Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Runway à contre-courant — Chapitre 12
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Runway à contre-courant
Chapitre 12
Chapitre 12
Le silence qui règne dans la tente de maquillage est bien différent de celui du bord de l'eau. Là-bas, c'était un silence chargé d'électricité et de vagues ; ici, c'est le silence lourd de la réalité qui retombe, une atmosphère presque clinique. Je suis assis sur le bord d'un fauteuil de cuir, un peignoir Burberry trop grand pour moi sur les épaules, me sentant minuscule. Je frotte nerveusement mon bras, sentant encore la trace de l'eau fraîche, mais c'est surtout la sensation des doigts de Vasco sur la ceinture de mon maillot à carreaux que je n'arrive pas à effacer de ma peau.
Vasco est juste en face de moi. Il n'a pas encore remis ses vêtements. Il est simplement drapé dans un peignoir noir, les jambes croisées, une tasse de café noir à la main. Il ne dit rien, mais son regard ne me lâche pas. C'est un regard de prédateur au repos, satisfait de sa chasse, scrutant chaque tressaillement sur mon visage.
Soudain, la toile de la tente s'écarte avec une violence qui me fait sursauter. Fabio entre, le visage fendu d'un sourire carnassier. Il tient une tablette d'une main et une mallette en cuir de l'autre. Il dégage une énergie nerveuse, celle des affaires qui tournent à plein régime.
— C'est incroyable. Absolument incroyable, Gaspard, lance-t-il d'une voix forte. Tu as été une révélation. Julian vient de me montrer les aperçus sur le moniteur. Les contrastes, la lumière sur vous deux... Burberry est déjà en train de s'affoler, ils veulent les fichiers bruts immédiatement pour lancer la post-production.
Il s'approche de la coiffeuse, écarte brutalement un pot de crème et un pinceau pour poser ses documents dans un claquement sec. Il y a une froideur nouvelle dans ses gestes, une sorte d'efficacité bureaucratique qui me glace le sang. Il ne me regarde plus comme l'assistant qu'il gérait hier, mais comme un actif financier de haute valeur.
— Bon, passons aux choses sérieuses, dit-il en s'asseyant sur un tabouret, me surplombant presque. Ta sueur et tes frissons du jour ont une valeur marchande. Et puisque tu étais aux côtés de Vasco, j'ai réussi à obtenir pour toi le tarif "Élite" pour cette campagne. On ne parle plus de cachet d'appoint, là.
Il tourne l'écran de sa tablette vers moi. Un chiffre s'affiche. Un montant suivi de quatre zéros, une somme astronomique que je n'ai jamais vue autrement que dans les films. Je reste bloqué, la bouche entrouverte, le souffle court.
— C'est... c'est pour moi ? balbutié-je. Pour une seule journée de travail ?
— Pour quelques heures dans le sable et l'eau, Gaspard, rectifie Fabio d'un ton sec et professionnel. C'est bien plus que ce que tu aurais gagné en deux ans avec ton travail de paysan.
— Pour quelques heures dans le sable et l'eau, Gaspard, rectifie Fabio d'un ton sec et professionnel. C'est bien plus que ce que tu aurais gagné en deux ans avec ton travail de paysan.
Je sens une bouffée de colère me monter à la gorge. Mes mains se serrent sur le tissu du peignoir.
— Mon travail de paysan ? Fabio, j'ai bossé dur pour en arriver...
— Mais attention, me coupe-t-il sans même me laisser le temps de terminer ma phrase, cet argent n'est pas un cadeau. Il paye ton anonymat qui vole en éclats. Il paye le fait que, dans dix jours, ton corps appartiendra au monde entier.
— Mais attention, me coupe-t-il sans même me laisser le temps de terminer ma phrase, cet argent n'est pas un cadeau. Il paye ton anonymat qui vole en éclats. Il paye le fait que, dans dix jours, ton corps appartiendra au monde entier.
Il sort une liasse de papiers de sa mallette. Le premier s'intitule en gros : CESSION DE DROITS À L'IMAGE - EXCLUSIVITÉ MONDIALE.
