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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Runway à contre-courant — Chapitre 11

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Ce qu'on adore, c'est la façon dont l'auteur utilise le monde de la mode comme terrain de jeu érotique : les directives de Julian — « montre-leur que tu aimes être à lui », « donne-moi cette faim » — font monter la tension exactement comme dans une vraie scène de séduction, sans jamais franchir la ligne. Le contraste entre la timidité de Gaspard et l'autorité magnétique de Vasco fonctionne à merveille, et le pull en cachemire transparent reste une image qui colle longtemps à l'esprit.

Runway à contre-courant

Chapitre 11

La porte de la suite impériale se referme dans un claquement sec, étouffant les bruits feutrés des couloirs de l'hôtel. Mais le silence qui suit n'a rien d'apaisant. Fabio entre dans notre sillage, tel un corbeau gris, son attaché-case à la main et le visage figé dans un masque de désapprobation totale.
L'air dans la pièce est saturé d'humidité. Vasco, dont le trench-coat dégouline encore sur le tapis de laine épaisse, se débarrasse de son manteau d'un geste brusque. Il révèle son torse nu et son slip de bain qui moule ses formes puissantes. Quant à moi, je grelotte, ma chemise blanche collée à mon buste, la gorge serrée par une angoisse qui menace de m'étouffer.
Vasco se tourne vers Fabio. Sa stature est intimidante, une force brute qui semble trop vaste pour les murs de cette suite.
— Fabio, appelle les avocats de l'agence. Maintenant, commande Vasco d'une voix qui ne souffre aucune réplique.
Fabio fronce les sourcils, ses lèvres s'affinent jusqu'à ne plus être qu'un trait livide.
— Vasco, sois raisonnable. Le shooting de demain au Chelsea Physic Garden est une logistique monstrueuse. Introduire un novice...
— Je ne t'ai pas demandé ton avis, Fabio.
Vasco fait un pas vers lui, l'ombre de son corps immense recouvre l'agent.
— Prépare un contrat pour Gaspard. Un contrat de mannequinat exclusif pour la journée de demain avec Burberry. Je veux que les clauses soient claires : protection d'image totale, droit de regard sur les clichés et, surtout, je veux qu'il soit payé à sa juste valeur. Le tarif d'un top, pas celui d'un figurant.
Fabio laisse échapper un rire nerveux, presque méprisant.
— Tu te rends compte de ce que tu demandes ? L'agence va hurler.
— Laisse-les hurler. S'ils veulent que je termine cette campagne, Gaspard doit être à mes côtés. Julian le veut, et ce que Julian veut, Burberry l'exécute. Appelle-les. Je veux que les documents soient prêts à être signés à 5 h 30 demain matin.
Vaincu par l'implacabilité de Vasco, Fabio s'écarte pour passer son appel. On l'entend murmurer avec hargne au téléphone, discutant de termes juridiques, de cachets et de clauses de confidentialité. Chaque mot qui sort de sa bouche agit sur moi comme un coup de poignard. Ce n'est plus un rêve ou une plaisanterie de plateau. C'est en train de devenir légal. Officiel.
Une fois l'appel terminé, Fabio nous jette un regard chargé de rancœur.
— C'est fait. Les avocats travaillent dessus. Mais je te préviens, Vasco, si ce gamin panique devant l'objectif et nous fait perdre la lumière de l'aube, c'est ta carrière que tu mets en jeu.
Sans un mot de plus, Fabio quitte la suite en faisant claquer la porte derrière lui.
Le départ de Fabio est le signal que mes nerfs attendent pour lâcher. Mes jambes, qui ne tiennent que par un miracle de volonté, se dérobent. Je m'effondre dans l'un des larges fauteuils de cuir de la suite, ma tête tombant lourdement entre mes mains.
Je tremble de tout mon corps. L'image de ces milliers de gens qui me verront bientôt, la peur de décevoir Julian, la terreur de ne pas être à la hauteur de la perfection de Vasco... tout cela forme une tempête dans mon esprit.
