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Couverture de Parfum de l'interdit, par NadiaKarim
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Parfum de l'interdit — Chapitre 14 · Nuit blanche à la base de vie

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NadiaKarim
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Parfum de l'interdit

Chapitre 14 · Nuit blanche à la base de vie

POV KARIM
Il était vingt-trois heures passées quand mon téléphone vibra sur la table de nuit.
Je ne dormais pas. Impossible de dormir ces derniers temps. Depuis qu'Amira était entrée dans ma vie, le sommeil était devenu un luxe que je ne pouvais plus m'offrir facilement. Je restais allongé dans le noir, fixant le plafond de ma chambre à la base de vie, écoutant le bourdonnement de la climatisation et le silence pesant du couloir.
La base de vie était un complexe sécurisé réservé aux cadres expatriés et aux directeurs. Deux étages de chambres individuelles, une cantine, une salle de sport, un espace commun. Propre, fonctionnel, impersonnel. Ma chambre était au deuxième étage, numéro 214. Le gardien de nuit faisait sa ronde toutes les heures. Le voisin de gauche, un ingénieur français, rentrait généralement tard le mercredi soir. Celui de droite, un Algérien du département logistique, se levait à cinq heures du matin.
Je connaissais ces détails par cœur. Parce que depuis quelques semaines, une partie de mon cerveau calculait en permanence les fenêtres de risque, les moments où je pouvais avoir Amira sans que personne ne le sache.
Arrête, me disais-je. C'est une folie. Tu ne peux pas la faire venir ici.
Et pourtant. Je lus le message.
« Je suis devant la barrière. Le gardien somnole. Dis-moi de venir ou de rentrer. »
Mon cœur s'arrêta.
POV AMIRA
Je m'étais dit que je ne le ferais pas. Pendant tout le trajet depuis chez moi, vingt minutes à pied dans les rues presque désertes de Hassi Messaoud, je m'étais répété que c'était une mauvaise idée. Non. Une idée terrible.
La base de vie était un endroit surveillé. Il y avait un gardien à l'entrée, des caméras de sécurité, des collègues de Karim qui logeaient dans les chambres voisines. Si quelqu'un me voyait entrer dans sa chambre à cette heure...
Mais nous n'avions pas pu nous voir depuis trois jours. Trois jours de messages furtifs, d'appels murmurants, de désir accumulé. L'appartement secret était indisponible : la propriétaire avait eu une urgence familiale et avait besoin de récupérer les clés temporairement.
Et moi, j'avais vingt-trois ans, j'étais amoureuse d'un homme impossible, et la prudence avait ses limites.
Mon téléphone vibra.
« Bâtiment B. Porte de service latérale, côté jardin. Elle est déverrouillée le soir. Deuxième étage, chambre 214. Frappe trois coups. »
Suivi immédiatement d'un second message.
« Sois absolument silencieuse. »
Je souris dans le noir et longeai le mur de la base jusqu'à la porte de service.
POV KARIM
Je l'entendis avant de la voir : trois coups légers sur ma porte, si discrets qu'un dormeur n'aurait pas trébuché dans son sommeil.
Je me levai d'un bond, traversai la chambre en silence, pieds nus sur le carrelage froid, et entrouvris la porte.
Elle était là.
Elle portait un jean sombre, un sweat à capuche gris, et ses cheveux étaient attachés en queue-de-cheval. Pas de maquillage. Les joues légèrement rosies par la marche dans la nuit.
Elle était la plus belle chose que j'avais vue de ma vie.
Je la tirai à l'intérieur et refermai la porte sans un bruit, tournant la clé dans la serrure. Nous nous regardâmes dans l'obscurité presque totale, juste le mince filet de lumière qui filtrait sous la porte.
— Tu es folle, murmurai-je.
— Je sais.
— Si quelqu'un te voit...
— Personne ne m'a vue.
— Amira...
— Embrasse-moi.
