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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Le carnet de Ninon - tentation — Chapitre 28

7 minutes
4
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

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Kristina_sexcret
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Le carnet de Ninon - tentation

Chapitre 28

— Ninon

Le matin, Inès m’a réveillée avec un café et une pile de vêtements.
— Ton jean sent le renfermé et la honte. Tiens, mets ça.
C’était un pull en laine grise, trop petit pour elle et juste assez grand pour moi, et un jean noir qu’elle avait dû porter à quinze ans. Elle a ajouté une culotte propre, pliée en deux.
— T’as pas besoin de soutif. Tes nichons tiennent tout seuls.
Je me suis habillée dans la salle de bains en essayant de ne pas regarder mon visage dans le miroir. La culotte de la veille, je l’ai gardée : trop tard, trop gênant, et celle d’Inès était trop petite. Le pull sentait sa lessive, un parfum de vanille et de coton propre, et pendant quelques secondes j’ai oublié que je portais encore, quelque part sur ma peau, l’odeur d’une autre maison. Sous la laine, rien ne tenait mes seins que leur propre poids.
Nous sommes parties ensemble pour l’école. Il faisait froid, un de ces matins de novembre où Paris retient sa respiration. Inès marchait vite, ses bottes claquaient sur les pavés, et elle parlait de tout sauf de la veille : un exposé qu’elle n’avait pas préparé, le professeur d’iconographie qui lui faisait peur, le barman qui lui avait envoyé trois messages dans la nuit. Je lui en étais reconnaissante. Elle devinait, comme je le découvrais, qu’on ne remet pas ce genre de choses sur la table avant d’avoir bu un café.
Le premier cours était un cours magistral dans le grand amphithéâtre, sur la peinture hollandaise du dix-septième siècle. Le professeur parlait de lumière, de Vermeer, de ces intérieurs où une femme lit une lettre près d’une fenêtre. Je prenais des notes de mon écriture la plus appliquée, comme si cela pouvait me ramener sur terre. Inès s’était assise deux rangs derrière moi avec une bande de filles qui riaient trop fort. Je sentais son regard sur ma nuque de temps en temps, un regard chaud, patient, qui ne demandait rien.
À la moitié du cours, un papier plié en quatre a atterri sur mon cahier. Je me suis retournée à moitié. Inès faisait semblant d’écouter, le menton dans la main, un sourire minuscule au coin des lèvres. J’ai déplié le papier. Elle avait écrit d’une écriture rapide et penchée :
Tu as répondu ? Tu as dormi ? Tu manges à midi ? Réponds dans l’ordre.
J’ai ri, un petit rire étranglé que j’ai étouffé dans ma manche. J’ai écrit en dessous : Oui. Oui. Oui, si tu m’invites. Puis j’ai renvoyé le mot sans me retourner, le cœur plus léger que depuis vingt-quatre heures.
Le deuxième papier est arrivé dix minutes plus tard. Ils t’ont écrit autre chose ? Je n’avais pas regardé mon téléphone. Je l’ai sorti sous la table : rien depuis le petit cœur de Caro. Aucune insistance, aucun reproche. Je ne savais pas si c’était une délicatesse ou une manière de me laisser seule avec ma propre décision, et j’ai répondu : Non. Ils attendent. Et en l’écrivant, j’ai compris que c’était exactement ça, qu’ils attendaient, qu’ils avaient toujours attendu, et que j’étais la seule à courir.
Je me suis remise à écouter le professeur. Je n’y arrivais plus. J’ai ouvert mon carnet sur mes genoux, sous la tablette, et j’ai commencé à dessiner presque sans m’en rendre compte. Ce n’était pas Caro, ni Fred, ni la porte entrouverte. C’était un visage de profil, une mèche qui retombait contre la bouche, un menton posé dans une paume, un sourire qui hésite avant d’arriver. Je l’ai fait avec trois traits de crayon, puis j’ai ajouté l’oreille, le col d’un manteau, la ligne d’une épaule. Quand j’ai levé les yeux, le professeur avait changé de diapositive et l’amphithéâtre bruissait de stylos. Je regardais mon dessin, et il n’avait rien d’érotique, rien d’excitant. Il était simplement vrai.
À midi, nous avons déjeuné dans une petite brasserie derrière la rue de Rivoli, au fond d’une salle étroite, dans la chaleur et le bruit des assiettes. Inès a commandé un croque-madame et m’a obligée à prendre la même chose. Elle a posé son manteau sur le dossier de la chaise, a croisé les jambes, et elle a demandé sans détour :
— Tu m’as dessinée ce matin.
— Comment tu sais ?
— Tu avais ta tête de quand tu dessines. Montre.
J’ai hésité, puis j’ai tourné le carnet vers elle. Elle est restée longtemps penchée sur la page, sans parler. Elle a posé un doigt près du coin, à l’endroit de la mèche.
— Je ne me voyais pas comme ça, a-t-elle dit enfin.
— C’est comment ?
— Plus doux. Moins en représentation.
Elle a levé les yeux vers moi, et il y avait dans son regard quelque chose que je n’avais pas encore vu chez elle, une sorte de gêne, très brève, presque tendre. Puis le sourire est revenu, et elle a repris sa fourchette.
— Garde-le. Ne le déchire pas. Tu me feras le prochain en couleurs.
Nous avons parlé de tout et de rien jusqu’à la fin du déjeuner. Elle m’a raconté son premier amoureux, un garçon de seize ans qui l’avait emmenée au cinéma voir un film d’horreur pour avoir une excuse de lui prendre la main. Je lui ai raconté Théo et la Clio, les chantiers, les matchs de foot dont je n’avais jamais compris les règles. Nous avons ri, vraiment ri, comme des filles de mon âge qui n’ont pas de secrets trop lourds à porter. Pendant une heure, je n’ai pas pensé à eux. Puis, en sortant, le vent m’a mordu les joues, et tout est revenu d’un coup.
L’après-midi a passé comme une longue marche vers un rendez-vous que je n’avais pas fixé. À dix-sept heures, devant l’école, Inès m’a serrée contre elle, un peu plus longtemps que nécessaire.
— Tu vas leur dire ?
— Je ne sais pas. Peut-être ce soir.
— Tu n’es pas obligée de tout dire d’un coup.
— Je sais.
— Mais tu es obligée de leur dire quelque chose, Ninon.
Elle a reculé d’un pas, les mains toujours sur mes épaules. Tu sais où j’habite. Tu peux revenir quand tu veux.
Je l’ai regardée s’éloigner dans la rue, sa silhouette haute et déterminée, ses cheveux dans le vent. Puis j’ai pris le métro en sens inverse de celui du matin. À chaque station, mon cœur battait un peu plus fort. J’ai monté l’escalier de l’immeuble marche après marche, le sac sur l’épaule, le carnet pressé contre mon flanc, et je me suis arrêtée sur le palier, devant la porte, la main à quelques centimètres de la clé.
De l’autre côté, j’entendais de la musique, très bas, et le bruit d’une casserole que l’on pose. Quelqu’un riait, doucement.
Je suis restée là, dans le noir de la cage d’escalier, à compter jusqu’à dix. Puis j’ai tourné la clé.
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Chapitre 29
Ninon franchit à nouveau le seuil de l'appartement, où Caro et Fred l'attendent, la cuisine allumée et trois assiettes posées. Le dîner se déroule presque en silence, lourd de non-dits. Quand Ninon s'apprête enfin à parler, chacun comprend qu'une vérité attend d'être dite. Mais que pourra-t-elle leur confier ce soir, et que sont-ils prêts à entendre ?
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