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✦ tounet777 Runway à contre-courant XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Runway à contre-courant — Chapitre 31

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Ce qui frappe d'abord, c'est le vertige moral du narrateur : on est dans sa tête à chaque battement de cœur, à chaque geste calculé dans le noir. L'auteur excelle à faire coexister la honte, le désir et la culpabilité sans jamais forcer le trait. On suit Gaspard comme on regarderait quelqu'un marcher sur un fil — retenant son souffle, incapable de détourner les yeux.

Runway à contre-courant

Chapitre 31

Le panneau de bois de la porte d'entrée de la chambre de Vasco se referme dans un déclic feutré, mais pour moi, ce bruit résonne comme le coup de couperet d'une guillotine. Je me retrouve seul dans la pénombre du couloir de l'hôtel, le silence n'étant troublé que par le ronronnement lointain et discret de la climatisation centrale. Mes jambes, encore flagellantes, peinent à me porter. Mes muscles fessiers et mes cuisses me brûlent, stigmates douloureux et pourtant tellement électriques de la fureur avec laquelle Vasco a pris possession de moi.
J'avance de quelques pas, comme un automate, le long du tapis épais qui étouffe le bruit de mes pas. Arrivé devant la porte de la suite où David m'attend, je m'arrête net. Ma main se lève vers la poignée, les doigts tremblants, mais reste suspendue dans le vide, incapable de faire le moindre mouvement. Une bouffée de panique me serre la gorge. Ouvrir cette porte, c'est franchir la frontière entre le secret et le mensonge direct. C'est regarder dans les yeux l'homme qui m'offre son cœur, alors que je porte encore sur moi, en moi, l'empreinte d'un autre.
Je laisse tomber mon bras. Une immense vague de contradictions m'assaille, un maelström de sentiments si violents qu'il m'en donne le vertige. La vérité, brute et effrayante, se détache dans mon esprit : j'ai aimé ça. J'ai aimé chaque seconde de cette brutalité possessive, chaque coup de boutoir de Vasco, cette manière sauvage qu'avait mon ancien amant de me revendiquer comme sa propriété. Mon corps frissonne encore au souvenir de cette jouissance partagée, de ce mélange de fluides que j'ai léché sur ses doigts. Mais à cette extase physique succède immédiatement un regret d'une noirceur absolue. La culpabilité me tord l'estomac jusqu'à la nausée. J'aime David. Ce n'est pas un mensonge, ce n'est pas une illusion. David représente la lumière, la tendresse, un avenir stable et une reconstruction sincère. Alors pourquoi le corps de Vasco a-t-il un tel pouvoir sur le mien ?
Pourquoi je me sens si intensément vivant, si inexplicablement bien et en sécurité dans les bras de ce colosse imberbe et cruel, alors même que je sais que cette relation est toxique ?
— Je suis un monstre, je me dis, les larmes me montant aux yeux. Je ne sais plus quoi faire. Si j'avance vers David, j'avance vers la trahison. Si je recule vers Vasco, je plonge dans l'abîme.
Incapable de rester debout face à l'immensité de mon dilemme, je me laisse glisser lentement le long du mur. Je m'assois à même le sol, sur la moquette froide du couloir, ramenant mes genoux contre ma poitrine. Je cache mon visage entre mes bras, respirant l'odeur de ma propre peau. Malgré la douche, une effluve subtile, un reste de parfum musqué mêlé à l'odeur de l'effort, semble me coller à la peau, me rappelant cruellement ce que je viens de commettre.
Une terrible question tourne en boucle dans mon cerveau embrumé : dois-je le dire à David ?
Si j'avoue, je soulage ma conscience, mais je détruis David. Je brise cette confiance si fragile que nous avons bâtie jour après jour. J'imagine les yeux de David s'éteindre, son regard d'ordinaire si doux se remplir de haine ou, pire, d'une immense tristesse. David m'abandonnerait, et ce serait amplement mérité. Si je me tais, je garde David, mais je me condamne à vivre avec un secret rongeur, une bombe à retardement qui empoisonnera chaque baiser, chaque étreinte future. Suis-je capable de regarder David dans les yeux demain, à Londres, en prétendant que rien ne s'est passé ? Le remords me déchire le cœur. Chaque battement dans ma poitrine semble me crier le nom de David, tandis que chaque cellule de ma peau se rappelle encore la chaleur de Vasco.
