Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une chute de vélo — Chapitre 69 · Piège aux Larmes
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une chute de vélo
Chapitre 69 · Piège aux Larmes
Jérémy observa l'intérieur de l'église. Les murs de pierre grise n'étaient guère accueillants malgré les nombreux vitraux colorés qui adoucissaient la froideur de l'endroit. Des bancs de bois verni, mais défraichis, sur lesquels trônaient à chaque extrémité une petite pile de missels passablement usagés, encadraient l'allée centrale. Sur sa droite, Jérémy repéra les cierges aux pieds de la statue de la Vierge. Il s'approcha, en alluma un qu'il enficha sur un socle libre et glissa plusieurs pièces dans le tronc prévu pour les offrandes. Sans se préoccuper des bruits de portes en provenance de la cure, il se dirigea ensuite vers le confessionnal, entra dans la partie centrale réservée au prêtre, et en ressortit quelques secondes plus tard. Il referma soigneusement le rideau occultant cet endroit et s'éloigna tranquillement, sans se presser ni se retourner, ignorant ainsi le regard sévère qui le jugeait depuis la droite de la nef centrale. Le curé attendit que son visiteur ait refermé la porte et se précipita presque dans son isoloir. Sur le banc qui accueillait régulièrement son séant, il découvrit le soutien-gorge rouge d'Elsa. La stupeur qui s'empara de lui ne dura que le temps que sa colère et sa haine ne s'organisent. D'un geste rageur, il saisit le sous-vêtement de dentelle et le porta à hauteur de ses yeux.
— Regardez, Maitre, il vient me défier jusque dans ma maison. Je ne peux tolérer cela.
D'un geste brusque, il fourra la pièce de tissu dans la large poche de sa soutane, se réajusta, vérifia bien qu'aucune bretelle n'en dépasse et se rendit à la cure. Sur la table, une carte routière de la région était posée, ouverte et partiellement repliée. Sur la partie visible, un cercle rouge y était tracé. En son centre, une croix indiquait l'emplacement des Larmes du Diable. Incrédules, ses yeux fixaient la zone marquée sans pouvoir s'en détacher. Pourtant, il en était certain, cette carte n'était pas là quelques minutes plus tôt. Ce n'était pas une invitation, non, avec ce qui était dans sa poche, c'était une convocation, une provocation même, cependant, il hésitait encore à y répondre.
— Tu penses qu'il va marcher ? demanda à voix basse Elsa, attablée à l'intérieur du café qui faisait face à l'église.
— Certain. Il ne résistera pas.
— Comment en es-tu si sûr, Jérémy ?
— A sa façon de vouloir nous en écarter, de nous influencer pour nous convaincre que cet endroit est maléfique, alors qu'il a guéri Bruno.
— Bon sang, il en met du temps !
— Laisse-lui le temps de trouver ton haut, la carte et ensuite de se décider. Peut-être même de faire une prière…
— Ou de se palucher dans mes bonnets !
— Ce n'est pas exclu non plus, répondit Jérémy avec un sourire.
— Qu'il se presse alors ! Bruno doit être mort d'inquiétude.
— D'après lui, ce prêtre serait assez rapide, le plus rapide que l'on connaisse. Peut-être même plus que Speedy Gonzales lui-même.
— J'en peux plus d'attendre comme ça…
— Calme-toi, sœurette, maintenant qu'il sait que nous savons ce qu'il a fait chez toi, il ne peut plus reculer. Et il sait que nous savons qu'il est découvert.
— Et s'il n'avait pas trouvé la carte ?
— Là où je l'ai mise, aucun risque qu'il la manque. Un indice de cette taille ne passe pas inaperçu.
— Il aurait pu te voir et te confondre.
— Peu de risques, il était trop occupé pour me surprendre avec ce que j'ai laissé dans le confessionnal.
Ils n'eurent pas bien longtemps à patienter. Moins de quinze minutes après que Jérémy eut laissé son message à peine codé, le curé traversa la place sur son vélo aussi vite que s'il tentait de remporter une course cycliste.
— Et maintenant ? demanda Elsa.
— Il est clair que l'invitation a été reçue et que l'invité est en route. Ne le faisons pas attendre, ce serait très malpoli, toutefois, laissons-lui le temps de vérifier si tu es chez toi.
Le frère et la sœur quittèrent le café une vingtaine de minutes plus tard et se dirigèrent tranquillement dans une rue adjacente. Ils montèrent dans la voiture de Jérémy et se rendirent chez Elsa. Ils entrèrent dans la maison comme si de rien n'était.
— Alors ? s'impatienta Bruno. Je vous attendais ! Vous en avez mis du temps !
— Il est passé par ici ? demanda Elsa.
— Oui !
— Et il repassera par là, plaisanta Jérémy
— Veux-tu être sérieux deux minutes ? reprocha Elsa à son frère. Alors, Bruno ?
— Oui, je pense qu'il a marché à fond, confirma Bruno. Il avait l'air furieux. Il a tambouriné sur la porte pendant au moins cinq minutes avant d'abandonner.
— Parfait. Elsa, combien de temps pour aller en vélo aux Larmes du Diable ?
— Je dirais bien une heure, une heure trente… Mais, tu as vu la vitesse à laquelle il est parti ?
— Il ne tiendra pas cette cadence aussi longtemps, surtout quand il attaquera la montagne.