— Pour toucher cette somme, j'ai besoin que tu me fournisses plusieurs choses immédiatement, énumère Fabio sans lever les yeux de ses listes. Tes coordonnées bancaires internationales, ton IBAN et ton SWIFT. Ton numéro de sécurité sociale et une copie de ton passeport pour les polices d'assurance. Mais surtout... j'ai besoin de ta signature ici, en bas de chaque page.
Il pointe une ligne au bas d'un contrat épais. Chaque page semble être une nouvelle chaîne.
— Ce papier autorise Burberry à utiliser ton image sans aucune restriction, partout. On parle de panneaux publicitaires de vingt mètres de haut sur Times Square, de doubles pages dans tous les magazines de mode, de vidéos en boucle dans les aéroports et les boutiques de luxe. Ton corps, ton visage, ce baiser dans l'eau... Tout va devenir public. Rien ne te sera épargné.
Je sens un frisson me parcourir l'échine. La panique monte, une boule glacée au creux de l'estomac qui me donne la nausée.
— Je... je ne sais pas si je peux, murmuré-je, ma main commençant à trembler sous le peignoir. Fabio, personne dans ma famille, personne parmi mes amis ne comprendrait ça. Ils me verraient à moitié nu, dans les bras de Vasco... ils ne verraient pas le "travail" ou "l'art". Ils penseraient que je suis devenu fou. Que je me suis vendu. J'ai peur de ce qu'ils vont dire.
Fabio lève enfin les yeux vers moi. Son regard n'est plus celui d'un allié, il est d'une froideur clinique, presque méprisante face à mon hésitation.
— Gaspard, réveille-toi et redescends sur terre. Julian est aux anges, il dit qu'il a enfin trouvé une pépite brute, le diamant qu'il cherchait pour sa collection. Mais Julian se moque éperdument de tes sentiments familiaux ou de tes pudeurs de débutant. Si tu ne signes pas, tu resteras une personne anonyme, et tu retourneras dans l'ombre dès demain matin. Par contre, si tu signes, tu deviens une icône mondiale. Mais je préfère être honnête : une fois que c'est lancé, tu ne pourras plus faire marche arrière. Les gens vont te juger, t'insulter sur les réseaux, te désirer de façon malsaine. Tu vas devenir un objet. Est-ce que tu es prêt à être un objet de luxe que tout le monde peut s'offrir du regard ?
Ses paroles me frappent comme autant de gifles. L'image de ma mère tombant par hasard sur une affiche géante de moi, le corps ruisselant sous la pression de Vasco, me donne un vertige insoutenable.
Je sens une ombre massive se projeter sur moi, coupant la lumière crue de la tente. Vasco s'est levé. Il vient se placer juste derrière moi, ses mains puissantes et chaudes se posant fermement sur mes épaules. Sa présence est le seul rempart contre la cruauté pragmatique de Fabio.
— Laisse-le respirer, Fabio, gronde Vasco, sa voix vibrant jusque dans mes omoplates. Tu n'es pas là pour le terroriser.
Vasco se penche à mon oreille, ignorant totalement le manager, m'enveloppant de son parfum boisé.
— Regarde-moi, Gaspard. Oublie-le.
Je lève les yeux vers lui, cherchant une ancre dans l'orage.
— Tu as peur de quoi ? De ce qu'ils verront ? Ils verront ce que moi j'ai vu aujourd'hui sous l'objectif de Julian. Ils verront un homme magnifique, d'une beauté que tu refuses encore de voir en te regardant dans la glace. Tu n'es pas un objet, Gaspard. Tu es une œuvre d'art vivante. Est-ce que tu penses vraiment que le jugement de gens qui ne te connaissent pas a plus de valeur que la façon dont, moi, je te regarde ?
Il prend délicatement ma main, celle qui serre le stylo jusqu'à en avoir les phalanges blanches, et il la détend d'une caresse.
Je regarde le stylo noir. Je regarde le montant astronomique sur la tablette, un chiffre qui pourrait changer ma vie et celle de mes proches pour toujours.
