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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Runway à contre-courant — Chapitre 9

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Runway à contre-courant

Chapitre 9

Le calme est revenu dans la suite mais c'est un calme vibrant, chargé de l'odeur du santal, de l'huile de massage et de l'empreinte électrique de nos corps. Je suis allongé contre le torse de Vasco, mon oreille collée contre son cœur qui ralentit peu à peu, tandis que ses doigts tracent des arabesques absentes sur mon épaule. L'adrénaline de son contrat et la fureur de notre étreinte s'apaisent, laissant place à une langueur délicieuse qui engourdit mes membres.
Vasco finit par s'étirer, sa musculature de colosse se tendant sous la lumière tamisée. Il attrape le téléphone sur la table de chevet, sa voix retrouvant instantanément ce ton de commandement qui m'intimide autant qu'il me fascine.
— Préparez-moi une cabine privée au restaurant de l'hôtel. Tout de suite. Je veux de la discrétion, personne ne doit nous voir entrer ou sortir.
Il raccroche, se tourne vers moi et dépose un baiser sur mon front.
— Habille-toi, amore mio. On va fêter ma victoire en tête-à-tête. Je ne veux pas partager ton regard avec le reste de Londres ce soir.
Nous descendons par un ascenseur de service, guidés par un maître d'hôtel qui semble avoir compris que le moindre mot de trop signerait la fin de sa carrière. Le restaurant de l'hôtel est une institution, mais nous ne verrons pas sa grande salle. Nous sommes introduits dans une pièce fermée, un cabinet de cuir sombre et de boiseries vernies, où une table ronde, nappée de soie blanche, trône sous un lustre de cristal dont l'intensité a été baissée au minimum.
À peine la porte est-elle refermée que l'air semble s'épaissir à nouveau. Vasco m'aide à retirer ma veste, ses mains s'attardant sur mes épaules, ses pouces massant mes trapèzes avec une force tranquille.
— Ici, les murs n'ont pas d'oreilles, murmure-t-il à mon oreille.
Il s'assoit, mais au lieu de me laisser prendre la place en face de lui, il repousse légèrement sa chaise et tapote ses cuisses d'un geste sans équivoque.
— Viens là, Gaspard. Près de moi.
Je sens mon visage s'embraser, ce rouge écarlate montant de mon cou jusqu'à mes tempes. Je m'approche et m'installe à califourchon sur ses genoux. Ses bras se referment sur ma taille comme des chaînes de velours. Il enfouit son visage dans mon cou, inhalant l'odeur de ma peau encore imprégnée de lui.
Vasco est incapable de rester immobile. Ses mains sont partout : elles remontent sous ma chemise pour caresser mes côtes, elles pétrissent mes cuisses avec une insistance qui me fait tressaillir. Il m'embrasse sans cesse — des baisers profonds, possessifs, qui goûtent l'urgence.
— Je suis tellement content d'être enfin là, seul avec toi, souffle-t-il entre deux caresses. Toute la journée, pendant que les avocats discutaient des clauses, je ne voyais que tes yeux dans ce miroir. Je ne pensais qu'à ce moment où je te tiendrais ainsi.
Soudain, un coup discret résonne contre la porte de la cabine. C'est le serveur. Pris d'un réflexe de pudeur, je me relève brusquement de ses genoux pour me rasseoir sur ma propre chaise, lissant frénétiquement ma chemise. Vasco lâche un léger soupir de frustration mais ne proteste pas. Le serveur entre, dépose nos plats avec une efficacité silencieuse et se retire aussitôt.
L'assiette devant moi est magnifique, mais l'appétit me manque. Vasco, lui, reste silencieux un instant, m'observant jouer avec mes couverts sans chercher à m'aider. Il me laisse face à mon trouble, sa seule présence suffisant à saturer l'espace.
— Vasco... qu'est-ce qu'on va faire demain ? demandai-je enfin, ma voix, tremblant légèrement. Tout va si vite... Je suis juste un étudiant, je n'ai pas ma place dans ce luxe.
