitrine. Je ne peux pas. Je ne peux pas rester seul ici, dans ce noir total où le moindre silence devient une menace.
— Non, lâché-je, ma voix n'étant qu'un souffle rauque. Je refuse. Je ne dors pas ici. Je veux rentrer chez moi.
— Milo, c'est pour ta sécurité… tente Dan, mais je sens sa voix hésiter.
— Je ne peux pas, répété-je, plus fort, sentant mes larmes perler. Je ne reste pas seul ici.
— Milo, c'est pour ta sécurité… tente Dan, mais je sens sa voix hésiter.
— Je ne peux pas, répété-je, plus fort, sentant mes larmes perler. Je ne reste pas seul ici.
Le médecin soupire, un son de cuir et de patience. Après une longue pause, il cède, à une condition : une présence constante pour surveiller les signes neurologiques. Il tourne son regard vers Dan, je le sens.
— Quelqu'un doit rester avec vous cette nuit, Monsieur, pour vérifier votre état.
C'est le moment. Le pivot de ma survie. Je tourne ma tête vers Dan, je cherche son visage dans le vide, les yeux fixés droit devant, aveuglément.
— Dan... s'il te plaît. Reste avec moi. Ne me laisse pas seul.
Je sens Dan se figer. Le silence qui suit est lourd, chargé de ce qu'il a vécu ce matin. Je ne le vois pas, mais je devine l'image qui le hante : lui, entrant dans mon appartement, découvrant le sang sur le parquet, la peur que je ne sois plus qu'un souvenir. Je sens ses muscles se contracter, sa main trembler légèrement dans la mienne. Il est terrifié. Il a peur que, s'il reste, il doive me regarder mourir une seconde fois.
Puis, il finit par hocher la tête, un mouvement que je perçois à travers la pression de sa main sur la mienne.
— D'accord. Je resterai.
La tension retombe brusquement, transformant mes larmes de terreur en larmes de reconnaissance. Je sens la fatigue m'écraser, mais un sourire, infime et fragile, étire mes lèvres. La douleur à ma tempe bandée devient une anecdote face à sa présence.
— C'est mignon quand tu t'inquiètes, Dan, murmuré-je, la voix teintée d'une ironie douce.
Je sens son souffle se bloquer, une secousse légère dans ses doigts. Il ne répond pas par des mots. Je sens son corps s'incliner, son parfum de santal devenir plus fort, plus présent. Il approche son visage du mien avec une déférence sacrée. Ses lèvres, chaudes et tremblantes, effleurent les miennes. C'est un baiser qui ne demande rien, qui ne fait que promettre. Un baiser qui scelle ce pacte de sang et de survie.
Il est là. Il a peur, mais il est là. Je sens ma main, lourde, se crisper sur la sienne, comme pour le retenir au bord de ce vide qui nous a failli nous engloutir. La peur de la nuit s'estompe, remplacée par la certitude que, peu importe ce que dit le médecin sur mon cerveau "secoué", ma seule ancre, c'est lui. Et pour ce soir, c'est tout ce dont j'ai besoin pour survivre.
La journée s'étire, portée par un rythme étrange, suspendu entre la réalité clinique et notre bulle d'intimité retrouvée. Le soleil, que je ne vois pas mais dont je devine la course à la chaleur qui déplace ses rayons sur mes draps, marque le passage des heures. Je suis épuisé, le crâne en feu, mais une sérénité nouvelle m'envahit : Dan est là. Il est là, assis sur le rebord de mon lit, sa main ne quittant jamais la mienne.
Vers midi, l'idée que Dan doive s'absenter un instant pour récupérer ses affaires s'immisce dans notre silence. Il le suggère avec une hésitation palpable, craignant sans doute ma réaction.
— Milo, je… je dois passer chez moi. Il me faut des vêtements de rechange, ma brosse à dents, quelques affaires pour la nuit. Je ne peux pas rester sans rien. Mais je reviens tout de suite, promit-il.
Mon cœur manque un battement, un réflexe de panique archaïque, mais je le chasse aussitôt. Sa main dans la mienne est une ancre.
— Oui, dis-je, impatient. Oui, s'il te plaît, va chercher tout ce qu'il te faut. Je veux que tu restes. Oui, mille fois oui, Dan.
Il rit doucement, un son grave qui vibre dans ma poitrine. Il se penche et dépose un baiser sur mes lèvres, un baiser qui a le goût de la promesse.
— Je ne pars pas loin. Je reviens dans une heure.
