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Couverture de Parfum de l'interdit, par NadiaKarim
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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Parfum de l'interdit — Chapitre 15 · Les menaces de Mohsin

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NadiaKarim
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Parfum de l'interdit

Chapitre 15 · Les menaces de Mohsin

POV KARIM
C'était un mardi soir ordinaire.
Amira et moi étions dans notre appartement secret depuis environ une heure. Nous avions dîné simplement — une chorba que j'avais réchauffée, du pain, des olives. Elle était assise en face de moi, les jambes croisées sur le canapé, un dossier ouvert sur les genoux, travaillant sur un rapport qu'elle devait rendre le lendemain. Je lisais mes e-mails sur mon téléphone, son pied nu effleurant distraitement ma cuisse.
C'était banal. Domestique. Presque conjugal dans sa normalité.
Et c'était exactement ce que j'aimais de nous — cette capacité à exister ensemble dans le silence ordinaire, pas seulement dans la passion ou la clandestinité.
Mon téléphone vibra.
Un numéro inconnu. Je fronçai les sourcils et ouvris le message.
« Tu couches avec ma femme, hein ! Éloigne-toi d'elle sinon... »
Je fixai l'écran, incrédule.
Mohsin.
POV AMIRA
Je levai les yeux de mon dossier parce que Karim s'était figé. Son visage, habituellement expressif, était devenu un masque fermé, les mâchoires serrées, les yeux rétrécis.
— Karim ? Qu'est-ce qui se passe ?
Il ne répondit pas immédiatement. Ses pouces se mirent à taper sur l'écran avec une rapidité qui me surprit.
— Karim ?
Il posa enfin son téléphone et me regarda.
— Ton ex-fiancé vient de m'envoyer un message.
Mon sang se glaça.
— Quoi ? Comment il a ton numéro ?
— Bonne question.
Il me tendit le téléphone. Je pris l'appareil, les mains déjà tremblantes, et lus.
« Tu couches avec ma femme, hein ! Éloigne-toi d'elle sinon... »
— Oh mon Dieu... Il t'a envoyé ça ?
— Oui. Et regarde ma réponse.
Il fit défiler l'écran vers le bas, me montrant le message qu'il avait tapé impulsivement pendant que je regardais le premier.
« Si tu ne fais pas confiance à ta femme, tu n'as qu'à la libérer. C'est aussi bien pour elle que pour toi. »
Le sol se déroba sous moi.
POV AMIRA
— Karim... tu réalises ce que tu as écrit ?
— Quoi ? J'ai répondu à un type qui me menaçait ! dit-il sur la défensive, se levant du canapé.
— Tu lui as pratiquement confirmé que tu couchais avec moi ! « Libère ta femme » ? Sérieusement ?
Il me reprit le téléphone, relut son propre message, et je vis la réalité de sa bévue le frapper comme un coup de poing en plein visage.
— Merde.
— Exactement. Merde.
Je posai mon dossier, mes mains se portant à mes tempes. Mon cœur battait trop vite, trop fort. Je connaissais Mohsin. Je connaissais sa jalousie pathologique, son obsession, sa façon de transformer la douleur en violence.
— Il va devenir fou, murmurai-je. Il va vouloir se venger.
— Amira...
— Qu'est-ce qu'on va faire ?
Le silence qui suivit fut lourd, chargé de tout ce que nous ne pouvions pas changer.
POV KARIM
Je la regardai, assise sur ce canapé, ses mains tremblantes, ses yeux brillants d'une peur qu'elle essayait de contenir.
J'ai merdé.
La réponse à Mohsin avait été impulsive, stupide. Un réflexe de mâle territorial qui avait transformé une menace vague en confirmation explicite.
Je m'assis à côté d'elle, posant ma main sur les siennes pour les immobiliser.
— On va gérer, dis-je, ma voix se voulant ferme malgré l'incertitude qui me rongeait. On a été discrets jusqu'à maintenant, on peut continuer à l'être.
— Et Mohsin ?
— Ton ex-fiancé n'a aucun droit sur toi. Aucun. S'il devient trop insistant, on portera plainte pour harcèlement. J'ai des contacts à la gendarmerie de Ouargla.
