Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Runway à contre-courant — Chapitre 13
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Runway à contre-courant
Chapitre 13
Chapitre 13
Je pousse la porte de la coloc avec une sensation étrange, comme si je revenais dans une vie qui n'était plus tout à fait la mienne. Mes bagages pèsent lourd dans mes mains : le sac de voyage classique, mais surtout les housses élégantes que Burberry m'a données avant mon départ. Des vêtements que je n'aurais jamais imaginé posséder un jour. Je les range soigneusement dans ma chambre, pliant chaque pièce avec une attention presque ridicule. Le cachemire doux, les chemises parfaitement coupées, les pantalons au tombé impeccable… tout ça contraste violemment avec mes vieux pulls de ferme et mes jeans usés encore tachés de terre.
L'appartement est vide. Ni Marion ni David. Le silence est presque oppressant. Je regarde l'heure : il est encore tôt. J'ai le temps de me préparer pour les cours de l'après-midi. Je prends une douche rapide, enfile un jean propre et un sweat simple, même si je sais que je ne passerai pas inaperçu. Dans la glace, j'ai l'impression que mon visage a changé. Les projecteurs de Londres ont laissé une trace invisible.
Je descends au parking, monte dans la vieille voiture et roule jusqu'au lycée agricole. Dès que je me gare et que je franchis le portail, je sens les regards. Des filles qui discutent près des casiers se retournent d'un coup. Des murmures s'élèvent immédiatement. Deux d'entre elles sortent leur téléphone, font défiler l'écran et me jettent des coups d'œil appuyés.
Je baisse la tête et accélère le pas, le sac sur l'épaule. Mais je n'ai pas fait dix mètres qu'une voix familière crie mon nom.
— Gaspard !
Marion court vers moi, essoufflée, les cheveux en bataille comme toujours. Elle s'arrête net devant moi, les yeux écarquillés.
— Putain, mais c'est vrai… Tout le monde ici est au courant !
Je fronce les sourcils, le cœur qui s'emballe déjà.
— Au courant de quoi ?
Au moment où je pose la question, tout me revient. Les paroles de Fabio lors du dîner, les photos volées qui circulaient déjà sur les réseaux. Je n'ai même pas eu le temps de vérifier mon téléphone depuis mon retour.
Marion ouvre la bouche pour répondre, mais un groupe de cinq filles s'approche déjà. L'une d'elles, que je reconnais vaguement du cours de gestion, brandit son téléphone avec une photo agrandie : Vasco et moi sur la plage, son corps pressé contre le mien, le trench mouillé collé à sa peau, ma chemise blanche devenue transparente à cause de l'eau… Le baiser est évident, intense, presque trop réel.
— C'est bien toi ? demande-t-elle avec un mélange d'excitation et de curiosité malsaine. Sur la photo avec Vasco Solari ?!
Une autre fille ricane, la voix pleine de mépris.
— Franchement, on n'y croyait pas. Toi, avec lui ? T'as pris la grosse tête ou quoi ?
La colère monte d'un coup chez Marion. Elle se plante devant elles, les poings serrés, le visage rouge de rage.
— Vous allez lui foutre la paix, oui ?! Il vient à peine de rentrer, laissez-le tranquille ! Allez voir ailleurs si on y est ! Vous êtes pathétiques à baver sur des photos volées comme des vautours !
Les filles reculent un peu, surprises par la véhémence de Marion, mais l'une d'elles lance avant de partir, avec un sourire narquois :
— Redescends sur terre, Gaspard. T'es toujours le même. Même si tu t'es fait photographier mouillé avec un millionnaire, ça ne change rien. T'as pris la grosse tête pour rien.
Marion leur fait un doigt d'honneur discret pendant qu'elles s'éloignent en gloussant et en chuchotant entre elles. Puis elle se tourne vers moi, le regard à la fois inquiet, protecteur et impatient.
— Allez, raconte-moi. Comment c'était vraiment ? Londres, Vasco, tout ça… T'as l'air… différent. Plus sûr de toi, mais en même temps un peu perdu.
Je hausse les épaules, essayant de rester vague tout en marchant à ses côtés vers le bâtiment des cours.
