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Couverture de Parfum de l'interdit, par NadiaKarim
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Inspiré du réel
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Parfum de l'interdit — Chapitre 21 · Aveux et rupture

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NadiaKarim
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Parfum de l'interdit

Chapitre 21 · Aveux et rupture

POV KARIM
Je pris le premier vol pour Alger le mardi matin.
Pendant le trajet — deux heures dans cet avion d'Air Algérie qui ronronnait au-dessus du désert — je n'essayai pas de préparer un discours. Les discours préparés sonnaient faux, et Nadia était trop intelligente pour ne pas l'entendre.
J'arrivai chez nous à onze heures. Les filles étaient à l'école. Nadia m'attendait dans le salon — assise sur le canapé, une tasse de café froid devant elle, les mains croisées, le visage de quelqu'un qui s'était préparé.
Je posai mon sac à l'entrée et vins m'asseoir en face d'elle.
Nous nous regardâmes un long moment sans parler.
Ce fut elle qui commença.
— Je veux que tu me dises la vérité. Pas une version atténuée, pas ce que tu penses que je peux supporter. La vérité.
— D'accord.
— Tu as eu une liaison avec ta stagiaire.
— Oui.
— Depuis combien de temps exactement ?
— Environ quatre mois.
Elle ferma les yeux brièvement, les rouvrit.
— C'est sérieux ?
La question la plus difficile.
— Oui.
Un silence.
— Tu l'aimes ?
POV NADIA
J'avais passé trois jours à me préparer à cette conversation. Trois jours à répéter les questions, à anticiper les réponses, à construire autour de moi une carapace suffisamment solide pour tenir sans m'effondrer pendant qu'il parlait.
Mais lorsqu'il dit oui à ma question — c'est sérieux ? — quelque chose dans cette carapace se fissura quand même.
Pas beaucoup. Juste assez pour que je sente la douleur passer à travers.
— Tu l'aimes ? répétai-je.
Il hésita. Et cette hésitation était une réponse en soi.
— Je ne sais pas avec certitude.
Je ne sais pas. Encore cette formule. Ni oui ni non. L'honnêteté douloureuse d'un homme qui refusait de mentir même quand le mensonge aurait été plus doux.
— Quel âge elle a ?
— Vingt-trois ans.
Vingt-trois ans. Quasiment le temps que nous avions passé ensemble.
— Elle est belle ?
— Nadia...
— Réponds.
— Oui.
Je me levai, me dirigeai vers la fenêtre qui donnait sur notre jardin. Les rosiers que j'avais plantés il y a huit ans étaient en fleurs — rouges, absurdes dans leur beauté ordinaire face à ce qui se passait dans ce salon.
— Pourquoi ? demandai-je sans me retourner.
— Il n'y a pas de réponse satisfaisante à ça.
— Essaie quand même.
— Parce que je me suis perdu. Parce que la distance, les rotations, la solitude de Hassi Messaoud... j'ai trouvé quelqu'un qui me voyait d'une certaine façon. Et j'ai été faible.
— Faible. Tu appelles ça de la faiblesse ?
— Je ne sais pas comment appeler ça autrement.
Je me retournai.
— Tu aurais pu appeler ça de l'égoïsme. Tu aurais pu appeler ça de la lâcheté. Il y a d'autres mots que faiblesse, Karim.
Il ne répondit pas.
— Est-ce qu'elle sait pour nous ? Pour les filles ?
— Oui.
— Et elle a quand même...
— C'est compliqué.
— Non. C'est simple. Tu es marié, tu as deux enfants, et vous avez tous les deux choisi de...
Sa voix se brisa. Elle se tut.
POV KARIM
Nadia se rassit, pas sur le canapé face à moi cette fois, mais sur le fauteuil de côté — comme si elle avait besoin de changer l'angle, de ne plus être directement en face de moi.
— Je veux la séparation, dit-elle.
