Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Une chute de vélo — Chapitre 57 · Balade en forêt
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Une chute de vélo
Chapitre 57 · Balade en forêt
Hervé se réveilla de la façon la plus agréable qui soit pour lui. Le corps tiède de Julie tout contre le sien, était un ravissement qu'il ne cessait d'apprécier chaque matin un peu plus. Comme souvent, elle était sur le côté, blottie contre lui et la sensation de ses cheveux bruns sur son épaule était pour lui, la plus douce des caresses, son bras posé sur son torse, la plus belle des chaînes de l'amour qui les unissait. Très lentement, afin de ne pas la réveiller, il tourna la tête afin d'embrasser le front de son ange.
— Encore, murmura-t-elle d'une voix partiellement endormie. Encore des bisous, des papouilles partout, longtemps.
Hervé accentua la pression de ses lèvres tout en resserrant ses bras, comme pour l'attirer encore plus vers lui. Elle répondit en lui embrassant l'épaule qui lui avait servi d'oreiller une bonne partie de la nuit. Elle aussi resserra l'emprise de ses bras, et glissa quelques baisers dans le cou d'Hervé. Comme toujours, ces caresses exquises pour lui, provoquèrent des frissons de plaisir que Julie se plut à augmenter, transformant alors ses bisous en petits suçons de plus en plus rapides. Complètement sortis des brumes de la nuit, les amants se bécotèrent longuement jusqu'à ce qu'Hervé ne puisse plus retenir la pression de sa vessie. Ils se levèrent et passèrent chacun leur tour aux toilettes, puis se douchèrent ensemble. Tandis que l'eau coulait sur leurs corps, ils s'excitèrent à nouveau, profitant de ce samedi dépourvu de toute obligation de quelque sorte. Ils avaient décidé la veille de ne rien prévoir, de vivre sans se préoccuper de quoi que ce soit durant tout un week-end. Ils mangeraient quand ils auraient faim, dormiraient lorsque la fatigue se ferait sentir, tels les premiers êtres humains primitifs, et bien sûr s'aimeraient sans compter. Tout juste sortie de la douche, Julie s'agenouilla devant Hervé qui se séchait les cheveux avec une serviette. La langoureuse fellation se prolongea au-delà du temps nécessaire pour qu'Hervé soit sec. Il interrompit pourtant cette douce action pour sécher son ange qu'il tamponna délicatement avec une serviette jusqu'au moindre recoin. Il couvrit ensuite son corps de caresses sensuelles sous prétexte de vérifier s'il n'aurait pas oublié une goutte d'eau quelque part.
— Viens mon chou, on n'a pas assez de place ici…
Julie précéda son homme dans le couloir et, bien que cela ne soit pas nécessaire, exagéra son déhanché pour l'exciter davantage. Dans le salon, elle se pencha par-dessus le dossier du canapé pour arranger les coussins qui n'en avaient nul besoin, lui exposant ainsi ostensiblement son postérieur. Hervé ne résista pas à cet appel. Il posa ses larges mains sur les fesses et plongea son visage entre elles. Il étira sa langue qui s'engouffra très vite entre les lèvres intimes qui n'attendaient rien d'autre et s'ouvrirent dans une de ces invitations qu'il est difficile à refuser.
— Oui mon chou ! Continue ! J'adore quand tu me broutes.
Hervé répondit en accentuant son action, se délecta longuement de l'intimité que son ange lui offrait ainsi que de ses petits cris de plaisir. Plus elle ronronnait sous sa langue et ses mains, plus il avait envie de lui en donner. Leur position n'étant pas des plus confortables, il la coucha sur le dos en travers du canapé, les fesses surélevées par le large accoudoir et s'agenouilla entre ses jambes pour reprendre sa dégustation. Julie l'encouragea en posant ses pieds sur les épaules d'Hervé. Ainsi, elle était plus à l'aise sans pour autant le repousser et profita simplement du moment. Les mains qui caressaient ses cuisses se faisaient tantôt délicates, tantôt plus fermes, mais jamais rudes ni désagréables. Cette langue agile, archet passant de corde en corde, vive ou délicate, lente puis rapide, joua de toutes les zones qui la faisaient vibrer aussi bien qu'un violoniste l'aurait fait de son instrument. Chaque fois que son corps se tendait à l'approche de l'extase, Hervé changeait sa manière de faire, pour quelques instants plus tard, le faire revenir encore plus puissant jusqu'à l'estocade finale. Une puissante onde de plaisir envahit le corps de Julie, ses jambes se tendirent brusquement tandis que ses mains agrippaient ce qui se trouvait à leur portée durant les longues contractions désordonnées provoquées par sa jouissance. Une fois Julie calmée, Hervé vint la câliner en silence, lui laissant le temps pour émerger.
Ils installèrent un matelas sous l'ombre protectrice des arbres et s'y installèrent pour profiter juste l'un de l'autre.
— Hervé, j'ai envie d'une promenade en forêt. Qu'en dis-tu ?
— Avec plaisir.
— Et d'un bivouac nocturne aussi. J'avais beaucoup aimé la balade pour aller dans la grotte et la nuit que l'on y a passée. Tu veux bien ?
— Bien sûr. Véronique viendra aussi, je suppose ?
— Il peut bien y avoir la terre entière avec nous, si tu es à côté de moi, je ne demande rien d'autre. Mais si sa présence ne te déplait pas, j'aimerais bien, oui.
— D'accord mon ange, je connais des coins sympa en montagne, ça monte un peu, mais une fois arrivé, il y a de très beaux points de vue sur la vallée.
— La vue, la vallée, c'est bien, mais je n'impose qu'une chose : je veux que tu m'aimes en forêt.
— Mais je t'aime, toujours, partout…
— Non, je veux faire l'amour en forêt, le top, ce serait dans un arbre. Moi Julie, toi Tarzan, tu vois le genre ?
— Tu es sûre ? Il me semblait qu'elle s'appelait Jane.
— Au début, oui. Seulement, depuis que Julie a croisé la route de Tarzan, celui-ci à oublié Jane et ne pense plus qu'à une seule femme.
