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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Le carnet de Ninon - tentation — Chapitre 16

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Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Le carnet de Ninon - tentation

Chapitre 16

— Ninon
Les vacances de la Toussaint avaient vidé l’appartement d’un seul coup.
Léo était parti chez sa grand-mère le matin, un sac trop grand pour lui, Monsieur Lapin coincé sous le bras, et il m’avait dit Nino en montant dans la voiture de Caro comme on dit à bientôt à une grande sœur. En rentrant, le silence n’avait plus la même forme. Plus de gobelet. Plus de veilleuse. Plus de porte à deux centimètres. La chambre du fond était close, et le reste de l’appartement s’était élargi, comme une robe qu’on desserre.
Je devais rentrer aux Herbiers pour quelques jours demain matin. J’avais révisé le matin, mal. Le Louvre était fermé le mardi, les salles trop grandes dans ma tête. Théo m’avait envoyé un message à onze heures : « je t’attends ». Juste ça. J’avais répondu un cœur, par habitude, et j’avais refermé le téléphone.
Fred est rentré plus tôt que d’habitude. Les clés dans le plat de l’entrée, la veste sur la chaise, cette odeur de dehors qu’il pose toujours avant de poser sa voix.
— Léo n’est pas là, a-t-il dit, comme s’il vérifiait encore.
— Oui, mes parents sont venus le chercher, deux semaines sans mon petit bonhomme ça va être long, a répondu Caro depuis la cuisine.
Il s’est arrêté sur le seuil, nous a regardées l’une après l’autre, et le sourire qu’il a eu n’était pas celui du dossier, ni celui du métro.
— T’inquiètes pas, il va être pourri-gâté. Alors les filles, ce soir on sort. Une vraie table. Je vous emmène dans une brasserie chic, vous verrez.
Caro a levé un sourcil.
— Tu as déjà réservé.
— J’ai déjà réservé.
Elle a ri. Moi aussi, un peu, parce que c’était trop net pour être improvisé, et pas assez pour que je sache encore quoi.
— Ninon tu viens, a dit Fred. Évidemment.
Ce n’était pas une question. Ça n’avait pas besoin de l’être. Depuis le lundi des pâtes, plus rien n’était tout à fait une question, et tout pouvait encore être un non.
— J’ai qu’un jean à me mettre, ai-je dit.
Caro a posé le torchon.
— Tu as tout mon dressing ma belle.
Dans leur chambre, la porte ouverte sur le couloir comme toujours, elle a fait glisser les cintres trop vite pour que ce soit du hasard. Une robe noire, courte, le tissu lourd, un décolleté en V qui descendait plus bas que tout ce que j’avais mis depuis… toujours. Elle l’a tendue sans un mot. J’ai dit que c’était trop. Elle a dit que non.
Je me suis changée derrière la porte du dressing, par réflexe. Puis j’ai pensé à la règle, et j’ai ouvert. Caro était là, assise au bord du lit, les jambes croisées. Elle m’a regardée comme on regarde une toile qu’on vient de décrocher, pour voir si le mur tient encore.
La robe m’arrivait mi-cuisse. Le V ouvrait entre mes seins, plus hauts, plus ronds que les siens, et le tissu serrait la taille que je cache d’ordinaire sous un sweat. Mes jambes, nues. Mes épaules, nues. Je me suis vue dans le miroir du troisième tiroir, celle-là même où j’avais enfilé sa guêpière un mercredi, seule, et j’ai compris que ce n’était plus la même fille.
— Tourne, a dit Caro.
J’ai tourné.
— Encore.
Fred est apparu dans l’encadrement. Il n’est pas entré tout de suite. Il a posé une main sur le montant, comme le soir du vendredi, et il a eu cette seconde de trop.
— Tu es…, a-t-il commencé.
Il n’a pas fini. Il n’en avait pas besoin. Ses yeux sont descendus le long du V, se sont arrêtés à la naissance de mes seins, ont repris plus bas, sur la ligne de la hanche, sur le tissu qui marquait mon bas-ventre. Il a avalé. Caro l’a vu. Elle n’a rien dit. Elle a seulement souri de côté, cette petite fierté d’avoir habillé quelqu’un pour le regard de son mari.
