Une chute de vélo
Chapitre 70 · Le secret des larmes
Couverture de Une chute de vélo, par Mandrakke Une chute de vélo Chapitre 1 · La chute Chapitre 2 · Retour de l'hôpital Chapitre 3 · Première soirée Chapitre 4 · Première nuit Chapitre 5 · Chez Hervé Chapitre 6 · Retour avancé Chapitre 7 · Katia Chapitre 8 · Visite nocturne Chapitre 9 · La déclaration Chapitre 10 · L'explication Chapitre 11 · Epilation Chapitre 12 · La soirée Chapitre 13 · Le parcours 1/2 Chapitre 14 · Le parcours 2/2 Chapitre 15 · La surprise pour Hervé 1/3 Chapitre 16 · La surprise pour Hervé 2/3 Chapitre 17 · La surprise pour Hervé 3/3 Chapitre 18 · Doutes et certitudes Chapitre 19 · Le Grand Ordre Chapitre 20 · Les larmes d’Hervé Chapitre 21 · Gordon Chapitre 22 · Soirée électrique Chapitre 23 · Révélation orageuse Chapitre 24 · Une nuit agitée Chapitre 25 · Gaffes accidentelles Chapitre 26 · Enquête et interrogatoires Chapitre 27 · Reprises en main Chapitre 28 · Une réaction incontrôlée Chapitre 29 · In extrémis Chapitre 30 · Tracasseries Chapitre 31 · Le grand loup Chapitre 32 · Merveilleuses soirées Chapitre 33 · Encore un tour Chapitre 34 · Un bien mauvais sort Chapitre 35 · Dans la grotte d’Hervé Chapitre 36 · Déplacement professionnel Chapitre 37 · Cauchemar hôtelier Chapitre 38 · Retournement de situation Chapitre 39 · Jeux dangereux Chapitre 40 · Dualité trompeuse Chapitre 41 · Mise au point Chapitre 42 · Confidences Chapitre 43 · Sur la route du plaisir Chapitre 44 · Pris en flagrant délit Chapitre 45 · Qui perd gagne Chapitre 46 · Triple duel au soleil Chapitre 47 · Surprises croisées Chapitre 48 · Câlin du matin Chapitre 49 · Femmes aux commandes Chapitre 50 · Service de nuit Chapitre 51 · Alarmantes nouvelles Chapitre 52 · Rapport de visite Chapitre 53 · En quête d’espoir Chapitre 54 · Le feu de l’amour Chapitre 55 · Une charmante princesse Chapitre 56 · Les larmes du diable Chapitre 57 · Balade en forêt Chapitre 58 · La légende des douze moines Chapitre 59 · Trois drôles de dames Chapitre 60 · Une nuit enflammée Chapitre 61 · Pris au piège Chapitre 62 · Les amants enflammés Chapitre 63 · Le donjon du mystère Chapitre 64 · Nouveaux désirs Chapitre 65 · Disparition Chapitre 66 · Jeux de mains Chapitre 67 · Réactions en chaîne Chapitre 68 · Images subliminales Chapitre 69 · Piège aux Larmes Chapitre 70 · Le secret des larmes
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Une chute de vélo — Chapitre 70 · Le secret des larmes

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Une chute de vélo

Chapitre 70 · Le secret des larmes

           Bruno regarda sa poitrine, reporta ses yeux sur sa princesse, comme s'il voulait la regarder une dernière fois, haussa légèrement les épaules, puis, vidé de ses forces, tomba la tête la première dans le bassin. Elsa hurla son nom, tout en se précipitant dans l'eau. Jérémy courut aider sa sœur sous les ricanements diaboliques du curé. Angèle, la victime du prêtre, ne bougea pas d'un pouce, horrifiée par ce qu'elle venait de voir.
Elsa n'eut besoin que d'une dizaine de secondes pour arriver auprès de son grand loup. Elle le retourna immédiatement pour lui maintenir la tête hors de l'eau tout en l'entrainant vers la berge. Alors qu'elle avait tout juste parcouru deux mètres, un bouillonnement très intense se produisit autour d'eux. Quelques secondes plus tard, Bruno retira lui-même le poignard de sa poitrine, se redressa et, d'un geste brusque, en brisa la lame contre un rocher à côté de lui. Elsa lui ouvrit la chemise en arrachant les boutons. Le tissu était déjà redevenu d'un blanc immaculé. Sur le torse recouvert d'une pilosité renaissante, plus aucune trace de blessure n'était visible. Le curé, constatant lui aussi le phénomène, cessa alors de rire en écarquillant les yeux. Elsa lui lança un regard noir, si dur, que le prêtre, impressionné, recula d'un pas sur son perchoir.
— Vous ! hurla Elsa en le désignant d'un doigt. Ne vous approchez plus jamais, ni de moi ni de lui !
