Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une chute de vélo — Chapitre 64 · Nouveaux désirs
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une chute de vélo
Chapitre 64 · Nouveaux désirs
Le vent qui s'était gentiment levé dans la soirée avait nettement forci durant la nuit. Il agitait de plus en plus fréquemment les parois de la tente de Gordon et cela avait réveillé Katia. Elle avait bien tenté de se caler contre son homme qui dormait à côté d'elle, toutefois cela avait encore accentué son envie de sexe, toujours présente depuis la soirée, et empêchait le sommeil de revenir.
Aussi délicatement que possible, elle glissa sa main sur le bas-ventre de Gordon avec la ferme intention de le sucer durant son rêve. Néanmoins, elle s'arrêta juste à temps pour ne pas reproduire l'erreur qu'elle avait déjà commise avec Hervé. Elle resta une bonne minute avec ce membre masculin en main et s'apprêtait à le libérer lorsqu'elle le sentit prendre du volume. Elle resta immobile, luttant contre son envie de le caresser pour le faire grossir et durcir. A regrets et très lentement, elle abandonna cette verge en se promettant intérieurement de lui faire sa fête plus tard, dès que son chéri serait réveillé. Avec un léger soupir de frustration, Katia tourna progressivement le dos à Gordon dans le but de faire redescendre son envie et de rester maîtresse d'elle-même sans perturber le sommeil de son homme. Quelques instants plus tard, c'est Gordon qui changeait de position, se collait contre son dos et glissait doucement une main entre ses seins.
— Tu ne dors pas, Katia ?
— Non, mon chéri.
— Pourquoi ?
— Le vent m'a réveillé et j'ai trop envie de sexe…
— Moi aussi j'ai envie de sexe, ma puce.
— Tu veux bien ? Tu n'es plus fâché contre moi ? demanda-t-elle en se retournant pour lui faire face.
— Je ne l'ai jamais été, je voulais juste te faire comprendre certaines choses.
— Tu sais, je voulais te réveiller en te faisant une pipe, mais je me suis contrôlée.
— Je m'en suis rendu compte et je t'en félicite. Je dirais même que cela mérite une récompense, même si moi, je ne me serais pas offusqué d'avoir été réveillé par ta bouche gourmande sur mon chibre.
— Oh, mais comment savoir avec vous, les hommes ? Entre toi qui aurais apprécié me laisser faire et Hervé qui me reproche la même chose, je ne sais plus que penser, ni que faire !
— Tu as très bien agi cette nuit.
— Vrai ?
— Oui.
— Alors tu veux encore de moi ?
— Bien sûr ! J'ai très souvent envie de toi, et particulièrement maintenant, tout de suite !
— Dans ce cas, prends-moi, chéri, mais avant, laisse-moi te sucer, tu sais que j'adore ça.
— Evidemment que je le sais, et tu es si douée que je serais trop bête de te refuser cette requête !
Sur ces mots, Gordon releva les couvertures et dans la pénombre de la nuit, Katia devina le membre dressé dans l'attente de la fellation promise. Elle l'engloutit sans perdre de temps, directement et le plus profondément que cela lui fut possible. De sa main gauche, elle caressa si adroitement les bourses de Gordon qu'il ne put retenir un gémissement de plaisir. La délicieuse fellation qui suivit fut très différente de toutes les fois précédentes. La bouche de Katia se faisait bien plus douce et plus ferme en même temps, elle remontait lentement jusqu'à la pointe du gland, sa langue en épousant délicatement les contours avant de redescendre le long de cette tige brûlante du désir décuplé provoqué par le doux massage des testicules.
— A mon tour maintenant, ma puce, car si tu ne t'arrêtes pas, tu vas me faire cracher, demanda Gordon après quelques instants.
— Tu as aimé ?
— Terriblement ! Tu t'es surpassée ce soir. Ce sont les orties qui t'ont mise dans cet état ?
— Non, c'est toi, tout ce que tu m'as fait pour que je ne me gratte pas…
— J'en suis désolé, je ne pouvais pas te laisser défigurer ton si joli postérieur, mais je vais me faire pardonner…
Gordon se plaça au-dessus d'elle et lui embrassa les seins qu'il délaissa rapidement, car sa main avait repéré l'abondante lubrification du sexe de Katia. Il ne perdit pas une seconde, se positionna entre ses jambes et s'appliqua à laper l'intégralité de ce sexe qui lui sembla plus calme qu'habituellement, comme si cette nuit, ce cunnilingus était moins apprécié que les précédents. Gordon le ressentit et malgré ses efforts, ne parvint pas à donner le plaisir qu'il souhaitait à sa partenaire. Il alluma alors la lampe de camping accrochée au plafond de leur tente et s'assit à même le sol.