Les mots n'étaient pas prononcés avec colère. Avec une tristesse épuisée, plutôt, comme quelqu'un qui avait passé trois jours à prendre une décision difficile et qui la posait enfin.
— Nadia, les filles...
— Les filles ont besoin d'un père présent et d'une mère stable. En ce moment, ni l'un ni l'autre n'est possible dans cette maison. Je ne peux pas te regarder en face et faire semblant que rien ne s'est passé.
— Je comprends.
— Est-ce que tu vas continuer à la voir ?
La question me frappa de plein fouet. Honnête, directe, méritant une réponse honnête.
— Je ne sais pas.
— Au moins, tu ne mens pas.
— Je n'ai jamais voulu te mentir.
— Et pourtant.
Silence.
— Je vais aller chez ma sœur ce soir, dit-elle. Avec les filles. Tu peux rester ici si tu veux, récupérer tes affaires. Mais je voudrais que tu sois parti avant que je rentre demain.
— D'accord.
— Karim.
— Oui ?
Elle me regarda une dernière fois avec ces yeux qui m'avaient regardé pendant vingt-trois ans.
— Je ne te hais pas. Je voudrais peut-être, mais je ne peux pas. On a construit trop de choses ensemble. Mais je ne peux pas non plus faire comme si ça n'avait pas existé.
— Je sais. Tu as raison.
— Est-ce qu'elle te rend heureux ?
La question la plus inattendue. La plus généreuse.
— Oui. D'une façon que je n'arrive pas à...
— Tu n'as pas besoin de finir cette phrase.
Elle se leva, prit sa veste posée sur le dossier du fauteuil, et se dirigea vers la porte.
— Je vais appeler mon avocate demain. Pour la procédure.
— D'accord.
Elle s'arrêta dans l'embrasure, sans se retourner.
— Prends soin de toi, Karim.
Puis elle sortit.
POV AMIRA
J'attendis toute la journée.
Et toute la soirée.
À Hassi Messaoud, dans notre appartement secret, j'attendis. Je ne travaillais pas, ne lisais pas, ne regardais rien. Je m'assis sur le canapé avec un thé qui refroidit dans mes mains, regardant la porte comme si je pouvais le faire apparaître par la force du regard.
Mon téléphone resta silencieux jusqu'à vingt et une heures passées.
Puis il sonna.
— Amira.
Sa voix. Différente. Creusée.
— Karim. Comment ça s'est passé ?
Un silence.
— Elle sait. Je lui ai tout dit. Elle a demandé la séparation.
Je fermai les yeux.
Elle a demandé la séparation.
— Tu vas bien ?
— Non. Pas vraiment. Et toi ?
— Moi non plus.
— Je suis à l'hôtel. Pas dans notre maison. J'ai pris quelques affaires et je suis parti.
— C'est elle qui te l'a demandé ?
— Oui. Elle ne voulait pas que je reste sur place. Elle va emmener les filles chez sa sœur.
Les filles. Arwa et Samar que je n'avais jamais rencontrées mais qui existaient dans nos conversations, dans la culpabilité de Karim, dans la réalité de ce qu'il risquait.
— Elles savent ?
— Non. Pas encore. Nadia leur dira... quelque chose. Plus tard.
— Karim, je suis désolée.
— Non. Ne le sois pas. C'est ma faute. J'ai fait des choix.
— On en a tous les deux fait.
Un silence plus long.
— Amira.
— Oui ?
— J'ai besoin de t'entendre. Juste... t'entendre.
Quelque chose dans sa voix — épuisée, dépouillée de tout masque — me fit monter les larmes aux yeux.
— Je suis là.
— Je sais. C'est pour ça que j'appelle.
POV KARIM
La chambre d'hôtel était quelconque. Propre, anonyme, interchangeable avec des centaines d'autres chambres dans des centaines d'autres villes. Un lit double, un bureau, une télévision que je n'allumais pas.
J'étais allongé sur le dessus-de-lit, tout habillé, le téléphone contre l'oreille, et la voix d'Amira était la seule chose réelle dans cette nuit.