Quand il s'absente, la chambre semble perdre une partie de sa lumière. Je reste là, à écouter les bruits de l'hôpital. Le passage des infirmières devient un rituel. Elles viennent régulièrement vérifier mes constantes, une main gantée sur mon poignet, un autre qui manipule ma perfusion. Elles parlent à voix basse, leurs voix sont un bourdonnement rassurant. L'une d'elles, avec une délicatesse infinie, change le pansement sur ma tempe. Ça pique, ça brûle, mais je ne me plains pas. Je pense à Dan. Je pense à la façon dont il m'a tenu la main ce matin.
Quand il revient, je sens l'air se déplacer, son odeur de bois de santal chassant définitivement celle des produits désinfectants.
— Je suis là, murmure-t-il, s'asseyant à nouveau près de moi.
Le reste de l'après-midi est une succession de confidences. Nous parlons, non pas de l'accident, mais de nous, de ce que nous ne connaissons pas encore l'un de l'autre. Je veux tout savoir.
— Dan ? demandé-je doucement. Quand tu n'es pas avec moi, quand tu es juste toi... qu'est-ce que tu aimes faire de ton temps libre ?
Il marque un léger silence, surpris par ma curiosité. Puis, sa voix se fait plus légère, presque souriante. Il me parle de ses lectures solitaires, de ces vieux disques de jazz qu'il aime écouter en préparant son café, de ses longues promenades dans le parc où il aime observer le changement des saisons. Je l'écoute, suspendu à ses lèvres. Il me peint un monde de tranquillité dont je veux faire partie. Parfois, il se tait et je sens son regard peser sur moi. Je devine sa main caressant mes cheveux, évitant avec précaution le bandage, une caresse si légère qu'elle ressemble à un souffle.
En fin d'après-midi, le médecin revient pour valider notre sortie imminente. Il ne plaisante pas. Son ton est devenu celui d'un mentor, impératif et sérieux.
— Écoutez bien, tous les deux, dit-il, sa voix résonnant contre les murs de la chambre. La commotion est réelle. Milo, vous allez avoir des vertiges, une hypersensibilité à tout bruit fort, une fatigue cognitive brutale. Votre cerveau a besoin de silence et de calme absolu. Si vous essayez de forcer, vous allez vous effondrer.
Il se tourne vers Dan, et je sens le sérieux dans sa posture.
— Dan, c'est vous qui êtes responsable. Si Milo devient confus, s'il se plaint de maux de tête explosifs, s'il vomit ou s'il perd l'équilibre, vous m'appelez instantanément ou vous foncez aux urgences. Pas de surmenage, pas d'écrans, pas de stress. Il doit rester allongé autant que possible. Surveillez ses pupilles, surveillez son niveau de conscience. S'il ne répond pas à vos questions de manière cohérente, c'est une urgence.
Dan hoche la tête, une réponse courte et engagée. Il prend note de tout, il est déjà en mode protecteur. Cette idée qu'il soit celui qui me surveille, qui m'observe pour déceler la moindre défaillance, me remplit d'une chaleur immense. C'est lui qui sera mon gardien.
Le crépuscule finit par tomber. La lumière de la chambre change, devenant plus douce, plus feutrée. Nous attendons les formalités pour quitter cet endroit. Dan est là, il a ramené un sac, il a pris ses affaires.
— On rentre bientôt, Milo. Chez toi.
— Chez moi, murmuré-je, le cœur serré par cette réalité qui me frappe soudain.
— Chez moi, murmuré-je, le cœur serré par cette réalité qui me frappe soudain.
Il marque une pause, puis ses lèvres rencontrent les miennes. C'est un baiser lent, empreint de toute l'angoisse et du soulagement de cette journée. Je sens ses lèvres caresser les miennes avec une tendresse infinie, une reconnaissance muette de notre chance.
— Chez toi, répète-t-il dans un souffle.
Je me sens en sécurité. Je sais que la nuit ne sera pas facile, que mon cerveau "secoué" va me jouer des tours, que le vide sonore de mon appartement m'attendra peut-être au tournant. Mais Dan est là. Il a tout accepté : la responsabilité, la surveillance, la promesse de ne plus me laisser seul. Je pose ma tête contre son épaule, oubliant les bips des machines, oubliant la douleur à ma tempe. Je suis vivant. Je suis entouré. Et demain, le jour se lèvera sur une vie où le silence ne sera plus jamais une prison. Je sens ses bras m'encercler, une étreinte solide, un rempart contre le monde. La peur a disparu, balayée par la certitude que, quelle que soit la fatigue de mon esprit, il sera là pour tenir la main que je lui tends. Il est là, tout simplement, et pour la première fois, ce "tout simplement" suffit à remplir le vide de mon existence.
