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✦ tounet777 Runway à contre-courant XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Runway à contre-courant — Chapitre 41

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Runway à contre-courant

Chapitre 41

Deux ans plus tard
Je referme doucement la porte de l'appartement de Notting Hill derrière moi. La lumière dorée du soir traverse les grandes baies vitrées du salon, illuminant le parquet clair et le canapé où David est déjà installé, un livre à la main. Il lève les yeux vers moi et son visage s'éclaire immédiatement de ce sourire doux et sincère qui me fait encore fondre après tout ce temps.
— Tu es rentré, murmure-t-il en posant son livre.
Je laisse tomber mon sac de shooting et traverse la pièce pour le rejoindre. Il se lève et m'accueille dans ses bras. Nous restons un long moment, enlacés, son menton posé sur mon épaule, mes mains glissant dans son dos. Ces moments simples, après des jours de voyages et de séances photo, sont devenus mon refuge le plus précieux.
— Tu m'as manqué, dis-je contre son cou.
— Toi aussi. Terriblement.
Nous nous embrassons tendrement, un baiser lent et profond, rempli d'amour et de familiarité. Ses mains caressent mon dos avec douceur, comme pour s'assurer que je suis vraiment là, entier, loin des projecteurs et des regards extérieurs.
Ce soir-là, nous ne sommes pas seuls. Vasco est de passage à Londres. Il est arrivé dans l'après-midi et s'est installé dans la chambre d'amis, comme cela arrive de plus en plus souvent. L'ambiance entre nous trois est devenue étonnamment naturelle. David a accepté cette réalité avec une maturité qui m'impressionne encore. Il n'y a plus de secrets, plus de mensonges. Juste une entente consentie, libre et assumée.
Nous dînons tous les trois autour de la grande table de la cuisine. Rires, anecdotes de défilés, discussions sur les prochaines campagnes. Vasco raconte avec humour une mésaventure lors d'un shooting à Milan où un mannequin avait failli tomber en essayant de marcher avec des talons de quinze centimètres. David se moque gentiment de moi quand je parle de mon accent anglais qui s'améliore enfin. L'atmosphère est chaleureuse, complice, presque familiale.
Après le dîner, nous passons au salon. Le vin aidant, la tension sensuelle monte doucement. David est le premier à m'embrasser, assis entre nous sur le canapé. Vasco nous observe un instant, puis se penche pour embrasser mon cou. Je ferme les yeux, savourant la sensation de leurs deux bouches sur moi.
Nous nous retrouvons rapidement dans la grande chambre principale. Les vêtements tombent un à un sur le sol dans une urgence grandissante.
David m'allonge sur le dos et m'embrasse avec passion, sa langue envahissant ma bouche tandis que Vasco descend le long de mon corps. Sa bouche chaude et humide enveloppe mon sexe déjà dur et palpitant, le prenant profondément jusqu'au fond de sa gorge en une seule fois. Je gémis bruyamment dans la bouche de David, le corps cambré.
— Putain… il est déjà trempé, grogne Vasco en relevant la tête, les lèvres brillantes de salive. J'adore quand ta bite est comme ça pour nous.
David sourit contre mes lèvres et murmure :
— Suce-le bien, Vasco. Je veux l'entendre gémir.
Vasco replonge sur ma queue avec voracité, aspirant fort, sa langue tourbillonnant autour du gland tandis qu'il me branle en même temps. David descend sur mon torse, suçant et mordillant mes tétons avec force. Je suis déjà en train de perdre la tête, gémissant comme une salope entre leurs deux bouches expertes.
Ils me retournent sur le ventre. David s'installe devant moi et me fourre sa grosse queue dans la bouche sans ménagement. Je l'avale avidement, bavant partout, la gorge contractée autour de lui pendant que Vasco écarte mes fesses et commence à me bouffer le cul comme un animal affamé. Sa langue épaisse s'enfonce profondément dans mon trou, le léchant, le pénétrant, le suçant avec des bruits obscènes et humides.
— Ton cul est tellement bon… grogne Vasco en me donnant une claque sonore sur la fesse. Il s'ouvre déjà pour nous comme une petite chienne en chaleur.
Il se redresse, crache abondamment sur sa queue énorme et me pénètre d'un seul coup puissant jusqu'aux couilles. Je crie autour de la bite de David, le corps traversé par une décharge électrique de plaisir.
— Oui… défonce-le fort, encourage David en me tenant la tête pour me baiser la bouche plus profondément. Remplis bien son petit cul serré.