— Raconte-moi quelque chose, murmurai-je. N'importe quoi.
— Quoi ?
— Quelque chose de normal. Ce que tu as fait aujourd'hui. Ce que tu as mangé. Quelque chose.
— J'ai... j'ai mangé une soupe de lentilles au déjeuner parce que ma mère avait cuisiné. J'ai aidé Djawida avec ses devoirs de maths. J'ai pensé à toi toute la journée.
— Je sais. Moi aussi.
— Comment c'était ? Avec Nadia ?
— Difficile. Elle a été... digne. Incroyablement digne. Elle aurait eu le droit de crier, de tout casser. Elle a juste... posé ses questions, écouté mes réponses, et demandé la séparation.
— Tu l'as méritée.
— Oui.
— Tu vas avoir du remords.
— J'en ai déjà.
— Ça ne disparaîtra pas.
— Je sais. Je ne veux pas qu'il disparaisse. Ce remords, c'est ce que Nadia mérite que je ressente.
Silence.
— Karim.
— Oui ?
— J'ai besoin de toi aussi. Ce soir. Là.
Ma gorge se serra.
— Je suis à Alger.
— Je sais.
— Je ne peux pas être là physiquement.
— Alors sois là autrement.
POV AMIRA
Je ne sais pas qui de nous deux prononça les mots en premier. Peut-être aucun des deux — peut-être que la suggestion naquit simplement du silence chargé entre nous, de ce besoin de connexion physique impossible à satisfaire autrement.
— Dis-moi où tu es, murmura-t-il.
— Sur le canapé. Dans l'appartement. Je t'attends depuis des heures.
— Tu es seule ?
— Oui.
— Allonge-toi.
Ma gorge se noua.
— Karim...
— S'il te plaît. J'ai besoin de toi. Pas de ton corps, pas de sexe. J'ai besoin de savoir que tu es là, que c'est réel, que...
Sa voix se brisa légèrement.
— Que ça valait quelque chose.
Que ça valait quelque chose.
Je m'allongeai sur le canapé, le téléphone contre mon oreille, fixant le plafond.
— Je suis allongée.
— Dis-moi comment tu es.
— En jean, en t-shirt. Les cheveux détachés.
— Ferme les yeux.
J'obéis.
POV KARIM
Sa respiration dans le téléphone — légèrement accélérée, vivante, proche malgré les sept cents kilomètres.
— Tu penses à moi ? murmurai-je.
— Tout le temps. Depuis ce matin.
— Comment ?
— Je pense à tes mains. À ta voix. À la façon dont tu me regardes.
— Touche-toi pour moi.
Le silence qui suivit était de ceux qui contiennent une décision.
— Karim...
— S'il te plaît. Je veux t'entendre. Juste t'entendre.
POV AMIRA
Ma main descendit lentement, déboutonnant mon jean, glissant en dessous.
Je trouvai mon intimité déjà chaude, déjà réactive au seul son de sa voix.
— Je te touche, murmurai-je.
Sa respiration se modifia imperceptiblement dans le téléphone.
— Raconte-moi.
— Ma main... mes doigts... je pense à toi.
— À quoi exactement ?
— À Ghardaïa. Aux draps blancs. À ta bouche dans mon cou.
— Je suis là, Amira. Dans ta tête, je suis là.
— Oui.
— Tu es mouillée ?
— Oui.
— Pour moi.
— Toujours pour toi.
Sa respiration dans le téléphone se fit plus lourde, et je compris qu'il se touchait aussi, de son côté, dans cette chambre d'hôtel anonyme d'Alger.
L'intimité de cette image — chacun de notre côté, dans nos solitudes parallèles, connectés par sept cents kilomètres de silence et une ligne téléphonique — me fit fermer les yeux plus fort.
POV KARIM
— Amira.
— Oui.
— Dis-moi ce que tu ressens.
— Je te veux. Je veux que tu sois là. Ça me manque, les doigts sur ma peau, ta façon de...