Vingt minutes passent ainsi. Vingt minutes d'une agonie silencieuse, où le temps semble s'étirer à l'infini dans ce couloir désert. Le cadran de ma montre indique qu'il est bientôt six heures du matin. L'aube commence doucement à poindre derrière les grandes fenêtres à l'extrémité du couloir, teintant les murs d'une lueur grisâtre et froide.
Je prends une grande inspiration. Je sais que je ne peux pas passer la nuit sur le sol. Je dois faire face. Je me relève péniblement, mes articulations engourdies par la dureté du sol et l'effort physique de la nuit. Je prends mon courage à deux mains, lisse nerveusement ma chemise encore froissée, et j'insère la carte magnétique dans la fente de la porte. Le voyant passe au vert avec un petit clic qui me fait sursauter.
Je pousse la porte et je pénètre dans la suite de luxe où David dort en m'attendant. Les rideaux occultants sont tirés, plongeant la pièce dans une pénombre bleutée, seulement éclairée par les veilleuses de la télévision en veille et les lueurs de la ville qui filtrent par les interstices du tissu. Je referme la porte avec une lenteur infinie, retenant mon souffle pour ne pas faire claquer la serrure.
Mes pas sont de velours alors que je m'avance vers l'espace nuit. Le grand lit king-size trône au milieu de la pièce. Je m'approche du bord, le cœur battant à tout rompre. David est là. Il dort sur le ventre, les draps blancs rejetés au niveau de ses hanches, révélant la nudité de son dos athlétique et la courbe de ses fesses. Sa respiration est lente, régulière, paisible. C'est l'image même de l'innocence et de la confiance absolue. En voyant ce corps que je suis censé chérir exclusivement, je ressens une nouvelle décharge de remords si violente que je dois porter une main à ma bouche pour étouffer un sanglot.
Avec des mouvements d'une précaution chirurgicale, je commence à me déshabiller. Je déboutonne ma chemise, un bouton après l'autre, en veillant à ce que le tissu ne crisse pas. Je retire mon pantalon, mes sous-vêtements, me retrouvant entièrement nu dans l'air frais de la chambre. Sans faire le moindre bruit, le plus discrètement possible, je soulève un coin de la couette et je me glisse dans le lit. Le matelas s'enfonce à peine sous mon poids.
Je me positionne sur le côté, face au dos de David. Je ne bouge plus, fixant la silhouette de l'homme que j'aime. Mon esprit est une tempête. Je pense aux mains larges de Vasco qui m'écrasaient les fesses il y a encore une heure, à la façon dont mon cul s'est fait ouvrir sur la table basse, alors que David dormait ici, seul, en m'attendant, convaincu que j'étais simplement retenu par les festivités du défilé. La duplicité de ma situation me dégoûte. Je suis là, dans ce lit, souillé par les désirs d'un autre, et pourtant incapable de nier qu'une partie de moi a vibré comme jamais.
Soudain, un léger mouvement interrompt mes pensées sombres. David bouge. Dans un grognement ensommeillé, il tourne la tête, ses paupières s'ouvrant lentement. Ses yeux cherchent instinctivement la table de chevet. D'un geste machinal, il tend le bras et attrape son portable pour regarder l'heure. L'écran illumine son visage fatigué pendant une seconde avant qu'il ne repose l'appareil.
David tourne son regard vers moi, la voix encore enrouée par le sommeil, teintée d'une légère surprise et d'une pointe de reproche :
— Il est presque six heures... tu rentres seulement ?
Mon cœur manque un battement. La panique me glace le sang, mais je me force à garder un visage neutre, bien que mes yeux trahissent ma détresse dans la pénombre. Incapable de formuler une phrase claire de peur que ma voix ne tremble et ne me trahisse, je me contente de faire oui de la tête, affichant un sourire fatigué que j'espère convaincant.
En voyant ce signe, l'expression de David s'adoucit instantanément. Le reproche s'évanouit pour laisser place à une immense tendresse. Il se rapproche de moi, réduisant la distance entre nos deux corps, et enroule ses bras puissants autour de ma taille. Il me tire contre lui, collant mon torse contre sa propre poitrine. David penche la tête et m'embrasse amoureusement sur les lèvres, un baiser doux, chaud, imprégné de la torpeur du réveil.
— Putain, qu'est-ce que tu m'as manqué... me souffle David contre la bouche, en resserrant sa prise comme s'il avait eu peur de me perdre.
