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Couverture de Parfum de l'interdit, par NadiaKarim
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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Parfum de l'interdit — Chapitre 5 · Nuits d'Alger

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NadiaKarim
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Parfum de l'interdit

Chapitre 5 · Nuits d'Alger

POV Amira
Le jeudi soir, à dix-huit heures précises, Yasmine klaxonna devant mon immeuble. Je descendis rapidement, mon sac de week-end à la main, ignorant le regard réprobateur de ma mère qui m'avait fait promettre d'être "sage" et de ne pas "traîner avec n'importe qui".
Si seulement elle savait.
Yasmine conduisait une Peugeot 208 blanche, cadeau de son père libanais, et elle avait mis la musique à fond — du raï moderne qui faisait vibrer les vitres. Elle portait un jean moulant et un top noir qui dénudait ses épaules, ses cheveux noirs cascadant librement sur son dos. Ses yeux verts pétillaient d'excitation.
— Prête pour le week-end de ta vie ? lança-t-elle en souriant tandis que je bouclais ma ceinture.
— Ça dépend de ta définition de "week-end de ma vie".
— Musique, alcool, beaux mecs, et aucune question le matin. Ça te va ?
— Parfait.
Elle démarra en trombe, vers l'aéroport de Hassi Messaoud, direction Alger. Dans l'avion, elle me parla longuement de Djalil, son amant du moment. Ou plutôt, son amant principal — Yasmine ne se limitait jamais à un seul homme.
— Il habite à Hydra, dans un appart incroyable que son père lui a acheté. Trois chambres, terrasse avec vue sur la baie d'Alger. C'est là qu'on va ce week-end.
— Il ne va pas trouver bizarre que tu amènes une amie ?
Elle rit.
— Djalil ne trouve jamais rien bizarre. C'est un des trucs que j'aime chez lui. Il vit et laisse vivre. En plus, il aura aussi des amis à lui. Des types bien, intéressants. Célibataires.
Elle me lança un regard appuyé, et je compris l'implication.
— Je ne cherche rien de sérieux, Yasmine.
— Qui parle de sérieux ? Je parle de s'amuser. De prendre ce qu'on veut et de partir le lendemain sans regarder en arrière. C'est ça, la liberté.
Sa philosophie était simple, presque brutale dans sa franchise. Mais elle avait raison sur un point : c'était libérateur de ne rien devoir à personne.
Nous arrivâmes à Alger vers cinq heures du matin, alors que la ville commençait à peine à s'éveiller. L'air était différent ici — plus frais, chargé de sel marin et d'iode. Hydra était un quartier huppé perché sur les hauteurs, avec ses villas blanches et ses immeubles modernes qui surplombaient la Méditerranée.
L'appartement de Djalil était au cinquième étage d'un immeuble neuf, tout en verre et béton. Yasmine composa le code, et nous montâmes en ascenseur. Elle frappa à la porte, et quelques secondes plus tard, un homme ouvrit.
Djalil était grand, la trentaine élégante, avec des cheveux noirs coupés court et une barbe soigneusement taillée. Il portait un jogging gris et un t-shirt blanc, et son sourire était chaleureux et sincère.
— Habibi, dit-il en attirant Yasmine contre lui pour un baiser qui dura un peu trop longtemps pour être décent.
Lorsqu'ils se séparèrent enfin, il se tourna vers moi.
— Tu dois être Amira. Yasmine m'a beaucoup parlé de toi. Bienvenue.
— Merci de m'accueillir.
— Pas de problème. Les amies de Yasmine sont mes amies. Entre, installe-toi.
L'appartement était exactement comme Yasmine l'avait décrit — spacieux, moderne, avec de grandes baies vitrées qui offraient une vue spectaculaire sur la baie d'Alger. Le soleil commençait à se lever, teintant le ciel de rose et d'orange.
— Vous devez être épuisées, dit Djalil. Il y a une chambre d'amis au fond du couloir. Reposez-vous, et on se voit cet après-midi.
Yasmine et lui disparurent dans ce que je supposai être sa chambre, et je me dirigeai vers la chambre d'amis. Elle était simple mais confortable, avec un lit double et une salle de bain attenante. Je me douchai rapidement, enfilai un t-shirt ample, et m'effondrai sur le lit.
