Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une chute de vélo — Chapitre 51 · Alarmantes nouvelles
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une chute de vélo
Chapitre 51 · Alarmantes nouvelles
En ce lundi matin, Elsa avait terminé une intervention compliquée dans la ferme de Gustave Trabezac. Le vêlage difficile avait nécessité une césarienne. Elle y avait passé la nuit entière, mais la vache et son veau étaient sauvés. L'éleveur, soulagé qu'elle lui ait évité la perte de deux de ses bêtes, ne tarissait plus d'éloges envers cette jeune vétérinaire qui n'était intervenue dans sa ferme qu'une seule fois auparavant, lors d'une campagne de vaccination de son cheptel. La jeune vétérinaire était épuisée, mais heureuse de ce dénouement. Après une bonne douche, elle dégustait un petit déjeuner tardif, mais revigorant, avec le couple d'éleveurs.
Les chiens de la ferme accueillirent dans un concert d'aboiements un véhicule qui entrait et se garait dans la cour. Gustave se rendit au-devant des visiteurs et revint avec eux. C'était deux gendarmes de la brigade locale, ils étaient à la recherche d'Elsa et demandèrent à lui parler en privé. Elle abandonna provisoirement son bol et les suivit auprès de leur 403 break de service. Le plus gradé des deux militaires arborait une énorme moustache ainsi qu'un embonpoint que la ceinture de son pantalon semblait avoir les pires difficultés à maitriser. Il était accompagné d'un collègue bien plus jeune et dont la silhouette plus sportive contrastait nettement avec celle de son supérieur.
— Madame Rotina, je suis l'adjudant-chef Pourquier. Connaissez-vous un monsieur Jérémy Rotina ? demanda le plus gradé.
— Bien sûr ! C'est mon frère !
— Ah ? Etes-vous mariée ?
— Non.
— Fiancée peut-être ?
— Non plus ! Pourquoi ces questions ?
— Un amoureux ? Un prétendant ? Ou plusieurs peut-être ?
— Non ! Qu'est-ce que cela signifie ? s'agaça Elsa. Si c'est une plaisanterie, elle ne me fait pas rire du tout !
— Oh non mademoiselle ! Plaisanter, ce n'est pas le genre de la maison.
— Que voulez-vous à la fin ?
— Connaissez-vous monsieur Bruno Timanier ?
— Oui, que lui voulez-vous ?
— Depuis longtemps ?
— Quelques semaines.
— Il fait partie de vos amis ?
— Oui ! répondit un peu sèchement Elsa sans masquer sa contrariété.
— Proche ?
— Oui… enfin à part les kilomètres.
— Quelle sorte de relations entretenez-vous avec lui ?
— On se connait, nous sommes … mais pourquoi ces questions ? Que se passe-t-il ? Et que voulez-vous savoir ?
— Je n'irai pas par quatre chemins mademoiselle : il a été victime d'une agression, vendredi soir.
— Oh mon Dieu ! s'écria Elsa. Comment va-t-il ?
— Il souffre de plusieurs fractures, madame.
— Oh non ! Mais c'est grave alors ! Que s'est-il passé ?
— Nous savons juste qu'il a été agressé par plusieurs individus sur le parking de son lieu de travail.
— Mais par qui ? Et pourquoi ?
— C'est ce que la police locale essaie de découvrir. Monsieur Jérémy Rottina, votre frère donc, est un de ses amis d'après ce que nos confrères nous ont indiqué. Il a tenté de vous prévenir, mais n'arrivait pas à vous joindre.
— J'ai passé presque toute la nuit ici pour aider une jeune vache pour son premier veau.
— Votre frère a beaucoup insisté pour que nous vous retrouvions rapidement.
— Mais alors, c'est très grave ?
— Votre frère nous a précisé que la victime était dans le coma et ne nous a pas caché la crainte des médecins que monsieur Timanier ne s'en sorte pas…
— Bien sûr ! C'est mon frère !
— Ah ? Etes-vous mariée ?
— Non.
— Fiancée peut-être ?
— Non plus ! Pourquoi ces questions ?
— Un amoureux ? Un prétendant ? Ou plusieurs peut-être ?
— Non ! Qu'est-ce que cela signifie ? s'agaça Elsa. Si c'est une plaisanterie, elle ne me fait pas rire du tout !
— Oh non mademoiselle ! Plaisanter, ce n'est pas le genre de la maison.
— Que voulez-vous à la fin ?
— Connaissez-vous monsieur Bruno Timanier ?
— Oui, que lui voulez-vous ?
— Depuis longtemps ?
— Quelques semaines.
— Il fait partie de vos amis ?
— Oui ! répondit un peu sèchement Elsa sans masquer sa contrariété.
— Proche ?
— Oui… enfin à part les kilomètres.
— Quelle sorte de relations entretenez-vous avec lui ?
— On se connait, nous sommes … mais pourquoi ces questions ? Que se passe-t-il ? Et que voulez-vous savoir ?
— Je n'irai pas par quatre chemins mademoiselle : il a été victime d'une agression, vendredi soir.
— Oh mon Dieu ! s'écria Elsa. Comment va-t-il ?
— Il souffre de plusieurs fractures, madame.
— Oh non ! Mais c'est grave alors ! Que s'est-il passé ?
— Nous savons juste qu'il a été agressé par plusieurs individus sur le parking de son lieu de travail.
— Mais par qui ? Et pourquoi ?
— C'est ce que la police locale essaie de découvrir. Monsieur Jérémy Rottina, votre frère donc, est un de ses amis d'après ce que nos confrères nous ont indiqué. Il a tenté de vous prévenir, mais n'arrivait pas à vous joindre.