— Attention, Jérémy, je l'ai vu patrouiller autour de la maison, il a de l'entrainement.
— Ok, Bruno, on va y aller… Je sors vérifier la rue.
La voie étant libre, ils montèrent tous dans la voiture de Jérémy et prirent la direction de la montagne. Pour ne pas risquer de doubler leur invité, ils prirent une autre route que celle plus directe. Elle leur offrait un autre avantage : celui d'arriver par le haut de la source, leur cheminement pédestre dans la montagne leur serait ainsi facilité. Lorsqu'ils arrivèrent, largement en avance sur l'horaire estimé d'arrivée de leur invité, ils constatèrent qu'une silhouette était déjà présente. Encapuchonnée dans une soutane noire, sa large capuche rabattue sur sa tête, agenouillée sur la pierre qui occupait le centre du bassin. L'occupant des lieux semblait préparer quelque chose qu'ils ne purent distinguer de loin.
— Mais c'est impossible qu'il soit déjà là ! s'exclama Elsa à voix basse. Nous n'avons mis que vingt cinq minutes pour venir.
— Il doit y avoir une explication, affirma Jérémy, un cycliste, si doué soit-il, ne peut franchir une telle distance aussi vite.
— Mais alors, comment a-t-il fait ?
— Allons le lui demander, Bruno !
— Attends un peu, tempéra Elsa, observons-le d'abord pour savoir ce qu'il bricole ici.
— Tu crois qu'il sait qu'on le regarde ?
— Il sait déjà que l'on va venir, sœurette, ou tout du moins, il l'espère et le redoute probablement en même temps.
Ils observèrent alors la soutane qui leur tournait presque le dos. Elle se tenait face à la cascade, levait les mains au ciel, puis les rassemblait sur sa poitrine tout en marmonnant des paroles incompréhensibles. Elle embrassait ensuite sa croix de bois portée par-dessus le vêtement et recommençait son cinéma après avoir fait un demi-tour. Jérémy s'apprêtait à sortir des fourrés lorsque Bruno l'en empêcha.
— Que vas-tu faire ?
— Je suis écrivain, je vais l'interviewer pour les besoins de mon roman. Vous deux, restez là et n'intervenez qu'en cas de problème.
— Regarde là-bas, Jérémy, on dirait que quelqu'un arrive sur le sentier.
En effet, le curé arrivait d'un pas pressé dans le chemin à peine tracé entre les arbres et les bosquets. Sur la berge, il observa attentivement les alentours tout en contournant le bassin. Arrivé près du déversoir par lequel l'eau du bassin s'évacuait, il releva le large capuchon sur sa tête et avança franchement dans l'eau les bras légèrement écartés sans prendre la peine de relever sa soutane. Seuls ses pieds chaussés de simples sandales de cuir s'enfoncèrent dans l'eau. Il avança ainsi sans encombre jusqu'à la pierre centrale sur laquelle il bondit et s'agenouilla lui aussi en face de l'autre soutane.
— Mais ! s'exclama Bruno d'une voix étouffée. J'ai rêvé ou il a marché sur l'eau ?
— Matériellement parlant, c'est possible, mais seulement si elle est gelée, affirma Jérémy à voix basse. Elle ne l'est pas, et je ne crois ni aux miracles, ni aux pouvoirs surnaturels.
— Alors comment expliques-tu la guérison de Bruno ?
— Touché, sœurette. Je n'ai pas d'explication pour cela. Mais je voudrais bien savoir qui est son acolyte.
— Un autre prêtre d'une paroisse voisine ? suggéra Bruno.
— Possible…
Ils s'interrompirent, car les deux silhouettes se redressaient. Elles s'enlacèrent de longues secondes avant de se séparer et de se positionner dos à dos, l'une regardant la cascade, l'autre le déversoir.
— Mécréants ! Ecoutez-moi ! cria le curé à la ronde. Je suis venu ici à votre demande. Montrez-vous !
— Que fait-on ? demanda Elsa.
— Rien, on va les laisser mijoter un peu, répondit Jérémy. Mais on va profiter que leurs capuches leur masquent la vue de côté pour s'approcher un peu chacun notre tour. Tâchez de ne pas faire craquer de branches et de vous déplacer sans bruit. Je vais aller jusqu'au gros arbre là.
A tour de rôle Elsa et Bruno imitèrent Jérémy et s'approchèrent au plus près du bassin tout en restant dissimulés. Ils profitèrent des invectives du prêtre pour avancer progressivement. Sur la pierre centrale, l'impatience des soutanes montait, trahie par leurs gestes brusques, saccadés et nerveux.
— Ils ne viendront pas… marmonna la capuche du père Manuel. Ou alors, ils sont en retard. A moins que ce ne soit qu'une diversion ? Mais dans quel objectif ?
— Je l'ignore, répondit l'autre.
— Que voulez-vous à la fin ! hurla le prêtre à la cantonade. Vous restez cachés ? Très bien ! Je sais ce que vous avez fait ici ! J'ai tout vu ! Puisque vous vous obstinez dans le silence, je vais vous en faire sortir moi ! A genoux !
