Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Runway à contre-courant — Chapitre 10
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Runway à contre-courant
Chapitre 10
La nuit n'a été qu'un long ruban de velours noir, entrecoupé par le souffle régulier et puissant de Vasco contre ma nuque. Endormi, il ne perd rien de sa prestance de colosse ; son bras, lourd et possessif, est resté verrouillé autour de ma taille durant chaque heure de mon sommeil, me soudant à lui comme si sa peur la plus profonde était de me voir m'évaporer au premier rayon de soleil. Dans la pénombre de la suite, je me suis réveillé plusieurs fois, sentant la chaleur de son torse contre mon dos et sa queue au repos pressée contre mes fesses, rappel constant de notre fusion totale au restaurant et dans l'entrée de la suite.
Lorsque l'aube londonienne finit par filtrer à travers les persiennes de soie, jetant des stries de lumière pâle sur les draps de satin froissés, je sens Vasco s'éveiller. Il ne bouge pas brusquement. Il commence par déposer de minuscules baisers dans le creux de mes omoplates, remontant lentement vers la naissance de mes cheveux. Sa main, d'abord immobile sur ma hanche, recommence son exploration, ses doigts glissant avec une lenteur calculée sur ma peau encore sensible des assauts de la veille.
— Bonjour, piccolo, murmure-t-il, sa voix du matin étant une octave plus grave, plus rauque, chargée de cette autorité naturelle qui me fait vibrer.
Je me retourne dans ses bras, le corps endolori mais vibrant d'une excitation immédiate. Ses yeux sont d'une douceur que je ne lui connaissais pas, une tendresse qui m'intimide presque plus que son arrogance de titan. Il m'observe longuement, comme s'il cherchait à mémoriser chaque pore de ma peau au réveil.
Le chariot du petit-déjeuner est déposé devant notre porte par un serveur invisible. Vasco se lève, superbe dans sa nudité absolue, sa silhouette sculpturale se découpant contre la lumière du matin. Sa queue est déjà à moitié dressée, balançant entre ses cuisses musclées. Il va chercher le chariot et le pousse jusqu'au pied du lit monumental.
Il revient vers moi, s'asseyant sur le rebord du matelas, et m'incite à me redresser contre les oreillers de plumes. L'odeur du café noir, des pâtisseries fraîches et des fraises mûres vient se mêler à l'odeur musquée de nos corps après cette nuit de débauche.
— On devrait manger quelque chose, murmuré-je, bien que mon regard soit fixé sur son entrejambe.
Je tends la main et, avec une audace qui me surprend moi-même, je viens caresser ses couilles. Elles sont bien lisses, lourdes et pendantes, d'une douceur de soie qui contraste avec la dureté de sa queue qui se tend de plus en plus sous mes doigts. Vasco lâche un grognement de satisfaction, rejetant la tête en arrière tandis que je masse doucement ses bourses, sentant la chaleur qui s'en dégage.
— Tu as raison, dit-il en ouvrant un pot de crème épaisse. Il faut prendre des forces avant le shooting.
Vasco ne prend pas de couverts. Il attrape une fraise, la plonge dans la crème et me la présente. Je la croque, mais il retire sa main brusquement, faisant tomber un large ruban de crème blanche directement sur sa queue. La substance onctueuse coule le long de son gland déjà pourpre et vient napper sa verge tendue, contrastant violemment avec sa peau mate.
Je sens mon sang ne faire qu'un tour. Sans qu'il ait besoin de dire un mot, je me penche en avant, glissant hors des couvertures pour me retrouver entre ses jambes. Je commence à nettoyer sa queue avec ma langue, léchant la crème avec une lenteur provocante. Le goût du fruit et de la laiterie se mêle à la saveur sauvage de Vasco. Je l'entends respirer plus fort, ses mains venant se poser sur mes épaules pour m'encourager.
— C'est ça, Gaspard... nettoie-moi bien...
Une fois la crème disparue, je ne m'arrête pas. J'enroule mes lèvres autour de son gland, aspirant avec force, sentant sa queue tressaillir dans ma bouche. Il est si gros que je sens à nouveau mes muscles faciaux se tendre, mais l'excitation est trop forte.
