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✦ tounet777 Runway à contre-courant XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Runway à contre-courant — Chapitre 33

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Ce chapitre tient deux émotions contraires en même temps — le désir brûlant et la culpabilité qui ronge — sans jamais forcer la note. On aime surtout la façon dont Gaspard se raconte à lui-même avec une honnêteté presque cruelle, comme s'il observait son propre corps lui échapper. L'écriture sait aussi laisser de la place au silence : celui de David, pesant et omniprésent, dit autant que les mots de Vasco.

Runway à contre-courant

Chapitre 33

Le marteau-piqueur des basses de Mayfair résonne jusque dans ma cage thoracique. L'air de la boîte de nuit est saturé d'une odeur de sueur chère, de vodka premium et du parfum boisé, presque animal, de Vasco.
Depuis notre entrée, Vasco ne me lâche pas d'une semelle. Chaque fois que je tente de reculer d'un pas, sa main retrouve le creux de mes reins, ferme, chaude, indiscutable. Les flashs des photographes crépitent à la lisière du carré VIP, transformant chacun de mes mouvements en une séquence saccadée, irréelle. Je souris mécaniquement, les yeux fixés sur le vide, l'esprit à des centaines de kilomètres de là. À Besançon. Là où ton silence, David, pèse plus lourd que toute la musique de Londres. Qu'est-ce que je fous là ? Je me répète cette question en boucle comme un mantra stérile. David, réponds-moi. S'il te plaît.
— Tu penses trop, piccolo, murmure Vasco tout près de mon oreille, sa voix grave coupant court au tumulte de la salle. Viens avec moi.
Sans attendre ma réponse, Vasco me prend le poignet. Sa poigne est douce mais d'une autorité absolue. Il m'entraîne à l'arrière du club, nous traversons un couloir dérobé pour nous enfoncer dans l'alcôve la plus reculée du carré VIP. Ici, la lumière n'est plus qu'une lueur pourpre et mourante, et de lourds rideaux de velours noir étouffent le fracas de la piste de danse. Le silence relatif qui s'abat sur nous m'enveloppe d'une chape de plomb.
Dès que le rideau retombe, Vasco se retourne. Le jeu pour les caméras n'existe plus. En une fraction de seconde, il réduit l'espace entre nous, m'acculant contre le dossier en cuir capitonné d'une banquette.
— Vasco, attends… je murmure, une main timidement levée contre son torse. On devrait retourner…
— Regarde-moi, piccolo, m'interrompt Vasco, ses yeux sombres ancrés dans les siens, brillants d'une intensité prédatrice. Arrête de fuir. Tu es là. Avec moi.
La culpabilité me frappe de plein fouet. Le visage de David, ses yeux clairs, ses promesses d'avenir simple à Besançon traversent mon esprit comme un coup de poignard. Je me sens horriblement mal, lâche, sale. Mais alors que mon cerveau hurle le nom de David, mon corps, lui, trahit ma conscience. À chaque centimètre que Vasco gagne, une décharge d'électricité parcourt mon échine. L'interdit, la démesure de cet homme, la promesse de cette vie dorée… Tout cela l'excite d'une manière presque insoutenable. Une chaleur liquide commence à pulser au bas de mon ventre.
Vasco n'attend pas ma permission et m'embrasse fougueusement. C'est une attaque frontale, un assaut charnel d'une puissance dévastatrice auquel je me laisse complètement faire, totalement subjugué. Ses lèvres écrasent les miennes avec une ferveur sauvage, possessive, et ses grandes mains expertes glissent sous ma veste de costume Burberry. Ses paumes chaudes attrapent mes hanches à travers la finesse de ma chemise en soie, me tirant contre lui sans ménagement. Je laisse échapper un soupir tremblant, mes paupières se fermant d'elles-mêmes tandis que sa langue force le passage, s'emparant de ma bouche avec une ferveur qui me fait vaciller.