Vasco commence à me pilonner sauvagement, ses hanches, claquant violemment contre mes fesses. Chaque coup est profond, brutal, sa grosse queue frottant sans pitié contre ma prostate. Le bruit de chair contre chair, les claques humides, mes gémissements étouffés autour de la queue de David remplissent la chambre.
Ils changent de position. David s'allonge sur le dos et je m'empale sur sa queue épaisse en gémissant comme un animal. Vasco se place derrière moi, lubrifie son gland avec du crachat et force mon trou déjà rempli. La sensation de les avoir tous les deux en moi en même temps est fulgurante. Je hurle de plaisir, complètement écartelé, le cul rempli à ras-bord par leurs deux grosses queues.
— Putain… je suis en train de le sentir en toi, halète Vasco en commençant à bouger. Ton cul est tellement serré autour de nos deux bites… Tu aimes ça, hein ?
Ils me baisent en rythme, l'un après l'autre puis ensemble, leurs queues frottant l'une contre l'autre à l'intérieur de moi. Je ne suis plus qu'un trou gémissant, bavant, secoué par des vagues de plaisir intense. David me tient les hanches et me pilonne par en dessous tandis que Vasco me martèle par derrière.
— Je vais jouir… grogne David en me tenant fermement.
— Moi aussi… ajoute Vasco en accélérant comme un dingue.
Ils explosent presque en même temps, déversant leur sperme chaud et abondant au fond de mon cul. La sensation me fait basculer. Je jouis violemment sans me toucher, mon sperme giclant partout sur le torse de David tandis que je crie leurs noms, le corps secoué de spasmes incontrôlables.
Nous restons un long moment, enlacés, haletants, couverts de sueur et de sperme. David m'embrasse tendrement, Vasco caresse mon dos. Il n'y a ni jalousie ni regret. Juste une complicité profonde et un plaisir partagé.
Deux ans plus tard, cette entente fonctionne parfaitement. David et moi vivons une relation solide et aimante au quotidien. Vasco fait partie de notre vie quand il est à Londres. Nous partageons des dîners, des rires, et parfois ces moments intimes à trois qui renforcent étrangement notre lien.
Professionnellement, Vasco et moi sommes souvent vendus ensemble par l'agence. Nous partageons les mêmes campagnes, les mêmes vols, les mêmes loges. Cela facilite tout.
Quand j'ai besoin de respirer, David et moi partons seuls à Besançon. Ces retours aux sources, juste nous deux, sont sacrés. Vasco le respecte parfaitement.
Face à la presse, nous sommes un front uni. Les paparazzi tentent régulièrement de créer des scandales, mais ils se heurtent à notre transparence et à notre solidité.
Pourtant, un soir, après un dîner où Vasco était particulièrement silencieux, je le rejoins sur la terrasse pendant que David dort.
— Vasco… est-ce que tout va bien ? Tu prends quelque chose en ce moment ?
Il hésite un long moment, puis soupire.
— Des médicaments… pour tenir le rythme. Stimulants, somnifères, coupe-faim… Tout ce qu'il faut pour rester au top. Ne t'inquiète pas.
Je reste silencieux, le cœur serré. Pour la première fois, je réalise vraiment le prix que paye Vasco pour cette vie.
Deux ans et demi plus tard
Tout se passe bien. Vraiment bien.
Dans notre appartement de Notting Hill, la vie avec David a trouvé un équilibre que je n'aurais jamais osé espérer. Notre amour est toujours aussi fort, peut-être même plus profond. Chaque soir, quand je rentre d'un shooting ou d'un voyage, il est là. Nous cuisinons ensemble, nous rions des anecdotes absurdes de ma carrière, nous faisons l'amour avec cette tendresse et cette passion qui n'ont jamais faibli. David est mon ancrage, mon refuge, l'homme qui m'aime pour ce que je suis vraiment, loin des flashs et des couvertures de magazines.
Pourtant, une ombre plane de plus en plus souvent sur notre bonheur : Vasco.
Il prend de plus en plus de médicaments. Au début, c'était discret. Maintenant, je le vois avaler des cachets à longueur de journée : stimulants pour tenir le rythme des défilés, somnifères pour dormir, anti-inflammatoires pour les douleurs musculaires, coupe-faim pour garder la ligne exigée par les créateurs. Chaque fois que je le croise en coulisses ou lors d'un événement commun, je remarque ses yeux un peu trop brillants, ses mains qui tremblent légèrement, sa maigreur qui s'accentue. J'essaie d'en parler, mais il balaie toujours mes inquiétudes d'un sourire fatigué.
— Ne t'en fais pas, piccolo. C'est le métier.