— Je ne peux pas... murmuré-je dans mes paumes, ma voix étouffée par les larmes que je retiens. Vasco, c'est une erreur. Je ne sais pas comment faire. Je ne suis pas comme toi. Je ne suis rien.
Le silence de la pièce est rompu par le bruit des pas de Vasco sur le parquet. Je sens le cuir du fauteuil s'enfoncer alors qu'il s'accroupit devant moi. Il écarte mes mains avec une douceur infinie, m'obligeant à lever les yeux vers lui. Son visage n'a plus rien de la dureté qu'il a montrée à Fabio.
— Regarde-moi, Gaspard.
Ses yeux sombres fouillent les miens, y cherchant l'étincelle qu'il sait y trouver.
— Tu penses que Julian est un amateur ? Tu penses qu'il a besoin que tu saches "poser" ? Il s'en moque. Ce qu'il veut, c'est ce que je vois en toi chaque matin. Tu es magnifique, Gaspard. Mais ce n'est pas seulement ton visage. C'est ce contraste... Cette force que tu ignores avoir et cette fragilité qui te rend si précieux. Ta timidité, c'est ta lumière. C'est ce qui va rendre ces photos réelles, humaines, au milieu de tout ce luxe froid.
Il passe sa main chaude sur ma joue glacée.
— Je suis là. Je serai juste à côté de toi. Tu n'auras qu'à me regarder, comme tu le fais d'habitude. Rien d'autre ne comptera. Tout va bien aller, je te le promets.
Il m'attire contre lui, m'enveloppant dans ses bras puissants. Je niche ma tête dans le creux de son épaule, respirant son odeur, laissant sa chaleur consumer un peu de mon effroi.
Soudain, Vasco se recule légèrement et fronce les sourcils.
— Tu es gelé, Gaspard. Tes lèvres sont bleues.
Il se lève et se dirige vers l'immense salle de bain en marbre. J'entends le grondement de l'eau se déverser dans la baignoire monumentale, puis le sifflement de la vapeur. Quelques instants plus tard, il revient vers moi.
Sans un mot, il commence à déboutonner ma chemise blanche trempée. Ses doigts agiles glissent sur le tissu translucide, s'attardant sur ma peau de poule. Il me déshabille avec une dévotion quasi religieuse, comme s'il déballait un trésor fragile. Une fois nu, il se débarrasse de son propre slip et me porte jusqu'à la salle de bain.
L'eau est parfaite, couverte d'une mousse onctueuse aux effluves de bois de santal. Il m'installe délicatement dans la baignoire, puis il s'immisce derrière moi. L'eau monte d'un cran, nous enveloppant tous les deux. Je me laisse aller contre son torse, sentant son cœur battre régulièrement contre mon dos.
Ses bras m'entourent, ses mains voyagent lentement sur ma peau sous la surface de l'eau.
— Détends-toi, murmure-t-il à mon oreille. Laisse le froid partir.
Il dépose un baiser brûlant dans mon cou, puis un autre sur mon épaule. Ses caresses sont lentes, rassurantes, visant à chasser la tension de mes muscles. Pendant près d'une heure, le temps semble s'arrêter. Il n'y a plus de Burberry, plus de Julian, plus de contrat. Il n'y a que le clapotis de l'eau et le souffle de l'homme que j'aime contre ma peau.
Finalement, la peau fripée par l'eau tiède, nous sortons du bain. Vasco m'enveloppe dans un peignoir de coton épais et fait de même pour lui. La faim commence à se faire sentir, mais une faim nerveuse, légère.
Vasco décroche le téléphone de la suite.
— Un bouillon de volaille, quelques légumes vapeur et des fruits frais. Rien de lourd. On doit pouvoir dormir un peu.
Le repas est pris dans un silence paisible, presque sacré. Nous mangeons par petites bouchées, nos regards se croisant sans cesse. Vasco veille sur moi, s'assurant que je reprends des forces.
L'épuisement finit par prendre le dessus. Pour moi, le choc émotionnel de la journée est plus épuisant que n'importe quelle séance de sport. Vasco m'emmène vers le lit immense et écarte les draps de soie.
Nous nous glissons sous la couette. Je me blottis contre lui, ma tête sur son torse, écoutant le rythme apaisant de sa respiration.
