Rosalie une domestique dévouée
Chapitre 1 · La sucession
Couverture de Rosalie une domestique dévouée, par Docsevere Rosalie une domestique dévouée Chapitre 1 · La sucession Chapitre 2 · Les caprices des maîtres Chapitre 3 · Le travail de Rosalie Chapitre 4 · La cuisinière met toujours un peu d'elle-même dans ses plats Chapitre 5 · Rosalie et sa rosette Chapitre 6 · On embauche un jardinier Chapitre 7 · Promenons nous dans le bois (le bois dont je me chauffe) Chapitre 8 · La gouvernante Chapitre 9 · Les malheurs de Rosalie Chapitre 10 · Ma gouvernante soigne la cuisinière Chapitre 11 · Petites vacheries entre femmes Chapitre 12 · Telle est prise qui croyait prendre Chapitre 13 · Un plat qui se mange froid Chapitre 14 · Le dressage Chapitre 15 · Une dure à cuir(e) Chapitre 16 · Les malheurs d'Armande Chapitre 17 · De nouveaux plaisirs Chapitre 18 · Grasse matinée Chapitre 19 · On verrouille Armande Chapitre 20 · La saillie Chapitre 21 · Les jours heureux Chapitre 22 · Des jours tristes... Et l'espoir de jours meilleurs. Chapitre 23 · Le recrutement Chapitre 24 · Les débuts d'Honorine Chapitre 25 · La beauté et le désir Chapitre 26 · Tu seras punie par où tu as péché Chapitre 27 · Les préparatifs d'un départ Chapitre 28 · La couturière Chapitre 29 · La fête de Noël Chapitre 30 · Les étrennes d'Honorine Chapitre 31 · Sacrifice à Janus Chapitre 32 · Flagrant délit de lubricité Chapitre 33 · La ceinture Chapitre 34 · Le déjeuner sur l'herbe Chapitre 35 · Celles qui commandent. Et les autres. Chapitre 36 · Le cadeau d'adieu Chapitre 37 · Le con d'Honorine
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Rosalie une domestique dévouée — Chapitre 1 · La sucession

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Le ton est à tomber : cette voix de narrateur bourgeois du début du siècle, entre lâcheté assumée et lucidité cruelle sur lui-même et sur sa femme, sonne juste à chaque ligne. La femme du narrateur vole la vedette — une figure de harpie provinciale d'une précision redoutable, dont les saillies font mouche. Et la tension qui monte dans le bureau, entre les livres et la poussière, sans qu'il ne se passe encore presque rien, est vraiment bien conduite.

Rosalie une domestique dévouée

Chapitre 1 · La sucession

Rosalie, une domestique dévouée
Cette histoire se déroule en 1904, une autre époque.
Mon vieux père venait de mourir. Il vivait à la campagne depuis toujours, dans une grande maison familiale où j'avais un peu vécu enfant. En effet, j‘avais été mis en pension dès mes douze ans, car dans ces endroits reculés, dès lors qu'on entamaitdes études secondaires, il fallait partir. Enfant, j'avais été placé chez les curés, puis dans un pensionnat de Jésuites à Évreux, sitôt effectuée ma communion solennelle.  
Mon frère aîné ayant été tué à la guerre de 70, je m'étaisretrouvéfils unique etseul héritier. 
Ma mère nous avait quittés jeune, emportée par une congestion pulmonaire, un mauvais hiver. Il faut dire que les hivers sont parfois rudes et humides dans ces coins de Normandie. Je n'avais pas été trop peiné à l'époque. C'était une femme sévère, qui tenait sa maison d'une main de maître, comme elle avait appris à le faire de ses parents, en les voyant diriger leur personnel ; je ne me suis jamais souvenu qu'elle nous ait prodigué un quelconque geste d'affection.
C'était une fille de parvenus (d'anciens domestiques qui avaient accumulé assez de fortune pour ouvrir une auberge etêtre comptés parmi la petite bourgeoisie de province) qui avait été mariée à mon père, issu d'une bourgeoisie plus ancienne. Lui vivait de ses rentes. 
En tant que femme, elle n'avait rien hérité : son frère unique avait été désigné comme seulhériter de l'auberge, et elle avait été, comme ses sœurs, dotée et mariée à mon sinistre père. Un beau parti. Un vieux célibataire endurci et ronchonqu'on avait dû pousser à se marier pour que les biens n'aillent point à l'État à sa mort. De toute façon, le connaissant et sachant combien il exécrait cet État républicain qui allait dépouiller l'Église de ses biens et de ses prérogatives, il est certain qu'il aurait légué tout ce qu'il avait à celle-ci, s'il s'était retrouvé sans successeurs.  