            Le père Manuel n'eut pas le loisir de répondre à la vétérinaire, car entre elle et lui, l'eau se mit à fumer, générant un rideau de vapeur très dense. Sur la rive, Angèle, comme hypnotisée par le voile opaque, tenait son visage entre ses mains. Dans l'eau, à mi-distance entre la rive et la pierre des sacrifices, Elsa, Bruno et Jérémy ne comprenaient pas plus qu'elle la nature de ce phénomène. Jérémy, très inquiet de la tournure des événements, incita ses compagnons à sortir de l'eau le plus rapidement possible. Bruno serrait sa princesse contre lui, mais elle ne bougeait pas, son regard toujours dirigé vers la pierre, désormais masquée par la vapeur d'eau.
— Sortez vite de là ! cria Jérémy une fois en sécurité sur la berge.
            Il avait tout juste achevé sa phrase que, depuis la zone qui produisait de la vapeur, une énorme colonne d'eau s'éleva dans les airs comme un geyser et retomba sur la pierre des sacrifices. Le curé hurla de douleur. Un long cri, un seul, suivi d'un bruit sourd, et qui laissa la place à un lourd silence. Toute la vie de la forêt semblait s'être dissipée et l'on n'entendait plus le moindre chant d'oiseau, seul le bruissement de la cascade était toujours perceptible. Le vent léger dissipa rapidement le rideau de vapeur, révélant un corps allongé sur la pierre.
— MANUEL ! NON ! 
            Angèle se précipita auprès du malheureux au mépris de la plus élémentaire prudence. 
— Il est brûlé ! Aidez-moi ! implora-t-elle.
            Elsa s'avança prudemment dans l'eau qui n'était guère plus chaude qu'habituellement, escortée par Bruno qui ne la quittait pas d'un pouce. À son arrivée sur la pierre, elle constata que le curé, bien qu'inconscient, était encore vivant, mais qu'il présentait toutes les caractéristiques d'une personne ébouillantée. Elle l'examina rapidement et déclara qu'il devait être conduit à l'hôpital le plus proche sans tarder.
— Vous, commanda-t-elle à Angèle, étendez-moi les soutanes, nous allons les utiliser comme un brancard, car il faut éviter de toucher ses plaies.
— Tu ne veux pas plutôt aller chercher des secours ? demanda Jérémy.
— Cela prendrait trop de temps, il faut le transporter dans un hôpital au plus vite.
— Mais il voulait te faire du mal, et il a poignardé Bruno ! 
— Jérémy, cesse de discuter et viens nous aider à le transporter, je ne pourrai pas le sauver toute seule.
— On ne peut pas l'emmener à l'hôpital avec ces sous-vêtements de dentelle, affirma Angèle. Je vais les lui retirer.
— NON ! Surtout pas, vous allez aggraver ses blessures !
— Mais que vont dire les gens ?
— Rien du tout, les médecins sont tenus au secret professionnel. Ils sont là pour soigner, pas pour juger. Jérémy, dès que nous aurons traversé, tu iras chercher la voiture pour l'approcher au plus près. 
— On peut prendre celle de Manuel, si cela peut le sauver, proposa Angèle.
— Où est-elle ? demanda Elsa.
— Cachée à une centaine de mètres au-dessous de l'œil de Belzebuth, derrière le gros rocher après le lacet.
Jérémy rejoignit sa sœur, et avec l'aide de Bruno soulevèrent le prêtre tandis qu'Elsa et Angèle installaient le brancard de fortune sous le malheureux, toujours inconscient. Ils allongèrent la victime sur les robes de bure dont ils se répartirent chacun un coin. Pour le transporter sur la berge, les deux femmes se chargèrent des jambes et les garçons des épaules. En descendant le blessé de la roche centrale, l'une de ses mains glissa et trempa dans l'eau. Quelques bulles se formèrent autour, ce qui alerta Angèle, déjà très inquiète pour Manuel. En utilisant son genou, Elsa repositionna la main du blessé sur la civière improvisée.
— Attendez ! Sa main est comme guérie !
— Quoi ? demanda Jérémy. 
— Sa main a glissé dans l'eau, il y a eu des bulles, et on dirait que les brûlures ont disparu, expliqua Elsa.
— Tu en es certaine ?
— Non. Mais on va tester avec les pieds. Angèle, laissez-le descendre lentement et tenez-vous prête à le sortir si besoin.
L'opération ne prit pas beaucoup de temps, mais comme pour Bruno, les jambes ressortirent comme neuves.
— Que fait-on ? demanda Elsa. On tente une guérison miraculeuse ?
— Oui ! répondit Angèle sans hésiter une seconde.
— Ok, on immerge tout sauf la tête, précisa Elsa.
— Mais pourquoi ? Il est défiguré, il faut tout guérir !
— Et vous voulez le noyer en même temps ? Une fois que son corps sera guéri, il pourra bloquer sa respiration et plonger sa tête sous l'eau sans risquer la noyade.
