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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Le carnet de Ninon - tentation — Chapitre 17

9 minutes
13
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Le carnet de Ninon - tentation

Chapitre 17

— Fred

L’idée est arrivée dans l’ascenseur, entre le sixième et le rez-de-chaussée, sans que je l’aie cherchée. Ou plutôt : elle m’attendait depuis le lundi, et l’ascenseur n’a fait que la laisser sortir.
Elle a dit oui. Elle a aimé. Caro me l’avait glissé au lit, la veille, comme un rapport de mission. Mais un oui au regard n’est pas un oui au reste. Il fallait un déclencheur, quelque chose qui la pousse plus loin qu’elle n’irait toute seule, sans jamais la pousser plus loin qu’elle ne l’accepterait. La nuance est fine. J’y ai pensé tout le trajet.
J’ai réservé avant même d’être sorti de l’immeuble. Quatre couverts. Mes doigts ont tapé le chiffre avant que ma conscience finisse de peser le pour et le contre.
Audrey, mon déclencheur.
Pas un couple gentil qui rassure. Elle. Celle qui n’a pas de filtre, qui dit les mots crus à table comme d’autres commandent un dessert. Celle que Ninon avait déjà vue une fois, sur mon écran, sans qu’on le lui explique. Je savais ce que je faisais en l’appelant. Je savais aussi que je ne maîtrisais rien de ce qu’elle dirait, une fois assise.
Brasserie, 20h30, alcôve du fond. Caro et ma baby-sitter seront là. Tu es la surprise. Elle a répondu en quatre mots et un sourire de pixels. Ça m’a suffi.
Le reste de la journée, je l’ai passé ailleurs que dans mon bureau.
En rentrant, j’ai dit Léo n’est pas là, pour le plaisir d’entendre Caro confirmer, et j’ai enchaîné sur la sortie avant qu’elle ait le temps de poser une question à laquelle j’aurais dû mentir. Elle a ri, elle a compris que j’avais déjà réservé, et Ninon a parlé de son jean comme si c’était le seul problème de la soirée.
Je les ai regardées disparaître dans le dressing en me demandant depuis quand je vivais avec deux femmes plutôt qu’une, et depuis quand cette question ne me faisait plus peur.
La robe noire sur elle, dans l’encadrement de la porte, ça m’a coupé quelque chose au milieu du souffle. Pas seulement le désir. La certitude, d’un coup, que je venais de mettre en mouvement quelque chose que je ne pourrais plus arrêter, même si je le voulais. J’ai tendu la main. Je ne l’ai pas touchée. Si je la touchais, on ne sortait plus, et toute la soirée que j’avais montée tombait à l’eau pour un geste que je pourrais avoir n’importe quel autre soir.
Dans le taxi, sa cuisse contre la mienne, j’ai pensé : il faut s’attendre à tout, avec Audrey. Je n’ai jamais eu aussi raison.
À table, quand Audrey a commencé son récit d’architecte à genoux, j’ai cessé de boire. La main de Caro sous la nappe a trouvé ce que je pensais avoir caché, a appuyé une fois — je sais — puis s’est retirée, pour revenir plus tard, plus franche, poser sa paume entière et me laisser comprendre que c’était elle qui décidait de la vitesse à laquelle j’allais craquer. Ninon avait les oreilles rouges. Je faisais semblant de ne pas le voir, pour ne pas lui donner le choix de partir avant l’heure.
Audrey s’est levée entre le plat et le dessert. J’ai compté jusqu’à quatre. J’ai suivi.
Ce qui s’est passé dans ces toilettes, Ninon l’a vu. Elle vous l’a raconté à sa façon, avec ses mots, sa peur, sa main sous la robe qu’elle a retirée trop tard pour ne pas être vue et trop tôt pour aller jusqu’au bout. Moi, ce que j’ai gardé de cette scène, ce n’est pas le lavabo. C’est son visage, dans l’entrebâillement, cette demi-seconde où j’ai compris qu’elle ne partirait pas tant que je ne le lui demanderais pas de force, et que je n’allais surtout pas le faire. C’est le mot d’Audrey, ta petite, qui m’a fait quelque chose de bien plus fort que sa bouche. C’est d’avoir joui en pensant, malgré moi, au satin noir sous les doigts de Ninon plutôt qu’à la femme que j’avais devant moi.
Le reste, on l’a fait tenir. Le rire sur la mèche collée. La blague de la visée. Le trajet du retour, Ninon entre nous deux, silencieuse, ma cuisse contre la sienne sans que je sache encore ce que j’avais le droit d’en penser.
Chacun devant sa porte. Bonne nuit. Chacun chez soi.
Pas tout à fait.
Caro a fait glisser sa robe avant même d’atteindre le lit, d’un geste distrait, comme on retire une chose qui a fini son service. La phrase dans son dos, celle que je lis avec les doigts depuis douze ans, est apparue sous la lampe de chevet. Je l’ai allongée sur le dos, je me suis penché près de sa bouche.
— C’était sympa, cette soirée, non ?
— Surtout pour toi, mon chéri. Et maintenant, tu vas tout me raconter.