Vasco finit par me redresser, me prenant le visage entre ses mains. Ses pouces essuient les restes de crème au coin de mes lèvres avant de les porter à sa propre bouche.
— J'ai encore envie de toi, lâche-t-il, ses yeux noirs brûlant d'un désir pur. Ce petit-déjeuner peut attendre.
Je suis surpris par cette vigueur renouvelée après la nuit que nous avons passée.
— Encore ? Vasco, on ne va jamais arriver à l'heure à ce shooting...
— Fabio attendra. Le monde entier attendra.
— Fabio attendra. Le monde entier attendra.
Il me bascule sur le dos et écarte mes jambes d'un geste impérieux. Il ne perd pas de temps en préliminaires, son corps ayant déjà soif de ma chaleur. Il saisit ses propres couilles un instant, les massant devant mes yeux avant de se positionner. Il rentre en moi d'un seul coup, sans aucune hésitation.
— Ohhh ! Vasco !
Le cri déchire le calme de la matinée. C'est profond, total. Je sens chaque millimètre de sa queue me remplir, s'ancrant en moi comme s'il voulait marquer son territoire pour la journée entière. Le rythme est d'abord lent, presque cérémonial. Il se soulève sur ses bras, me regardant droit dans les yeux à chaque va-et-vient.
— Regarde-moi, Gaspard. Dis-moi que tu sens ma queue en toi.
— Je la sens... putain, Vasco... elle est tellement grosse...
— Je la sens... putain, Vasco... elle est tellement grosse...
La conversation s'arrête pour laisser place aux bruits de la chair. Le claquement de son bassin contre mes fesses, mes gémissements qui deviennent des cris alors qu'il accélère la cadence. Il me retourne, m'obligeant à me mettre à genoux, la tête enfouie dans les oreillers. Ses mains s'accrochent à mes hanches, ses doigts s'enfonçant dans ma peau alors qu'il me martèle avec une force animale.
— Mhnnnn... plus fort... vas-y ! crié-je, perdant toute retenue.
À chaque poussée, je sens ses couilles lisses battre contre mon périnée, un contact rythmique qui m'envoie des décharges électriques dans tout le corps. L'érotisme de ce petit-déjeuner inachevé plane encore dans l'air, mêlé à l'odeur du sexe.
Finalement, il me ramène sur le dos, me soulevant les jambes pour les porter à ses épaules. Il est au bord de l'explosion, son visage tordu par une extase sauvage.
— Je vais venir en toi, Gaspard... tout au fond !
Dans un dernier assaut dévastateur, il décharge sa semence brûlante à l'intérieur de moi, remplissant mon petit cul d'une vague de chaleur liquide. Je jouis en même temps que lui, mon sperme jaillissant sur mon propre torse alors que je m'agrippe à ses bras puissants.
Nous restons ainsi de longues minutes, essoufflés, trempés de sueur, enlacés au milieu des draps de luxe et des odeurs de café refroidi. Vasco finit par se retirer, déposant un baiser tendre sur mon front ensanglanté par l'effort.
— Maintenant, on mange, dit-il avec un petit sourire de victoire. Et après, on va montrer à ce photographe de quoi un homme comblé est capable.
Je ris doucement, épuisé mais incroyablement heureux, tandis qu'il me tend une tasse de café, sa main libre venant encore et toujours caresser ma cuisse, comme s'il ne pouvait plus supporter la moindre seconde de séparation physique. La journée peut commencer ; je suis à lui, et il est à moi.
La Bentley s'immobilise devant un immense bâtiment industriel aux briques sombres, typique de l'est de Londres. De l'extérieur, rien ne laisse deviner que ce lieu abrite les coulisses d'un empire de plusieurs milliards de dollars. Vasco descend le premier, sa silhouette imposante captant immédiatement toute la lumière grise de la matinée. Il me tend la main, ses doigts s'entrelaçant fermement aux miens, comme s'il craignait que l'immensité de ce nouveau monde ne m'engloutisse.
Dès que nous franchissons les doubles portes blindées, je suis frappé par le brouhaha et la démesure. C'est une ruche en pleine effervescence. Des câbles noirs courent sur le sol comme des lianes de caoutchouc, des projecteurs de la taille de moteurs d'avion sont suspendus au plafond, et des murs d'écrans diffusent déjà des images de tests.