— Dors, Gaspard, murmure-t-il en passant ses doigts dans mes cheveux. Dans quelques heures, le monde verra ce que je vois. Mais n'oublie jamais que tu es à moi avant d'être à eux.
Je ferme les yeux, bercé par sa voix. Le réveil sonnera à 5 h 00. La voiture sera là à 5 h 30. Et ma vie ne sera plus jamais la même.
L'aube sur Chelsea n'est qu'une promesse de grisaille, un voile de brume qui s'accroche aux grilles en fer forgé du Chelsea Physic Garden. À 5 h 45, le jardin botanique a des airs de base militaire ultra-luxueuse. Des câbles noirs rampent entre les massifs de sauge et de lavande, alimentant des projecteurs géants capables de simuler l'éclat d'un soleil d'été alors que l'air est à peine à huit degrés Celsius.
Dans la tente de production, l'atmosphère est saturée d'odeurs de café fort, de laque et de l'arôme boisé des bougies de Julian. Je suis assis sur un tabouret haut, le corps pétrifié par l'indécence de la situation. Je n'ai jamais été exposé ainsi. Deux maquilleuses s'affairent sur moi avec une rapidité d'insectes, leurs mains froides parcourant ma peau nue.
Elles appliquent une huile sèche sur mes bras, mon cou et tout mon torse pour donner à ma peau cet éclat satiné qui accroche les flashs. Leurs doigts s'attardent sur mes clavicules, descendent vers mes abdominaux contractés par le stress. Je déteste être touché par des inconnus, et ma pudeur est mise à rude épreuve sous la lumière crue des néons qui ne pardonne rien.
Vasco est juste à côté de moi. Il est déjà prêt, impérial dans son pantalon de costume noir et son trench-coat ouvert. Il observe chaque geste des maquilleuses sur mon corps avec une intensité prédatrice, sa mâchoire serrée. Il ne dit rien, mais sa présence est un ancrage brûlant.
— Faster, we're losing the mist! (Plus vite, on perd la brume !) hurle Julian depuis l'extérieur.
C'est le moment de l'habillage. Une styliste s'approche avec le vêtement de la discorde : un pull en cachemire Burberry d'un gris perle, si fin qu'il en est quasiment transparent. Quand je l'enfile, mon cœur manque un bond. Le tissu caresse ma peau, mais il ne cache absolument rien ; il souligne au contraire chaque relief de mon buste, chaque frisson, l'érection de mes tétons sous l'effet du froid de huit degrés Celsius. Je me sens nu, offert aux regards.
Vasco se lève brusquement, écartant la styliste d'un geste d'autorité. Il s'approche de moi et ajuste lui-même le col. Ses doigts rugueux effleurent ma gorge, et je sens mon pouls s'emballer contre sa paume. Il descend sa main sur le tissu translucide, effleurant mon torse, marquant son territoire devant tout le monde.
— Respire, Gaspard, murmure-t-il, ses yeux noirs plongeant dans les miens. Ne regarde qu'eux, ou ne regarde que moi. Le reste n'existe pas.
Lorsque nous sortons de la tente, le spectacle est saisissant. Au centre d'une allée bordée de cèdres centenaires, trois mannequins féminines sont déjà en position. Elles ressemblent à des nymphes vêtues de robes de soie fluide, leurs visages anguleux et leurs regards vides fixant l'horizon. Elles nous dévisagent. Je sens leur curiosité acide face à ma timidité maladive et ce pull impudique qui me colle à la peau.
Julian est juché sur un escabeau. Il nous scrute avec une faim artistique effrayante.
— Finally! Positions! (Enfin ! En place !) tonne-t-il. Girls, stay in the background. (Les filles, restez en arrière-plan.) I want you blurred. (Je vous veux floues.) Vasco, center stage. (Vasco, au centre.) And you... Gaspard... come here. (Et toi... Gaspard... viens ici.)
Je m'avance, les jambes tremblantes. Le froid saisit ma chair sous le cachemire transparent, faisant se contracter mes muscles, ce qui semble ravir Julian.