— Ça ne va pas, ma puce ? On dirait que tu n'apprécies pas.
— Si, … mais… j'ai envie… que tu m'attaches encore.
— On dirait que tu y as pris goût ?
— C'était trop bon d'être ta chose. Je voudrais être ton plus merveilleux fantasme pour te donner le plaisir ultime, celui qu'aucune autre ne pourra égaler ni même dépasser, et qu'ainsi tu ne m'oublies jamais.
— Tu es de ce genre de personne que l'on ne peut pas effacer de sa mémoire, ma puce.
— Qu'as-tu envie de me faire ? Dis-moi tout, je peux tout entendre, tout faire pour toi, pour ton plaisir exclusif.
— Tout ? C'est sûrement excessif.
— Attache-moi, bâillonne-moi comme ce soir, et ensuite prends-moi dans tous les sens jusqu'à ce que tu n'aies plus de force et que je sois épuisée de jouissance.
— C'est réellement ce que tu veux ?
— Oui… Je n'avais encore jamais ressenti autant de plaisir à être passive et à la disposition d'un homme.
— C'est à ce point-là ?
— Oui. Etre captive et ne rien pouvoir faire d'autre qu'attendre ton bon vouloir a été si bon que j'en frissonne encore. Tu sais, jamais je n'avais osé franchir ce pas avec un autre homme. Enfin, je veux dire, le laisser m'attacher, tu comprends ?
— Oui, parfaitement, cependant il ne faudrait pas le refaire trop souvent, tu risquerais de ne plus pouvoir t'en passer.
— Tu n'aimerais pas que je devienne ta chose ?
— Parfois, oui, mais pas systématiquement, car notre relation deviendrait monotone et surtout dangereuse.
— Pour qui ? Moi ?
— Oui, mais aussi pour moi. Tu vois, si je ne m'occupais plus de ton désir et que je ne pensais plus qu'au mien, je pourrais faire des choses qui seraient contraires au respect qu'un homme doit avoir pour toute femme qui accepte de se donner à lui.
— Je ne suis pas certaine de t'avoir compris.
— Si je te bâillonne, et que je peux faire de toi ce que bon me semble, comment saurai-je que je ne vais pas trop loin ? Que je ne pratique pas des choses que tu n'aimes pas ?
— Tu sais que je peux tout faire quand il s'agit de sexe…
— Tout ?
— Tout, mon chéri !
— Ok, dans ce cas, je vais t'attacher et te frotter la vulve avec ces orties qui t'ont enflammé le derrière. Je pourrais même utiliser un de ces outils qui sont dans le souterrain pour te faire hurler de douleur en compressant tes seins, ou ton clitoris.
— Mais ce n'est pas du sexe !
— Tu m'as dit que je pouvais tout te faire, non ?
— Pas comme ça !
— Dans ce cas, je pourrais faire venir une bande d'amis, de connaissances, qui défileraient les uns à la suite des autres pour t'utiliser comme une vulgaire poupée ?
— Mais ? Et toi dans tout ça ?
— Je te regarderais, mais tu ne me verrais pas, car je t'aurais aussi bandé les yeux, ainsi tu ne pourrais pas savoir qui te culbute et surtout quelle somme ils payeraient pour cela.
— Mais, tu es immonde !
— Non, parce que c'est toi qui m'as dis de faire de toi tout ce que je veux… Tu l'as déjà oublié ?
— Mais … ?
— Rassure-toi, ce n'est pas ce que je veux. Je voulais juste te faire comprendre que tu ne dois jamais, jamais, jamais, t'offrir ainsi sans retenue, même à quelqu'un en qui tu as confiance. Comment pourrais-tu dire stop une fois ligotée, muette et aveuglée par un bandeau ? Comment pourrais-je savoir à quel moment m'arrêter quand nous aurions pratiqué ce genre de séances durant des mois en allant toujours plus loin à chaque fois ? Là, tu es choquée car cette annonce est brutale, mais si petit à petit nous avions glissé vers un tel défilé, aurais-tu réagi de la même façon ?
Katia se jeta dans les bras de Gordon et le serra fort contre elle. Il la laissa faire en lui caressant doucement le dos pour la rassurer.
— Je ne veux que te donner du plaisir, ma puce.
— J'ai compris la leçon, Gordon.
— Tu m'en vois ravi.
— J'ai toujours envie de toi, envie que tu m'attaches pour me faire l'amour, j'ai envie de jouir et aussi de te faire jouir. Tu peux me bousculer un peu, mais pas trop, je ne veux pas souffrir, tu veux bien ?
— Avec grand plaisir, car tu es plus raisonnable ainsi et cela te rend encore plus attirante à mes yeux.
— Alors qu'attends-tu ?