— Tu ne connais pas Mohsin comme moi je le connais. Il n'abandonne pas. Il n'obéit pas aux règles. Les menaces, les plaintes... ça ne l'arrêtera pas.
— Alors qu'est-ce qui l'arrêtera ?
Elle secoua la tête, ses yeux fixant le sol.
— Je ne sais pas. Peut-être rien.
— Amira. Regarde-moi.
Elle leva les yeux, et je vis tout — la peur, l'amour, l'épuisement de cette vie clandestine, le poids de Mohsin qui planait sur nous depuis le début.
— Tu regrettes ? murmura-t-elle, sa voix petite, vulnérable d'une façon qu'elle ne se permettait rarement.
POV AMIRA
La question m'avait échappé avant que je puisse la retenir. Mais c'était ce que je voulais savoir — si face au danger concret, face aux conséquences réelles de ce que nous faisions, il allait reculer.
Karim me regarda longuement. Puis il fit quelque chose d'inattendu.
Il m'attira dans ses bras.
Là, dans ce salon, devant la fenêtre dont les volets n'étaient qu'à moitié fermés, il me prit dans ses bras sans se soucier du risque.
— Non, dit-il simplement contre mon temple. Pas une seule seconde. Et toi ?
— Non plus.
— Alors on affronte ça ensemble.
— Karim... je t'aime. Et j'ai peur. Pas pour moi. Pour toi. Si Mohsin parle, si ça arrive aux oreilles de la direction...
— Laisse-moi me préoccuper de ça.
— Je ne peux pas. Tu as une famille. Une carrière. Je ne veux pas être la raison pour laquelle tu perds tout ça.
Il recula légèrement pour me regarder en face.
— Je t'aime, Amira. Je ne te quitterai jamais. On ne se quittera plus.
Les mots tombèrent dans le silence de l'appartement comme des pierres dans de l'eau — créant des cercles qui s'élargissaient vers des horizons impossibles.
On ne se quittera plus.
Quelque chose se brisa et se reconstruisit en moi simultanément.
POV KARIM
Je vis le moment exact où ses défenses cédèrent. Un tremblement dans sa lèvre inférieure. Un éclat dans ses yeux — pas des larmes, quelque chose de plus sauvage que des larmes.
Puis elle se jeta sur moi.
Littéralement. Elle bondit du canapé et m'enroula les bras autour du cou, ses jambes autour de ma taille, me forçant à la saisir ou à tomber.
— Baise-moi, Karim. Maintenant.
Sa voix n'était plus vulnérable. Elle était raw, urgente, presque animale.
— Amira...
— Baise-moi fort. Tout de suite. S'il te plaît.
POV AMIRA
Je ne pouvais pas l'expliquer rationnellement. Cette urgence soudaine, ce besoin sauvage et viscéral.
Mohsin nous menaçait. Le danger était réel. Et tout ce que je voulais, c'était Karim — l'avoir en moi, le sentir contre moi, le tenir et être tenue par lui. Comme si l'acte charnel pouvait ériger un mur entre nous et le reste du monde. Comme si en nous fondant l'un dans l'autre, nous devenions invulnérables.
Je voulais exorciser la peur dans sa chaleur. Je voulais le protéger comme il me protégeait. Je voulais que notre union physique soit une déclaration de guerre contre tout ce qui cherchait à nous séparer.
— Baise-moi, Karim. Maintenant. Fort.
Il m'embrassa — pas avec douceur. Avec une urgence qui correspondait à la mienne. Ses mains agrippèrent mes fesses à travers mon jean, et je sentis immédiatement son désir contre mon ventre.
POV KARIM
Je la renversai sur le canapé, me positionnant au-dessus d'elle. Mais elle me repoussa, se redressant, les yeux brillants d'une détermination presque féroce.
— Non. Debout. Contre le mur.
Sa voix n'admettait pas de discussion. Je me levai, et elle m'attrapa par la ceinture, me tirant vers le mur opposé. Elle me plaqua contre lui — moi, contre le mur, elle face à moi — et ses doigts travaillèrent frénétiquement à déboucler ma ceinture.
— Amira...
— Tais-toi et laisse-moi faire.