— Yes! That tension! (Oui ! Cette tension !) Don't hide the shyness, use it! (Ne cache pas la timidité, utilise-la !) crie le photographe. Gaspard, stand slightly behind him. (Gaspard, tiens-toi légèrement derrière lui.) Put your hand on his shoulder, but like you're afraid to burn yourself. (Pose ta main sur son épaule, mais comme si tu avais peur de te brûler.) Show me that you're overwhelmed! (Montre-moi que tu es dépassé !)
Je m'exécute, ma main effleurant le trench de Vasco. Ma timidité est réelle, palpable. Mon regard fuit l'objectif, cherchant une issue.
— Vasco, don't move. (Vasco, ne bouge pas.) You are the rock. (Tu es le rocher.) He is the wave. (Il est la vague.) Julian mitraille, le bruit du déclencheur résonne comme des coups de feu. Gaspard, look at him. (Gaspard, regarde-le.) Not at me, at HIM! (Pas moi, LUI !) Give me that hunger! (Donne-moi cette faim !)
Je lève les yeux vers Vasco. À cet instant, les projecteurs s'allument derrière lui, créant une aura dorée autour de sa silhouette massive. Mon souffle se coupe. Ma main glisse de son épaule pour venir se presser contre son torse, cherchant la chaleur de sa peau sous mon pull transparent. Nos regards se verrouillent. La tension sexuelle est si forte qu'elle semble électriser l'air humide du jardin.
L'intensité grimpe brusquement. Les mannequins en arrière-plan se meuvent avec une lenteur de rêve, mais personne ne les regarde. Toute l'équipe est braquée sur nous.
— Now, closer! (Maintenant, plus près !) ordonne Julian, sa voix devenant rauque. Vasco, grab him. (Vasco, attrape-le.) Show the world he's yours. (Montre au monde qu'il est à toi.) Gaspard, tilt your head back. (Gaspard, penche la tête en arrière.) I want to see your throat. (Je veux voir ta gorge.) Vulnerability, damn it! (De la vulnérabilité, merde !)
Le bras de Vasco s'enroule autour de ma taille avec une force qui me fait cambrer le dos. Sa main s'ancre dans mes cheveux, tirant légèrement pour exposer mon cou. Je lâche un petit gémissement. Le contraste est violent : sa puissance brute contre ma fragilité apparente mise à nu par ce pull indécent.
— Incredible... the light is perfect... (Incroyable... la lumière est parfaite...) murmure Julian, avant de hurler : Vasco! Kiss him! (Vasco ! Embrasse-le !) Now! (Maintenant !) Like yesterday at the lake, but deeper. (Comme hier au lac, mais plus intensément.) I want the scandal, I want the passion! (Je veux le scandale, je veux la passion !)
Vasco n'hésite pas. Il plonge.
Ses lèvres s'écrasent sur les miennes avec une ferveur qui n'a rien de simulée. Sa langue force le passage, s'invitant dans ma bouche avec une autorité qui me fait perdre tout contact avec la réalité. Je m'agrippe à ses revers de manteau, mes doigts se crispant sur la gabardine. À cet instant, j'oublie les flashs, j'oublie les filles qui nous observent avec fascination.
Je sens le goût du café sur ses lèvres, l'odeur de sa peau. Mon désir, nourri par le stress et l'interdit, explose. Je lui rends son baiser avec une désespérance sauvage, mon corps trempé de sueur froide se pressant contre le sien.
— YES! HOLD IT! (OUI ! GARDEZ ÇA !) hurle Julian. Don't stop! (Ne vous arrêtez pas !) Gaspard, open your eyes and look at the lens while he kisses you! (Gaspard, ouvre les yeux et regarde l'objectif pendant qu'il t'embrasse !) Show them how much you love being his! (Montre-leur à quel point tu aimes être à lui !)
Je parviens à entrouvrir les paupières, mon regard embrumé de plaisir rencontrant l'œil de verre de l'appareil. Ma timidité est là, mais elle est maintenant mêlée à une soumission ardente. L'image est d'une impudeur totale sous ce cachemire translucide.