La seconde soutane se baissa et d'un geste rageur, l'ecclésiastique lui retira sa robe de bure, révélant une femme intégralement nue. A son tour, le curé retira la sienne, sous laquelle il portait l'ensemble de dentelle rouge d'Elsa ainsi que des bas noirs, soutenus par un porte-jarretelles assorti. La culotte féminine était déformée par le sceptre qu'elle retenait prisonnier. Cependant, ce ne sont pas les sous-vêtements qui attirèrent le plus l'attention des trois observateurs dissimulés derrière les arbres. De nombreuses marques de brulures en forme de croix chrétienne recouvraient son corps glabre et lui donnaient l'impression d'avoir été marqué de la même façon que les cow-boys américains marquaient leur bétail. Pratiquement toutes étaient concentrées sur son torse et son dos, mais quelques-unes étaient visibles sur ses épaules, certaines aux contours nets, d'autres incomplètes comme si le marqueur n'avait pas posé sur toute la surface.
Telles des lianes grimpant sur un arbre pour s'élever, les mains de la femme glissèrent lentement le long des jambes gainées de soie, escaladant le bassin, elles redescendirent partiellement la culotte, ce qui libéra la verge de dimension standard qui resta à l'horizontale. Elle ne lui laissa pas le temps de se redresser, sa bouche grande ouverte, elle l'engloutit d'un seul coup tandis que ses mains se posaient sur les fesses du religieux pour les presser davantage contre elle. Cette action provoqua une réaction de plaisir très intense pour le père Manuel qui lâcha un râle de plaisir. Le sourire sardonique qui éclaira son faciès aurait inquiété bon nombre de ses paroissiens s'ils avaient pu l'observer.
— Voyez, pauvres mortels ! rugit le prêtre en dentelle. Je suis comme vous, un homme de chair ! Je ne vous crains pas ! Alors, approchez, ou fuyez et ne revenez jamais, car je sais tout !
— Que fait-on ? demanda Bruno. On dirait un fou, cela pourrait être dangereux. Je ne veux pas faire prendre le moindre risque à Elsa.
— Je te rappelle que je sais me défendre.
— Oui, et c'est moi qui ai payé…
— Ce n'est pas ce que je voulais, tu le sais.
— Oui, et je suis presque heureux d'avoir été agressé. Cela m'a permis de te retrouver, et cette fois, je ne te laisserai pas partir.
— Si nous allions le voir ? proposa Jérémy. Nous sommes trois, il est seul avec cette femme, et je suis de l'avis de Bruno, tu devrais rester en arrière, Elsa.
Elsa tira la langue à son frère et, sans les attendre, avança à découvert. Jérémy et Bruno lui emboitèrent le pas. Sans interrompre la fellation en cours, l'ecclésiastique leur fit signe d'approcher. Au bord de l'eau, Elsa lui demanda s'il aimait sa culotte, s'excusa de ne pas lui avoir permis de la laver avant qu'il ne l'utilise et à quelle paroissienne il avait fauché le reste de sa tenue.
— Jeune impertinente ! répondit-il.
— Vous ne me faites pas peur ! cria Bruno pour protéger sa princesse.
— Vous êtes très courageux, car il m'arrive de me faire peur à moi-même, répondit le curé.
— Moi, reprit Elsa, je ne vole pas les effets personnels des gens qui m'offrent un chocolat, même s'ils se sont imposés !
— Vous n'êtes que des menteurs ! Vous ne connaissiez soi-disant pas cet endroit ! Et votre ami ? Comment se fait-il qu'il soit guéri ?
— Un coup de cette malédiction, sûrement, répondit évasivement Elsa.
— Je vous ai vu ! J'ai assisté à la guérison, et ensuite, vous avez forniqué, ici même, sur cette pierre sacrée !
— Ah ? Cette pierre est sacrée ? Il nous est donc interdit d'y faire ce que vous êtes justement en train de faire ? Vous m'aviez pourtant affirmé qu'elle avait servi pour des rites sataniques et des sacrifices humains !
— Que croyez-vous que je suis en train de faire ?
— Ce n'est pas très difficile à deviner, vous vous faites sucer, rien de plus !
— Erreur ! Cette créature est ici pour être sacrifiée au plaisir des hommes ! Messieurs, rejoignez-moi, à nous trois, nous allons la prendre dans tous les sens, ensuite nous sacrifierons également cette impertinente vétérinaire qui, elle aussi, n'attend que ça.
— Comment savez-vous ce que j'attends ? Et comment vous, un homme d'Église, pouvez-vous vous abaisser à des actes aussi infâmes ? l'apostropha Elsa.
— Je ne vous permets pas de me juger ! Le Tout-Puissant seul, en a la possibilité !
— Il n'est pas dans son état normal, chuchota Jérémy, Elsa, je t'en prie, ne le provoque pas plus.
— Partons d'ici, ajouta Bruno, je ne veux pas qu'il se venge sur toi, mon amour.
— Mais si nous partons, il aura gagné et pourra alors me persécuter à loisir. Et que faites-vous de cette femme ? Nous devons la soustraire à son sort !
— Tu as raison, ma princesse. Jérémy, veille sur ta sœur et sauve cette femme, je vais créer une diversion.
Bruno détala et, au pas de course, contourna le bassin, bondit par-dessus le déversoir et se présenta sur le côté par lequel le prêtre avait accédé à la pierre centrale sans se mouiller plus haut que la cheville. Il ne mit pas très longtemps à localiser ce qu'il cherchait. De dimensions irrégulières, tels des piliers dont les sommets n'étaient recouverts que de quelques centimètres d'eau, des pierres carrées disposées comme des pas japonais dans un jardin constituaient un chemin assez facile à emprunter. Il resta sur la berge et héla le prêtre.