Le retour dans l'appartement, à 18h, est une épreuve silencieuse. Dès que la porte d'entrée bascule sur ses gonds, une bouffée d'air vicié, imprégnée de cette odeur métallique, âcre et persistante du sang séché, nous saisit à la gorge. Je ne vois pas le parquet, mais je devine la flaque sombre qui souille le bois, ce rappel brutal du lieu où ma vie a failli basculer. Dan se fige. Je sens sa main sur mon épaule se crisper, un spasme de douleur invisible. Pour m'épargner l'angoisse de traverser cette zone de crime domestique, il me guide avec une fermeté protectrice, presque maternelle, m'éloignant du salon vers la sécurité relative de la chambre. Le parquet craque sous nos pas, un bruit sourd et familier qui, aujourd'hui, me semble chargé d'une tension électrique.
— Reste allongé, ne fais aucun effort, c'est ce qu'a dit le médecin, murmure-t-il, sa voix tremblante à peine.
Il m'installe sous les draps avec une lenteur infinie, m'enveloppant comme si j'étais fait de verre. Il ajuste l'oreiller sous ma nuque, prenant garde à ne pas heurter la zone sensible de ma tempe bandée.
— Je reviens tout de suite, ajoute-t-il, le souffle court.
Pendant que je suis cloué au lit, le monde extérieur reprend ses droits par le son. Dan retourne dans le salon. J'entends le clapotis de l'eau, le frottement rageur de la serpillière sur le bois, le bruit chimique du détergent que l'on verse dans un seau. C'est un nettoyage frénétique, une tentative désespérée d'effacer les traces de son cauchemar. Il frotte, il insiste, et je peux presque visualiser son visage tendu, ses sourcils froncés, ses gestes nerveux. Déstabilisé par l'obscurité et le souvenir lancinant de ma chute, je ne supporte pas le silence entre deux bruits d'eau. L'angoisse me monte à la gorge, cette sensation de flottement qui accompagne mes vertiges. Chaque seconde sans sa présence physique semble étirer le temps, transformant la chambre en une cellule vide et glaciale.
— Dan ? ma voix est un cri étouffé, le souffle court. Tu es là ?
Aussitôt, le bruit du nettoyage cesse. Des pas rapides, légers, traversent le salon. Il surgit dans l'entrebâillement de la porte, une ombre protectrice.
— Je suis là, Milo. J'ai presque fini. Ne t'en fais pas. Je ne m'éloigne pas plus.
Il s'approche, pose sa main sur mon front pour vérifier ma température. Sa peau est fraîche, un contraste apaisant avec l'agitation de mes pensées. Le retour de Dan, quand le calme revient enfin, est une bénédiction. Il entre dans la chambre, apporte avec lui l'odeur du savon propre qui remplace enfin le fer du sang. Il a troqué son anxiété pour une douceur nouvelle, presque palpable.
Le repas est une chorégraphie de tendresse. Il a préparé un velouté de légumes tiède, dont l'odeur réconfortante me parvient par vagues. Il m'aide à m'asseoir en calant des oreillers derrière mon dos avec une précision chirurgicale, évitant de frôler mon pansement. Il teste la température de la cuillère avant de me l'approcher. Je glisse mes mains sur le drap pour trouver son poignet, cherchant le contact rassurant de son pouls.
— Mange avec moi. S'il te plaît, reste près de moi, dis-je, la voix faible mais implorante.
Il s'assoit au bord du matelas, son propre bol entre les mains. Nous dînons dans une proximité apaisante, où seuls les bruits de couverts rythment notre silence partagé. À chaque cuillerée, à chaque gorgée d'eau qu'il m'aide à avaler, je sens son regard qui m'examine, cherchant le moindre signe de confusion ou de douleur, une vigilance silencieuse qui m'enveloppe.
À 21h30, le temps de la toilette arrive.
— Il va falloir se lever juste un peu pour une petite toilette. Mais ne t'inquiète pas, je vais t'aider, tu n'auras aucun effort à faire, murmure-t-il.
Il m'aide avec une lenteur calculée, m'installant sur le tabouret dans la salle de bain, un sanctuaire de chaleur où la vapeur rend l'air dense et protecteur. L'eau tiède coule dans la vasque. Il imbibe un gant de toilette en éponge douce. Ses mains, incroyablement expertes, commencent par mon cou, là où la tension se loge habituellement. La chaleur du gant diffuse une détente profonde dans mes muscles contractés, agissant comme un baume sur mes nerfs à vif. Il descend lentement vers mon torse, chaque mouvement est lent, quasi sacré, presque une invocation. Il nettoie mon dos, puis mes bras, insistant sur les zones où la fatigue s'est accumulée.