— Ah oui, je n'y avais pas pensé.
— Allez ! On y va, commanda Elsa.
— Faites tout doucement, précisa Bruno, ces démangeaisons guérissent, mais sont pires que de se rouler dans une fourmilière.
L'immersion progressive généra pas mal de remous autour du blessé, jusqu'à ce qu'il reprenne conscience et se maintienne de lui-même quelques secondes sous l'eau. Lorsqu'il se redressa, il ne portait plus aucune trace, ni de ses brûlures récentes, ni des anciennes. Angèle se jeta dans ses bras, si fortement qu'elle manqua de le renverser.
— Oh Manuel ! Mon amour ! J'ai eu si peur.
— Que s'est-il passé ? demanda le prêtre. 
Elsa regroupa tout le monde sur la berge. Angèle retira les lambeaux de tissus encore présents sur le curé, puis elle enfila sa soutane après lui avoir tendu la sienne pendant qu'il écoutait le récit de sa guérison. Une fois toute l'affaire expliquée, il se mit à genoux aux pieds d'Elsa et pleura longuement tout en priant. Lorsqu'il releva la tête, il regarda Elsa différemment et lui baisa les mains avec autant de dévotion que si elle avait été une divinité céleste.
— Je suis le dernier des imbéciles, probablement le pire religieux du pays. Je vous dois la vie… 
— Relevez-vous, mon père. 
— Je m'en remets à votre jugement divin et, quelle que soit votre décision, je promets de l'appliquer sans discuter, répondit-il sans bouger.
— Merci d'avoir sauvé le père Manuel, ajouta Angèle. Je ne sais pas ce que je serais devenue sans lui.
— Venez vous asseoir ici, et racontez-nous tout, proposa Jérémy en désignant un tronc d'arbre couché au sol. Une décision d'une telle gravité ne peut être prise à la légère.
— Vous avez raison, viens Angèle, il est temps de confesser nos péchés afin de libérer nos âmes du poids de nos fautes.
Le curé raconta alors toute son histoire, depuis sa sortie du séminaire et son ordination à l'âge de vingt-six ans, au cours de laquelle il fut nommé dans la paroisse voisine de celle qu'il occupait actuellement. C'est là, après quelques mois, qu'il fit la connaissance d'Angèle et d'Emile, son futur époux, lors de la préparation de leur mariage qu'il n'eut pas l'occasion de célébrer. Malheureusement pour Angèle, son futur mari, qui exerçait le métier de couvreur, perdit la vie quelques mois plus tard en tombant d'un toit. Il officia alors pour la cérémonie funèbre et fut touché par le profond chagrin et l'immense solitude de cette jeune femme. De tous les amis et la famille du défunt qui étaient présents, quelques-uns seulement apportèrent du réconfort à la jeune femme qui ne pouvait même pas prétendre à l'appellation de jeune veuve. Durant les jours et les semaines suivantes, il passa régulièrement la voir afin de l'aider à surmonter sa peine et surtout sa solitude. 
Entre ces deux événements marquants de la vie d'Angèle eut lieu le drame des deux jeunes noyés dans le bassin des Larmes du Diable. Angèle, ne pouvant supporter la perte de son futur époux, projeta en secret de venir s'y noyer elle aussi. Manuel devina ses intentions alors qu'un jour elle était introuvable. Il se précipita ici pour éviter une autre tragédie. Il arriva juste à temps pour la voir sauter dans l'eau dont le débit, gonflé par la fonte des neiges, était très fort. Il plongea immédiatement pour la secourir et ressentit instantanément une douleur intense sur le torse. Cependant, il parvint tout de même à tirer la désespérée sur le bord afin de lui éviter de disparaître dans le Trou du Diable duquel rien ne ressort jamais. Le soir, une fois Angèle hors de danger, il regarda sous sa soutane dans le but de déterminer l'origine de cette douleur qu'il avait ressentie et qui le taraudait encore. Il constata que la croix de bois qu'il portait avait marqué sa peau comme l'aurait fait un fer chauffé au rouge. 
— Je ne l'ai pas compris sur le moment, mais le malin était là, tapi dans cette eau à guetter patiemment sa proie. Il a deviné mes intentions et m'a blessé afin de se venger de cette âme qui lui était destinée et dont je venais de le priver. Cette marque fut la première d'une longue série. 
— Tu n'avais aucun moyen de le savoir, Manuel.
— Non Angèle, aucun. Sauf que lorsque je t'ai sauvée, je ressentais déjà pour toi une attirance autre que celle qu'un curé, même jeune, doit avoir pour ses paroissiennes.
— Tout est de ma faute, Manuel.
— Mais non, Angèle. Ne pense pas ça voyons ! Vous voyez, monsieur l'écrivain, c'est exactement comme votre idée de roman. Lorsque vous m'en avez parlé, vous saviez déjà ce qu'il s'était passé ici, n'est-ce pas ?