— Des escarpins, a-t-elle ajouté. Les noirs. Ceux-là.
Je les ai chaussés. J’ai titubé d’un pas. Fred a avancé, a tendu le bras, n’a pas touché. Sa main est restée en l’air, à un centimètre de mon coude.
— Le taxi est en bas dans cinq minutes, a-t-il dit. On y va avant que je change d’avis et qu’on reste ici.
Le taxi sentait le désodorisant et la pluie. Caro à la fenêtre. Moi au milieu. Fred de l’autre côté. Sa cuisse contre la mienne, le tissu de son pantalon contre la peau que la robe laissait nue. Il n’a pas reculé. Je n’ai pas reculé. Paris défilait, les quais, les lumières déjà allumées trop tôt pour l’heure. Personne n’a parlé du lundi. Personne n’a parlé du canapé. On allait dîner. C’était tout. C’était déjà trop.
La brasserie avait des banquettes de velours bordeaux, des miroirs trop hauts, des serveurs qui glissent. On nous a conduits au fond, une table en alcôve, à l’abri du passage. Quatre couverts. Quatre verres. Quatre assiettes déjà posées.
Caro a regardé la quatrième chaise.
— Fred.
— Oui.
— Il y a quatre couverts.
— Oui.
Elle n’a pas eu l’air surprise très longtemps. Juste le temps de me regarder, pour vérifier que je tenais.
— Tu aurais pu dire, a-t-elle soufflé.
— Je dis. Là.
J’allais demander qui. Je n’ai pas eu le temps.
Elle est arrivée comme on arrive quand on sait qu’on est attendue : manteau ouvert sur une robe rouge très simple, cheveux bruns dénoués, bouche déjà peinte. Haute. La poitrine pleine, lourde, que le rouge tenait sans la cacher. Je l’ai reconnue avant même qu’elle dise son prénom. Les photos. L’écran de Fred, un matin, dans la cuisine. Les seins nus, le regard caméra, la légende que je n’avais pas eu le temps de lire. Audrey.
— Désolée, la ligne sept, a-t-elle dit en embrassant Caro sur la bouche, trop longtemps pour une amie de dîner. Et toi, tu dois être Ninon.
Elle m’a regardée comme on regarde une nouvelle pièce. Pas méchante. Curieuse. Ses yeux sont descendus sur le V de ma robe, sont remontés, et elle a souri.
— Fred m’avait dit jolie. Il n’avait pas dit ça.
Fred s’est levé pour l’embrasser, la joue, puis le coin des lèvres, un geste qu’il n’a pas fait à Caro en public d’ordinaire. Caro a vu. Elle a versé le vin elle-même.
On s’est assises. Audrey en face de moi. Fred à ma droite. Caro à ma gauche. La quatrième personne n’était plus une chaise vide. C’était un corps, une voix, et cette chaleur qu’elle posait sur la table sans demander la permission.
Elle n’avait pas sa langue dans sa poche. Dès l’entrée, elle a parlé d’un type de la semaine précédente, un architecte, trop propre, trop pressé, qui l’avait baisée contre le plan de travail de sa cuisine encore pleine de dossiers.
— Il m’a prise par-derrière en me tenant les seins, a-t-elle dit comme on parle d’un film. Gros seins, tu vois, ça l’excitait plus que le reste. Il les pesait. Il les pétrissait. Il a joui sur mon dos en disant putain tes nichons, et moi je n’avais même pas encore fini. Alors je l’ai renvoyé à genoux, et il a léché. Un architecte à genoux, c’est assez drôle.
Fred avait le verre en l’air. Il ne buvait plus. Sous la table, j’ai vu sa main se fermer sur sa serviette.
Caro a ri, vraiment.
— Tu pourrais attendre le fromage.
— Pourquoi. Elle est grande. Elle porte cette robe. Elle sait où elle est.
Audrey s’est tournée vers moi.