Il s'arrête, son regard plongeant dans le mien avec une intensité sérieuse.
— Demain matin, les choses sérieuses commencent. C'est mon premier shooting officiel pour la campagne mondiale. C'est l'image qui sera placardée sur Piccadilly et dans toutes les capitales. Mais j'ai posé mes conditions, Gaspard.
Il tend le bras par-dessus la table pour saisir ma main, ses doigts jouant avec les miens.
— Tu viens avec moi. J'ai négocié pour que tu sois sur le plateau. Je ne veux pas te laisser à l'hôtel, je veux te voir à chaque fois que l'objectif s'arrête.
Mes yeux s'écarquillent. L'idée de ce monde de flashs et de prestige me glace autant qu'elle m'excite.
— Mais... je vais gêner, je ne sais pas comment me comporter.
— Tu ne gêneras personne car tu seras sous ma protection. Mais attention, son ton se fait plus dur. Mon agent, Fabio, sera là. C'est un homme brillant mais c'est un requin. Il gère ma carrière avec une main de fer. Il va vouloir t'analyser, te jauger. Avant d'entrer sur le plateau, tu devras signer un accord de confidentialité, un NDA. Rien de ce que tu verras ou entendras ne doit sortir de ce studio. Fabio veut s'assurer qu'aucune faille ne puisse m'atteindre. Tu dois être mon secret le mieux gardé.
Le dessert arrive : le fameux cheesecake de l'hôtel, une merveille onctueuse. Vasco me regarde alors que je prends une première bouchée, le goût sucré contrastant avec la gravité de notre conversation. Une pointe de crème reste sur ma lèvre ; il s'étire et l'efface d'un mouvement lent de son pouce, qu'il porte ensuite à ses propres lèvres, ses yeux ne quittant jamais les miens.
— Fabio sera là pour veiller au grain, mais c'est moi qui décide, reprend-il. Il a besoin de savoir que tu fais partie du package. Demain, tu entres dans l'arène par la grande porte.
Il se lève, vient contourner la table et me ramène contre lui pour un baiser brûlant, un baiser qui efface mes doutes d'étudiant pour me projeter dans sa réalité de titan. Sa main descend plus bas, pressant ma chair à travers le tissu de mon pantalon avec une force qui m'arrache un gémissement étouffé.
— Vasco... si quelqu'un rentre encore... murmurai-je, le visage en feu.
— Qu'ils rentrent, répond-il avec une arrogance royale. Ici, dans cette cabine, le temps s'arrête. Demain, le monde me regardera, mais ce soir, il n'y a que toi qui comptes.
L'air dans la cabine privée est devenu si dense qu'il semble presque solide, saturé par l'odeur du bœuf maturé, du vin rouge corsé et, surtout, par cette tension sexuelle insoutenable qui émane de Vasco. Le serveur a débarrassé les plats principaux, laissant derrière lui un silence seulement troublé par le crépitement lointain de la climatisation. Vasco ne mange plus. Ses yeux sombres, d'une profondeur abyssale, sont ancrés dans les miens.
Vasco se lève avec une lenteur prédatrice. Ses mains, larges et chaudes, viennent se poser sur mes épaules. Je sens mes joues s'empourprer, un rouge écarlate qui se diffuse jusqu'à mes oreilles alors qu'il commence à défaire le premier bouton de ma chemise. Ses doigts sont d'une agilité déconcertante.
— Vasco… pas ici, murmuré-je dans un souffle, ma voix trahissant mon manque total de conviction.
Il ne répond pas. Il défait le deuxième bouton, puis le troisième, ses yeux ne quittant jamais les miens. Chaque centimètre de peau dévoilé semble l'enivrer. D'un geste fluide, il écarte les assiettes et les verres vers l'extrémité de la table ronde, dégageant un espace de nappe blanche immaculée au centre. Avant que je puisse protester, il me saisit par la taille et me soulève pour m'asseoir sur le bois massif recouvert de tissu.
