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Couverture de Parfum de l'interdit, par NadiaKarim
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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Parfum de l'interdit — Chapitre 3 · La chair pour oublier

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NadiaKarim
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Parfum de l'interdit

Chapitre 3 · La chair pour oublier

POV Amira
Les trois semaines qui suivirent ma rupture avec Mehdi furent comme traverser le désert sans eau. Je survivais, je fonctionnais, mais quelque chose en moi s'était desséché. Chaque matin, je me levais, me préparais mécaniquement, et me rendais au travail chez PetroServ Italy. Je répondais au téléphone avec ma voix professionnelle, je souriais aux collègues, je déjeunais seule dans la salle de pause. Le soir, je rentrais chez moi, esquivais les questions de ma mère et de mes sœurs, et m'enfermais dans ma chambre.
Mehdi avait essayé de me contacter pendant la première semaine. Messages, appels, il était même venu devant l'immeuble une fois. Sarah m'avait rapporté qu'il avait effectivement rompu avec Fatiha, qu'il me suppliait de lui pardonner, qu'il était « sincèrement désolé ».
Je m'en foutais.
J'avais fini par le bloquer partout, et il avait compris le message. Le silence qui suivit fut à la fois un soulagement et une confirmation amère de ce que je savais déjà : les hommes ne se battaient jamais vraiment pour nous. Ils faisaient des efforts tant que c'était facile, et abandonnaient dès que ça devenait compliqué.
Yasmine, la sage-femme algéro-libanaise que j'avais rencontrée chez Fahad, m'avait contactée après avoir entendu parler de ma rupture. Nous avions pris un café ensemble un vendredi après-midi, et elle avait écouté mon histoire sans jugement, hochant la tête avec une compréhension qui ne nécessitait pas de mots.
— Bienvenue dans le club, avait-elle dit simplement en allumant une cigarette. Le club des femmes qui ont compris que l'amour romantique est une arnaque inventée par les hommes pour nous garder dociles.
— C'est un peu cynique, non ? avais-je répondu, même si une partie de moi était d'accord avec elle.
— Cynique ou réaliste ? Elle avait haussé les épaules. Écoute, Amira, tu es jeune, belle, intelligente. Pourquoi tu perdrais ton temps à chercher un prince charmant qui n'existe pas ? Prends ton plaisir où tu le trouves, vis ta vie, et garde ton cœur pour toi. C'est ce que je fais, et je suis heureuse.
— Tu es vraiment heureuse ?
Elle avait souri, un sourire qui n'atteignait pas tout à fait ses yeux verts.
— Je suis libre. C'est mieux que d'être heureuse.
Ses paroles résonnaient encore dans ma tête alors que je me préparais pour une nouvelle semaine de travail. Prends ton plaisir où tu le trouves. Peut-être avait-elle raison. Peut-être que j'avais gaspillé assez de temps et de larmes pour des hommes qui ne le méritaient pas.
Il était temps de jouer selon mes propres règles.
C'était un dimanche matin, trois semaines et quatre jours après Mehdi, que je le remarquai vraiment pour la première fois.
Antonio Marchetti.
Il travaillait pour PetroServ Italy depuis environ six mois en tant qu'ingénieur en chef sur un projet d'expansion des installations de forage. Italien du Nord, de Milan si mes souvenirs étaient bons, la petite quarantaine, avec ce charme méditerranéen qui faisait fondre la plupart des filles du bureau. Grand, large d'épaules, des cheveux poivre et sel, coiffés avec soin, une barbe de trois jours, impeccablement taillée, et des yeux bleu-gris qui semblaient toujours rire d'une plaisanterie que lui seul connaissait.
Je l'avais croisé plusieurs fois dans les couloirs, échangé quelques politesses quand il passait prendre ses messages au standard, mais je ne lui avais jamais vraiment prêté attention. Ou plutôt, je l'avais remarqué — difficile de ne pas remarquer Antonio — mais je l'avais classé dans la catégorie « hors limites » : expatrié, plus âgé, probablement marié, et de toute façon, j'étais avec Mehdi à l'époque.