Quant à ma mère, je ne sais pas si elle avait rêvé d'une autre vie, je l'ai trop peu connue pour le savoir, et bien entendu, ça n'était pas le genre de femme à s'ouvrir à ses enfants, ni à quiconque d'ailleurs sur ce qu'elle pensait de sa vie. Elle parlait très peu, sinon pour donner des ordres à toute sa maisonnée et se faire respecter comme il se doit pour tenir son rang. Non pas qu'elle eut envisagé un jour d'aller vivre à la ville (elle ne connaissait Rouen que pour y avoir été deux fois dans sa vie), mais je pense qu'elle se serait sentie mieux dans le chef-lieu d'arrondissement où ses parents s'étaient enrichis - qui n'était en rien comparable à Paris (où elle n'avait jamais mis les pieds) mais elle aurait pu espérer y voir un peu de monde de la bourgeoisie locale, fréquenter quelques boutiques de mode. Tandis que dans le village de Daumesnil (hameau du Point-du-jour) elle avait vécu quasi enterrée entre les prés et les champs. Et ce, toute sa vie. Là où était demeuré, du reste, mon père depuis plus de cinquante ans. 
Comment avait-il pu vivre là si longtemps et si vieux, voilà ce que je me demandai en revoyant ce pays. Il y avait emménagé avec sa jeune épouse à la mort de son père. C'était, pour ma mère, la fin de tout espoir d'aller vivre un jour dans un endroit plus fréquenté par du monde. C'était peut-être ce qui l'avait rendue si aigre. 
Moi qui vivais à Paris depuis dix ans avec mon épouse et qui n'avais quasiment pas revu cette grosse bâtisse depuis mon départ en pension, je fus saisi en voyant l'endroit. 
Ma première idée avait été de vendre au plus vite. Mais très vite je déchantai. Car après avoir touché cette succession et en avoir parlé avec le notaire, il s'avéra que, même en trouvant un acquéreur, je n'en aurai tiréque bien peu d'argent.
Or mon affaire à Paris était loin d'être florissante. Autant avais-je accumulé beaucoup de gains à Rouen durant les années où nous y avions été établis, pour ensuite vendre et nous installer dans la capitale, grâce à la dot de ma femme (issue d'une famille assez fortunée), autant les affaires s'étaient avérées dès les premières années parisiennes décevantes ; les suivantes peu reluisantes, et les deux dernières étaient catastrophiques. Notre grand appartement donnant sur le parc Monceau nous coûtait les yeux de la tête en entretien et en gages de domestiques. 
La solution qui m'était venue tout d'abord avait été de vendre l'appartement du parc Monceau et d'en acheter un plus petit. Mais rien à faire : ma femme m'avait fait plus d'une scène. D'abord c'est elle qui tenait les comptes (ou plutôt, en bonne fille de commerçants normands, économes et austères, jouait les experts comptables en revérifiant tout derrière mon dos), et elle refusait ce qu'elle considérait comme s'abaisser et descendre dans l'échelle sociale en allant vivre dans un logement un peu plus modeste, ce qui aurait été un aveu de notre déchéance et l'assurance de perdre toutes nos relations importantes durement acquises. Ces gens ne nous auraient plus parlé, nous aurions été mis au ban de cette société, et qui plus est, ç'aurait été à leurs yeux, comme à ceux de nos clients et de nos créanciers, la preuve que nos affaires étaient en décrépitude, ce qui allait immanquablement précipiter notre chute. 
Je m'emportais contre elle, mais force était de constater qu'elle avait raison. 
Aussi fut-elle encore plus furieuse contre moi et mes sinistres ascendants et le funeste destin qui l'avait conduite à m'épouser il y a tant d'années quand elle découvrit que la grande demeure de mon père ne valait pas grand-chose, du moins en comparaison avec le coût de la vie parisienne et de notre train de vie. Elle nous vouait aux gémonies et me maudissait pour tout, mes affaires, mes choix, ma famille, mes origines, et gémissait sur son sort. 
D'autant que mon vieux père, bien que vivant assez modestement, avait dilapidé l'essentiel ce qui lui restait de fortune et de biens. Il avait vendu année après année les terres qu'il louait à ses métayers, dépensé quasiment tout son capital. Voilà ce que je venais de découvrir.
Ce qu'il restait était cette grande et vieille bâtisse qui aurait gardé de l'allure si elle n'était pas si dégradée (elle avait été mal entretenue, et jamais rénovée) et quant au jardin (un parc de deux hectares) il avait été partiellement soigné ; et il faut bien dire que les terres non cultivables ne valaient pas grand-chose dans cette province, en comparaison des prix de la ville. 
- « Modestement », dit ma femme, mais il a quand même gardé cette vieille bonne, ce jardinier, cette camériste, et ce vieux majordome sans âge. Qu'avait-il besoin de tout ce personnel ?