— Et... et je serais payé quand, concrètement ? demandé-je, la gorge sèche.
Fabio consulte ses notes d'un air distrait, son ton redevenant celui d'un comptable pressé.
— Dès que le document de cession est validé par le service juridique à Londres. Disons que tu recevras 50 % du cachet sous 48 heures sur ton compte. Le solde sera versé à la seconde où la campagne sera officiellement lancée, dans dix jours. Tu seras riche avant même d'avoir vu ton visage dans une vitrine de Regent Street.
Je repense à la coloc, à l'ambiance bordélique, aux relances pour le loyer que nous avons du mal à boucler tous ensemble. Je pense à cette vie de galère partagée où chaque dépense est pesée. Puis je pense à l'image de Vasco au-dessus de moi, à cette tension qui nous a consumés.
— C'est une responsabilité immense, Gaspard, ajoute Fabio avec un petit sourire sans chaleur. Burberry ne pardonne aucun faux pas une fois que tu représentes leur nom. Ta vie privée va être passée au crible. Tu es prêt pour ce genre de prison dorée ?
Je prends une immense inspiration, sentant la pression rassurante des mains de Vasco sur mes épaules. Sa force me sert de béquille. Je pose la pointe du stylo sur le papier glacé. Mon nom s'inscrit en lettres un peu tremblantes sur la ligne pointillée.
C'est fait. Le pacte est signé.
Fabio s'empare du document avec la rapidité d'un rapace. Il le vérifie et le range précieusement dans sa mallette.
— Parfait. Bienvenue dans la cour des grands, Gaspard. Tu ne réalises pas encore, mais ta vie vient de basculer. On se retrouve à 20 heures pour le dîner avec Julian et l'équipe de production. Et s'il te plaît, évite de te cacher sous ton peignoir ce soir. Il va falloir t'habituer à être le centre de l'attention. Tous les regards vont converger vers toi.
Il sort de la tente sans un regard de plus, déjà au téléphone pour confirmer la transaction. Je reste là, le stylo encore entre les doigts, le regard vide. Je viens de vendre mon image au monde entier.
Vasco s'assoit sur le rebord de la coiffeuse, juste devant moi. Il attrape mon menton entre son pouce et son index, m'obligeant à croiser son regard ténébreux.
— Ne regrette rien, ma pépite brute. Dans dix jours, tu seras le roi de cette ville. Et moi... je serai le seul à savoir ce que ce regard dans l'eau signifiait vraiment.
Je ferme les yeux, espérant que les chiffres sur le compte en banque suffiront à calmer la peur qui hurle en moi. Le monde allait me voir, mais seul Vasco m'avait vraiment regardé.
Le restaurant est niché au dernier étage d'un gratte-ciel londonien, un écrin de verre et d'acier où les lumières de la ville semblent n'être là que pour décorer nos assiettes. L'air est saturé d'une odeur de truffe, de vins millésimés et de parfums si coûteux qu'ils en deviennent entêtants. Je me sens comme une anomalie dans ma soie ivoire, la peau encore brûlante du passage de Vasco dans la suite, les muscles des jambes encore un peu tremblants.
Vasco est assis à ma gauche, une silhouette sombre et impériale dans son costume noir. À ma droite, Julian trône en bout de table, l'air d'un roi qui contemple son nouveau royaume. Fabio, lui, ne lâche pas sa tablette, ses doigts pianotant nerveusement sur l'écran.
Julian, d'ordinaire si prompt à utiliser son anglais cinglant, fait soudain silence. Il pose son verre de cristal et se tourne vers moi. Un sourire étrange, presque prédateur, étire ses lèvres. Il semble chercher ses mots, non pas par hésitation, mais par plaisir de la mise en scène.
— Gaspard… regarde-toi, commence-t-il dans un français haché, aux voyelles trop ouvertes. Tu as… la lumière. C'est inné. Pas besoin apprendre.
Il fait un geste de la main pour englober tout mon être, de mes mains posées sur la nappe blanche à mon regard fuyant.