La fraîcheur de la nappe contre mes cuisses contraste violemment avec la chaleur qui irradie de son corps. Il finit de déboutonner ma chemise et l'écarte, exposant mon torse à la lumière ambrée du lustre. Il se colle à moi, s'insérant entre mes jambes écartées. C'est là que je la sens : sa queue, déjà d'une dureté de granit, presse contre mon ventre à travers son pantalon.
— Vasco, on ne peut vraiment pas faire ça ici… le serveur va revenir pour le dessert…
Vasco esquisse un sourire lent, un sourire de conquérant qui sait que la cité a déjà ouvert ses portes.
— Qu'il vienne, Gaspard. De toute façon, il voit à quel point tu es magnifique quand tu m'appartiens.
Ses mains descendent vers ma ceinture. Il défait mon pantalon avec une assurance impériale et le baisse légèrement, juste assez pour libérer mes hanches. Il s'écarte un instant, juste le temps de déboutonner son propre pantalon. Sa virilité jaillit, monstrueuse et palpitante, déjà luisante de désir.
Je retiens mon souffle, mes mains s'agrippant au rebord de la table. Il me pousse doucement les épaules pour m'allonger sur le dos, au milieu de l'argenterie et du cristal. Mes jambes pendent dans le vide, encadrant son bassin. Avant d'aller plus loin, il glisse une main entre mes fesses. Ses doigts, encore imprégnés du souvenir de l'huile de santal de cet après-midi, trouvent mon entrée déjà souple, déjà préparée par notre précédente étreinte. Il utilise sa propre humidité pour lubrifier à nouveau mon petit trou, son regard rivé sur mes yeux qui se voilent de plaisir.
— Regarde-moi, Gaspard. Ne ferme pas les yeux.
Il approche sa pointe de mon entrée. Elle est déjà mouillée, une goutte de désir pur perlant à son extrémité. Il commence à pénétrer, centimètre par centimètre. Je lâche un soupir qui se transforme en un gémissement étouffé contre ma propre main que je porte à ma bouche. C'est lent, presque insupportable de précision. La sensation de plénitude est immédiate, envahissante.
— Mmmmm… Vasco…
Une fois entièrement en moi, il s'immobilise. Il savoure l'étreinte de ma chair autour de lui. Puis, il commence un mouvement de va-et-vient d'une lenteur calculée. C'est une torture exquise. À chaque poussée, le bois de la table craque légèrement sous notre poids combiné. Je sens ma tête basculer en arrière, mes cheveux frôlant une corbeille de pain oubliée, mais il saisit mon menton pour ramener mon visage face au sien.
Soudain, après plusieurs minutes de cette dérive lente, il se retire presque entièrement. Je lâche un hoquet de surprise, mes hanches se soulevant instinctivement pour le suivre. Il attend une seconde, me regarde droit dans les yeux avec ce petit sourire de victoire, puis il rentre en moi d'un coup sec, brutal, percutant mon col avec une force qui me fait cambrer le dos.
— Ah ! gémis-je, le son étouffé par le velours des rideaux.
Il répète ce manège. Douceur infinie, lenteur érotique, puis ce retrait subit suivi d'une estocade foudroyante qui me remplit jusqu'à l'absurde. Sa queue me laboure avec une précision chirurgicale, trouvant chaque point de plaisir. Ses yeux ne me lâchent pas ; c'est un duel de regards où je suis le premier à perdre pied. Mes gémissements deviennent des sanglots de plaisir contenus, de petits bruits de gorge que j'essaie de noyer dans le silence de la cabine.
La tension monte. Sa respiration devient plus courte, plus rauque. Ses poussées s'accélèrent, perdant leur lenteur pour une urgence animale. Je sens la vague arriver, immense, dévastatrice. Vasco contracte ses muscles, ses mains s'enfonçant dans mes cuisses pour me maintenir contre lui.