Hervé serra son ange contre lui, ferma les yeux et pensa à son ancienne vie, avant qu'il ne fasse sa connaissance. Il passait souvent ses week-ends avec ses amis, Jérémy et Gordon, quand il n'était pas pris par ses affaires, mais aussi Bruno. Il était soulagé qu'il soit sorti du coma, malheureusement, malgré les nouvelles rassurantes que donnait régulièrement Elsa, il semblait conserver de très lourdes séquelles. Il ne pouvait pas s'empêcher de vivre et encore moins d'aimer Julie, mais parfois, il s'en voulait de profiter ainsi de la vie, tandis que Bruno était privé de beaucoup trop de choses depuis son agression.
— Tu penses que l'on pourrait faire cette balade samedi prochain ?
— Oui, répondit Hervé après un long silence.
— Toi, tu pensais encore à Bruno, hein ?
— Oui. On dirait que tu sais lire dans mes pensées.
— Oh, ce n'était pas difficile à deviner, et puis tu sais, je pense aussi beaucoup à lui. J'ai été si heureuse quand tu m'as appris qu'il était réveillé. Ce n'est pas juste ce qui lui est arrivé.
— Une partie de l'injustice a été réparée. Grâce à Jérémy, la police a retrouvé et arrêté ses agresseurs.
— Ce n'est qu'une piètre consolation… Et Elsa a fait beaucoup pour lui. Je peux te l'avouer à présent : il y a deux semaines, à ma pause de midi, je suis passée dans une église et j'ai allumé deux cierges pour lui. Un de ma part et un de la tienne. Je sais que tu n'es pas croyant, alors je n'ai pas osé te le dire.
— C'est une délicate attention. Je te remercie pour lui. Je ne sais pas si cela a eu un effet, mais dans le doute…
— Tu ne m'en veux pas ?
— D'avoir tenté quelque chose pour Bruno ? Certainement pas mon ange.
— Tu es sûr que cela ne t'ennuie pas que Véronique vienne faire la balade avec nous ?
— Mais non, j'aime beaucoup ta sœur, tu le sais.
— Elle doit t'agacer parfois, non ?
— Au début, oui, un peu, mais j'ai compris qu'elle ne cherche qu'à se protéger, et toi avec. Je ne veux pas vous séparer. J'ai trop souffert de ne pas avoir de frère.
— Comme je suis heureuse de t'avoir rencontré…
— Et moi donc. Jamais je n'aurais osé rêver ce que je vis avec toi, ce que nous vivons ensemble. J'ai même souvent l'impression que tout cela est irréel, trop beau pour être vrai.
Julie embrassa longuement Hervé, comme pour lui prouver son existence charnelle. Il la couvrit de caresses langoureuses et de bisous délicats. Lorsqu'ils furent rassasiés, Hervé revint sur son idée de la promenade.
— Pour la balade, je proposerais bien à Elsa et à Jérémy de nous accompagner, mais elle ne voudra pas quitter le chevet de Bruno et son frère ne la laissera pas seule.
— Ils refuseront, c'est certain, pourtant je suis certaine que ce serait bénéfique pour eux, soupira Julie.
— Toutefois, ce qui serait encore mieux pour eux, c'est que Bruno puisse participer.
— Tu as raison, mon chou.
— En attendant, je vais trouver une randonnée que tu pourras faire sans forcer sur ton genou.
— Arrête un peu de me protéger comme une porcelaine fragile. Mon genou va très bien.
— Pour moi, tu es la chose la plus précieuse au monde.
— Et pour me protéger, tu me mettrais dans un coffre pour m'y laisser moisir ?
— Oh non ! Certainement pas ! Tu serais bien mieux dans une vitrine, et toute nue ! Une fois par mois, je viendrais te rendre visite avec un plumeau pour faire la poussière et ensuite, je ferais payer les visites, plaisanta Hervé.
— Oh ! s'offusqua Julie, sachant pertinemment qu'il n'en pensait pas un mot.
Elle le chatouilla afin de marquer sa fausse désapprobation. Hervé la laissa faire un peu avant de la ceinturer.
— Tu te rends ?
— Jamais ! Mais il se peut que je crie…
— Je comprends. Il arrive parfois que je produise cet effet.
Julie accentua son sourire et se laissa embrasser. Après un long câlin, Hervé sortit ses cartes de la région et prépara la randonnée qu'elle lui avait commandée. Ensemble, ils décidèrent d'inviter quelques-uns de leurs amis à faire cette sortie avec eux.
Dans l'après-midi, ils se rendirent à l'hôpital afin de rendre visite à Bruno et de soutenir Elsa. Elle avait les traits tirés par la fatigue et ces longs après-midis qu'elle avait passés dans cette chambre à parler seule avec Bruno jusqu'à ce qu'il réagisse enfin. Julie lui proposa de prendre le repas avec Hervé et elle, pour le soir même, afin qu'elle se repose un peu, mais comme ils l'avaient anticipé, elle refusa pour rester le plus possible avec son grand loup.
Julie contacta Natacha pour lui proposer de participer à la balade, mais la date fixée correspondait à une sortie vélo programmée. Elle en discuta avec Hervé et ils décidèrent de coupler les deux activités. Ils rejoindraient le point de départ à vélo et le reste se ferait à pied. Hervé, informé de la liste des participants, se procura dans la semaine des tentes et tout le nécessaire pour un bivouac de groupe.
Le jour du départ arriva vite entre tout ce que chacun devait organiser. La veille, le ravitaillement occupa une grande place dans le frigo d'Hervé. Véronique qui était déjà arrivée dans l'après-midi resta hors de vue de chaque personne qui apportait sa participation ou son duvet. De bon matin le samedi, Julie se rendit sur le parking du point de départ accompagnée d'Hervé, tous deux sur des bicyclettes flambant neuves. Cette arrivée suscita les interrogations sur la participation du nouveau venu ainsi que sur l'intendance de la randonnée. Il rassura les autres participants en indiquant que tout était organisé et qu'ils retrouveraient le ravitaillement au point prévu.