Ce soir-là, David a préparé une surprise. Il m'a demandé de rentrer tôt, chose rare dans mon planning chargé. Quand j'ouvre la porte, l'appartement est plongé dans une lumière tamisée. Des bougies sont allumées sur la table, un dîner raffiné nous attend. Vasco est là aussi, élégant dans une chemise noire, un sourire complice aux lèvres.
— Qu'est-ce que vous mijotez tous les deux ? demandé-je en riant, un peu nerveux.
David s'approche, me prend les mains. Son regard est brillant d'émotion.
— Gaspard… Ces dernières années ont été folles. Tu as conquis le monde, mais tu es toujours revenu vers moi. Tu es mon plus beau voyage. Je ne veux plus jamais être séparé de toi.
Il met un genou à terre. Mon cœur s'arrête.
— Veux-tu m'épouser ?
Vasco, derrière lui, sourit doucement. C'est lui qui a aidé David à tout organiser. Je reste figé une seconde, les larmes me montant aux yeux, puis je tombe à genoux à mon tour et l'embrasse avec tout l'amour que je ressens.
— Oui. Mille fois oui.
Un an plus tard
La mairie du petit village près de Besançon est magnifique en ce jour d'été. Les jardins sont fleuris, une arche de roses blanches a été installée à l'entrée. Nos deux familles sont réunies : mes parents, émus et fiers, la famille de David, Marion qui rayonne en tant que témoin, et de nombreux amis proches.
Vasco est là. Il est mon témoin. Élégant dans un costume sombre parfaitement taillé, il me sourit avec une tendresse sincère malgré tout ce que nous avons traversé. Marion, témoin de David, est radieuse dans sa robe bleu ciel.
À l'intérieur de la salle, l'atmosphère est chargée d'émotion. Je suis stressé comme jamais. Mon cœur bat à tout rompre pendant que le maire prononce les paroles officielles. David me tient la main, solide et calme, comme toujours. Quand vient le moment des consentements, ma voix tremble légèrement :
— Oui, je le veux.
David répond avec force et amour :
— Oui, je le veux.
Nous échangeons les alliances sous les applaudissements et les larmes de nos proches. Vasco me serre dans ses bras après la cérémonie, un peu plus longtemps que nécessaire.
— Tu mérites tout ça, murmure-t-il à mon oreille. Sois heureux.
Dehors, c'est la folie. Des paparazzi et des fans ont réussi à se masser devant la mairie malgré les mesures de sécurité. Les flashs crépitent sans arrêt. Je garde la main de David serrée dans la mienne, essayant de sourire pour les photos officielles.
Soudain, alors que nous descendons les marches, Vasco, juste derrière nous, vacille. Son visage devient livide. Il fait encore deux pas, puis s'écroule brutalement sur le trottoir.
— VASCO !
Je me précipite vers lui, tombant à genoux à ses côtés. Son corps est secoué de tremblements, ses yeux sont mi-clos, sa respiration irrégulière.
— Appelez les secours ! je hurle à la foule, la voix brisée par la panique. Appelez une ambulance, putain !
David est déjà à côté de moi, tenant la tête de Vasco. Les photographes continuent de mitrailler, les cris des invités se mêlent aux sirènes qui commencent à retentir au loin.
Je serre la main de Vasco dans la mienne, les larmes coulant sur mes joues.
— Reste avec nous… Reste avec nous, je t'en supplie…
Autour de moi, le monde semble s'effondrer. Le jour de mon mariage, au milieu des flashs et des cris de joie qui se transforment en hurlements d'effroi, Vasco gît inconscient sur le sol.
Et je me demande, le cœur déchiré, si cette histoire n'est pas en train de se terminer de la plus cruelle des façons.
Epilogue
Les deux mois qui ont suivi le mariage ont été un cauchemar éveillé.
Vasco avait fait une overdose massive de médicaments. Stimulants, somnifères, anxiolytiques… son corps n'avait plus supporté la dose cumulée. Il avait été plongé dans un coma artificiel dès son arrivée à l'hôpital. Pendant ces longues semaines, j'ai passé presque toutes mes journées à son chevet, tenant sa main froide, lui parlant pendant des heures, priant pour qu'il ouvre les yeux. David était là, silencieux et solide, me soutenant sans jamais se plaindre. La presse avait transformé l'événement en spectacle, mais nous avions tout fait pour protéger sa famille et son intimité.
Et puis, un matin gris de novembre, les médecins nous ont annoncé qu'ils ne pouvaient plus rien faire. Son cœur avait lâché pendant la nuit.
Aujourd'hui, je suis debout dans cette église remplie de monde. Partout où je regarde, les gens sont vêtus de noir. Les bancs sont bondés, des centaines de personnes se pressent même à l'extérieur, silencieuses sous la pluie fine. Des photographes sont tenus à distance par un cordon de sécurité, mais leurs objectifs restent braqués sur nous. L'atmosphère est lourde, étouffante, chargée de chagrin.