Arrivé plus bas, sa main hésite un instant, une déférence respectueuse qui m'émeut au plus haut point. Il lave chaque partie de mon corps, mes fesses, mon sexe, avec une douceur qui n'a rien de clinique, mais tout d'une caresse infinie. Il déplace le gant avec une précision lente, massant légèrement la peau, s'assurant que je suis propre, que je suis apaisé. Il ne s'agit pas de propreté ici, mais d'un soin dévoué. Il m'essuie ensuite avec une serviette chaude, en tapotant doucement, chaque contact est une décharge de bien-être, une caresse qui lave non seulement la peau, mais aussi les résidus de mon angoisse. C'est une renaissance, une remise à zéro de mes sens.
De retour dans la chambre, plongée dans la pénombre, lorsque je lui demande de rester nu avec moi, peau contre peau, je sens une hésitation palpable chez lui. Je le rassure aussitôt :
— Je n'ai besoin que de ta chaleur, pas d'efforts, juste de ta présence contre la mienne. S'il te plaît, Dan.
Il se déshabille dans la pénombre, le bruissement de ses vêtements qui tombent sur le sol résonne comme une promesse. Le matelas s'affaisse. Sa peau nue rencontre la mienne, et le contraste de sa chaleur contre ma froideur est un électrochoc bénéfique. Il se colle à mon dos, ses bras m'enveloppant comme un rempart infranchissable contre le monde. Je me tourne vers lui, mes mains trouvant son visage dans le noir, explorant ses traits, la ligne de ses lèvres, le creux de ses joues.
Nos lèvres se rejoignent dans un baiser lent, exploratoire. C'est un échange de souffle, où nos langues se rencontrent avec une langueur infinie, goûtant l'un à l'autre comme si nous redécouvrions la saveur de la vie. Je sens sa barbe naissante frôler mes joues, une sensation familière qui m'ancre davantage dans le présent, m'éloignant des abysses.
Il trace des cercles apaisants sur mon dos, sur ma nuque, une chorégraphie de caresses qui semble vouloir soigner chaque parcelle de mon être. Ses mains sont comme des gouttes de pluie sur une terre desséchée, apportant la vie là où tout était aride. Je m'abandonne, chaque cellule de mon corps se relâche sous ses caresses rythmées. La fatigue m'emporte, non pas dans le noir effrayant de l'accident, mais dans un sommeil doux et protégé. Il garde les yeux ouverts, je le sens, un gardien dévoué prêt à veiller sur mon réveil, prêt à affronter les trois prochaines heures. Je m'endors, en paix, avec la certitude qu'il ne bougera pas d'un millimètre, verrouillé dans cette étreinte qui est désormais mon seul horizon.
La nuit s'est déroulée dans une bulle de protection absolue. Je m'abandonne à un sommeil si profond qu'il en devient presque réparateur, bercé par la chaleur constante et le rythme cardiaque rassurant de Dan. Ce n'est pourtant pas un sommeil continu. Toutes les trois heures, conformément aux directives impératives du médecin, Dan émerge doucement de sa torpeur. Il ne me secoue jamais, il ne me brusque pas. Il effleure ma peau avec une délicatesse infinie, déposant des petits baisers légers dans le creux de mon cou, tout en caressant mon épaule et mon bras pour m'inviter à revenir à lui.
— Milo... réveille-toi doucement, murmure-t-il, sa voix encore empreinte de sommeil.
J'émerge alors, désorienté au début, le cerveau encore cotonneux. Mais je suis rassuré instantanément par la présence de son corps contre le mien. Il me pose quelques questions simples — mon nom, l'endroit où je me trouve, si j'ai mal. Je réponds, un peu confus, et chaque fois qu'il valide mon état de conscience, il me serre un peu plus fort contre lui, protecteur et attentif, jusqu'à ce que je retombe dans le sommeil.
Vers 7 heures du matin, le silence de l'appartement est à peine troublé par le souffle calme de Dan qui caresse ma nuque. Je suis réveillé depuis quelques minutes, profitant de cet instant suspendu dans le temps. Avec une lenteur calculée, sans geste brusque pour ne pas perturber mon équilibre, je me retourne. Je glisse mon bras sous les épaules de Dan, l'attirant doucement contre moi. Dans son sommeil, Dan se rapproche instinctivement, enroulant son bras autour de mon torse. Un sourire radieux, que je ne peux contenir, s'étire sur mon visage : je me sens enfin en paix. Pendant près d'une heure et demie, je savoure la chaleur de cet homme contre moi, immobile, parfaitement heureux.