Le départ ne souffrit d'aucun retard et le groupe habituel, auquel ne manquait que Katia, pédala de bon cœur dans la fraîcheur de la matinée. Julien prit la tête du groupe, avec sur un support fixé au guidon, la carte qu'il avait établie en compagnie d'Hervé pour rejoindre le point de départ de la randonnée. Durant le trajet, tous les participants du groupe accompagnèrent à tour de rôle Julie. Chacun voulait s'assurer qu'elle n'avait pas conservé de séquelles de sa chute et aussi discuter un peu avec elle et son homme. Ils encouragèrent Hervé qui, n'ayant pas l'entrainement du reste du groupe, donna le premier des signes de fatigue de plus en plus fréquents, car à mesure qu'ils avançaient, les côtes devenaient plus nombreuses et plus rudes.
Lorsque Julien s'arrêta enfin à l'embranchement d'un chemin s'enfonçant dans la forêt, les cyclistes posèrent pied à terre avec enthousiasme. Quelques-uns ne cachèrent pas une certaine inquiétude, car il n'y avait pas la moindre voiture en vue et les estomacs, vidés par les efforts déployés, commençaient à réclamer leurs dus.
— C'est bien ce chemin-là, Hervé ? demanda Julien.
— Oui, c'est ici. On va continuer sur deux ou trois kilomètres en pédalant. On arrivera sur une clairière. Ma voiture et tout son contenu nous y attendent.
— Le chemin a l'air pratiquable. On y va ? demanda Vincent.
— Allez ! décida Julien. En route ! Hervé, tu passes devant, je ferme la marche.
Le peloton se mit en marche à une allure bien plus réduite. Tous en file indienne, leur attention focalisée sur les trous et irrégularités du chemin. La clairière fut rapidement atteinte. Une voiture garée sur le côté semblait les attendre. Hervé tira la clé de son véhicule de sa poche et ouvrit le coffre. Il en sortit une longue chaine et plusieurs cadenas.
— Voilà, nous allons attacher nos vélos aux arbres pour être certains de les retrouver demain.
Tandis qu'ils sécurisaient leurs montures, Julie enfila un t-shirt blanc, puis s'éclipsa sous prétexte d'une envie à satisfaire et s'enfonça un peu dans la forêt à l'opposé du groupe.
— Fais attention aux chevreuils ! lui cria Valérie.
— Prends aussi garde aux ours ! renchérit Christophe.
— Hervé, tu devrais aller la surveiller pour que les sept nains ne te kidnappent pas ton ange !
Le groupe rit de bon cœur à la blague de Romain. Les rires stoppèrent d'eux-mêmes et laissèrent la place à des murmures de stupéfaction lorsqu'ils virent Julie revenir avec sa jumelle. Elles se précipitèrent vers Hervé et parlèrent d'une seule voix.
— Il y avait une pierre bleue derrière l'arbre, je l'ai prise en main, et voilà que je suis dédoublée ! Aide-moi !
— Hum ! Aurai-je omis de te préciser la nature magique de ces lieux, mon ange ?
— Oui ! répondirent simultanément deux voix parfaitement synchronisées.
— Mes amis, soyez prudents, des événements quasi surnaturels ont déjà eu lieu sur cette colline, indiqua Hervé à la cantonade.
— Hervé ! Tu te moques de nous ! s'offusqua Vincent.
— Oui, un peu. Je vous présente Véronique, la sœur jumelle de Julie, mais cette dernière précision était inutile car vous aviez déjà deviné leur lien de parenté. C'est aussi elle qui s'est occupée de conduire ma voiture jusqu'ici pour apporter le ravitaillement.
Les jumelles cessèrent leur jeu qu'elles n'auraient pas pu poursuivre très longtemps. Julie présenta tous les cyclistes à sa sœur, et tous se déclarèrent ravis de faire la connaissance de Véronique. Elle expliqua rapidement la raison pour laquelle Julie ne leur avait jamais mentionné son existence et pourquoi elles avaient décidé de ne plus se cacher. Lucie précisa que leur ressemblance était telle qu'il lui était impossible de savoir de façon certaine laquelle était Julie. Pour éviter les confusions, les jumelles retirèrent leurs t-shirts blancs qu'elles avaient revêtus dans le seul but de copier leur apparence vestimentaire pour leur présenter Véronique d'une manière originale.
— En casaque bleue, c'est Julie, précisa Hervé. En rouge, Véronique.
— Ok, la fille bleue, c'est Julie, la rouge, Véronique, répéta plusieurs fois Julien pour lui-même.
— Dis-moi Hervé, tu as prévu un truc spécial ou pas ? demanda discrètement Valérie.
— Juste une randonnée, un bivouac pour que Véronique fasse votre connaissance. Ensuite, un retour ici même en début d'après-midi et le reste à vélo jusqu'à notre point de départ. Tu attendais autre chose ?
— Non, non… je posais la question par simple curiosité.
Romain lança un clin d'œil à peine discret à l'attention d'Hervé, accompagné d'un large sourire entendu, afin de lui faire comprendre qu'il était persuadé qu'il se tapait les deux sœurs. Hervé ne répondit pas directement, il s'attendait à ce genre de réaction, car Julie et Véronique l'avaient mis en garde. Elles avaient beaucoup insisté pour que leurs galipettes à trois restent privées afin de ne pas alimenter les fantasmes qui ne manqueraient pas de naitre dès lors qu'elles se seraient montrées ensemble.
Julien, quant à lui, se promit de ne plus être aussi empressé auprès de Véronique qu'il l'avait été envers sa jumelle, mais aussi de la belle Elsa qui l'avait très vite envoyé sur les roses. Le bonheur affiché par Julie l'avait dans un premier temps rendu jaloux, mais ensuite, il l'avait forcé à se remettre en question et à reconsidérer sa manière de voir les femmes, de plus les écouter. Véronique ne le connaissant pas comme les autres femmes du groupe, il se considérait comme neuf à ses yeux et sa réputation ternie ne pourrait lui desservir. La séduire sans artifice, voilà un challenge qui le placerait à la même hauteur qu'Hervé s'il y parvenait. Puisqu'il avait réussi à séduire l'une des jumelles, Julien décida de copier l'attitude d'Hervé afin de charmer la seconde.
