00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Bi Orientation principale dans ce chapitre

Le carnet de Ninon - tentation — Chapitre 23

14 minutes
6
Écriture avec assistance partielle d'une IA — Cette information est librement déclarée par l'auteur, elle n'a pas été vérifiée.

Auteure

Photo de profil de Kristina_sexcret
Kristina_sexcret
Histoires publiées
2
Chapitres publiés
47
Abonnés
28
J'aime cumulés
239
Coup de cœur
Notre équipe a apprécié ce chapitre. Cliquez pour découvrir pourquoi.
L'avis peut contenir des indices sur l'intrigue.

Le club se dévoile à travers des détails qui font sourire : des chauves-souris en papier au-dessus des bouteilles, un diable en velours qui sirote sa coupe, une pancarte qui demande gentiment le lubrifiant au bar. Vous entendrez la voix de Ninon, observatrice et un peu tremblante, qui compare la salle à une salle d'attente. On la suit pas à pas, entre curiosité et peur.

Le carnet de Ninon - tentation

Chapitre 23

— Ninon
Le taxi nous a laissés dans une rue du onzième qui aurait pu mener à n’importe quelle boîte. Porte noire, pas d’enseigne, un rectangle de rouge derrière un rideau. L’homme à l’entrée a regardé l’invitation, pas nos décolletés. J’ai eu le temps de me dire que j’aurais pu encore faire demi-tour, là, sur le trottoir, avant que la porte ne s’ouvre. Je ne l’ai pas fait. En bas, la musique tenait déjà le palier, une basse sourde qui montait dans mes jambes avant même que je voie quoi que ce soit.
Caro n’a pas enlevé sa jupe. Moi non plus. Fred a gardé la cape sur le bras, ridicule, et il a payé. Participation de la soirée, consommations dedans. Il a posé notre bouteille avec les autres, sur le comptoir : Halloween, auberge espagnole pour le champagne, le reste inclus. J’ai trouvé ce détail presque rassurant, cette logistique banale au milieu de tout le reste, comme une preuve que des gens normaux organisaient des choses normales, même ici.
L’étage d’en bas était une boîte, rien de plus, et ça m’a étonnée d’être étonnée. Bar long, piste, tables basses collées aux banquettes, chandeliers en plastique, chauves-souris en papier au-dessus des bouteilles. La plupart des gens étaient habillés. Robes, chemises, un diable en velours qui buvait une coupe, une morte-vivante trop fardée qui riait avec une amie, un tailleur ouvert d’un bouton de trop. On discutait. On se frôlait pour passer. Parfois une bouche se posait sur une autre, pas longtemps, et on reprenait le verre comme si de rien n’était.
Je m’attendais à autre chose. Je ne savais pas à quoi exactement, mais pas à ça : des gens qui parlaient boulot, qui riaient fort, qui commandaient un deuxième verre avant d’avoir fini le premier. J’ai mis un moment à comprendre que c’était précisément ça, le principe. Une salle d’attente, presque. Un endroit où le désir existait déjà, partout, sans qu’on ait besoin de le montrer tout de suite.
On s’est tenus au bar d’abord. Caro a commandé. J’ai posé les mains à plat sur le bois, pour avoir quelque chose à faire d’elles. Le verre était froid. Le reste ne l’était pas, mais ce n’était pas encore du sexe. C’était une salle, comme une autre, avec des genoux qui se frôlaient sous les tables, une main posée sur une taille, retirée aussitôt si l’autre ne la gardait pas, retenue si elle la gardait.
Les regards venaient toujours dans le même ordre. Caro, moi, Fred, puis encore moi. Une femme a dit bravo les sorcières, sans s’arrêter. Un homme s’est penché, un sourire propre, presque gentil.
— Vous dansez, ou elle est libre ?
Il me parlait à moi, en parlant de moi à Caro, comme si j’étais un objet qu’on négocie à côté de son propriétaire. Caro n’a pas répondu à ma place, pas tout de suite, elle a attendu, et c’est ce silence-là, précisément, qui m’a forcée à trouver mes propres mots. Je n’en ai pas trouvé.
— Elle est avec nous, a fini par dire Caro.
Ma voix, quand j’ai essayé de dire quelque chose moi-même, est sortie trop petite, presque inaudible sous la basse. L’homme a hoché la tête, pas vexé, déjà tourné vers une autre table, une autre proie plus facile peut-être. Plus tard, une fille en oreilles de chat a frôlé mon poignet en passant, a laissé la question dans le geste plutôt que dans les mots. J’ai retiré ma main d’un coup, comme on retire la main d’une plaque chaude, et je me suis reculée d’un pas, dans leur triangle à eux. L’épaule de Fred. La hanche de Caro. Mon seul endroit sûr dans toute cette salle.
— On a l’air fermés, a remarqué Fred, avec un petit sourire.
— Tant mieux.
On a dansé un peu, mal, trop serrés pour la piste et pas assez pour autre chose. Fred a embrassé Caro, longuement, sans se cacher. Quelqu’un a voulu m’embrasser pour la forme, une joue contre la mienne qui a dérivé vers ma bouche. J’ai tourné la tête, par réflexe plus que par décision. Caro a dit non merci, elle est déjà prise, et elle a ri après, pas méchamment, ce rire de quelqu’un qui sait très bien que je n’ai pas encore le mode d’emploi de cet endroit, et qui trouve ça attendrissant plutôt que ridicule.