Chaque mot est un coup de poignard pour moi, mais je dois jouer mon rôle. Je m'accroche à David, répondant au baiser avec une intensité née du désespoir et du besoin de me purifier de l'ombre de Vasco.
— Tu m'as manqué aussi, David... tellement, je murmure, ma voix brisée par l'émotion que David prend pour de la simple fatigue.
Cherchant désespérément à détourner l'attention et à briser le silence coupable qui menace de s'installer, je pose la première question qui me vient à l'esprit :
— Dis-moi... qu'est-ce que tu as pensé du défilé ? Tu ne m'as rien dit hier soir...
David baille un grand coup, s'étirant légèrement sous les draps tout en gardant une main possessive sur ma hanche. Un sourire admiratif se dessine sur ses lèvres.
— Franchement ? C'était vraiment extraordinaire, Gaspard. Tu étais incroyable sur ce podium. Mais... je dois t'avouer un truc. À la fin, quand Vasco t'a attrapé... ce baiser... il faisait très vrai. Tellement vrai qu'à ce moment-là, j'ai eu une boule au ventre. J'ai eu envie de me lever de mon siège et de partir de cette salle.
À ces mots, je sens une décharge d'adrénaline pure traverser mon corps. Un stress immense me submerge, mes muscles se tendant instantanément. La vérité est si proche de déborder que je coupe la parole à David, ma voix montant d'un ton dans une tentative paniquée de masquer la réalité :
— Non ! Non, pas du tout, David, je t'assure ! Tout a été répété, chaque mouvement, chaque regard ! C'était du pur spectacle, de la comédie pour les acheteurs et les journalistes, rien de plus ! Ne pense jamais ça, s'il te plaît...
David laisse échapper un petit rire doux, apaisé par mon empressement qu'il interprète comme une preuve d'amour exclusive. Il passe ses doigts dans mes cheveux pour me calmer.
— Hey, détends-toi, mon cœur... Je m'en doutais bien, je sais comment fonctionne le milieu de la mode. C'est juste que la mise en scène était parfaite. Mais ce qui m'a le plus marqué, franchement, c'est que j'ai été stupéfait par ton charisme. Tu as magnétisé toute la salle. Personne dans ce public n'aurait pu imaginer qu'il y a encore quelques semaines, tu n'y connaissais absolument rien en défilé et en mode. Tu t'es métamorphosé. Je suis tellement fier de toi, Gaspard. Tu es devenu un homme d'une assurance folle.
Chaque compliment accentue mes remords. David est fier de la métamorphose que Vasco a sculptée dans la douleur et la luxure. C'est une ironie cruelle.
David me reprend dans ses bras, me collant encore plus fermement contre lui. Ses lèvres quittent mon visage pour descendre le long de mon cou, y déposant des baisers de plus en plus ardents. Sa main commence à descendre, caressant lentement tout mon corps dénudé. La paume de David glisse sur mon épaule, descend le long de mes côtes, traçant des lignes de feu sur ma peau sensible. David commence à me murmurer des phrases assez sensuelles, la voix basse et rauque de désir :
— Ta peau est tellement douce, Gaspard... Ton corps m'a manqué toutes ces heures. J'ai l'impression que ça fait des siècles qu'on ne s'est pas touchés. J'ai envie de toi, j'ai envie de me perdre en toi ce matin avant qu'on prenne notre avion... Tu es si beau dans la pénombre.
La mention de ce départ me fait l'effet d'une douche froide. Je dois absolument trouver un prétexte pour retarder les choses, pour guérir, pour reprendre mes esprits loin des regards. Prenant une inspiration tremblante, je glisse ma main sur son torse pour freiner doucement son élan :
— David... justement, pour l'avion, je ne vais pas pouvoir le prendre avec toi. J'ai encore des choses à voir avec Burberry, des rendez-vous professionnels urgents et toute une série de photos à faire. Je ne rentrerai que dans deux jours.
David s'arrête net dans ses caresses, une pointe de déception traversant son regard encore lourd de sommeil. Il soupire doucement, mais son ton reste tendre et compréhensif :
— Oh... d'accord. C'est dommage, mais je comprends, c'est le prix du succès. De toute façon, mon propre billet est prévu pour un départ l'après-midi, donc ça ne change pas grand-chose à mes plans pour aujourd'hui.