Elle a dit ça en écartant les jambes, sans autre préambule, une invitation aussi nette qu’une commande. J’ai posé la main sur son ventre, j’ai laissé mes doigts descendre jusqu’à l’intérieur de sa cuisse, sans encore la toucher là où elle m’attendait.
— Par où tu veux que je commence ?
— Par le moment où elle a ouvert ta braguette.
J’ai souri contre son cou. J’ai glissé un doigt le long de sa fente, à peine, pour sentir qu’elle était déjà humide, rien qu’à l’idée.
— Elle était assise sur le marbre quand je suis entré. Plus de culotte. Elle a défait mon pantalon elle-même, sans un mot, elle a sorti ma queue et elle l’a frottée contre elle, de haut en bas, pour se mouiller encore plus qu’elle ne l’était déjà.
— Elle était trempée ?
— Trempée. Ça brillait sous la lumière, comme toi maintenant.
J’ai enfoncé un doigt en elle, doucement, en rythme avec mes mots. Caro a fermé les yeux, a cambré un peu les reins pour venir à ma rencontre.
— Continue.
— Je l’ai prise d’un coup. Jusqu’à la garde. Elle a fait ce bruit qu’elle fait toujours, ce son grave qui sort de la gorge plutôt que de la bouche.
— Et ses seins.
— Sortis du rouge tout de suite. Lourds. Je les ai pris à deux mains, j’ai serré, les pouces sur les tétons, pendant que je la baisais fort.
J’ai ajouté un second doigt, j’ai accéléré le mouvement, la paume qui frottait son clitoris à chaque passage. Le souffle de Caro a changé de rythme, plus court, plus haut.
— Et Ninon, a-t-elle dit, les yeux toujours fermés. Raconte-moi Ninon.
— Elle a poussé la porte. Je l’ai vue tout de suite. J’ai continué à baiser Audrey en la regardant, elle, dans les yeux, et je n’ai jamais autant bandé de ma vie qu’à cet instant-là.
— Elle a fait quoi.
— Elle est restée. Adossée à la porte. Et puis sa main a disparu sous sa robe.
Caro a gémi, un vrai son cette fois, sa main s’est plaquée sur la mienne pour appuyer plus fort, guider mon rythme.
— Tu l’as regardée se toucher.
— Je l’ai regardée se toucher pendant que je remplissais Audrey. Deux femmes en même temps, Caro, et aucune des deux n’était toi, et pourtant je ne pensais qu’à comment j’allais te le raconter ce soir.
— Continue. Le reste. Après qu’elle est partie.
Mes doigts allaient plus vite, maintenant, elle se soulevait contre ma main, les cuisses tremblantes.
— Audrey a voulu que je la reprenne par-derrière, contre le miroir. Je l’ai retournée, ses seins écrasés contre le verre, et je l’ai baisée fort, les deux mains sur ses hanches, jusqu’à ce qu’elle jouisse la première, serrée autour de moi, un vrai cri qu’elle a mordu dans son bras pour l’étouffer.
— Et toi.
— Je me suis retiré. Elle s’est mise à genoux, elle a levé le visage, la bouche ouverte, la langue tendue, et je me suis fini sur elle. Sur ses lèvres, sur sa joue, dans ses cheveux. Trois fois. Elle a tout gardé sur le visage, elle a ri, elle a étalé ce qui restait dans ses mèches comme du gloss.
Caro a crié, un mot que je n’ai pas compris, le dos arqué, les talons enfoncés dans le matelas, et j’ai senti tout son corps se resserrer autour de mes doigts, vague après vague, longue, presque douloureuse à force d’être bonne. Je n’ai pas arrêté avant que sa main retombe sur la mienne pour me dire stop.
Elle est restée un moment sans parler, la poitrine soulevée par un souffle qui peinait à ralentir.
— Tu lui as fait du mal, a-t-elle fini par dire. À Ninon. En la laissant partir comme ça.
— Je sais.
— Tu recommenceras.
Ce n’était pas une question. J’ai retiré mes doigts, je les ai portés à ma bouche, j’ai goûté ce que je venais de lui faire.
— Je recommencerai. Mais plus doucement. La prochaine fois, on ne la met pas devant une porte fermée. On la laisse choisir avant, pas pendant.
Caro a tourné la tête vers moi, les yeux encore brillants.
— Tu apprends vite, pour un homme qui croyait qu’on ne jouait pas avec ça.
— Je n’ai jamais dit qu’on ne jouait pas. J’ai dit qu’on ne trichait pas.
Elle a souri, a fermé les yeux, et s’est endormie contre mon épaule avant que j’aie fini la phrase suivante. Moi, je suis resté longtemps éveillé, à repenser à une main sous une robe noire, et à me demander combien de temps encore j’allais réussir à appeler ça de la patience.
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Chapitre 18
Le train du retour ne ressemble pas à celui de l'aller. Ninon retrouve les Herbiers, le bocage de son enfance, sa chambre aux posters jaunis et Théo, son petit ami depuis quatre ans, qui l'attend sur le quai. Tout semble pareil, pourtant quelque chose a changé depuis Paris. Ses pensées reviennent sans cesse vers l'appartement de Montparnasse et ses habitants. Entre ce qu'elle a connu et ce qu'elle a découvert, Ninon cherche à comprendre ce qu'elle ressent vraiment.
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