Je ne répondais à personne. Je m’accrochais. Au verre. Au coude de Caro. Au pan de la cape de Fred, absurde et familier. Autour de nous, les jupes restaient en place. Les chemises aussi. Un couple s’embrassait sur une banquette, la main de l’homme sur le genou de la femme, sous le tissu, pas plus loin, comme une règle tacite que tout le monde semblait connaître sauf moi. Une femme a glissé un doigt dans le décolleté de son amie, on a ri à leur table, on a continué à parler d’un restaurant comme si de rien n’était.
J’enregistrais tout, sans crayon cette fois, et ça me manquait, étrangement, de ne pas pouvoir fixer ces images quelque part. La lumière rouge sur une clavicule. La façon dont une jupe bouge quand on se penche pour attraper un verre. Je me suis dit que j’en ferais une page, plus tard. Pas ici. Ici, il fallait juste regarder, et essayer de comprendre ce que mon propre corps en pensait.
Caro s’est penchée à mon oreille, par-dessus la basse.
— En bas, on reste habillés. On parle. On se frôle. Si tu veux voir le reste, c’est l’escalier.
Fred a fini son verre. Il n’a pas demandé si j’étais prête, et je lui en ai été reconnaissante, parce que je n’aurais pas su répondre honnêtement. Il a juste attendu. J’ai dit d’accord, parce que le d’accord coûtait moins cher que le silence, et parce qu’une part de moi, sous la peur, avait vraiment envie de savoir ce qu’il y avait en haut.
L’escalier était étroit, la moquette usée, la rampe un peu collante sous mes doigts. En haut, un sas. Une fille devant nous a fait tomber sa robe d’un coup d’épaules, l’a pliée avec un naturel qui m’a sidérée, l’a posée dans un casier. Elle est entrée en body, sans un regard en arrière, comme on passe d’une pièce à une autre dans sa propre maison.
Caro a fait glisser sa jupe. Je l’ai imitée, les doigts moins sûrs que les siens. L’air m’a prise aux cuisses, plus frais que je ne l’aurais cru. Fred a ramassé les deux jupes, les a pliées, les a mises dans le sac, ses mains occupées à quelque chose d’utile pendant que je sentais mon cœur battre trop fort.
— Tu peux encore dire non, a-t-il dit.
— Je sais.
Je n’ai pas dit non. Mais je n’ai pas dit oui non plus, pas vraiment. J’ai juste avancé, parce que reculer, à cet instant précis, m’aurait semblé pire que tout ce qui pouvait m’attendre de l’autre côté.
De l’autre côté du rideau, ce n’était plus la boîte. Lumière basse, un couloir, des portes. L’air avait changé d’un coup : plus chaud, plus proche, une odeur de peau, de parfum trop fort, et autre chose en dessous, sucré, un peu chimique, que j’ai mis une seconde à reconnaître. Au mur, une corbeille de préservatifs, à foison, dorés et transparents, comme un bol de bonbons un soir de Toussaint. Une pancarte manuscrite, presque touchante dans sa politesse : lubrifiant au bar de l’étage, demander.
On n’a pas fait trois pas que le couloir s’est rempli.
Une femme nous a croisés la première, nue, à part des oreilles de chat restées de l’étage d’en bas et un collier de perles qui lui battait entre les seins. Elle a souri à Caro, un sourire de connaissance, pas à moi. Derrière elle, un homme en cape, comme Fred, sauf que sous la cape il n’y avait rien : le ventre, le sexe à demi levé, des bottes. Il a tenu le tissu ouvert en passant, sans insolence, comme on montre une carte à l’entrée. J’ai regardé, puis j’ai regardé ailleurs, puis j’ai regardé encore, parce que détourner les yeux faisait plus novice que les garder.
Caro marchait devant, sans se presser. Fred était à ma gauche. Ma hanche frôlait la sienne à chaque pas étroit.
— Les portes ouvertes, on peut regarder, a dit Caro, assez bas pour que ce soit pour moi. Fermées, on n’entre pas. Si quelqu’un te touche et que tu ne veux pas, tu dis non. Ici ça s’entend.
Je n’ai pas répondu. Une porte ouverte donnait sur un matelas au sol. Deux femmes s’y embrassaient, l’une en body découpé, l’autre sans rien, un genou entre les cuisses de la première. Un homme assis contre le mur les regardait, la main sur lui, lentement, sans chercher à s’approcher. Il a levé les yeux sur nous, a hoché la tête, est revenu à elles. Personne ne nous a appelés. C’était ça, le plus étrange : on pouvait traverser une scène comme on traverse une cuisine où quelqu’un prépare à manger.
Plus loin, un couple contre le mur. Elle, dos au papier peint, jupe de chaperon rouge relevée sur les hanches, bas tenus par rien, ou par la seule volonté de rester. Lui, chemise de pirate ouverte, chapeau de travers, en elle, un rythme court, presque distrait. Elle riait entre deux souffles. Une troisième personne, un homme nu avec un masque de loup, tenait le chapeau pour qu’il ne tombe pas, et c’était si inutile, si précis, que j’ai failli rire aussi. Je ne l’ai pas fait. Ma bouche était sèche.