— Je ne sais plus où j'ai rangé les cordes…
Katia ramassa le paquet de cordes qui avait été jeté dans un coin et le tendit à son chéri avec un large sourire et un regard qui en disait long sur son envie. Gordon accéda à la demande et la positionna sur le dos, les jambes bien relevées. En quelques minutes, Katia se retrouva à nouveau attachée, mais cette fois volontairement et dans un but uniquement sexuel. Bien que ses mouvements soient limités par les attaches, elle nota les infinies précautions que prenait Gordon pour ne pas la blesser. Il vérifiait systématiquement et plusieurs fois qu'aucun des liens ne lui pince la peau, multipliait les caresses en prétextant contrôler la pose correcte des cordages tout en lui laissant une certaine liberté de mouvements.
— Tout va bien, ma puce ?
— Oui. Tu aurais même pu serrer plus fort, je peux encore bouger.
— Je ne veux pas que ton corps garde la moindre trace de ce que nous allons faire ce soir. Tu entends, pas la moindre.
— Tu as raison, comme ça nous pourrons recommencer plus vite. Le bâillon maintenant…
— Non, je tiens à ce que tu puisses me dire quand tu en auras assez. Mais si tu y tiens, fais comme s'il était présent.
Après un très long baiser, Gordon reprit sa position entre les jambes de Katia et posa lentement ses lèvres sur ce sexe toujours bien humide. De sa langue, il titilla un côté puis l'autre sans se presser, comme s'il cherchait à découvrir et à baliser la zone pour en identifier les points les plus sensibles. Régulièrement, les jambes qui lui encadraient la tête s'ouvrirent pour lui faciliter l'accès ou se refermèrent pour l'emprisonner quelques instants et l'empêcher d'interrompre une caresse très appréciée. Attentif à sa voix autant qu'à ses réactions, Gordon apprécia fortement que Katia ne rajoute pas de gémissements exagérés comme elle le faisait souvent. Elle profitait simplement des caresses buccales prodiguées, et cela changeait considérablement l'envie qu'il avait de lui en donner encore plus. Il laissa sa salive déborder largement jusqu'à recouvrir le périnée et même sa zone anale. Gordon posa alors ses pouces de part et d'autre de la vulve et commença un massage aussi doux que délicat de tout le pourtour de ce sexe dont Katia avait soigneusement retiré l'intégralité de sa pilosité habituelle.
Sous l'effet de cette caresse qu'elle n'avait pas anticipée, son bassin se contorsionna de plus en plus fréquemment tandis que ses gémissements diminuaient. Dans un premier temps, Gordon craignit que la tension sexuelle soit redescendue pour elle, mais rapidement il s'aperçut au contraire qu'elle allait croissante. Imperceptiblement, il augmentait la pression exercée, tout en conservant la même action à droite et à gauche, montant et descendant toujours de façon synchronisée. Katia ne disait presque plus rien, toutefois, l'augmentation de l'amplitude de ses mouvements et des épanchements en disaient long sur son niveau d'envie.
Les pouces remontèrent jusqu'au clitoris, massèrent toute sa zone sans établir le moindre contact avec lui, le préparant ainsi avec soin pour la suite. Gordon ne se pencha sur lui que lorsqu'il fut suffisamment échauffé. Une douce tension exercée par ses pouces le dégagea de sa cachette et lorsque ses lèvres se posèrent sur lui, un spasme de plaisir parcourut le corps de Katia. Elle poussa d'elle-même son bassin contre cette bouche pour en accentuer le contact. Lentement, la langue tournoya autour de lui tandis que les pouces redescendaient sur le périnée. En quelques secondes, Katia connut un plaisir qu'elle n'aurait jamais imaginé sans avoir été pénétrée de quelque manière, tout au plus par une langue qui ne s'était pas aventurée bien loin, tout juste pour séparer ses grandes lèvres. Elle se cabra soudainement sous l'emprise d'un orgasme inattendu que Gordon sublima par une douce succion de son bouton. Lorsque le dernier frisson de plaisir se fut éteint, Gordon remonta embrasser Katia. Elle lui rendit son baiser, goutant les restes de son propre bonheur.
— C'était formidable, mon chéri, c'est à ton tour de gouter aux plaisirs du sexe, mon chéri. Prends-moi et fais ce que tu veux de moi.
— Je vais te détacher avant.
— Non ! Comme je suis !