— J'ai passé presque toute la nuit ici pour aider une jeune vache pour son premier veau.
— Votre frère a beaucoup insisté pour que nous vous retrouvions rapidement.
— Mais alors, c'est très grave ?
— Votre frère nous a précisé que la victime était dans le coma et ne nous a pas caché la crainte des médecins que monsieur Timanier ne s'en sorte pas…
Elsa fut prise d'un vertige et sans le secours providentiel du jeune gendarme, ses jambes l'auraient abandonnée. Son collègue ouvrit le hayon du break avec une vitesse et une agilité insoupçonnables compte tenu de sa corpulence. Le temps qu'elle retrouve ses esprits, ils l'installèrent en position assise à l'intérieur du coffre qui contenait une civière de toile et du matériel de premier secours.
— Ça va aller mademoiselle ? lui demanda le plus gradé.
— Oui… Non… Je ne sais pas.
— Charles, allez lui chercher un remontant !
— Tout de suite chef !
— Oui… Non… Je ne sais pas.
— Charles, allez lui chercher un remontant !
— Tout de suite chef !
Le petit verre d'eau-de-vie de prune que rapporta promptement le svelte gendarme redonna quelques couleurs à la vétérinaire. Toutefois, la requête d'un verre d'alcool de la part d'un représentant de l'ordre avait attisé la curiosité du couple d'éleveurs qui observaient la scène à distance, depuis le pas de leur porte.
— Madame, avez-vous une idée de qui pourraient être les agresseurs ?
— Je n'en sais rien.
— Monsieur Timanier avait-il des problèmes de voisinage ?
— Je ne sais pas, je n'ai jamais vu ses voisins.
— Ah ? Pourtant, d'après votre frère, vous connaissiez bien cette personne… Très bien même.
— Je ne me suis pas intéressée à ses voisins, mais uniquement à Bruno, et je n'ai été chez lui que deux fois.
— Ah ? Votre frère nous avait pourtant été assuré que vous étiez … intimes.
— Je l'ai connu lors d'une soirée chez des amis de Jérémy. Il était assez seul, moi aussi, alors nous avons vite sympathisé.
— A quel point ?
— Assez pour que nous comptions l'un pour l'autre.
— Vous étiez déjà … amants ? Si vite ?
— Oui ! Si vous y tenez ! s'emporta Elsa.
— Ne vous fâchez pas, nous cherchons à savoir qui pourrait avoir…
— Excusez-moi, j'ai travaillé dur toute la nuit, je suis épuisée, vous m'apportez des nouvelles terribles et vous me questionnez comme si j'avais agressé Bruno moi-même. Oui, nous sommes amants. Il est rapidement devenu quelqu'un que j'apprécie beaucoup … vraiment beaucoup.
— Mademoiselle, savez-vous s'il avait des ennemis ?
— Il avait peu d'amis, et aucun ennemi à ma connaissance.
— Des gens avec qui il aurait pu avoir des problèmes ?
— S'il y en a, je ne les connais pas. Mais il ne me semble pas du genre à s'attirer des ennuis.
— Savez-vous s'il faisait partie d'une bande ou d'un groupe d'amis avec qui il aurait pu partager quelques … disons … loisirs répréhensibles ?
— Non, très peu d'amis, comme je vous l'ai déjà dit, et Bruno est très gentil.
— Quand avez-vous été en contact avec lui pour la dernière fois ?
— Nous nous sommes téléphonés jeudi matin, et on devait s'appeler ce soir.
— Pourquoi pas durant ce week-end ?
— Parce que j'étais de garde depuis vendredi matin sept heures jusqu'à ce jour à la même heure, et quand je ne suis pas en intervention dans une ferme, je reste au cabinet, car j'y ai tout ce qu'il faut sous la main pour les examens et les soins. Si j'avais passé mon temps au téléphone avec lui, personne n'aurait pu me joindre en cas d'urgence.
— Très bien. A votre avis, pouvait-il y avoir une femme dans sa vie ? Enfin … je veux dire à part vous ?
— Je ne pourrais pas le jurer, mais je suis intimement convaincue que non.
— Bien, pas de mari jaloux alors.
— Pour ça, j'en suis certaine, ce n'est pas son genre.
— Je vous remercie madame, nous allons transmettre ces informations à nos confrères de la police chargés de l'enquête. Il est probable qu'ils vous contactent de leur côté.
— Monsieur, je peux ajouter une chose : il est possible que j'aie un rapport avec cette agression, mais ce n'est pas certain.
— Je vous écoute.
— La veille de mon départ, j'ai été draguée à la fête foraine par un des collègues de Bruno, un certain Richard qui avait trop bu et qui a eu à mon égard des propos déplacés et que j'ai … recadré en public. Il n'a pas apprécié, mais cela ne signifie pas qu'il ait pu vouloir se venger sur Bruno.
— Ce Richard, connaissez-vous son nom de famille, son adresse ?
— Non, je sais juste qu'ils travaillent ensemble et que Bruno ne l'apprécie pas, rien de plus.
— Que s'est-il passé à la fête foraine ?
— Je n'en sais rien.
— Monsieur Timanier avait-il des problèmes de voisinage ?
— Je ne sais pas, je n'ai jamais vu ses voisins.
— Ah ? Pourtant, d'après votre frère, vous connaissiez bien cette personne… Très bien même.
— Je ne me suis pas intéressée à ses voisins, mais uniquement à Bruno, et je n'ai été chez lui que deux fois.