Fabio monte à la tribune. Il est pâle, les traits tirés. Il ajuste le micro d'une main tremblante et commence à parler d'une voix rauque :
— Vasco Solari n'était pas seulement un mannequin. Il était une force de la nature. Un homme qui illuminait chaque pièce où il entrait, qui transformait chaque podium en scène de théâtre. Il a repoussé les limites de son corps pour nous offrir des images inoubliables. Il a été l'égérie de Versace, de Burberry, de Gucci… mais surtout, il a été un ami loyal, un mentor pour les plus jeunes, un guerrier qui se battait en silence contre les exigences d'un métier impitoyable. Vasco nous a appris que la beauté pouvait aussi être brute, vulnérable, humaine. Aujourd'hui, nous perdons bien plus qu'une icône. Nous perdons un frère.
Fabio marque une pause, la voix brisée par l'émotion. Il essuie discrètement une larme avant de continuer :
— Et maintenant, une personne très proche de Vasco va prendre la parole. Quelqu'un qui a partagé avec lui une connexion unique, dès le premier jour. Gaspard… s'il te plaît.
Mon cœur se serre violemment. Mes jambes tremblent tandis que je monte à la tribune. David me serre la main une dernière fois avant de me laisser y aller. Je regarde la foule, tous ces visages baignés de larmes, puis le cercueil blanc posé devant l'autel, couvert de roses rouges.
Je prends une profonde inspiration, les larmes coulant déjà sur mes joues.
« Vasco…
Je ne sais même pas par où commencer. Parce que te dire adieu, c'est comme arracher une partie de moi. Tu étais là depuis le tout début. Ce jour à Paris, quand je suis tombé sur le trottoir… c'est toi qui m'as relevé. Pas Fabio. Toi. Tu as vu quelque chose en moi que personne d'autre n'avait vu. Tu m'as poussé, provoqué, aimé, blessé, sauvé… Tu as été mon premier amour dans ce monde de fous. Tu m'as appris à marcher, à poser, à affronter les flashs, à survivre dans cette industrie qui dévore les siens.
Je t'ai aimé, Vasco. D'un amour violent, passionné, parfois destructeur… mais tellement vrai. Tu étais le feu. David était la terre. Et moi… j'étais perdu entre les deux. Tu le savais. Tu l'as toujours su. Et pourtant, tu es resté. Tu as souri même quand ça te faisait mal. Parce que tu m'aimais assez pour vouloir mon bonheur, même sans toi.
Je regrette de ne pas t'avoir dit plus souvent à quel point tu comptais. Je regrette de ne pas avoir insisté davantage quand je voyais que tu allais mal. Je regrette de ne pas t'avoir serré plus fort dans mes bras la dernière fois qu'on s'est vus. Tu étais épuisé. Tu souriais, mais tes yeux étaient si fatigués… J'aurais dû comprendre. J'aurais dû te forcer à t'arrêter.
Tu étais magnifique, Vasco. Pas seulement sur les photos. Magnifique dans ta force, dans ta vulnérabilité, dans ta façon de tout donner sans jamais te plaindre. Tu as illuminé ma vie. Tu m'as fait découvrir des plaisirs que je ne connaissais pas. Tu m'as fait me sentir vivant, désiré, puissant. Et même quand on se faisait du mal, c'était avec une intensité que personne d'autre ne pourra jamais comprendre.
Aujourd'hui, je suis là, devant toi, et je pleure comme jamais. Parce que je t'aime encore. Je t'aimerai toujours. Tu fais partie de moi. Chaque fois que je marcherai sur un podium, chaque fois que je verrai un flash, je penserai à toi. Tu seras dans mon cœur à tout jamais. Tu seras dans chaque regard que je poserai sur le monde. Merci d'avoir été là. Merci d'avoir cru en moi quand je n'y croyais pas moi-même. Merci de m'avoir aimé comme tu l'as fait.
Je t'aimerai toujours, Vasco. »
Ma voix se brise complètement. Les larmes coulent sans retenue. Je descends de la tribune, les jambes tremblantes. En passant devant le cercueil, je m'arrête. Je pose ma main sur le bois froid, le caresse doucement, comme si je pouvais encore le toucher une dernière fois.
— À tout jamais… je murmure, la voix cassée par les sanglots.
Je rejoins David qui m'attend, les yeux rouges. Il me serre contre lui tandis que les larmes continuent de couler.