— Dis-le.
— Ta façon de me faire sentir entière.
Le mot — entière — me frappa avec une force physique.
C'était ça. Ce qu'elle cherchait dans nos nuits. Pas seulement du plaisir, pas seulement de l'amour. Ce sentiment d'être entière, d'exister complètement, que je lui donnais et que personne avant moi n'avait su donner.
— Tu es entière, murmurai-je. Tu l'as toujours été. Moi ou pas.
— Avec toi, c'est différent.
— Je sais.
Je m'abandonnai à ma propre main, mes yeux clos, la voix d'Amira comme une présence réelle dans l'oreille.
— Tu penses à moi ? demanda-t-elle.
— À toi uniquement.
— Dis mon prénom.
— Amira.
— Encore.
— Amira.
— Encore. Comme tu le dis quand...
— Amira. Habibti. Amira.
POV AMIRA
Son prénom prononcé comme ça — plusieurs fois, comme une litanie, dans cette voix rendue rauque par le désir et par tout ce qu'il avait vécu aujourd'hui — me fit basculer.
L'orgasme arriva doucement, profondément, sans la violence des moments de passion physique. Plutôt comme une vague longue et lente qui me traversa de la tête aux pieds, me laissant tremblante et silencieuse.
Je l'entendis dans le téléphone quelques secondes plus tard — son souffle coupé, son grognement étouffé dans un oreiller d'hôtel à Alger.
Puis le silence.
Un silence différent de tous les silences.
— Tu es là ? murmurai-je.
— Oui. Je suis là.
— Comment tu te sens ?
— Vide. Et plein en même temps. Je ne sais pas expliquer.
— Je comprends.
Nous restâmes en ligne longtemps après, sans parler. Juste nos respirations, les bruits de fond de nos espaces respectifs — le bourdonnement de la climatisation dans mon appartement, la circulation lointaine dans son hôtel algérois.
— Karim.
— Oui.
— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
— Je ne sais pas encore.
— Quand tu sauras...
— Tu seras la première à le savoir.
— Promis ?
— Promis.
POV KARIM
— Je rentre à Hassi Messaoud jeudi, dis-je finalement. Je dois être là pour le travail. Et je veux te voir.
— Moi aussi je veux te voir.
— Ça va aller, Amira.
— Arrête de dire ça quand on ne sait pas si c'est vrai.
— Tu as raison. Je ne sais pas si ça va aller.
— C'est mieux.
— Mais je sais que je veux qu'on essaie. Qu'on continue. D'une façon ou d'une autre.
— Même maintenant ? Avec tout ce qui vient de se passer ?
— Surtout maintenant. Parce que si j'ai perdu Nadia pour toi, autant que ça compte vraiment. Autant que tu comptes vraiment.
Un silence.
— Je compte ?
— Énormément.
Encore un silence. Puis sa voix, plus douce.
— Rentre vite.
— Jeudi. Je te le promets.
— Bonne nuit, Karim.
— Bonne nuit, habibti.
Je raccrochai et restai allongé dans le noir de la chambre d'hôtel, fixant le plafond.
Tout s'était fracturé ce soir. Ma vie conjugale, ma maison, l'image que j'avais de moi-même comme père et mari.
Mais quelque chose d'autre tenait encore. Quelque chose de fragile et de réel, à sept cents kilomètres d'ici, dans un appartement de Hassi Messaoud.
Elle compte.
Et pour la première fois depuis des semaines, l'avenir — même incertain, même douloureux — ne semblait pas entièrement noir.
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Chapitre 22 · Le procès
Ce matin-là, Amira ne dort pas. Dans quelques heures, elle doit témoigner devant le tribunal correctionnel de Ouargla et regarder en face l'homme qui l'a longtemps poursuivie. Chaque mot sera scruté, chaque geste pourra être retourné contre elle. La défense a prévenu qu'elle tentera de faire glisser le procès vers sa vie privée. Amira pourra-t-elle rester sur les faits ?
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