C'est à cet instant précis qu'un coup sec retentit à la porte.
— Le cheesecake pour monsieur, annonce la voix du serveur.
Avant même que nous puissions réagir, la porte s'ouvre. Le serveur entre, portant le plateau d'argent. Il se fige instantanément. Le spectacle est sans équivoque : Vasco, debout, son pantalon sur les chevilles, me martelant sur la table du restaurant, mes jambes enroulées autour de ses reins, ma chemise ouverte et mon visage tordu par l'extase.
— Oh… désolé… balbutie le serveur, les yeux écarquillés devant cette vision d'eux l'un dans l'autre, la virilité de Vasco disparaissant en moi à chaque choc.
Il ressort immédiatement, refermant la porte dans un claquement sourd.
L'onde de choc de l'intrusion brise les dernières digues. Vasco lâche un grognement sourd, un cri de triomphe étouffé, alors qu'il jouit violemment en moi au moment même où la porte se ferme. Je sens sa semence brûlante m'inonder, chaque pulsation de son sexe en moi déclenchant mon propre plaisir. Je m'effondre contre la nappe, le souffle coupé, tandis que Vasco finit de vider sa victoire au plus profond de mes entrailles.
Le silence retombe sur la cabine, seulement troublé par nos respirations saccadées. Sur la table, au milieu du luxe et de l'opprobre, je sais que je ne pourrai plus jamais reculer.
Le claquement de la porte a résonné dans la petite cabine comme le couperet d'une guillotine. Je reste figé, étalé sur la nappe de lin blanc, les membres encore parcourus par les soubresauts de l'orgasme, mais mon esprit est instantanément frappé par une foudre glacée. La honte, violente, viscérale, se répand dans mes veines, remplaçant la chaleur du plaisir par un frisson d'horreur.
Je cache mon visage dans mes mains, mes doigts s'enfonçant dans mes tempes. Le rouge qui embrasait mes joues durant l'acte s'est transformé en une brûlure d'humiliation. Je me sens nu, exposé, souillé par ce regard extérieur qui a brisé notre sanctuaire.
— Oh mon Dieu... Vasco... balbutié-je, ma voix étouffée par mes paumes. Il nous a vus. Il a tout vu.
Contrairement à moi, Vasco ne manifeste aucune panique. Le silence qui suit l'intrusion n'est troublé que par le froissement de ses vêtements qu'il réajuste avec une lenteur méthodique. Il ne tremble pas. Son souffle, bien qu'encore lourd, ne trahit aucune gêne. Il se redresse, imposant, dominant à nouveau l'espace de la cabine comme s'il n'avait jamais quitté son piédestal de titan de l'industrie.
Je sens le rebord de la table bouger alors qu'il s'approche de moi. Ses mains larges viennent saisir mes poignets pour m'obliger à découvrir mon visage. Je résiste un instant, prostré, avant de céder. Mes yeux sont embués de larmes de gêne, mon regard fuyant l'assiette de cheesecake abandonnée sur le bord de la table.
— Regarde-moi, Gaspard, ordonne-t-il. Sa voix est basse, stable, d'une autorité qui ne souffre aucune réplique.
— Vasco, on ne peut pas rester là... Tout Londres va le savoir. Le restaurant, la presse... C'est la fin de tout.
Vasco esquisse un sourire sombre, presque méprisant pour mes craintes. Il se penche vers moi, son visage à quelques centimètres du mien. L'odeur de son désir et de sa victoire flotte encore autour de nous.
— Personne ne dira rien, lâche-t-il avec une certitude absolue.
— Comment peux-tu dire ça ? Il nous a surpris ! Il était à un mètre de nous, il a vu... il a vu ce que tu me faisais !