Mais ce dimanche-là, alors que j'étais assise à mon poste de standardiste, fixant mon écran d'ordinateur sans vraiment le voir, il s'arrêta devant mon bureau.
— Buongiorno, Amira.
Je levai les yeux. Il me souriait, appuyé nonchalamment contre le comptoir, une tasse de café fumant à la main.
— Bonjour, Monsieur Marchetti.
— Antonio, s'il vous plaît. « Monsieur Marchetti », c'est mon père.
Il avait cet accent italien chantant qui transformait chaque phrase en mélodie. Je ne pus m'empêcher de sourire légèrement.
— D'accord. Antonio. Que puis-je faire pour vous ?
— En fait, c'est plutôt ce que je peux faire pour vous.
Je haussai un sourcil interrogateur.
— J'ai remarqué que vous sembliez... comment dire... triste ces derniers temps. Vous ne souriez plus comme avant.
Je me raidis immédiatement, sur la défensive.
— Je ne savais pas que mon humeur faisait partie de mes attributions professionnelles.
Il leva les mains en signe d'apaisement, un sourire amusé aux lèvres.
— Scusami, je ne voulais pas vous offenser. C'est juste que... un visage aussi beau devrait toujours sourire, non ?
C'était une ligne dragueur classique, éculée, que j'aurais normalement trouvée pathétique. Mais il y avait quelque chose dans sa façon de le dire — un ton léger, presque auto-dérisoire, comme s'il était conscient du cliché — qui me fit sourire malgré moi.
— C'est votre technique de drague habituelle ? Les compliments cheap ?
Il rit, un son grave et chaleureux.
— Madonna, elle mord ! J'aime ça. Non, ma technique habituelle est beaucoup plus sophistiquée. J'invite la dame à dîner, je commande le meilleur vin, je raconte des histoires fascinantes sur ma vie aventureuse, et généralement, elle tombe sous mon charme irrésistible.
— Et ça marche ?
— Parfois. Vous voulez tester ?
— Tester quoi ? Votre charme soi-disant irrésistible ?
— Exactement. Dînez avec moi ce soir.
Je le regardai, surprise par sa franchise directe. Pas de faux-semblants, pas de jeux. Juste une invitation claire.
— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Vous êtes un cadre, je suis une employée...
— Nous sommes deux adultes consentants en dehors des heures de travail, corrigea-t-il. Et puis, c'est juste un dîner, Amira. Pas une demande en mariage.
Pas encore, semblaient ajouter ses yeux pétillants.
Une partie de moi voulait refuser, se protéger, maintenir cette distance que j'avais construite. Mais une autre partie — celle qui écoutait les conseils de Yasmine, celle qui en avait marre d'être triste — voulait dire oui.
Prends ton plaisir où tu le trouves.
— D'accord, dis-je avant de pouvoir changer d'avis. Juste un dîner.
Son sourire s'élargit.
— Perfetto. Je vous prends à dix-neuf heures devant le bureau. Et Amira ?
— Oui ?
— Portez quelque chose de joli. Je veux vous impressionner.
Il s'éloigna avant que je puisse répondre, me laissant avec un mélange d'anticipation et d'appréhension. Qu'étais-je en train de faire ?
À dix-neuf heures précises, je descendis devant le bâtiment de PetroServ Italy. J'avais opté pour une robe bleu marine cintrée qui mettait en valeur ma silhouette sans être provocante, des talons nude, et j'avais laissé mes cheveux détachés en vagues souples. Un maquillage discret — un trait de liner, du mascara, un rouge à lèvres bordeaux.
Antonio m'attendait, appuyé contre une Audi Q7 noire rutilante, vêtu d'un costume gris anthracite sans cravate, la chemise blanche ouverte au col. Lorsqu'il me vit, son regard s'assombrit d'une façon qui me fit frissonner.
