Inspiré du réel
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Parfum de l'interdit — Chapitre 4 · Les siestes interdites
Auteur
Parfum de l'interdit
Chapitre 4 · Les siestes interdites
POV Amira
La chaleur de Hassi Messaoud en plein après-midi d'août était une créature vivante, vicieuse, qui s'infiltrait dans chaque pore de la peau malgré la climatisation poussive des bureaux. À midi pile, lorsque le soleil atteignait son zénith et transformait le désert en une mer de mirages tremblants, la ville entière semblait retenir son souffle. Les chantiers s'arrêtaient, les boutiques baissaient leurs rideaux métalliques, et même les mouches semblaient trop épuisées pour bouger.
C'était l'heure de la sieste. L'heure sacrée où tout le monde se réfugiait à l'ombre, cherchant un peu de fraîcheur et de repos avant de reprendre le labeur de l'après-midi.
Pour moi, c'était devenu l'heure d'Antonio.
Nous étions maintenant à notre sixième semaine de cette routine clandestine. Chaque jour, à midi moins cinq, je quittais mon poste de standardiste chez PetroServ Italy sous prétexte d'aller déjeuner. Mes collègues ne posaient pas de questions — la plupart faisaient de même, disparaissant dans leurs voitures pour somnoler ou rentrer rapidement chez elles avaler un repas avant de revenir à quatorze heures.
Personne ne savait que je ne déjeunais pas.
Personne ne savait que je traversais le parking brûlant jusqu'à la base de vie des cadres expatriés, que je franchissais la barrière de sécurité avec un hochement de tête au gardien qui me reconnaissait maintenant et détournait pudiquement les yeux, que je grimpais l'escalier extérieur jusqu'au deuxième étage, bâtiment C, chambre 217.
La chambre d'Antonio.
Ce mercredi-là ne faisait pas exception. À onze heures cinquante-cinq, je sauvegardai mon travail, attrapai mon sac, et informai Samira, ma collègue, que je sortais déjeuner.
— Tu ne manges pas à la cantine aujourd'hui ? demanda-t-elle distraitement, les yeux rivés sur son écran.
— Non, j'ai envie d'air frais.
Elle rit.
— De l'air frais à Hassi Messaoud en août ? Tu es masochiste.
— Non, j'ai envie d'air frais.
Elle rit.
— De l'air frais à Hassi Messaoud en août ? Tu es masochiste.
Si seulement elle savait.
Dehors, la chaleur me frappa comme un mur solide. Quarante-huit degrés, avait annoncé la radio ce matin. Le goudron du parking ondulait sous la canicule, et je sentis la semelle de mes sandales coller légèrement à chaque pas. Mon chemisier blanc se plaqua immédiatement contre ma peau moite, et je regrettai d'avoir mis un soutien-gorge — dans cette fournaise, chaque couche de tissu était une torture.
La base de vie n'était qu'à trois cents mètres, mais j'arrivai essoufflée, des gouttes de sueur perlant à mon front et entre mes seins. Le gardien, un Algérien d'une cinquantaine d'années au visage tanné par le soleil, me salua d'un hochement de tête.
— Saha, mademoiselle.
— Saha, répondis-je en passant rapidement.
— Saha, répondis-je en passant rapidement.
Je savais qu'il savait. Je voyais dans ses yeux ce mélange de réprobation et de compréhension masculine, cette solidarité tacite entre hommes qui fermaient les yeux sur les écarts de leurs semblables. Cela m'aurait peut-être gênée il y a quelques mois. Maintenant, je m'en foutais.
L'escalier métallique extérieur brûlait sous mes doigts lorsque je m'agrippai à la rampe. Je montai rapidement, mes talons claquant sur les marches, et arrivai devant la porte 217. Je frappai trois coups rapides — notre code.
La porte s'ouvrit immédiatement.
Antonio se tenait là, torse nu, vêtu uniquement d'un bas de pyjama en coton léger. Ses cheveux étaient encore humides de la douche, et des gouttelettes brillaient sur son torse musclé, se perdant dans la fine toison brune qui descendait jusqu'à la ceinture élastique de boxer.