Je m'endormis presque instantanément.
Lorsque je me réveillai, il était déjà quinze heures. Des voix et des rires me parvenaient du salon. Je me levai, m'habillai rapidement — un jean slim et un top bleu qui mettait en valeur ma silhouette — et sortis de la chambre.
Le salon était rempli de gens. Une dizaine de personnes, hommes et femmes, assis sur les canapés ou debout près de la baie vitrée, verres à la main. De la musique jouait en fond, un mélange de pop internationale et de raï.
Yasmine me vit immédiatement et vint vers moi.
— Ah, la belle au bois dormant se réveille ! Viens, je vais te présenter.
Elle me guida à travers la pièce, me présentant à chacun. Il y avait Kamel, un architecte, Rania, une journaliste, Sofiane, qui travaillait dans la finance, Lydia, une artiste peintre... tous jeunes, éduqués, cosmopolites. Le genre de personnes que je ne croisais jamais à Hassi Messaoud.
Et puis il y avait Rayan.
Il était debout près de la fenêtre, un verre de whisky à la main, en pleine conversation avec Djalil. Lorsque Yasmine nous interrompit, il se tourna vers moi, et nos regards se croisèrent.
Il était... magnifique. La petite trentaine, des traits ciselés, des yeux noisette qui semblaient voir à travers les apparences, et un sourire lent qui creusait une fossette dans sa joue gauche. Il portait un jean noir et une chemise blanche roulée aux manches, décontractée mais élégante.
— Rayan, voici Amira, la meilleure amie dont je t'ai parlé. Amira, voici Rayan. Il bosse dans l'import-export.
— Enchanté, dit-il en me tendant la main.
Lorsque nos paumes se touchèrent, je sentis une décharge électrique remonter le long de mon bras. Ses doigts étaient chauds, fermes, et il ne lâcha pas ma main immédiatement.
— Enchantée, répondis-je, la bouche soudainement sèche.
— Yasmine ne m'avait pas dit que tu étais aussi belle, dit-il avec un sourire.
— Elle ne m'avait pas dit que tu étais aussi direct.
Il rit, un son grave et agréable.
— Désolé. C'est un défaut. Je dis toujours ce que je pense.
— Ce n'est pas forcément un défaut.
— Dans ce cas, je pense que nous devrions faire plus ample connaissance. Tu veux boire quelque chose ?
— Volontiers.
Il me guida vers le bar improvisé installé dans la cuisine, et me servit un verre de vin rouge. Nous parlâmes pendant une heure, debout dans la cuisine, isolés du reste de la fête. Il était intelligent, drôle, cultivé. Il avait voyagé partout — Dubaï, Paris, Istanbul, New York — et racontait ses aventures avec une verve qui me captivait.
Mais ce qui me plaisait le plus, c'était qu'il ne posait pas de questions trop personnelles. Il ne me demandait pas pourquoi j'étais à Hassi Messaoud, si j'avais quelqu'un, ce que je cherchais. Il vivait dans l'instant, comme moi.
À un moment, alors que je riais à une de ses anecdotes, il posa sa main sur le creux de mes reins. Un geste simple, presque innocent, mais qui envoya une vague de chaleur à travers mon corps.
— Tu es différente des autres filles que je rencontre à Alger, dit-il doucement.
— Différente comment ?
— Plus vraie. Moins préoccupée par ce que les autres pensent.
— Tu ne me connais pas.
— Pas encore. Mais j'aimerais bien.
Son regard s'assombrit légèrement, et je sus exactement ce qu'il voulait dire. Ce n'était pas une invitation à dîner ou à une promenade romantique. C'était une invitation directe, claire, sans ambiguïté.
Et malgré moi — ou peut-être à cause de moi — je sentis mon corps répondre.
— La soirée ne fait que commencer, dis-je en soutenant son regard. On verra où elle nous mène.
Son sourire s'élargit.
— J'aime ta façon de penser.