— Il n'avait sans doute pas eu le cœur de les renvoyer. Et puis diminué et malade comme il était, à ce qu'on dit, il avait besoin de soins. S'habiller, se laver... il avait besoin de personnel pour effectuer toutes ces tâches qu'il ne pouvait plus faire lui-même. Et il dépensait, semble-t-il, pas mal d'argent pour les médecins, et ce depuis plusieurs années.
— Ça n'est pas la peine de lui chercher des excuses, et de le défendre maintenant, alors qu'il nous a quasiment ruinés ! Et dire que vous ne faisiez que vous plaindre de lui. En fait, vous êtes bien comme lui, les chiens ne font pas des chats : trop généreux, trop de pitié et de commisération. Les hommes comme vous prennent des grands airs, font des discours, croient faire montre d'autorité, mais en fin de compte se font avoir par le petit personnel et les employés dans les grandes largeurs. 
Eh bien le sort de ces gens va être vite réglé : ils vont tous aller à la soupe ! Ils ont dû bien profiter des gracieusetés du vieux, maintenant la fête est finie !
Elle finit par me convaincre de vendre mon affaire à Paris, et à mon grand étonnement de venir vivre dans cette maison où j'avais passé une brève partie de mon enfance et que je n'aimais point. 
— Autant vivre avec un peu d'aise dans cette campagne comme un hobereau que comme un entrepreneur médiocre de la Capitale, incapable financièrement de tenir son rang social. Sans compter qu'au train où vont vos affaires, c'est la banqueroute et la déchéance qui nous guettent !
Autant garder le peu de biens et d'argent qui nous restent pour vivre comme des rentiers plutôt que de finir dans la rue !
— Vous exagérez, mon amie.
— Nullement. Je vois bien où nous allons si nous continuons ainsi, et vous serez bien avancé quand ce sera advenu.
— Des rentiers ? Comme mon père donc ?
— Oui parfaitement ! Mais moi, tant que je vivrai je ne vous laisserai pas dilapider ce qu'il nous reste de fortune et de ma dot, comme ce vieux grigou gâteux, qui n'a pas su gérer son bien et a dilapidé notre héritage.
Et pour commencer nous allons congédier tout le personnel.
— Tout le personnel ?! Mais enfin, mon amie, qui va entretenir la maison ?!
— Vous aurez tout votre temps libre, vous pourrez entretenir les bâtiments et le jardin, pas besoin de personnel pour ça.
— Mais vous divaguez, je n'y connais rien ! Tant en jardinage, culture, qu'en entretien des maçonneries. Je suis un homme d'affaire, moi, pas un ouvrier !
— Vous apprendrez bien. Vous pourrez louer de temps à autres les services d'un jardinier, du moins le temps qu'il vous enseigne ce que vous devez savoir. Et s'il faut entreprendre des travaux de plus large ampleur nous paierons un tâcheron.
— Et le ménage de la maison ? Et l'entretien de la vaisselle, de l'argenterie, c'est vous qui allez le faire ?!
— Non naturellement ! Nous ne garderons que la vieille bonne. En diminuant ses gages. Elle n'est plus toute jeune, elle ne semble plus avoir beaucoup d'allant, nous ne la paierons pas comme une jeune domestique. Elle doit tenir à sa place – à son âge elle ne pourra sans doute pas en retrouver une autre – elle acceptera ce sacrifice. D'autant qu'elle a dû bien profiter des largesses du vieux, et même si ça se trouve, elle s'est constitué un bas de laine…
— Comme vous voudrez mon amie, je vous laisse mener ces affaires-là.
Une fois de plus j'avais cédé. Le prix pour la paix. Mais tout au fond de moi, je savais qu'elle avait raison. Je lui faisais confiance pour gérer ce qui nous restait de capital. Je pouvais lui reprocher beaucoup de choses mais pas d'être dépensière. Et savait s'adapter à chaque situation. Javais cru qu'elle ne survivrait pas à ce changement de vie, elle qui jouait si bien les femmes du monde à Paris mais à ma grande surprise elle s'était muée en petite propriétaire de campagne. Mais avec quelle aigreur, quelle rapacité, quelle brutalité. Je la soupçonnai de se venger du revers du destin sur les domestiques. Et comme elle s'y entendait en négociations ce fut elle qui reçut la bonne, après avoir congédié sans états d'âme le jardinier, la femme de chambre et le majordome, non sans les avoir passés à la question afin de chercher à savoir si « le vieux » ne leur avait pas fait bénéficier trop généreusement de ses largesses. Naturellement ils n'avouèrent rien, ce qui la mit en fureur. « L'argent s'est déjà envolé ! Ils l'ont déjà bien mis à l'abri. Ah les gredins ! » explosa-t-elle alors que Rosalie, la vieille bonne, attendait dans une pièce voisine. 