— C'était… intense. Beaucoup de shootings, beaucoup de monde autour de nous en permanence. Vasco est génial, vraiment attentionné. Mais je ne veux pas trop en parler pour l'instant. C'est encore frais, et tout va trop vite.
Je ne mentionne ni le contrat, ni les photos officielles pour Burberry, ni l'argent que je vais toucher. C'est encore trop énorme, trop irréel.
Marion me scrute un long moment, comme si elle essayait de lire entre les lignes, puis elle change de sujet tout en restant collée à moi.
— Et David ? Tu l'as vu depuis que tu es rentré ?
— Non, pourquoi ? Il est où ?
— Non, pourquoi ? Il est où ?
Elle soupire profondément, passant une main dans ses cheveux courts.
— Sûrement derrière le bahut avec les gars, comme d'habitude. Depuis qu'il a vu les photos qui circulent… il n'est plus comme d'habitude. Il fait la gueule en permanence, il parle à peine, il évite tout le monde. Même moi il m'a à peine adressé la parole ce matin.
Mon estomac se noue violemment.
Marion s'arrête de marcher et me regarde droit dans les yeux.
— Qu'est-ce qui s'est passé exactement pendant le week-end chez tes parents ? Dis-moi la vérité, Gaspard. Parce que là, c'est plus qu'une simple dispute de coloc. Ça fait des jours qu'il est bizarre, et depuis les photos, c'est pire.
Je reste silencieux un instant, le regard perdu vers le sol, puis je finis par craquer sous son insistance.
— En gros… David m'a fait du rentre-dedans. Fort. Très fort. Il m'a dit que je devais choisir entre lui et Vasco. Que j'étais en train de me mentir à moi-même sur ce que je ressentais vraiment.
Marion hoche la tête lentement, comme si ça confirmait tout ce qu'elle soupçonnait depuis longtemps.
— Je m'en doutais. Il fait la gueule parce qu'il a compris que tu avais choisi Vasco. Et… ça fait plus d'un an qu'il est amoureux de toi, Gaspard. Plus d'un an. Il n'a jamais rien dit parce qu'il ne voulait pas gâcher votre amitié. Il attendait que tu fasses le premier pas, ou que tu te rendes compte tout seul.
Je reste figé sur place, complètement sous le choc.
— Plus d'un an ? Mais pourquoi il n'a jamais rien dit avant ? On vit ensemble, on est tout le temps ensemble…
— Parce qu'il avait peur de te perdre complètement. Il préférait t'avoir comme ami plutôt que de risquer de tout briser. Et là, avec Vasco qui débarque dans ta vie… il a craqué. Le week-end chez tes parents a été la goutte d'eau.
— Parce qu'il avait peur de te perdre complètement. Il préférait t'avoir comme ami plutôt que de risquer de tout briser. Et là, avec Vasco qui débarque dans ta vie… il a craqué. Le week-end chez tes parents a été la goutte d'eau.
Nous marchons en silence un moment vers le bâtiment des cours. Les regards continuent de me suivre partout, les murmures aussi. Marion reste à mes côtés, protectrice, repoussant d'un regard noir ceux qui s'approchent de trop près.
— Tu vas faire quoi maintenant ? me demande-t-elle doucement après un long moment.
Je soupire lourdement.
— Je ne sais pas. Je viens à peine de rentrer et j'ai déjà l'impression que tout a changé. Ma vie ne m'appartient plus vraiment.
Au loin, près du hangar à matériel, j'aperçois la silhouette de David, entouré de quelques gars. Il tourne la tête dans notre direction. Nos regards se croisent un bref instant. Il détourne les yeux aussitôt, le visage fermé, la mâchoire crispée.
Mon cœur se serre un peu plus.
La journée allait être très longue.
L'après-midi de cours est un véritable calvaire. Assis au fond de l'amphithéâtre, je n'arrive pas à me concentrer sur les explications du professeur. Mon regard ne cesse de dévier vers la rangée du haut, là où David s'est installé, loin de notre place habituelle. Il est entouré de gars qu'il ne fréquente presque jamais. Je tente désespérément de croiser son regard, mais il fixe obstinément son écran ou le tableau, comme si je n'existais plus.