— Tu es… une pépite brute. Je suis persuadé, carrière pour toi sera… facile. Très facile. Le monde va tomber amoureux demain. Tu n'es plus un homme, tu es une idée, Gaspard. L'idée de la pureté.
Je sens un malaise me tordre l'estomac. Ses compliments sonnent comme des étiquettes de prix que l'on colle sur un objet de vitrine.
— Je ne suis pas une idée, Julian, murmuré-je, la voix un peu trop basse pour ce milieu. Je suis juste… moi. Et je ne pense pas que ce soit « facile ». Rien de tout ça ne semble facile.
Soudain, Fabio laisse échapper un rire nerveux, presque un gloussement de triomphe. Il fait glisser sa tablette au centre de la table.
— Et bien, le monde a déjà commencé à t'aimer, ou du moins à te dévorer. Regardez ça.
Je me penche, le cœur au bord des lèvres. Sur l'écran, des photos volées s'affichent en haute résolution. Elles ont été prises hier matin, sur la plage, à la vue de tous. On nous voit, Vasco et moi, lorsque Vasco sortait de l'eau. La séance de shooting venait de se terminer. On ne s'était cachés de rien. Sous le ciel gris et devant toute l'équipe technique, alors qu'il n'y avait que quelques passants au loin, Vasco m'avait saisi le visage pour m'embrasser avec une passion sauvage. Sur l'image, mes yeux sont mi-clos, mes lèvres écrasées contre les siennes. Ma chemise est trempée, collée à ma peau par l'eau que Vasco a transférée sur moi en me prenant de force dans ses bras. Mon expression trahit un abandon total, impudique, aux yeux du monde.
Le titre du tabloïd est écrit en lettres capitales : « L'ÉVEIL DES SENS : QUI EST LE MYSTÉRIEUX AMANT DE VASCO ? »
En dessous, le compteur de partages s'affole. Sur les réseaux sociaux, personne ne connaît mon nom, mais les hashtags brûlent déjà la toile : #VascoSecret, #LinconnuDeLaPlage, #VascoNewLover. Des milliers de personnes commentent ma silhouette, la transparence de ma chemise mouillée sous l'étreinte, mes lèvres, cherchant à deviner qui est cet étranger qui se courbe sous la pression de Vasco en plein jour.
— C'est une intrusion… c'est dégueulasse, lâché-je, sentant les larmes de rage monter. Ils n'avaient pas le droit.
Julian éclate d'un rire sec, presque joyeux.
— Le droit ? Gaspard, dans ce métier, le seul droit que tu as, c'est d'être vu. Ces photos sont parfaites. Elles créent une narration. Le mystère, le désir… On vous voit vous embrasser devant tout le monde, c'est du génie.
— Mais je ne veux pas être une narration ! m'exclamé-je, ma voix montant d'un cran. Julian, regardez-moi. Je tremble. Ces gens sur Internet, ils disent des choses horribles. Ils disent que je ne suis qu'un accessoire pour Vasco, un jouet anonyme. Je ne peux pas vivre comme ça. Je ne veux pas que ma vie soit discutée par des inconnus.
— Mais je ne veux pas être une narration ! m'exclamé-je, ma voix montant d'un cran. Julian, regardez-moi. Je tremble. Ces gens sur Internet, ils disent des choses horribles. Ils disent que je ne suis qu'un accessoire pour Vasco, un jouet anonyme. Je ne peux pas vivre comme ça. Je ne veux pas que ma vie soit discutée par des inconnus.
Je me tourne vers Fabio, espérant un peu d'empathie.
— Fabio, vous aviez dit que ce serait sous contrôle.
Fabio balaie mes craintes d'un geste de la main, le visage illuminé par la lumière bleue de sa tablette.
— Gaspard, ne sois pas ingrat. Le fait que vous vous soyez affichés ainsi sur la plage, sans même chercher un abri, est une bénédiction marketing. On n'aurait même pas pu acheter un tel buzz. Tu as le physique, la protection de Vasco, et maintenant une curiosité mondiale sur ton identité. C'est une autoroute vers la gloire. Tu vas être riche, Gaspard. Alors oublie les commentaires, c'est le bruit de la réussite.