— Écoute-moi bien, reprend-il en ancrant ses yeux d'acier dans les miens. Ici, nous sommes à Mayfair. Dans ce genre d'établissement, on ne paie pas seulement pour la finesse des mets ou la rareté des vins. On paie pour le secret. Ce serveur tient à son emploi, et ce restaurant tient à sa réputation. S'ils parlaient, s'ils laissaient filtrer la moindre rumeur sur ce qui se passe dans leurs salons privés, leur établissement fermerait ses portes en une semaine.
Il passe une main dans mes cheveux, sa caresse étant à la fois protectrice et possessive. Il ne cherche pas à s'excuser, il cherche à m'imposer sa réalité : celle où il est intouchable.
— Personne ne dira rien, répète-t-il en appuyant chaque mot. Je vais m'assurer que le silence soit acheté s'il le faut, mais crois-moi, personne n'osera briser la confidentialité de cette pièce. Tu es avec moi, Gaspard. Sous mon nom, sous mon ombre. Rien ne peut t'arriver.
Malgré ses paroles, je me sens encore vulnérable. Je regarde ma chemise grande ouverte, mon pantalon froissé sur mes hanches. Je me sens comme un enfant pris en faute, alors que lui semble avoir déjà tourné la page, prêt à conquérir le monde à nouveau.
— Rhabille-toi, murmure-t-il plus doucement.
Il m'aide à descendre de la table. Mes pieds touchent le tapis épais. Mes jambes sont en coton. Vasco ramasse ma chemise et commence à reboutonner les pans lui-même, un par un, avec une méticulosité déconcertante. Ses doigts frôlent ma peau, rallumant des étincelles là où la honte essayait d'éteindre le feu. Il fait ce geste avec une telle tranquillité que je finis par respirer à nouveau.
— Ce qui s'est passé ici reste ici, continue-t-il en ajustant mon col. Ce serveur a vu un homme puissant posséder ce qu'il a de plus précieux. Il n'a rien vu d'autre. Demain, il te servira ton petit-déjeuner avec le même respect que si nous n'avions jamais quitté cette suite.
Il finit de me rhabiller, puis lisse ses propres revers. Il jette un dernier regard sur la table, sur les serviettes de table en désordre et les couverts déplacés. Pour lui, ce n'est qu'un champ de bataille où il a triomphé. Pour moi, c'est le lieu d'une mise à nu totale, physique et morale.
Il saisit mon menton, relevant ma tête pour que je ne puisse plus fuir son regard.
— Ne laisse jamais la honte ternir ce que je te donne. Ce serveur n'est rien. Londres n'est rien. Il n'y a que nous deux. Souviens-toi de ça demain, quand les flashs crépiteront.
Il m'embrasse une dernière fois, un baiser court mais chargé d'une promesse de fer. Il ouvre la porte de la cabine avec une telle assurance que j'en suis presque étourdi. Le couloir est désert, comme si le personnel avait reçu l'ordre de disparaître. Nous regagnons l'ascenseur dans un silence solennel.
En remontant vers la suite, je sens la chaleur de sa main pressée contre le bas de mon dos. La honte est toujours là, nichée au creux de mon estomac, mais elle est désormais recouverte par l'incroyable force de cet homme qui semble capable de faire taire le monde entier d'un simple regard. À Londres, dans l'ombre de Vasco, le silence est effectivement la plus chère des marchandises.
Le trajet en ascenseur se fait dans un silence électrique, presque étouffant. Je reste collé contre la paroi de nacre, les jambes flageolantes, la tête encore étourdie par l'adrénaline de l'intrusion au restaurant. Mais alors que les chiffres défilent sur l'écran de cuivre, une sensation physique me ramène brutalement à la réalité de notre étreinte sur la table : je sens le jus chaud de Vasco, sa semence liquide, glisser lentement et ressortir de mon petit cul, mouillant l'entrejambe de mon pantalon. C'est une sensation à la fois honteuse, poisseuse et incroyablement excitante.