Il se réinstalle contre moi, cherchant à profiter des quelques heures qu'il nous reste avant son départ. Contre mon ventre, je sens la queue de David grossir tout doucement. C'est une pression chaude, ferme, qui s'éveille et durcit au contact de ma propre nudité. Le baiser de David devient de plus en plus intense, sa langue cherchant la mienne avec une ferveur renouvelée, réclamant sa place, revendiquant son amour. Les caresses de David se font plus insistantes, ses doigts descendant plus bas, massant le bas de mon dos, pressant mes hanches.
Soudain, un frisson violent parcourt toute mon échine. Les mains et les doigts de David glissent le long de mes cuisses et commencent à se rapprocher dangereusement de mon cul. L'endroit même qui, il y a peu, était le théâtre de la fureur de Vasco. L'endroit qui est encore sensible, dilaté et douloureux de l'assaut herculéen de mon ancien amant.
Je suis pétrifié de terreur et d'excitation contradictoire. Si David enfonce ses doigts, s'il touche cette intimité encore ouverte de l'effort, il découvrira tout. Le secret volera en éclats. Le remords se mêle à une panique viscérale alors que les doigts de David effleurent la peau douce de mes fesses, se rapprochant de mon entrée béante. Je retiens mon souffle, au bord du gouffre, partagé entre le désir d'effacer Vasco dans les bras de David et la peur absolue d'être démasqué.
Le silence bleuté de la chambre de luxe est sur le point de rompre, balayé par le souffle court du désir de David. Sa main, lourde et chaude, est immobilisée sur la courbe de ma fesse droite, là où la peau est encore douloureusement réchauffée par les assauts de Vasco. Mon cœur cogne si fort contre mes côtes que j'ai l'impression que David peut en entendre les battements désordonnés à travers ma poitrine collée à la sienne.
Je suis au bord du précipice. Si je recule, si je me dérobe, il allumera la lumière, il verra ma panique, il posera des questions. Je n'ai qu'une seule issue pour sauver les apparences, une seule planche de salut pour purifier mon corps de l'empreinte de mon ancien amant : me donner à David, maintenant, totalement, jusqu'à l'épuisement. Je dois utiliser son amour comme un bouclier contre mon propre crime. Heureusement, la douche minutieuse que j'ai prise dans la salle de bain de Vasco a effacé les traces les plus flagrantes : je me suis lavé à grande eau, frotté jusqu'au sang pour ne plus avoir son sperme en moi. Mon corps est propre, mais mon esprit reste souillé.
David plonge ses yeux sombres, brillants de sommeil et d'une passion brute, dans les miens. Sa voix s'est faite plus basse, plus rauque, chargée d'une électricité qui me fait frissonner :
— Gaspard… Regarde-moi. Tu n'as pas idée d'à quel point j'ai eu faim de toi cette nuit. Te voir sur ce podium, si beau, si inaccessible… Je ne pensais qu'à ce moment où je te retrouverais enfin seul dans ce lit.
Il redescend ses lèvres sur les miennes. Ce n'est plus le baiser timide du réveil, c'est une revendication charnelle, profonde. Sa langue s'insinue dans ma bouche avec une ferveur possessive, mais d'une infinie tendresse, si différente de la morsure sauvage de Vasco. Pourtant, alors même que la langue de David s'entrelace à la mienne, mon esprit malade fait un bond en arrière. Je revois Vasco, quelques dizaines de minutes plus tôt, me saisissant par les cheveux pour me plaquer le visage contre le bois de la table basse, m'ordonnant de me taire. La violence de ce souvenir se mêle à la douceur de David dans un contraste si violent que j'émets un faible gémissement contre sa bouche.
David interprète ce son comme un abandon total à son désir. Un sourire sensuel se dessine sur ses lèvres humides alors qu'il rompt doucement le baiser pour me détailler dans la pénombre.
— Tu es magnifique, Gaspard… murmure-t-il, les yeux fixés sur mes hanches. Ton corps a changé, tu as une cambrure… c'est à rendre fou. Je te veux. Maintenant.
Il n'y a pas de tube de lubrifiant sur la table de chevet, aucun préparatif mécanique pour adoucir ce qui va suivre. David, emporté par l'urgence de son manque, n'y pense même pas. Il recueille simplement sa propre salive au creux de ses doigts pour humidifier mon entrée. Ce contact direct, presque brut, me glace le sang autant qu'il m'excite. Le frottement de ses doigts mouillés résonne doucement dans le silence de la suite. Mon cul se contracte instinctivement. Bien que lavé et débarrassé du fluide de mon ancien amant, l'endroit est encore dilaté, sensible et profondément marqué par la fureur de Vasco. La perspective que David s'en approche sans artifice me plonge dans un état de transe nerveuse absolu.