À plusieurs reprises, je me retourne discrètement, espérant qu'il lève les yeux. Rien. Pas un seul coup d'œil. Quand la pause arrive, je me lève rapidement et me dirige vers lui, le cœur battant. Mais il se lève en même temps, attrape son sac et sort par l'autre porte sans un regard. Je reste planté là, les poings serrés.
Marion me rejoint, posant une main sur mon épaule.
— Laisse-le, Gaspard. Il est en train de ruminer. T'inquiète pas, tu arriveras à lui parler ce soir à la coloc. Il ne pourra pas t'éviter éternellement.
Je hoche la tête sans conviction, la gorge serrée par un mélange de colère et de culpabilité. Toute l'après-midi, je rumine. David m'évite comme la peste, et chaque fois que nos chemins pourraient se croiser dans les couloirs, il change de direction ou accélère le pas. Sa froideur me blesse plus que je ne veux l'admettre.
Quand les cours se terminent enfin, Marion et moi rentrons ensemble à la coloc. Le trajet en voiture est silencieux. Elle sent que je suis tendu et n'insiste pas. Une fois arrivés, l'appartement est encore vide. David n'est pas là. Je monte dans ma chambre, pose mon sac et commence à faire les cents pas comme un animal en cage. Les minutes s'étirent, interminables. Je regarde l'heure toutes les cinq minutes.
Vers 22h, j'entends enfin la porte d'entrée s'ouvrir, puis des pas lourds dans le couloir. La porte de la chambre de David se referme avec un claquement sec.
Mon cœur s'emballe. Je fais encore quelques allers-retours dans ma chambre, les mains moites, avant de prendre mon courage à deux mains. Je sors dans le couloir, m'arrête devant sa porte, respire un grand coup et frappe deux fois. Sans attendre la réponse, je tourne la poignée et entre.
David est allongé sur son lit, tout habillé, un bras derrière la tête, fixant le plafond. Quand il me voit, son expression passe de neutre à glaciale en une seconde.
— Qu'est-ce que tu fous ici ? Dégage.
Sa voix est froide, tranchante, sans aucune trace de l'ancienne complicité. Il ne bouge pas, ne me regarde même pas.
Je referme la porte derrière moi et reste debout au milieu de la chambre.
— David… pourquoi tu me fais la gueule comme ça depuis que je suis rentré ? Tu m'as évité toute l'après-midi. Je t'ai cherché, j'ai essayé de te parler, mais tu changes de direction dès que tu me vois.
Il reste silencieux, le regard toujours rivé au plafond, la mâchoire crispée.
— Réponds-moi, bordel ! je lance, la colère montant peu à peu. Je ne partirai pas sans avoir eu de réponse. Je sais déjà pourquoi tu fais ça, mais je veux l'entendre de ta bouche.
David finit par tourner lentement la tête vers moi. Son regard noir me transperce. Il s'assoit sur le bord du lit, les coudes sur les genoux, sans dire un mot.
Je me rapproche d'un pas.
— Pourquoi tu ne m'as jamais rien dit ? Pourquoi tu as attendu que tout explose comme ça ?
David reste muet encore quelques secondes, puis lâche d'une voix basse et amère :
— À quoi ça sert maintenant que tu es avec ce cher Vasco ?
Je soupire, passant une main sur mon visage.
— Oui, je suis avec lui. Mais je ne sais même pas si ça va fonctionner. On ne se verra presque pas avec son planning de dingue… Tu aurais dû me dire ce que tu ressentais, David. Tu aurais dû…
Je m'arrête au milieu de ma phrase, rougissant violemment sans finir.
David se relève lentement, dominant la pièce de sa stature. Son regard change. La froideur laisse place à quelque chose de plus sombre, de plus dangereux. Il fait un pas vers moi, puis un autre, tournant autour de moi comme un prédateur qui a repéré sa proie.
— Pourquoi ça aurait changé quelque chose ? murmure-t-il d'une voix rauque.