La porte de la Royal Mayfair Suite s'ouvre sur le luxe feutré du salon. À peine avons-nous franchi le seuil que Vasco referme la porte d'un coup de talon et me plaque contre le battant de bois massif. Ses yeux sont noirs, dilatés par une excitation que l'incident du serveur n'a fait qu'attiser.
— J'ai encore envie de toi, Gaspard. Plus qu'avant.
Je le regarde, le souffle court, le visage encore empourpré par la honte de ce qui vient de se passer en bas.
— Encore ? Mais Vasco... on vient de...
— Ce n'était qu'un apéritif, murmure-t-il en écrasant son bassin contre le mien. Ce serveur qui nous regardait... il n'aurait pas dû voir ça. Ça m'a rendu fou.
Vasco s'écarte d'un pas, ses yeux brûlant d'une fièvre sauvage. D'un geste brusque et déterminé, il se débarrasse de ses propres vêtements. Sa veste de costume vole sur le canapé, sa chemise est déboutonnée en une seconde, exposant son torse puissant et ses muscles saillants. Il retire son pantalon, révélant sa virilité déjà dressée, monstrueuse et palpitante, comme si le plaisir de la cabine n'avait fait qu'aiguiser sa faim.
Une fois nu, il se jette sur moi. Il saisit mes mains et les lève au-dessus de ma tête, les pressant contre la porte. Ses doigts s'agrippent au tissu de ma propre chemise et il l'arrache littéralement. Les boutons sautent dans un cliquetis sec sur le parquet de chêne. Il baisse mon pantalon et mes sous-vêtements jusqu'aux chevilles d'un geste impérieux, me laissant nu et vulnérable contre la froideur du bois.
Il attrape mes cuisses et me soulève de terre. Je croise mes jambes derrière sa taille par réflexe, cherchant un point d'ancrage. Sans aucun préliminaire, sans même laisser mon corps respirer, il se guide et pénètre en moi d'un coup sec, profond, d'une brutalité magnifique.
— Ahhh ! Vasco !
Le cri m'échappe, déchirant le silence de la suite et résonnant contre les murs de l'entrée. C'est plus intense, plus sauvage encore que tout à l'heure. Sa queue me remplit totalement, percutant mon col avec une violence qui me fait voir des étoiles derrière mes paupières closes. Il commence à me baiser debout, contre la porte, ses poussées frénétiques faisant vibrer le bois lourd. Chaque choc est une décharge électrique qui remonte le long de ma colonne vertébrale. Ses mains pétrissent mes fesses avec une force qui laissera des marques demain, tandis que ses lèvres dévorent mon cou, y imprimant des marques de possession violettes.
— Mmmm... s'il te plaît... continue... murmure-je entre deux gémissements saccadés.
Il finit par me reposer au sol, ses mains glissant sur ma peau humide de sueur. Mais il ne s'arrête pas là. Il recule vers un fauteuil de velours bleu nuit et s'y assoit royalement. Il me tire par les cheveux, doucement mais fermement, pour me faire tomber à genoux entre ses jambes écartées. Sa queue est là, juste devant mes yeux, immense, parcourue de veines saillantes.
— Prends-la, Gaspard. Tout entière.
Je m'exécute avec une dévotion fébrile, mes mains enserrant ses cuisses musclées. J'ouvre la bouche le plus largement possible, essayant d'accueillir ce membre massif. Mes lèvres s'étirent jusqu'à la douleur, mes muscles faciaux se crispent alors que je tente d'enfoncer cette barre de fer au fond de ma gorge. Je manque de m'étouffer, mes yeux larmoyants fixés sur les siens, mais c'est impossible ; il est trop grand, trop large pour moi. Vasco lâche un grognement de plaisir animal en voyant mes efforts désespérés, ses doigts s'enfonçant dans ma chevelure pour guider mes mouvements, m'imposant un rythme impitoyable qui me fait perdre tout sens de la réalité.