La soirée se transforma progressivement en fête. Quelqu'un augmenta la musique, les lumières furent tamisées, et les gens commencèrent à danser. L'alcool coulait librement — du vin, du whisky, même de la vodka que quelqu'un avait apportée.
Je bus plus que je n'aurais dû, laissant l'alcool dissoudre mes inhibitions. Rayan ne me quitta pas d'une semelle. Nous dansions ensemble, nos corps se frôlant, ses mains sur mes hanches, mes bras autour de son cou. La tension entre nous était palpable, électrique.
À un moment, je vis Yasmine et Djalil disparaître dans la chambre principale. Elle me lança un regard complice par-dessus son épaule, et je compris que je ne la reverrais pas avant le lendemain matin.
Vers minuit, alors que nous dansions sur un slow langoureux, Rayan se pencha vers mon oreille.
— Tu veux aller quelque part plus calme ?
Mon cœur battit plus vite, mais je hochai la tête.
Il me prit par la main et me guida hors du salon, dans le couloir, puis dans ce qui semblait être une autre chambre d'amis. Il referma la porte derrière nous, et soudain, nous étions seuls, dans le silence relatif.
La pièce était plongée dans la pénombre, éclairée seulement par la lumière de la lune qui filtrait à travers les stores. Un lit double occupait le centre, et une porte menait à ce que je supposai être une salle de bain.
Rayan me fit face, son regard intense.
— Si tu veux arrêter, dis-le maintenant.
— Je ne veux pas arrêter.
— Bien.
Il s'approcha, une main glissant derrière ma nuque pour m'attirer contre lui. Ses lèvres capturèrent les miennes dans un baiser qui n'avait rien de tendre, comme si on s'était déjà mis d'accord sur tout ce qui allait suivre. Ce qui était le cas. La musique du salon filtrait sous la porte, lointaine et sans importance. Il goûtait le whisky et quelque chose de plus chaud, et j'arrêtai de penser à ce que je faisais exactement au moment où ses mains trouvèrent ma taille. Il n'y avait pas de construction progressive ici, pas de séduction calculée – juste deux corps qui s'étaient reconnus de l'autre côté d'une pièce et qui réglaient maintenant les détails.
Ses mains étaient partout — dans mes cheveux, sur mes seins, agrippant mes fesses. Il n'y avait pas de tendresse dans ses gestes – juste une précision qui disait qu'il savait ce qu'il cherchait et comment l'obtenir. Ça m'arrangeait. Je n'étais pas venue pour la tendresse.
— Déshabille-toi, ordonna-t-il d'une voix rauque.
Je ne discutai pas. Je fis glisser mon top par-dessus ma tête, dévoilant mon soutien-gorge en dentelle noire. Puis je déboutonnai mon jean et le fis descendre le long de mes jambes, me retrouvant en sous-vêtements devant un homme que je connaissais depuis quelques heures à peine.
Cela aurait dû me faire peur. Ou au moins me donner des scrupules.
Mais je ne ressentais que de l'excitation.
Il se déshabilla rapidement, efficacement, révélant un corps athlétique, musclé sans être excessif. Lorsqu'il fut nu devant moi, je ne pus m'empêcher de laisser mon regard descendre vers son entrejambe.
Il était impressionnant.
— Tu aimes ce que tu vois ? demanda-t-il avec un sourire arrogant.
— Peut-être.
— Viens ici.
Ce n'était pas une demande. C'était un ordre. Et quelque chose en moi répondit à cette autorité.
Je m'approchai, et il défit mon soutien-gorge d'un geste expert, libérant mes seins. Ses mains se refermèrent sur eux, les pétrissant avec une force qui frôlait la douleur mais ne la dépassait jamais.
— Tu es magnifique, murmura-t-il avant de prendre un mamelon dans sa bouche.
Je cambrai le dos, mes doigts s'enfonçant dans ses cheveux. Ses lèvres happèrent un de mes tétons durcis, suçant, mordillant, avant de passer à l'autre sein.
— Sur le lit, dit-il en relevant la tête.
Je reculai jusqu'au lit et m'allongeai, le regardant s'approcher comme un prédateur. Il s'agenouilla entre mes cuisses et fit glisser ma culotte le long de mes jambes.