Hervé sortit les sacs à dos du coffre de sa voiture et les remit à leurs propriétaires respectifs. Christophe, Romain et lui-même avaient ceux les plus lourds contenant une grande partie du ravitaillement. Pascal et Julien se chargèrent de deux tentes chacun, tandis que Vincent et Rémy transportèrent les deux autres. Une fois les sacs répartis, il ouvrit la marche en compagnie de Julien. Le groupe, compact au départ, s'étira au fil des hectomètres parcourus en suivant des chemins de débardage. A chaque fois qu'ils devaient changer de voie, les organisateurs attendirent que les derniers les aient rejoints. Arrivé à mi-chemin, Hervé fit une pause et leur montra leur but : un château médiéval abandonné, mais en assez bon état général.
— Mais c'est loin ! s'exclama Ludivine.
— Et nous devrons grimper encore, compléta Rémy. Mais je pense que sur place, on doit avoir une belle vue, non ?
— C'est exact, confirma Hervé, mais uniquement sur le nord et l'est. Il y a un autre château tout en haut de la colline, mais il est en moins bon état et l'accès est plus délicat.
— Celui-ci ira très bien, déclara Vincent. On fait une petite pause ?
Hervé accorda le temps de repos attendu par beaucoup. Les jumelles, qui avaient déjà bénéficié d'une escorte sur la totalité du trajet, furent entourées, interrogées sur leur ressemblance physique, leurs occupations et leurs loisirs. Véronique apprécia que personne ne pose la moindre question déplacée ou trop personnelle. Pourtant, elle connaissait parfaitement les pratiques intimes du groupe, Julie l'avait mise au parfum avant qu'elle accepte de participer. Les seuls sujets que les deux sœurs avaient décidé de garder secrets étaient la liaison entre Hervé et Véronique et le métier de cette dernière, qu'elle préférait ne pas dévoiler dans l'immédiat.
Après la pause, la randonnée reprit. Ils délaissèrent les chemins forestiers et empruntèrent un sentier ne leur permettant plus de cheminer de front. Hervé, en tête de la procession, ouvrait la voie et Julien fermait la file. La piste tortueuse et parfois peu marquée serpentait entre les arbres et les amas rocheux avec des dénivellations quelques fois assez importantes. L'effort fourni pour l'ascension calma très vite les discussions poursuivies. Après quarante-cinq minutes de marche, ils arrivèrent sur un plateau sur lequel était construit le château qui protégeait tout un côté de cette petite montagne. Ils s'installèrent sur une zone peu boisée et relativement plane, à une centaine de mètres des premières fortifications.
— Voilà, nous allons nous installer ici, expliqua Hervé en déposant son sac au sol.
— Je suis claquée ! annonça Véronique en déposant le sien à côté.
— Moi aussi, déclara Valérie. Je ne pensais pas que ce serait aussi fatiguant de marcher dans la forêt.
— Pas fâché d'arriver non plus, indiqua Julien. C'est quoi ce château ?
— Une construction ancienne, abandonnée dans son utilisation initiale depuis longtemps, mais qui a été relativement bien entretenue, ce qui explique le peu de ruines.
— Il a un nom ce château ? demanda Romain.
— Ce n'est pas réellement un château du Moyen Âge, mais une construction purement militaire. C'est une caserne fortifiée qui servait à la fois d'avant-poste de garde et de fortification défensive pour détecter et repousser des attaques provenant de tout le flanc nord-est.
— Et le château qui est plus haut dont tu nous as parlé plus tôt ? demanda Rémy.
— Il est bien plus important et moins visible, car une grande partie est souterraine.
— On est bien sur une des collines des douze moines, non ?
— Exact, Natacha. Nous sommes sur la plus haute.
— Excuse-moi Hervé, mais on a faim. Tu peux nous raconter ça une fois qu'on aura mangé ? Il est déjà treize heures passées, les autres, je ne sais pas, mais moi, je suis à plat. La montée jusqu'ici m'a coupé les jambes.
— D'accord Vincent. Venez, il y a un petit cours d'eau plus loin pour nous laver les mains.
Le ruisseau n'était ni large ni profond et n'avait pas un gros débit, mais l'eau claire qui y coulait rafraichit les visages et fit disparaitre quelques traces de transpiration. Tandis qu'une équipe préparait le pique-nique, une autre détermina plusieurs endroits pour y installer les couchages. Installé à même le sol, tout le groupe dégusta avec un grand appétit les salades préparées la veille et les sandwichs confectionnés sur place. Quelques fruits accompagnés de gâteaux secs constituèrent le dessert. Un thermos de café et un autre contenant de l'eau chaude permirent de clore ce repas tranquillement.
— Encore, murmura-t-elle d'une voix partiellement endormie. Encore des bisous, des papouilles partout, longtemps.
Hervé accentua la pression de ses lèvres tout en resserrant ses bras, comme pour l'attirer encore plus vers lui. Elle répondit en lui embrassant l'épaule qui lui avait servi d'oreiller une bonne partie de la nuit. Elle aussi resserra l'emprise de ses bras, et glissa quelques baisers dans le cou d'Hervé. Comme toujours, ces caresses exquises pour lui, provoquèrent des frissons de plaisir que Julie se plut à augmenter, transformant alors ses bisous en petits suçons de plus en plus rapides. Complètement sortis des brumes de la nuit, les amants se bécotèrent longuement jusqu'à ce qu'Hervé ne puisse plus retenir la pression de sa vessie. Ils se levèrent et passèrent chacun leur tour aux toilettes, puis se douchèrent ensemble. Tandis que l'eau coulait sur leurs corps, ils s'excitèrent à nouveau, profitant de ce samedi dépourvu de toute obligation de quelque sorte. Ils avaient décidé la veille de ne rien prévoir, de vivre sans se préoccuper de quoi que ce soit durant tout un week-end. Ils mangeraient quand ils auraient faim, dormiraient lorsque la fatigue se ferait sentir, tels les premiers êtres humains primitifs, et bien sûr s'aimeraient sans compter. Tout juste sortie de la douche, Julie s'agenouilla devant Hervé qui se séchait les cheveux avec une serviette. La langoureuse fellation se prolongea au-delà du temps nécessaire pour qu'Hervé soit sec. Il interrompit pourtant cette douce action pour sécher son ange qu'il tamponna délicatement avec une serviette jusqu'au moindre recoin. Il couvrit ensuite son corps de caresses sensuelles sous prétexte de vérifier s'il n'aurait pas oublié une goutte d'eau quelque part.