— Moins fort. Rosalie va t'entendre…
— Mais je m'en moque ! Comme ça elle saura à quoi s'attendre.
Quand elle la reçut pour lui exposer le marché, j'écoutai posté de l'autre côté de la porte.
La vieille bonne accueillit la « proposition » avec un gémissement, une plainte, et je crus qu'elle allait sangloter puis défaillir. J'étais anxieux. 
— Dix francs ! Mais Monsieur me payait vingt francs, et je vous assure que ça n'est déjà pas beaucoup…
— Eh bien, c'était trop. Monsieur était bien trop généreux, sans doute du fait de son grand âge, répondit-elle sèchement. Si ça ne vous convient pas vous n'avez qu'à vous chercher une autre place. On verra si un maître acceptera d'employer une femme comme vous, même à dix francs ! Et à votre âge, et lourde comme vous êtes, je ne pense pas qu'on puisse vous en demander autant qu'à une jeune domestique…
— Madame, protestait la voix de Rosalie au bord des larmes, je vous assure que Monsieur ne trouvait rien à redire de mon service, et je tenais la maison impeccablement. D'ailleurs, vous avez bien dû le voir, lorsque vous êtes arrivés en ces lieux. Pas un grain de poussière, je…
— Je n'en dirais pas tant, ma fille. Et puis vous n'étiez pas seule. La camériste vous aidait pour une bonne moitié des tâches. Et ne niez pas, elle me l'a dit.
— Justement, Madame. Toute seule à tenir la maison il y aura d'autant plus d'ouvrage… Ce sera beaucoup plus d'ouvrage. Beaucoup trop pour dix francs !
— Dix francs c'est mon dernier mot. Si ça ne vous convient pas vous pouvez prendre la porte comme le reste des domestiques. Je n'aurai aucune peine à retrouver une domestique, plus jeune et qui s'acquittera bien mieux de sa charge.
Et puis si vous voulez rester je vos appellerai Maria. C'est plus convenable pour une domestique. Rosalie ça fait trop fille de ferme, c'est quasiment un nom de rosse. 
J'entendis ses gémissements. Les voix baissaient, mais la conversation semblait continuer, mais plus calmement. Arrivait-on à un accord ?
Quand ma femme reparut elle affichait un sourire victorieux :
— Alors ? lui demandai-je
— Elle a cédé. Pour dix francs. C'est une bonne affaire. Elle n'avait pas le choix. Mais crois-moi elle va en abattre, sinon elle aura affaire à moi. C'est fini son bon temps, elle a fini de roupiller, la grosse vache. Si elle a pu engraisser du temps de ton andouille de père, là il va falloir qu'elle le bouge son lard.
Et puis ça m'arrange. Je préfère avoir dans la maison cette vieille bonne, tout en graisse, que de devoir engager une de ces filles du pays, jeune et fraîche pour que tu lui tournes autour. Ainsi, tu ne seras pas tentée, ricana-t-elle, et elle partit satisfaite d'elle-même et du tour qu'elle était ravie de me jouer. 
Je trouvai l'argument mesquin et fallacieux. Si elle préférait garder cette vieille bonne c'était surtout par avarice, car elle avait été certaine de pouvoir profiter de la situation. 
J'eus un peu pitié, à ce moment, de la vieille Rosalie. Une fois renvoyée il eut été presque certain que cette domestique lourde et vieillissante n'aurait pas retrouvé de place et Dieu sait ce qu'elle serait devenue. 
Les premiers jours après notre emménagement fut un enfer pour Rosalie. Ma femme n'arrêta pas de la houspiller, de la tancer, de lui donner des ordres, ne la lâchant pas d'une semelle. À peine finissait-elle de s'acquitter de la tâche qu'elle lui avait confiée qu'elle était déjà après elle :
— Eh bien, Maria, il n'est pas encore fini ce rangement ?! La vieille malle n'est encore pas vidée ?
Dépêchez-vous j'ai besoin de vous à l'office, puis il vous faut renter du bois pour la cuisine… Ça n'est quand même pas moi qui vais préparer le dîner… Je ne vous paie pas à rêvasser, ma fille ! Bougez ! Hâtez-vous !
La grosse femme gémissait, soufflait, se dandinait sur ses larges hanches pour marcher plus vite, suait à grosses gouttes (ce qui avait le don de dégoutter ma femme), le visage rouge, presque violacé. 
À la fin de la journée je pris mon courage à deux mains et parlai à ma femme :
— Tu en demandes trop à la bonne. Regarde-là, elle va faire une attaque, tu vas la faire crever. Tu seras bien avancée si elle rend l'âme dans cette maison : nous devrons nous charger des obsèques, la belle économie ! Au mieux elle ne va pas tenir et demander son compte : elle partira, c'est ça que tu cherches ? Dis-le.