POV AMIRA
Ses lèvres trouvèrent les miennes dans le noir, et je me fondis contre lui. Il portait juste un boxer et un t-shirt, et je pouvais sentir la chaleur de son corps à travers mes vêtements.
Il m'embrassa longuement, profondément, mais sans un son. Même notre baiser était silencieux : juste le frottement de nos lèvres, nos respirations retenues, le battement de nos cœurs.
Puis il recula, ses lèvres contre mon oreille.
— Pas un son, murmura-t-il si doucement que je dus tendre l'oreille. Les cloisons sont minces. Les voisins...
— Je sais, soufflai-je.
— Tu peux faire ça ? Être complètement silencieuse ?
Je levai les yeux vers lui dans la pénombre.
— Fais-moi confiance.
POV KARIM
La chambre était plongée dans une quasi-obscurité. J'avais tiré les rideaux épais sur la fenêtre, et la seule lumière provenait du témoin lumineux rouge du boîtier électrique, une lueur infime mais suffisante pour distinguer les contours de son visage, de son corps.
Je commençai à la déshabiller lentement, méthodiquement, en silence. Son sweat d'abord, que je pliai et posai sur le fauteuil pour éviter tout bruit. Puis son jean, que je fis glisser le long de ses jambes avec une lenteur délibérée.
Elle se tenait devant moi en soutien-gorge et culotte, sa respiration légèrement accélérée dans le silence.
Je me penchai et posai mes lèvres dans son cou, juste sous son oreille. Je sentis son frisson, la façon dont sa tête bascula légèrement en arrière. Mais elle ne fit aucun son.
Bonne fille.
Mes mains explorèrent son corps dans l'obscurité avec une lenteur torturante. Je voulais qu'elle sente chaque caresse d'autant plus intensément qu'elle ne pouvait pas crier. Le plaisir contenu est décuplé.
Je dégrafai son soutien-gorge, le posai silencieusement. Mes mains se refermèrent sur ses seins nus, et je sentis ses mamelons durcir sous mes pouces. Elle mordit sa lèvre inférieure, se retenant.
POV AMIRA
Chaque geste était amplifié par le silence obligatoire. Je ne pouvais pas gémir, pas crier, pas laisser échapper le moindre son. Alors je sentais tout plus intensément : la chaleur de ses mains sur ma peau, la rugosité légère de sa barbe contre mon épaule, l'odeur de son corps.
Il fit glisser ma culotte le long de mes jambes, et je me retrouvai nue dans sa chambre, dans le noir, entourée du silence de la base endormie.
Il me fit signe de m'allonger sur le lit.
Je m'exécutai, me glissant sous le drap fin. Il se déshabilla à son tour, le t-shirt, le boxer, et vint me rejoindre.
Dans le noir presque total, nos corps se trouvèrent naturellement. Il s'allongea sur moi, son poids familier me plaquant contre le matelas, et ses lèvres cherchèrent les miennes.
Nous nous embrassâmes longuement, profondément, sans bruit. Juste nos langues qui se rencontraient, nos souffles qui se mêlaient.
Sa main descendit entre mes cuisses.
Je mordis son épaule pour ne pas crier.
POV KARIM
Elle était déjà trempée. Terriblement, magnifiquement trempée.
Mes doigts explorèrent son intimité dans le silence, traçant des cercles autour de son clitoris, plongeant en elle. Ses hanches se soulevèrent légèrement, cherchant plus de friction. Sa main se porta à sa propre bouche, comme pour se museler elle-même.
Je me penchai vers son oreille.
— Tu aimes ça ? soufflai-je, si doucement que même moi je l'entendais à peine.
Elle hocha la tête, incapable de parler.
J'accélérai légèrement le mouvement de mes doigts, et je la sentis se crisper sous moi, ses cuisses se refermant sur ma main, son corps luttant contre l'orgasme qui montait.
Non. Pas encore.
Je retirai mes doigts et descendis le long de son corps, posant mes lèvres sur son ventre, son nombril, l'intérieur de ses cuisses. Elle se tordit, silencieuse, ses mains griffant les draps.