J’enregistrais. Le grain de la lumière sur une omoplate. La façon dont un string de diable, rouge, ridicule, ne cachait rien du tout sur les fesses d’un garçon qui discutait, verre à la main, avec une morte-vivante dont la blouse pendait ouverte sur un ventre maquillé de faux sang. Ils parlaient d’un bar de Belleville. Elle avait la main sur sa hanche, le pouce sous l’élastique. Personne ne semblait pressé d’en finir avec la conversation.
Une fille est sortie d’une cabine étroite, la porte à claire-voie, en réajustant une coiffe. Derrière elle, dans l’ombre, un bassin, une bouche, je n’ai pas vu lequel des deux. Caro a suivi mon regard.
— Plus tard, si tu veux. Pas maintenant.
J’ai hoché la tête trop vite.
On a dû se ranger pour laisser passer trois personnes. Une femme en porte-jarretelles, seins nus, talons à la main pour ne pas les abîmer sur la moquette. Un homme à genoux, qui la suivait, la bouche à hauteur de sa cuisse, sans la toucher encore, comme s’il attendait un signal. Et derrière eux une autre femme, entièrement nue, un boa de plumes autour du cou, qui riait de les voir faire la file. Le boa m’a frôlé le bras. Chaud, déjà, d’avoir été porté. J’ai eu un recul que je n’ai pas pu cacher. Fred a posé la main dans mon dos, pas bas, entre les omoplates, le temps qu’ils passent.
— Ça va, a-t-il dit.
Ce n’était pas une question.
Dans un salon sans porte, des corps en tas sur un grand matelas, difficiles à compter. Une jambe, un dos, une bouche sur un sein, une main qui tenait un préservatif encore dans son carré doré, comme on tient une pièce avant de la poser. Quelqu’un gémissait, pas fort, un son presque poli. Une femme en bas résille et rien d’autre s’est redressée, nous a vus, a souri à Caro.
— Vous venez ?
— On visite, a dit Caro. Merci.
La femme a haussé une épaule, est redescendue. Personne n’a insisté. J’ai senti, très clairement, que j’aurais pu dire oui et que personne dans cette pièce n’aurait trouvé ça bizarre. L’idée m’a traversée comme une chaleur, puis est repartie. Je suis restée dans le couloir.
Un homme masqué, juste un loup de velours et des cornes en plastique, s’est arrêté devant moi. Nu. Il a regardé ma bouche, puis Caro, puis Fred, dans cet ordre-là que je commençais à connaître.
— Elle goûte ?
Fred n’a pas répondu à ma place. Caro non plus, cette fois. Le silence a duré une seconde de trop.
— Non, ai-je dit.
Ma voix tenait. L’homme a incliné les cornes, presque courtois, et il est entré dans le salon. J’avais les joues brûlantes. Pas seulement de honte.
Caro m’a effleuré le poignet.
— Bien.
On a continué. Encore une porte. Une femme à quatre pattes sur un banc bas, un plug avec une queue de chat, un homme derrière elle qui prenait son temps, la main à plat sur ses reins. Elle tournait la tête vers le couloir, pas vers lui, et elle nous a suivis des yeux jusqu’à ce qu’on la dépasse, sans cesser de bouger. J’ai gardé cette image. Le regard, pas le reste. Le reste, je le dessinerais quand même.
Fred a ralenti. Sa cape lui battait les mollets. Sous le gilet de vampire, il était habillé encore, chemise, pantalon, et ça le faisait paraître plus vêtu que tout le couloir. Plusieurs regards s’arrêtaient sur lui à cause de ça, ou à cause de la cape, ou à cause de Caro à côté, dont le porte-jarretelles et le haut trop court disaient déjà qu’elle connaissait la maison.
C’est à ce moment-là qu’elle est arrivée. Une infirmière, ou ce qu’il en restait. Blouse blanche trop courte, soutien-gorge noir, des bas filés avec un accroc qui n’avait rien d’un accident, du faux sang au coin de la bouche. Jolie, d’une beauté nette, sans détour. Elle a regardé Fred. Pas moi.
— Le vampire, il mord, ou il se laisse soigner ?
Caro a souri, ce sourire de celle qui a déjà tout anticipé, toujours un pas devant tout le monde dans cette pièce.
— Reste avec elle si tu veux. Moi je fais visiter. Ninon regarde. On ne participe pas, pour le moment.
Fred a cherché mes yeux, une dernière vérification silencieuse. J’ai hoché la tête, bien plus vite que je ne m’y attendais moi-même, parce qu’une part de moi, celle qui dessinait des piscines et des trios sans jamais les avoir vus, voulait savoir ce que ça faisait de regarder pour de vrai. Et parce que le couloir, déjà, m’avait appris que regarder était une place, ici, pas un manque de place.
Caro tenait déjà ma main.
— On te retrouvera.
Pas dans une chambre. Deux doigts posés sur le médaillon en plastique de Fred, comme pour en vérifier l’authenticité. Derrière elle, le couloir continuait : une épaule nue, un rire, le chapeau de pirate qui tombait enfin. Caro m’a tirée plus loin, avant que je puisse voir la suite. Je n’ai pas regardé en arrière. Je n’en ai pas eu besoin. J’entendais quand même la blouse rire, ce rire bas et sûr de lui, et quelque chose en moi, entre l’inquiétude et une excitation que je n’osais pas nommer encore, s’est mis à battre un peu plus vite, au rythme de mes propres pas dans ce couloir que je ne connaissais pas.
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteure en un geste.