— Viens mon chou, on n'a pas assez de place ici…
Julie précéda son homme dans le couloir et, bien que cela ne soit pas nécessaire, exagéra son déhanché pour l'exciter davantage. Dans le salon, elle se pencha par-dessus le dossier du canapé pour arranger les coussins qui n'en avaient nul besoin, lui exposant ainsi ostensiblement son postérieur. Hervé ne résista pas à cet appel. Il posa ses larges mains sur les fesses et plongea son visage entre elles. Il étira sa langue qui s'engouffra très vite entre les lèvres intimes qui n'attendaient rien d'autre et s'ouvrirent dans une de ces invitations qu'il est difficile à refuser.
— Oui mon chou ! Continue ! J'adore quand tu me broutes.
Hervé répondit en accentuant son action, se délecta longuement de l'intimité que son ange lui offrait ainsi que de ses petits cris de plaisir. Plus elle ronronnait sous sa langue et ses mains, plus il avait envie de lui en donner. Leur position n'étant pas des plus confortables, il la coucha sur le dos en travers du canapé, les fesses surélevées par le large accoudoir et s'agenouilla entre ses jambes pour reprendre sa dégustation. Julie l'encouragea en posant ses pieds sur les épaules d'Hervé. Ainsi, elle était plus à l'aise sans pour autant le repousser et profita simplement du moment. Les mains qui caressaient ses cuisses se faisaient tantôt délicates, tantôt plus fermes, mais jamais rudes ni désagréables. Cette langue agile, archet passant de corde en corde, vive ou délicate, lente puis rapide, joua de toutes les zones qui la faisaient vibrer aussi bien qu'un violoniste l'aurait fait de son instrument. Chaque fois que son corps se tendait à l'approche de l'extase, Hervé changeait sa manière de faire, pour quelques instants plus tard, le faire revenir encore plus puissant jusqu'à l'estocade finale. Une puissante onde de plaisir envahit le corps de Julie, ses jambes se tendirent brusquement tandis que ses mains agrippaient ce qui se trouvait à leur portée durant les longues contractions désordonnées provoquées par sa jouissance. Une fois Julie calmée, Hervé vint la câliner en silence, lui laissant le temps pour émerger.
Ils installèrent un matelas sous l'ombre protectrice des arbres et s'y installèrent pour profiter juste l'un de l'autre.
— Hervé, j'ai envie d'une promenade en forêt. Qu'en dis-tu ?
— Avec plaisir.
— Et d'un bivouac nocturne aussi. J'avais beaucoup aimé la balade pour aller dans la grotte et la nuit que l'on y a passée. Tu veux bien ?
— Bien sûr. Véronique viendra aussi, je suppose ?
— Il peut bien y avoir la terre entière avec nous, si tu es à côté de moi, je ne demande rien d'autre. Mais si sa présence ne te déplait pas, j'aimerais bien, oui.
— D'accord mon ange, je connais des coins sympa en montagne, ça monte un peu, mais une fois arrivé, il y a de très beaux points de vue sur la vallée.
— La vue, la vallée, c'est bien, mais je n'impose qu'une chose : je veux que tu m'aimes en forêt.
— Mais je t'aime, toujours, partout…
— Non, je veux faire l'amour en forêt, le top, ce serait dans un arbre. Moi Julie, toi Tarzan, tu vois le genre ?
— Tu es sûre ? Il me semblait qu'elle s'appelait Jane.
— Au début, oui. Seulement, depuis que Julie a croisé la route de Tarzan, celui-ci à oublié Jane et ne pense plus qu'à une seule femme.
Hervé serra son ange contre lui, ferma les yeux et pensa à son ancienne vie, avant qu'il ne fasse sa connaissance. Il passait souvent ses week-ends avec ses amis, Jérémy et Gordon, quand il n'était pas pris par ses affaires, mais aussi Bruno. Il était soulagé qu'il soit sorti du coma, malheureusement, malgré les nouvelles rassurantes que donnait régulièrement Elsa, il semblait conserver de très lourdes séquelles. Il ne pouvait pas s'empêcher de vivre et encore moins d'aimer Julie, mais parfois, il s'en voulait de profiter ainsi de la vie, tandis que Bruno était privé de beaucoup trop de choses depuis son agression.
— Tu penses que l'on pourrait faire cette balade samedi prochain ?
— Oui, répondit Hervé après un long silence.
— Toi, tu pensais encore à Bruno, hein ?
— Oui. On dirait que tu sais lire dans mes pensées.
— Oh, ce n'était pas difficile à deviner, et puis tu sais, je pense aussi beaucoup à lui. J'ai été si heureuse quand tu m'as appris qu'il était réveillé. Ce n'est pas juste ce qui lui est arrivé.
— Une partie de l'injustice a été réparée. Grâce à Jérémy, la police a retrouvé et arrêté ses agresseurs.
— Ce n'est qu'une piètre consolation… Et Elsa a fait beaucoup pour lui. Je peux te l'avouer à présent : il y a deux semaines, à ma pause de midi, je suis passée dans une église et j'ai allumé deux cierges pour lui. Un de ma part et un de la tienne. Je sais que tu n'es pas croyant, alors je n'ai pas osé te le dire.
— C'est une délicate attention. Je te remercie pour lui. Je ne sais pas si cela a eu un effet, mais dans le doute…
— Tu ne m'en veux pas ?
— D'avoir tenté quelque chose pour Bruno ? Certainement pas mon ange.
— Tu es sûr que cela ne t'ennuie pas que Véronique vienne faire la balade avec nous ?