Puis ma bouche trouva son intimité, et je la goûtai.
POV AMIRA
Un gémissement monta dans ma gorge, et je l'étouffai en plaquant mon poing contre mes lèvres.
Karim me léchait en silence, sa langue travaillant mon clitoris avec une précision qui me faisait perdre la raison. Je me tordais sur le lit, les cuisses tremblantes, les hanches qui se soulevaient malgré moi.
Et le silence autour de nous rendait tout encore plus intense. Chaque sensation était décuplée parce que je ne pouvais pas l'exprimer. Le plaisir n'avait nulle part où aller : il s'accumulait, montait, s'intensifiait jusqu'à devenir presque insupportable.
Un orgasme s'approchait comme une vague déferlante, et je sus que je ne pourrais pas le contenir silencieusement. Je tendis la main dans le noir, trouvai l'épaule de Karim, le pressai.
Il comprit immédiatement. Il remonta le long de mon corps et posa sa main sur ma bouche, fermement, doucement, protectivement.
— Je t'ai, murmura-t-il contre mon oreille. Laisse-toi aller. Je te tiens.
Sa main sur ma bouche. Sa voix à mon oreille. Sa langue qui reprit son travail.
Je jouissais en silence sous sa paume, mon corps secoué de spasmes que j'étouffai dans sa main, mes yeux roulant vers l'arrière dans le noir.
POV KARIM
La sentir jouir en silence contre ma main fut l'une des choses les plus érotiques de ma vie.
Je lui laissai le temps de redescendre, puis je me positionnai entre ses cuisses, mon sexe pressé contre son entrée. Je portai ses jambes sur mes épaules, changeant l'angle.
Et je la pénétrai.
Lentement. Complètement. Sans faire le moindre bruit.
Elle ouvrit la bouche dans un cri silencieux, ses mains agrippant mes bras.
Je commençai à bouger, des coups de reins lents, profonds, délibérés. Pas de fougue, pas d'urgence. Juste une progression mesurée qui nous torturait tous les deux délicieusement.
Le lit ne grinçait pas, j'avais vérifié auparavant. Nous faisions l'amour dans un silence presque total, juste nos respirations retenues, le glissement de nos corps l'un dans l'autre.
Et c'était la chose la plus intense que j'avais jamais vécue.
POV AMIRA
Le sexe silencieux était une forme de torture sublime.
Karim bougeait en moi avec une lenteur calculée, chaque coup de reins profond et mesuré, et je ne pouvais pas crier, pas gémir, pas exprimer ce que je ressentais.
Je pouvais juste serrer ses bras entre mes doigts. Fermer les yeux dans le noir. Mordre ma lèvre jusqu'au sang.
Et sentir.
Oh mon Dieu, sentir.
Sa main revint sur ma bouche lorsqu'il accéléra légèrement, comme s'il anticipait mes réactions. Et il avait raison : sans ce bâillon improvisé, j'aurais crié.
Ses lèvres trouvèrent mon oreille.
— Tu es tellement belle, souffla-t-il à peine. Tellement parfaite. Je t'aime.
Je t'aime. Dans l'obscurité de cette chambre clandestine, ces trois mots résonnèrent comme une fanfare.
Je glissai mes mains derrière sa tête, l'attirant pour un baiser muet mais désespéré, et nous fîmes l'amour ainsi, liés par nos bouches, nos corps se rejoignant en silence, le monde extérieur à quelques centimètres mais infiniment loin.
POV KARIM
Je sentis Amira se crisper une seconde fois, son corps se convulsant silencieusement sous le mien. Ses parois internes se contractèrent autour de moi dans un rythme qui me poussa au bord immédiatement.
Je plongeai ma tête dans son cou, étouffant mon propre gémissement contre sa peau, et me déversai en elle en longs frissons silencieux.
Nous restâmes ainsi un long moment, immobiles, nos corps enchevêtrés, reprenant notre souffle dans le noir.