— Ah ? Votre frère nous avait pourtant été assuré que vous étiez … intimes.
— Je l'ai connu lors d'une soirée chez des amis de Jérémy. Il était assez seul, moi aussi, alors nous avons vite sympathisé.
— A quel point ?
— Assez pour que nous comptions l'un pour l'autre.
— Vous étiez déjà … amants ? Si vite ?
— Oui ! Si vous y tenez ! s'emporta Elsa.
— Ne vous fâchez pas, nous cherchons à savoir qui pourrait avoir…
— Excusez-moi, j'ai travaillé dur toute la nuit, je suis épuisée, vous m'apportez des nouvelles terribles et vous me questionnez comme si j'avais agressé Bruno moi-même. Oui, nous sommes amants. Il est rapidement devenu quelqu'un que j'apprécie beaucoup … vraiment beaucoup.
— Mademoiselle, savez-vous s'il avait des ennemis ?
— Il avait peu d'amis, et aucun ennemi à ma connaissance.
— Des gens avec qui il aurait pu avoir des problèmes ?
— S'il y en a, je ne les connais pas. Mais il ne me semble pas du genre à s'attirer des ennuis.
— Savez-vous s'il faisait partie d'une bande ou d'un groupe d'amis avec qui il aurait pu partager quelques … disons … loisirs répréhensibles ?
— Non, très peu d'amis, comme je vous l'ai déjà dit, et Bruno est très gentil.
— Quand avez-vous été en contact avec lui pour la dernière fois ?
— Nous nous sommes téléphonés jeudi matin, et on devait s'appeler ce soir.
— Pourquoi pas durant ce week-end ?
— Parce que j'étais de garde depuis vendredi matin sept heures jusqu'à ce jour à la même heure, et quand je ne suis pas en intervention dans une ferme, je reste au cabinet, car j'y ai tout ce qu'il faut sous la main pour les examens et les soins. Si j'avais passé mon temps au téléphone avec lui, personne n'aurait pu me joindre en cas d'urgence.
— Très bien. A votre avis, pouvait-il y avoir une femme dans sa vie ? Enfin … je veux dire à part vous ?
— Je ne pourrais pas le jurer, mais je suis intimement convaincue que non.
— Bien, pas de mari jaloux alors.
— Pour ça, j'en suis certaine, ce n'est pas son genre.
— Je vous remercie madame, nous allons transmettre ces informations à nos confrères de la police chargés de l'enquête. Il est probable qu'ils vous contactent de leur côté.
— Monsieur, je peux ajouter une chose : il est possible que j'aie un rapport avec cette agression, mais ce n'est pas certain.
— Je vous écoute.
— La veille de mon départ, j'ai été draguée à la fête foraine par un des collègues de Bruno, un certain Richard qui avait trop bu et qui a eu à mon égard des propos déplacés et que j'ai … recadré en public. Il n'a pas apprécié, mais cela ne signifie pas qu'il ait pu vouloir se venger sur Bruno.
— Ce Richard, connaissez-vous son nom de famille, son adresse ?
— Non, je sais juste qu'ils travaillent ensemble et que Bruno ne l'apprécie pas, rien de plus.
— Que s'est-il passé à la fête foraine ?
Elsa expliqua aux gendarmes l'attitude de Richard, le plus âgé posa les questions, que le plus jeune nota sur un calepin avec les réponses d'Elsa, et lorsqu'ils eurent terminé, ils prirent congé. La ferme n'ayant pas le téléphone, Elsa rentra chez elle sans terminer son petit déjeuner ni passer par le cabinet et téléphona à son frère sur son lieu de travail. Il ne lui apprit rien de plus, hormis le nom de l'hôpital dans lequel Bruno avait été admis, mais lui promit de la tenir informée de la situation.
Cependant, dépendre des informations transmises par Jérémy lorsqu'elle serait joignable était intolérable pour Elsa qui téléphona au service hospitalier pour avoir des nouvelles de Bruno. Ce qui l'inquiéta le plus était que les médecins ne pouvaient pas certifier qu'il allait s'en sortir. Ses nombreuses fractures et blessures n'étaient pas particulièrement inquiétantes, par contre, la perte de conscience provoquée par un choc sur le crâne, l'était bien plus. Soit sa tête avait heurté le sol ou quelque chose dans sa chute, soit il avait été frappé à cet endroit par ses agresseurs et cela l'avait plongé dans ce coma duquel il pourrait bien ne pas sortir. Elle laissa son numéro de téléphone au service pour qu'ils la tiennent informée de toute évolution de la situation.
Le soir, Julie lui téléphona pour prendre de ses nouvelles. Elsa la remercia pour son soutien et, malgré l'amitié qui liait les deux femmes, écourta rapidement la conversation afin de libérer la ligne pour le cas où l'hôpital ou Jérémy auraient tenté de la joindre.
Les jours suivants furent très longs pour Elsa qui pensait continuellement à Bruno, faisait des cauchemars toutes les nuits et contactait régulièrement l'hôpital pour avoir de ses nouvelles. Les informations transmises, que ce soit par le personnel soignant ou par Jérémy qui se rendit plusieurs fois au chevet de Bruno, ne la rassurèrent à aucun moment. Son inquiétude grandissait de jour en jour, à tel point qu'à son cabinet vétérinaire, ses associés remarquèrent que quelque chose la tracassait et l'interrogèrent.