POV AMIRA
J'avais besoin de contrôle. Besoin d'agir plutôt que de subir. Toute la peur accumulée, la rage contre Mohsin, l'amour désespéré pour Karim — tout se transformait en cette urgence physique.
Je libérai son sexe déjà dur, le prenant dans ma main et le caressant avec intention. Il grogna contre mon oreille.
— Tu es sûre que...
— Si tu me poses encore une question, je te quitte pour de vrai.
Il rit malgré lui — un son grave, surpris — et ses mains trouvèrent le bas de ma robe, la retroussant autour de mes hanches. Il fit glisser ma culotte d'un geste brusque, et je soulevai les jambes pour l'aider.
Puis je levai les yeux vers lui — ces yeux marron si familiers maintenant, si chargés d'amour et de désir — et je sautai.
Mes jambes s'enroulèrent autour de sa taille, mes bras autour de son cou, et il me soutint contre le mur, ses mains sous mes cuisses, me maintenant soulevée.
Il me pénétra d'un coup.
Nous gémîmes tous les deux.
POV KARIM
Elle était serrée, brûlante, parfaite.
Et elle était déchaînée.
Ses hanches bougeaient contre les miennes avec une frénésie que je n'avais jamais vue chez elle. Elle me mordait l'épaule, griffait mon dos à travers ma chemise, ses talons me creusant les flancs pour me presser plus fort contre elle.
— Plus profond, haleta-t-elle. Plus fort. Je veux te sentir demain.
J'obéis, la plaquant plus durement contre le mur, mes coups de reins devenant plus puissants. Le plâtre vibra légèrement derrière elle.
— Karim... oui... exactement comme ça...
Elle rejetait la tête en arrière, ses cheveux épars, ses yeux mi-clos mais brillants de quelque chose qui ressemblait à de la victoire.
Elle combat quelque chose, compris-je. Pas moi. Mohsin. La peur. L'injustice de notre situation. Elle l'exorcise en moi.
Cette compréhension me toucha plus profondément que n'importe quel mot d'amour.
POV AMIRA
Chaque coup de rein de Karim effaçait un peu de la peur. Chaque gémissement que j'étouffais dans son cou était une victoire sur Mohsin et ses menaces idiotes.
Tu veux nous détruire ? Regarde. Regarde ce que nous sommes l'un pour l'autre.
— Karim... je veux changer de position.
Il me déposa à contrecœur, et immédiatement, je le poussai vers le canapé, le faisant s'asseoir. Puis je le chevauchais, le guidant en moi, m'empalant d'un coup qui nous arracha un cri à tous les deux.
Je m'emparai de ses mains et les posai sur mes seins, le regardant dans les yeux.
— Regarde-moi.
— Je te regarde.
— On ne se quittera jamais.
— Jamais.
— Jure-le.
— Je te le jure, Amira.
Et je me mis à bouger. Pas doucement. Pas avec la grâce sensuelle de la cavalière que j'étais parfois. Mais avec une urgence sauvage, mes hanches montant et descendant dans un rythme frénétique, mes mains agrippant ses épaules.
POV KARIM
Elle me chevauchait comme si sa vie en dépendait.
Ses yeux ne quittaient pas les miens. Et dans son regard, je lisais tout — l'amour, la peur, la résolution, la passion. Un mélange si intense que j'en avais presque le vertige.
Mes mains glissèrent de ses seins à ses hanches, amplifiant ses mouvements, l'aidant à prendre exactement ce dont elle avait besoin.
— Amira...
— Ne parle pas. Sens.
J'obéis.
Je sentis la chair. La chaleur. Son corps se refermant sur le mien avec une précision qui me coupait le souffle. Le crissement léger du canapé sous nos mouvements. Sa respiration qui devenait plus saccadée, plus urgente.
— Je vais jouir, haleta-t-elle. Karim...
— Jouis. Je suis là. Je t'ai.
Elle bascula, ses yeux se fermant enfin, son corps se convulsant au-dessus de moi. Elle cria — pas fort, mais avec une intensité brute, presque douloureuse — en répétant mon prénom comme une litanie.