— Bellissima, murmura-t-il en s'approchant pour m'ouvrir la portière. Vous êtes à couper le souffle.
— Merci. Vous n'êtes pas mal non plus.
Il rit et contourna la voiture pour s'installer au volant. L'intérieur sentait le cuir neuf et son eau de toilette — quelque chose de boisé et d'épicé, masculin sans être écrasant.
— Où allons-nous ? demandai-je en bouclant ma ceinture.
— C'est une surprise.
Nous roulâmes en silence pendant quelques minutes, une musique italienne douce jouant en fond. Puis, incapable de supporter le silence plus longtemps, je demandai :
— Alors, parlez-moi de vous. Marié ? Des enfants ?
Il secoua la tête.
— Divorcé. Pas d'enfants. Mon ex-femme a eu la maison à Milan, j'ai eu ma liberté. Un échange équitable, je pense.
— Aucune amertume ?
— Pourquoi serais-je amer ? Elle voulait quelque chose que je ne pouvais pas lui donner — un mari présent, stable, qui rentre tous les soirs à dix-huit heures. Moi, je voulais voyager, explorer, vivre. Nous nous sommes séparés en bons termes.
— Combien de temps vous restez à Hassi Messaoud ?
— Mon contrat est de deux ans. J'en suis au milieu. Après... chi lo sa ? Qui sait ? Peut-être que je renouvellerai si j'ai une bonne raison de rester.
Il me lança un regard appuyé, et je détournai les yeux, sentant mes joues chauffer.
Nous arrivâmes à un restaurant que je ne connaissais pas, niché dans un des nouveaux quartiers de Hassi Messaoud. De l'extérieur, cela ressemblait à un riad marocain, avec ses murs ocre et sa porte en bois sculptée. À l'intérieur, c'était une explosion de couleurs et de senteurs — mosaïques colorées, lanternes suspendues, odeur d'épices et de menthe fraîche.
Antonio avait réservé une table dans un coin tranquille, presque intime, avec des coussins moelleux et une table basse en cuivre ciselé. Nous nous installâmes, et un serveur apporta immédiatement du thé à la menthe et des petits gâteaux au miel.
— C'est magnifique, dis-je sincèrement. Comment avez-vous trouvé cet endroit ?
— J'explore toujours. C'est mon truc. Trouver les petits bijoux cachés que les autres ignorent.
Il commanda pour nous deux — un festin de mezze, tajines, et couscous — et du vin rouge italien qu'il avait apparemment fait importer spécialement.
Pendant le dîner, nous parlâmes de tout et de rien. Il me raconta ses voyages — l'Arabie saoudite, le Qatar, le Nigeria, le Venezuela — tous ces pays où le pétrole l'avait emmené. Il était drôle, cultivé, et contrairement à ce que j'avais craint, pas du tout condescendant. Il me posait des questions sur moi, écoutait vraiment mes réponses, rebondissait avec des observations intelligentes.
À un moment, alors que nous partagions une pastilla au pigeon, nos doigts se touchèrent. Il ne retira pas sa main immédiatement, laissant le contact s'éterniser quelques secondes de trop pour être innocent.
— Vous savez, dit-il soudainement, vous êtes différente des autres femmes que j'ai rencontrées ici.
— Différente comment ?
— Plus... vraie. Moins impressionnée par les voitures chères et les promesses vides. Vous avez quelque chose dans les yeux... une blessure, peut-être ? Ou une force.
Je me raidis légèrement.
— Pourquoi dites-vous ça ?
— Parce que je reconnais la blessure quand je la vois. J'ai été marié, souviens-toi. Je sais à quoi ressemble quelqu'un qui a été trahi.
— Je n'ai pas été...
— Tesoro, mentir ne te va pas. Il y avait un avant et un après dans ton regard ces dernières semaines. Quelqu'un t'a fait du mal.
Le tutoiement avait glissé naturellement dans la conversation, et je ne le relevai pas. À la place, je bus une gorgée de vin, cherchant mes mots.