Même si elle avait passé de nombreux mois en leur compagnie, elle minimisa la situation et indiqua simplement qu'un ami était hospitalisé à la suite d'une agression. Cette explication ne contenta son entourage professionnel que peu de temps, car ses trop fréquents appels téléphoniques trahissaient une angoisse bien plus grande. C'est son collègue qui avait été blessé par un cheval, qui se décida le premier à forcer un peu le dialogue avec sa jeune associée.
— Elsa, que se passe-t-il avec cet ami qui est hospitalisé ?
— Son état est stationnaire Marcel.
— Alors, quel est ton problème ?
— Je n'ai pas de problème, je me fais juste un peu de souci pour lui.
— Elsa, sans toi qui m'as secouru et soigné quand ce cheval m'a blessé, je ne serais plus de ce monde, je souhaite t'aider. Parle-moi, ne garde pas pour toi seule ce que tu as sur le cœur.
— Tu ne peux rien faire pour lui Marcel.
— Pour lui, c'est possible, mais pour toi ?
— Il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre et espérer…
— Et tu attends quoi au juste ? Il est à l'hôpital, des gens s'occupent de lui, le soignent, non ? Dans quelque temps, il pourra sortir et reprendre ses activités. J'ai dans l'idée qu'il compte pour toi un peu plus que les autres types que j'ai vu te tourner autour avant que tu ne les décourages.
— Mais comment… que ? s'étrangla Elsa.
— Je ne te surveille pas, mais j'ai bien remarqué le manège de ce jeune homme, qui pendant une période est venu de nombreuses fois avec son épagneul en parfaite santé en lui inventant des problèmes. Ce gars était bien moins intéressé par son toutou que par celle qui le soignait.
— Son état est stationnaire Marcel.
— Alors, quel est ton problème ?
— Je n'ai pas de problème, je me fais juste un peu de souci pour lui.
— Elsa, sans toi qui m'as secouru et soigné quand ce cheval m'a blessé, je ne serais plus de ce monde, je souhaite t'aider. Parle-moi, ne garde pas pour toi seule ce que tu as sur le cœur.
— Tu ne peux rien faire pour lui Marcel.
— Pour lui, c'est possible, mais pour toi ?
— Il n'y a rien d'autre à faire qu'attendre et espérer…
— Et tu attends quoi au juste ? Il est à l'hôpital, des gens s'occupent de lui, le soignent, non ? Dans quelque temps, il pourra sortir et reprendre ses activités. J'ai dans l'idée qu'il compte pour toi un peu plus que les autres types que j'ai vu te tourner autour avant que tu ne les décourages.
— Mais comment… que ? s'étrangla Elsa.
— Je ne te surveille pas, mais j'ai bien remarqué le manège de ce jeune homme, qui pendant une période est venu de nombreuses fois avec son épagneul en parfaite santé en lui inventant des problèmes. Ce gars était bien moins intéressé par son toutou que par celle qui le soignait.
Le souvenir de ce client un peu particulier ne décrocha même pas un sourire fugace sur le visage d'Elsa. Habituellement, simplement évoquer ce type qui l'avait draguée longuement, en insistant pour que ce soit elle qui soigne son chien et personne d'autre, la faisait immédiatement réagir. Marcel eut alors la confirmation de la gravité de la situation.
— Elsa, réponds-moi sans détours, ce Bruno, c'est ton petit ami, un copain qui pourrait le devenir ou juste une connaissance ?
— Je … je ne sais pas Marcel… balbutia la jeune vétérinaire avant d'éclater en sanglots.
— Je … je ne sais pas Marcel… balbutia la jeune vétérinaire avant d'éclater en sanglots.
Son collègue abandonna son livre de comptes sur lequel il planchait depuis le début de la matinée, s'approcha en boitant de sa collègue et posa une main réconfortante sur son épaule.
— Ne retient pas tes larmes, elles montrent que ce garçon n'est pas juste une connaissance, mais au contraire quelqu'un qui compte pour toi… beaucoup.
Elsa qui pleurait, le visage enfoui dans ses bras croisés sur son bureau, releva lentement son visage emplit de larmes.
— Que puis-je faire Marcel ? Il est dans le coma depuis presque une semaine à plusieurs centaines de kilomètres d'ici, les médecins ne savent pas s'il va se réveiller. Il peut mourir d'un jour à l'autre sans savoir …
— … sans savoir quoi ?
— Rien, ce n'est pas important.
— Je crois au contraire que c'est très important. Et si tu prenais quelques jours pour aller lui rendre visite ? Enfin, si tu le veux, bien sûr. Tu pourrais ainsi lui dire ce que tu as envie qu'il sache et qui est si important à tes yeux, même si tu ne veux pas me l'avouer.
— … sans savoir quoi ?
— Rien, ce n'est pas important.
— Je crois au contraire que c'est très important. Et si tu prenais quelques jours pour aller lui rendre visite ? Enfin, si tu le veux, bien sûr. Tu pourrais ainsi lui dire ce que tu as envie qu'il sache et qui est si important à tes yeux, même si tu ne veux pas me l'avouer.
La gorge nouée par l'émotion, la jeune femme ne put répondre que par un hochement de tête affirmatif. Marcel proposa de remplacer Elsa qui était de permanence à l'accueil du cabinet vétérinaire le temps pour elle de se rendre au chevet de Bruno. Robert et Jules, les deux autres associés du cabinet vétérinaire, dès leur retour d'intervention, encouragèrent, eux aussi, Elsa à accomplir cette démarche et confirmèrent qu'elle pouvait s'absenter le temps nécessaire.