— Je vous assure que j'ignorais tout de ces faits que je comptais utiliser dans mon roman, répondit Jérémy. Tout cela n'était que le début d'une idée d'écrivain. Je comprends à présent votre réticence…
Angèle se proposa pour soigner la brûlure sur le torse du père Manuel, cependant la vue du corps svelte du jeune prêtre remit les sens de la jeune femme en éveil. Manuel lui redonna l'envie de vivre et surtout d'aimer. Elle appliqua rapidement toute sa séduction possible en direction de sa personne, et un soir de faiblesse, Manuel céda à l'appel de la chair. À la suite de cette nuit d'amour interdit, elle tomba enceinte et une nouvelle marque orna le dos de Manuel. Dans un premier temps, Angèle ne partagea cette information avec personne, pas même avec le prêtre fautif. Toutefois, juste avant que son état ne puisse plus lui permettre de dissimuler la vérité, elle se confessa auprès du père de son futur enfant. Bouleversé par cette annonce, Manuel fondit en larmes.
Angèle pensa au départ qu'il s'agissait de larmes de désespoir. Toutefois, il lui demanda de rentrer chez elle sans lui donner la moindre pénitence. Il la retrouva le lendemain et ensemble, ils décidèrent de mentir aux villageois. Angèle leur expliqua qu'elle attendait un enfant de son futur mari décédé, et pour que personne ne détecte la supercherie, elle partit terminer sa grossesse et accoucher dans une autre ville, de l'autre côté de la frontière. Après quelques mois, elle trafiqua l'acte de naissance et seuls les parents de cet enfant connaissaient la vérité et sa date de naissance réelle. 
Cette séparation physique leur coûta à tous les deux et, à son retour, le prétexte de préparer le baptême de Francisco fut pour eux l'occasion de se revoir sans attirer l'attention. Ils s'aimèrent passionnément, longuement, à chaque fois qu'ils en eurent la possibilité. En public, ils n'étaient qu'une grenouille de bénitier et un curé compatissant, mais en privé, leurs trop rares nuits ensemble n'étaient qu'étreintes charnelles et passionnées. Néanmoins, à l'issue de chaque relation sexuelle, une brûlure supplémentaire orna le corps du curé. 
— Comme nous n'allions plus aux Larmes du Diable, je pensais que ces marques étaient une punition de Dieu et que leur douleur effaçait mes fautes, expliqua le père Manuel. J'ai cédé face aux larmes. Celles d'Angèle m'ont tant ému que j'ai perdu la tête. Je me suis damné, ici même, dans celles de Lucifer en la sauvant de ses griffes.
— Vous avez réagi courageusement en personne responsable. 
— Merci, mademoiselle. Vous ne m'accablez pas, et pourtant je le mérite, car en agissant ainsi, j'ai démoli toute ma vie, empêché Angèle de refaire la sienne et j'aurais pu aussi anéantir la vôtre, monsieur Bruno.
— Vous n'avez rien détruit, mon père, le rassura Bruno.
— Je ne suis pas fier de ce que j'ai fait. J'ai tellement honte de moi, du mal que j'ai fait alors que je suis entré dans les ordres pour faire le bien. Comment pourrais-je me faire pardonner pour ma conduite ?
— Il n'est pas nécessaire d'avoir une bonne conduite pour entrer dans les ordres, mon père. Toutefois, nous allons vous aider, affirma Jérémy, mais avant, poursuivez votre histoire, je vous prie.
Pour rester près d'Angèle, Manuel refusa toutes les propositions de changement d'affectation proposées par ses supérieurs, prétextant qu'il ne supporterait pas de quitter cette région qu'il affectionnait. Mais il ne put décliner le changement de paroisse pour celle, voisine de quelques dizaines de kilomètres, dont il avait la charge actuellement. Cet éloignement leur imposa de se voir moins souvent, mais plus discrètement qu'auparavant. Les amants cachés se donnaient alors parfois rendez-vous sur le lieu de départ de leur idylle interdite, aux Larmes du Diable. Ils devaient s'y retrouver après la messe, le jour de la guérison miraculeuse de Bruno. Tandis qu'ils pensaient disposer seuls des lieux et pouvoir s'aimer sans crainte, ils constatèrent que la place était déjà occupée par la vétérinaire et son grand loup. Angèle et Manuel restèrent cachés et observèrent la totalité du phénomène ainsi que les ébats du couple qui suivirent la guérison. Une fois seuls, Manuel voulut lui aussi tenter de se débarrasser des marques disgracieuses qu'il portait, toutefois rien ne se passa, hormis une envie de sexe si forte, que ni lui ni Angèle ne purent y résister.
— Pourquoi vouliez-vous tuer Bruno ? demanda Elsa.