— Disons que j'ai appris récemment que l'amour romantique est une illusion.
— Ah. Une cynique. J'aime encore plus.
— Pourquoi ?
— Parce que les cyniques sont honnêtes. Ils ne se mentent pas à eux-mêmes. Et entre deux personnes honnêtes, de belles choses peuvent arriver.
— Quel genre de « belles choses » ?
Il se pencha légèrement vers moi, son regard plongeant dans le mien.
— Du plaisir. De la compagnie. Une connexion qui n'exige rien d'autre qu'elle-même.
— Vous voulez dire du sexe.
— Je veux dire ce que tu veux y mettre, Amira. Si pour toi, c'est juste du sexe, alors oui. Si c'est quelque chose de plus, ça aussi c'est bien.
Sa franchise était à la fois rafraîchissante et troublante. Pas de faux-semblants, pas de promesses creuses d'amour éternel. Juste une proposition claire.
— Et si je vous disais que je cherche justement quelque chose sans complications ?
— Je dirais que nous sommes sur la même longueur d'onde.
— Mais ?
— Mais quoi ?
— Il y a toujours un « mais ». Vous allez me dire que vous m'aimez vraiment, que vous voulez m'épouser, me ramener en Italie...
Il rit franchement.
— Madonna, non ! Enfin, si tu veux, je peux te dire ces choses. Je suis italien, on est doués pour les belles paroles. Mais la vérité ? La vérité, c'est que je suis ici pour dix-huit mois encore, puis je pars. La vérité, c'est que je ne veux pas me remarier. La vérité, c'est que je te trouve incroyablement attirante et que j'aimerais beaucoup te voir nue dans mon lit, mais que je ne vais pas prétendre que c'est plus que ça.
Je le fixai, surprise par sa brutalité honnête. Aucun homme ne m'avait jamais parlé ainsi. Mohsin avait menti. Mehdi avait menti. Mais Antonio...
— Tu es vraiment en train de me dire que tu veux juste coucher avec moi ?
— Je dis que je veux beaucoup de choses. Coucher avec toi, oui. Mais aussi dîner avec toi, rire avec toi, peut-être voyager ensemble si tu veux. Je ne vais pas te promettre le mariage et les enfants parce que ce ne serait pas honnête. Mais je peux te promettre du respect, de l'honnêteté, et un bon moment.
C'était exactement ce que Yasmine m'avait dit. Prends ton plaisir où tu le trouves. Pas de promesses. Pas d'illusions. Juste deux adultes qui se voulaient et l'assumaient.
— D'accord, dis-je.
— D'accord quoi ?
— D'accord pour... tout ce que tu viens de dire.
Son sourire fut comme le soleil perçant les nuages.
— Perfetto. Alors finissons ce dîner, et je t'emmène chez moi.
Mon cœur battit plus vite, mais ce n'était pas de la peur. C'était de l'anticipation.
Antonio logeait dans la base de vie de PetroServ Italy, un complexe réservé aux cadres expatriés. Des bâtiments bas, propres et modernes, avec des jardins entretenus — une oasis de confort au milieu du désert.
Sa chambre était spacieuse, bien plus que mon petit appartement familial. Un lit king-size avec des draps blancs immaculés, une salle de bains attenante, une climatisation qui fonctionnait vraiment, et une décoration minimaliste mais de bon goût.
— Tu veux boire quelque chose ? proposa-t-il en fermant la porte derrière nous.
— Non. Je veux que tu m'embrasses.
Il ne se fit pas prier. En deux enjambées, il fut devant moi, une main dans ma nuque, et il m'embrassa sans préambule — avec l'assurance de quelqu'un qui n'a pas besoin de demander la permission parce qu'elle a déjà été donnée. Sa bouche connaissait son affaire. Je le sentis contre moi, dur et sans ambiguïté, et quelque chose en moi se dénoua — ce nœud que j'avais porté depuis des semaines, depuis Mohsin, depuis les nuits à me demander si mon propre corps m'appartenait encore. Il m'appartenait. Je le sus à cet instant-là, contre ce mur, les mains d'Antonio dans mes cheveux.