David se repositionne entre mes jambes, se mettant à genoux. Sa queue, longue, épaisse et d'une rigidité impressionnante, vient frotter contre mon bas-ventre. Elle est brûlante. David me regarde, un regard d'une dévotion totale, presque mystique.
— Je vais prendre mon temps, mon cœur… tu as l'air si fatigué, mais je ne peux plus attendre, me dit-il d'une voix caressante.
Il écarte doucement mes cuisses. Mes muscles fessiers me brûlent, une plainte sourde s'échappe de mes lèvres avant même qu'il ne me touche. David lève les yeux, inquiet :
— Je te fais mal ?
— Non… non, David… j'ai juste… les muscles endoloris par le défilé, la marche… S'il te plaît, continue… j'ai besoin de toi, je mens désespérément, la voix brisée.
Soulagé, David sourit et pousse ses doigts humides entre nos corps pour masser mon intimité. Lorsque sa peau entre en contact avec mon entrée, le choc est électrique. Sa paume s'étale sur ma peau sensible, et ses doigts commencent à préparer le passage. L'endroit est déjà anormalement souple, encore détendu par les assauts précédents, mais David, aveuglé par son propre désir et l'obscurité de la pièce, attribue cette réceptivité immédiate à mon excitation exclusive pour lui. Il commence à enfoncer un premier doigt, doucement, avec une précaution infinie.
Un gémissement aigu m'échappe, un mélange de douleur réelle — car la chair est à vif et manque de lubrification — et d'un plaisir coupable, terrifiant. Dans ma tête, les images s'entrechoquent. Je revois les doigts de Vasco, bruts, qui s'enfonçaient en moi sans préliminaires, me déchirant presque dans une jouissance purement égoïste. Ici, David y va avec une lenteur chirurgicale, tournant son doigt à l'intérieur pour me détendre, cherchant mon point de plaisir. Ses yeux ne quittent pas mon visage, guettant la moindre de mes expressions.
— Tu es si chaud, Gaspard… soupire David, le souffle court, alors qu'il ajoute un deuxième doigt pour parfaire la préparation. Regarde-moi… dis-moi que tu es à moi.
— Je suis à toi, David… oui, à toi… je gémis, les larmes aux yeux, submergé par la honte de ce mensonge alors que mon corps se rappelle chaque seconde de ma trahison.
David retire ses doigts. Il saisit son sexe dur à pleines mains, l'indurant encore un peu plus du bout des doigts, puis vient positionner son gland large directement contre mon entrée. Le manque de gel rend le contact rugueux, intense, et le contraste de taille me coupe le souffle. Il s'appuie légèrement sur ses bras, son torse athlétique surplombant le mien, et commence à pousser.
Lentement, avec une douceur protectrice mais d'une fermeté inflexible, le sexe dur de David pénètre en moi. La friction de sa peau contre la mienne, déjà si malmenée, m'arrache un cri étouffé que je perds dans son cou, mes dents se plantant légèrement dans sa peau pour ne pas hurler. David s'arrête net, sa queue enfoncée à moitié en moi, retenue par la résistance naturelle de ma chair sèche.
— Hey… doucement… respire, mon ange, me murmure-t-il à l'oreille, envoyant des bouffées d'air chaud qui me font frissonner. Je ne veux pas te faire de mal.
Il attend que mon corps s'habitue, me donnant de petits baisers sur la tempe, sur la joue. Cette tendresse est une torture psychologique bien plus grande que la brutalité de Vasco. Vasco me traitait comme un objet, et c'était simple ; David me traite comme un roi, et je le trahis. Dans un élan de désespoir, je cambre mes hanches vers le haut, acceptant la douleur du frottement à vif pour forcer le reste de son sexe à s'enfoncer entièrement en moi. Un grognement de plaisir pur et animal s'échappe de la gorge de David lorsqu'il se sent intégralement englobé par ma chaleur.
Il commence alors son va-et-vient. Un mouvement lent, profond, régulier. À chaque fois que sa queue se retire presque entièrement pour revenir frapper le fond de mon être, la friction brute de sa chair me ramène à la réalité de mon acte. Je suis le théâtre d'un sacrilège secret. Je gémis de plus en plus fort, les mains agrippées aux draps blancs de l'hôtel, mes hanches bougeant au rythme des siennes. David accélère la cadence, son rythme devenant plus pressant, plus lourd. Le bruit de nos corps nus qui s'entrechoquent remplit l'espace.