Je regarde partout, les yeux écarquillés. Tout ici transpire l'argent. Sur des portants en métal brossé, des dizaines de trenchs iconiques, des costumes en soie et des accessoires en cuir attendent d'être portés. Le grain des tissus, les reflets des boucles dorées, tout semble d'une qualité dépassant l'entendement. Il y a au moins cinquante personnes qui s'agitent : des assistants de production avec des oreillettes, des stylistes munis de pinces à linge pour ajuster les vêtements, et des techniciens lumière qui hurlent des mesures en anglais. La précision de chaque geste me donne le vertige ; ici, l'erreur n'existe pas.
Soudain, une silhouette s'extrait du chaos. Un homme d'une cinquantaine d'années, vêtu d'un costume gris anthracite d'une coupe impeccable, s'approche de nous. Son visage est anguleux, ses yeux clairs d'une précision chirurgicale. Je sens mon sang se glacer dans mes veines. C'est lui. L'homme qui m'avait bousculé à Paris, celui qui m'avait fait tomber sur le trottoir sans même un regard en arrière.
Fabio s'arrête devant Vasco, ignorant totalement ma présence dans un premier temps. Son attitude est d'une froideur polaire, professionnelle jusqu'à l'os.
— Tu es en retard de quinze minutes, Vasco. Le photographe est déjà en train de perdre patience.
Sa voix est un scalpel. Il finit par poser ses yeux sur moi. Il n'y a pas de colère, juste un mépris poli, une indifférence plus blessante encore qu'une insulte. Il plisse légèrement les paupières, me reconnaissant sans doute comme le déchet qu'il a balayé du revers de la main quelques jours plus tôt.
— Et qu'est-ce que ce bouseux fait encore ici ? demande-t-il d'un ton monocorde, comme s'il parlait d'un accessoire encombrant et mal entretenu.
Je sens la honte me gagner, ce sentiment d'illégitimité qui me poursuit depuis mon arrivée, mais Vasco ne me laisse pas baisser la tête. Sa poigne sur ma main se resserre, devenant presque douloureuse. Il fait un pas en avant, dominant Fabio de toute sa stature, ses épaules bloquant ma vue sur l'agent.
— Ce "bouseux", comme tu l'appelles, est mon invité personnel, Fabio. Et si sa présence te pose un problème, je suggère que tu ailles t'en expliquer avec la direction de Burberry. Parce qu'il ne bouge pas d'ici.
Fabio ne cille pas. Il se contente de resserrer ses lèvres fines, une lueur de mécontentement passant dans son regard, mais il ne proteste pas. Il se contente de désigner la chaise de maquillage au loin d'un geste sec du menton.
Avant de se laisser entraîner vers le miroir entouré d'ampoules, Vasco se tourne vers moi. Devant Fabio, devant les assistants qui nous observent en feignant de travailler, devant tout le studio, il pose ses mains sur mes joues. Sa peau est chaude, rassurante, ancrant mon existence dans ce décor de théâtre.
Il se penche et m'embrasse. Ce n'est pas un baiser de politesse, c'est un baiser langoureux, profond, possessif. Sa langue cherche la mienne avec une insistance qui me fait vaciller. Il veut que tout le monde sache. Il veut que Fabio comprenne que je suis son centre de gravité, l'objet de sa convoitise et de son attention. Ses doigts caressent ma mâchoire, ignorant les murmures qui parcourent la pièce.
— Attends-moi là, amore mio, souffle-t-il contre mes lèvres. Je vais faire en sorte que tu sois fier de moi.
Il s'éloigne enfin, se laissant guider par deux maquilleuses vers le fauteuil de cuir. Fabio, resté en retrait, me jette un dernier regard vide, une promesse de glace, avant de suivre Vasco pour discuter des clauses de la journée.
Je reste un instant au milieu du passage, me sentant terriblement petit au milieu de ce luxe et de cette agitation incessante. Un jeune assistant de production, remarquant mon désarroi, s'approche de moi avec un sourire timide et déférent.