Mes genoux fléchissent, je dois m'agripper à ses épaules pour ne pas tomber. Loin de le repousser, je reste inerte et consentant, mes doigts se crispant sur le tissu de sa chemise, subissant et savourant ce baiser avec une rage désespérée. C'est l'expression brute de mon déchirement : je me laisse dévorer pour oublier que je suis en train de détruire David, tout en me délectant de la brûlure du péché.
Vasco descend le long de ma mâchoire, embrasse nerveusement la peau sensible de mon cou, y laissant des marques brûlantes. Ses mains descendent plus bas, pétrissent mes fesses, me collant si fort contre son entrejambe que le contact devient inutilement brûlant. Il est déjà dur, et à travers l'épaisseur de nos vêtements de créateurs, je sens une pression chaude et rigidifiée s'ancrer contre mon bassin.
— J'ai envie de toi, piccolo… murmure Vasco entre deux baisers fiévreux, sa respiration courte et saccadée caressant mon oreille. Dieu, si tu savais à quel point j'ai envie de toi depuis le premier regard. Oublie le reste. Oublie-les tous. Reste avec moi ce soir.
Ces mots, prononcés avec un charisme et une sincérité presque effrayants, achèvent de consumer mes dernières défenses. Mon excitation intérieure prend totalement le contrôle. Sous ses caresses appuyées, alors qu'il glisse une main hardie à l'intérieur de ma ceinture pour effleurer la peau de mes hanches, je sens mon propre sexe réagir violemment. Ma queue grossit rapidement dans mon pantalon, s'enorgueillissant du désir de cet homme mondialement connu, se tendant douloureusement contre son anatomie alors qu'il presse le pas. Je pousse un gémissement étouffé, écrasant mon érection naissante contre la sienne, totalement soumis à la vague de plaisir et de luxure qui submerge ma culpabilité.
Pendant de longues minutes, dans l'obscurité de l'alcôve, c'est un ballet de mains indiscrètes, de souffles courts et de promesses charnelles. Vasco caresse mon torse, remonte ma chemise, pince mes tétons contractés par l'excitation, tandis que je me laisse faire, ivre de ce double désir impossible. Je veux retrouver le visage de David, mais je veux être possédé par Vasco.
Lorsqu'on finit par s'extirper de la pénombre pour retourner dans la salle principale, je suis hagard, les lèvres rougies, le regard brillant d'un feu coupable.
Le piège se referme instantanément. Dès que nous passons le rideau, Vasco maintient sa domination. Sa main ne quitta plus mon corps. Tout au long du reste de la soirée, que ce soit près du bar où nous commandons d'autres verres ou sur la piste de danse surchauffée, il continue son travail de sape sensoriel. Il caresse ostensiblement mon dos, glisse ses doigts sous mes cheveux pour me masser la nuque, ou fait mine de me murmurer des secrets à l'oreille pour que ses lèvres frôlent constamment ma peau.
Je marche sur un fil de rasoir. Je vois bien les regards envieux, les murmures des autres invités, et surtout, les objectifs des téléphones braqués sur nous. Je suis mal à l'aise, terrifié par l'impact de ces images, mais l'excitation ne redescend pas. Le contact permanent de ses doigts sur mon corps prolonge l'orgasme mental dans lequel je suis plongé. Je suis devenu sa marionnette consentante.
Vers trois heures du matin, alors que je tiens à peine debout, l'alcool et l'épuisement émotionnel ayant pris le dessus, une silhouette familière fend la foule. Fabio.
Notre agent nous dévisage, un sourire en coin, parfaitement satisfait du spectacle et du buzz qui électrise déjà les réseaux sociaux de l'agence. Il pose une main paternelle mais ferme sur mon épaule.
— Bon, les enfants, le show est terminé pour ce soir, dit Fabio d'un ton pragmatique qui brise instantanément notre bulle érotique. Il est temps de rentrer se reposer.