— C'est par ici que vous êtes passé ? Je peux venir à vous ?
Pour faire face à son interlocuteur, le curé se retourna, ce qui interrompit la fellation.
— Approchez ! Votre vigueur et votre endurance que j'ai observées lors de votre guérison m'ont impressionné ! On aurait dit un taureau en rut ! Vous allez me montrer ce dont vous êtes capable.
— Avec joie, mon Père, mais sachez que, tel un taureau, je suis attiré par tout ce qui est rouge !
Bruno franchit en peu de temps la distance qui séparait la berge de la pierre des sacrifices sous le regard à la fois incrédule et inquiet d'Elsa. Elle craignait que toute cette histoire tourne mal et ne voyait pas comment elle pourrait sauver cette femme qui était toujours agenouillée sur la pierre centrale.
— A présent que vous m'avez rejoint, montrez-moi comment vous allez sacrifier cette femme, ordonna le curé à Bruno. Vous n'avez qu'à parler, elle obéira.
— Alors debout ! commanda Bruno.
La femme se redressa et regarda le nouvel arrivé droit dans les yeux. Bruno n'y détecta aucune peur, aucune crainte, mais aucune joie non plus. Le regard était vide, comme éteint.
— Demi-tour !
Docilement, elle lui tourna le dos. Bruno s'approcha doucement d'elle, l'enlaça délicatement en prenant garde à ne pas lui toucher les seins.
— Sauvez-vous, lui chuchota-t-il à l'oreille, rejoignez mes amis, ils vous aideront.
Bruno poussa la femme dans l'eau dans la direction de Jérémy. Tandis que ce dernier se précipitait tout habillé dans le bassin pour en extraire la malheureuse, Bruno se retourna face au curé qui ne comprenait pas le but de ce geste.
— Et maintenant, lui dit-il, à nous deux. Je vais vous apprendre à voler les sous-vêtements d'Elsa pour vous palucher avec. Je vais vous faire passer l'envie de la suivre, de la surveiller et de la menacer. Plus jamais vous ne l'importunerez !
Le regard déterminé de Bruno et sa voix menaçante impressionnèrent son adversaire qui recula d'un pas. Boosté par le repli du curé, Bruno, qui avait rarement tenu tête à un autre homme, se sentait invincible et prêt à tout pour protéger Elsa.
— Mais… et le sacrifice ? bégaya le père Manuel
— Si l'on changeait un peu les règles ? Hein ? Vous êtes déjà en tenue, aujourd'hui, c'est vous qui serez sacrifié !
— Mais ?
— Il n'y a pas de mais ! Silence, ordonna Bruno. Demi-tour et à genoux !
Le curé obéit, mais ce n'était là qu'une feinte de sa part. Il glissa la main dans sa robe de bure qu'il avait négligemment jetée à même la pierre, localisa rapidement l'entrée de la poche intérieure et saisit la dague qu'elle contenait. Alors que Bruno regardait Elsa et Jérémy qui tentaient de maitriser la femme, le curé se redressa brutalement et pointa la lame en direction de Bruno.
— Et maintenant ? menaça le prêtre, tu fais moins le malin, hein ?
— Que voulez-vous ?
— Je n'ai pas beaucoup de solutions. Le secret des Larmes doit être conservé. Toi et ta copine, vous ne savez pas tenir votre langue.
— Mais ? Vous n'avez pas l'intention de …
— Je ne peux pas vous laisser révéler notre secret !
— Votre secret ? A qui ?
— Angèle, ma compagne que vous avez balancée à la flotte, cet endroit, elle et moi. J'ai tout à perdre à ne pas vous réduire au silence.
— Je vous assure que je ne vous veux aucun mal. Mais je ne peux pas vous laisser importuner Elsa sans réagir.
Sans avertissement, la dague fendit l'air en direction de Bruno qui esquiva en reculant d'un pas. L'attaque suivante fut accompagnée par un cri de frayeur d'Elsa. L'agressé l'évita une nouvelle fois, cependant, il cherchait une échappatoire, car les dimensions réduites de leur zone de combat ne laissaient que peu de possibilités de fuite. Il pouvait se jeter dans l'eau, mais il serait alors encore plus vulnérable face à son agresseur. Sur la berge, Angèle, une fois sortie de l'eau, donnait du fil à retordre à Jérémy, qui avait toutes les peines du monde à la maitriser sans la brutaliser, car elle cherchait à le frapper. Il abandonna ses efforts lorsqu'Elsa hurla de terreur. Face à elle, sur la pierre des sacrifices, Bruno la regardait avec un sourire triste et la dague du prêtre enfoncée dans sa poitrine gauche jusqu'à la garde. Sur sa chemise claire, une tache rouge foncé s'élargissait à vue d'œil.
— Regardez, Maitre, il vient me défier jusque dans ma maison. Je ne peux tolérer cela.