Julian finit par abaisser son boîtier. Un silence de mort retombe sur le jardin.
Vasco ne me lâche pas. Il garde son front contre le mien, son souffle court se mélangeant au mien. Il ignore les assistants qui accourent. Il me regarde avec un petit sourire de triomphe.
— That's a wrap for the morning session, (On s'arrête là pour la session du matin,) lance Julian, la voix tremblante d'adrénaline. Vasco... Gaspard... you just created a legend. (Vasco... Gaspard... vous venez de créer une légende.) Every billboard in the world will burn with this shot. (Tous les panneaux publicitaires du monde brûleront avec ce cliché.)
Fabio s'approche, tenant le contrat signé. Il regarde l'écran de contrôle où s'affiche la dernière photo : le baiser, la transparence scandaleuse du cachemire sur ma peau, la main de Vasco dans mes cheveux. Il réalise que ma vie vient de basculer.
Vasco prend enfin la couverture qu'on lui tend et m'enveloppe dedans, me serrant contre lui.
— On rentre, murmure-t-il. Tu as été parfait, mon petit mannequin.
Je me laisse guider vers la voiture. Sous le ciel de Londres, je comprends que je ne pourrai jamais revenir en arrière. La lumière m'a dévoré.
Le trajet de retour vers l'hôtel se fait dans un silence cotonneux, seulement rompu par le ronronnement du moteur de la Range Rover. Mais alors que nous arrivons devant l'entrée de marbre, Julian, qui est à l'avant, se retourne sur son siège, un sourire carnassier aux lèvres.
— Don't get too comfortable, boys. (Ne vous installez pas trop confortablement, les garçons.) lance-t-il, ses yeux pétillants d'une excitation presque malsaine. 1 PM sharp on the coast. We're doing the swimwear set. I want sand, water, and skin. (13 heures pile sur la côte. Nous faisons la série en maillots de bain. Je veux du sable, de l'eau et de la peau.)
Mon cœur manque un battement. Je sens le sang se retirer de mon visage.
— Julian... murmuré-je, la voix étranglée par l'appréhension.
— No excuses, Gaspard ! (Pas d'excuses, Gaspard !) coupe-t-il d'un ton sans appel. The garden was the soul, the shore will be the flesh. I want to see even more of you. (Le jardin était l'âme, le rivage sera la chair. Je veux en voir encore plus de toi.)
Il tape contre la vitre et sort du véhicule, nous laissant dans une atmosphère soudainement suffocante, malgré la climatisation.
À 13 heures précises, la lumière est devenue blanche, aveuglante, sur une plage privée isolée au sud de Londres, au bord d'un immense lac artificiel d'eau douce. Le décor est sauvage : des dunes de sable blond, des rochers noirs et une eau cristalline qui vient lécher la rive. C'est ici que Julian a décidé de nous mettre à nu.
Le calvaire commence dans la zone d'habillage, une structure de toile dressée sur le sable. Sarah, la chef costumière, s'approche de moi avec un morceau de tissu technique orné du célèbre motif Burberry Check.
— This is the new collection, Gaspard. Minimalist swim briefs. (C'est la nouvelle collection, Gaspard. Un slip de bain minimaliste.)
Je me cache derrière un paravent, les mains tremblantes. Quand je retire mes vêtements pour n'enfiler que ce slip de bain aux carreaux beiges, noirs et rouges, je me sens d'une vulnérabilité totale. Le tissu est très bas sur les hanches, épousant chaque ligne de mon bassin, ne laissant rien à l'imagination.
Sarah s'approche de moi sans la moindre gêne devant toute l'équipe technique. Elle s'accroupit dans le sable pour ajuster le maillot.
— Stand still. The check pattern must be perfectly aligned on the hip. (Reste immobile. Le motif à carreaux doit être parfaitement aligné sur la hanche.)
Ses mains froides tirent sur le lycra, ajustant la ceinture au millimètre près, ses doigts frôlant mon intimité pour lisser le vêtement de luxe. Je sens mon visage brûler de honte. Je cherche Vasco du regard. Il est debout près du bord de l'eau, en short de bain Burberry assorti, sa peau luisant sous une huile protectrice.