Gordon sourit devant le visage détendu de Katia. Il se replaça entre ses jambes et positionna son sexe qui n'avait pas été une seule seconde au repos durant tout le temps de ce massage particulier. Lentement, il pénétra de toute sa longueur ce sexe si humide qu'il y entra sans la moindre difficulté. Tout au fond de Katia, Gordon patienta plusieurs secondes avant de ressortir tout aussi progressivement et de recommencer ainsi plusieurs allers-retours. Il n'allait plus tarder à prendre de la vitesse, Katia en était certaine, elle attendait cet assaut avec une grande impatience mais sans l'y inciter. Désireuse de rester dans le rôle qu'elle s'était donné, celui de la chose de Gordon au service exclusif du plaisir qu'elle pouvait, qu'elle voulait lui donner, après celui qu'elle venait de recevoir et de celui qu'elle prenait encore dans cette pénétration bien plus douce qu'à leur habitude.
Elle regarda Gordon droit dans les yeux tandis qu'il la pénétrait une nouvelle fois tout en douceur et laissa échapper un soupir de bien-être provoqué par ce passage si délicieux et langoureux. Ce regard fut celui de trop pour Gordon qui ne se retenait plus qu'à grand-peine… Trop excité par cette soirée, il éjecta brutalement plusieurs rasades de sperme au plus profond de Katia. Il se retira rapidement et détacha immédiatement sa partenaire qui attira son amant à elle dès que ses bras eurent retrouvé leur liberté. Gordon ne se défila pas et lui accorda un très long câlin qui se prolongea tard dans la nuit car ils s'endormirent ainsi sans même s'en rendre compte ni même éteindre la lampe électrique suspendue. Dehors, le bruit du vent qui agitait les branches de plus en plus fortement ne perturba pas le moins du monde les amants endormis.
Le lendemain, après le petit déjeuner rapidement expédié, Hervé et Gordon décidèrent de bloquer la porte par laquelle ils étaient entrés la première fois dans le cachot. Une fois cela fait, ils achevèrent de condamner l'accès extérieur dans lequel Rémy était tombé. Ils s'appliquèrent ensuite à libérer les prisonniers du cachot de leurs attaches métalliques. Katia ne supporta pas très longtemps de voir ses amis manipuler ces ossements pour les allonger sur le sol une fois détachés, sans ressentir des frissons de plus en plus marqués. Alors que le deuxième squelette était délivré de son collier métallique, elle sortit brusquement par les escaliers qui débouchaient dans la cour intérieure du château. Ses jambes pouvaient tout juste la porter lorsqu'elle déboucha à l'extérieur et elle choisit une grosse pierre assez plate pour s'en faire un siège. Son corps entier était parcouru de frissons incontrôlables, et cela sans avoir froid. Le stress l'avait mise dans un tel état qu'il ne lui aurait pas fallu grand-chose de plus pour qu'elle éclate en sanglots. L'air frais et le vent léger permirent de faire redescendre d'un cran la tension nerveuse qui s'était installée dans le souterrain et elle ravala difficilement ses larmes. Pour ne plus penser aux moines probablement torturés et abandonnés dans leur cachot, elle se concentra sur ses anciens amants et particulièrement Gordon, à leur dernière nuit, à ce plaisir si différent, si intense, pris alors qu'elle était attachée.
Au fil des minutes, Katia commença à se calmer jusqu'à ce qu'elle perçoive très faiblement une sorte de murmure. Elle pensa d'abord que les trois amis étaient dans le couloir et ne tarderaient pas à sortir, mais elle ne perçut aucun bruit de pas ni la moindre bribe de conversation. La curiosité la poussa à regarder dans le couloir. Elle ne vit rien, pas même la lueur d'une torche électrique qui aurait pu annoncer leur arrivée.
Inquiète, n'osant pas retourner dans le souterrain, elle tendit l'oreille et distingua plus nettement un son lointain qu'elle identifia comme des soupirs. Ses amis n'étaient-ils pas en train de s'aimer dans ce lieu sordide ? Mais dans ce cas, Gordon devait certainement participer, et sans elle ! Elle se sentit trahie puis se ravisa en se rappelant le pacte du Grand Ordre du Plaisir Libre : pas d'exclusivité sexuelle imposée. Katia aurait pourtant aimé qu'ils s'aiment tous les quatre et se visualisait positionnée à quatre pattes, chevauchant Hervé qu'elle aurait préalablement allongé sur le dos. Comme elle aurait apprécié accueillir encore la verge de cet homme, tandis que Gordon, positionné derrière elle, la sodomiserait. Pour parfaire la scène de cette double pénétration, face à elle, en commun avec Hervé, elle se serait fait un plaisir de prodiguer le meilleur des cunnilingus à Julie. Et si le reste du groupe s'était installé autour d'eux, pour les observer, les encourager ou même les rejoindre pour remplacer temporairement l'un de ses amants le temps qu'il souffle, elle n'aurait pas émis la moindre protestation, bien au contraire.