Je deviens encore plus rouge, reculant instinctivement jusqu'à ce que l'arrière de mes genoux touche le bord du lit. Je perds l'équilibre et tombe assis sur le matelas. David continue d'avancer, se plaçant juste au-dessus de moi. Il pose une main de chaque côté de mon corps, m'emprisonnant sur le lit sans me toucher.
Son visage est tout proche du mien. Je sens son souffle chaud sur ma peau.
— Maintenant c'est à toi de me répondre, Gaspard, souffle-t-il, la voix basse et menaçante. Est-ce que je te plais ?
Je reste figé, le cœur tambourinant dans ma poitrine, rouge comme une tomate, incapable de prononcer un mot. David me domine complètement, son regard noir plongé dans le mien, attendant ma réponse comme un chasseur attendant que sa proie rende les armes.
La tension dans la chambre est devenue électrique. Et cette fois, David a clairement repris le dessus.
David reste au-dessus de moi, les deux mains plantées de chaque côté de mon corps sur le matelas. Son visage n'est qu'à quelques centimètres du mien. Je sens la chaleur qui émane de lui, son souffle régulier contre ma peau. Mon dos est collé au lit, et je n'ai nulle part où reculer. Mon cœur bat si fort que j'ai l'impression qu'il va exploser.
— Alors ? murmure-t-il d'une voix basse et rauque. Est-ce que je te plais, Gaspard ?
Je déglutis difficilement. Mes joues sont déjà brûlantes. Je n'arrive pas à soutenir son regard plus de deux secondes. Mes yeux descendent malgré moi sur ses lèvres, pleines, légèrement entrouvertes. Je les fixe un instant de trop avant de relever la tête.
— David… arrête.
Il ne bouge pas. Au contraire, il se penche encore un peu plus. Son torse frôle maintenant le mien. Je sens son poids, sa présence écrasante.
— Pourquoi j'arrêterais ? Tu ne réponds pas. Pourtant tu sais très bien ce que tu ressens. Je le vois dans tes yeux. Je le vois à la façon dont tu rougis comme un gamin pris en faute. (Il passe lentement sa langue sur sa lèvre inférieure.) Regarde-moi dans les yeux et dis-moi que je ne te fais rien.
Je deviens encore plus rouge. Ma respiration s'accélère. Je tourne la tête sur le côté, essayant d'échapper à son regard.
— Tu n'aurais pas dû partir ce matin-là… chez mes parents, je lâche d'une voix tremblante. Tu m'as laissé seul après m'avoir mis dans cet état. Tu m'as abandonné avec tout ce bordel dans la tête.
David laisse échapper un petit rire sombre, presque cruel. Il attrape doucement mon menton entre ses doigts et me force à tourner la tête vers lui.
— Ah oui ? Et qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Que je reste pour te regarder te mentir encore ? Que je te regarde choisir ton mannequin à la con plutôt que ce qu'il y a juste devant toi ?
Ses yeux descendent sur ma bouche, puis reviennent dans les miens. Il rapproche encore son visage. Nos nez se frôlent presque.
— Dis-le, Gaspard. Dis-moi que je te plais. Dis-moi que quand tu fermes les yeux, c'est à moi que tu penses parfois, même avec ton Vasco.
Je suis rouge écarlate. Mon corps tout entier est tendu. Je sens la chaleur monter dans mon ventre. Je n'arrive plus à contrôler ma respiration.
— David… je… c'est compliqué…
— Compliqué ? répète-t-il avec un sourire prédateur. Non. C'est très simple. Tu as peur. Tu as toujours eu peur. Mais moi, je ne vais pas te laisser te cacher derrière ton Italien cette fois.
— Compliqué ? répète-t-il avec un sourire prédateur. Non. C'est très simple. Tu as peur. Tu as toujours eu peur. Mais moi, je ne vais pas te laisser te cacher derrière ton Italien cette fois.
Il descend lentement, ses lèvres effleurant à peine ma mâchoire, puis mon cou. Je frissonne violemment. Il murmure contre ma peau :
— Tu sais ce que je voulais te faire ce matin-là, chez tes parents ? Je voulais te plaquer contre ce lit et te montrer exactement à quel point tu me rends dingue. Mais tu as préféré fuir.