— Excusez-moi, monsieur, vous êtes dans le passage des chariots de lumière. Venez par ici, j'ai l'ordre de vous installer confortablement.
Il m'emmène vers une estrade légèrement surélevée, un coin un peu à l'écart de l'agitation mais offrant une vue imprenable sur le plateau principal. Il y a là un fauteuil club en cuir fauve, incroyablement profond et moelleux, entouré de quelques tables basses en verre.
— Tenez, installez-vous ici. Vous avez du café, de l'eau gazeuse, et vous pourrez voir tout le shooting sans être bousculé.
Je m'assois, m'enfonçant dans le cuir luxueux. De mon poste d'observation, je vois Vasco qui se fait poudrer le visage. Il est déjà en train de se transformer, son regard devenant plus dur, plus sculptural. Fabio est à ses côtés, lui parlant à voix basse, le visage toujours aussi impassible.
Malgré la froideur de l'agent et l'immensité de cet endroit où chaque centimètre carré semble coûter une fortune, je me sens protégé par la marque invisible que Vasco a laissée sur mes lèvres. Je suis dans l'antre du lion, installé comme un prince, prêt à regarder ce titan conquérir le monde sous l'œil impitoyable des caméras.
Le silence est devenu une matière palpable sur le plateau. Sous les dômes de verre du studio, l'agitation frénétique des techniciens s'est muée en une observation quasi religieuse. Au centre de l'arène, Vasco n'est plus l'homme qui m'a réveillé ce matin ; il est devenu une idole d'ébène et d'acier, l'incarnation d'un luxe qui ne demande pas la permission d'exister.
Burberry n'a pas seulement exigé de lui qu'il porte des vêtements, ils ont exigé qu'il les dévore. Il arbore un trench-coat Heritage (manteau imperméable Héritage) en gabardine de coton, d'un beige sable qui fait ressortir le bronzage mat de sa peau. Mais il le porte avec une arrogance inédite : les manches sont retroussées sur ses avant-bras puissants où les veines se dessinent comme des rivières sous la peau, et la ceinture n'est pas nouée, laissant le vêtement flotter autour de son torse nu comme une armure défaite.
Le photographe, un homme aux tempes argentées nommé Julian, ne quitte plus son viseur. Vasco enchaîne les poses avec une fluidité de prédateur. Il se cambre, une main glissée dans la poche de son pantalon en laine vierge dont la coupe millimétrée souligne la puissance de ses cuisses et le volume de sa queue qui semble vouloir déchirer le tissu luxueux. À chaque déclenchement du flash, il change d'expression, passant d'un mépris souverain à une sensualité brute.
— Yes ! More of that glare, Vasco ! (Oui ! Encore plus de ce regard noir, Vasco !) hurle Julian. Give me the hunger ! (Donne-moi la faim !)
Vasco s'arrête net. Son regard balaie la foule pour s'ancrer dans le mien, là-bas, dans mon fauteuil de cuir. L'intensité de son expression change ; ce n'est plus du jeu, c'est une dévoration. Julian remarque immédiatement ce basculement électrique.
— Hey, you ! There in the chair ! (Hé, toi ! Là-bas dans le fauteuil !) crie Julian en pointant un doigt vers moi.
Je sursaute et regarde derrière moi, persuadé qu'il s'adresse à un autre.
— No, you ! Come here ! (Non, toi ! Viens ici !) reprend le photographe. Stand right next to me. I want him to keep that look. (Tiens-toi juste à côté de moi. Je veux qu'il garde ce regard.)
Je m'exécute sous les yeux froids de Fabio. En me tenant près de l'objectif, je deviens la cible unique de Vasco. Son désir pour moi devient son moteur. Julian capture une intensité qui fait frissonner tout le plateau. Fabio, immobile, observe la scène, conscient que Vasco est en train de créer une légende.
Soudain, Julian abaisse son appareil, les yeux brillants d'une excitation soudaine.
— C'est incroyable. Mais on a besoin de l'élément sauvage. Vasco, on part pour le lac Serpentine, à Hyde Park. Maintenant. Je veux ce contraste entre le trench impeccable et la noirceur de l'eau.