Ses parois internes se contractèrent autour de moi, et je ne pus retenir plus longtemps. Je la saisis par les hanches et plongeai une dernière fois, me répandant en elle avec un grognement sourd.
POV AMIRA
Nous nous effondrâmes l'un contre l'autre, haletants, suant, tremblants.
Je restai assise sur lui, nos corps encore joints, ma tête dans son cou. Je sentais son cœur battre sous ma paume, rapide puis progressivement plus calme.
Le téléphone de Karim était toujours là, sur la table basse. Le message de Mohsin attendait.
Mais pour l'instant, dans les bras de Karim, dans la chaleur de notre union, il semblait infiniment loin.
— Tu vas bien ? murmura-t-il.
— Oui. Et toi ?
— Moi ? Tu m'as presque tué.
Je ris, et ce rire me surprit moi-même.
— Je suis désolée. J'avais besoin de...
— Je sais. Tu n'as pas à expliquer.
Il m'embrassa sur la tempe, puis sur la joue, puis sur les lèvres — doucement, tendrement, à mille lieues de la violence de quelques instants auparavant.
— Je t'aime, murmurai-je contre sa bouche.
— Moi aussi.
POV KARIM
Nous nous déplaçâmes vers le lit, épuisés, et nous allongeâmes sans prendre la peine de nous rhabiller complètement. Amira posa sa tête sur mon torse, et je caressai ses cheveux en silence.
La peur était toujours là. Mohsin était toujours là. Son message menaçant, ma réponse impulsive, les conséquences potentielles.
Mais dans ce lit, dans ce silence post-coïtal, tout semblait gérable.
— Karim ?
— Hmm ?
— Il faut qu'on soit plus prudents maintenant.
— Je sais.
— Il va chercher. Il va surveiller. Il va essayer de nous piéger.
— Je sais.
— Comment tu comptes gérer ça ?
Je réfléchis.
— Demain, je contacte mon ami à la gendarmerie de Ouargla. Je lui signale que Mohsin nous harcèle. Pas comme une plainte formelle encore, juste pour avoir une trace. Et je vais changer mon numéro professionnel.
— Et s'il s'en prend à moi directement ?
— Il ne te touchera pas.
— Comment tu peux en être sûr ?
— Parce que si jamais il ose lever la main sur toi, je ne répondrai plus de moi.
La certitude dans sa voix me fit frissonner — pas de peur, mais de quelque chose de plus complexe. D'être protégée par quelqu'un qui m'aimait vraiment.
POV AMIRA
— J'aurais dû porter plainte dès le début, dis-je. Dès les premières menaces.
— Pourquoi tu ne l'as pas fait ?
— Parce que dans cette société, une femme qui porte plainte contre son ex-fiancé devient automatiquement suspecte. On va me demander pourquoi on a rompu. Qu'est-ce que j'ai fait pour le provoquer. On va fouiller dans ma vie et trouver... tout.
— Antonio. Alger.
— Oui.
— Et moi.
— Surtout toi.
Un silence.
— Ça m'est égal, dit-il finalement. Si ça peut te protéger, si ça peut clouer le bec à cet homme, je m'en fous des conséquences pour moi.
— Mais moi je ne m'en fous pas. Je ne te mettrai pas en danger.
— Amira...
— Non. On trouve une autre solution. Une qui ne te détruit pas.
Il me serra plus fort, et je sus qu'il n'avait pas de réponse parfaite. Personne n'en avait.
— On a un problème, murmurai-je.
— Oui.
— Un gros problème.
— Oui.
— Et on va le résoudre ensemble ?
— Ensemble. On ne se quittera plus, Amira. Tu m'entends ? Mohsin, la direction, ma famille, peu importe ce qui arrive — on ne se quittera plus.
POV KARIM
Je le pensais vraiment. Chaque mot.
Parce que cet appartement — cette vie clandestine, ces soirs volés — était devenu aussi essentiel que l'air que je respirais. Amira était essentielle.
Et si Mohsin pensait que quelques SMS allaient suffire à me faire reculer, il se trompait lourdement.
— Il va rappeler, dit-elle doucement.
— Probablement.
— Ou pire. Il va venir ici. Il va te chercher.
— Qu'il vienne.
— Karim, il peut être dangereux physiquement. Il n'a pas peur des conséquences quand il est en colère.