Le vent dans les arbres se calma une minute et la ramena dans la réalité. Katia constata alors que les soupirs se faisaient de plus en plus forts, plus nets, comme si progressivement, ils étaient plus nombreux et cela provoqua en elle un effroi soudain. Ce qu'elle entendait, ce n'était pas des cris de plaisir, mais au contraire des soupirs de soulagement, presque de remerciements. Elle plaça ses deux mains sur sa bouche comme pour s'empêcher de hurler, car ce qu'elle déduisit lui glaça le sang…
— Tu ne dors pas, Katia ?
— Non, mon chéri.
— Pourquoi ?
— Le vent m'a réveillé et j'ai trop envie de sexe…
— Moi aussi j'ai envie de sexe, ma puce.
— Tu veux bien ? Tu n'es plus fâché contre moi ? demanda-t-elle en se retournant pour lui faire face.
— Je ne l'ai jamais été, je voulais juste te faire comprendre certaines choses.
— Tu sais, je voulais te réveiller en te faisant une pipe, mais je me suis contrôlée.
— Je m'en suis rendu compte et je t'en félicite. Je dirais même que cela mérite une récompense, même si moi, je ne me serais pas offusqué d'avoir été réveillé par ta bouche gourmande sur mon chibre.
— Oh, mais comment savoir avec vous, les hommes ? Entre toi qui aurais apprécié me laisser faire et Hervé qui me reproche la même chose, je ne sais plus que penser, ni que faire !
— Tu as très bien agi cette nuit.
— Vrai ?
— Oui.
— Alors tu veux encore de moi ?
— Bien sûr ! J'ai très souvent envie de toi, et particulièrement maintenant, tout de suite !
— Dans ce cas, prends-moi, chéri, mais avant, laisse-moi te sucer, tu sais que j'adore ça.
— Evidemment que je le sais, et tu es si douée que je serais trop bête de te refuser cette requête !
Sur ces mots, Gordon releva les couvertures et dans la pénombre de la nuit, Katia devina le membre dressé dans l'attente de la fellation promise. Elle l'engloutit sans perdre de temps, directement et le plus profondément que cela lui fut possible. De sa main gauche, elle caressa si adroitement les bourses de Gordon qu'il ne put retenir un gémissement de plaisir. La délicieuse fellation qui suivit fut très différente de toutes les fois précédentes. La bouche de Katia se faisait bien plus douce et plus ferme en même temps, elle remontait lentement jusqu'à la pointe du gland, sa langue en épousant délicatement les contours avant de redescendre le long de cette tige brûlante du désir décuplé provoqué par le doux massage des testicules.
— A mon tour maintenant, ma puce, car si tu ne t'arrêtes pas, tu vas me faire cracher, demanda Gordon après quelques instants.
— Tu as aimé ?
— Terriblement ! Tu t'es surpassée ce soir. Ce sont les orties qui t'ont mise dans cet état ?
— Non, c'est toi, tout ce que tu m'as fait pour que je ne me gratte pas…
— J'en suis désolé, je ne pouvais pas te laisser défigurer ton si joli postérieur, mais je vais me faire pardonner…
Gordon se plaça au-dessus d'elle et lui embrassa les seins qu'il délaissa rapidement, car sa main avait repéré l'abondante lubrification du sexe de Katia. Il ne perdit pas une seconde, se positionna entre ses jambes et s'appliqua à laper l'intégralité de ce sexe qui lui sembla plus calme qu'habituellement, comme si cette nuit, ce cunnilingus était moins apprécié que les précédents. Gordon le ressentit et malgré ses efforts, ne parvint pas à donner le plaisir qu'il souhaitait à sa partenaire. Il alluma alors la lampe de camping accrochée au plafond de leur tente et s'assit à même le sol.
— Ça ne va pas, ma puce ? On dirait que tu n'apprécies pas.
— Si, … mais… j'ai envie… que tu m'attaches encore.
— On dirait que tu y as pris goût ?
— C'était trop bon d'être ta chose. Je voudrais être ton plus merveilleux fantasme pour te donner le plaisir ultime, celui qu'aucune autre ne pourra égaler ni même dépasser, et qu'ainsi tu ne m'oublies jamais.
— Tu es de ce genre de personne que l'on ne peut pas effacer de sa mémoire, ma puce.
— Qu'as-tu envie de me faire ? Dis-moi tout, je peux tout entendre, tout faire pour toi, pour ton plaisir exclusif.
— Tout ? C'est sûrement excessif.
— Attache-moi, bâillonne-moi comme ce soir, et ensuite prends-moi dans tous les sens jusqu'à ce que tu n'aies plus de force et que je sois épuisée de jouissance.
— C'est réellement ce que tu veux ?
— Oui… Je n'avais encore jamais ressenti autant de plaisir à être passive et à la disposition d'un homme.