Le lendemain, Marcel qui habitait à trois rues de celle de sa jeune collègue, la conduisit de bon matin à la gare de la ville voisine. Il promit d'assurer le service inverse à son retour, quelle que soit son heure d'arrivée. Tout le temps du trajet en train, elle ne put s'empêcher de penser à Bruno, aux quelques jours passés avec lui et surtout à ces deux nuits remplies de passion, de sexe, de douceur et de tendresse. A plusieurs reprises, des larmes débordèrent de ses yeux gonflés tant la crainte de l'état dans lequel elle allait retrouver son amant était grande. Après de longues heures, le convoi s'immobilisa enfin. Elle ouvrit la porte devant laquelle elle s'impatientait depuis près d'un quart d'heure et sauta sur le quai plus qu'elle ne descendit du wagon.
Un peu plus loin, Jérémy qui était venu l'attendre lui fit de grands signes. Elle franchit la distance les séparant d'un pas rapide et embrassa rapidement son frère. Ils n'échangèrent que peu de mots, se contentant de se serrer dans les bras l'un de l'autre. Sans poser la moindre question, Jérémy s'empara de la valise d'Elsa et ils sortirent de la gare. Il rangea le bagage de sa sœur dans le coffre de sa voiture et s'installa au volant. Le véhicule prit directement la direction de l'hôpital, car son conducteur avait bien deviné que pour cette fois, sa petite sœur n'était pas venue pour lui, mais bien pour Bruno. Le message envoyé par les yeux rougis de la vétérinaire était assez clair pour qu'il puisse se passer d'une quelconque explication.
Une fois passé l'accueil, ils arrivèrent devant la porte de la chambre de Bruno. Elsa s'immobilisa, la main tremblante à quelques centimètres de la poignée. Elle prit une profonde inspiration et ouvrit résolument la porte. Elle ne put contenir un cri d'effroi et de surprise en constatant l'ampleur des blessures de Bruno. Sa jambe droite était entièrement plâtrée et maintenue légèrement surélevée par un système de câbles, de poulies et de contrepoids. La seule partie visible était l'extrémité de son pied nu qui dépassait. L'autre reposait à même le lit, le pied et la cheville immobilisés jusqu'au-dessous du genou. Les deux bras étaient pris dans le même carcan blanchâtre. Le gauche semblait le plus touché, car à la différence du côté droit, l'épaule était complètement maintenue dans le plâtre et le tout était, lui aussi, accroché à des poulies à quelques centimètres au-dessus de son abdomen.
Son visage, encore tuméfié, témoignait de la violence et du nombre des coups reçus. Son arcade sourcilière droite et son œil étaient encore gonflés. La mâchoire inférieure violacée ainsi que ses lèvres boursouflées laissaient imaginer tout ce que Bruno avait subi. La main d'Elsa bâillonna sa bouche, ce qui empêcha un second cri d'en sortir. L'absence des cheveux de Bruno et les marques de coups avaient changé sa physionomie à tel point qu'elle crut voir un mort. Cette vision lui glaça le sang en une fraction de seconde. S'il n'y avait pas eu plusieurs câbles et capteurs qui le reliaient à diverses machines placées sur l'autre côté du lit, elle aurait été persuadée que la vie l'avait déjà quitté. Heureusement, une potence soutenait des poches reliées au blessé via des cathéters qui diffusaient au goutte-à-goutte, nourriture et médicaments pour le maintenir en vie.
Elsa s'approcha lentement, réalisant que son frère lui avait caché la gravité de l'état de Bruno. Elle jeta son sac à main sur la table à roulettes qui permettait aux malades de prendre leur repas depuis leur lit et saisit délicatement la main droite du blessé. Jérémy lui approcha la seule chaise présente dans la chambre. Elsa et son frère restèrent ainsi un long moment sans prononcer la moindre parole. Seul le bip régulier des machines qui surveillaient le rythme cardiaque et d'autres constantes du patient troublait le silence. Elsa, assise sur la chaise en bois, gardait la main de Bruno entre les siennes, Jérémy, debout derrière elle, en signe de soutien moral, lui tenait les épaules. A la vue de ce corps martyrisé, la jeune femme senti une sourde douleur monter insidieusement en elle. Si à ce moment précis, l'un des assaillants de cet homme s'était présenté devant elle, il aurait goûté de la colère qu'elle ressentait. Une fureur dévastatrice aurait déferlé sur le coupable et elle en était certaine, rien ni personne n'aurait pu retenir sa rage qu'aucun indice ni signe avant-coureur n'aurait permis de détecter. Incapable d'anticiper la terrible riposte qui aurait émanée de sa silhouette d'apparence fragile, le malheureux agresseur aurait passé un très long et très mauvais moment.
Elle se leva calmement, libéra la main de Bruno et lui caressa le visage. Sous ses doigts, la rugosité de sa courte barbe ne l'apaisa qu'en partie seulement. Jérémy rangea la chaise et ils sortirent silencieusement. Ce n'est qu'une fois la porte refermée qu'Elsa se retourna vers son frère.
— Pourquoi m'avoir caché son état ?
— Sœurette, je savais bien que tu aurais été rongée par l'inquiétude si je t'avais tout dit.
— Toi seul, sait ce que Bruno représente pour moi, ce que j'éprouve pour lui !
— C'est bien la raison qui m'a poussée à remuer ciel et terre pour t'avertir au plus tôt.
— Entre vendredi et lundi, tu as mis le temps !
— Non, car je n'ai été averti de la situation que dimanche dans l'après-midi quand la police m'a contacté, tu n'étais pas chez toi et ton cabinet vétérinaire ne répondait pas. Que pouvais-je faire de plus ? J'ai juste voulu te préserver sœurette… Bruno est un de mes meilleurs amis. Je suis, moi aussi, très inquiet pour lui.