Pendant tout ce temps, Vasco n'a pas prononcé un mot. Il est là, massif, imperturbable. Mais sous la nappe, dans l'ombre que le monde ne voit pas, sa main se pose sur ma cuisse.
Ses doigts s'ancrent dans la soie bleue de mon pantalon. C'est une pression lente, lourde, presque douloureuse tant elle est chargée de possession. Il commence à remonter lentement sa main vers le haut de ma cuisse, ses phalanges effleurant le tissu fin. Son pouce décrit de petits cercles hypnotiques sur ma peau.
C'est son langage à lui : un rappel que peu importe le bruit médiatique, peu importe que tout le monde nous ait vus sur cette plage, il est le seul maître à bord. Son regard, sombre et brûlant, reste fixé sur moi. Il ne regarde pas la tablette. Il s'en moque. Il me regarde moi, son secret désormais exposé au grand jour.
Sa main serre un peu plus fort ma cuisse, m'intimant le silence, m'ordonnant de rester ancré à lui. C'est à la fois une ancre de secours et une chaîne.
— Je ne suis pas sûr de vouloir de cette autoroute, Fabio, repris-je d'une voix plus ferme, bien que je sente mon corps réagir à la main de Vasco. Ce monde est faux. Tout y est calculé. Même notre intimité sur cette plage devient un outil pour vendre. Est-ce qu'il reste quelque chose de vrai ici ?
Le dîner avec Julian et l'équipe de production se termine tard dans la soirée, dans un restaurant privé du Mayfair où chaque plat semble avoir été conçu pour célébrer une victoire. Julian n'a cessé de parler des images du jour, de la « magie brute » qu'il a capturée entre Vasco et moi. Fabio, quant à lui, est resté silencieux, son regard froid passant régulièrement sur moi comme si j'étais une variable imprévue dans une équation parfaitement maîtrisée. Vasco, lui, n'a pas lâché ma main sous la table, son pouce caressant lentement mes phalanges, un ancrage silencieux au milieu de tout ce luxe et de ces conversations qui me dépassent.
Quand nous quittons enfin la table, une Range Rover noire nous attend devant l'entrée discrète. Le chauffeur, un homme discret en costume sombre, nous ouvre la portière. Vasco me fait monter en premier, sa main posée fermement au creux de mes reins.
Le trajet est court, mais à mesure que nous approchons de l'hôtel, je sens l'atmosphère changer. Des flashs crépitent déjà au loin. Lorsque la voiture s'engage dans la rue, c'est l'explosion.
Une meute de paparazzi attend. Des dizaines. Peut-être une centaine. Ils se jettent sur la voiture comme une vague humaine, objectifs brandis, cris fusant dans la nuit londonienne :
— Vasco ! Vasco ! Who is he?! (Vasco ! Vasco ! Qui est-il ?!)
— A kiss for the press! (Un baiser pour la presse !)
— Is this serious?! (Est-ce que c'est sérieux ?!)
— Vasco, look over here! (Vasco, regarde par ici !)
— A kiss for the press! (Un baiser pour la presse !)
— Is this serious?! (Est-ce que c'est sérieux ?!)
— Vasco, look over here! (Vasco, regarde par ici !)
Le chauffeur accélère légèrement pour franchir les derniers mètres jusqu'à l'entrée. Vasco me serre contre lui, une main sur ma nuque pour me protéger.
— Baisse la tête, amore. Ne leur donne rien.
Dès que la portière s'ouvre, c'est le chaos. Les flashs m'aveuglent. Des micros se tendent. Des corps se pressent. Vasco me tire hors de la voiture avec une force contrôlée, me plaçant devant lui pour me faire bouclier de son corps massif. Sa main reste fermement sur ma taille tandis que nous courons presque vers les portes tournantes de l'hôtel. Les agents de sécurité repoussent la horde avec fermeté.