— Finalmente, murmura-t-il en m'attirant à l'intérieur et refermant la porte d'un coup de pied.
Il m'embrassa avant même que la porte soit refermée – un baiser différent du premier soir, moins de découverte et plus de réclamation, comme si les semaines écoulées lui avaient appris ce qu'il voulait et comment le prendre. Mes mains remontèrent sur son torse encore frais de douche, le contraste de sa peau froide contre la mienne surchauffée me faisant frissonner dans le sens inverse du froid.
— Tu es en retard, dit-il contre mes lèvres. J'ai cru que tu ne viendrais pas.
— Trois minutes, Antonio. J'ai trois minutes de retard.
— Trois minutes où je devenais fou en pensant à toi. À ce que j'allais te faire.
— Trois minutes, Antonio. J'ai trois minutes de retard.
— Trois minutes où je devenais fou en pensant à toi. À ce que j'allais te faire.
Ses mains descendirent le long de mon dos, agrippant mes fesses à travers ma jupe crayon noire, les pressant avec une force qui me fit haleter.
— Alors montre-moi, soufflai-je. Montre-moi ce que tu veux me faire.
Il grogna, un son purement animal, et me souleva. Instinctivement, j'enroulai mes jambes autour de sa taille tandis qu'il me portait vers le lit. La climatisation ronronnait à plein régime, transformant la chambre en un cocon de fraîcheur artificielle qui contrastait violemment avec la fournaise extérieure. Mes bras nus se couvrirent de chair de poule lorsqu'il me déposa sur le lit, le drap blanc immaculé frais contre ma peau brûlante.
— Tu es tellement belle, murmura-t-il en se redressant pour me regarder. Così bella che mi fai impazzire.
Il se pencha et commença à déboutonner mon chemisier, lentement, torturant chaque bouton comme s'il déballait un cadeau précieux. Je me cambrai, impatiente, mais il secoua la tête avec un sourire.
— Piano, tesoro. Nous avons deux heures. Je veux prendre mon temps avec toi.
— On n'a jamais deux heures. On a une heure et demie au maximum avant que je doive retourner au bureau.
— Alors je ne vais pas gaspiller une seule minute.
— On n'a jamais deux heures. On a une heure et demie au maximum avant que je doive retourner au bureau.
— Alors je ne vais pas gaspiller une seule minute.
Lorsque mon chemisier fut enfin ouvert, révélant mon soutien-gorge en dentelle beige, il siffla doucement entre ses dents.
— Madonna. Chaque fois, c'est comme la première fois. Tu me coupes le souffle.
Il fit glisser le chemisier le long de mes bras, le jetant négligemment sur le sol. Ses mains remontèrent le long de mes flancs, ses pouces frôlant le dessous de mes seins à travers la dentelle, me faisant frissonner.
— Tu as froid ? demanda-t-il avec un sourire en coin, voyant ma chair de poule.
— La clim est trop forte.
— Je vais te réchauffer.
— La clim est trop forte.
— Je vais te réchauffer.
Il dégrafa mon soutien-gorge avec une habileté née de l'expérience, libérant mes seins. Mes mamelons étaient déjà durcis, autant par le froid que par l'excitation. Il en prit un dans sa bouche, mordillant le téton sensible.
Je gémis, mes mains s'enfonçant dans ses cheveux humides, le maintenant contre ma poitrine. Il passa à l'autre sein tandis que sa main libre défaisait la fermeture éclair de ma jupe.
— Soulève tes hanches, ordonna-t-il.
J'obéis, et il fit glisser ma jupe et ma culotte en un seul mouvement fluide. Soudain, j'étais nue devant lui, exposée dans la lumière crue qui filtrait à travers les stores à moitié fermés.
Il se redressa, me contemplant avec un regard si affamé que je sentis une nouvelle vague de chaleur, sans rien à voir avec la température extérieure, se répandre dans mon bas-ventre.
— Perfetta, murmura-t-il en faisant glisser son boxer.
Son sexe se dressa, épais et dur, et je déglutis en le voyant. Même après toutes ces semaines, je n'étais pas encore tout à fait habituée à sa taille.
Il s'allongea sur moi, son corps chaud et lourd m'écrasant délicieusement dans le matelas. Ses lèvres trouvèrent les miennes à nouveau, et nous nous embrassâmes longuement, profondément, nos langues se battant pour la domination.
Ses mains exploraient mon corps avec une familiarité propriétaire, caressant, pétrissant, pinçant. Il connaissait maintenant chaque courbe, chaque point sensible, chaque endroit qui me faisait gémir ou haleter.
— Antonio... s'il te plaît...
— Quoi, amore mio ? Qu'est-ce que tu veux ?
— Toi... je te veux en moi...
— Pas encore. D'abord, je veux te goûter.
— Quoi, amore mio ? Qu'est-ce que tu veux ?
— Toi... je te veux en moi...
— Pas encore. D'abord, je veux te goûter.
Il descendit le long de mon corps, parsemant ma peau de baisers brûlants. Il s'attarda sur mon ventre, sa langue traçant des motifs autour de mon nombril, puis descendit encore, écartant mes cuisses avec ses mains.
— Dio, tu es déjà trempée, constata-t-il avec satisfaction en effleurant mon intimité du bout des doigts.
— C'est ta faute, haletai-je. Je pense à toi toute la matinée... à ce que tu vas me faire...
— Et qu'est-ce que je vais te faire, tesoro ? Dis-le-moi.
— Tu vas... tu vas me lécher jusqu'à ce que je jouisse sur ton visage.
— C'est ta faute, haletai-je. Je pense à toi toute la matinée... à ce que tu vas me faire...
— Et qu'est-ce que je vais te faire, tesoro ? Dis-le-moi.
— Tu vas... tu vas me lécher jusqu'à ce que je jouisse sur ton visage.
Il rit, un son grave et rauque.
— Esattamente.
Sa bouche trouva mon sexe avec la précision de quelqu'un qui avait appris, au fil des semaines, ce qui fonctionnait et ce qui me faisait perdre pied. Il n'y avait rien de tâtonnant là-dedans - c'était méthodique, presque implacable, et j'avais cessé depuis longtemps d'en avoir honte. Je pris ce qu'il me donnait les yeux fermés, concentrée sur cette accumulation de sensations qui ne demandaient rien d'autre qu'elles-mêmes.
Quand l'orgasme arriva, il arriva comme tous les autres avec Antonio – vif, complet, sans traîne. Mon corps prit ce dont il avait besoin et revint à lui-même.
Mes cuisses se refermèrent autour de sa tête, le maintenant prisonnier contre mon sexe palpitant, et il continua à me lécher à travers les vagues de plaisir, prolongeant mon extase jusqu'à ce que je le repousse, trop sensible.
Il se redressa, son visage luisant de ma jouissance, un sourire satisfait aux lèvres.
— Delizioso, dit-il en se léchant les lèvres. Tu as le goût du paradis.
Je haletais encore, mon corps tremblant d'après-coup. Mais je n'avais pas fini. Je voulais plus. Je voulais tout.
Je me redressai sur les coudes, le regardant avec un défi dans les yeux.
— À mon tour.
Je le poussai sur le dos et me positionnai entre ses cuisses. Son sexe se dressait fièrement, la tête gonflée et luisante de pré-sperme. Je le pris dans ma main, appréciant son poids, sa chaleur, sa dureté.
— Dio, Amira... ta main...
Je me penchai et passai ma langue sur toute sa longueur, de la base jusqu'au gland, goûtant son essence salée. Il grogna, ses hanches se soulevant involontairement.
— Tu aimes ça ? demandai-je avec un sourire.
— Tu sais que oui... porca miseria, tu sais exactement ce que tu me fais...
— Tu sais que oui... porca miseria, tu sais exactement ce que tu me fais...
Je pris son gland dans ma bouche, suçant doucement, ma langue traçant des cercles autour du frein sensible. Ses mains s'enfoncèrent dans mes cheveux, me guidant, me contrôlant.
— Oui, comme ça, tesoro...
J'obéis, je le maintins là quelques secondes au fond de ma gorge avant de remonter, créant une succion qui le fit gémir.
— Madonna santa... ta bouche... ta bouche est parfaite...
Je le suçais avec application, avec un plaisir croissant, aimant le pouvoir que j'avais sur lui dans ces moments-là, aimant les sons qu'il faisait, les tremblements de ses cuisses sous mes mains.
— Amira... amore... si tu continues comme ça, je vais jouir dans ta bouche...
Je le relâchai avec un bruit de succion obscène, le regardant avec un sourire provocateur.
— Pas encore. Je veux te sentir en moi d'abord.
— Grazie a Dio.
— Grazie a Dio.
Il me fit basculer sur le dos. Je connaissais la suite – ce moment où tout le reste de la journée disparaissait, le bureau, la standardiste que j'étais dans deux heures, les regards du gardien en bas. Il entra en moi d'un coup, puissant et direct, et je me laissai traverser par cette sensation sans chercher à l'analyser. C'était ça avec Antonio – rien à analyser. Juste le corps qui répondait au corps, proprement, sans reste.
Je criai, autant de surprise que de plaisir, mes ongles griffant son dos.
— Cazzo... tu es si serrée... si chaude...
Il commença à bouger, de longs coups de reins profonds qui me remplissaient complètement avant de se retirer presque entièrement. Le lit grinçait sous nos mouvements, le matelas rebondissant au rythme de ses assauts.
— Plus fort, haletai-je. Baise-moi plus fort... défonce-moi...
— Comme ça ? demanda-t-il en accélérant, en frappant plus fort.
— Comme ça ? demanda-t-il en accélérant, en frappant plus fort.
Soudain, il frappait ce point magique en moi avec chaque coup, et je vis des étoiles exploser derrière mes paupières closes.
— Oh putain... là... juste là... ne t'arrête pas...
— Je ne vais pas m'arrêter, tesoro... je vais te baiser jusqu'à ce que tu ne puisses plus marcher... jusqu'à ce que tu sentes ma queue en toi toute la journée au bureau...
— Je ne vais pas m'arrêter, tesoro... je vais te baiser jusqu'à ce que tu ne puisses plus marcher... jusqu'à ce que tu sentes ma queue en toi toute la journée au bureau...
Ses mots crus, prononcés avec cet accent italien qui transformait même les obscénités en poésie, me poussèrent plus près du bord. Je sentais un deuxième orgasme monter, plus puissant que le premier.
— Tu vas jouir pour moi encore une fois ? demanda-t-il, sa voix rauque d'effort. Tu vas jouir sur ma queue comme une bonne fille ?
— Oui... oui... je vais jouir...
— Oui... oui... je vais jouir...
L'orgasme me traversa de bas en haut, long et dense, différent du premier – moins de surprise, plus de profondeur. Je l'entendis jurer en italien, sentis son rythme se briser, et sus qu'il était au bord. Mon corps finissait ce qu'il avait commencé. C'était tout. C'était assez.
— Sto venendo... je jouis... cazzo...
Il se retira précipitamment et éjacula sur mon ventre, de longs jets de semence chaude qui marquèrent ma peau. Il haleta au-dessus de moi, ses bras tremblants de l'effort de se maintenir.
Nous restâmes ainsi quelques instants, reprenant notre souffle, nos corps luisants de sueur malgré la climatisation. Puis il s'effondra à côté de moi, m'attirant contre lui.
— Mamma mia, souffla-t-il. Chaque fois, c'est mieux que la fois d'avant.
Je souris contre son torse, traçant des motifs paresseux dans la toison brune.
— On a encore un peu de temps, dis-je en regardant l'horloge digitale sur la table de nuit. Quarante minutes.
— Assez pour une autre fois ?
— Peut-être. Laisse-moi juste reprendre mon souffle.
— Assez pour une autre fois ?
— Peut-être. Laisse-moi juste reprendre mon souffle.
Il rit et se leva pour aller chercher une serviette dans la salle de bains. Il nettoya mon ventre avec des gestes tendres, presque amoureux, et je fermai les yeux, me laissant dorloter.
Lorsqu'il revint s'allonger, il m'attira contre lui, caressant mes cheveux.
— Amira, dit-il doucement. Il faut qu'on parle.
Mon corps se tendit immédiatement. Rien de bon ne commençait jamais par « il faut qu'on parle ».
— De quoi ?
— De nous. De ce que nous sommes.
— De nous. De ce que nous sommes.
Je me redressai, le regardant avec méfiance.
— On a déjà eu cette conversation, Antonio. On est deux adultes qui partagent du bon temps. C'est tout.
— Je sais ce qu'on a dit. Mais... tesoro, ça fait presque deux mois maintenant. Et je... je commence à ressentir des choses.
— Je sais ce qu'on a dit. Mais... tesoro, ça fait presque deux mois maintenant. Et je... je commence à ressentir des choses.
Mon cœur se serra, pas de joie, mais d'appréhension.
— Quel genre de choses ?
Il soupira, passant une main dans ses cheveux.
— Je pense à toi tout le temps. Pas juste quand nous sommes ensemble comme ça. Mais le soir, quand je suis seul. Le matin quand je me réveille. Au travail, quand je te vois au standard et que je ne peux pas te toucher. Tu me manques, Amira.
— Antonio...
— Attends, laisse-moi finir. Je sais ce qu'on a dit au début. Pas de sentiments, pas de complications. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Tu es... tu es spéciale. Et je voudrais plus que ça.
— Plus que quoi ?
— Plus que des baisades furtives pendant la pause déjeuner. Je veux t'emmener dîner publiquement. Je veux que tu restes toute la nuit. Je veux... cazzo, je veux construire quelque chose avec toi.
— Antonio...
— Attends, laisse-moi finir. Je sais ce qu'on a dit au début. Pas de sentiments, pas de complications. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Tu es... tu es spéciale. Et je voudrais plus que ça.
— Plus que quoi ?
— Plus que des baisades furtives pendant la pause déjeuner. Je veux t'emmener dîner publiquement. Je veux que tu restes toute la nuit. Je veux... cazzo, je veux construire quelque chose avec toi.
Je me levai du lit, sentant la panique monter dans ma poitrine. C'était exactement ce que je ne voulais pas. Ce pour quoi j'avais établi ces règles dès le départ.
— On avait un accord, dis-je froidement en commençant à ramasser mes vêtements éparpillés.
— Je sais, mais les accords peuvent changer...
— Non. Pas celui-ci.
— Je sais, mais les accords peuvent changer...
— Non. Pas celui-ci.
Il se leva aussi, me faisant face, nu et vulnérable.
— Pourquoi pas ? Pourquoi tu refuses même d'essayer ?
— Parce que je ne veux pas d'une relation, Antonio ! Je te l'ai dit dès le début !
— Mais pourquoi ? Tu as été blessée, je comprends. Mais je ne suis pas lui, qui qu'il soit. Je ne vais pas te faire du mal.
— Parce que je ne veux pas d'une relation, Antonio ! Je te l'ai dit dès le début !
— Mais pourquoi ? Tu as été blessée, je comprends. Mais je ne suis pas lui, qui qu'il soit. Je ne vais pas te faire du mal.
Je ris amèrement en enfilant ma culotte.
— C'est exactement ce qu'ils disent tous. Et puis ils mentent, ils trompent, ils partent.
— Amira...
— Et puis, continuai-je en boutonnant mon chemisier, tu vas partir de toute façon. Dans un an. Ton contrat se termine, tu retournes en Italie, et moi je reste ici. À quoi bon construire quelque chose qui est voué à l'échec ?
— Amira...
— Et puis, continuai-je en boutonnant mon chemisier, tu vas partir de toute façon. Dans un an. Ton contrat se termine, tu retournes en Italie, et moi je reste ici. À quoi bon construire quelque chose qui est voué à l'échec ?
Il s'approcha, posant ses mains sur mes épaules.
— Viens avec moi. Quand je pars, viens avec moi.
Je le regardai, incrédule.
— Quoi ?
— En Italie. À Rome. Je peux t'aider à trouver un travail, un appartement. On pourrait avoir une vraie vie ensemble, loin de ce trou perdu dans le désert.
— Tu es sérieux ?
— Complètement. Je... Dio, je pense que je suis en train de tomber amoureux de toi, Amira.
— En Italie. À Rome. Je peux t'aider à trouver un travail, un appartement. On pourrait avoir une vraie vie ensemble, loin de ce trou perdu dans le désert.
— Tu es sérieux ?
— Complètement. Je... Dio, je pense que je suis en train de tomber amoureux de toi, Amira.
Les mots restèrent suspendus dans l'air climatisé de la chambre. Je suis en train de tomber amoureux de toi.
Des mots que j'avais tant voulu entendre de la bouche de Mehdi. Des mots qui m'auraient fait fondre il y a quelques mois.
Maintenant, ils me glaçaient le sang.
— Non, dis-je en reculant d'un pas. Non, Antonio. Tu n'es pas amoureux de moi. Tu es amoureux d'une idée de moi. De la fille que tu baises pendant la pause déjeuner et qui ne te demande rien en retour.
— C'est faux...
— C'est vrai. Et quand je deviendrai une vraie personne avec de vraies attentes, quand je ne serai plus juste ton fantasme du midi, tu te lasseras.
— Tu ne me connais pas si tu penses ça.
— Et toi, tu ne me connais pas non plus. Tout ce que tu sais de moi, c'est comment je gémis quand tu me baises. Tu ne sais rien de ma vraie vie, de ma famille, de mes rêves, de mes peurs.
— Alors raconte-moi ! Je veux savoir !
— Pourquoi ? Pour que tu puisses jouer au sauveur ? Pour que tu puisses te dire que tu m'as « sauvée » de Hassi Messaoud et emmenée dans ta belle Italie ? Non merci.
— C'est faux...
— C'est vrai. Et quand je deviendrai une vraie personne avec de vraies attentes, quand je ne serai plus juste ton fantasme du midi, tu te lasseras.
— Tu ne me connais pas si tu penses ça.
— Et toi, tu ne me connais pas non plus. Tout ce que tu sais de moi, c'est comment je gémis quand tu me baises. Tu ne sais rien de ma vraie vie, de ma famille, de mes rêves, de mes peurs.
— Alors raconte-moi ! Je veux savoir !
— Pourquoi ? Pour que tu puisses jouer au sauveur ? Pour que tu puisses te dire que tu m'as « sauvée » de Hassi Messaoud et emmenée dans ta belle Italie ? Non merci.
Je finis de m'habiller rapidement, ignorant ses protestations. Lorsque je fus présentable, je me dirigeai vers la porte.
— Amira, attends...
Je me retournai, une main sur la poignée.
— Écoute, Antonio. Tu es un type bien. Vraiment. Et le sexe est incroyable. Mais c'est tout ce que c'est. Du sexe. Si tu veux plus que ça, alors on arrête tout de suite.
— Tu ne parles pas sérieusement.
— Je suis très sérieuse. C'est à toi de décider. On continue comme avant, sans sentiments, sans promesses. Ou on arrête complètement.
— Tu ne parles pas sérieusement.
— Je suis très sérieuse. C'est à toi de décider. On continue comme avant, sans sentiments, sans promesses. Ou on arrête complètement.
Il me regarda longuement, et je vis la bataille qui se livrait dans ses yeux. L'orgueil contre le désir. L'amour contre le plaisir.
Finalement, il soupira.
— D'accord. On continue comme avant.
— Vraiment ?
— Que veux-tu que je dise, Amira ? Que je peux t'oublier ? Que je peux arrêter de penser à toi ? Je ne peux pas. Alors oui, on continue. Même si c'est juste du sexe pour toi, c'est mieux que rien.
— Vraiment ?
— Que veux-tu que je dise, Amira ? Que je peux t'oublier ? Que je peux arrêter de penser à toi ? Je ne peux pas. Alors oui, on continue. Même si c'est juste du sexe pour toi, c'est mieux que rien.
Une partie de moi se sentit coupable. Une toute petite partie, facilement ignorée.
— Bien. Alors à demain ?
— À demain.
— À demain.
J'ouvris la porte et sortis dans le couloir surchauffé. Le contraste entre la fraîcheur de la chambre et la chaleur extérieure me frappa comme une gifle. Je descendis rapidement l'escalier, ignorant le regard du gardien, et marchai d'un pas rapide vers le bureau.
Mon téléphone vibra. Un message d'Antonio.
Je t'aime quand même. Même si tu ne veux pas l'entendre.
Je supprimai le message et mis mon téléphone en mode silencieux.
Les jours suivants établirent un nouveau rythme que je n'avais pas prévu, étrange et inconfortable. Nous continuions nos rendez-vous de midi, mais Antonio avait changé de registre. Ses mains se posaient différemment – moins de précision, plus de durée. Il cherchait le contact là où il n'y avait que de la sensation avant. Ses mots doux en italien, que j'avais d'abord trouvés pittoresques, devinrent quelque chose d'autre – une pression douce mais réelle, un rappel constant de ce qu'il ressentait et que je refusais de recevoir.
Je faisais ce que je savais faire : je fermais mon cœur et ouvrais mon corps. Et j'attendais que ça suffise à l'un de nous deux.
Un après-midi, environ une semaine après notre conversation, alors que nous étions allongés dans les draps froissés, il recommença.
— Amira, amore mio, nous devrions parler de l'avenir...
— Il n'y a pas d'avenir, Antonio. Il y a juste l'instant.
— Mais dans dix mois, mon contrat...
— Dans dix mois, tu partiras. Et je resterai. Fin de l'histoire.
— Et si je te demandais de m'épouser ?
— Il n'y a pas d'avenir, Antonio. Il y a juste l'instant.
— Mais dans dix mois, mon contrat...
— Dans dix mois, tu partiras. Et je resterai. Fin de l'histoire.
— Et si je te demandais de m'épouser ?
Je me redressai brusquement, le regardant comme s'il avait perdu la tête.
— Quoi ?
— Le mariage. Si je me convertis à l'Islam, nous pourrions nous marier. Légalement. Officiellement. Tu pourrais venir en Italie en tant que ma femme.
— Le mariage. Si je me convertis à l'Islam, nous pourrions nous marier. Légalement. Officiellement. Tu pourrais venir en Italie en tant que ma femme.
Je le fixai, incrédule. Il était sérieux. Complètement, désespérément sérieux.
— Tu... tu te convertirais à l'Islam ? Pour moi ?
— Pour toi, oui. Je me convertirais, je changerais de religion, je ferais ce qu'il faut. Parce que je t'aime, Amira. Et je veux t'épouser.
— Pour toi, oui. Je me convertirais, je changerais de religion, je ferais ce qu'il faut. Parce que je t'aime, Amira. Et je veux t'épouser.
Mon cœur aurait dû fondre. N'était-ce pas le rêve de toute femme ? Un homme prêt à tout abandonner pour elle ? Un homme qui offrait le mariage, la sécurité, une nouvelle vie ?
Mais tout ce que je ressentais, c'était de la colère.
— Tu ne m'aimes pas, dis-je froidement. Tu ne me connais pas vraiment.
— Alors laisse-moi te connaître !
— Non ! Parce que dès que tu me connaîtras vraiment, tu verras que je suis brisée ! Que je suis incapable d'aimer ! Que tout ce que je peux t'offrir, c'est mon corps !
— Alors laisse-moi te connaître !
— Non ! Parce que dès que tu me connaîtras vraiment, tu verras que je suis brisée ! Que je suis incapable d'aimer ! Que tout ce que je peux t'offrir, c'est mon corps !
Les mots jaillirent de ma bouche avant que je puisse les arrêter, crus et véridiques. Antonio me regarda, choqué.
— Tu n'es pas brisée...
— Si, je le suis. Et je ne veux pas être réparée. Je veux juste... je veux juste baiser et oublier.
— Oublier quoi ?
— Tout. La douleur. Les mensonges. Les promesses vides. Toi, tu me promets le mariage et l'Italie, mais dans six mois, tu trouveras quelqu'un de nouveau. Quelqu'un de moins compliqué. Et toutes ces belles promesses s'envoleront en fumée.
— Tu ne peux pas savoir ça...
— Je le sais. Parce que c'est toujours comme ça. Les hommes promettent la lune, et ils donnent des cailloux.
— Si, je le suis. Et je ne veux pas être réparée. Je veux juste... je veux juste baiser et oublier.
— Oublier quoi ?
— Tout. La douleur. Les mensonges. Les promesses vides. Toi, tu me promets le mariage et l'Italie, mais dans six mois, tu trouveras quelqu'un de nouveau. Quelqu'un de moins compliqué. Et toutes ces belles promesses s'envoleront en fumée.
— Tu ne peux pas savoir ça...
— Je le sais. Parce que c'est toujours comme ça. Les hommes promettent la lune, et ils donnent des cailloux.
Il me regarda avec une tristesse qui me toucha malgré moi.
— Qui t'a fait ça, Amira ? Qui t'a blessée à ce point ?
— Ce n'est pas important.
— Ça l'est pour moi.
— Ce n'est pas important.
— Ça l'est pour moi.
Je soupirai, fatiguée soudainement de cette conversation, de ses questions, de ses déclarations.
— Écoute, Antonio. Je ne vais pas t'épouser. Je ne vais pas venir en Italie avec toi. Je ne vais pas te donner ce que tu cherches. Tout ce que je peux te donner, c'est ça. Mes rendez-vous de midi. Mon corps. Mon plaisir. Si ce n'est pas assez, alors arrêtons maintenant.
— C'est un ultimatum ?
— C'est la réalité.
— C'est un ultimatum ?
— C'est la réalité.
Il ferma les yeux, luttant visiblement contre lui-même. Puis il les rouvrit, et je vis quelque chose de différent dans son regard. De la résignation.
— D'accord. D'accord, je ne parlerai plus de mariage. Je ne parlerai plus d'avenir. On reste dans le présent.
— Vraiment ?
— Qu'est-ce que tu veux que je dise ? Je préfère t'avoir comme ça que ne pas t'avoir du tout.
— Vraiment ?
— Qu'est-ce que tu veux que je dise ? Je préfère t'avoir comme ça que ne pas t'avoir du tout.
C'était pathétique, et nous le savions tous les deux. Mais c'était honnête.
— Bien.
Je me penchai et l'embrassai – non pas pour lui donner quelque chose, mais pour couper court. Il répondit avec une urgence que je n'avais pas vue depuis le début, quelque chose de plus violent que le désir ordinaire, quelque chose qui ressemblait à de la panique. Il me renversa sur le lit et entra en moi sans préambule.
Ce fut différent des autres fois. Ses hanches cognaient contre les miennes avec une insistance qui n'avait rien à voir avec le plaisir - c'était de la frustration cherchant un exutoire, de la colère contre lui-même, contre moi, contre ce que nous étions devenus. Je le laissai faire. Je pris ça aussi, les yeux ouverts sur le plafond blanc, consciente de chaque coup, consciente de son visage dans mon cou, de sa respiration qui s'emballait.
Quand il jouit, il prononça mon prénom d'une façon qui me fit mal – comme si ce prénom contenait tout ce que je lui refusais. Je m'organisai pour qu'il ne voie pas que j'avais entendu.
Quelques secondes plus tard, je sus que c'était le début de la fin.
Antonio ne tiendrait pas sa promesse. Les sentiments finiraient par le consumer, et il exigerait plus que ce que je pouvais donner. Et alors, je devrais partir.
Mais pour l'instant, dans ces siestes interdites, il y avait encore cette chambre froide et lui dedans, et mon corps qui prenait ce qu'on lui offrait sans demander ce que ça signifiait. C'était quelque chose. Dans la vie que je menais depuis la trahison de Mohsin, quelque chose valait mieux que rien.
Je savais juste, en descendant l'escalier vers la chaleur de midi, que ce quelque chose avait une limite. Et qu'on en approchait.
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