— C'est que j'ai besoin d'elle plus que jamais, pour nous installer. Et puis elle faut qu'elle se rende compte que ça a changé et que c'est fini le temps d'être à la coule. Il faut faire preuve de fermeté avec les domestiques, sinon ils en prennent trop à leur aise, et finissent par par prendre tous les prétextes pour ne rien faire.
— Oui mais prends garde, elle n'est plus toute jeune, et son cœur sans doute faible pourrait lui lâcher…
— Ça ne lui fait pas de mal d'activer le mouvement. Elle avait oublié ce qu'était que travailler…
Le lendemain rien ne changea mais je vis que ma femme l'observait avec un peu plus d'attention, et finit sans doute par se rendre compte que Rosalie ne faisait pas semblant. Elle dût bien se rendre à l'évidence : son essoufflement n'était pas feint, et quand elle la vit vaciller, blanche comme un linge, manquer de défaillir et se retenir à la vieille rampe en chêne de l'escalier alors qu'elle l'observait à la dérobée, elle dût prendre peur. Elle ne lui dit rien, n'eut aucune réaction, mais le rythme de ses ordres ralentit un peu ; elle la laissait reprendre son souffle. 
Au cours des jours suivants, sans qu'elle ne connut de vrai moment de repos, on ne la vit plus courir, pressée par les ordres et les tances aigres de ma femme. 
Pour ma part, je la vis à un moment, appuyé sur le bras d'un fauteuil, sans bien entendu aller jusqu'à s'asseoir, et je croisai son regard terrifié. Sans changer mon allure je détournai le regard et continuai à traverser les pièces, suivant mon but. 
Si ma femme l'accablait moins de besogne elle n'avait cependant pas perdu l'habitude de la houspiller au moindre prétexte, de critiquer le résultat de chacune de ses tâches une fois accomplie, partant du principe que rien n'était jamais assez bien ni bien fait, et que plus on se contente du travail réalisé par les domestiques et plus ceux-ci s'endorment sur leur labeur et ralentissent leur allure. Pour elle, ils étaient comme les chevaux et les bestiaux qui n'avancent que lorsqu'on leur crie dessus et suffisamment fort. 
Quant à Rosalie, elle semblait trop épuisée pour songer à se défendre. Après la tempête, elle devait se dire qu'elle avait sauvé sa place, et montré - bien qu'elle n'en obtiendrait jamais ni l'aveu ni la reconnaissance – qu'elle savait la tenir et était encore capable de bien des efforts. 
Moi, dès que je pouvais, je me retirais et m'enfermais dans mon bureau – qui avait été celui de mon père. J'avais dû le vider à proprement parler, après avoir lu les vieux papiers sans intérêt qu'il gardait. J'avais bien compris qu'il n'avait plus tenu ses comptes depuis plusieurs années, ce qui confirmait ce qu'avait supposé ma femme. Naturellement il n'y avait donc pas de trace des largesses qu'il aurait pu prodiguer à son personnel. Ceci dit, connaissant son avarice et sa misanthropie, je doutais qu'il en ait eu beaucoup. Mais l'âge change les caractères, et je ne pouvais être aussi définitif sur ce point. En tout cas il avait emporté bien des secrets dans sa tombe, et ça n'était pas la Rosalie qui m'apprendrait quoi que ce fut, il faudrait faire une croix là-dessus. 
Parfois, bien qu'étant à l'étage et la porte de mon bureau fermée, j'entendais ma femme vociférer sur Rosalie qui devait regretter d'être la seule domestique pour cette raison également : il n'y avait personne pour souffrir sa colère et ses aigreurs.
Rosalie toqua à mon bureau. Elle me demanda si je n'avais plus besoin d'aide. Elle m'avait aidé dans les premiers jours à le débarrasser progressivement de l'inutile. Mais j'avais fini par réussir à faire place nette. Et le ménage de ce bureau à taille modeste (à peine vingt mètres carrés) n'était pas une tâche colossale. Je répondis par la négative, mais elle insista. Sa poitrine massive se soulevait sous son corsage, propageant comme des ondes liquides, telle une houle lente, et je compris qu'elle peinait à reprendre son souffle et cherchait un peu de paix.
— Fermez la porte, lui dis-je. Si vous y tenez vous pouvez commencer à faire les poussières de la bibliothèque. Il y a tant de livres, et qui semblent n'avoir jamais été époussetés, que vous en aurez pour un moment. Certains sont très anciens, très fragiles, il faut les manier délicatement, faites-le donc avec douceur, pas de précipitation.