Pendant que l'équipe s'active, Julian se dirige vers sa Range Rover (voiture tout-terrain de luxe) noire. Vasco s'arrête et me tend la main.
— Gaspard, viens.
Julian apprend enfin mon nom. Fabio s'interpose avec sa froideur habituelle.
— Julian, nous devons discuter de la mise en scène. Le garçon peut suivre dans la voiture de production.
Vasco fixe Julian, ignorant l'agent.
— Gaspard monte avec nous, ou je ne monte pas du tout.
Julian sourit devant cette électricité.
— Qu'il vienne. Montez.
Le trajet est une parenthèse étrange. À l'arrière de la Rover, Vasco enserre ma main. Julian nous observe dans le miroir.
— Écoute, Vasco. Au Serpentine, je veux que tu entres dans l'eau. Je veux que le trench soit mouillé, qu'il colle à ta peau comme une seconde enveloppe. Je veux que l'image soit sexuelle. Je veux que les gens à Piccadilly (célèbre place de Londres) sentent la tension de l'homme qui rentre chez lui après une nuit interdite. Gaspard, tu resteras juste derrière moi. Je veux qu'il te regarde comme s'il allait te noyer dans son désir.
Vasco esquisse un sourire carnassier.
— Je peux faire ça, Julian. Ce ne sera pas difficile.
Au bord du lac Serpentine, le ciel est de plomb. La zone est sécurisée, mais des passants s'arrêtent au loin, intrigués par le déploiement de matériel. Des murmures s'élèvent : on reconnaît Vasco. Des téléphones sortent pour capturer clandestinement le titan de la mode.
Avant de plonger, Vasco doit se changer pour passer du costume de studio à une tenue plus adaptée à l'eau. Sans aucune pudeur, en plein air malgré le vent frais et les regards curieux des badauds qui observent à distance, il se dévêt. Il ne garde sur lui qu'un simple slip Burberry au motif iconique, révélant une musculature parfaite et une anatomie imposante qui trahit déjà son état d'excitation. Les assistants tentent de dresser de minces paravents de tissu noir, mais Vasco les ignore, offrant son corps sculptural aux objectifs de Julian et à mon regard brûlant. Il enfile ensuite un nouveau pantalon de toile fine et le trench, laissant son torse nu sous la gabardine.
Il retire ses chaussures et s'avance vers la rive.
— Vas-y, Vasco. Entre.
Il avance dans l'eau froide sans tressaillir. Le trench s'imbibe, soulignant sa carrure massive. Il se tourne vers nous.
— Gaspard, regarde-le, murmure Julian.
L'image est époustouflante. Vasco est là, dieu marin égaré à Londres. Le tissu mouillé révèle chaque muscle. Sa queue, soulignée par le pantalon trempé, dessine un relief imposant qui ne laisse aucun doute sur son désir. Il me fixe avec ce regard noir, me promettant une nuit sauvage.
— Incredible ! (Incroyable !) s'exclame Julian, mitraillant la scène.
Vasco s'avance encore, l'eau à la taille, puis il décide que la séance est finie. Il sort du lac, dégoulinant. Au lieu d'aller vers les assistants, il marche droit vers moi, ignorant la foule.
Il me prend brusquement dans ses bras, trempant mes vêtements contre son corps brûlant de chaleur. Ses mains mouillées s'ancrent dans mon dos et, dans un geste de possession absolue devant les caméras, les passants et un Fabio livide, il m'embrasse langoureusement. Sa langue cherche la mienne avec une ferveur sauvage.
— Tu es à moi, murmure-t-il contre mes lèvres, son souffle chaud contrastant avec l'eau froide qui ruisselle sur nous.
Le vent de Hyde Park s'engouffre entre nous, mais la chaleur qui émane du corps de Vasco est un brasier. L'eau du Serpentine ruisselle encore sur son torse, imprégnant mes propres vêtements. Ma chemise blanche, autrefois impeccable, n'est plus qu'une seconde peau translucide. Le coton mouillé adhère à chaque courbe de mon torse, révélant la pâleur de ma peau, le relief de mes muscles contractés par le froid et l'érection de mes tétons qui pointent sous le tissu devenu invisible.