Puis, sans prévenir, il enfouit sa tête entre mes cuisses.
Je criai, surprise et submergée par la sensation de sa langue contre mon intimité. Il me léchait avec application, avec expertise, trouvant mon point le plus sensible et le torturant sans pitié.
— Oh mon Dieu... Rayan...
Il ne répondit pas, trop occupé à me dévorer. Ses mains maintenaient mes cuisses écartées, m'empêchant de me refermer alors que le plaisir montait de façon insoutenable.
Lorsqu'il plongea un, puis deux doigts en moi tout en continuant à lécher mon clitoris, je me tortillai.
Mon orgasme vint avec une violence qui me laissa pantelante, mon corps qui prenait ce qu'on lui offrait avec la même logique qu'il avait développée. Ni plus, ni moins. Rayan n'attendit pas que je récupère. Il se redressa, positionna son sexe à mon entrée, et me pénétra d'un seul coup. Je notai mentalement, distraitement, qu'il était différent d'Antonio – plus grand, plus direct, moins de mots. Je haletai, mes ongles griffèrent son dos par réflexe.
— Tu es tellement serrée, grogna-t-il contre mon cou. Putain...
Il commença à bouger, de longs coups de reins profonds qui me remplissaient complètement. Le lit grinçait sous nos mouvements, et j'espérais vaguement que la musique dans le salon couvrait nos gémissements.
— Plus vite, haletai-je. Plus fort...
Il accéléra sans demander, comme si mon corps lui avait répondu avant ma voix. Je ne dis rien – il n'y avait rien à dire. Juste ce mouvement-là, ce poids-là, cette chambre que je ne reverrais jamais. Je fermai les yeux et laissai mon corps faire le reste.
Il grogna d'approbation et me retourna brusquement sur le ventre. Avant que je comprenne ce qui se passait, il me pénétra à nouveau, cette fois par derrière, une main dans mes cheveux, l'autre sur ma hanche.
La position était plus profonde, presque trop, et je criai à chaque coup de reins. Mais c'était une douleur exquise, un mélange de plaisir et de limite qui me faisait perdre la tête.
— Je vais jouir, haleta-t-il. Où tu veux que je...
— Sur moi... jouis sur moi...
Il se retira et éjacula sur mes fesses et mon dos, de longs jets chauds qui marquèrent ma peau. Puis il s'effondra à côté de moi, haletant.
Nous restâmes ainsi quelques minutes, reprenant notre souffle, nos corps luisants de sueur.
Puis, sans un mot, je me levai et allai dans la salle de bain. Je me nettoyai rapidement, remis mes sous-vêtements, et retournai dans la chambre.
Rayan était allongé sur le lit, nu, me regardant avec un sourire paresseux.
— Tu pars déjà ?
— Je retourne à la fête.
— On pourrait rester ici. Recommencer dans quelques minutes.
— Non. C'était bien, mais j'ai eu ce que je voulais.
Il rit, pas vexé le moins du monde.
— Tu es quelque chose, toi. La plupart des filles voudraient câliner, parler...
— Je ne suis pas la plupart des filles.
— Ça, je l'ai compris.
Je finis de m'habiller et me dirigeai vers la porte.
— Rayan ?
— Oui ?
— Merci.
— Tout le plaisir était pour moi, ma belle.
Je sortis et retournai au salon. La fête battait toujours son plein, et personne ne sembla remarquer mon absence. Je me servis un autre verre et rejoignis un groupe de filles en pleine discussion.
Plus tard dans la nuit, je vis Rayan réapparaître. Nos regards se croisèrent à travers la pièce, et nous échangeâmes un sourire complice. Mais nous ne nous parlâmes plus. Nous avions eu ce que nous voulions l'un de l'autre. Le reste était superflu.
Le lendemain matin, je me réveillai avec une migraine carabinée et la bouche pâteuse. Le salon était un champ de bataille — verres vides, bouteilles renversées, quelqu'un ronflant sur le canapé.
Yasmine émergea de la chambre de Djalil vers onze heures, radieuse malgré le manque de sommeil évident.
— Alors ? demanda-t-elle avec un sourire en coin. Tu as passé une bonne soirée ?