Elle esquissa un sourire. Elle avait compris qu'il y avait ici comme la possibilité d'un havre de tranquillité. Du moins, peut-être durant quelques jours, et peut-être une demi-heure par jour, au moins. Enfin, osait-elle l'espérer.
Je la vis donc se saisir de chaque ouvrage, l'ouvrir, le secouer doucement, l'épousseter, puis passer le plumeau sur la partie de l'étagère laissée vide. Je voyais ses fortes hanches onduler, rouler de droite et de gauche, dans sa jupe longue. Je la regardais et me demandais comment elle était encore en-dessous. 
Il ne se passa pas vingt minutes que j'entendis hurler ma femme en bas, elle appelait Rosalie, s'indignant de ne la plus voir. 
Je me levai, ouvris la porte et dis à ma femme que j'avais besoin d'elle, je l'avais embauchée pour nettoyer mon bureau.
— Votre bureau ?! Votre bureau peut attendre, la poussière ne se sauvera pas, elle est là depuis des siècles. Par contre ça n'est pas moi qui vais plumer l'oie, j'ai besoin d'elle à la cuisine !
— L'oie attendra un peu. Maria va d'abord nettoyer cette damnée bibliothèque où je veux pouvoir ranger mes livres de compte et les garder propres et secs.
— Et bien nous mangerons des livres, puisque c'est ça…
— Nous mangerons un peu plus tard, nous n'en mourrons pas. Du reste nous n'attendons personne à déjeuner que je sache ?
Elle battit en retraite, je l'entendis grommeler. Je souris à Rosalie, refermai la porte et lui donnai pour consigne de terminer toute la rangée. Elle finit de s'acquitter de cette tâche, avec un air guilleret que je ne lui connaissais pas. Ce jour-là, elle pensa bien avoir trouvé un allié.
Le soir même, bien entendu, ma femme me fit une scène :
— Depuis quand as-tu besoin d'une domestique à ton service personnel ? Pourquoi pas une femme de chambre, pendant que tu y es ? Elle va t'habiller également ?
— Mais ma mie, puisque je n'ai plus d'activité depuis que nous vivons ici en dehors de la gestion de nos affaires, mon bureau est mon office, j'ai besoin que cette pièce soit tenue et rangée…
— Le ménage de ce « bureau », les poussières, cela va bien. Dix minutes seront bien suffisantes…
— J'ai besoin que Maria m'aide à faire du tri, classer des dossiers, tenir en ordre ma bibliothèque…
— Pfff Maria… Tu comptes en faire ta secrétaire particulière, sans doute ? Tu crois qu'avec le peu d'instruction qu'elle a elle te sera d'une grand utilité ? demanda-t-elle d'un ton ironique et méprisant
— Elle fera ce qu'elle pourra, et le peu qu'elle sait me sert. Et puis je pourrai lui apprendre deux ou trois choses, sans aucun doute…
— Maria, continua-t-elle sur le même ton de dédain, mais mon pauvre ami elle est ignare et bête comme ses pieds. Ça se lit rien que dans ses yeux…
— Je suis sûr que tu exagères. Ces gens ont souvent un bon sens paysan qu'il ne faut pas négliger.
— C'est une bonne ! Une paysanne, comme tu le dis, qui n'est jamais sortie de ce hameau
— Il m'importe
— Oui bon. Au moins tu ne la lutineras pas celle-là, ricana-t-elle. Mais je te préviens : qu'elle n'en profite pas pour se planquer et rester là-haut des heures entières à musarder.
— Elle travaillera, tu peux me croire.
— Moui… enfin…
Pour la première fois je trouvai ses remarques non seulement désagréables pour la domesticité qui, il est vrai, d'un rang inférieur et encore plus bas dans ces campagnes, ne sont bons que pour les tâches les plus grossières, mais aussi dégradantes pour cette fille vieillissante qui n'avait certes eu ni mari ni enfant mais avait dû en valoir bien d'autres durant ses jeunes années. 
Reclus bien souvent toute la matinée à l'étage, dans mon bureau, je me rendais compte que j'avais accepté cette vie quasi-monastique le jour où j'avais accepté de vivre ici retiré dans cette campagne qui était celle de mes aïeux. J'avais capitulé en rase campagne devant ma femme pour qui vivre notre vie ici s'était imposé comme une évidence. 
Désormais, quand je me retrouvais reclus dans cette pièce avec la vieille bonne durant une partie de la matinée, je me disais que je partageais avec elle cette cellule, mais que je n'avais rien fait pour mériter cette prison. Pourtant, la partager avec elle dans le calme et la paix, cette femme obéissante et docile (et pour cause) me semblait finalement bien plus enviable que partager l'espace plus vaste de la demeure avec ma femme survoltée, toujours rouspétant et m'accablant de reproches, comme si c'était sa seule occupation. 