Alors que les assistants s'agitent autour de nous pour jeter un peignoir sur les épaules massives de Vasco, Julian s'approche. Il ne range pas son appareil ; il semble encore en train de cadrer le monde à travers son regard d'esthète. Il ignore superbement Fabio, qui tente de s'interposer avec un carnet de notes à la main, le visage plus livide que jamais.
Julian s'arrête à un mètre de nous. Il ne regarde pas tout de suite le visage de Vasco. Son regard descend lentement, avec une précision chirurgicale, sur mon corps trempé. Il détaille l'eau qui perle au creux de mon cou, la façon dont ma chemise moule mon ventre, et l'impudeur totale de ce tissu blanc qui, sous la lumière grise du ciel, expose mon intimité de manière presque obscène.
Vasco, loin d'être irrité, resserre son bras autour de ma taille, me collant contre sa hanche humide. Il semble presque fier de l'effet que je produis, comme s'il exposait une œuvre d'art dont il est le seul conservateur.
— Vasco, listen to me. (Vasco, écoute-moi.) commence Julian d'une voix traînante, chargée d'une excitation professionnelle contenue. Tomorrow morning, 6 AM sharp. (Demain matin, 6 heures pile.) We're shooting at the Chelsea Physic Garden. (Nous shootons au jardin botanique de Chelsea.)
Vasco hoche la tête, ses doigts caressent la courbe de ma hanche à travers le coton mouillé, un geste d'une sensualité dévastatrice.
— I'll be there, Julian. (Je serai là, Julian.) répond Vasco, sa voix vibrant contre mon épaule.
Julian dévie enfin son regard vers moi. Il me scrute de haut en bas, une nouvelle fois, avec une lenteur provocatrice. Ses yeux s'attardent sur mes hanches, puis remontent vers mes yeux écarquillés. Un sourire énigmatique étire ses lèvres. Il se tourne vers Vasco, pointant mon corps du menton, puis lâche d'une voix de commandement :
— Get in the car. (Montez dans la voiture.)
Nous nous exécutons et nous engouffrons à l'arrière de la Range Rover. L'espace est confiné, imprégné de l'odeur de l'eau du lac, du cuir coûteux et du parfum boisé de Vasco qui s'exhale sous l'effet de sa chaleur corporelle. Je suis assis entre Vasco et la portière, mes vêtements trempés commençant à refroidir, mais le contact de sa jambe contre la mienne est un radiateur de chair.
Julian s'installe à l'avant, côté passager, laissant un chauffeur conduire la puissante machine, tandis que Fabio, relégué à la voiture de production, nous regarde partir avec des yeux de meurtrier. Le moteur vrombit discrètement. Le trajet commence dans un silence électrique, seulement rompu par le cliquetis de la pluie qui recommence à tomber sur le toit panoramique.
— Tell me about tomorrow, Julian. (Parle-moi de demain, Julian.) lance Vasco. Son regard est sombre, fixe, ses doigts ne cessant de tracer des cercles invisibles sur mon genou.
— It's going to be wild. (Ça va être sauvage.) répond Julian, se retournant à moitié sur son siège pour nous observer. I've called the top female models. (J'ai appelé les meilleures mannequins femmes.) We need that contrast between your raw power and their delicate silk dresses. (Nous avons besoin de ce contraste entre ta puissance brute et leurs délicates robes de soie.) The garden is overgrown, lush… it will look like an urban Eden. (Le jardin est sauvage, luxueux… ça ressemblera à un Éden urbain.)
— It's going to be wild. (Ça va être sauvage.) répond Julian, se retournant à moitié sur son siège pour nous observer. I've called the top female models. (J'ai appelé les meilleures mannequins femmes.) We need that contrast between your raw power and their delicate silk dresses. (Nous avons besoin de ce contraste entre ta puissance brute et leurs délicates robes de soie.) The garden is overgrown, lush… it will look like an urban Eden. (Le jardin est sauvage, luxueux… ça ressemblera à un Éden urbain.)
Vasco resserre sa prise sur ma cuisse. Je sens son excitation monter, une tension qui n'a rien à voir avec le travail. Ses yeux brûlent alors qu'il me fixe, ignorant totalement le paysage londonien qui défile.