Vasco grogne légèrement, resserrant sa prise sur ma taille comme pour signifier qu'il n'a pas l'intention de me laisser partir si facilement. Évidemment, Fabio ne se laisse pas démonter. Son regard se fait plus sérieux, braqué sur moi.
— Gaspard, demain, je t'attends de très bonne heure à l'agence. On doit débriefer de ton avenir. Les propositions pour New York et Milan tombent déjà, Burberry veut verrouiller l'exclusivité. Tu as de grandes décisions à prendre, mon grand. Ne sois pas en retard.
Je hoche la tête, le cœur soudainement serré. Les mots de Fabio me ramènent brutalement à la réalité. Demain, le rêve et le cauchemar vont fusionner. Je vais devoir choisir entre la vie que j'ai construite avec le souvenir et le visage de David à Besançon, et ce gouffre doré, incarné par Vasco, qui m'attend à bras ouverts.
Alors que Vasco me dépose un ultime baiser possessif sur la tempe avant de me laisser monter dans la berline dépêchée par l'agence, je m'effondre sur la banquette arrière. Dans la solitude de la nuit londonienne, mes yeux se posent sur l'écran noir de mon téléphone. Toujours aucun message de David. L'excitation de la soirée laisse place à une détresse immense, tandis que le parfum de Vasco, encore incrusté sur ses vêtements, me rappelle que je viens peut-être de vendre mon âme.
La porte de la suite se referme enfin, coupant les derniers murmures de la nuit londonienne. Dans le silence lourd de la pièce, je me laisse glisser contre la paroi, le souffle court. L'odeur de Vasco colle à ma peau, tenace, entêtante, tandis que le reflet de mon visage dans les miroirs dorés me renvoie l'image d'un traître. Je me déshabille à la hâte, jetant mes vêtements Burberry au sol comme pour me débarrasser d'un poids mort, et je me jette sous la douche. L'eau brûlante ruisselle sur mon corps, mais elle ne lave rien. Ni les caresses de Vasco qui me brûlent encore les hanches, ni les battements de ma queue qui s'est tendue à s'en rompre dans la boîte de nuit, ni l'absence déchirante de David. Je ferme les yeux sous le jet, repensant en boucle à ce baiser sauvage sur la piste, à cette excitation monstrueuse qui m'a submergé dans le carré VIP alors que je devais penser à Besançon. Je sors, j'enfile un shorty noir et un débardeur blanc, puis je me glisse sous les draps glacés.
Mon téléphone reste muet. Le silence de David est une sentence.
Une demi-heure passe, interminable, passée à fixer le plafond. Soudain, un coup sec retentit à la porte. Mon cœur rate un battement. Je ne bouge pas, retenant ma respiration, espérant que la personne s'en aille. Mais on refrappe à nouveau, avec plus d'insistance. Je me relève, l'estomac noué, et je traverse la suite d'un pas lourd. Quand j'ouvre la porte, le monde bascule. C'est Vasco.
Il est là, décoiffé, le regard sombre et brûlant. Je n'ai même pas le temps de prononcer une seule syllabe que Vasco se jette littéralement sur mes lèvres. Sa bouche prend possession de la mienne avec une urgence brute, ses mains trouvant immédiatement ma taille pour me coller contre son torse chaud. Pris de panique face à cette vague de désir, je rassemble mes forces et je me détache de lui, le souffle court, les mains appuyées sur ses pectoraux.
— Vasco… qu'est-ce que tu fais là ? Fabio a dit…
— Je m'en fous de Fabio, m'interrompt-il, sa voix grave vibrant d'une intensité qui me paralyse. Je ne pouvais pas te laisser seul ce soir, piccolo. Pas après ce qui s'est passé dans ce club. Tu es gravé sous mes paupières.