Je ferme les yeux un instant, le souffle court. Quand je les rouvre, David est encore plus proche. Ses lèvres sont à un centimètre des miennes.
— Regarde mes lèvres, Gaspard. Je sais que tu les regardes. Tu les fixes depuis que tu es entré dans cette chambre.
Je rougis encore plus fort, pris en faute. Je ne peux pas le nier. Mes yeux reviennent sans cesse sur sa bouche.
— David… arrête de jouer avec moi.
— Je ne joue pas. (Sa voix devient plus grave, plus dangereuse.) Je te veux. Et je sais que toi aussi tu me veux. Même si tu es trop timide pour l'avouer.
— Je ne joue pas. (Sa voix devient plus grave, plus dangereuse.) Je te veux. Et je sais que toi aussi tu me veux. Même si tu es trop timide pour l'avouer.
Il se penche encore. Son corps est maintenant presque entièrement sur le mien. Je sens la chaleur de ses hanches contre les miennes. Mon cœur bat à tout rompre.
— Dis-le, murmure-t-il. Dis-moi que je te plais. Dis-moi que tu as pensé à moi pendant tout ce temps à Londres.
Je reste silencieux, la gorge nouée, le visage en feu. David sourit lentement, comme s'il savourait ma défaite.
— Tu ne réponds toujours pas… Très bien. Alors je vais te poser la question autrement.
Il rapproche ses lèvres jusqu'à ce qu'elles frôlent les miennes sans les toucher vraiment. Son souffle chaud se mélange au mien.
— Est-ce que tu as envie que je t'embrasse, Gaspard ?
Le silence qui suit est insoutenable. Je suis tétanisé, rouge jusqu'aux oreilles, le corps tremblant sous le sien. David attend, patient, dangereux, ses yeux noirs plongés dans les miens.
Puis, sans me laisser le temps de répondre, il franchit le dernier millimètre.
Ses lèvres s'écrasent sur les miennes avec une force contenue, un baiser fougueux, possessif, presque rageur. Je suis surpris au début, les yeux grands ouverts. Mais très vite, mes mains montent d'elles-mêmes et s'enroulent autour de son cou. Je réponds au baiser avec la même intensité, attirant son visage contre le mien. Nos langues se trouvent, s'entremêlent dans un combat brûlant. Le baiser devient plus profond, plus désespéré. David grogne contre ma bouche, une main glissant dans mes cheveux pour me maintenir contre lui.
Nous restons ainsi de longues secondes, essoufflés, agrippés l'un à l'autre, comme si tout le reste du monde avait disparu.
Quand il s'écarte enfin, juste assez pour reprendre son souffle, ses lèvres sont gonflées et ses yeux brillent d'un éclat sauvage.
La tension dans la chambre est devenue explosive.
David reste au-dessus de moi, les lèvres encore humides de notre baiser. Son regard noir est rivé sur moi, intense, presque animal. Il ne bouge pas tout de suite, se contentant de me dominer de toute sa hauteur, un sourire lent et victorieux étirant ses lèvres.
— Je savais que tu en avais envie, murmure-t-il d'une voix basse et rauque qui fait vibrer ma poitrine. Je l'ai vu dans tes yeux dès que tu es entré dans cette chambre. Tu tremblais déjà, Gaspard. Tu crevais d'envie que je t'embrasse.
Je deviens écarlate. Mon visage brûle. Je tente de tourner la tête, mais David attrape mon menton entre ses doigts fermes et me force à le regarder.
— Non, non… Regarde-moi. Ne te cache pas. Dis-le. Dis-moi que tu avais envie de ce baiser.
Je reste silencieux, la gorge nouée, le cœur battant à tout rompre. David se penche un peu plus, ses lèvres frôlant les miennes sans les toucher.
— Tu ne réponds pas ? Très bien. Je vais te le faire avouer autrement.
Il descend lentement, déposant des baisers brûlants dans mon cou, mordillant la peau sensible juste sous mon oreille. Un frisson violent me traverse. Je sens mon corps réagir malgré moi, mon sexe déjà dur pressé contre le sien à travers nos vêtements.