— Je vous assure que je ne l'ai jamais souhaité. Depuis que j'ai sauvé Angèle de la noyade, le malin a progressivement pris possession de mon corps, je contrôlais de moins en moins mes actes… J'ai presque perdu ma raison, répondit d'une voix tremblotante le père Manuel au bord des larmes. Je devrais brûler en enfer durant plusieurs siècles pour expier ne serait-ce que cette journée… Vous êtes sûrement une sainte ou une émissaire quelconque de mon patron, envoyée ici pour me sauver et me remettre dans le droit chemin.
— Manuel était très gentil quand je l'ai connu. C'est quand nous avons commencé à nous voir en cachette qu'il a changé, qu'il est devenu plus ferme avec les paroissiens. 
— Je ne voulais pas que notre relation soit découverte et qu'Angèle soit mal vue par toute la paroisse.
— Et il a toujours été très respectueux avec moi. Jusqu'à…
— Jusqu'à… quoi ? demanda Jérémy.
— Après votre guérison, nous avons voulu essayer nous-mêmes après votre départ, malheureusement, cela n'a pas fonctionné. Nous avons juste eu une terrible envie… que nous avons assouvie sur la pierre, comme vous durant une partie de la nuit. C'est à partir de ce moment-là que Manuel a commencé à me dire des choses horribles et à me demander d'être obéissante, à son service sexuel.
— Je ne savais pas pourquoi je faisais ces choses, je prononçais des paroles qui me révoltaient, mais que je ne pouvais pas contenir. J'ai été encore plus agressif avec les autres à partir de là, particulièrement avec vous deux, s'excusa le curé en regardant Elsa et Bruno.
— Avez-vous encore cette rage contre nous ? demanda Bruno.
— Non, je ne vous chercherai plus d'ennuis. Je ne suis plus possédé par le démon, cette guérison m'a aussi libéré de lui. Je promets de ne plus jamais revenir ici.
— Très bien, déclara Jérémy. C'est bien joli tout ça, mais que fait-on à présent ?
— S'il vous plait, implora Angèle, ne dites rien à mon petit Francisco, il se croit orphelin…
— Je n'ai pas pu m'en occuper comme d'un père de famille, mais je vous assure que j'ai toujours été là pour lui.
— Ça, c'est vrai, Manuel… Tu as toujours été présent quand cela s'est avéré nécessaire, il ne lui a manqué que les câlins de son père.
— Et moi, l'amour d'un fils…
— Comprenez-nous, je n'ai pas pu résister. Je n'avais plus de parents, plus de famille, je devais me marier et Emile est tombé de ce toit… 
— J'étais si jeune, elle était si belle, si perdue, si désemparée. Je n'étais pas assez préparé à résister à la tentation…
— Je comprends, témoigna Bruno. Moi-même, je n'ai pas pu résister au charme d'Elsa. De plus, je n'ai jamais compris pourquoi vous, les religieux, vous n'avez pas droit aux femmes.
— Tu sais, déclara Jérémy, une femme, c'est déjà la peste, mais alors, quand elle est belle, c'est le choléra !
— Veux-tu bien te taire, sermonna Elsa.
— Oui, renchérit Bruno, tu ne peux pas comprendre toi, tu n'as jamais été père !
— Ah non ! Car pour avoir un gosse, il faut déjà supporter la mère avant, pendant et après !
— Mon père, reprit Elsa en ignorant le sarcasme de son frère, êtes-vous heureux de vivre ainsi cachés avec Angèle ? Aimeriez-vous pouvoir dire à Francisco que c'est vous, son vrai père ?
— C'est une question difficile. Je me la suis posée tant de fois sans jamais trouver la réponse. Pour la rendre heureuse, j'aurais dû quitter l'église. Mais, c'eut été me trahir, moi, mes engagements, mes promesses, ma foi. Et puis à présent, si la vérité éclate, comment Francisco va-t-il réagir ? Je ne veux pas lui faire de mal.
— Je comprends, dit Elsa, j'ai souvent eu envie de dire à Bruno que je voulais vivre avec lui, mais je n'ai pas eu le courage ni de lui demander de tout quitter pour venir ici, ni moi de tout plaquer pour le rejoindre.
— Mon père, poursuivit Bruno, j'ai plus que tout envie de rendre Elsa heureuse, et pour cela, je suis prêt à faire de nombreux sacrifices. Je peux changer de travail, de région, me couper de mes amis en déménageant, vendre ma maison ou que sais-je encore. Mais comparés à son sourire, son bonheur, ces sacrifices ne sont rien pour moi. 
— Mais tu n'es pas obligé de donner ta vie pour moi. Pourquoi as-tu pris de tels risques ? Ce couteau planté dans ta poitrine, jamais je ne pourrai l'oublier.
— Je n'ai pris aucun risque.
— Comment cela ? Tu te moques de moi !