— Dio, tu me rends fou, murmura-t-il contre mes lèvres.
Ses mains descendirent le long de mes flancs, agrippant mes fesses à travers le tissu de ma robe, les pressant avec une possessivité qui m'excita plus que je ne l'aurais cru.
Il me souleva, et instinctivement, j'enroulai mes jambes autour de sa taille. Il me porta jusqu'au lit, me déposant sans douceur sur le matelas. Puis il se redressa, me regardant d'en haut avec un regard si affamé que je sentis une chaleur liquide se répandre entre mes cuisses.
— Enlève ta robe, ordonna-t-il.
Je me redressai sur les coudes, le fixant avec défi.
— Enlève-la toi-même.
Il sourit, un sourire de prédateur.
— Comme tu veux.
Il me fit rouler sur le ventre avec une force qui me coupa le souffle, puis défit lentement la fermeture éclair dans mon dos. Ses lèvres tracèrent une ligne de baisers le long de ma colonne vertébrale tandis qu'il faisait glisser ma robe, centimètre par centimètre, prolongeant délicieusement l'attente.
Lorsque je fus enfin nue à l'exception de ma culotte en dentelle noire, il me retourna à nouveau face à lui. Son regard dévora mon corps, s'attardant sur mes seins, mon ventre plat, mes cuisses.
— Perfetta, murmura-t-il. Absolument parfaite.
Il se déshabilla rapidement, efficacement, révélant un corps qui, bien que marqué par l'âge — quelques rides, un début de ventre — était encore ferme et musclé. Son sexe, libéré de son boxer, se dressa fièrement, épais et long.
Je déglutis, un mélange d'excitation et d'appréhension me traversant.
Il s'allongea sur moi, son poids m'écrasant délicieusement dans le matelas. Ses lèvres trouvèrent mon cou, mordillant, suçant, marquant ma peau. Ses mains exploraient mon corps avec une expertise née de l'expérience, sachant exactement où toucher, comment presser, quand pincer.
Lorsqu'il prit un de mes mamelons dans sa bouche, je cambrai le dos en gémissant. Sa langue traça des cercles autour du téton durci avant de le mordiller légèrement, juste assez pour que la douleur se mêle au plaisir. Puis il passa à l'autre sein, lui accordant la même attention torturante.
— Antonio... s'il te plaît...
— Quoi, tesoro ? Dis-moi ce que tu veux.
— Touche-moi... là...
Il rit doucement, une vibration contre ma peau.
— Où ça, « là » ? Sois plus précise.
— Ma... ma chatte... touche ma chatte...
— Brava. J'aime quand tu parles crûment.
Sa main descendit le long de mon ventre, glissant sous l'élastique de ma culotte. Ses doigts trouvèrent mon intimité, déjà trempée de désir, et il grogna d'appréciation.
— Tu es tellement mouillée... tout ça pour moi ?
— Oui...
Il frotta mon clitoris en cercles experts, appliquant juste assez de pression pour me faire haleter. Puis, sans prévenir, il plongea deux doigts en moi, me faisant crier de surprise et de plaisir.
— Tu aimes ça ? demanda-t-il en commençant un va-et-vient régulier.
— Oui... oh oui...
— Dis-le. Dis-moi que tu aimes mes doigts dans ta chatte.
— J'aime... j'aime tes doigts dans ma chatte...
Il accéléra, son pouce frottant mon clitoris tandis que ses doigts me pénétraient encore et encore. La tension montait dans mon bas-ventre, une vague prête à déferler.
— Jouis pour moi, Amira. Jouis sur mes doigts.
L'orgasme arriva sans prévenir, brutal et net comme une décharge électrique. Je n'avais pas eu le temps de le construire dans ma tête — mon corps l'avait pris avant que ma conscience ait pu intervenir. Mes cuisses se refermèrent sur sa main, retenant ce qu'il venait de déclencher, et quand tout se dénoua, je restai immobile quelques secondes, étonnée de moi-même. Il me regarda avec une satisfaction évidente.