— Toi, tu as peur de lui ?
— Oui. Honnêtement, oui.
La franchise de cet aveu me frappa. Amira n'avouait jamais facilement sa peur. Elle la cachait derrière son cynisme, sa force apparente, sa façade de femme qui contrôle tout.
— Alors voilà ce qu'on va faire, dis-je. À partir d'aujourd'hui, tu ne rentres plus seule le soir. Si je ne peux pas te raccompagner, tu prends un taxi depuis devant l'immeuble, pas depuis la rue. Et si Mohsin t'approche, tu m'appelles immédiatement.
— Tu ne peux pas être mon garde du corps.
— Non. Mais je peux être quelqu'un qui prend ta sécurité au sérieux.
Elle leva les yeux vers moi, et je vis une reconnaissance dans son regard qui me toucha profondément.
POV AMIRA
Quelqu'un qui prend ta sécurité au sérieux.
Combien de fois dans ma vie avais-je eu quelqu'un comme ça ? Mon père était mort quand j'avais huit ans. Ma mère faisait de son mieux mais les moyens lui manquaient. Mohsin avait prétendu me protéger avant de devenir lui-même le danger. Mehdi était trop faible pour protéger quiconque.
Et Karim.
Karim qui était là, dans ce lit, à planifier comment assurer ma sécurité sans penser une seconde à ce que ça lui coûtait.
— Je t'aime, dis-je simplement.
— Moi aussi.
— Karim... et si ça empire ? Et si Mohsin met ses menaces à exécution ?
— On portera plainte. Officiellement. Je me fous de ce que les gens diront ou penseront.
— Mais ta femme...
Le mot tomba entre nous. Ta femme. L'élément de la phrase que nous évitions le plus soigneusement en général.
— Nadia, dit-il doucement, comme pour l'humaniser, la sortir de l'abstraction. Si Mohsin fait éclater ça au grand jour... elle saura.
— Je sais.
— Tu es prête pour ça ?
— Non. Toi ?
Il ferma les yeux un long moment.
— Non. Mais je ne peux pas non plus te laisser exposée à un fou furieux par peur que ma femme découvre.
— Alors qu'est-ce qu'on fait ?
— On prie pour que Mohsin se calme. On prend les précautions nécessaires. Et si ça éclate...
— On l'affrontera.
— On l'affrontera.
POV KARIM
Cette nuit-là, nous ne dormîmes pas beaucoup.
Amira finit par s'assoupir vers deux heures du matin, son corps épuisé par l'intensité émotionnelle et physique de la soirée. Je restai éveillé, la regardant dormir, ses traits détendus, ses lèvres légèrement entrouvertes.
Elle avait vingt-trois ans.
Vingt-trois ans et déjà tellement blessée par la vie. Mohsin. Mehdi. Antonio. La trahison répétée des hommes. Et maintenant moi — un homme marié qui l'aimait profondément mais ne pouvait lui offrir que l'ombre.
Est-ce que je lui fais du mal ?
La question était honnête, et je méritais d'y réfléchir honnêtement.
Peut-être. Probablement. Mais ce qu'elle m'avait dit — je préfère t'avoir à temps partiel que ne pas t'avoir du tout — me revenait toujours. Ce n'était pas de la résignation. C'était un choix conscient, lucide, fait par une femme qui savait exactement ce qu'elle faisait.
Je devais lui faire confiance là-dessus.
Mon téléphone, posé sur la table de nuit, resta silencieux. Mohsin ne rappela pas cette nuit-là.
Mais nous savions tous les deux qu'il ne s'arrêterait pas là.
La tempête n'avait fait que commencer.
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Chapitre 16 · L'embuscade
Amira et Karim ont enfin un week-end rien qu'à eux. Ce jeudi matin, la route vers Ghardaïa, cette ville blanche du Mzab, promet une parenthèse loin de Hassi Messaoud et de ses regards. Karim a tout organisé dans les moindres détails — un voyage pour deux, au cœur du désert. Mais sur la RN3, presque déserte à cette heure, le silence s'installe, lourd et étrange. Cette escapade amoureuse tiendra-t-elle ses promesses ?
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