— Mais non, j'aime beaucoup ta sœur, tu le sais.
— Elle doit t'agacer parfois, non ?
— Au début, oui, un peu, mais j'ai compris qu'elle ne cherche qu'à se protéger, et toi avec. Je ne veux pas vous séparer. J'ai trop souffert de ne pas avoir de frère.
— Comme je suis heureuse de t'avoir rencontré…
— Et moi donc. Jamais je n'aurais osé rêver ce que je vis avec toi, ce que nous vivons ensemble. J'ai même souvent l'impression que tout cela est irréel, trop beau pour être vrai.
Julie embrassa longuement Hervé, comme pour lui prouver son existence charnelle. Il la couvrit de caresses langoureuses et de bisous délicats. Lorsqu'ils furent rassasiés, Hervé revint sur son idée de la promenade.
— Pour la balade, je proposerais bien à Elsa et à Jérémy de nous accompagner, mais elle ne voudra pas quitter le chevet de Bruno et son frère ne la laissera pas seule.
— Ils refuseront, c'est certain, pourtant je suis certaine que ce serait bénéfique pour eux, soupira Julie.
— Toutefois, ce qui serait encore mieux pour eux, c'est que Bruno puisse participer.
— Tu as raison, mon chou.
— En attendant, je vais trouver une randonnée que tu pourras faire sans forcer sur ton genou.
— Arrête un peu de me protéger comme une porcelaine fragile. Mon genou va très bien.
— Pour moi, tu es la chose la plus précieuse au monde.
— Et pour me protéger, tu me mettrais dans un coffre pour m'y laisser moisir ?
— Oh non ! Certainement pas ! Tu serais bien mieux dans une vitrine, et toute nue ! Une fois par mois, je viendrais te rendre visite avec un plumeau pour faire la poussière et ensuite, je ferais payer les visites, plaisanta Hervé.
— Oh ! s'offusqua Julie, sachant pertinemment qu'il n'en pensait pas un mot.
Elle le chatouilla afin de marquer sa fausse désapprobation. Hervé la laissa faire un peu avant de la ceinturer.
— Tu te rends ?
— Jamais ! Mais il se peut que je crie…
— Je comprends. Il arrive parfois que je produise cet effet.
Julie accentua son sourire et se laissa embrasser. Après un long câlin, Hervé sortit ses cartes de la région et prépara la randonnée qu'elle lui avait commandée. Ensemble, ils décidèrent d'inviter quelques-uns de leurs amis à faire cette sortie avec eux.
Dans l'après-midi, ils se rendirent à l'hôpital afin de rendre visite à Bruno et de soutenir Elsa. Elle avait les traits tirés par la fatigue et ces longs après-midis qu'elle avait passés dans cette chambre à parler seule avec Bruno jusqu'à ce qu'il réagisse enfin. Julie lui proposa de prendre le repas avec Hervé et elle, pour le soir même, afin qu'elle se repose un peu, mais comme ils l'avaient anticipé, elle refusa pour rester le plus possible avec son grand loup.
Julie contacta Natacha pour lui proposer de participer à la balade, mais la date fixée correspondait à une sortie vélo programmée. Elle en discuta avec Hervé et ils décidèrent de coupler les deux activités. Ils rejoindraient le point de départ à vélo et le reste se ferait à pied. Hervé, informé de la liste des participants, se procura dans la semaine des tentes et tout le nécessaire pour un bivouac de groupe.
Le jour du départ arriva vite entre tout ce que chacun devait organiser. La veille, le ravitaillement occupa une grande place dans le frigo d'Hervé. Véronique qui était déjà arrivée dans l'après-midi resta hors de vue de chaque personne qui apportait sa participation ou son duvet. De bon matin le samedi, Julie se rendit sur le parking du point de départ accompagnée d'Hervé, tous deux sur des bicyclettes flambant neuves. Cette arrivée suscita les interrogations sur la participation du nouveau venu ainsi que sur l'intendance de la randonnée. Il rassura les autres participants en indiquant que tout était organisé et qu'ils retrouveraient le ravitaillement au point prévu.
Le départ ne souffrit d'aucun retard et le groupe habituel, auquel ne manquait que Katia, pédala de bon cœur dans la fraîcheur de la matinée. Julien prit la tête du groupe, avec sur un support fixé au guidon, la carte qu'il avait établie en compagnie d'Hervé pour rejoindre le point de départ de la randonnée. Durant le trajet, tous les participants du groupe accompagnèrent à tour de rôle Julie. Chacun voulait s'assurer qu'elle n'avait pas conservé de séquelles de sa chute et aussi discuter un peu avec elle et son homme. Ils encouragèrent Hervé qui, n'ayant pas l'entrainement du reste du groupe, donna le premier des signes de fatigue de plus en plus fréquents, car à mesure qu'ils avançaient, les côtes devenaient plus nombreuses et plus rudes.
Lorsque Julien s'arrêta enfin à l'embranchement d'un chemin s'enfonçant dans la forêt, les cyclistes posèrent pied à terre avec enthousiasme. Quelques-uns ne cachèrent pas une certaine inquiétude, car il n'y avait pas la moindre voiture en vue et les estomacs, vidés par les efforts déployés, commençaient à réclamer leurs dus.
— C'est bien ce chemin-là, Hervé ? demanda Julien.
— Oui, c'est ici. On va continuer sur deux ou trois kilomètres en pédalant. On arrivera sur une clairière. Ma voiture et tout son contenu nous y attendent.
— Le chemin a l'air pratiquable. On y va ? demanda Vincent.
— Allez ! décida Julien. En route ! Hervé, tu passes devant, je ferme la marche.
Le peloton se mit en marche à une allure bien plus réduite. Tous en file indienne, leur attention focalisée sur les trous et irrégularités du chemin. La clairière fut rapidement atteinte. Une voiture garée sur le côté semblait les attendre. Hervé tira la clé de son véhicule de sa poche et ouvrit le coffre. Il en sortit une longue chaine et plusieurs cadenas.
— Voilà, nous allons attacher nos vélos aux arbres pour être certains de les retrouver demain.