D'un geste brusque, il fourra la pièce de tissu dans la large poche de sa soutane, se réajusta, vérifia bien qu'aucune bretelle n'en dépasse et se rendit à la cure. Sur la table, une carte routière de la région était posée, ouverte et partiellement repliée. Sur la partie visible, un cercle rouge y était tracé. En son centre, une croix indiquait l'emplacement des Larmes du Diable. Incrédules, ses yeux fixaient la zone marquée sans pouvoir s'en détacher. Pourtant, il en était certain, cette carte n'était pas là quelques minutes plus tôt. Ce n'était pas une invitation, non, avec ce qui était dans sa poche, c'était une convocation, une provocation même, cependant, il hésitait encore à y répondre.
— Tu penses qu'il va marcher ? demanda à voix basse Elsa, attablée à l'intérieur du café qui faisait face à l'église.
— Certain. Il ne résistera pas.
— Comment en es-tu si sûr, Jérémy ?
— A sa façon de vouloir nous en écarter, de nous influencer pour nous convaincre que cet endroit est maléfique, alors qu'il a guéri Bruno.
— Bon sang, il en met du temps !
— Laisse-lui le temps de trouver ton haut, la carte et ensuite de se décider. Peut-être même de faire une prière…
— Ou de se palucher dans mes bonnets !
— Ce n'est pas exclu non plus, répondit Jérémy avec un sourire.
— Qu'il se presse alors ! Bruno doit être mort d'inquiétude.
— D'après lui, ce prêtre serait assez rapide, le plus rapide que l'on connaisse. Peut-être même plus que Speedy Gonzales lui-même.
— J'en peux plus d'attendre comme ça…
— Calme-toi, sœurette, maintenant qu'il sait que nous savons ce qu'il a fait chez toi, il ne peut plus reculer. Et il sait que nous savons qu'il est découvert.
— Et s'il n'avait pas trouvé la carte ?
— Là où je l'ai mise, aucun risque qu'il la manque. Un indice de cette taille ne passe pas inaperçu.
— Il aurait pu te voir et te confondre.
— Peu de risques, il était trop occupé pour me surprendre avec ce que j'ai laissé dans le confessionnal.
Ils n'eurent pas bien longtemps à patienter. Moins de quinze minutes après que Jérémy eut laissé son message à peine codé, le curé traversa la place sur son vélo aussi vite que s'il tentait de remporter une course cycliste.
— Et maintenant ? demanda Elsa.
— Il est clair que l'invitation a été reçue et que l'invité est en route. Ne le faisons pas attendre, ce serait très malpoli, toutefois, laissons-lui le temps de vérifier si tu es chez toi.
Le frère et la sœur quittèrent le café une vingtaine de minutes plus tard et se dirigèrent tranquillement dans une rue adjacente. Ils montèrent dans la voiture de Jérémy et se rendirent chez Elsa. Ils entrèrent dans la maison comme si de rien n'était.
— Alors ? s'impatienta Bruno. Je vous attendais ! Vous en avez mis du temps !
— Il est passé par ici ? demanda Elsa.
— Oui !
— Et il repassera par là, plaisanta Jérémy
— Veux-tu être sérieux deux minutes ? reprocha Elsa à son frère. Alors, Bruno ?
— Oui, je pense qu'il a marché à fond, confirma Bruno. Il avait l'air furieux. Il a tambouriné sur la porte pendant au moins cinq minutes avant d'abandonner.
— Parfait. Elsa, combien de temps pour aller en vélo aux Larmes du Diable ?
— Je dirais bien une heure, une heure trente… Mais, tu as vu la vitesse à laquelle il est parti ?
— Il ne tiendra pas cette cadence aussi longtemps, surtout quand il attaquera la montagne.
— Attention, Jérémy, je l'ai vu patrouiller autour de la maison, il a de l'entrainement.
— Ok, Bruno, on va y aller… Je sors vérifier la rue.
La voie étant libre, ils montèrent tous dans la voiture de Jérémy et prirent la direction de la montagne. Pour ne pas risquer de doubler leur invité, ils prirent une autre route que celle plus directe. Elle leur offrait un autre avantage : celui d'arriver par le haut de la source, leur cheminement pédestre dans la montagne leur serait ainsi facilité. Lorsqu'ils arrivèrent, largement en avance sur l'horaire estimé d'arrivée de leur invité, ils constatèrent qu'une silhouette était déjà présente. Encapuchonnée dans une soutane noire, sa large capuche rabattue sur sa tête, agenouillée sur la pierre qui occupait le centre du bassin. L'occupant des lieux semblait préparer quelque chose qu'ils ne purent distinguer de loin.
— Mais c'est impossible qu'il soit déjà là ! s'exclama Elsa à voix basse. Nous n'avons mis que vingt cinq minutes pour venir.
— Il doit y avoir une explication, affirma Jérémy, un cycliste, si doué soit-il, ne peut franchir une telle distance aussi vite.
— Mais alors, comment a-t-il fait ?
— Allons le lui demander, Bruno !
— Attends un peu, tempéra Elsa, observons-le d'abord pour savoir ce qu'il bricole ici.
— Tu crois qu'il sait qu'on le regarde ?
— Il sait déjà que l'on va venir, sœurette, ou tout du moins, il l'espère et le redoute probablement en même temps.
Ils observèrent alors la soutane qui leur tournait presque le dos. Elle se tenait face à la cascade, levait les mains au ciel, puis les rassemblait sur sa poitrine tout en marmonnant des paroles incompréhensibles. Elle embrassait ensuite sa croix de bois portée par-dessus le vêtement et recommençait son cinéma après avoir fait un demi-tour. Jérémy s'apprêtait à sortir des fourrés lorsque Bruno l'en empêcha.