— D'accord, j'ai pris un risque mesuré, car j'étais certain que si j'étais blessé, la source me guérirait.
— Et si cela n'avait pas fonctionné ? Elle n'a rien fait pour le père Manuel quand il a voulu se débarrasser de ses brûlures faites par la croix.
— Mes enfants, je peux affirmer que les larmes du diable n'ont jamais été bénéfiques pour qui que ce soit jusqu'à vous, jeune homme… et pour moi aussi. À ma connaissance, nous sommes les deux seules personnes à avoir bénéficié d'un tel miracle, car je ne vois pas d'autre explication.
— Mais pourquoi dire à tout le monde que ce lieu est maléfique ? demanda Bruno.
— Nous nous y retrouvions régulièrement, expliqua Angèle, nous voulions y être seuls, pour ne plus nous aimer uniquement dans le secret d'une vieille ferme, froide, sans âme, avec le risque que Francisco nous surprenne. 
— Mais au lieu de cela, je suis devenu prisonnier de ce mensonge, emporté par lui, tel un fétu de paille dans une tempête, et finalement le Diable a pris possession de mon cœur, de mon corps et de mon âme.
Jérémy réfléchissait en silence durant toute la confession des amants. Calmement, il tira son Opinel de sa poche, releva son pantalon et s'entailla le mollet.
— Mais Jérémy ? Que fais-tu ? Tu deviens fou ? 
— Sœurette, nous devons savoir quelle est la cause de ces guérisons.
Il se leva et trempa sa jambe dans l'eau jusqu'au genou. Tous observèrent la fine ligne rouge à travers la clarté de l'eau avec la plus grande attention. Il n'y eut aucune manifestation miraculeuse, et la plaie peu importante resta ouverte.
— Bon ! Ça suffit ! se fâcha Elsa. Reviens avant que cela ne s'infecte !
— Attends, il faut peut-être patienter un peu pour que cela agisse.
— Mais ce n'est pas possible ! Je suis entourée de gamins !
Elsa entra dans l'eau, saisit la main de son frère pour le tirer sur la berge. Mais à ce moment-là, une légère mousse blanche se forma sur le mollet de Jérémy. En seulement quatre secondes, la plaie avait disparu.
— Voilà, nous avançons, constata Jérémy. Visiblement ces guérisons ont un lien direct avec toi.
— Tu racontes n'importe quoi. Cesse de parler sans réfléchir !
Sur la berge, le curé et Angèle s'étaient agenouillés, et les mains jointes, priaient à nouveau. Un peu en retrait, Bruno, les mains sur les joues, tremblait de tout son corps, ce qui inquiéta Elsa.
— Que se passe-t-il, mon grand loup ? Tu as froid ? Quelque chose ne va pas ?
— Non, tout va bien. Si je tremble, c'est que je viens de comprendre. C'est toi ! C'est toi qui as permis toutes ces guérisons. Tu étais dans l'eau à chaque fois que j'ai été soigné. Tu y étais aussi pour porter le père Manuel, et ce n'est que lorsque tu es entrée dans le bassin que la plaie de Jérémy a été effacée.
— Il a raison, confirma le prêtre. Je le soupçonnais sans pouvoir le prouver, mais monsieur votre frère nous a fourni la preuve de votre implication. Vous êtes une sainte !
— Écoutez-moi bien tous, je ne veux plus entendre parler de miracle ou de quoi que ce soit qui s'y rapporte !
— Alors, comment expliques-tu tout ça ? répondit Jérémy.
— Votre frère a raison, et votre ami aussi, appuya le curé.
— Vous commencez tous à me chauffer les oreilles ! s'énerva la vétérinaire.
— Calmons-nous, tempéra Angèle, nous ne vous voulons aucun mal. N'est-ce pas ? demanda-t-elle à la ronde. Ce rideau de vapeur et la gerbe d'eau bouillante ne sont pas arrivés par hasard. Mademoiselle, c'est votre rage de voir votre ami grièvement blessé qui a provoqué cet événement.
— C'est n'importe quoi ! Jamais je n'ai voulu ébouillanter qui que ce soit !
— Non, ma princesse. J'étais à côté de toi lorsque cela s'est produit. J'ai ressenti ton amour pour moi devenir colère et se transformer en haine. Elle n'était pas dirigée spécifiquement contre lui, car tu ne cherchais qu'à me protéger de tout ce qui aurait pu me faire du mal. C'est ce que j'ai ressenti tout au fond de moi à ce moment précis. Cependant, nous ne risquons rien, parce que tu n'as pas souhaité ce qui est arrivé au père Manuel. C'est même grâce à toi qu'il est à présent guéri. Tu n'es pas une personne méchante, tu es exactement l'inverse. Je suis très bien placé pour le savoir. Aujourd'hui, tu m'as sauvé une fois de plus.