Quand il finit par s'éveiller, je sens son corps bouger contre le mien, ses muscles se tendre légèrement dans un étirement silencieux.
— Bonjour toi, murmure-je d'une voix ensommeillée, la gorge serrée par une émotion soudaine. Tu as bien dormi ?
Dan émet un grognement grave, un son de satisfaction pure qui résonne jusque dans ma poitrine.
— Mmmh, très bien. Mieux que je ne l'aurais cru, répond-il en se frottant contre mon épaule.
— Ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi, confie-je en me blottissant contre lui. Surtout... surtout dans les bras d'un garçon.
— Ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi, confie-je en me blottissant contre lui. Surtout... surtout dans les bras d'un garçon.
Dan se redresse un peu, et je sens son regard se poser sur moi, chargé d'une affection nouvelle. Nous nous rapprochons. Ses lèvres trouvent les miennes dans une précision lente et délibérée. Le baiser commence doucement, puis s'approfondit rapidement. Je sens sa langue glisser entre mes lèvres, une intrusion chaude et humide qui me fait frissonner de la tête aux pieds. Il explore ma bouche avec une assurance qui me fait perdre tous mes moyens, jouant avec la mienne dans un ballet complexe et enivrant. Je ressens chaque fibre de sa langue, chaque pression, un mélange de douceur et de possession qui fait monter une chaleur sourde dans mon bas-ventre. Je me sens aspiré par ce baiser, comme si je buvais sa présence, comme si cette connexion était le seul lien qui me retenait à la réalité. Très vite, je sens mon corps réagir, une tension familière et puissante qui me trahit.
Ma queue, bien dure et palpitante sous la couette, se presse contre le haut de sa cuisse, trahissant mon excitation incontrôlable. Il s'en rend compte immédiatement.
Dan, qui caressait mon torse, se redresse légèrement, un sourire taquin aux lèvres.
— Eh, tu abuses, là.
Je ris doucement, un peu honteux mais incapable de réfréner cet élan.
— C'est instinctif, Dan. Je me sens bien, et avoir un bel homme dans mes bras, ça n'aide pas vraiment à rester calme.
Il reprend un ton plus sérieux, bien que toujours empreint de douceur.
— Je sais, mais ce n'est pas encore le moment. Tu es encore sous surveillance pour au moins deux jours, on ne va pas tenter le diable.
Je fais la moue, feignant la bouderie, mon bras se resserrant autour de sa taille.
— Et pour les prochaines nuits, alors ? Tu restes dormir avec moi ?
Dan hésite, puis hausse les épaules avec un sourire que je devine autant que je l'entends.
— Je n'ai pas vraiment le choix, si ?
Je fais mine de m'offusquer, alors Dan ajoute, avec une sincérité qui me désarme :
— Ne fais pas cette tête. Je ne me sens pas obligé. J'étais très, très bien avec toi cette nuit.
Piqué au vif, mais comblé par cet aveu, je repousse doucement Dan sur le dos. Avec une assurance nouvelle, je me place au-dessus de lui, écartant mes cuisses pour m'ancrer solidement, mon corps épousant chaque ligne du sien dans une intimité totale. Je l'embrasse avec une intensité dévorante, laissant mes mains explorer ses épaules, son torse, sa peau chaude sous mes doigts. Dan, pris au jeu, relève ses jambes pour enserrer ma taille, intensifiant notre contact, ses mains glissant sur mes hanches pour me guider. Le frottement de nos peaux nues crée une électricité palpable, un incendie qui menace de tout emporter.
Dan finit par reprendre le contrôle, reprenant son souffle, ses mains glissant sur mes hanches pour m'inviter à me rallonger contre lui.
— Je vais préparer les cafés, dit-il d'une voix un peu rauque, en me libérant avec regret. On les prendra ici, au lit.
Je reste là, le souffle court, savourant l'odeur de Dan qui imprègne encore les draps et ma propre peau. Je sais que ces deux jours de repos seront une épreuve de patience, mais pour la première fois depuis bien trop longtemps, le monde extérieur ne me semble plus une menace, mais un espace où je commence enfin à trouver ma place, aux côtés de celui qui veille sur moi.
Fin du chapitre 9.
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