— Que vas-tu faire ?
— Je suis écrivain, je vais l'interviewer pour les besoins de mon roman. Vous deux, restez là et n'intervenez qu'en cas de problème.
— Regarde là-bas, Jérémy, on dirait que quelqu'un arrive sur le sentier.
En effet, le curé arrivait d'un pas pressé dans le chemin à peine tracé entre les arbres et les bosquets. Sur la berge, il observa attentivement les alentours tout en contournant le bassin. Arrivé près du déversoir par lequel l'eau du bassin s'évacuait, il releva le large capuchon sur sa tête et avança franchement dans l'eau les bras légèrement écartés sans prendre la peine de relever sa soutane. Seuls ses pieds chaussés de simples sandales de cuir s'enfoncèrent dans l'eau. Il avança ainsi sans encombre jusqu'à la pierre centrale sur laquelle il bondit et s'agenouilla lui aussi en face de l'autre soutane.
— Mais ! s'exclama Bruno d'une voix étouffée. J'ai rêvé ou il a marché sur l'eau ?
— Matériellement parlant, c'est possible, mais seulement si elle est gelée, affirma Jérémy à voix basse. Elle ne l'est pas, et je ne crois ni aux miracles, ni aux pouvoirs surnaturels.
— Alors comment expliques-tu la guérison de Bruno ?
— Touché, sœurette. Je n'ai pas d'explication pour cela. Mais je voudrais bien savoir qui est son acolyte.
— Un autre prêtre d'une paroisse voisine ? suggéra Bruno.
— Possible…
Ils s'interrompirent, car les deux silhouettes se redressaient. Elles s'enlacèrent de longues secondes avant de se séparer et de se positionner dos à dos, l'une regardant la cascade, l'autre le déversoir.
— Mécréants ! Ecoutez-moi ! cria le curé à la ronde. Je suis venu ici à votre demande. Montrez-vous !
— Que fait-on ? demanda Elsa.
— Rien, on va les laisser mijoter un peu, répondit Jérémy. Mais on va profiter que leurs capuches leur masquent la vue de côté pour s'approcher un peu chacun notre tour. Tâchez de ne pas faire craquer de branches et de vous déplacer sans bruit. Je vais aller jusqu'au gros arbre là.
A tour de rôle Elsa et Bruno imitèrent Jérémy et s'approchèrent au plus près du bassin tout en restant dissimulés. Ils profitèrent des invectives du prêtre pour avancer progressivement. Sur la pierre centrale, l'impatience des soutanes montait, trahie par leurs gestes brusques, saccadés et nerveux.
— Ils ne viendront pas… marmonna la capuche du père Manuel. Ou alors, ils sont en retard. A moins que ce ne soit qu'une diversion ? Mais dans quel objectif ?
— Je l'ignore, répondit l'autre.
— Que voulez-vous à la fin ! hurla le prêtre à la cantonade. Vous restez cachés ? Très bien ! Je sais ce que vous avez fait ici ! J'ai tout vu ! Puisque vous vous obstinez dans le silence, je vais vous en faire sortir moi ! A genoux !
La seconde soutane se baissa et d'un geste rageur, l'ecclésiastique lui retira sa robe de bure, révélant une femme intégralement nue. A son tour, le curé retira la sienne, sous laquelle il portait l'ensemble de dentelle rouge d'Elsa ainsi que des bas noirs, soutenus par un porte-jarretelles assorti. La culotte féminine était déformée par le sceptre qu'elle retenait prisonnier. Cependant, ce ne sont pas les sous-vêtements qui attirèrent le plus l'attention des trois observateurs dissimulés derrière les arbres. De nombreuses marques de brulures en forme de croix chrétienne recouvraient son corps glabre et lui donnaient l'impression d'avoir été marqué de la même façon que les cow-boys américains marquaient leur bétail. Pratiquement toutes étaient concentrées sur son torse et son dos, mais quelques-unes étaient visibles sur ses épaules, certaines aux contours nets, d'autres incomplètes comme si le marqueur n'avait pas posé sur toute la surface.
Telles des lianes grimpant sur un arbre pour s'élever, les mains de la femme glissèrent lentement le long des jambes gainées de soie, escaladant le bassin, elles redescendirent partiellement la culotte, ce qui libéra la verge de dimension standard qui resta à l'horizontale. Elle ne lui laissa pas le temps de se redresser, sa bouche grande ouverte, elle l'engloutit d'un seul coup tandis que ses mains se posaient sur les fesses du religieux pour les presser davantage contre elle. Cette action provoqua une réaction de plaisir très intense pour le père Manuel qui lâcha un râle de plaisir. Le sourire sardonique qui éclaira son faciès aurait inquiété bon nombre de ses paroissiens s'ils avaient pu l'observer.
— Voyez, pauvres mortels ! rugit le prêtre en dentelle. Je suis comme vous, un homme de chair ! Je ne vous crains pas ! Alors, approchez, ou fuyez et ne revenez jamais, car je sais tout !
— Que fait-on ? demanda Bruno. On dirait un fou, cela pourrait être dangereux. Je ne veux pas faire prendre le moindre risque à Elsa.
— Je te rappelle que je sais me défendre.
— Oui, et c'est moi qui ai payé…
— Ce n'est pas ce que je voulais, tu le sais.