— Bellissima, murmura-t-il en retirant ses doigts ruisselants. Mais nous ne faisons que commencer.
Il écarta mes cuisses avec les siennes et se positionna. Je retins mon souffle — cette fraction de seconde, avant, toujours, où le corps sait ce qui arrive et décide s'il le veut. Le mien le voulait. Quand il entra en moi, lentement, je gardai les yeux ouverts sur le plafond, consciente de chaque centimètre, concentrée sur cette sensation-là uniquement — sa présence, sa taille, la façon dont mon corps s'ouvrait pour lui sans résistance. Il était plus gros que Mehdi, et même si j'étais trempée, il y avait une légère brûlure qui me fit grimacer.
Il s'arrêta immédiatement.
— Ça va ?
— Oui... continue...
Il s'enfonça complètement, et nous gémîmes à l'unisson. Puis il commença à bouger, lentement d'abord, me laissant m'ajuster à sa taille, puis avec plus de force, plus de vitesse.
Le lit grinçait sous nos mouvements, nos corps claquant l'un contre l'autre dans un bruit obscène. Il me baisa avec une intensité brute, sans la tendresse de Mehdi mais avec une passion dévorante qui me fit perdre la tête.
— Plus fort, haletai-je. Baise-moi plus fort...
— Madonna, tu es incroyable...
Il souleva mes jambes, les plaçant sur ses épaules, changeant l'angle de pénétration. Soudain, il toucha un point en moi qui me fit voir des étoiles.
— Là ! Oui, là !
Il pilonna ce point sans pitié, et je sentis un deuxième orgasme monter, plus puissant que le premier.
— Je vais jouir... oh mon Dieu, je vais jouir...
— Jouis avec moi, tesoro... maintenant !
Nous jouîmes ensemble, nos cris se mêlant dans l'air climatisé de la chambre. Je sentis son sexe palpiter en moi, ses jets chauds, et mon corps se contracta autour de lui en vagues frénétiques.
Nous restâmes ainsi quelques instants, haletants, en sueur, nos corps encore enchevêtrés. Puis il se retira doucement et s'effondra à côté de moi.
— Mamma mia, souffla-t-il. C'était...
— Incroyable, complétai-je.
Il rit et m'attira contre lui. Je posai ma tête sur son torse, écoutant les battements rapides de son cœur ralentir progressivement.
— Tu restes cette nuit ? demanda-t-il.
— Je ne peux pas. Ma mère va s'inquiéter.
Nous fîmes l'amour encore une fois sous la douche, l'eau chaude ruisselant sur nos corps enlacés, comme deux amants qui se connaissaient depuis des années et non quelques heures.
Lorsqu'il me raccompagna devant mon immeuble, il m'embrassa tendrement.
— Demain ? Entre midi et quatorze heures ? Pendant la pause déjeuner ?
Je le regardai, surprise.
— Tu veux qu'on se revoie ?
— Certo. Pourquoi pas ? Nous avons passé un bon moment, non ? Pourquoi ne pas continuer ?
Pourquoi pas, en effet. Pas d'amour. Pas de promesses. Juste du plaisir partagé entre deux adultes qui se désiraient.
— D'accord. Demain, midi.
— Perfetto.
Je montai chez moi, me glissai silencieusement dans ma chambre, et m'effondrai sur mon lit. Mon corps était douloureux dans les meilleurs endroits possibles, et un sourire satisfait étirait mes lèvres.
Pour la première fois depuis Mehdi, je me sentais... bien. Pas heureuse — le bonheur était une illusion dont je m'étais débarrassée. Mais bien. Vivante. Puissante.
J'avais pris ce que je voulais. J'avais joui sans culpabilité. J'avais laissé un homme me donner du plaisir sans lui donner mon cœur en retour.
C'était libérateur.
