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Couverture de Parfum de l'interdit, par NadiaKarim
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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Parfum de l'interdit — Chapitre 19 · Confession nocturne

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NadiaKarim
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Parfum de l'interdit

Chapitre 19 · Confession nocturne

POV KARIM
Ce soir-là, je lui envoyai un message à dix-huit heures.
"Tu peux venir à l'appartement ? On doit parler."
"À quelle heure ?"
"Dix-neuf heures trente."
"D'accord."
Elle arriva à l'heure précise, comme toujours. Je lui ouvris la porte, et elle entra sans un mot, posant son sac sur le canapé avec des gestes un peu trop contrôlés pour être naturels.
Je lui avais préparé du thé — un automatisme, quelque chose à faire de mes mains.
Elle s'assit sur le canapé, les jambes croisées, attendant.
Je m'assis en face d'elle, les coudes sur les genoux, les mains jointes. Cherchant mes mots.
— Je dois te dire quelque chose, commençai-je.
— Je sais.
Je la regardai.
— Tu sais quoi ?
— Je sais ce que tu vas me dire. Karim.
POV AMIRA
Je l'avais su depuis le premier soir. Depuis qu'elle était arrivée avec ses valises et son sourire confiant. Depuis que j'avais compris qu'ils partageraient une chambre, un lit, la normalité conjugale que je ne lui offrirais jamais.
— Tu as couché avec elle.
Ce n'était pas une question.
Karim ne détourna pas les yeux. C'était une des choses que j'aimais — et détestais — chez lui. Il ne fuyait pas les vérités difficiles.
— Oui.
Un seul mot. Mais il occupa toute la pièce.
POV KARIM
— C'est ma femme, dis-je doucement. On était seuls dans cette chambre, et c'est ma femme. Je ne peux pas...
— Tu n'as pas à te justifier.
Sa voix était étrangement calme. Trop calme.
— Amira...
— Non. Écoute-moi. On avait un accord. Je savais ce que j'acceptais quand j'ai dit oui à tout ça. C'est ta femme. Bien sûr que tu as couché avec elle.
— Mais ça te fait du mal. Je le vois.
— Oui. Ça me fait du mal. Les deux peuvent être vrais en même temps.
Je me levai, vins m'asseoir à côté d'elle sur le canapé. Elle ne se rapprocha pas, ne s'éloigna pas non plus. Elle regardait devant elle, ses mains à plat sur ses genoux.
— Je pensais à toi, dis-je. Pendant.
Elle ferma les yeux.
— Karim. Ne me dis pas ça.
— C'est la vérité. Je veux être honnête avec toi.
— Être honnête ne rend pas tout plus supportable.
— Non. Mais c'est tout ce que je peux faire. Je ne peux pas défaire ce qui s'est passé. Je ne peux pas retirer les dix-neuf ans qui me lient à Nadia. Mais je peux te dire que même là, même dans ce lit avec elle, tu étais là.
POV AMIRA
Tu étais là.
Ces mots auraient dû me consoler. Ils me blessèrent davantage.
Parce que je ne voulais pas être le fantôme de quelqu'un d'autre. Je ne voulais pas hanter ses nuits conjugales comme une image coupable. Je voulais exister en plein jour, dans la lumière, avec mon propre nom.
— Je t'aime, dit-il.
— Je sais.
— Ce n'est pas suffisant pour toi en ce moment.
— Non. En ce moment, non.
Silence.
— Qu'est-ce que tu veux de moi, Amira ?
La question était directe, honnête, désarmante.
Qu'est-ce que je veux ? Je voulais l'impossible. Je voulais qu'il soit entièrement à moi. Je voulais ne pas partager. Je voulais que Nadia n'existe pas, et cette pensée me faisait honte.
— Je veux que tu me prouves quelque chose, dis-je finalement, ma voix plus petite.
— Quoi ?
— Que quand tu es ici, avec moi, c'est moi que tu choisis. Pas par défaut. Pas parce que je suis là. Mais parce que tu me choisis, moi, Amira, vraiment.