— Tu sais où tu es ?
— Je commence, ai-je dit.
— Bien. Les timidités, on les laisse au vestiaire.
Le plat est arrivé. Elle a continué. Un couple, l’autre nuit. La femme qui la suçait pendant que le mari la regardait, la bite à la main, sans avoir le droit de toucher. Elle a décrit la salive, le bruit, la façon dont la femme avait ouvert sa bouche pour montrer qu’elle avait tout pris. Fred a posé ses couverts. Sa pomme d’Adam a bougé. J’ai senti, sans regarder, que son pantalon ne mentait plus.
Ma propre chaleur était là, basse, depuis la robe, depuis le taxi, depuis le mot nichons posé à voix haute dans une brasserie où des inconnus mangeaient des huîtres deux tables plus loin.
Entre le plat et le dessert, Audrey s’est levée.
— Je reviens.
Elle a traversé la salle vers le fond, le rouge de la robe sur ses hanches, la poitrine qui avançait avant elle. Fred a attendu trois secondes. Quatre. Il a essuyé sa bouche. Il a posé sa serviette.
— Moi aussi.
Il est parti par le même couloir.
Caro a versé le reste de la bouteille dans mon verre. Elle n’avait pas l’air blessée. Elle avait l’air de quelqu’un qui connaît la pièce suivante.
— Ils ne vont pas pisser, a-t-elle dit, très calme.
— Je sais.
— Tu sais quoi, exactement.
— Qu’ils vont se toucher.
— Ils vont baiser. Dans les toilettes de cette brasserie. Fred va la prendre contre un lavabo, ou contre une porte, et Audrey va le laisser faire parce qu’elle aime ça, et parce qu’elle sait que je suis ici, à cette table, en train de te le dire.
J’ai regardé le couloir. Personne n’en sortait.
— Tu n’es pas jalouse.
— Si. Un peu. C’est pour ça que ça marche. Mais je connais le goût de cette jalousie. Je la choisis.
— Moi je ne pourrais pas, ai-je dit. Pas comme ça. Pas sans voir.
Caro a tourné sa bague.
— Alors vas-y.
— Quoi.
— Les toilettes. Le fond, à gauche après les colonnes. La porte des femmes, parfois celle du fond si elle est fermée à clé. Tu pousses. Tu regardes. Tu reviens me dire.
— Et si quelqu’un…
— Personne ne te demande de participer. Personne ne te demande de rester. Tu ouvres. Tu vois. Tu reviens. C’est tout ce que je te propose.
Elle a posé deux doigts sur mon poignet, le même point que le lundi soir, sur l’épaule.
— Tu veux voir. Tu viens de le dire. Alors va voir.
Je me suis levée. Les escarpins sonnaient trop fort sur le carrelage. Le couloir sentait le savon et le vin. Au fond, une porte battante. Derrière, une deuxième, entrouverte d’un doigt, celle des toilettes isolées, pour le personnel ou pour ceux qui savent.
J’ai poussé.
Ils n’avaient même pas fermé à clé.
Audrey était assise sur le bord du grand lavabo, la robe rouge relevée jusqu’à la taille, les fesses nues sur le marbre froid, les cuisses ouvertes. Elle n’avait plus de culotte. Fred, le pantalon ouvert, les sous-vêtements baissés sous les couilles, tenait sa queue d’une main et la frottait contre la fente d’Audrey, lentement, de la vulve jusqu’au clitoris, pour la mouiller encore. Elle était déjà brillante. Ça luisait sous la lumière trop blanche, un fil de mouille qui coulait sur le grès.
Personne ne m’a vue tout de suite.
Fred a enfoncé d’un coup, jusqu’à la garde. Audrey a lâché un son court, grave, les lèvres ouvertes. Ses gros seins ont basculé en avant, encore pris dans le rouge, et Fred a tiré le décolleté d’un geste, les a sortis, lourds, bruns aux pointes déjà dures. Il les a pris à deux mains tout en la baisant, les doigts enfoncés dans la chair, les pouces sur les tétons, et il a dit putain comme l’architecte, sauf que c’était sa voix à lui, celle de la cuisine, celle du couloir.