Les semaines suivantes établirent une routine. Chaque jour, entre midi et quatorze heures, pendant que le reste du bureau déjeunait ou faisait la sieste pour échapper à la chaleur écrasante, je me glissais dans la chambre d'Antonio.
Nous baisions. Partout. Sur le lit, contre le mur, dans la douche, sur le bureau, même une fois sur le balcon étroit, le danger d'être vus ajoutant une dimension excitante.
Il était un amant généreux, attentif, créatif. Il connaissait cent façons de me faire jouir, et prenait un plaisir évident à les explorer toutes. Parfois, c'était rapide et brutal — il me prenait par derrière, me pliant sur le lit, me baisant avec une urgence animale. D'autres fois, c'était lent et tortueux — il me léchait jusqu'à ce que je supplie, puis me faisait attendre encore, prolongeant le plaisir jusqu'à ce que je sois au bord de la folie.
Et il parlait. Mon Dieu, comme il parlait. Des mots crus, obscènes, murmurés dans un mélange d'italien et de français qui me faisaient frissonner.
— Che bella figa... ta chatte est si serrée... j'adore la baiser... tu me prends si bien... dio, je vais jouir...
Je n'étais pas en reste. Antonio avait réveillé quelque chose en moi — une liberté sexuelle que je n'avais jamais explorée avec Mehdi. Avec lui, je pouvais dire ce que je voulais, demander ce dont j'avais envie, sans peur d'être jugée.
— Baise ma bouche, disais-je en m'agenouillant devant lui. Je veux te sentir au fond de ma gorge.
— Lèche ma chatte jusqu'à ce que je jouisse sur ton visage.
— Plus fort... défonce-moi... fais-moi hurler...
Et parfois, après, nous restions allongés dans les draps froissés, nus et en sueur, et nous parlions. De tout et de rien. De nos vies, de nos rêves, de nos déceptions.
Un après-midi, environ un mois après le début de notre arrangement, alors que nous étions allongés côte à côte, sa main traçant des motifs paresseux sur mon ventre, il dit soudainement :
— Tu sais, Amira, si tu veux, quand mon contrat se termine, tu pourrais venir avec moi en Italie.
Je me redressai sur un coude, le regardant avec surprise.
— Quoi ?
— L'Italie. Rome, ou Milan si tu préfères. Je peux t'aider à trouver un travail, un appartement. Tu pourrais recommencer ta vie là-bas.
— Antonio... nous avions dit pas de complications.
— Ce n'est pas une complication. C'est juste... une option. Je t'aime bien, Amira. Beaucoup. Et je pense que tu mérites mieux que cette ville de merde perdue au milieu du désert.
— Tu m'aimes bien, répétai-je. Ou tu m'aimes ?
Il hésita, et dans cette hésitation, je vis la vérité.
— Je... je pourrais t'aimer. Si tu me laissais. Si nous nous donnions une vraie chance.
Mon cœur se serra. Pas de douleur, juste... de la lassitude.
— Antonio, nous avons un accord. Du plaisir sans attachement.
— Je sais, je sais. Mais les choses changent, non ? Les gens changent. Peut-être que nous pourrions...
— Non.
Le mot sortit plus froidement que je ne l'aurais voulu. Je vis quelque chose s'éteindre dans ses yeux, et une partie de moi en fut désolée. Mais une partie plus grande, plus forte, savait que c'était nécessaire.
— Je ne veux pas d'amour, Antonio. Je te l'ai dit dès le début. Je ne veux pas de promesses d'avenir. Je veux juste... ça. Ce que nous avons maintenant. Rien de plus.
— Et si je veux plus ?
— Alors nous arrêtons.
Il me regarda longuement, et je soutins son regard sans ciller. Finalement, il soupira.
— D'accord. D'accord, on continue comme avant. Pas d'amour. Pas de promesses.
— Bien.
Mais quelque chose avait changé. Dans les semaines qui suivirent, je sentis sa frustration grandir. Il commençait à devenir possessif, jaloux. Il me demandait où j'allais après le travail, avec qui je parlais. Il voulait plus de temps, plus d'attention.