POV KARIM
Je la regardai — ses yeux brillants, pas encore en larmes mais proches, sa bouche tendue, ses mains qui s'étaient crispées sur ses genoux sans qu'elle s'en rende compte.
Elle avait vingt-trois ans. Elle portait un poids qu'elle n'aurait jamais dû porter. Et c'était moi qui le lui avais mis sur les épaules.
— Je te choisis, dis-je. Pas par défaut. Toi.
— Prouve-le.
— Comment ?
— Je ne sais pas. Par n'importe quel moyen. Mais prouve-le.
Je m'approchai, lentement, lui laissant tout le temps de refuser, de se lever, de me repousser.
Elle ne le fit pas.
Ma main cueillit sa joue, l'obligeant doucement à me regarder.
— Je te choisis, Amira. Chaque fois que j'entre dans cette pièce, c'est un choix. Chaque fois que je risque ma carrière, ma famille, ma réputation, c'est un choix que je fais consciemment. Pour toi.
Les larmes débordèrent enfin — silencieuses, rapides, qu'elle n'essuya pas.
— Ça me fait quand même du mal.
— Je sais. Et je suis désolé. Je serai toujours désolé.
— La pitié ne m'intéresse pas.
— Ce n'est pas de la pitié. C'est de l'amour qui a la décence de reconnaître ce qu'il coûte.
POV AMIRA
Ses mots me touchèrent d'une façon que je ne savais pas nommer. Pas de consolation facile. Pas de promesses creuses. Juste la vérité dans toute sa complexité — douloureuse et tendre à la fois.
Je glissai mes bras autour de son cou, appuyant mon front contre le sien. Les larmes continuaient de couler, et je les laissai — il était trop fatigant de les retenir.
— Prouve-le autrement, murmurai-je. Maintenant.
— Amira...
— S'il te plaît. J'ai besoin de te sentir. J'ai besoin de savoir que c'est réel.
— C'est réel.
— Alors montre-moi.
POV KARIM
Je l'embrassai, et ses larmes se mêlèrent à nos bouches — sel et chaleur, douleur et désir dans un même baiser impossible.
Je la soulevai du canapé et la portai vers la chambre.
Elle me laissait faire, mais ses mains n'étaient pas passives — elles agrippaient ma chemise, mes épaules, avec une urgence qui trahissait ce qu'elle ne disait pas : ne me lâche pas, ne me laisse pas, reste.
Je la déposai sur le lit et m'allongeai à côté d'elle, prenant son visage entre mes mains pour essuyer les traces humides sur ses joues.
— Tu es là, murmurai-je. Tu existes. Tu es réelle.
— Prouve-le.
— C'est ce que je fais.
POV AMIRA
Il me déshabilla lentement, ses gestes différents de l'habitude — pas l'urgence du désir ordinaire, mais quelque chose de plus profond. Chaque couche de vêtement enlevée ressemblait à une déclaration.
Je te vois. Je te choisis.
Lorsque je fus nue sous lui, les larmes n'avaient pas tout à fait cessé. Il s'en aperçut et ne dit rien — il posa juste ses lèvres sur mes joues humides, les embrassant l'une après l'autre.
Ce geste, si simple, me brisa plus complètement que n'importe quelle passion violente.
— Karim, murmurai-je.
— Je suis là.
— Je t'aime. Même si ça fait mal. Je t'aime.
— Moi aussi je t'aime. Toi. Uniquement toi, ce soir.
Ce soir. Pas toujours. Pas pour toujours. Mais ce soir, entièrement.
Pour l'instant, c'était assez.
POV KARIM
Je la pris avec une intensité que j'espérais rédemptrice — pas brutale, pas désespérée, mais profonde et totale. Chaque mouvement était une affirmation : tu comptes, tu existes, tu es réelle pour moi.
Elle répondit avec la même intensité, ses jambes enroulées autour de ma taille, ses mains dans mon dos, me gardant contre elle comme si elle avait peur que je disparaisse si elle me lâchait.
Ses larmes séchèrent progressivement. Je les remplaçai par autre chose — la montée lente du plaisir, le frisson le long de sa colonne, les petits sons qu'elle faisait et que j'avais appris par cœur.