Ses mots agissent comme un déclencheur. Toutes mes barrières, mes remords, mes promesses envers David volent en éclats en une fraction de seconde. Sans même m'en rendre compte, cédant à la pulsion destructrice et à l'excitation noire qui me ronge, je me jette à mon tour sur les lèvres de Vasco dans une passion totalement folle. Mes mains deviennent agiles, affamées. Je saisis le bas de sa chemise et je le déshabille à une vitesse folle, arrachant les boutons sans y penser, avide de sentir sa peau contre la mienne. Vasco, sentant mon abandon total et comprenant à quel point j'ai cruellement envie de lui, lâche un grognement de triomphe. Ses mains descendent sur mon shorty, s'y agrippent et me retirent mes vêtements en un seul geste fluide, me laissant complètement nu dans l'entrée de la suite.
D'un mouvement puissant et sans réplique, il me retourne face contre la porte en bois massif. Mes paumes s'écrasent contre la surface vernie, mes jambes légèrement écartées. Vasco se laisse glisser à genoux derrière moi. Ses mains saisissent mes hanches, ses doigts s'ancrent dans ma chair avant qu'il n'écarte mes fesses avec une force brute. Sans me laisser le temps de respirer, il plaque sa bouche contre mon intimité et commence à me manger le cul comme un vorace, sa langue s'enfonçant profondément, explorant chaque recoin de mon petit trou avec une ferveur animale.
— Ah… Putain, Vasco… !
Un gémissement de pur plaisir m'échappe, ma joue s'écrasant contre la porte en bois tandis que des frissons d'une intensité inédite traversent ma colonne vertébrale. C'est obscène, c'est sauvage, et c'est exactement ce qui me fait perdre la tête. Sa salive chaude inonde mon entrée, me préparant sans douceur à ce qui va suivre. Vasco se relève soudain, sa respiration calquée sur les battements furieux de mon cœur. Pour me punir ou pour m'exciter davantage, il m'envoie de petites claques sonores contre les fesses, faisant rougir ma peau et claquer l'air de la pièce. Le son me fait frémir, mais le pire reste à venir.
Je sens alors sa queue, immense, rigidifiée et ruisselante de son propre liquide séminal, venir frapper ma chair. Il me donne de petites claques rythmées avec son sexe contre mon petit trou, me narguant, testant ma résistance alors que mon propre membre, complètement dur, vient s'écraser contre la porte. Vasco se penche sur moi, son torse chaud brûlant mon dos, ses lèvres frôlant mon oreille ensanglantée de désir.
— Dis-moi, piccolo… murmure-t-il, sa voix rauque me faisant trembler. C'est de ça dont tu as envie ? C'est ça que tu voulais quand tu me regardais ce soir ?
Tout en parlant, il continue de me marteler l'entrée avec sa queue, maintenant une torture sensorielle insoutenable. Je perds pied. David n'existe plus, Besançon est une illusion, il n'y a que cette barre de fer qui me harcèle. Je hoche frénétiquement la tête contre le bois, mes doigts griffant la porte.
— Oui… Oui, putain, vas-y… Prends-moi, Vasco !
À peine mes mots ont-ils franchi mes lèvres que Vasco saisit mes hanches d'une poigne de fer et rentre sa queue d'un seul coup, enfonçant toute sa longueur en moi sans transition.
— Aaaaahhh !
Un cri énorme, déchirant, se perd contre la paroi de la porte. La douleur initiale est instantanément balayée par une vague de plaisir si violente que mes yeux se révulsent. Vasco ne me laisse pas le temps de m'habituer. Il commence à défoncer mon petit cul à un rythme effréné, assénant des coups de reins profonds, lourds, impitoyables. À chaque impact, mon corps entier est projeté contre la porte, ma joue, restant collée contre le bois, mes gémissements se transformant en un râle continu et saccadé. C'est un pilonnage en règle, une possession totale. Ses mains me broient les hanches pour mieux me retenir tandis qu'il me cambre au maximum, allant chercher le point le plus sensible au fond de moi.