— And? (Et ?) insiste Vasco. I know you, Julian. There's something else. (Je te connais, Julian. Il y a autre chose.)
Julian esquisse un sourire complice, le regard plongeant vers l'arrière.
— I have a surprise. (J'ai une surprise.) Something that will make this campaign immortal. (Quelque chose qui rendra cette campagne immortelle.)
Vasco se redresse, sa silhouette dominant l'espace restreint de la voiture. Son visage est à quelques centimètres du mien, son souffle chaud sur ma joue. Il ne quitte pas Julian des yeux, mais c'est moi qu'il dévore du regard.
— What surprise? (Quelle surprise ?) demande-t-il, sa voix devenant un grondement sourd. Don't play with me, Julian. I want to know now. (Ne joue pas avec moi, Julian. Je veux savoir maintenant.)
Je reste muet, le cœur battant à tout rompre, ne comprenant qu'à moitié les enjeux de leur conversation technique. Je me sens comme un objet au milieu d'un jeu de pouvoir qui me dépasse, surtout avec ma chemise qui continue de révéler chaque centimètre de ma peau à chaque mouvement.
— It's a secret for now, Vasco. (C'est un secret pour l'instant, Vasco.) siffle Julian avec malice, s'appuyant contre le dossier de son siège passager.
— Julian ! tonne Vasco, faisant presque vibrer les vitres de la voiture. Tell me. (Dis-moi.)
— Julian ! tonne Vasco, faisant presque vibrer les vitres de la voiture. Tell me. (Dis-moi.)
Vasco insiste lourdement, sa main remontant dangereusement vers le haut de ma cuisse, ses doigts s'enfonçant dans le tissu humide. Il est implacable, une force de la nature qui ne supporte aucune zone d'ombre.
— Is it about the clothes? The location? (Est-ce à propos des vêtements ? Du lieu ?) continue Vasco, son impatience devenant presque palpable.
Julian rit doucement. Alors que la voiture s'arrête à un feu rouge, il se retourne complètement vers nous. Son regard passe de Vasco à ma silhouette trempée, s'arrêtant sur la transparence indécente de ma poitrine.
— No. (Non.) dit Julian d'un ton soudain très sérieux. The surprise isn't a place or a clothe. (La surprise n'est pas un lieu ou un vêtement.)
Il marque une pause dramatique, ses yeux fixant les miens avec une intensité qui me cloue sur place. Il désigne ma direction d'un simple signe de tête nonchalant.
— The surprise… is a shooting with him. (La surprise… est un shooting avec lui.)
Le silence qui suit est assourdissant. Vasco se fige. Sa main sur ma cuisse s'arrête de bouger, mais la pression est immense. Je sens son regard se planter dans le mien.
— With him? (Avec lui ?) répète Vasco, sa voix n'étant plus qu'un murmure rauque chargé d'une promesse érotique.
Julian hoche la tête avant de se rasseoir face à la route.
— Exactly. I want him on the photos. (Exactement. Je le veux sur les photos.) The world isn't ready for what I'm going to capture tomorrow. (Le monde n'est pas prêt pour ce que je vais capturer demain.)
Vasco se tourne entièrement vers moi. Il attrape mon menton, forçant mes yeux à rencontrer les siens. Son pouce écrase ma lèvre inférieure.
— Tu as entendu, amore mio ? souffle-t-il, son regard descendant sur ma chemise transparente. Demain, tu seras sous les projecteurs avec moi. Et je vais m'assurer que chaque cliché montre à quel point tu m'appartiens.
Alors que nous approchons de l'hôtel, Julian jette une dernière consigne par-dessus son épaule depuis le siège passager :
— Be ready, both of you. (Soyez prêts, tous les deux.) A car will pick you up at the hotel at 5:30 AM. (Une voiture viendra vous chercher à l'hôtel à 5h30 du matin.) Don't be late. (Ne soyez pas en retard.)
Je frissonne, non plus de froid, mais d'une terreur délicieuse. Le trajet se termine, mais dans l'ombre de la Range Rover, Vasco n'a aucune intention d'attendre l'aube pour célébrer ma nouvelle carrière.
Fin du chapitre 10.
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