ou laissez un mot
Gras
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 24
Au cœur du club libertin « le Manoir », Ninon suit Caro dans un couloir où les portes ouvertes ou closes dévoilent des scènes que personne ne cache vraiment. Ici, nul ne lui demande rien, et chacun semble savoir exactement ce qu'il veut. Ninon observe ce monde sans fuir, partagée entre la gêne et une fascination grandissante. Jusqu'où sera-t-elle prête à aller cette nuit-là ?
15 minutes
12
0
0
Chapitre suivant

Commentaires ()

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à en laisser un !

Histoires similaires

✦ Jane Does La quête du bonheur XSTORY
Lesbiennes, BDSM et 1 autre tag
La quête du bonheur
Chapitre 2
Par Jane Does
79
4
3.4k
✦ Opale59 La boîte de nuit XSTORY
Hétéro, Exhibition et 2 autres tags
La boîte de nuit
Chapitre 1
Par Opale59
187
9
20.3k
✦ Charline88 Mon enfer XSTORY
Hétéro, Infidélité
Mon enfer
Chapitre 3
Par
83
2
1.7k
✦ Jane Does Au fil des jours XSTORY
Hétéro, Romantique et 1 autre tag
Au fil des jours
Chapitre 1
Par Jane Does
110
2
4.7k
✦ Anthynéa Délectation XSTORY
Hétéro, Romantique et 1 autre tag
Délectation
Chapitre 1
Par Anthynéa
36
4
4.1k

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio