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Couverture de Parfum de l'interdit, par NadiaKarim
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Parfum de l'interdit — Chapitre 11 · Le pacte de l'ombre

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NadiaKarim
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Parfum de l'interdit

Chapitre 11 · Le pacte de l'ombre

POV AMIRA
L'avion de Karim atterrissait à quatorze heures. Je le savais parce que j'avais vérifié l'horaire du vol au moins vingt fois depuis ce matin. Mon cœur n'avait pas cessé de battre trop vite, mes mains tremblaient légèrement tandis que je classais des dossiers qui n'avaient pas besoin d'être classés.
Nadira était revenue de son congé maladie, et elle me lançait des regards curieux que j'ignorais soigneusement. Elle savait. Ou du moins, elle soupçonnait quelque chose. Mais tant qu'elle n'avait pas de preuves, je pouvais continuer à faire semblant.
À quinze heures, la porte de l'antichambre s'ouvrit.
Karim entra, sa mallette à la main, son costume gris impeccable malgré le voyage. Nos regards se croisèrent, et le temps sembla se suspendre.
Deux semaines. Cela faisait deux semaines que je ne l'avais pas vu en chair et en os. Deux semaines à survivre avec des messages nocturnes et des souvenirs brûlants.
— Bonjour, Monsieur le Directeur, dis-je d'une voix que j'espérais professionnelle. Bon retour.
— Merci, Amira. Bonjour, Nadira.
— Bonjour, Monsieur Benfilali. J'espère que votre séjour à Alger s'est bien passé ?
— Très bien, merci.
Il disparut dans son bureau, refermant la porte derrière lui. Je fixai cette porte close, mon cœur battant si fort que j'avais peur qu'il n'explose.
Il est là. Il est revenu. Et ce soir...
Mon téléphone vibra discrètement. Un message.
"Dix-neuf heures. Je passe te prendre devant ton immeuble. Mets quelque chose de joli. On sort."
POV KARIM
Refermer la porte de mon bureau fut un acte de survie. Parce que si j'étais resté une seconde de plus dans cette antichambre, regardant Amira avec ses yeux brillants et ses lèvres légèrement entrouvertes, j'aurais fait quelque chose d'irréparable.
Comme la prendre dans mes bras. L'embrasser devant Nadira. Lui montrer à quel point elle m'avait manqué.
Je m'effondrai dans mon fauteuil, passant une main tremblante dans mes cheveux.
Ressaisis-toi. Tu es au bureau. Tu es son patron. Comporte-toi en conséquence.
Mais même en me le répétant, tout ce que je pouvais penser, c'était ce soir. L'appartement que j'avais loué — discret, dans un quartier tranquille de Hassi Messaoud, loin des regards indiscrets. Notre nid secret.
Non. Pas ce soir. Ce soir, nous devions parler. Établir des règles. Comprendre ce que nous faisions, où nous allions.
Et après, je la prendrai dans mes bras et je lui ferai l'amour jusqu'à ce que nous oubliions tous les deux pourquoi c'est une mauvaise idée.
POV AMIRA
À dix-huit heures quarante-cinq, j'étais prête.
J'avais choisi une robe fourreau bordeaux qui moulait mes courbes sans être vulgaire, des talons nude qui allongeaient mes jambes, et j'avais laissé mes cheveux détachés en vagues souples sur mes épaules. Un maquillage discret — juste assez pour mettre en valeur mes yeux et mes lèvres.
Ma mère me regarda avec surprise lorsque je descendis dans le salon.
— Tu sors ?
— Oui. Un dîner avec une collègue.
— Yasmine ?
— Non. Une autre. Nadira.
Le mensonge glissa facilement de mes lèvres. Trop facilement.
— Ne rentre pas trop tard.
— Promis.
Je sortis de l'immeuble à dix-neuf heures précises. Le Land Cruiser blanc de Karim était garé de l'autre côté de la rue, ses phares éteints. Mon cœur bondit.
Je traversai rapidement et montai dans la voiture. L'habitacle sentait son eau de toilette — bois et agrumes — et quelque chose de plus subtil. Du désir retenu.
— Bonsoir, murmurai-je.
Il me regarda, ses yeux s'assombrissant en détaillant ma tenue.
— Tu es magnifique.
— Merci. Toi aussi.
Il portait un costume noir sans cravate, la chemise blanche ouverte au col, révélant la base de son cou bronzé. Ses cheveux étaient légèrement décoiffés, comme s'il y avait passé la main nerveusement.
Il tendit la main et caressa ma joue, son pouce effleurant mes lèvres.
— Tu m'as tellement manqué.
— Toi aussi.
Il se pencha, et nos lèvres se rencontrèrent dans un baiser qui effaça deux semaines d'absence. Sa langue força le passage entre mes lèvres, dansant avec la mienne, et je gémis doucement dans sa bouche.
Lorsque nous nous séparâmes, nous haletions tous les deux.
— Si on ne part pas maintenant, je vais te prendre ici, dans cette voiture, devant ton immeuble.
— Ce ne serait pas très discret.
— Non. Attache ta ceinture.
POV KARIM
Je conduisis vers le restaurant que j'avais réservé — Le Sahara Doré, un établissement gastronomique en périphérie de Hassi Messaoud, fréquenté principalement par des expatriés et des cadres en déplacement. Un endroit où personne ne nous connaîtrait.
Pendant le trajet, nous parlâmes peu. Mais ma main libre trouva la sienne, nos doigts s'entrelacèrent, et ce simple contact suffit à calmer le chaos dans ma tête.
Le restaurant était exactement comme je l'espérais — élégant mais discret, avec des boxes semi-privés qui offraient une intimité relative. Le maître d'hôtel nous conduisit à une table dans un coin tranquille, loin des autres clients.
— Du vin, Monsieur ?
— Oui. Une bouteille de Château Musar, s'il vous plaît.
Lorsque nous fûmes seuls, je regardai Amira assise en face de moi, la lumière tamisée des bougies jouant sur son visage. Elle était si belle que j'en avais mal.
— Comment s'est passé ton séjour à Alger ? demanda-t-elle doucement.
— Bien. Ma famille était heureuse de me voir.
— Ta femme ?
Le mot — ta femme — tomba entre nous comme une pierre.
— Nadia va bien. Les filles aussi. Elles grandissent trop vite.
— Tu leur as manqué.
— Oui. Et elles m'ont manqué aussi.
Un silence inconfortable s'installa. Amira jouait nerveusement avec sa serviette.
— Karim... qu'est-ce qu'on fait ?
— C'est exactement de ça qu'on doit parler ce soir.
POV AMIRA
Le serveur apporta le vin et prit nos commandes — un tajine d'agneau pour Karim, un poisson grillé pour moi. Lorsqu'il fut reparti, Karim se pencha en avant, ses yeux fixés sur les miens.
— Amira, je ne vais pas te mentir. Je ne peux pas quitter ma femme. Pas maintenant. Peut-être jamais.
Ses mots me firent mal, même si je m'y attendais.
— Je sais.
— Mes filles... elles sont tout pour moi. Je ne peux pas leur faire ça. Les briser avec un divorce.
— Je comprends.
— Mais je ne peux pas non plus te laisser partir. J'ai essayé. Pendant ces deux semaines à Alger, j'ai essayé de me convaincre que c'était une erreur, que je devais mettre fin à ça. Mais je ne peux pas.
— Qu'est-ce que tu proposes alors ?
Il prit une profonde inspiration.
— Je propose qu'on continue. Discrètement. Prudemment. Que tu sois... à moi. Et que je sois à toi. Autant que je peux l'être.
— Tu veux que je sois ta maîtresse.
— Je déteste ce mot. Mais... oui. C'est essentiellement ça.
Je bus une gorgée de vin, laissant l'alcool brûler ma gorge, me donnant le courage de dire ce que je devais dire.
— Et qu'est-ce que tu attends de moi exactement ?
POV KARIM
— De la discrétion. De la patience. Et... de la fidélité.
Le dernier mot sortit difficilement.
— De la fidélité ?
Elle me regarda, incrédule.
— Tu veux que je te sois fidèle alors que toi, tu rentres chez ta femme toutes les deux semaines ?
— Je sais que c'est injuste. Je sais que c'est hypocrite. Mais je ne peux pas supporter l'idée de te partager.
— Mais je dois te partager, moi.
— C'est différent. Nadia est ma femme. C'est un engagement que j'ai pris il y a dix-neuf ans. Toi et moi... c'est nouveau. C'est...
— Secret, compléta-t-elle amèrement. Caché. Illicite.
— Oui.
Elle posa son verre, ses mains tremblant légèrement.
— Et si je refuse ces conditions ? Si je te dis que je ne peux pas accepter ça ?
Mon cœur se serra douloureusement.
— Alors on arrête. Maintenant. Avant que ça n'aille plus loin.
POV AMIRA
Avant que ça n'aille plus loin.
Comme si nous n'avions pas déjà franchi toutes les lignes possibles. Comme si mon cœur n'était pas déjà entre ses mains.
— Je veux savoir quelque chose, dis-je. Et je veux la vérité.
— D'accord.
— Est-ce que tu l'aimes ? Nadia ?
Il ne détourna pas les yeux.
— Oui. Je l'aime. Mais pas de la même façon que je...
Il s'interrompit, comme s'il avait peur de terminer sa phrase.
— Que tu quoi ?
— Que je ressens pour toi. Avec Nadia, c'est... confortable. Stable. Prévisible. Dix-neuf ans de vie partagée. Avec toi, c'est... incendiaire. Intense. Tu me fais me sentir vivant d'une façon que j'avais oubliée.
— Mais pas assez pour la quitter.
— Ce n'est pas aussi simple. Il ne s'agit pas seulement de moi et de mes sentiments. Il y a mes filles. Ma famille. Ma réputation. Tout ce que j'ai construit.
Je comprenais. Vraiment. Mais comprendre ne rendait pas la pilule moins amère.
— Et qu'est-ce que j'obtiens, moi, dans cet arrangement ?
— Moi. Autant que je peux me donner. Mon temps quand je suis à Hassi Messaoud. Mon attention. Mon... affection.
— Mais pas ton nom. Pas ta vie publique. Pas ta famille.
— Non. Je suis désolé.
Le serveur apporta nos plats, interrompant notre conversation tendue. Nous mangeâmes en silence pendant quelques minutes, chacun perdu dans ses pensées.
Finalement, je posai ma fourchette.
— D'accord.
POV KARIM
— D'accord quoi ?
— J'accepte tes conditions. Je serai ta maîtresse. Ton secret. Et je te serai fidèle.
Le soulagement me submergea, si intense que j'en eus le vertige.
— Amira...
— Mais à une condition.
— Laquelle ?
— Que tu sois honnête avec moi. Toujours. Si tes sentiments changent, si tu veux arrêter, dis-le-moi. Ne me laisse pas dans le flou. Ne me mens pas.
— Je te le promets.
— Et une autre chose.
— Quoi ?
— Quand tu es avec moi, tu es vraiment avec moi. Pas avec elle. Pas en pensant à ta famille. Juste nous deux.
— C'est une promesse facile à faire. Quand je suis avec toi, je ne pense à rien d'autre.
Elle sourit, un sourire triste mais sincère.
— Alors marché conclu.
Je tendis la main au-dessus de la table, et elle la prit. Nous scellâmes notre pacte avec cette simple poignée de main, conscients tous les deux de l'inégalité fondamentale de notre accord.
Je prenais tout. Elle acceptait les miettes.
Et pourtant, elle souriait.
POV AMIRA
Nous finîmes le dîner dans une atmosphère plus légère, parlant de tout et de rien — son travail, mes études, nos familles. Comme un vrai couple lors d'un vrai rendez-vous.
Mais nous n'étions pas un vrai couple. Et ce n'était pas un vrai rendez-vous.
C'était un pacte de l'ombre. Un arrangement secret qui ne tiendrait que tant que personne ne découvrirait.
Après le dîner, Karim régla l'addition et nous sortîmes dans la nuit tiède. Au lieu de retourner vers la voiture immédiatement, il me prit la main.
— Viens. Je veux te montrer quelque chose.
Il me guida vers son Land Cruiser, mais au lieu de rentrer en ville, il prit la direction opposée — vers le désert.
— Où on va ?
— Tu verras.
POV KARIM
Nous roulâmes pendant environ vingt minutes, quittant progressivement les lumières de Hassi Messaoud pour nous enfoncer dans l'obscurité du désert. La route goudronnée céda bientôt la place à une piste de sable durci, et je conduisis prudemment, naviguant entre les dunes qui se dressaient comme des géants endormis dans la nuit.
Enfin, je trouvai l'endroit que je cherchais — une clairière entre deux dunes, cachée de la route, offrant une vue spectaculaire sur le ciel étoilé.
Je coupai le moteur. Dans le silence soudain, on n'entendait que le vent léger qui soufflait sur le sable et nos respirations.
— C'est magnifique, murmura Amira, regardant par la fenêtre.
— Viens. Sortons.
Nous descendîmes de la voiture. Le sable était encore tiède sous nos pieds malgré la fraîcheur nocturne. Au-dessus de nous, la Voie lactée s'étendait comme une rivière de lumière, des millions d'étoiles scintillant dans un ciel d'un noir d'encre.
— Je viens ici parfois, dis-je. Quand j'ai besoin de penser. De me sentir petit face à l'immensité.
— C'est... paisible.
Je me tournai vers elle. La lumière des étoiles jouait sur son visage, argentant sa peau, et elle était si belle que j'en avais le souffle coupé.
— Amira, murmurai-je. Merci d'avoir accepté. Je sais que ce n'est pas juste. Je sais que tu mérites mieux.
— Tais-toi.
Elle s'approcha, posant un doigt sur mes lèvres.
— Arrête de t'excuser. Arrête de me dire que je mérite mieux. J'ai fait mon choix. Les yeux grands ouverts.
— Pourquoi ? Pourquoi accepter ça ?
— Parce que je préfère t'avoir à temps partiel que ne pas t'avoir du tout.
Ses mots — les mêmes qu'elle avait prononcés la première nuit — me brisèrent et me reconstruisirent en même temps.
Je l'attirai contre moi, l'embrassant avec toute la passion, toute la gratitude, toute la culpabilité que je ressentais. Elle répondit avec la même intensité, ses bras s'enroulant autour de mon cou, son corps se pressant contre le mien.
POV AMIRA
Le baiser s'intensifia rapidement, nos langues se battant pour la domination, nos mains explorant avec urgence. Je sentis son érection contre mon ventre, dure et exigeante, et un désir liquide se répandit entre mes cuisses.
— Karim... gémis-je contre ses lèvres. J'ai besoin de toi.
— Ici ? Maintenant ?
— Oui. Ici. Maintenant.
Il grogna, un son purement animal, et me souleva. Je gémis bruyamment comme jamais (comme si je voulais défier le désert de ses capacités sexuelles avec lui), enroulant mes jambes autour de sa taille tandis qu'il me portait vers le capot encore tiède du Land Cruiser. Il m'y déposa, se plaçant entre mes cuisses, ses mains remontant le long de mes jambes, faisant glisser ma robe vers le haut.
— Tu es si belle, murmura-t-il. Si parfaite.
Ses doigts trouvèrent ma culotte, déjà trempée de désir, et il sourit.
— Tu es mouillée pour moi.
— Toujours.
Il fit glisser ma culotte le long de mes jambes, la jetant négligemment dans le sable. Puis il s'agenouilla devant moi, écartant mes cuisses, me révélant complètement sous la lumière des étoiles.
— Je vais te dévorer, murmura-t-il avant d'enfouir sa tête entre mes cuisses.
POV KARIM
Le goût d'Amira envahit mes sens — salé, musqué, uniquement elle. Ma langue traça une ligne lente le long de sa fente, et elle cria, ses mains agrippant le bord du capot.
— Karim... oh mon Dieu...
Je la léchais avec application, alternant entre coups de langue longs et larges et succions ciblées sur son clitoris gonflé. Ses hanches bougeaient contre mon visage, cherchant plus de friction, et je glissai mes doigts en elle, les recourbant pour trouver ce point magique qui la faisait monter au septième ciel.
— Oui... là... juste là... ne t'arrête pas... oui... comme ça...
Je n'avais aucune intention de m'arrêter. Je voulais la faire jouir sous le ciel étoilé, la faire crier mon nom dans le désert où personne ne pourrait nous entendre.
Ma langue et mes doigts travaillaient en tandem, créant un rythme qui la poussa rapidement vers le bord du précipice.
— Je vais jouir... Karim, je vais jouir...
— Jouis pour moi, habibti.
Elle explosa, son corps se convulsant, ses cuisses se refermant autour de ma tête. Je continuai à la lécher tout au long de son orgasme, prolongeant chaque vague jusqu'à ce qu'elle me supplie d'arrêter, trop sensible.
POV AMIRA
Je haletais, mon corps encore tremblant des répliques de l'orgasme. Karim se redressa, son visage luisant de ma jouissance, et l'image était si érotique que je sentis un nouveau désir monter.
— À mon tour, murmurai-je.
Je glissai du capot, m'agenouillant dans le sable devant lui. Mes doigts défaisant sa ceinture, sa braguette, libérant son sexe qui jaillit, épais et dur.
Je le pris dans ma main, appréciant son poids, sa chaleur. Puis je me penchai et passai ma langue sur toute sa longueur, de la base jusqu'au gland.
— Putain, Amira...
Je pris son gland dans ma bouche, suçant doucement, ma langue traçant des cercles autour du frein sensible. Ses mains s'enfoncèrent dans mes cheveux, me guidant, me contrôlant.
— Plus profond, habibti. Prends-moi plus profond.
J'obéis, le prenant centimètre par centimètre jusqu'à ce qu'il touche le fond de ma gorge. Je ravalai mon réflexe nauséeux et le maintins là quelques secondes avant de remonter, créant une succion qui le fit gémir.
Je trouvai un rythme, montant et descendant, ma main travaillant la base tandis que ma bouche s'occupait du reste. Je le suçais avec passion, avec dévotion, voulant lui donner autant de plaisir qu'il m'en avait donné.
Je le regardai, ses yeux rencontrant les miens dans la lumière des étoiles, et accélérai délibérément.
POV KARIM
Voir Amira à genoux devant moi, sa bouche autour de mon sexe, ses yeux brillants de désir dans la nuit, fut presque trop.
— Amira... je vais... putain...
Elle ne ralentit pas. Au contraire, elle prit plus profond, sa gorge se contractant autour de moi, et je perdis le contrôle.
J'éjaculai avec un grognement rauque, me déversant dans sa bouche en longs jets. Elle avala tout, suçant doucement jusqu'à ce que je sois complètement vidé.
Lorsqu'elle se redressa, léchant ses lèvres avec un sourire satisfait, je sus que j'étais perdu.
Cette femme va m'anéantir. Et le comble, je vais la laisser faire.
POV AMIRA
Karim me releva, m'embrassant profondément malgré le goût de lui sur mes lèvres. Ou peut-être à cause de ça.
— Tu es incroyable, murmura-t-il contre ma bouche.
— Toi aussi.
— Mais je ne suis pas encore satisfait.
— Non ?
— Non. Je veux être en toi. Maintenant.
Il me retourna face au capot, me penchant en avant. Je sentis la chaleur du métal contre mes paumes tandis qu'il retroussait ma robe autour de ma taille.
— Écarte les jambes, ordonna-t-il.
J'obéis, tremblante d'anticipation. Je sentis son sexe — déjà dur à nouveau malgré son récent orgasme — se presser contre mon entrée.
— Prête ?
— Oui. Prends-moi.
POV KARIM
Je la pénétrai d'un seul coup de reins puissant, nous arrachant un cri à tous les deux. Elle était si serrée, si chaude, si parfaite.
Je commençai à bouger, de longs coups profonds qui nous faisaient gémir dans la nuit. Le son de nos corps qui se rencontraient — chair contre chair — résonnait dans le désert silencieux.
— Plus fort, haleta-t-elle. Baise-moi plus fort.
Je n'avais pas besoin d'encouragement. J'accélérai, mes hanches claquant contre ses fesses, une de mes mains agrippant sa hanche, l'autre glissant devant pour trouver son clitoris.
— Tu es à moi, haletai-je. Dis-le. Dis que tu es à moi.
— Je suis à toi... Oui, je suis à toi...
— Uniquement à moi.
— Uniquement à toi... Karim... oui, oui... je vais jouir, je vais jouir encore...
— Jouis avec moi. Maintenant.
Nous explosâmes ensemble, nos voix portées par la nuit. Je me répandis en elle, vague après vague, tandis qu'elle m'enserrait, me retenait, me buvait jusqu'à la dernière goutte.
Nous nous effondrâmes sur le métal encore chaud du capot et nous restâmes ainsi, enchevêtrés, à écouter nos cœurs ralentir dans le silence étoilé.
POV AMIRA
Le temps sembla suspendu. Nous restâmes ainsi, nos corps mêlés, jusqu'à ce que nos cœurs, apaisés, cessent de marteler nos poitrines.
Enfin, Karim se retira doucement et m'aida à me rajuster. Il me retourna dans ses bras, m'embrassant tendrement.
— C'était...
— Wow !
Nous nous installâmes sur le capot du Land Cruiser, allongés côte à côte, regardant les étoiles. Sa main tenait la mienne, nos doigts entrelacés.
— Amira ?
— Oui ?
— Tu ne regretteras pas ? D'avoir accepté cet arrangement ?
— Demande-moi dans dix ans.
Il rit doucement.
— Dans dix ans, mes filles seront adultes. Peut-être qu'alors...
Il ne termina pas sa phrase, mais je compris l'implication. Dans dix ans, peut-être pourrions-nous être ensemble au grand jour.
Mais dix ans, c'était une éternité. Et nous ne savions même pas si nous tiendrions dix semaines.
— Ne pense pas à l'avenir, murmurai-je. Vivons juste dans le présent. Dans nos moments volés.
— Tu as raison.
Il se tourna vers moi, son regard intense dans la pénombre.
— Je sais que je n'ai pas le droit de dire ça. Pas dans notre situation. Mais... je pense que je suis en train de tomber amoureux de toi.
Mon cœur s'arrêta.
POV KARIM
Les mots étaient sortis avant que je puisse les arrêter. Mais une fois prononcés, je réalisai que c'était la vérité.
Je tombais amoureux d'Amira. Peut-être étais-je déjà tombé.
Elle me regardait, les yeux écarquillés, comme si elle ne savait pas comment réagir.
— Tu ne dois pas me répondre, continuai-je rapidement. Je sais que c'est compliqué. Je sais que ça rend tout plus difficile. Mais je voulais que tu le saches.
— Karim...
— Oui ?
— Moi aussi. Je pense que je suis en train de tomber amoureuse de toi. Ou peut-être que je suis déjà tombée. Je ne sais plus.
Le soulagement et la terreur m'envahirent en parts égales.
On est foutus, pensai-je. Complètement foutus.
Parce que ce n'était plus juste du désir. Ce n'était plus une aventure qu'on pourrait terminer proprement quand ça deviendrait trop compliqué.
C'était de l'amour. Dangereux, destructeur, impossible.
Et nous venions tous les deux de sauter dans le vide, sachant qu'il n'y avait pas de filet en dessous.
POV AMIRA
Nous rentrâmes vers minuit, nos corps satisfaits mais nos cœurs lourds du poids de nos aveux.
Karim me déposa devant mon immeuble, m'embrassant longuement avant de me laisser partir.
— À demain au bureau, murmura-t-il.
— À demain.
— Et Amira ? Notre accord tient toujours. Tu es à moi. Uniquement à moi.
— Je sais. Et tu es... partiellement à moi.
— C'est tout ce que je peux t'offrir.
— Je sais. Mais pour l'instant, ça suffit.
Mensonge. Ça ne suffira jamais. Mais c'est tout ce que j'ai.
Je montai chez moi, me glissant silencieusement dans ma chambre. Dans le miroir, je vis une femme aux lèvres gonflées de baisers, aux cheveux emmêlés par le vent du désert, aux yeux brillants d'un mélange de bonheur et de tristesse.
Je suis officiellement sa maîtresse maintenant. Son secret. Son pacte de l'ombre.
Et malgré toutes les raisons pour lesquelles c'était une mauvaise idée, tout ce que je ressentais, c'était... du contentement.
Parce que je l'aimais. Et lui m'aimait.
Même si cet amour était condamné dès le départ.
Le parfum de l'interdit s'était transformé en quelque chose de plus profond.
Un amour impossible.
Un pacte scellé par la chair et le cœur.
Un secret qui ne tiendrait que tant que personne ne découvrirait.
Et dans le désert de Hassi Messaoud, sous les étoiles témoins de notre transgression, nous venions de nous engager sur un chemin dont nous ne pourrions jamais revenir.
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Chapitre 12 · Week-end à Oran
Amira a accepté de partir pour un week-end à Oran avec Karim, à condition de jouer la comédie devant ses sœurs. Sur la corniche, entre piscine et palmiers, ils doivent feindre une simple relation professionnelle sous les regards attentifs de Sarah et Djawida. Chaque geste, chaque regard doit rester discret. Mais deux jours loin du quotidien suffiront-ils à protéger un secret aussi brûlant ? Les escapades les plus douces ont parfois leur part d'ombre.
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