Le temps s'abolit. Pendant plus de quinze minutes, la suite n'est plus qu'un théâtre de bruits charnels, de souffles courts et de gémissements rauques. Vasco me détruit de plaisir, me martelant sans aucune pitié, me poussant dans mes derniers retranchements psychologiques et physiques. Je suis suspendu à ses mouvements, totalement dépendant de la violence de ses assauts. Ma queue frotte contre le bois de la porte à chaque va-et-vient, me rapprochant dangereusement du précipice.
Soudain, le rythme de Vasco s'accélère encore, devenant presque frénétique. Il cambre ses reins, ses muscles se contractent contre mon dos et il lâche un cri de jouissance sauvage, guttural, qui résonne dans toute la pièce. Au même instant, je sens une chaleur brûlante m'inonder, des vagues successives de son sperme qui giclent au plus profond de mes entrailles. Cette sensation est si intense, si absolue, qu'elle déclenche instantanément mon propre orgasme. Sans même que je n'aie à me toucher, ma queue décharge violemment contre la porte, mon sperme coulant le long du bois alors que je crie mon plaisir dans un dernier souffle.
Vasco ne s'arrête pas immédiatement. Haletant, son front appuyé contre ma nuque trempée de sueur, il continue de me mettre de petits coups de reins plus doux, prolongeant le plaisir de la possession, savourant le tressaillement de mes parois internes autour de lui jusqu'à ce que sa queue finisse par débander et glisser hors de moi dans un bruit mouillé.
Mes jambes tremblent si fort qu'elles se dérobent sous mon poids. Vasco me rattrape immédiatement avant que je ne m'effondre sur le tapis. Il me retourne doucement pour m'embrasser, un baiser tendre cette fois-ci, qui goûte la sueur et le péché. Mes mains s'accrochent à son cou, mes yeux rivés dans les siens. La vulnérabilité me submerge.
— Est-ce que… est-ce que tu peux rester dormir avec moi ce soir ? je lui demande d'une voix tremblante, presque enfantine.
Pour toute réponse, Vasco glisse ses bras puissants sous mes cuisses et me porte sans effort, traversant la suite pour m'allonger sur le grand lit aux draps défaits. Il s'installe aussitôt à mes côtés, me tirant contre son torse nu, m'enveloppant de ses bras protecteurs. Je pose ma tête contre son cœur, dont les battements se calment peu à peu. Le silence revient, mais la réalité nous rattrape. Vasco passe ses doigts dans mes cheveux, son regard plongeant dans le mien avec une curiosité plus douce, presque recherche.
— Dis-moi, piccolo… Comment ça se passe avec David ? murmure-t-il doucement.
Un frisson de culpabilité me traverse, mais face à la nudité de nos corps et de ce que nous venons de vivre, je ne peux plus mentir.
— Je lui ai tout dit, je confie dans un soupir brisé, les larmes me montant aux yeux. Enfin… je lui ai dit ce que je ressentais, que j'étais perdu. Et maintenant, il ne répond plus. Je ne sais plus quoi faire, Vasco. Je suis complètement foutu. Je me redresse légèrement sur un coude, le fixant avec un mélange de détresse et de reproche inconscient.
— Tu as tout fait pour que je tombe dans tes bras… Malgré le fait que j'aime David, tu as utilisé ton charisme, ton assurance, tout. Tu savais exactement ce que tu faisais. Mais le pire… c'est que maintenant que j'y goûte, je n'ai plus du tout envie d'être sans toi.
En entendant mes aveux, un sourire en coin, victorieux mais étrangement tendre, s'affiche sur les lèvres de Vasco. Il laisse échapper un léger rire grave qui fait vibrer son torse sous ma joue.
— Alors garde-nous tous les deux, piccolo, me dit-il d'un ton d'une légèreté déroutante. Je n'avais aucune envie que tu me quittes ou que tu m'oublies. Alors s'il faut que je te partage avec lui… d'accord. Ça me va. Je me redresse brusquement, m'asseyant sur le lit, les yeux écarquillés par la stupéfaction.