— Si j'avais su la vérité, je serais venue plus tôt.
— Et qu'est-ce que cela aurait changé ? Tu te serais rendue malade et cela n'aurait pas arrangé la santé de Bruno.
— Mais j'aurais été là ! Je retourne vers lui, toi, tâche de me trouver un médecin, je veux des informations.
— Sœurette, je savais bien que tu aurais été rongée par l'inquiétude si je t'avais tout dit.
— Toi seul, sait ce que Bruno représente pour moi, ce que j'éprouve pour lui !
— C'est bien la raison qui m'a poussée à remuer ciel et terre pour t'avertir au plus tôt.
— Entre vendredi et lundi, tu as mis le temps !
— Non, car je n'ai été averti de la situation que dimanche dans l'après-midi quand la police m'a contacté, tu n'étais pas chez toi et ton cabinet vétérinaire ne répondait pas. Que pouvais-je faire de plus ? J'ai juste voulu te préserver sœurette… Bruno est un de mes meilleurs amis. Je suis, moi aussi, très inquiet pour lui.
— Si j'avais su la vérité, je serais venue plus tôt.
— Et qu'est-ce que cela aurait changé ? Tu te serais rendue malade et cela n'aurait pas arrangé la santé de Bruno.
— Mais j'aurais été là ! Je retourne vers lui, toi, tâche de me trouver un médecin, je veux des informations.
Elsa entra dans la chambre et referma la porte au nez de son frère qui n'eut pas le temps d'émettre la moindre protestation. Elle reprit la place qu'elle occupait quelques minutes auparavant.
— Bruno, mon Bruno, murmura-t-elle. C'est Elsa, je suis là… près de toi… Ecoute ma voix…
De son côté, Jérémy exécuta la mission que lui avait confiée sa sœur et interrogea l'infirmière de garde à l'accueil du service. Mais, impossible pour lui de savoir si un médecin pouvait passer voir Elsa, ni même si une visite des patients était prévue et encore moins à quel moment. Il ne se voyait pas retourner auprès d'elle sans la moindre information. Il la connaissait bien et était certain d'avoir pris la bonne décision en lui cachant une partie de la vérité. Toutefois, il sentait qu'il devait tenter quelque chose pour la rassurer.
Il remercia poliment la préposée, s'excusa du dérangement occasionné et quitta l'hôpital. A pied, il se rendit à la poste distante d'un petit kilomètre et demanda à téléphoner. De là, il appela l'hôpital, demanda le service dans lequel Bruno avait été admis. Il reconnut la voix de celle qui lui avait refusé la moindre information à son petit accent méridional.
— Bonjour, ici le professeur Sorbier, mon confrère et ami, le professeur Dupraz m'a prié de venir voir un de ses patients, un certain … Bruno Timanier si j'ai bien noté son nom. Il est dans le coma à la suite d'une agression. C'est bien dans votre service qu'il a été admis ?
— Oui professeur, il est bien chez nous.
Auriez-vous la gentillesse de me confirmer que mon confrère effectue bien sa tournée à dix-neuf heures ? J'ai un doute dans mon esprit, et je ne voudrais pas le faire attendre en étant en retard, il a tant à faire. Enfin, comme nous tous, j'imagine.
— Bien sûr professeur Sorbier, le soir en semaine, il passe à dix-neuf heures trente, et il est très ponctuel.
— Ah ! Vous m'évitez de l'attendre. Je vous remercie infiniment pour mon temps économisé.
— Oui professeur, il est bien chez nous.
Auriez-vous la gentillesse de me confirmer que mon confrère effectue bien sa tournée à dix-neuf heures ? J'ai un doute dans mon esprit, et je ne voudrais pas le faire attendre en étant en retard, il a tant à faire. Enfin, comme nous tous, j'imagine.
— Bien sûr professeur Sorbier, le soir en semaine, il passe à dix-neuf heures trente, et il est très ponctuel.
— Ah ! Vous m'évitez de l'attendre. Je vous remercie infiniment pour mon temps économisé.
Jérémy raccrocha, satisfait que son stratagème basé uniquement sur les noms qu'il avait remarqué dans le grand hall d'accueil ait fonctionné, régla la communication et retourna sans tarder dans la chambre de Bruno.
— Un docteur passera vers dix-neuf heures trente, indiqua Jérémy, je suppose que tu vas l'attendre ?
— Je ne t'ai pas envoyé le quérir pour me sauver avant son arrivée… Il ne pouvait pas venir plus vite ?
— Ecoute, je comprends que tu sois perturbée par ce qui arrive à Bruno, mais ce n'est pas une raison pour voler dans les plumes de l'équipe médicale. Alors, s'il te plait, garde ton calme.
— Tu sais, je suis une grande fille. Un infirmier est venu me déloger. Je n'ai pas fait d'histoires et je suis revenue en me cachant. Comment as-tu franchi le contrôle ?
— Quel contrôle ? Il n'y avait personne à l'accueil quand je suis passé.
— Je ne t'ai pas envoyé le quérir pour me sauver avant son arrivée… Il ne pouvait pas venir plus vite ?
— Ecoute, je comprends que tu sois perturbée par ce qui arrive à Bruno, mais ce n'est pas une raison pour voler dans les plumes de l'équipe médicale. Alors, s'il te plait, garde ton calme.
— Tu sais, je suis une grande fille. Un infirmier est venu me déloger. Je n'ai pas fait d'histoires et je suis revenue en me cachant. Comment as-tu franchi le contrôle ?