— Tu me choisis vraiment ? murmura-t-elle à un moment, sa voix à peine audible.
— Oui.
— Dis-le.
— Je te choisis, Amira.
— Encore.
— Je te choisis. Ce soir. Maintenant. Toi.
Elle ferma les yeux, et je vis quelque chose se relâcher en elle — une tension profonde, logée depuis des jours, qui cédait enfin.
POV AMIRA
L'orgasme fut long à venir, mais quand il arriva, ce fut comme une libération totale — pas seulement du désir accumulé mais de tout le reste. La jalousie, la douleur de voir Nadia, l'insécurité de mon statut d'ombre, la peur d'aimer quelqu'un qui ne pouvait jamais m'appartenir complètement.
Tout se dispersa dans cet instant, remplacé par la chaleur de Karim, son poids familier sur moi, son souffle dans mon cou.
Je pleurai encore — pas de douleur cette fois, mais de quelque chose qui ressemblait à un étrange soulagement.
— Je suis là, murmura-t-il contre ma peau. Je t'ai.
— Je sais.
— Ça va aller.
— Je sais.
Nous restâmes longtemps dans cette position après — ses bras autour de moi, ma tête contre sa poitrine, la chambre silencieuse autour de nous.
POV KARIM
Elle s'endormit avant moi, épuisée d'émotions.
Je restai éveillé, caressai ses cheveux dans le noir, pensant à tout ce que je n'avais pas su dire correctement.
Que je l'aimais d'une façon qui me dépassait.
Que je savais ce que ça lui coûtait. Ce que ça nous coûtait.
Que Nadia méritait mieux, et qu'Amira méritait mieux, et que moi j'avais construit une situation où je rendais tout le monde malheureux en essayant de garder tout le monde heureux.
Tu dois choisir un jour, me dit la voix dans ma tête. Tu ne peux pas continuer à vivre en deux.
Je sais, répondis-je. Mais pas maintenant. Pas ce soir.
Ce soir, Amira dormait dans mes bras. Sa respiration régulière, sa main posée à plat sur ma poitrine, ses cheveux étalés sur l'oreiller.
Ce soir, c'était suffisant.
Et demain, demain je trouverais le courage.
Peut-être.
POV AMIRA — À L'AUBE
Je me réveillai avant lui.
Il dormait sur le côté, son visage détendu dans le sommeil — les rides autour de ses yeux moins prononcées, les mâchoires relâchées, les épaules sans tension. Il avait l'air plus jeune ainsi. Plus proche de l'homme qu'il devait être avant que la vie ne l'alourdisse.
Je le regardai longtemps sans le toucher.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Pas de réponse dans la lumière grise de l'aube.
Nous étions dans une impasse que l'amour ne suffisait pas à résoudre. Nous nous aimions — vraiment, profondément — mais cet amour existait dans un cadre qui le condamnait. Soit Karim choisissait de partir et brisait sa famille. Soit il restait et me condamnait à l'ombre.
Les deux options font du mal à quelqu'un.
Je me levai doucement, m'habillai sans bruit. Avant de sortir de la chambre, je me retournai une dernière fois.
Il dormait encore.
Je lui laissai un message sur son téléphone — pas de grands mots, juste :
"Je t'aime. C'est pour ça que c'est si compliqué. À tout à l'heure au bureau."
Puis je sortis dans l'aube froide de Hassi Messaoud, marchant vers chez moi dans les rues encore désertes, portant tout ce que nous étions l'un pour l'autre — la beauté et le poids, l'amour et la douleur, la promesse et l'impossibilité.
Le parfum de l'interdit n'avait jamais autant mérité son nom.
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Chapitre 20 · Dénonciation anonyme
Un dimanche matin à Hassi Messaoud, Amira sent que quelque chose cloche avant même que Karim n'apparaisse. Le Directeur Général arrive le visage fermé, annule ses réunions sans un regard pour elle, et lui envoie un message glacé : rester après le départ de tous. Entre l'inquiétude qui monte et le silence pesant qui s'installe, Amira attend, sans savoir ce que ce soir lui réserve.
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