— Rentrons, j'en ai assez de cet endroit et aussi des sornettes que vous débitez, décréta Elsa.
— Pas encore, je voudrais faire un autre test.
— Jérémy, s'il te plait…
— C'est pour te protéger, sœurette… Cela ne prendra pas longtemps et reste bien en dehors de l'eau cette fois. Angèle, vous aimez le père Manuel, n'est-ce pas ?
— Oui, pourquoi ?
— Mon père, voici mon couteau, pouvez-vous vous entailler légèrement le mollet ou le bras, juste une petite coupure de rien du tout. Ensuite, vous irez dans l'eau.
— Je ne sais pas trop ce que vous avez en tête, mais si c'est pour protéger mademoiselle Elsa, je suis même prêt à faire un bien plus gros sacrifice. J'ai beaucoup à me faire pardonner.
— Non, une seule petite coupure suffira.
— C'est tout ?
— Pas de gaspillage…
Le père Manuel se fit pourtant une belle entaille de cinq centimètres sur le bas du mollet. Il rendit son couteau à Jérémy, qui l'accompagna jusqu'à la berge. Le curé releva sa soutane et entra dans l'eau durant plus d'une minute sans qu'il n'y ait le moindre phénomène inexplicable.
— Bruno, pour toi la première fois, cela a mis du temps avant d'agir ? demanda Jérémy.
— Franchement, je n'ai pas fait spécialement attention. Je croyais qu'Elsa était en train de se noyer.
— Et ensuite ? 
— Guère plus de quelques secondes.
— Il est donc clair que la source seule n'y est pour rien puisque, pour vous, comme pour moi, cela n'a pas suffi. Il faut donc un déclencheur, un additif…
— Et tu penses à moi ? 
— Pas particulièrement, sœurette. Angèle, voulez-vous entrer dans l'eau et tenir la main de Manuel ?
La maîtresse du prêtre entra dans le bassin et lui prit la main, toutefois, la plaie resta ouverte.
— Cela ne fonctionne pas, monsieur, que faisons-nous ? 
— Vous l'aimez vraiment, Angèle ?
— Bien sûr ! Quelle question !
— Prouvez-le nous. Embrassez-le !
— C'est que… nous ne nous sommes jamais embrassés en présence de quiconque, expliqua Angèle.
— Nous ne révélerons pas votre relation, la rassura Jérémy. Vous avez notre parole.
Angèle mit timidement ses mains sur les joues du curé, ferma les yeux et posa ses lèvres sur les siennes. À cet instant, la blessure se referma très lentement tout en générant de fines bulles. Cette lente guérison ne troubla pas les amants qui s'enlacèrent de plus en plus franchement. Manuel laissa finalement retomber sa soutane dont le bas trempa dans l'eau pour étreindre tendrement Angèle. La prolongation de ce baiser, leur premier qu'ils échangeaient devant témoins, illumina le cœur du curé d'un bonheur qu'il n'avait jamais encore ressenti. L'intensité de cette émotion nouvelle pour lui échauffa l'intégralité de son corps, mais bien plus encore, les sentiments qu'il éprouvait pour Angèle en furent affectés dans une proportion et à une vitesse inimaginables. Il réalisa alors tout ce qu'il avait raté, tout ce qui lui avait manqué durant ces années et, en une fraction de seconde, prit une décision irrévocable et lourde de conséquences.
— Angèle, annonça-t-il solennellement en la regardant droit dans les yeux sitôt leurs lèvres séparées, j'ai l'honneur de te demander ta main.
— Tu te fous de moi ?
— Mais pas du tout, je suis très lucide, j'ai l'honneur de te demander ta main.
— Tu veux m'épouser ?
— Oui.
— À la mairie ? 
— Et… à l'église aussi.
— Non ? C'est sérieux ?
— Oh ! Je ne plaisante jamais avec les embêtements de la vie.
— Mais que vont dire les gens ?
— Tout ce qu'ils voudront, mais je n'entendrai qu'une seule version : ils s'aiment et sont heureux. S'il faut renoncer à l'Église, je le ferai, s'il faut nous exiler, je le ferai, bien que je préférerais rester ici… 
— Oh oui ! exulta Angèle tout en l'enlaçant fortement. OH OUI !
— Je ne me fais pas d'illusions, dès qu'il apprendra la situation, l'évêque me révoquera, mais je m'en moque à présent.
— Mon père, je pense que vous avez pris là une très bonne décision.
— Merci, mademoiselle Elsa. Merci infiniment à vous pour tout le bien que vous avez fait pour moi, alors que moi, je ne vous avais fait que des ennuis. Merci aussi à vous, monsieur le miraculé. Comment allez-vous faire avec votre amie ? Puis-je vous aider ?