— Quel contrôle ? Il n'y avait personne à l'accueil quand je suis passé.
Elsa ne répondit pas, intérieurement, elle savait que son frère avait raison et qu'arriver plus tôt n'aurait pas changé grand-chose. Pour tenter d'oublier les blessures de Bruno, elle conserva sa main au contact de la sienne, tandis que de l'autre, elle lui caressait la joue. Après une longue attente, avec seulement une dizaine de minutes de retard et sans prendre la peine d'annoncer son entrée en frappant à la porte, le professeur Dupraz entra dans la chambre escorté par deux jeunes internes.
— Alors pour celui-ci que… Mais qui êtes-vous et que faites-vous ici ? Les visites sont terminées !
— Bonsoir docteur, s'excusa Elsa, je suis sa petite amie, je suis arrivée dans l'après-midi et je voulais absolument vous parler pour avoir des précisions sur son état.
— Je n'étais pas informé de votre présence, et vous ne devez pas rester aussi tard ici. De plus, ce patient n'est pas en état de recevoir des visites de cette durée. Je vais passer un savon à l'accueil.
— Non, protesta Elsa, la personne qui était à l'entrée nous a bien indiqué que nous ne devions rester que quinze minutes, mais je suis si inquiète pour mon Bruno que je suis revenue en me cachant lorsqu'elle est venue me demander de partir.
— Ah, je vois ! C'est sans doute vous aussi qui vous êtes fait passer pour Sorbier que je n'avais pas contacté !
— Heu… non, le professeur Sorbier, c'était moi, se dénonça Jérémy.
— Alors, je ne suis plus maitre de mon service ? Qu'est-ce donc alors ? Une révolte ? Une révolution ?
— Non professeur, juste une femme angoissée qui a traversé la moitié du pays pour rendre visite à l'homme qui a pris son cœur et qui craint pour lui, justifia Jérémy.
— Et vous alors, vous êtes qui ?
— Je suis le frère de cette jeune femme. Je vous prie de bien vouloir excuser mon imposture téléphonique, mais votre personnel est terriblement efficace et nous n'avons eu que ce moyen pour vous rencontrer ce soir. Notre volonté n'est pas de vous perturber, mais de tenter de vous aider à soigner mon ami qui est aussi très amoureux de ma sœur.
— Bon, bon… Alors, si vous souhaitez nous aider, sortez et attendez-moi dans le couloir.
— Je dois partir mon grand loup, murmura Elsa qui durant toute cette discussion n'avait pas lâché la main du blessé. Bonne nuit Bruno, je reviendrai demain… Sois fort … pour nous deux, je t'en prie, soit fort.
— Bonsoir docteur, s'excusa Elsa, je suis sa petite amie, je suis arrivée dans l'après-midi et je voulais absolument vous parler pour avoir des précisions sur son état.
— Je n'étais pas informé de votre présence, et vous ne devez pas rester aussi tard ici. De plus, ce patient n'est pas en état de recevoir des visites de cette durée. Je vais passer un savon à l'accueil.
— Non, protesta Elsa, la personne qui était à l'entrée nous a bien indiqué que nous ne devions rester que quinze minutes, mais je suis si inquiète pour mon Bruno que je suis revenue en me cachant lorsqu'elle est venue me demander de partir.
— Ah, je vois ! C'est sans doute vous aussi qui vous êtes fait passer pour Sorbier que je n'avais pas contacté !
— Heu… non, le professeur Sorbier, c'était moi, se dénonça Jérémy.
— Alors, je ne suis plus maitre de mon service ? Qu'est-ce donc alors ? Une révolte ? Une révolution ?
— Non professeur, juste une femme angoissée qui a traversé la moitié du pays pour rendre visite à l'homme qui a pris son cœur et qui craint pour lui, justifia Jérémy.
— Et vous alors, vous êtes qui ?
— Je suis le frère de cette jeune femme. Je vous prie de bien vouloir excuser mon imposture téléphonique, mais votre personnel est terriblement efficace et nous n'avons eu que ce moyen pour vous rencontrer ce soir. Notre volonté n'est pas de vous perturber, mais de tenter de vous aider à soigner mon ami qui est aussi très amoureux de ma sœur.
— Bon, bon… Alors, si vous souhaitez nous aider, sortez et attendez-moi dans le couloir.
— Je dois partir mon grand loup, murmura Elsa qui durant toute cette discussion n'avait pas lâché la main du blessé. Bonne nuit Bruno, je reviendrai demain… Sois fort … pour nous deux, je t'en prie, soit fort.
Elsa se leva et posa délicatement ses lèvres sur la pommette du patient. Soutenue par Jérémy, elle quitta la chambre, non sans avoir regardé encore une fois en direction du lit et écrasé une larme qu'elle ne put retenir.
— Bon à nous maintenant, repris le professeur lorsque la porte fut fermée. Florence, que dit l'encéphalo ? Et les constantes Marie-Pierre ?
— Stables et dans la normale professeur, répondit la dernière en observant la feuille de relevés accrochée au pied du lit.
— Professeur ! s'alarma Florence qui consultait les bandes de papier sur lesquelles des courbes plus ou moins régulières étaient tracées. Regardez !
— Stables et dans la normale professeur, répondit la dernière en observant la feuille de relevés accrochée au pied du lit.
— Professeur ! s'alarma Florence qui consultait les bandes de papier sur lesquelles des courbes plus ou moins régulières étaient tracées. Regardez !
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Commentaires ()
Avec plaisir, tu prends le temps de me laisser des commentaires, je serai très malpoli de ne pas te répondre.
