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✦ tounet777 Runway à contre-courant XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Gays Orientation principale dans ce chapitre

Runway à contre-courant — Chapitre 6

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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Ce qui emporte tout, c'est la tension qui monte crescendo sans jamais se relâcher — chaque geste de David, chaque prétexte trouvé pour se coller au dos de Gaspard, serre un peu plus l'étau. La voix intérieure de Gaspard, ce « pense à Vasco » qu'il se répète comme une incantation, sonne juste à chaque ligne et dit tout de son tiraillement. L'auteur sait ménager ses effets : on tourne les pages en retenant son souffle, sans savoir si Gaspard tiendra jusqu'au bout.

Runway à contre-courant

Chapitre 6

L'après-midi à la ferme s'étire sous une chaleur poisseuse, une chape de plomb qui semble faite pour exacerber chaque sensation, chaque frôlement. Je me suis réfugié dans le travail, espérant que l'odeur du foin et le calme des bêtes agiraient comme un rempart contre le tumulte que David a déclenché en moi durant le trajet. Mais David ne l'entend pas ainsi. Il est là, une présence massive et électrique qui dévore tout l'espace de l'étable.
— Il fait une chaleur à crever ici, Gaspard. Comment tu fais pour supporter ce t-shirt ?
Sans attendre de réponse, David saisit le bas de son vêtement et le tire par-dessus sa tête d'un mouvement fluide. Je reste figé, une brosse à la main, incapable de détacher mes yeux de ce spectacle. Son torse est encore plus imposant que dans mes souvenirs nocturnes : une architecture de muscles saillants, parcourue par une légère sueur qui fait luire sa peau sous les rayons de soleil filtrant par les lucarnes. Ses abdominaux se dessinent avec une précision insolente à chaque mouvement.
Je me détourne brusquement, sentant mon visage s'embraser. Pense à Vasco, me dis-je en fermant les yeux. Pense à la douceur de sa voix, à la perspective de ce voyage. Vasco est la sécurité. David n'est qu'une provocation.
— Je... j'ai l'habitude, je réponds d'une voix que j'espère stable. Il faut finir de préparer les boxes pour la nuit.
Nous nous mettons au travail. Il s'agit de déplacer d'épais sacs de compléments alimentaires vers le fond de l'allée, un endroit étroit où les cloisons de bois semblent se refermer sur nous. Je saisis un sac particulièrement lourd, luttant pour le soulever.
— Laisse, tu vas te briser le dos, murmure David juste derrière moi.
Avant que je puisse protester, il se colle à moi. Il ne se met pas sur le côté pour m'aider ; il se place directement dans mon dos. Je sens la chaleur brutale de son torse nu s'écraser contre mes omoplates. La sensation est électrisante : la peau lisse et brûlante de ses pectoraux contre le coton humide de mon t-shirt. Ses bras puissants passent de chaque côté de mon corps pour saisir le sac, m'encerclant presque dans une étreinte qui n'en porte pas le nom.
Je suis pris au piège. Je sens son souffle chaud dans mon cou, faisant se dresser chaque petit poil de ma nuque. À chaque effort pour soulever le poids, son corps presse plus fort contre le mien. Je sens la dureté de ses cuisses contre les miennes, et surtout, cette pression familière au creux de mes reins, la bosse de son short qui me rappelle cruellement ce que j'ai vu dans la voiture.
— Respire, Gaspard, souffle-t-il à mon oreille. On dirait que tu es en apnée. Tu n'aimes pas qu'on t'épaule ? Ou c'est ma proximité qui te coupe le sifflet ?
— C'est... c'est juste que c'est lourd, j'articule avec difficulté, le cœur battant si fort que j'ai l'impression qu'il va exploser contre les côtes de David.
— C'est vrai, c'est lourd, concède-t-il avec un rire sourd qui fait vibrer tout mon dos. Mais à deux, c'est plus stimulant, tu ne trouves pas ? On sent mieux la force de l'autre.
Une fois le sac déposé, il ne s'écarte pas tout de suite. Il laisse ses mains traîner sur mes bras, ses doigts massant distraitement mes muscles comme pour juger de ma résistance. Je m'écarte enfin, prétextant avoir besoin d'aller chercher de l'eau pour les chevaux.
Alors que je remplis les seaux, je ne peux m'empêcher de l'observer. Je me cache derrière le montant d'un box, le regardant s'occuper d'une jument. David est magnifique de sauvagerie. Il parle doucement à l'animal tout en passant sa main sur son flanc. Je détaille la cambrure de son dos, la force de ses épaules, la manière dont son short en jean moule ses formes lorsqu'il s'accroupit.
Soudain, il tourne la tête vers moi. Je détourne les yeux instantanément, mon cœur faisant un bond douloureux. Est-ce qu'il m'a vu ? Son sourire, que je devine sans le regarder, me donne la réponse.