— C'est à ce point-là ?
— Oui. Etre captive et ne rien pouvoir faire d'autre qu'attendre ton bon vouloir a été si bon que j'en frissonne encore. Tu sais, jamais je n'avais osé franchir ce pas avec un autre homme. Enfin, je veux dire, le laisser m'attacher, tu comprends ?
— Oui, parfaitement, cependant il ne faudrait pas le refaire trop souvent, tu risquerais de ne plus pouvoir t'en passer.
— Tu n'aimerais pas que je devienne ta chose ?
— Parfois, oui, mais pas systématiquement, car notre relation deviendrait monotone et surtout dangereuse.
— Pour qui ? Moi ?
— Oui, mais aussi pour moi. Tu vois, si je ne m'occupais plus de ton désir et que je ne pensais plus qu'au mien, je pourrais faire des choses qui seraient contraires au respect qu'un homme doit avoir pour toute femme qui accepte de se donner à lui.
— Je ne suis pas certaine de t'avoir compris.
— Si je te bâillonne, et que je peux faire de toi ce que bon me semble, comment saurai-je que je ne vais pas trop loin ? Que je ne pratique pas des choses que tu n'aimes pas ?
— Tu sais que je peux tout faire quand il s'agit de sexe…
— Tout ?
— Tout, mon chéri !
— Ok, dans ce cas, je vais t'attacher et te frotter la vulve avec ces orties qui t'ont enflammé le derrière. Je pourrais même utiliser un de ces outils qui sont dans le souterrain pour te faire hurler de douleur en compressant tes seins, ou ton clitoris.
— Mais ce n'est pas du sexe !
— Tu m'as dit que je pouvais tout te faire, non ?
— Pas comme ça !
— Dans ce cas, je pourrais faire venir une bande d'amis, de connaissances, qui défileraient les uns à la suite des autres pour t'utiliser comme une vulgaire poupée ?
— Mais ? Et toi dans tout ça ?
— Je te regarderais, mais tu ne me verrais pas, car je t'aurais aussi bandé les yeux, ainsi tu ne pourrais pas savoir qui te culbute et surtout quelle somme ils payeraient pour cela.
— Mais, tu es immonde !
— Non, parce que c'est toi qui m'as dis de faire de toi tout ce que je veux… Tu l'as déjà oublié ?
— Mais … ?
— Rassure-toi, ce n'est pas ce que je veux. Je voulais juste te faire comprendre que tu ne dois jamais, jamais, jamais, t'offrir ainsi sans retenue, même à quelqu'un en qui tu as confiance. Comment pourrais-tu dire stop une fois ligotée, muette et aveuglée par un bandeau ? Comment pourrais-je savoir à quel moment m'arrêter quand nous aurions pratiqué ce genre de séances durant des mois en allant toujours plus loin à chaque fois ? Là, tu es choquée car cette annonce est brutale, mais si petit à petit nous avions glissé vers un tel défilé, aurais-tu réagi de la même façon ?
Katia se jeta dans les bras de Gordon et le serra fort contre elle. Il la laissa faire en lui caressant doucement le dos pour la rassurer.
— Je ne veux que te donner du plaisir, ma puce.
— J'ai compris la leçon, Gordon.
— Tu m'en vois ravi.
— J'ai toujours envie de toi, envie que tu m'attaches pour me faire l'amour, j'ai envie de jouir et aussi de te faire jouir. Tu peux me bousculer un peu, mais pas trop, je ne veux pas souffrir, tu veux bien ?
— Avec grand plaisir, car tu es plus raisonnable ainsi et cela te rend encore plus attirante à mes yeux.
— Alors qu'attends-tu ?
— Je ne sais plus où j'ai rangé les cordes…
Katia ramassa le paquet de cordes qui avait été jeté dans un coin et le tendit à son chéri avec un large sourire et un regard qui en disait long sur son envie. Gordon accéda à la demande et la positionna sur le dos, les jambes bien relevées. En quelques minutes, Katia se retrouva à nouveau attachée, mais cette fois volontairement et dans un but uniquement sexuel. Bien que ses mouvements soient limités par les attaches, elle nota les infinies précautions que prenait Gordon pour ne pas la blesser. Il vérifiait systématiquement et plusieurs fois qu'aucun des liens ne lui pince la peau, multipliait les caresses en prétextant contrôler la pose correcte des cordages tout en lui laissant une certaine liberté de mouvements.
— Tout va bien, ma puce ?
— Oui. Tu aurais même pu serrer plus fort, je peux encore bouger.
— Je ne veux pas que ton corps garde la moindre trace de ce que nous allons faire ce soir. Tu entends, pas la moindre.