Une fois à l'intérieur, le silence feutré du hall contraste violemment avec la tempête extérieure. Mes oreilles bourdonnent. Mon cœur cogne si fort que j'ai l'impression qu'il va sortir de ma poitrine. Je tremble. Mes jambes menacent de lâcher.
Vasco ne dit rien tout de suite. Il me guide jusqu'à l'ascenseur privé, passe sa carte magnétique, et dès que les portes se referment, il me plaque doucement contre la paroi nacrée. Ses grandes mains encadrent mon visage.
— Respire, Gaspard. Respire avec moi.
Ses pouces caressent mes joues. Ses yeux sombres plongent dans les miens, chassant peu à peu la panique.
— Ils ne t'ont pas touché. Ils ne t'auront jamais. C'est juste du bruit. Toi et moi, c'est la seule chose qui compte.
Dans la suite, il ne me laisse pas le temps de m'effondrer. Il me débarrasse de ma veste, de mes chaussures, puis me porte jusqu'au canapé immense du salon. Il s'assoit et m'installe sur ses genoux, face à lui, mes jambes de part et d'autre de ses cuisses. Ses mains glissent sous ma chemise, caressant mon dos nu avec une lenteur apaisante.
— Tu as été incroyable aujourd'hui, murmure-t-il contre mes lèvres. Julian est fou de toi. Le monde entier va l'être. Mais ce soir… ce soir, il n'y a que nous.
Il m'embrasse doucement, tendrement, jusqu'à ce que je cesse de trembler. Ses lèvres descendent dans mon cou, léchant ma peau, mordillant doucement. Peu à peu, la peur se transforme en chaleur.
Puis il s'écarte légèrement, le regard grave.
— Gaspard… il faut que je te dise quelque chose.
Mon cœur se serre.
— Demain matin, tu repars. C'est notre dernière nuit ici. Je dois rester encore trois jours pour finaliser la campagne avec Julian et les équipes créatives. Mais j'ai tout arrangé : un chauffeur t'attendra à l'aéroport de Londres pour t'emmener directement à la gare. Un autre chauffeur t'attendra à Paris pour te conduire jusqu'à la gare de Lyon. Tu seras chez toi sans complication.
La nouvelle me fait l'effet d'un coup au plexus. Je baisse les yeux, la gorge nouée. Vasco relève mon menton.
— Ce n'est pas un adieu, piccolo. C'est juste une séparation courte. Et cette nuit… cette nuit est à nous. Entièrement.
Ses yeux s'assombrissent de désir. Il me soulève sans effort et me porte jusqu'à la chambre, me déposant au centre du lit immense.
Vasco se redresse au bord du lit et commence à se déshabiller lentement, sans me quitter des yeux. Sa chemise glisse sur ses épaules larges, révélant son torse sculpté, ses abdominaux parfaitement dessinés, la ligne de poils sombres qui descend vers son ventre. Il défait sa ceinture, baisse son pantalon et son boxer d'un mouvement fluide. Sa queue jaillit, déjà à moitié dure, lourde, épaisse, veinée, le gland légèrement luisant.
Il monte sur le lit comme un fauve. Il m'allonge complètement, m'embrassant profondément, sa langue envahissant ma bouche avec une possessivité lente. Ses mains parcourent mon corps, retirant mes derniers vêtements jusqu'à ce que je sois nu sous lui.
— Tu es tellement beau quand tu trembles comme ça, murmure-t-il.
Il descend le long de mon corps, déposant des baisers brûlants sur mon torse, suçant mes tétons jusqu'à ce qu'ils deviennent rouges et hypersensibles. Je gémis, cambrant le dos. Ses lèvres continuent leur descente, léchant mon nombril, puis plus bas.