— Je le pense, oui. Admettons que j'aie trébuché dans votre église, et que ma tête ait heurté quelque chose, une statue religieuse par exemple. Suite à ce choc léger, mes difficultés d'élocution pourraient s'être résolues dans la nuit suivante ? Avec un prêtre comme témoin, personne ne douterait de cette explication et elle n'aurait aucun lien avec ce bassin.
— Admettons ! déclara Manuel.
— Et pour les cicatrices ? demanda Elsa.
— La crème que t'a conseillée Natacha, associée à tes massages si fréquents et si agréables, ont été d'une remarquable efficacité.
— Mais Bruno, personne ne croira à cette histoire, affirma Jérémy.
— Tu as une autre suggestion qui me permette de rester avec Elsa ?
— Je crois tout à fait possible de faire valider « le miracle » dans un autre endroit, en public, sans mêler Manuel et Angèle à tout ceci. Ils auront suffisamment de soucis avec les villageois qui ne manqueront pas de se moquer d'eux ou de les montrer du doigt lorsqu'ils ne se cacheront plus.
— Vous pensez à un pèlerinage à Lourdes, l'écrivain ?
— Oui, mon père, c'est selon moi l'endroit parfait pour justifier à la fois la parole retrouvée et les cicatrices envolées, non ?
— Ma foi… Ce serait très plausible, et même plus cohérent qu'une bosse sur la tête dans mon église.
— D'accord ! valida Bruno après s'être concerté avec Elsa.
— Et pour vous deux, poursuivit Jérémy en se tournant vers le prêtre et sa concubine, je vous suggère de ne pas révéler votre relation ici.
— Vous nous conseillez de rester cachés ? Je crois que je ne pourrai plus. Ce baiser devant vous a été pour moi une révélation, expliqua Manuel. Il m'a inondé d'un bonheur sans commune mesure.
— Vous pourriez demander votre mutation assez loin, renoncer ensuite à votre vocation et repartir ailleurs pour recommencer une nouvelle vie tous les trois.
— Je ferai n'importe quoi pour Angèle, pour rester avec elle, ne plus les abandonner, Francisco et elle.
— Bien ! Nous avançons ! déclara Elsa. Et pour les Larmes du Diable ?
— Nous garderons leur secret avec nous, déclara Bruno.
— Nous aussi, ajouta Angèle. Nous n'en parlerons ni en bien ni en mal, nous n'en parlerons plus du tout.
— Et maintenant ? Si nous rentrions ? demanda Jérémy.
— Pas encore, j'ai une dernière chose à faire ici, déclara Bruno en se tournant face à sa princesse. 
Bruno prit une longue inspiration, et s'agenouilla devant Elsa et la regarda droit dans les yeux.
— Tu es toute ma vie maintenant, tu ne sais pas à quel point je t'ai attendue. Mon père, poursuivit-il, si vous devez abandonner l'église, j'aimerais que vous célébriez un dernier mariage avant. Elsa, ma princesse, mon amour, veux-tu bien m'épouser ?

Note de l'auteur



Je tiens à remercier les lecteurs qui suivent cette histoire, oui, vous, qui avez lu jusqu'ici, ceux qui votent pour, ceux qui m'ont laissé un ou plusieurs commentaires. Vous m'avez donné envie de poursuivre l'écriture des suites et vous contribuez ainsi à faire vivre cette histoire.. 

Je voulais aussi exprimer ma gratitude envers les participants au forum, qui ont distillé ici et là des conseils et tutoriels sur l'écriture, cela m'a permis de progresser en orthographe, conjugaison, rédaction et fluidité de lecture, et particulièrement Iznogood qui relit et corrige mes chapitres depuis quelque temps, ainsi que Duchesse qui à corrigé une bonne dizaine de chapitres. Ils ont ainsi contribué à l'améliorer par leurs conseils et en pointant les fautes, les répétitions de mots que je ne voyais plus à force de relectures et de corrections.



Pour les lecteurs joueurs, il y a cinq répliques tirées de films, disséminées dans ce chapitre. Saurez-vous les identifier ?

Rendez-vous sur The Mandrakke's stories game... dans la catégorie Fun pour participer. Le lien est dans ma signature.





A tous, MERCI

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Commentaires ()

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Photo de profil de julien66000
julien66000
7 octobre 2026 à 19:14
Merci beaucoup mandrakke pour ce nouveau chapitre et ce joli happy end pour Bruno et Elsa, si des suites sont encore à prévoir j'ai hâte de les lire.
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Wedreca
Wedreca
7 octobre 2026 à 13:25
Jolie couverture 😌.
Moi, mes images n'aboutissent pas 😔. Je verrai plus tard.
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Photo de profil de OlivX
OlivX
7 octobre 2026 à 09:41
Est-ce l'épilogue de cette belle Saga ?
C'est en tout cas un bel Happy End pour Bruno et Elsa ainsi que pour le père Manuel et Angèle.
Soyez respectueux
Répondre

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