— Très bonne.
— Rayan ?
— Peut-être.
Elle rit.
— Je le savais. Je vous ai vus partir ensemble. Il est bien, hein ?
— Il est... compétent.
— C'est tout ce que tu trouves à dire ?
— C'est tout ce qu'il y a à dire. Nous avons baisé. C'était bien. Fin de l'histoire.
Elle me regarda avec une approbation évidente.
— Tu apprends vite. Je suis fière de toi.
Nous passâmes le reste du week-end à Alger. Le vendredi, nous allâmes à la plage, puis dînâmes dans un restaurant sur le front de mer. Le soir, il y eut une autre soirée, dans un appartement différent cette fois, avec de nouvelles personnes.
Et oui, je couchai avec quelqu'un d'autre. Un ami de Djalil dont je ne retins pas le nom – ni pendant, ni après. Il était beau de la façon dont certains hommes sont beaux sans que ça signifie grand-chose, disponible, et clairement intéressé.
Nous baisâmes dans une des chambres de l'appartement, probablement réservée pour l'occasion. Ce fut bref et fonctionnel. Mon corps fit ce qu'il savait faire. Quand ce fut fini, je me rhabillai dans le noir pendant qu'il s'endormait, et je retournai dans le salon comme si rien ne s'était passé – parce que rien, au fond, ne s'était passé. Juste mon corps qui prenait ce dont il avait besoin, sans douleur et sans lendemain.
Je découvrais que c'était une compétence comme une autre.
Le samedi soir, alors que nous retournions vers Hassi Messaoud, Yasmine me demanda :
— Alors, verdict ? Tu vas revenir ?
— Probablement.
— Tu te sens mieux ?
Je réfléchis à la question. Est-ce que je me sentais mieux ? J'avais passé un week-end à baiser des inconnus, à boire, à danser. J'avais laissé mon corps dicter mes choix, ignorant complètement mon cœur.
Et oui, étrangement, je me sentais mieux.
— Oui, dis-je finalement. Je me sens... libre.
— C'est ça le secret, Amira. La liberté. Prendre ce qu'on veut, quand on veut, et ne rien devoir à personne.
Sa philosophie était simple. Peut-être trop simple. Mais pour l'instant, elle me convenait parfaitement.
Parce que l'alternative – croire à l'amour, ouvrir mon cœur, risquer d'être brisée à nouveau – était impensable. Plus impensable encore que ce que je venais de faire ce week-end.
Alors oui, je prendrais la liberté. Je prendrais le plaisir sans lendemain. Je prendrais tout ce qu'Alger avait à offrir, à moi seule, que je pouvais prêter ou reprendre selon mon envie.
C'était suffisant pour l'instant. Je n'avais pas besoin que ce soit plus.
Lorsque je revins au bureau le dimanche matin, Antonio me regarda différemment.
— Tu as passé un bon week-end ? demanda-t-il avec une fausse désinvolture.
— Excellent.
— Tu es allée où ?
— Alger. Avec une amie.
— Juste une amie ?
Je le regardai dans les yeux, sans ciller.
— Ça te regarde ?
Il se raidit, puis détourna les yeux.
— Non. Je suppose que non.
— Bien. Alors midi, comme d'habitude ?
Il hésita, et je vis le conflit dans son regard. L'orgueil contre le désir. La jalousie contre le besoin.
— Oui. Midi.
Je souris et retournai à mon poste.
Le parfum de l'interdit avait changé de tonalité. Ce n'était plus l'interdit de la liaison secrète avec un collègue.
C'était l'interdit de la liberté totale. De vivre sans règles, sans attaches, sans remords.
Et pour la première fois depuis Mehdi, je me sentais vraiment, complètement vivante.
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Chapitre 6 · obsession de mohsin
Depuis son retour à Hassi Messaoud, Amira a la sensation d'être observée. Au début, elle met cela sur le compte de la fatigue et de la chaleur écrasante de la ville. Puis le visage d'un homme de son passé apparaît au coin d'une rue, et la sensation se transforme en certitude. Que veut-il vraiment, et que signifie ce regard posé sur elle comme celui d'un chasseur sur sa proie ?
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