Il prend ma queue dans sa main large, la caresse lentement, puis se penche. Sa langue chaude tourne autour du gland, recueillant la perle de liquide pré-séminal qui s'y forme. Je lâche un long gémissement rauque :
— Ahhh… Vasco…
Il ouvre la bouche et m'engloutit profondément. Sa gorge se contracte autour de moi, chaude, humide, serrée. Il me suce avec une expertise diabolique, montant et descendant, sa langue pressant la veine en dessous tandis que sa main masse mes couilles. Les bruits sont obscènes : succions humides, gémissements étouffés de Vasco, mes propres cris de plaisir.
— Putain… ta bouche… je vais… ahhh !
Il accélère, creusant ses joues, me prenant jusqu'au fond de sa gorge sans effort apparent. Mes hanches se soulèvent d'elles-mêmes. Il me maintient fermement, me baisant littéralement avec sa bouche jusqu'à ce que je sois au bord de l'explosion.
Puis il se retire avec un pop humide, un sourire carnassier aux lèvres.
— Pas encore.
Il me retourne sur le ventre, écarte mes fesses et plonge sa langue entre elles. Je crie dans l'oreiller, le corps secoué. Sa langue lèche mon trou, le pénètre, le prépare avec une patience sadique. Deux doigts, puis trois, lubrifiés par sa salive, entrent en moi, écartant, tournant, frottant ma prostate jusqu'à ce que je sanglote de plaisir.
— Vasco… je t'en supplie… baise-moi…
Il se positionne derrière moi. Son gland épais appuie contre mon entrée. D'un long coup de reins, il s'enfonce entièrement. Je hurle son nom, les doigts crispés sur les draps.
— Ouiii ! Plus fort !
Il commence à me pilonner, ses hanches claquant contre mes fesses avec un rythme puissant et régulier. Chaque coup est profond, brutal, parfait. Le lit cogne contre le mur. Mes gémissements deviennent des cris ininterrompus :
— Ah ! Ah ! Vasco ! Encore ! Plus fort ! Défonce-moi !
Il me prend par les cheveux, tirant ma tête en arrière pour m'embrasser tout en continuant à me marteler. La sueur coule entre nos corps. Il change de position, me mettant sur le dos, mes jambes sur ses épaules. Il me regarde droit dans les yeux tandis qu'il me baise sauvagement, sa queue énorme entrant et sortant, luisante de mon désir.
— Tu sens comme je te remplis ? grogne-t-il. Tu es à moi.
Ses coups deviennent plus erratiques, plus profonds. Il lâche un long râle animal :
— Je vais jouir… en toi…
Je sens sa queue gonfler encore plus, puis des jets puissants, brûlants, se déversent au plus profond de moi. Il continue à bouger pendant son orgasme, prolongeant le plaisir, me remplissant jusqu'à ce que ça déborde.
Il se retire lentement, son sperme coulant de mon trou ouvert. Sans me laisser reprendre mon souffle, il descend et prend ma queue dans sa bouche. Il me suce avec ferveur, deux doigts replongés en moi pour masser ma prostate gorgée de son sperme.
Je ne tiens pas longtemps. Avec un cri déchirant, je jouis violemment dans sa gorge. Vasco avale tout, gémissant autour de ma queue, jusqu'à la dernière goutte.
Nous restons enlacés, essoufflés, couverts de sueur et de fluides. Vasco me serre contre lui, embrassant mon front, mes tempes, mes lèvres.
— Cette nuit n'est pas finie, murmure-t-il. Je veux te prendre encore. Et encore. Jusqu'à ce que tu ne puisses plus marcher demain.
Et il tient parole.
Le lendemain matin, je me réveille dans ses bras, le corps courbaturé et marqué par cette nuit intense. Vasco m'embrasse longuement, comme s'il voulait graver ce moment dans ma mémoire, puis me regarde avec une tendresse mêlée de regret.
Le lendemain matin, je me réveille dans ses bras, le corps courbaturé et marqué par cette nuit intense. Vasco m'embrasse longuement, comme s'il voulait graver ce moment dans ma mémoire, puis me regarde avec une tendresse mêlée de regret.
— Le chauffeur t'attendra à l'aéroport. Je te rejoindrai bientôt.
Je pars le cœur lourd, mais rempli de lui.
Fin du chapitre 12.
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