— Plus fort, a dit Audrey. Elle est là, ta petite, ou pas encore.
Il a tourné la tête. Il m’a vue. Il n’a pas arrêté. Il a seulement ralenti un instant, la queue au fond d’elle, et ses yeux sont restés sur moi pendant qu’il reprenait le mouvement, plus profond, plus sale, le bruit de peau contre peau trop net dans l’écho du carrelage.
— Ferme, a soufflé Audrey. Ou reste. Mais ne fais pas les deux.
J’ai fermé la porte derrière moi. Je ne suis pas sortie.
Je me suis adossée au panneau. La robe trop courte remontée. Les escarpins. Mon sexe déjà chaud, déjà gonflé contre la culotte fine que Caro m’avait prêtée avec la robe, une satinée noire qui n’était pas la mienne.
Fred baisait. Vraiment. Fort. Les hanches serrées, le bas du dos tendu, les mains maintenant sous les cuisses d’Audrey pour l’ouvrir plus large sur le lavabo. Sa queue sortait brillante, rentrée, ressortait plus rouge, et à chaque fois qu’il s’enfonçait on entendait le clapot humide de sa mouille à elle. Audrey avait la tête renversée contre le miroir, la bouche ouverte, un sein dans la main de Fred, l’autre ballottant au rythme. Elle s’est prise le clitoris entre deux doigts et s’est frottée en cercle, vite, pendant qu’il la perçait.
— Regarde-la, a-t-elle dit à Fred. Regarde-la pendant que tu me remplis.
Il m’a regardée. Moi je l’ai regardé, lui, la veine le long de sa queue, le point où elle disparaissait dans Audrey, les couilles tendues qui tapaient contre sa peau. J’ai glissé la main sous ma robe. Mes doigts ont trouvé la culotte déjà collée, déjà mouillée. J’ai écarté le satin. J’ai touché ma fente, les lèvres gonflées, le clitoris dur sous l’index, et j’ai frotté en même temps qu’elle, sans pudeur, sans plus chercher un dessein pour me cacher.
Audrey a ouvert les yeux. Elle m’a vue, la main sous la robe. Son sourire a changé. Plus une invitation. Une prise.
— Approche, a-t-elle dit. Viens jouer avec nous, tu te mets à genoux et tu lui lèches les couilles. Choisis. Mais tu ne restes pas collée au bois comme une petite.
Fred n’a rien dit. Il baisait encore, plus lent, en attendant. Ses yeux étaient sur moi. Trop. Les deux paires d’yeux, trop.
Le mot genoux a fait quelque chose de froid dans ma nuque. Pas le sexe. L’ordre. La pièce qui cessait d’être un tableau pour devenir une place qu’on m’assignait.
— Ninon, a repris Audrey, plus bas, plus près malgré le lavabo. Viens. Tu en as envie. Finis-le ici.
J’ai retiré la main. Trop vite. Mes doigts brillaient. J’ai rabattu la robe.
— Je…, ai-je commencé.
Rien n’est venu. La peur n’était pas propre. Elle était mêlée au reste, à la mouille, au bruit de leur peau. Juste assez forte pour me faire reculer d’un pas, puis d’un autre, la main déjà sur la poignée.
Audrey m’a encore appelé. Fred a dit rien enfin je crois. J’ai ouvert. J’ai clos. Le couloir. Je suis remontée. Les escarpins trop fort, trop vite dans l’escalier. Je n’ai pas vu la suite. Je n’ai pas voulu la voir.
Derrière la porte, leurs voix ont continué. Un rire d’Audrey. Un coup de hanche contre le marbre. Je n’ai pas attendu d’entendre le reste.
Caro n’avait pas commandé le dessert. Elle a lu sur mon visage avant que je m’asseye.
— Alors.
— Il l’a baisée sur le lavabo. Ses seins. Ma main. Après… je suis partie.
Ma voix était trop plate. Mes cuisses, sous la table, restaient ouvertes d’un centimètre de trop.