Il s'approche, écartant Sarah d'un regard sombre.
— That's enough, (C'est assez,) lâche-t-il d'une voix rauque. Il pose ses mains sur mes épaules. — Regarde-moi, Gaspard. Ne regarde que moi.
Julian nous appelle vers le rivage. L'eau est fraîche, contrastant avec la chaleur du soleil.
— Into the water! (Dans l'eau !) hurle Julian. Gaspard, lie down in the shallows. On your back. I want the waves to wash over the check pattern. Spread your arms, look surrendered. (Gaspard, allonge-toi dans l'eau peu profonde. Sur le dos. Je veux que les vagues coulent sur les carreaux. Écarte les bras, aie l'air rendu.)
Je m'exécute, sentant le sable mouillé sous mon dos. Des dizaines de regards sont braqués sur mon corps mouillé, sur mon ventre qui se soulève trop vite sous le tissu fin.
— Vasco, get on top of him ! (Vasco, mets-toi au-dessus de lui !)
Vasco bascule au-dessus de moi, ses genoux de chaque côté de mes hanches. Sa puissance physique est écrasante. Je vois l'eau ruisseler sur ses pectoraux pour venir s'écraser sur mon torse. Son regard est devenu celui d'un prédateur.
— Vasco, grab the waistband ! (Vasco, attrape la ceinture !) siffle Julian. Take his swimwear like you're about to claim him right here ! (Prends son maillot comme si tu allais le posséder ici même !)
La main de Vasco descend sous l'eau. Ses doigts s'insèrent brutalement sous l'élastique de mon slip de bain à carreaux. Il tire le tissu vers le bas avec une force possessive, révélant la naissance de mon pubis. La tension est insoutenable.
— Now, Gaspard, turn over ! On your stomach ! (Maintenant, Gaspard, retourne-toi ! Sur le ventre !) ordonne soudain Julian.
Je bascule, mon visage frôlant le sable humide et l'eau. Je me sens encore plus exposé, mes fesses seulement recouvertes par le fin tissu à carreaux.
— Vasco, back on top ! Press him into the sand ! (Vasco, remets-toi au-dessus ! Presse-le dans le sable !)
Vasco vient plaquer son corps contre mon dos, m'écrasant doucement dans l'eau peu profonde. Sa main retrouve la ceinture de mon maillot, tirant dessus comme s'il allait me déshabiller complètement.
— Look at me over your shoulder, Gaspard ! (Regarde-moi par-dessus ton épaule, Gaspard !) crie Julian.
Je tourne la tête, mes yeux rencontrant ceux de Vasco. Le désir dans ses pupilles est une flamme sombre. Il ne joue plus. Ses doigts serrent la ceinture de mon maillot avec une force telle que le tissu menace de céder.
— Close, Vasco ! Almost a kiss ! (Plus près, Vasco ! Presque un baiser !)
Vasco descend encore. Nos lèvres sont à un millimètre.
— Tu es à moi, murmure-t-il, sa voix vibrant contre ma joue.
— Incredible ! Don't move ! (Incroyable ! Ne bougez plus !) hurle Julian, mitraillant la scène. The pure terror in his eyes and the hunger in yours... this is the shot of the century ! (La terreur pure dans ses yeux et la faim dans les vôtres... c'est le cliché du siècle !)
Je ferme les yeux, laissant une larme de stress se mêler à l'eau douce sur ma tempe. La sensation du sable, de l'eau et de la chaleur massive de Vasco au-dessus de moi crée un court-circuit dans mon cerveau.
— Hold it... YES ! (Gardez ça... OUI !)
Julian s'arrête enfin. Vasco ne me lâche pas tout de suite, sa main toujours ancrée dans mon maillot.
— On a fini ? demandé-je dans un souffle.
— Pour eux, oui, répond Vasco d'une voix basse en m'aidant à me redresser tout en me gardant contre lui. Mais pour nous, Gaspard, ça ne fait que commencer.
Il me jette une serviette sur les épaules, me cachant aux regards, mais l'incendie dans ses yeux est désormais impossible à éteindre.
Fin du chapitre 11.
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