— Oui, et je suis presque heureux d'avoir été agressé. Cela m'a permis de te retrouver, et cette fois, je ne te laisserai pas partir.
— Si nous allions le voir ? proposa Jérémy. Nous sommes trois, il est seul avec cette femme, et je suis de l'avis de Bruno, tu devrais rester en arrière, Elsa.
Elsa tira la langue à son frère et, sans les attendre, avança à découvert. Jérémy et Bruno lui emboitèrent le pas. Sans interrompre la fellation en cours, l'ecclésiastique leur fit signe d'approcher. Au bord de l'eau, Elsa lui demanda s'il aimait sa culotte, s'excusa de ne pas lui avoir permis de la laver avant qu'il ne l'utilise et à quelle paroissienne il avait fauché le reste de sa tenue.
— Jeune impertinente ! répondit-il.
— Vous ne me faites pas peur ! cria Bruno pour protéger sa princesse.
— Vous êtes très courageux, car il m'arrive de me faire peur à moi-même, répondit le curé.
— Moi, reprit Elsa, je ne vole pas les effets personnels des gens qui m'offrent un chocolat, même s'ils se sont imposés !
— Vous n'êtes que des menteurs ! Vous ne connaissiez soi-disant pas cet endroit ! Et votre ami ? Comment se fait-il qu'il soit guéri ?
— Un coup de cette malédiction, sûrement, répondit évasivement Elsa.
— Je vous ai vu ! J'ai assisté à la guérison, et ensuite, vous avez forniqué, ici même, sur cette pierre sacrée !
— Ah ? Cette pierre est sacrée ? Il nous est donc interdit d'y faire ce que vous êtes justement en train de faire ? Vous m'aviez pourtant affirmé qu'elle avait servi pour des rites sataniques et des sacrifices humains !
— Que croyez-vous que je suis en train de faire ?
— Ce n'est pas très difficile à deviner, vous vous faites sucer, rien de plus !
— Erreur ! Cette créature est ici pour être sacrifiée au plaisir des hommes ! Messieurs, rejoignez-moi, à nous trois, nous allons la prendre dans tous les sens, ensuite nous sacrifierons également cette impertinente vétérinaire qui, elle aussi, n'attend que ça.
— Comment savez-vous ce que j'attends ? Et comment vous, un homme d'Église, pouvez-vous vous abaisser à des actes aussi infâmes ? l'apostropha Elsa.
— Je ne vous permets pas de me juger ! Le Tout-Puissant seul, en a la possibilité !
— Il n'est pas dans son état normal, chuchota Jérémy, Elsa, je t'en prie, ne le provoque pas plus.
— Partons d'ici, ajouta Bruno, je ne veux pas qu'il se venge sur toi, mon amour.
— Mais si nous partons, il aura gagné et pourra alors me persécuter à loisir. Et que faites-vous de cette femme ? Nous devons la soustraire à son sort !
— Tu as raison, ma princesse. Jérémy, veille sur ta sœur et sauve cette femme, je vais créer une diversion.
Bruno détala et, au pas de course, contourna le bassin, bondit par-dessus le déversoir et se présenta sur le côté par lequel le prêtre avait accédé à la pierre centrale sans se mouiller plus haut que la cheville. Il ne mit pas très longtemps à localiser ce qu'il cherchait. De dimensions irrégulières, tels des piliers dont les sommets n'étaient recouverts que de quelques centimètres d'eau, des pierres carrées disposées comme des pas japonais dans un jardin constituaient un chemin assez facile à emprunter. Il resta sur la berge et héla le prêtre.
— C'est par ici que vous êtes passé ? Je peux venir à vous ?
Pour faire face à son interlocuteur, le curé se retourna, ce qui interrompit la fellation.
— Approchez ! Votre vigueur et votre endurance que j'ai observées lors de votre guérison m'ont impressionné ! On aurait dit un taureau en rut ! Vous allez me montrer ce dont vous êtes capable.
— Avec joie, mon Père, mais sachez que, tel un taureau, je suis attiré par tout ce qui est rouge !
Bruno franchit en peu de temps la distance qui séparait la berge de la pierre des sacrifices sous le regard à la fois incrédule et inquiet d'Elsa. Elle craignait que toute cette histoire tourne mal et ne voyait pas comment elle pourrait sauver cette femme qui était toujours agenouillée sur la pierre centrale.
— A présent que vous m'avez rejoint, montrez-moi comment vous allez sacrifier cette femme, ordonna le curé à Bruno. Vous n'avez qu'à parler, elle obéira.
— Alors debout ! commanda Bruno.
La femme se redressa et regarda le nouvel arrivé droit dans les yeux. Bruno n'y détecta aucune peur, aucune crainte, mais aucune joie non plus. Le regard était vide, comme éteint.
— Demi-tour !
Docilement, elle lui tourna le dos. Bruno s'approcha doucement d'elle, l'enlaça délicatement en prenant garde à ne pas lui toucher les seins.
— Sauvez-vous, lui chuchota-t-il à l'oreille, rejoignez mes amis, ils vous aideront.
Bruno poussa la femme dans l'eau dans la direction de Jérémy. Tandis que ce dernier se précipitait tout habillé dans le bassin pour en extraire la malheureuse, Bruno se retourna face au curé qui ne comprenait pas le but de ce geste.