— Tu as raison, comme ça nous pourrons recommencer plus vite. Le bâillon maintenant…
— Non, je tiens à ce que tu puisses me dire quand tu en auras assez. Mais si tu y tiens, fais comme s'il était présent.
Après un très long baiser, Gordon reprit sa position entre les jambes de Katia et posa lentement ses lèvres sur ce sexe toujours bien humide. De sa langue, il titilla un côté puis l'autre sans se presser, comme s'il cherchait à découvrir et à baliser la zone pour en identifier les points les plus sensibles. Régulièrement, les jambes qui lui encadraient la tête s'ouvrirent pour lui faciliter l'accès ou se refermèrent pour l'emprisonner quelques instants et l'empêcher d'interrompre une caresse très appréciée. Attentif à sa voix autant qu'à ses réactions, Gordon apprécia fortement que Katia ne rajoute pas de gémissements exagérés comme elle le faisait souvent. Elle profitait simplement des caresses buccales prodiguées, et cela changeait considérablement l'envie qu'il avait de lui en donner encore plus. Il laissa sa salive déborder largement jusqu'à recouvrir le périnée et même sa zone anale. Gordon posa alors ses pouces de part et d'autre de la vulve et commença un massage aussi doux que délicat de tout le pourtour de ce sexe dont Katia avait soigneusement retiré l'intégralité de sa pilosité habituelle.
Sous l'effet de cette caresse qu'elle n'avait pas anticipée, son bassin se contorsionna de plus en plus fréquemment tandis que ses gémissements diminuaient. Dans un premier temps, Gordon craignit que la tension sexuelle soit redescendue pour elle, mais rapidement il s'aperçut au contraire qu'elle allait croissante. Imperceptiblement, il augmentait la pression exercée, tout en conservant la même action à droite et à gauche, montant et descendant toujours de façon synchronisée. Katia ne disait presque plus rien, toutefois, l'augmentation de l'amplitude de ses mouvements et des épanchements en disaient long sur son niveau d'envie.
Les pouces remontèrent jusqu'au clitoris, massèrent toute sa zone sans établir le moindre contact avec lui, le préparant ainsi avec soin pour la suite. Gordon ne se pencha sur lui que lorsqu'il fut suffisamment échauffé. Une douce tension exercée par ses pouces le dégagea de sa cachette et lorsque ses lèvres se posèrent sur lui, un spasme de plaisir parcourut le corps de Katia. Elle poussa d'elle-même son bassin contre cette bouche pour en accentuer le contact. Lentement, la langue tournoya autour de lui tandis que les pouces redescendaient sur le périnée. En quelques secondes, Katia connut un plaisir qu'elle n'aurait jamais imaginé sans avoir été pénétrée de quelque manière, tout au plus par une langue qui ne s'était pas aventurée bien loin, tout juste pour séparer ses grandes lèvres. Elle se cabra soudainement sous l'emprise d'un orgasme inattendu que Gordon sublima par une douce succion de son bouton. Lorsque le dernier frisson de plaisir se fut éteint, Gordon remonta embrasser Katia. Elle lui rendit son baiser, goutant les restes de son propre bonheur.
— C'était formidable, mon chéri, c'est à ton tour de gouter aux plaisirs du sexe, mon chéri. Prends-moi et fais ce que tu veux de moi.
— Je vais te détacher avant.
— Non ! Comme je suis !
Gordon sourit devant le visage détendu de Katia. Il se replaça entre ses jambes et positionna son sexe qui n'avait pas été une seule seconde au repos durant tout le temps de ce massage particulier. Lentement, il pénétra de toute sa longueur ce sexe si humide qu'il y entra sans la moindre difficulté. Tout au fond de Katia, Gordon patienta plusieurs secondes avant de ressortir tout aussi progressivement et de recommencer ainsi plusieurs allers-retours. Il n'allait plus tarder à prendre de la vitesse, Katia en était certaine, elle attendait cet assaut avec une grande impatience mais sans l'y inciter. Désireuse de rester dans le rôle qu'elle s'était donné, celui de la chose de Gordon au service exclusif du plaisir qu'elle pouvait, qu'elle voulait lui donner, après celui qu'elle venait de recevoir et de celui qu'elle prenait encore dans cette pénétration bien plus douce qu'à leur habitude.
Elle regarda Gordon droit dans les yeux tandis qu'il la pénétrait une nouvelle fois tout en douceur et laissa échapper un soupir de bien-être provoqué par ce passage si délicieux et langoureux. Ce regard fut celui de trop pour Gordon qui ne se retenait plus qu'à grand-peine… Trop excité par cette soirée, il éjecta brutalement plusieurs rasades de sperme au plus profond de Katia. Il se retira rapidement et détacha immédiatement sa partenaire qui attira son amant à elle dès que ses bras eurent retrouvé leur liberté. Gordon ne se défila pas et lui accorda un très long câlin qui se prolongea tard dans la nuit car ils s'endormirent ainsi sans même s'en rendre compte ni même éteindre la lampe électrique suspendue. Dehors, le bruit du vent qui agitait les branches de plus en plus fortement ne perturba pas le moins du monde les amants endormis.