— Tu m'observes, Gaspard ? Tu cherches des défauts ou tu admires le travail ?
— Je... je vérifiais si tu avais fini, je mens, la gorge sèche.
Le travail terminé, nous sortons vers le bac à eau extérieur pour nous rincer. David se penche sous le jet, laissant l'eau froide ruisseler sur son visage et son torse. Les gouttes d'eau glissent le long de ses muscles, se perdant dans la ceinture de son short. Il se redresse, les cheveux trempés, et me fixe.
— Viens là, t'as de la poussière partout.
Sans me laisser le temps de réagir, il saisit une éponge humide et s'approche. Il commence à me frotter le bras, puis remonte lentement vers mon épaule. Ses mouvements sont circulaires, appuyés, beaucoup trop lents pour un simple nettoyage.
— Tu es si blanc, Gaspard... On dirait que tu ne sors jamais au soleil. Tu devrais profiter du week-end pour prendre des couleurs. Ça plairait sûrement à ton "ami" lointain, non ?
Ses doigts glissent de l'éponge pour venir se poser directement sur ma nuque. Sa main est fraîche à cause de l'eau, mais le contact me brûle comme un fer rouge. Il fait des petits cercles à la base de mon crâne, me forçant à lever légèrement le menton.
— Tu sais, reprend-il avec ce ton de confidence dangereuse, je me demande ce que tu lui racontes, à cet Italien. Est-ce que tu lui dis tout ? Est-ce que tu lui parles de ce qui se passe ici, dans cette ferme ? De la façon dont tu réagis quand je te touche ?
— David, arrête... on est amis, je murmure, essayant de retrouver un semblant de dignité.
— Bien sûr qu'on est amis, rétorque-t-il en s'approchant encore, jusqu'à ce que nos visages ne soient séparés que par quelques centimètres. Mais les amis n'ont pas de secrets l'un pour l'autre. Et moi, j'aime bien découvrir les petits secrets des gens. Surtout ceux qu'ils cachent derrière une porte de chambre à moitié fermée.
Il resserre sa prise sur ma nuque, m'obligeant à soutenir son regard sombre et victorieux. Je pense à Vasco, j'essaie d'imaginer son visage, mais l'image est floue, délavée par la présence écrasante de David.
— Allez, va te doucher, finit-il par dire en me libérant brusquement. Tu es tout tremblant. C'est la fatigue, sûrement. On se retrouve pour le dîner. J'espère que tu seras plus... détendu.
Je m'éloigne vers la maison, les jambes chancelantes. Chaque pas est un combat contre l'envie de me retourner. Je me répète que ce n'est qu'un jeu, que David s'amuse de ma timidité comme il l'a toujours fait. Mais au fond de moi, la sensation de son torse nu pressé contre mon dos reste une empreinte indélébile, une promesse de danger que je ne suis plus certain de vouloir éviter.
La pluie s'est mise à tomber avec une violence soudaine, martelant les carreaux de la cuisine d'un rythme sourd et régulier. Dans cette vaste pièce aux murs de pierre, d'ordinaire si rassurante, l'air est devenu irrespirable. Je m'active devant le plan de travail, les mains un peu trop occupées à éplucher des légumes, cherchant désespérément à stabiliser mon souffle. Mes parents sont loin, à quelques heures de route chez ma tante, et ne rentreront que dimanche très tard. Cette maison n'est plus qu'un écho de solitude partagé avec David.
C'est alors que j'entends le frottement de ses pas sur le carrelage. Je me fige, le couteau suspendu au-dessus d'une carotte. Lorsque je me retourne, le choc est physique. David vient de finir sa douche. Il est torse nu, sa peau ambrée encore parée de quelques perles d'eau qui brillent sous l'ampoule de la cuisine. Une odeur de savon musqué et de chaleur animale l'imprègne totalement.
Mais c'est son bas qui me cloue sur place. Il a troqué son jean pour un short en molleton gris, une matière souple qui tombe lourdement sur ses hanches. Il est évident, de par le balancement naturel et la forme saillante qui se dessine sans équivoque sous le tissu, qu'il ne porte absolument rien en dessous. David ne cherche pas à se cacher ; il s'assoit sur le bord de la table, les jambes écartées de manière nonchalante, mettant cette anatomie provocante presque à la hauteur de mon regard.
— Tu as l'air bien sérieux avec tes carottes, Gaspard, lance-t-il avec un sourire qui n'a rien d'innocent.
Je détourne les yeux, sentant une brûlure intense envahir mes joues. Vasco... pense au visage de Vasco, me commandé-je. Pense à la promesse de ce départ à venir, même si j'ignore encore tout de la destination. Mais l'image de l'Italien semble s'effacer face à la réalité brute et charnelle de l'homme assis à deux mètres de moi.
David se lève et s'approche. Je sens sa chaleur avant même qu'il ne me touche. Sans me demander la permission, il se glisse directement derrière moi. Il n'y a aucune distance de sécurité. Son torse nu vient s'écraser contre mon dos, et je sens le contraste violent entre le coton léger de mon t-shirt et la peau lisse, ferme et fiévreuse de ses pectoraux.