— Gaspard… putain, Gaspard… tu m'as tellement manqué… récite David comme une litanie, ses yeux fixés dans les miens avec une intensité presque douloureuse. Je t'aime, tu entends ? Je t'aime tellement.
Ce regard… ce regard plein d'une confiance aveugle me met dans tous mes états. C'est un mélange d'excitation sexuelle pure et de détresse psychologique absolue. Je lève mes jambes pour les enrouler autour de sa taille, m'ouvrir encore plus à lui, cherchant à me perdre dans cette transe pour oublier le reste. Je veux que David me prenne, qu'il efface tout, qu'il reprenne ses droits sur ce corps qui lui appartient. À chaque coup de boutoir, je revois les flashs de la nuit : la table basse, les mains de Vasco sur mes hanches, sa voix cruelle… et maintenant la douceur de David, sa peau propre, son amour. Le plaisir monte en moi, violent, incontrôlable, né de ce chaos émotionnel.
David sens que je suis proche. Ses mouvements se font plus rapides, ses coups plus lourds et plus sourds. Il me saisit les mains, entrecroisant ses doigts avec les miens, nous liant l'un à l'autre dans cette pénombre.
— Je viens… Gaspard, je viens avec toi… grogne-t-il, le visage tendu par l'imminence de l'orgasme.
Dans une ultime poussée, profonde, désespérée, David s'enfonce au plus loin de mon anatomie et se fige. Son corps est traversé de violents spasmes alors qu'il commence à jouir. Je sens, au plus profond de mes entrailles, les jets successifs et brûlants de son sperme qui se déversent en moi, remplissant mon cul désormais lavé de cette nouvelle semence, légitime et aimante. C'est un pacte scellé à l'intérieur de ma propre chair. Au même moment, emporté par la vague, je jouis à mon tour sans même me toucher, mon sperme se répandant sur nos deux ventres collés.
Le silence retombe lentement sur la chambre, seulement troublé par nos deux respirations haletantes qui s'apaisent peu à peu. David se laisse glisser doucement sur le côté, retirant son sexe de mon corps dans un léger glissement.
Il ne s'endort pas. Il reste allongé juste là, à côté de moi, calé sur son coude, son regard protecteur posé sur mon visage fatigué. La lueur grise de l'aube commence à filtrer plus nettement à travers les rideaux, éclairant ses traits d'une douceur infinie. Sa main libre vient se poser sur ma hanche, ses doigts traçant des cercles apaisants sur ma peau.
— C'était parfait… murmure-t-il, un sourire serein aux lèvres. Je me sens enfin entier maintenant que je t'ai retrouvé.
Je n'ai plus la force de parler. Le contrecoup physique de ma nuit avec Vasco, combiné à l'intensité de ce que je viens de vivre avec David, a épuisé mes dernières forces. Mes paupières sont d'une lourdeur insupportable. Je me tourne doucement vers lui, tendant le bras pour poser ma main sur son torse chaud, juste au-dessus de son cœur qui bat calmement.
Mes doigts commencent à le caresser paresseusement, montant et descendant le long de son sternum, une vaine tentative de lui rendre un peu de l'amour qu'il me porte. David ferme les yeux sous le coup de la tendresse, savourant ce contact, un sourire béat aux lèvres. Il reste éveillé, profitant de ma présence, sa main continuant de veiller sur ma hanche alors que je m'enfonce dans le sommeil.
Alors que mes yeux se ferment définitivement et que je glisse lentement vers un sommeil lourd et sans rêves, la dernière sensation qui m'accompagne est cette chaleur nouvelle au fond de moi, le sperme de David qui redessine les contours de mon secret, symbole de ma double vie naissante et du monstre que je suis devenu.
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Chapitre 32
Gaspard se réveille à Londres au lendemain d'un défilé qui a fait de lui une icône mondiale. À ses côtés, David, son petit ami, s'apprête à reprendre l'avion pour la France. Entre eux, le poids d'un secret que Gaspard n'a pas encore eu le courage de dire. Deux hommes, deux mondes, et un compte à rebours qui vient de commencer. Saura-t-il choisir avant qu'il ne soit trop tard ?
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