— Et maintenant, lui dit-il, à nous deux. Je vais vous apprendre à voler les sous-vêtements d'Elsa pour vous palucher avec. Je vais vous faire passer l'envie de la suivre, de la surveiller et de la menacer. Plus jamais vous ne l'importunerez !
Le regard déterminé de Bruno et sa voix menaçante impressionnèrent son adversaire qui recula d'un pas. Boosté par le repli du curé, Bruno, qui avait rarement tenu tête à un autre homme, se sentait invincible et prêt à tout pour protéger Elsa.
— Mais… et le sacrifice ? bégaya le père Manuel
— Si l'on changeait un peu les règles ? Hein ? Vous êtes déjà en tenue, aujourd'hui, c'est vous qui serez sacrifié !
— Mais ?
— Il n'y a pas de mais ! Silence, ordonna Bruno. Demi-tour et à genoux !
Le curé obéit, mais ce n'était là qu'une feinte de sa part. Il glissa la main dans sa robe de bure qu'il avait négligemment jetée à même la pierre, localisa rapidement l'entrée de la poche intérieure et saisit la dague qu'elle contenait. Alors que Bruno regardait Elsa et Jérémy qui tentaient de maitriser la femme, le curé se redressa brutalement et pointa la lame en direction de Bruno.
— Et maintenant ? menaça le prêtre, tu fais moins le malin, hein ?
— Que voulez-vous ?
— Je n'ai pas beaucoup de solutions. Le secret des Larmes doit être conservé. Toi et ta copine, vous ne savez pas tenir votre langue.
— Mais ? Vous n'avez pas l'intention de …
— Je ne peux pas vous laisser révéler notre secret !
— Votre secret ? A qui ?
— Angèle, ma compagne que vous avez balancée à la flotte, cet endroit, elle et moi. J'ai tout à perdre à ne pas vous réduire au silence.
— Je vous assure que je ne vous veux aucun mal. Mais je ne peux pas vous laisser importuner Elsa sans réagir.
Sans avertissement, la dague fendit l'air en direction de Bruno qui esquiva en reculant d'un pas. L'attaque suivante fut accompagnée par un cri de frayeur d'Elsa. L'agressé l'évita une nouvelle fois, cependant, il cherchait une échappatoire, car les dimensions réduites de leur zone de combat ne laissaient que peu de possibilités de fuite. Il pouvait se jeter dans l'eau, mais il serait alors encore plus vulnérable face à son agresseur. Sur la berge, Angèle, une fois sortie de l'eau, donnait du fil à retordre à Jérémy, qui avait toutes les peines du monde à la maitriser sans la brutaliser, car elle cherchait à le frapper. Il abandonna ses efforts lorsqu'Elsa hurla de terreur. Face à elle, sur la pierre des sacrifices, Bruno la regardait avec un sourire triste et la dague du prêtre enfoncée dans sa poitrine gauche jusqu'à la garde. Sur sa chemise claire, une tache rouge foncé s'élargissait à vue d'œil.
Pour les lecteurs joueurs, il y a deux répliques tirées de films, disséminées dans ce chapitre. Saurez-vous les identifier ?
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Commentaires ()
Serait-elle la cause de tous ses malheurs ?
Merci de lire et de laisser des commentaires régulièrement.
C'est agaçant ! 🤦🏻♂️
(oups 🤭)
Le mystère s'épaissit autour du curé et de cette eau bien étrange...
Que va-t-il advenir de Bruno ? Nous le saurons dans le chapitre suivant. Ou pas, puisque tu aimes tant nous surprendre, ce qui n'est pas pour me déplaire.
Hi, hi, je viens juste de remarquer le numéro du chapitre...
une source mi-raculeuse, dans une histoire mi-racoleuse ?
C'est une idée, mais cadre-t-elle bien avec le numéro du chapitre ?
Merci pour ton commentaire original !
« Beaucoup d’appelés, peu d’élus » me disait mon père entre deux baffes.
Tu as encore la fougue de la jeunesse et un peu de temps 🤞 courage ☺️
Profite donc de la douce chaleur de ce remarquable été ☀️🥵 pour écrire 👨🏻💻 la suite !
On attend 🤷🏻♂️ (ça ne va pas se faire tout seul) 😏
Moi je sais de quoi l'avenir sera fait, mais même sous la torture, je ne révèlerai rien.
Patience, la suite dans quelques semaines...
Merci merci cher @Iznogood
Je suis très heureux de recevoir de telles critiques sur cette histoire.
Puisse la presse s'en émouvoir et me faire connaitre auprès d'un éditeur afin que je tire quelques dérisoires revenus de tout ce travail :lol:
L'eau l'a déjà guéri une fois, on peut donc garder un petit espoir...
Comme d'habitude, je ne tease pas les suites, cher @OlivX
La réponse à cette interrogation dans une poignée de jours
Merci et encore bravo pour ton travail (remarquable).
L’histoire est passionnante, variée, avec de multiples branches. Un best-seller.
Cela fait deux critiques élogieuses pour le même chapitre, je suis comblé.
De tels retours sont la plus belle motivation pour ne pas choisir la facilité pour les suites à venir.
Je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait, mais il faut rappeler que Bruno a été guéri par les Larmes du Diable ! 😈😇🙏
Rien n’est impossible, dans un sens comme dans l’autre. 🤞
On attend le prochain chapitre avec impatience 😏