— Quoi ? Tu plaisantes, j'espère ?! Je ne peux pas faire ça, c'est de la folie ! Et David n'acceptera jamais !
Vasco s'assoit à son tour, attrapant mes mains pour me ramener doucement vers lui. Son visage a perdu toute trace de moquerie ; ses traits deviennent sérieux, intenses, habités par une vérité que je n'attendais pas.
— Je ne plaisante pas, Gaspard. Écoute-moi bien. J'ai flashé sur toi dès la toute première fois qu'on s'est vus. C'était à Paris. Tu te souviens de ce jour-là, dans la rue, quand Fabio t'a bousculé si fort que tu as perdu l'équilibre ? Tu t'es effondré sur le trottoir, complètement désorienté. Fabio continuait de tracer sa route sans même se retourner, mais moi, je me suis arrêté. Je me suis penché et je t'ai aidé à te relever.
Mon cœur s'arrête une seconde. Les souvenirs me reviennent en pleine figure, précis, fulgurants. Cette main forte qui s'était tendue vers moi après le choc, ce regard sombre qui m'avait fixé avec une telle force sous le ciel parisien… C'était lui. Depuis le début.
— Quand j'ai posé mes mains sur toi pour te redresser, continue Vasco, sa voix vibrant d'une sincérité désarmante, j'ai pris une décharge monumentale. Tu étais là, si beau, si vulnérable au milieu du chaos. J'ai immédiatement su qu'il y avait quelque chose de magnétique entre nous. Alors oui, par la suite, j'ai tout fait pour que tu tombes dans mes bras. J'ai poussé les choses, j'ai joué de chaque situation parce que je savais pertinemment que j'allais te reprendre dans mes filets. Ton corps me réclamait autant que le mien te cherchait depuis cette rue à Paris.
Il rapproche son visage du mien, ses yeux ancrés profondément dans les miens.
— Je suis sincère, Gaspard. Je ne veux pas que tu sois juste une aventure d'un soir. Je te veux à mes côtés. Je veux partager ces nuits, cette intensité, ce feu avec toi. Si ton lien avec David est si fort que tu ne peux pas le rompre, alors ne le romps pas. Mais ne me demande pas de m'effacer. Je veux être dans ta vie. Vraiment.
Je le regarde, complètement abasourdi par sa tirade. Le grand Vasco est en train de se mettre à nu, m'offrant un pacte faustien que mon esprit moralisateur devrait rejeter sur-le-champ. Et pourtant, mon cœur s'emballe. L'idée de ne pas avoir à choisir, de pouvoir garder la sécurité de mon histoire avec David et le feu dévorant de Vasco me paraît soudainement être ma seule bouée de sauvetage.
— C'est insensé… je souffle, la voix brisée par la fatigue.
— Rien n'est insensé dans ce monde, piccolo. On prend ce qu'on veut, c'est tout, répond-il en me tirant à nouveau vers lui.
Il s'allonge et me ramène contre son flanc. Ses bras se referment sur moi, m'offrant un cocon de chaleur rassurant après la tempête. Épuisé physiquement par les quinze minutes de pilonnage intense contre la porte, vidé de mes larmes et de mon énergie par ce dilemme monstrueux, je finis par fermer les yeux. Bercé par le battement régulier du cœur de Vasco et par l'odeur de notre nuit gravée sur sa peau, je m'endors lourdement dans ses bras, avec la certitude que demain, ma vie ne sera plus jamais la même.
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Londres. Les contrats s'empilent, les millions s'alignent, et le monde entier retient son souffle pour voir jusqu'où ira Gaspard. Mais sous les projecteurs et les berlines de luxe, le jeune mannequin est écartelé entre deux désirs qu'il ne sait pas comment concilier : la passion brûlante qui le consume ici, et un amour laissé en province dont il ne sait plus quoi faire. Quand la machine s'emballe et que les repères s'effacent, que reste-t-il de soi ?
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