— Est-ce que Vasco t'a embrassé comme ça à Londres ? murmure-t-il contre ma peau. Est-ce qu'il t'a fait trembler juste avec sa bouche ?
Je rougis encore plus fort, incapable de répondre clairement.
— David… arrête…
— Arrêter ? ricane-t-il doucement. Non. Je veux savoir. Est-ce qu'il t'a baisé là-bas ? Est-ce qu'il t'a rempli comme tu en avais besoin ?
— Arrêter ? ricane-t-il doucement. Non. Je veux savoir. Est-ce qu'il t'a baisé là-bas ? Est-ce qu'il t'a rempli comme tu en avais besoin ?
Je détourne le regard, rouge jusqu'aux oreilles.
— On… on a couché ensemble, oui… je murmure, la voix tremblante.
David laisse échapper un petit rire sombre, presque satisfait. Il se redresse légèrement et commence à déboutonner lentement ma chemise, un bouton après l'autre, sans jamais quitter mes yeux.
— Je le savais. Mais est-ce qu'il t'a fait supplier ? Est-ce qu'il t'a fait crier son nom comme je vais te faire crier le mien ce soir ?
Chaque bouton qui s'ouvre révèle un peu plus de ma peau rougie. David fait glisser le tissu sur mes épaules, puis le jette au sol. Ses mains larges caressent mon torse nu, ses pouces passant lentement sur mes tétons déjà durcis.
— Regarde-toi… Tu es déjà tout rouge. Et pourtant tu bandes comme un fou. Tu aimes quand je te parle comme ça, hein ?
Je hoche faiblement la tête, trop excité et trop honteux pour nier. David sourit, triomphant. Il descend ses mains jusqu'à la ceinture de mon pantalon, la défait avec une lenteur calculée.
— Dis-moi ce que tu veux, Gaspard. Dis-moi que tu veux que je te déshabille complètement. Que tu veux sentir ma bouche partout sur toi.
— David… je… putain…
— David… je… putain…
Il fait glisser mon pantalon et mon boxer le long de mes jambes, me laissant entièrement nu sous lui. Mon sexe est dressé, tendu, une perle brillante au bout. David passe sa langue sur ses lèvres en le regardant.
— Magnifique. Tu vois comme tu réagis à moi ? Même après avoir passé des jours avec lui, c'est moi qui te mets dans cet état.
Il se penche et dépose un baiser sur mon ventre, puis plus bas, évitant volontairement mon sexe. Il lèche l'intérieur de mes cuisses, mordillant doucement la peau sensible.
— Dis-moi, est-ce qu'il t'a sucé comme je vais le faire ? Est-ce qu'il t'a pris profondément dans sa gorge jusqu'à ce que tu ne puisses plus réfléchir ?
Je gémis, cambrant les hanches malgré moi. David rit doucement contre ma peau.
— Tu ne réponds pas… mais ton corps parle pour toi. Tu en crèves d'envie.
Il remonte lentement, embrassant chaque centimètre de mon corps jusqu'à revenir à mes lèvres. Il m'embrasse profondément, possessif, sa langue envahissant ma bouche tandis que sa main descend enfin pour envelopper ma queue. Il commence à me caresser lentement, avec une pression parfaite.
— Tu es à moi ce soir, Gaspard. Oublie-le. Oublie tout. Il n'y a que nous.
Je suis rouge écarlate, haletant, complètement perdu entre la honte, le désir et la culpabilité. David continue de me provoquer tout en me masturbant lentement.
— Dis-le. Dis que tu veux que je te baise. Dis que tu as pensé à ma queue pendant que tu étais avec lui.
— David… je… oui… j'en ai envie…
— David… je… oui… j'en ai envie…
Il grogne de satisfaction et accélère le mouvement de sa main.
— Brave garçon. Maintenant, laisse-moi te montrer à quel point je t'ai attendu.
La nuit ne fait que commencer, et David est bien décidé à reprendre tout ce qu'il estime lui appartenir.
Fin du chapitre 13.
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