Je me mis à voir différemment Marie qui apaisait mon humeur et je me remis même à l'appeler par son prénom de baptême, Rosalie, en lui disant bien que ça ne se ferait point que lors de notre huis clos, et elle comprit sans en avoir besoin d'explication que c'était pour éviter les foudres de ma femme. 
Celle-ci lui avait ôté son identité (en lui changeant son prénom, habitude bien fréquente chez les Maîtres) mais également son sexe et les caractéristiques qui s'y rapportent en postulant qu'elle n'était plus une femme, car lui semblant évident qu'elle avait perdu avec l'âge le peu d'attrait qu'elle aurait pu avoir sur la gent masculine, quand bien même son représentant eut été un fameux lapin. 
Et chaque matin, tandis qu'elle s'appliquait avec calme aux tâches que je lui confiai, je me mis à la regarder en coin. Et si je faisais mentir ma femme ? Le pire est qu'elle n'en saurait rien. Ce serait une petite vengeance pour moi mais également une petite revanche pour Rosalie. 
Je me demandais tellement chaque jour comme était encore faite cette femme vieillie que cela finit par devenir une idée fixe, j'y pensais tout le temps en la regardant discrètement, en prenant garde qu'elle ne vit pas mon regard sur sa silhouette massive. 
Un matin alors que j'étais assis derrière mon bureau et elle en train de ranger et épousseter les livres (tâche inutile car s'y livrant chaque jour il n'y avait rien à nettoyer depuis la veille, si ce n'eut été par maniaquerie de ma part) je lui dis :
— Rosalie, venez ici
— Oui Monsieur, dit-elle en s'approchant et cherchant sur mon bureau ce que j'étais sur le point de lui demander de faire
— Déshabillez-vous
— Comment, Monsieur ?!
— Vous m'avez bien compris, Rosalie, mettez-vous nue. Entièrement nue.
— Mais Monsieur… balbutia-t-elle, les yeux hagards de stupeur, ça n'est pas possible… Je manquerais d'air !
— Ça n'est pas grave, Rosalie, on ouvrira la fenêtre.
Vous m'en voyez désolé, continuai-je, mais je dois vérifier certaines choses. Vous savez que Madame est soupçonneuse, très soupçonneuse, et elle s'est mise dans la tête que vous nous voliez. Naturellement je vous ai défendue, car je ne le crois pas. Mais elle m'a chargée de vérifier… comment… si vous ne cachiez pas des objets sur vous.
— Mais Monsieur ! Y a-t-il quelque chose qui ait disparu ?! Madame ne m'a rien dit…
— Bien entendu : je l'ai convaincue (avec difficulté) de ne rien vous en dire tant que je n'aurais pas procédé à cette vérification. Vous n'avez rien à craindre, je suis convaincu de votre innocence.
— Mais Monsieur… pardonnez-moi, mais j'aurais trop honte…
— Enfin, Rosalie, à votre âge... vous n'êtes plus une jeune fille…
— Mais Monsieur, devant vous… un homme
— Personne n'en saura rien, ça restera notre secret à tous les deux ; ça ne sortira jamais de ce bureau.
— Enfin, pardonnez-moi Monsieur… mais si je refusais…
— Eh bien Rosalie, je serais obligé de faire mon rapport à Madame. De lui dire que je n'ai pu vérifier que vous êtes innocente, parce que vous n'y avez pas consenti. Et, navré de le dire, mais ça ne plaiderait pas en faveur de votre innocence. Madame serait alors convaincue que vous cachez quelque chose (et même quelque objet) et j'ai bien peur qu'alors elle vous renvoie sur le champ. Vous n'êtes point sotte et vous êtes sans doute rendu compte que lors des premiers jours où nous avons repris la maison elle voulait vous renvoyer, et que si vous êtes restée c'est parce que je me suis battu pied à pied avec les meilleurs arguments pour lui prouver que nous avions besoin de vous. Je reste convaincu qu'elle a cherché – et cherche encore – le premier prétexte pour vous jeter dehors.
— Mais Monsieur… mais Monsieur… balbutiait-elle comme pétrifiée devant moi
— Eh bien, Rosalie ? Que fait-on ? Dois-je conclure que vous refusez, que par conséquent je dois vous soupçonner de quelque chose, que je dois faire mon rapport à Madame, que vous serez renvoyée ? Ou bien préférez-vous donner votre compte et quitter cette maison, plutôt que de me prouver votre innocence ? Sachez que, personnellement, je ne le souhaite pas… Je tiens - je tenais – à vous garder, mais après… Cette décision sera la vôtre, je n'insisterai pas.
Elle resta quelques secondes interdite, les joues écarlates, le regard trouble fixant le sol loin devant elle, puis elle prononça ces mots, d'une voix presque tremblante :
— Bon, Monsieur… Je vous confiance, faites vite.