Il me relève brusquement par les aisselles et m'entraîne vers la chambre à coucher, là où trône le lit monumental. Il me pousse sur le matelas et me force à me mettre à quatre pattes, face à l'immense miroir doré qui couvre le mur opposé. Le reflet nous renvoie l'image crue de notre débauche.
— Regarde-toi, Gaspard. Regarde comme tu es ouvert pour moi. Regarde comme tu m'accueilles.
Il s'ancre derrière moi, ses mains saisissant mes hanches pour me cambrer à l'extrême. En voyant dans le miroir sa queue sombre s'enfoncer à nouveau dans ma chair diaphane, je lâche un gémissement déchirant. Le rythme est effréné, sans pitié. Sa queue entre et sort avec un bruit de succion obscène, lubrifiée par le mélange de nos fluides.
— Vasco ! Je... je n'en peux plus... ahh ! crié-je alors que mes bras fléchissent sous l'effort.
Je sens la pression monter, insoutenable. C'est trop fort, trop vaste. Sans même que je n'aie besoin de porter la main sur moi, sous la seule force de ses coups de boutoir et de sa queue qui martèle ma prostate sans relâche, je sens mon propre sperme jaillir. Je jouis en criant, de longs jets de semence éclaboussant mon propre ventre et les draps de soie immaculés.
Vasco s'arrête une seconde, le souffle court, les muscles bandés. Il se penche sur moi et, avec une lenteur érotique, il vient lécher mon sperme sur mon ventre, savourant mon goût avec une gourmandise qui me fait frissonner, avant de remonter pour m'embrasser passionnément, sa langue cherchant la mienne dans un échange fiévreux et sauvage.
Mais il n'a pas fini de me marquer. Il me retourne sur le dos, saisit mes chevilles et plaque mes jambes grandes ouvertes sur ses propres épaules. Il reprend sa course folle, ses yeux plongeant dans les miens avec une intensité qui me consume. Chaque poussée est un séisme qui ébranle tout mon être. Je ne suis plus qu'un amas de nerfs, de cris et de plaisir pur.
Soudain, il se retire brusquement alors que je sens son corps se tendre comme un arc. Je lâche un cri de frustration, mes mains cherchant son contact, mais il se place au-dessus de mon visage. Sa main enserre sa queue et, dans un râle de triomphe rauque, il jouit violemment sur moi. Les jets chauds et épais m'atteignent les joues, les paupières, le front... j'en reçois jusque dans la bouche alors que je cherche son souffle.
Il ne s'arrête pas là. Avec son gland encore palpitant et ruisselant, il récupère le reste de sa semence qui nappe ma peau et le porte délicatement à mes lèvres, m'obligeant à en recueillir chaque goutte.
— Tu es à moi, murmure-t-il d'une voix brisée par l'effort. Jusque dans tes moindres pores. Tu sens ? C'est moi qui coule en toi.
Il s'écrase ensuite sur moi, son poids m'enfonçant dans le matelas, me broyant contre son torse puissant. Il m'embrasse avec une passion dévastatrice, nos langues se mêlant dans un goût de nous, de sueur et d'extase.
Épuisés, le corps en feu et l'esprit enfin apaisé, nous finissons par ramper sous les couvertures. Vasco m'enveloppe de ses bras protecteurs, ma tête nichée au creux de son épaule. Le silence de la nuit londonienne finit par nous envelopper alors que nous sombrons ensemble dans un sommeil noir et profond, soudés l'un à l'autre par le sceau du désir.
Fin du chapitre 9.
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Chapitre 10
Gaspard et Vasco se réveillent dans leur suite londonienne après une première nuit de passion. La journée qui les attend ne ressemble à aucune autre : un plateau d'élite, un agent au sourire glacial et un photographe dont le regard semble tout traverser. Entre le luxe des studios et la lumière crue des projecteurs, une question s'impose — jusqu'où Vasco est-il prêt à aller pour affirmer ce qui s'est noué cette nuit ?
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