Tandis qu'ils sécurisaient leurs montures, Julie enfila un t-shirt blanc, puis s'éclipsa sous prétexte d'une envie à satisfaire et s'enfonça un peu dans la forêt à l'opposé du groupe.
— Fais attention aux chevreuils ! lui cria Valérie.
— Prends aussi garde aux ours ! renchérit Christophe.
— Hervé, tu devrais aller la surveiller pour que les sept nains ne te kidnappent pas ton ange !
Le groupe rit de bon cœur à la blague de Romain. Les rires stoppèrent d'eux-mêmes et laissèrent la place à des murmures de stupéfaction lorsqu'ils virent Julie revenir avec sa jumelle. Elles se précipitèrent vers Hervé et parlèrent d'une seule voix.
— Il y avait une pierre bleue derrière l'arbre, je l'ai prise en main, et voilà que je suis dédoublée ! Aide-moi !
— Hum ! Aurai-je omis de te préciser la nature magique de ces lieux, mon ange ?
— Oui ! répondirent simultanément deux voix parfaitement synchronisées.
— Mes amis, soyez prudents, des événements quasi surnaturels ont déjà eu lieu sur cette colline, indiqua Hervé à la cantonade.
— Hervé ! Tu te moques de nous ! s'offusqua Vincent.
— Oui, un peu. Je vous présente Véronique, la sœur jumelle de Julie, mais cette dernière précision était inutile car vous aviez déjà deviné leur lien de parenté. C'est aussi elle qui s'est occupée de conduire ma voiture jusqu'ici pour apporter le ravitaillement.
Les jumelles cessèrent leur jeu qu'elles n'auraient pas pu poursuivre très longtemps. Julie présenta tous les cyclistes à sa sœur, et tous se déclarèrent ravis de faire la connaissance de Véronique. Elle expliqua rapidement la raison pour laquelle Julie ne leur avait jamais mentionné son existence et pourquoi elles avaient décidé de ne plus se cacher. Lucie précisa que leur ressemblance était telle qu'il lui était impossible de savoir de façon certaine laquelle était Julie. Pour éviter les confusions, les jumelles retirèrent leurs t-shirts blancs qu'elles avaient revêtus dans le seul but de copier leur apparence vestimentaire pour leur présenter Véronique d'une manière originale.
— En casaque bleue, c'est Julie, précisa Hervé. En rouge, Véronique.
— Ok, la fille bleue, c'est Julie, la rouge, Véronique, répéta plusieurs fois Julien pour lui-même.
— Dis-moi Hervé, tu as prévu un truc spécial ou pas ? demanda discrètement Valérie.
— Juste une randonnée, un bivouac pour que Véronique fasse votre connaissance. Ensuite, un retour ici même en début d'après-midi et le reste à vélo jusqu'à notre point de départ. Tu attendais autre chose ?
— Non, non… je posais la question par simple curiosité.
Romain lança un clin d'œil à peine discret à l'attention d'Hervé, accompagné d'un large sourire entendu, afin de lui faire comprendre qu'il était persuadé qu'il se tapait les deux sœurs. Hervé ne répondit pas directement, il s'attendait à ce genre de réaction, car Julie et Véronique l'avaient mis en garde. Elles avaient beaucoup insisté pour que leurs galipettes à trois restent privées afin de ne pas alimenter les fantasmes qui ne manqueraient pas de naitre dès lors qu'elles se seraient montrées ensemble.
Julien, quant à lui, se promit de ne plus être aussi empressé auprès de Véronique qu'il l'avait été envers sa jumelle, mais aussi de la belle Elsa qui l'avait très vite envoyé sur les roses. Le bonheur affiché par Julie l'avait dans un premier temps rendu jaloux, mais ensuite, il l'avait forcé à se remettre en question et à reconsidérer sa manière de voir les femmes, de plus les écouter. Véronique ne le connaissant pas comme les autres femmes du groupe, il se considérait comme neuf à ses yeux et sa réputation ternie ne pourrait lui desservir. La séduire sans artifice, voilà un challenge qui le placerait à la même hauteur qu'Hervé s'il y parvenait. Puisqu'il avait réussi à séduire l'une des jumelles, Julien décida de copier l'attitude d'Hervé afin de charmer la seconde.
Hervé sortit les sacs à dos du coffre de sa voiture et les remit à leurs propriétaires respectifs. Christophe, Romain et lui-même avaient ceux les plus lourds contenant une grande partie du ravitaillement. Pascal et Julien se chargèrent de deux tentes chacun, tandis que Vincent et Rémy transportèrent les deux autres. Une fois les sacs répartis, il ouvrit la marche en compagnie de Julien. Le groupe, compact au départ, s'étira au fil des hectomètres parcourus en suivant des chemins de débardage. A chaque fois qu'ils devaient changer de voie, les organisateurs attendirent que les derniers les aient rejoints. Arrivé à mi-chemin, Hervé fit une pause et leur montra leur but : un château médiéval abandonné, mais en assez bon état général.
— Mais c'est loin ! s'exclama Ludivine.
— Et nous devrons grimper encore, compléta Rémy. Mais je pense que sur place, on doit avoir une belle vue, non ?
— C'est exact, confirma Hervé, mais uniquement sur le nord et l'est. Il y a un autre château tout en haut de la colline, mais il est en moins bon état et l'accès est plus délicat.
— Celui-ci ira très bien, déclara Vincent. On fait une petite pause ?
Hervé accorda le temps de repos attendu par beaucoup. Les jumelles, qui avaient déjà bénéficié d'une escorte sur la totalité du trajet, furent entourées, interrogées sur leur ressemblance physique, leurs occupations et leurs loisirs. Véronique apprécia que personne ne pose la moindre question déplacée ou trop personnelle. Pourtant, elle connaissait parfaitement les pratiques intimes du groupe, Julie l'avait mise au parfum avant qu'elle accepte de participer. Les seuls sujets que les deux sœurs avaient décidé de garder secrets étaient la liaison entre Hervé et Véronique et le métier de cette dernière, qu'elle préférait ne pas dévoiler dans l'immédiat.