(À suivre...)
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Chapitre 2 · Les caprices des maîtres
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Docsevere
10 décembre 2025 à 14:42
Merci de ton commentaire @Exorium.
Effectivement j'ai moi aussi une attirance inexplicable pour cette époque (une époque qui n'était pas aussi "Belle" qu'on le dit, d'ailleurs...

J'ai eu envie d'écrire cette histoire après avoir lu "Le journal d'une femme de chambre" d'Octave Mirbeau ;)
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Exorium
10 décembre 2025 à 10:08
Un récit qui me parle. Pour toutes sortes de raisons. Et puis, je sors de la lecture de "La maison vide". Me voilà donc retourné à cette époque pour laquelle j'éprouve infiniment de fascination. Et votre plume est magique.
Soyez respectueux
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Docsevere
27 septembre 2025 à 10:24
Je joue sur l'époque où les relations étaient bien différentes.
Vous verrez que chaque personnage connaitra un destin bien singulier. Et que tout se paie dans la vie d'une façon ou d'une autre...
Merci pour votre lecture et votre commentaire.
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Ontentetu
27 septembre 2025 à 01:34
C’est très bien écrit au point que je me doutais quand arriverait la sexualité. Les conditions de Rosalie m’ont touchées et ont comprend parfaitement la psychologie de cette pauvre conne et sadique de sa femme mais tout en comprenant d’où vient sa méchanceté et être capable en bonus de bien expliquer ses comportements car le contexte historique me semble très vrai semblable. Mais l’écriture du personnage principal m’a fait ressentir sa compassion et le retournement de situation de la fin de ce chapitre est venu chercher un sentiment de colère et de trahison. C’est très bien joué.

J’ai de la difficulté à voir comment je vais pouvoir ne pas haïr cette homme mais j’ai vraiment hâte de lire la suite du récit et voir où cette plume m’amènera.
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Ontentetu
27 septembre 2025 à 01:27
C’est très bien écrit au point que je me doutais quand arriverait la sexualité. Les conditions de Rosalie m’ont touchées et ont comprend parfaitement la psychologie de cette pauvre conne et sadique de sa femme mais tout en comprenant d’où vient sa méchanceté et être capable en bonus de bien expliquer ses comportements car le contexte historique me semble très vrai semblable. Mais l’écriture du personnage principal m’a fait ressentir sa compassion et le retournement de situation de la fin de ce chapitre est venu chercher un sentiment de colère et de trahison. C’est très bien joué.

J’ai de la difficulté à voir comment je vais pouvoir ne pas haïr cette homme mais j’ai vraiment hâte de lire la suite du récit et voir où cette plume m’amènera.
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Wedreca
5 janvier 2024 à 13:01
Et moi plus je vieillis plus je deviens nostalgique de temps que je n'ai pas connus (surtout la Belle Époque)

Je comprends tout à fait. C'est exactement ce que je ressens (pas pour la même époque, j'imagine).
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Docsevere
4 janvier 2024 à 23:52
Tu as raison Miss, il y a tant d'histoires à lire ici et je passe tellement de temps à écrire, et lire d'autres choses.

J'aime bien aussi lire ce qui est bien écrit. Ce qui a pris du temps à etre confectionné, comme de la bonne cuisine (et il n'y a pas que les sushis :))
Ce pourquoi j'aime aussi tes écrits.

Après, plus on vieillit plus on devient difficile au niveau phantasmes.
Et moi plus je vieillis plus je deviens nostalgique de temps que je n'ai pas connus (surtout la Belle Époque)

Et merci pour tes compliments, belle lectrice. De toi, ils m'honorent
Modifié 4 janvier 2024 à 23:55
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Wedreca
4 janvier 2024 à 14:51
Cela fait un bon moment que je veux te lire, Docsevere. Mais voilà, on n'a pas toujours le temps pour tout ce qu'on voudrait faire :/.

C'est en voyant ton chapitre arriver tout à l'heure, que je me suis décidée.
Zut ! 10ème chapitre, déjà ! Alors, faisant les choses bien, j'ai commencé par le premier...

J'aime quand c'est bien écrit (je suis servie). J'aime quand ça prend son temps (je suis servie également). Pour le reste, l'avenir me le dira...

Une histoire hors du temps, à l'écart de la frénésie du monde. Un havre de paix (pas trop quand même, espérons-le ;)), dans lequel je viendrai passer un bon moment de lecture, quand l'envie m'en prendra... bientôt, sois-en sûr ;).
Modifié 4 janvier 2024 à 14:52
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Ced67220
12 juillet 2023 à 22:55
Top
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Docsevere
12 juillet 2023 à 19:27
Merci.
Le second épisode sera normalement à la lecture ce soir ;)
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