Après la cérémonie, Fabio s'approche de moi discrètement alors que les gens commencent à quitter l'église. Il me tend une enveloppe cachetée, les yeux rougis.
— Il m'avait demandé de te la remettre… si jamais il lui arrivait quelque chose. Il l'avait écrite il y a plusieurs mois.
Je m'éloigne un peu de la foule, me réfugiant sous un arbre à l'écart. Mes mains tremblent en ouvrant l'enveloppe. L'écriture de Vasco, élégante et un peu tremblée, couvre plusieurs pages.
Mon Gaspard, mon piccolo,
Si tu lis cette lettre, c'est que je ne suis plus là. Je sais que ça va te faire mal, et je suis désolé. Tellement désolé.
Depuis le premier jour où je t'ai vu tomber sur ce trottoir à Paris, j'ai su que tu allais changer ma vie. Je ne t'ai jamais dit à quel point je t'aimais vraiment. Pas seulement avec mon corps, mais avec tout ce que j'avais. Tu étais la seule lumière dans ce monde de paillettes et de mensonges. Tu me rendais vivant. Même quand on se faisait du mal, même quand je te poussais trop loin, c'était parce que je ne savais pas comment t'aimer autrement.
J'ai toujours su que David était ton ancrage. Je l'ai accepté. J'ai même fini par le respecter. Ton bonheur a toujours été plus important que le mien.
Je suis fatigué, Gaspard. Tellement fatigué. Les médicaments m'aident à tenir debout, à rester beau, à continuer à briller pour les caméras. Mais ils me tuent à petit feu. Je le sais. Je l'ai toujours su. Et pourtant, je n'ai pas pu m'arrêter. Parce que sans ça, je n'étais plus personne.
Je voulais que tu saches que je ne t'en veux pas. Ni à toi, ni à David. Vous m'avez donné les plus beaux moments de ma vie. Les nuits où on riait tous les trois, les moments où tu me regardais comme si j'étais le centre du monde… je les emporterai avec moi.
Si je pars avant toi, je t'attendrai. Où que je sois, je t'attendrai. Et quand ton tour viendra, je serai là, comme ce jour à Paris, pour te relever une dernière fois.
Je t'aime. Je t'ai toujours aimé. Et je t'aimerai encore, même après la fin.
Prends soin de David. Et prends soin de toi.
À tout jamais,
Ton Vasco
Les larmes coulent sans que je puisse les arrêter. Je serre la lettre contre ma poitrine, le corps secoué de sanglots violents. Vasco m'aimait. Il m'aimait vraiment. Et il est parti en me laissant ces mots.
Trente ans plus tard
Le salon de notre maison dans le sud de la France est baigné par la lumière douce de fin d'après-midi. J'approche de la soixantaine maintenant. Mes cheveux ont blanchi aux tempes, mais je fais encore quelques campagnes pour des montres de luxe et des défilés anniversaire pour Burberry. J'ai même tourné dans plusieurs films en tant qu'acteur. Le monde me connaît toujours, mais je vis enfin plus calmement.
David est assis à côté de moi sur le canapé. Nous sommes toujours ensemble. Notre amour n'a jamais faibli. Il a pris sa retraite il y a quelques années et passe ses journées à lire et à s'occuper du jardin. Nous sommes heureux. Vraiment heureux.
Pourtant, certains soirs comme celui-ci, la nostalgie me rattrape. Je regarde la photo encadrée sur la cheminée : nous trois, à Notting Hill, souriants. Vasco au milieu, rayonnant.
— Tu penses encore à lui, n'est-ce pas ? demande doucement David en me prenant la main.
Je hoche la tête, les yeux humides.
— Tous les jours. Il me manque. Même après tout ce temps… il me manque.
David me serre contre lui sans rien dire. Il a toujours compris. Il n'a jamais été jaloux de ce fantôme. Il sait que mon cœur est assez grand pour les deux.
Je pose ma tête sur son épaule, regardant le soleil se coucher sur les collines.
— Je t'aime, David. Merci d'être resté à mes côtés pendant toutes ces années.
— Je t'aime aussi, mon cœur. Et je sais qu'il t'aime encore, où qu'il soit.
Je ferme les yeux, laissant une larme silencieuse couler sur ma joue.
Vasco n'est jamais vraiment parti. Il vit en moi. Dans chaque souvenir, dans chaque battement de mon cœur un peu plus lent. Et malgré la tristesse qui ne s'effacera jamais complètement, je suis reconnaissant. Reconnaissant d'avoir aimé deux hommes extraordinaires. Reconnaissant d'avoir survécu à cette vie folle. Reconnaissant d'être encore là, aux côtés de l'homme qui m'a sauvé de moi-même.
Fin.
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