— Ils n’avaient pas fini.
— Non.
— Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?
— De m’approcher. De choisir. Soit de le finir à genoux, soit la porte.
Caro a hoché la tête, une seule fois. Pas de reproche. Un inventaire.
— Et tu as choisi la porte.
— Oui.
Elle a penché sa chaise vers la mienne. Sa main a trouvé mon genou, est montée sous la robe, lentement, assez pour que je puisse l’arrêter. Je ne l’ai pas arrêtée. Les doigts ont glissé à l’intérieur de la culotte, le long de la fente encore ouverte, et ils ont pris mon jus, beaucoup, assez pour que le bruit discret se perde dans la salle. Elle a retiré la main. Elle a regardé ses doigts, brillants, et elle les a portés à sa bouche. Elle a goûté. Un instant seulement. Les yeux dans les miens.
— Tu es trempée en tout cas, a-t-elle dit tout bas. C’est bon. Tu as eu raison de partir si tu n’es pas prête à participer. Un jour tu sauras.
Je n’ai rien répondu. J’avais encore le goût de rien sur la langue, et le sien, à elle, n’était pas là. Seulement le mien, dans sa bouche.
Fred et Audrey sont revenus ensemble, trop calmes pour des gens qui viennent de baiser, trop défaits pour des gens qui n’ont rien fait. Audrey s’est rassise en face de moi. Sous la lumière de la brasserie, on voyait. Une mèche collée, mate, au-dessus de l’oreille. Une croûte claire qui séchait déjà sur sa joue, près de la commissure. Elle n’avait pas essuyé.
Fred a repris sa serviette. Il avait les joues chaudes.
Caro a éclaté de rire, un vrai rire, celui de la cuisine.
— Tes cheveux.
Audrey a passé la main, a touché, a regardé ses doigts, a ri aussi. Son regard a glissé vers moi, sans moquerie cette fois. Presque une excuse, très courte.
— C’est sa faute. Il vise mal.
— Je vise très bien, a dit Fred.
On a ri. Le dessert est arrivé, trop sucré. J’ai mangé. Mes doigts, sous la table, sentaient encore le satin de ma culotte et ma mouille. La main de Caro était revenue de son côté à elle, posée sur la nappe, innocente.
Personne n’a demandé pourquoi j’étais partie. Personne n’avait besoin de le demander. La mèche collée racontait la fin que je n’avais pas vue.
Le taxi du retour était le même désodorisant, une autre pluie. Audrey nous a quittées avant, un autre trajet, un baiser à Caro dans le cou, un regard à Fred, un clin d’œil à moi, plus doux.
— La prochaine fois peut-être, a-t-elle dit. Ou pas. Tu as le droit de choisir. Même de fuir.
À l’appartement, Fred a posé les clés. Caro a retiré ses escarpins dans l’entrée. Moi les siens, les miens d’emprunt. On s’est dit bonne nuit dans le couloir, face à face, trois portes.
Chacun chez soi.
Dans ma chambre, j’ai ôté la robe. La culotte noire était froide, durcie là où je m’étais trempée. Je l’ai posée sur la chaise. J’ai pris le carnet.
Je n’ai pas dessiné des nus académiques. J’ai dessiné le lavabo, la lumière blafarde, les gros seins d’Audrey sortis de sa robe rouge. La queue de Fred, sortie, rentrée, le fil de mouille. Le miroir. Ma main sous la robe. Mais pas la fin. Je n’aurai pas dû partir.
En marge, sans majuscule : toussaint. léo pas là. quatre couverts. je suis allée voir. je suis partie. Je regrette. caro a goûté ma mouille.
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Chapitre 17
Après une soirée à la brasserie qui laisse des traces, Fred rejoint Caro dans leur chambre. Elle veut tout savoir, chaque détail, chaque geste, et chaque question le ramène à ce qu'il a vécu sans vraiment le contrôler. Dans un couple qui se dit libre, la confidence devient un jeu où la curiosité ne connaît aucune limite. Mais jusqu'où Fred est-il prêt à aller, et à quel prix ?
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