Puis je me retirai doucement et m'allongeai à côté d'elle, la tirant contre moi. Sa tête se posa sur ma poitrine, et je sentis son cœur battre contre le mien, progressivement ralentir.
Dehors, dans le couloir, j'entendis des pas. Le gardien de nuit qui faisait sa ronde.
Nous retînmes notre souffle. Les pas s'éloignèrent. Silence.
Puis, dans l'obscurité, Amira souffla contre mon torse :
— On est fous.
— Complètement, soufflai-je.
Et nous échangeâmes un sourire que nous ne pouvions même pas voir dans le noir.
POV AMIRA
Nous restâmes éveillés longtemps après, parlant dans le noir en chuchotements à peine audibles.
C'était une intimité particulière : être nue dans les bras de quelqu'un, dans l'obscurité complète, et parler. Pas de regards à interpréter. Pas d'expressions à cacher. Juste les voix, réduites à leur plus simple expression.
— Tu as des regrets ? murmurai-je.
— À quel sujet ?
— Tout ça. Nous deux.
Il réfléchit un moment, sa main caressant paresseusement mon dos.
— Non. Je devrais peut-être. Mais non.
— Même avec Nadia ? Tes filles ?
— La culpabilité est là. Elle sera toujours là. Mais les regrets... non.
— Comment tu fais pour vivre avec les deux ?
— Difficilement. En compartimentant. Quand je suis ici, avec toi, je suis pleinement ici. Quand je suis à Alger...
Il s'interrompit.
— Quand tu es à Alger, tu es pleinement là-bas.
— Oui. Ça te fait du mal ?
Je réfléchis honnêtement.
— Oui. Et non. Je sais ce que j'ai accepté. Mais parfois...
— Quoi ?
— Parfois je me demande ce que ça ferait d'être vraiment avec toi. Pas en cachette. Pas dans un appartement secret ou une chambre de base de vie. Juste... être avec toi. Normalement.
POV KARIM
Sa question me fit mal, parce que c'était aussi ce que je voulais.
— Un jour, murmurai-je.
— Tu le penses vraiment ?
— Oui. Arwa a quinze ans. Dans trois ans, elle sera majeure. Samar en aura quatorze. Ce sera moins...
— Dans quatre ans ? répéta-t-elle doucement. Tu me demandes d'attendre quatre ans ?
Je n'avais pas de réponse satisfaisante à ça.
— Je sais que c'est beaucoup, dis-je finalement. Je ne te demande pas de promettre quoi que ce soit. Je dis juste que... que je ne veux pas que ça s'arrête.
— Moi non plus.
— Alors on continue. Un jour à la fois.
Elle glissa ses doigts avec les miens dans le noir.
— Un jour à la fois, répéta-t-elle.
Nous restâmes silencieux un moment. Dehors, j'entendis le vent léger qui soufflait sur la base, et le bourdonnement lointain d'un générateur.
— Dis-moi quelque chose, murmura-t-elle.
— Quoi ?
— N'importe quoi. Une chose sur toi que personne d'autre ne sait.
La question me surprit par sa simplicité et son intimité.
— Quand j'avais vingt ans, dis-je doucement, je voulais être architecte. Pas ingénieur pétrolier. Architecte. Je dessinais des maisons dans mes cahiers pendant les cours.
— Pourquoi tu ne l'as pas fait ?
— Mon père voulait que je suive ses traces dans le secteur des hydrocarbures. Et j'ai obéi. Parce qu'à vingt ans, je n'avais pas encore le courage de dire non.
— Tu regrettes ?
— Parfois. Et toi ? Une chose que personne ne sait.
POV AMIRA
Je souris dans le noir, contre sa poitrine.
— J'écris. Des nouvelles. Depuis l'adolescence. Je n'ai jamais montré ça à personne. Même pas à Yasmine. Même pas à mes sœurs.
— Pourquoi ?
— Parce que c'est trop intime. Trop moi. Si quelqu'un lisait mes textes, il verrait tout ce que je cache. Toutes mes peurs, mes désirs, mes contradictions.