Après la pause, la randonnée reprit. Ils délaissèrent les chemins forestiers et empruntèrent un sentier ne leur permettant plus de cheminer de front. Hervé, en tête de la procession, ouvrait la voie et Julien fermait la file. La piste tortueuse et parfois peu marquée serpentait entre les arbres et les amas rocheux avec des dénivellations quelques fois assez importantes. L'effort fourni pour l'ascension calma très vite les discussions poursuivies. Après quarante-cinq minutes de marche, ils arrivèrent sur un plateau sur lequel était construit le château qui protégeait tout un côté de cette petite montagne. Ils s'installèrent sur une zone peu boisée et relativement plane, à une centaine de mètres des premières fortifications.
— Voilà, nous allons nous installer ici, expliqua Hervé en déposant son sac au sol.
— Je suis claquée ! annonça Véronique en déposant le sien à côté.
— Moi aussi, déclara Valérie. Je ne pensais pas que ce serait aussi fatiguant de marcher dans la forêt.
— Pas fâché d'arriver non plus, indiqua Julien. C'est quoi ce château ?
— Une construction ancienne, abandonnée dans son utilisation initiale depuis longtemps, mais qui a été relativement bien entretenue, ce qui explique le peu de ruines.
— Il a un nom ce château ? demanda Romain.
— Ce n'est pas réellement un château du Moyen Âge, mais une construction purement militaire. C'est une caserne fortifiée qui servait à la fois d'avant-poste de garde et de fortification défensive pour détecter et repousser des attaques provenant de tout le flanc nord-est.
— Et le château qui est plus haut dont tu nous as parlé plus tôt ? demanda Rémy.
— Il est bien plus important et moins visible, car une grande partie est souterraine.
— On est bien sur une des collines des douze moines, non ?
— Exact, Natacha. Nous sommes sur la plus haute.
— Excuse-moi Hervé, mais on a faim. Tu peux nous raconter ça une fois qu'on aura mangé ? Il est déjà treize heures passées, les autres, je ne sais pas, mais moi, je suis à plat. La montée jusqu'ici m'a coupé les jambes.
— D'accord Vincent. Venez, il y a un petit cours d'eau plus loin pour nous laver les mains.
Le ruisseau n'était ni large ni profond et n'avait pas un gros débit, mais l'eau claire qui y coulait rafraichit les visages et fit disparaitre quelques traces de transpiration. Tandis qu'une équipe préparait le pique-nique, une autre détermina plusieurs endroits pour y installer les couchages. Installé à même le sol, tout le groupe dégusta avec un grand appétit les salades préparées la veille et les sandwichs confectionnés sur place. Quelques fruits accompagnés de gâteaux secs constituèrent le dessert. Un thermos de café et un autre contenant de l'eau chaude permirent de clore ce repas tranquillement.
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Qui saura la dénicher ?
Bonne écriture
et toujours pas de nouvelles des "Trois inquiétants mousquetaires" snif
Je peux te rassurer pour les mousquetaires, j'avance sur l'écriture, pas vite je te l'accorde.
J'ai lancé cette saga alors que j'avais sans problème du temps pour travailler sur ces deux projets.
Les choses ont changé et j'ai tout juste le temps de faire avancer cette histoire. L'écriture mais surtout les recherches pour rester crédible pour les péripéties qui vont tomber sur le nez de mes personnages me prennent du temps, car je veux une qualité d'écriture...
Alors, oui je vous fais attendre, pour mieux publier plus rapidement les chapitres quand ils seront tous terminés.
Merci encore pour ta patience.
Cela va t'il de nouveau jouer a des jeux défendus dans le château peut être
Merci Mandrake je ne t'envoie pas toujours des commentaires mais je lis toujours ton senario
Tu commences a me connaitre on dirait, j'adore quand mes lecteurs tentent de deviner la suite des événements. Et comme de mon côté, j'adore vous surprendre, la suite pourrait être... non non non, je ne dirai rien maintenant.
Merci @Didomorsay pour tes retours et lectures régulières, a très bientôt pour la suite.
Cela va t'il de nouveau jouer a des jeux défendus dans le château peut être
Merci Mandrake je ne t'envoie pas toujours des commentaires mais je lis toujours ton senario
Ce chapitre est une belle parenthèse.
J'avais quelques craintes aussi que ce petit saut dans le temps soit mal compris, mais j'ai des lecteurs de première classe. Cette ratenpèse... rentapaise... pentarai... enfin cet intermède tiendra quelques chapitres quand même...
Merci à vous tous.
Je vous donne rendez-vous très prochainement pour la suite
Merci beaucoup @solo13.
Il est vrai que je prends mon temps pour écrire car je ne veux pas céder à la facilité, je te remercie de le souligner.
Je suis très heureux de voir à quel point tu apprécies cette histoire que j'aurais pu appeler "Conséquences d'un passage de chevreuils" selon la théorie du battement d'aile d'un papillon qui ....
L'attente n'est pas importante si c'est pour obtenir une telle qualité.
Que de péripéties et de rebondissements depuis ce fameux retour d'une partie de billard !
Enfin un nouveau chapitre où on retrouve une partie du groupe.
Je te félicite d'avoir repris l'histoire dans un ordre logique, l'avancée du cas "Bruno" ayant été traitée en une seule fois. Julien aurait-il compris et changé sa manière de considérer les femmes ? Véronique n'ayant pas du tout le même caractère que sa sœur, il a un vrai défi devant lui. Je lui souhaite de parvenir à la séduire.
Merci pour cette escapade qui nous permet de nous évader.
L'histoire revient un peu sur le reste du groupe, géographiquement assez loin du couple Bruno/Elsa. Ils reviendront dans quelques chapitres.
@solo13, je te remercie de m'avoir laissé ce commentaire. Je sais que l'attente peu être longue pour les lecteurs, mais j'ai été pas mal occupé par d'autres activités depuis quelques mois.
Il semble que les leçons qu'Herve a donné à Julien commence à lui faire changer sa façon d'aborder les filles, le gros lourdaud semble avoir disparu.
Julien comprend vite, il faut juste lui expliquer longtemps...
Merci pour ce commentaire.