C'est exact, d'autant plus que lorsque j'ai démarré l'écriture de cette histoire, je n'avais pas prévu d'aller aussi loin !
Mais les lecteurs (nombreux) ont permis de créer cela.
Merci Merci Oh grand Vizir !
Je ne l'ai jamais lue dans les périodiques, mais en album il me semble, c'est effectivement très loin ...
En fait, je me suis rendu compte en lisant et en relisant qu’il est extrêmement difficile de créer quelque chose de totalement cohérent si on remonte dans le temps, ne serait-ce que de 40, 50 ou 60 ans.
Même en ayant vécu à une de ces époques, on ne se souvient pas de tout et puis on n’avait pas forcément conscience de tout ce qui se passait .
C’est ce qui rend d’autant plus méritoire le travail de recherche de votre Magicienne Seigneurie ^^
J’ai bien l’honneur et bonne soirée !
PS : je me rappelle très bien de la bande dessinée quotidienne qu’il y avait en bas de page dans France soir, avec les aventures de Mandrake, le magicien… ;-)
Comme le temps, passe…
Il n’y a justement pas de téléphone à la ferme…
Par contre il y en a au bureau vétérinaire.
Et nos héros en bénéficient également.
Ça me rappelle quelque chose cette époque là. ;-)
J'ai aussi pris quelques "libertés" avec ces informations.
ceci dit, m'sieur, il y a encore de nombreux indices que vous n'avez pas pris en compte dans votre raisonnement. des p'tits détails qui ne collent pas et qui tournent en rond...
Quand je vais dire ca à ma femme...
Et toi @Iznogood, tu es un fin limier en plus d'être fan de mes personnages...
Ok je vais vous donner un coup de pouce pour tous ces efforts !
Jusqu'ici, ca va ...
Raisonnement intéressant ...
J'ai parlé de pilule moi ???? ni bleue, ni rouge, ni blanche non plus. Tu as sûrement dû être distrait à un moment ou un autre...
Je ne contredirai pas tes recherches historiques poussées et très précises.
J'ai trempé dans la politique ??? Bizarre d'autant que cette histoire cumule bien plus de lectures que le bouquin de l'acordéoniste n'a fait de ventes...
C'est mon petit cadeau...
=> "Le prochain chapitre Une chute de vélo (52) est prévu le 24 décembre
Ajoutez cette histoire à vos favoris et soyez alerté de la sortie du prochain chapitre ! "
Voilà qui évitera à l'auteur les MP angoissés d'un lectorat fidèle sur la date de "la suite la suite la suite..." ^^'
Il est habile ce Mandrakke en lançant ce défi de la datation (sans carbone 14) de cette histoire.
Et de relire, en quête d'indices... C'est malin !
- Nous savons qu'il n'y a pas de téléphones portables.
- Il n'y a pas non plus d'informatique grand public "à usage pro" (mais j'avais mon brave TRS80 toute fin des 70's pour jouer) ni d'appareil photo numérique : C'est toujours le bon vieux Polaroïd pour la session hot d'Hervé, la péloche et l'appareil motorisé (orage...) et le vétérinaire est plongé "dans son livre de compte" : oulah c'est long la compta papier et Visicalc changera tout cela en 79 sur Apple II ( Recherche : VisiCalc a été suivi par SuperCalc en 1980, Multiplan (de Microsoft) en 1982, Lotus 1–2–3 en 1983 et la toute première version de Microsoft Excel en 1985.). Un cabinet vétérinaire avait les moyens et l'usage d'un ordi donc... pourquoi s'en priver si c'est dispo ?
- Une époque qui permet une liberté sexuelle que nous n'avions pas dans les années 60 et qui fut réelle dans les 70's jusqu'au début des années 80 car nulle allusion à ce qui devint le symbole du sexe des années 80 :
- La capote... avec hélas le SIDA (virus identifié en 83) et les copains disparus :/
Or, dans l'histoire, les garçons jouissent sans complexe, sans remords et sans regret, et sans latex (sauf les fétichistes bien entendu) ^^
- Autre indice ? Visiblement aucune crainte de "tomber en cloque" comme on disait.
La pilule est légalisée en France en 67 et remboursée par la Sécu en 74 et de ce jour devient alors "la solution".
- Enfin l'existence des sex-shops : Natacha ? Où te caches-tu ? (Sex-shops, une histoire française
Baptiste Coulmont, Irene Roca Ortiz) ce ne sont que des librairies au début (69-70)
Il faut attendre un peu pour voir les "jouets"... un sex-shop féminin c'est un acte militant !
et oui les amis ce n'est pas si simple, on a défilé pour que les nichons se libèrent ;-)
- Le climat social : la loi Weil, la fin de la censure, beaucoup de choses se passent sous Gisc@rd (pas le robot, l'autre)
Je penche donc pour la deuxième moitié des années 70 , période bénie (?) qui fut très "amour et liberté".
Et le 24 Décembre : Une chute de véto (52) ^^
Premier chapitre :
"A cette époque, pas de téléphone portable pour appeler des secours."
Nous étions prévenus dès le départ.
Maintenant, merci de motiver pour une énième lecture à la recherche de la faille... ^^
Allez zou ! Au boulot mes braves ! ;-)
Qui se lance pour dater cette histoire dans le temps ?
- Bonjour, ici le professeur Sorbier
Si tu souhaites entrer dans le classement de ceux qui ont trouvé des répliques cachées, il faut que tu la donne ici.
🧊🧊🧊🧊🧊🧊🧊🧊🧊🧊🧊🧊
Une douzaine, ça ira @Iznogood ?