— Tu écrirais quoi, là, maintenant, si tu l'écrivais ?
Je réfléchis.
— J'écrirais une femme de vingt-trois ans, allongée dans le noir dans une chambre où elle ne devrait pas être. Et cet homme dont elle est amoureuse et qui lui appartient à moitié. Et cette sensation étrange d'être parfaitement heureuse et parfaitement triste en même temps.
— C'est beau.
— C'est la vérité.
Il me serra plus fort.
— Un jour, dit-il doucement, quand tout ça sera derrière nous, tu me montreras tes textes ?
— Peut-être. Si on arrive au « un jour ».
— On y arrivera.
La certitude dans sa voix me toucha.
— Tu as peur de quelque chose ? murmurai-je.
— Que Nadia découvre. Pas pour moi. Pour elle. Elle ne mérite pas ça.
— Je sais.
— Et toi ?
— J'ai peur que tu te lasses de moi. Que les complications finissent par l'emporter sur... sur tout le reste.
— Ça n'arrivera pas.
— Tu ne peux pas le promettre.
— Non. Mais je peux promettre que ce soir, dans ce lit, tu es la seule personne au monde qui compte pour moi.
POV KARIM
À un moment, elle s'assoupit contre moi. Je la sentis se détendre complètement, sa respiration devenant lente et régulière, ses doigts relâchant les miens.
Je restai éveillé, la regardant dormir dans le presque-noir.
Qu'est-ce que je fais ?
La question était simple et sans réponse. Je tenais dans mes bras une femme de vingt-trois ans que j'aimais d'une façon qui me terrifiait. Une femme dont j'avais fait ma maîtresse. Une femme à qui je demandais de se contenter de l'ombre pendant que ma femme et mes filles vivaient dans la lumière.
C'est égoïste. C'est cruel. Envers elle. Envers Nadia.
Mais la solution, la quitter pour protéger tout le monde, me semblait impossible. Je n'arrivais pas à imaginer ma vie sans elle.
Alors tu continues à mentir à tout le monde, y compris à toi-même.
Je fermai les yeux sur cette pensée.
À trois heures du matin, je la réveillai doucement.
— Il faut partir, murmurai-je. Avant que la base se réveille.
Elle ouvrit les yeux, désorientée un instant, puis la réalité lui revint.
— Déjà ?
— Oui.
Nous nous rhabillâmes dans le noir, silencieusement, nos gestes rodés par la clandestinité. Je vérifiai le couloir par l'entrebâillement de la porte : vide, le gardien devait être à l'autre bout du bâtiment.
POV AMIRA
Je mis ma capuche et me retrouvai devant lui, prête à partir.
Il prit mon visage entre ses mains et m'embrassa, longuement, tendrement, comme si chaque baiser pouvait être le dernier.
— Sois prudente, murmura-t-il.
— Toi aussi.
— Je t'appelle demain matin.
— Je sais.
Je glissai dans le couloir, longeai le mur jusqu'à l'escalier, descendis sur la pointe des pieds, franchis la porte de service et me retrouvai dans l'air frais de la nuit.
Je marchai rapidement vers mon immeuble, les mains dans les poches, la tête baissée.
La base était derrière moi. Le risque, la folie, l'adrénaline de la clandestinité.
Devant moi, les rues endormies de Hassi Messaoud, le bourdonnement éternel des générateurs, la lueur orange des torchères au loin.
Ma vie normale. Celle que je menais en dehors de Karim.
Mais en marchant dans le noir, je savais que ma vie normale ne me suffirait jamais. Pas depuis lui. Pas depuis cette nuit blanche à la base, ce sexe silencieux, ces chuchotements dans l'obscurité.
Je suis amoureuse d'un homme marié. J'ai vingt-trois ans et je suis la maîtresse de mon patron. Et je suis parfaitement heureuse et parfaitement malheureuse en même temps.
La parfaite matière pour une nouvelle.
Si seulement j'avais le courage de l'écrire.
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Chapitre 15 · Les menaces de Mohsin
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