Et moi, je commençais à m'ennuyer.
Le sexe était toujours bon — Antonio savait comment me faire jouir, comment me faire oublier tout le reste pendant ces précieuses heures. Mais en dehors du lit, je ne ressentais rien. Pas d'étincelle, pas de connexion profonde. Juste du plaisir charnel et une conversation agréable.
Ce n'était pas sa faute. C'était la mienne. Quelque chose en moi s'était brisé avec Mehdi, et je ne savais pas si cela pourrait être réparé un jour.
Un soir, alors que je rentrais chez moi après une de nos sessions, je croisai Yasmine dans la rue. Elle était en compagnie d'un homme que je ne connaissais pas — grand, brun, sourire charmeur. Un de ses amants, probablement.
— Amira ! s'exclama-t-elle en me voyant. Ça fait longtemps ! Comment vas-tu ?
— Bien. Occupée par le travail.
Elle me regarda avec ce regard perçant qui semblait voir à travers les mensonges.
— Et Antonio ?
Je ne fus même pas surprise qu'elle sache. À Hassi Messaoud, les secrets ne duraient jamais longtemps.
— Qu'est-ce qu'il a, Antonio ?
— C'est du sérieux ?
— Non. Juste du sexe.
Elle sourit, approbatrice.
— Bien. N'oublie jamais ça. Les hommes sont bons pour le plaisir, pas pour l'amour. Dès qu'ils commencent à parler de sentiments, tu files.
— C'est un peu cynique, non ?
— C'est réaliste. Tiens, je vais à Alger ce week-end avec Djalil. Tu veux venir ? Il y a une soirée chez lui, beaucoup de gens intéressants. Des hommes intéressants.
Elle appuya sur le dernier mot avec un clin d'œil suggestif.
J'hésitai. Une partie de moi voulait refuser, rester dans ma zone de confort avec Antonio. Mais une autre partie — celle qui avait soif de nouveauté, de liberté — voulait dire oui.
— D'accord. Je viens.
— Parfait ! Je passe te prendre jeudi soir.
Elle s'éloigna au bras de son compagnon, et je continuai mon chemin, un sourire aux lèvres.
Alger. De nouveaux visages. De nouvelles possibilités.
Peut-être qu'Antonio avait raison sur une chose : je méritais mieux que Hassi Messaoud.
Mais contrairement à lui, je n'avais pas besoin d'un homme pour m'emmener ailleurs.
Je pouvais y aller toute seule.
Ce soir-là, dans mon lit, je repensai à tout ce qui s'était passé depuis Mohsin. La trahison. Mehdi et son mensonge. Antonio et son plaisir sans complication qui commençait à se compliquer malgré nos accords.
Yasmine avait raison. Les hommes étaient tous pareils. Ils promettaient, ils mentaient, ils voulaient toujours plus que ce qu'ils donnaient.
Mais moi, j'avais appris. J'avais appris à prendre sans donner. À jouir sans aimer. À vivre sans attendre.
La chair pouvait oublier. La chair pouvait guérir. Pas le cœur — le cœur restait froid, enfermé derrière des murs infranchissables.
Et c'était très bien comme ça.
Le parfum de l'interdit ne me faisait plus peur. Je l'avais embrassé, absorbé, transformé en armure.
Plus personne ne me briserait.
Plus jamais.
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Chapitre 4 · Les siestes interdites
Hassi Messaoud, en plein mois d'août. Entre deux appels au standard de PetroServ, Amira s'éclipse chaque jour à midi, sous prétexte de déjeuner. Son secret porte un nom : Antonio, cadre italien installé dans la base de vie voisine. Entre eux, aucune promesse, seulement des rendez-vous volés dans une chambre climatisée, loin des regards. Dehors, la chaleur écrase tout, mais le désir, lui, ne faiblit pas. Combien de temps ce pacte tacite tiendra-t-il ?
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