Le lendemain, après le petit déjeuner rapidement expédié, Hervé et Gordon décidèrent de bloquer la porte par laquelle ils étaient entrés la première fois dans le cachot. Une fois cela fait, ils achevèrent de condamner l'accès extérieur dans lequel Rémy était tombé. Ils s'appliquèrent ensuite à libérer les prisonniers du cachot de leurs attaches métalliques. Katia ne supporta pas très longtemps de voir ses amis manipuler ces ossements pour les allonger sur le sol une fois détachés, sans ressentir des frissons de plus en plus marqués. Alors que le deuxième squelette était délivré de son collier métallique, elle sortit brusquement par les escaliers qui débouchaient dans la cour intérieure du château. Ses jambes pouvaient tout juste la porter lorsqu'elle déboucha à l'extérieur et elle choisit une grosse pierre assez plate pour s'en faire un siège. Son corps entier était parcouru de frissons incontrôlables, et cela sans avoir froid. Le stress l'avait mise dans un tel état qu'il ne lui aurait pas fallu grand-chose de plus pour qu'elle éclate en sanglots. L'air frais et le vent léger permirent de faire redescendre d'un cran la tension nerveuse qui s'était installée dans le souterrain et elle ravala difficilement ses larmes. Pour ne plus penser aux moines probablement torturés et abandonnés dans leur cachot, elle se concentra sur ses anciens amants et particulièrement Gordon, à leur dernière nuit, à ce plaisir si différent, si intense, pris alors qu'elle était attachée.
Au fil des minutes, Katia commença à se calmer jusqu'à ce qu'elle perçoive très faiblement une sorte de murmure. Elle pensa d'abord que les trois amis étaient dans le couloir et ne tarderaient pas à sortir, mais elle ne perçut aucun bruit de pas ni la moindre bribe de conversation. La curiosité la poussa à regarder dans le couloir. Elle ne vit rien, pas même la lueur d'une torche électrique qui aurait pu annoncer leur arrivée.
Inquiète, n'osant pas retourner dans le souterrain, elle tendit l'oreille et distingua plus nettement un son lointain qu'elle identifia comme des soupirs. Ses amis n'étaient-ils pas en train de s'aimer dans ce lieu sordide ? Mais dans ce cas, Gordon devait certainement participer, et sans elle ! Elle se sentit trahie puis se ravisa en se rappelant le pacte du Grand Ordre du Plaisir Libre : pas d'exclusivité sexuelle imposée. Katia aurait pourtant aimé qu'ils s'aiment tous les quatre et se visualisait positionnée à quatre pattes, chevauchant Hervé qu'elle aurait préalablement allongé sur le dos. Comme elle aurait apprécié accueillir encore la verge de cet homme, tandis que Gordon, positionné derrière elle, la sodomiserait. Pour parfaire la scène de cette double pénétration, face à elle, en commun avec Hervé, elle se serait fait un plaisir de prodiguer le meilleur des cunnilingus à Julie. Et si le reste du groupe s'était installé autour d'eux, pour les observer, les encourager ou même les rejoindre pour remplacer temporairement l'un de ses amants le temps qu'il souffle, elle n'aurait pas émis la moindre protestation, bien au contraire.
Le vent dans les arbres se calma une minute et la ramena dans la réalité. Katia constata alors que les soupirs se faisaient de plus en plus forts, plus nets, comme si progressivement, ils étaient plus nombreux et cela provoqua en elle un effroi soudain. Ce qu'elle entendait, ce n'était pas des cris de plaisir, mais au contraire des soupirs de soulagement, presque de remerciements. Elle plaça ses deux mains sur sa bouche comme pour s'empêcher de hurler, car ce qu'elle déduisit lui glaça le sang…
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Commentaires ()
Du coup, je t'imagine avoir envie de remplacer Gordon...
Je poursuis les publications et bien sur l'écriture des suites...
;-)
Merci à toi.
Par contre, à la fin du chapitre, est ce bien les esprits du lieu qui sont en train de pétrifier Katia, en tout cas, c'est l'impression que j'ai sur le coup.
Merci de ta fidélité à cette histoire. Tes commentaires réguliers sont toujours plaisants à lire.
Effectivement, il semblerai que Katia soit changée. Est-ce dû au lieu, à Gordon ou à un autre événement ?
Merci d'avoir lu et pris le temps de me laisser un retour, c'est important pour les auteurs.