— Laisse-moi t'aider, murmure-t-il contre mon oreille.
Ses bras puissants passent de chaque côté de mon corps, m'encerclant complètement. Il pose ses mains sur les miennes, guidant mes mouvements pour trancher les légumes. Ses doigts sont chauds, possessifs. Je suis prisonnier d'une cage de muscles et de chair. Je sens son rythme cardiaque contre mes omoplates, un battement lourd et assuré qui semble s'accorder au mien, lequel s'emballe jusqu'à la panique.
— Tu es si raide, Gaspard... souffle-t-il, ses lèvres frôlant mon lobe. C'est parce que tes parents ne sont pas là ? Tu te sens libre de faire ce que tu veux, ou tu as peur de ce qui pourrait arriver quand le chat n'est pas là ?
Je ne parviens pas à répondre. Ma gorge est nouée. La pression de son bassin contre mes reins, accentuée par la souplesse de son short en molleton, m'envoie des décharges d'adrénaline que je n'arrive plus à réprimer.
Le dîner mijote, mais la faim m'a quitté depuis longtemps. David se recule enfin, mais reste assez proche pour que je sente son odeur.
— Au fait, reprend-il en s'appuyant contre le buffet, on ne va pas tarder à aller se coucher. Je m'installe où ? La chambre de ta sœur est un vrai dépotoir, j'ai jeté un œil. C'est impraticable.
Je prends une profonde inspiration, évitant soigneusement de regarder la bosse qui s'agite sous son short alors qu'il change de position.
— La chambre de mes parents est fermée, je ne veux pas qu'on y dorme, c'est... personnel. Et oui, ma sœur a laissé tout son bazar pour son déménagement.
— Alors ? Je dors sur le canapé ? Il a l'air aussi confortable qu'une planche à repasser.
— Non... j'expire, le cœur battant à deux cents. On va devoir... on va devoir partager mon lit.
Un silence électrique s'installe, seulement troublé par le crépitement de la pluie. David pose ses yeux sombres sur moi, un regard de prédateur qui vient de voir sa proie se jeter elle-même dans le filet.
— Partager ton lit ? répète-t-il d'une voix basse, presque caverneuse. Dans ton grand lit deux places ? Tu sais que j'ai tendance à prendre beaucoup de place... et que j'ai horreur de porter quoi que ce soit pour dormir quand il fait cette chaleur. Ça ne va pas trop perturber tes pensées pour ton "Italien" si on dort peau contre peau, même avec de l'espace entre nous ?
Le repas est un calvaire. David s'installe en face de moi. Il utilise chaque geste pour me pousser à bout. Il lèche lentement une trace de sauce sur son pouce en fixant mes lèvres. Sous la table, je sens son pied nu qui vient frotter mon mollet, remontant doucement vers mon genou.
J'essaie de parler de la ferme, de la météo, de n'importe quoi pour briser cette tension. Mais mon esprit est saturé par l'image de David, par la certitude de ce qui se cache — ou ne se cache pas — sous ce molleton gris. À un moment, il se lève pour servir du vin. En repassant derrière moi, il laisse sa main glisser sous le bas de mon pull. Ses doigts caressent lentement la peau nue au-dessus de ma ceinture, un contact électrique qui me fait sursauter.
Je suis à deux doigts de craquer. De me retourner, de saisir ce visage si proche et de céder à cette attraction gravitationnelle qui m'aspire. L'air est devenu si épais qu'il semble solide. David s'arrête, son visage à quelques millimètres du mien. Il attend. Il attend que je rompe l'amitié, que je franchisse le seuil.
Vasco... La pensée me revient comme une gifle froide. Le restaurant, le passeport, l'espoir de ce voyage mystérieux.
— Je suis fatigué, David, je lâche brusquement en me levant, ma chaise criant sur le sol. On devrait... on devrait monter.
Un sourire lent et victorieux s'étire sur les lèvres de David. Il sait qu'il a gagné, même si je n'ai pas encore dit oui ouvertement.
— C'est bien, Gaspard. Garde cette énergie, murmure-t-il en me suivant vers l'escalier. On va voir combien de temps tu tiens une fois qu'on sera allongés dans ce grand lit, l'un à côté de l'autre, sans rien pour nous séparer à part une mince couverture de coton.
Je monte les marches, les jambes chancelantes, conscient que chaque pas me rapproche d'un point de non-retour que je ne suis plus certain de vouloir éviter.
L'air de la chambre est devenu si épais qu'il semble peser sur mes poumons. La pluie continue de fouetter la lucarne, un bruit blanc qui souligne la solitude de cette maison. David s'est installé sur mon grand lit deux places avec une désinvolture qui m'électrise. Il est calé contre les oreillers, les jambes entrouvertes, son short en molleton gris épousant chaque relief de son corps. Son torse nu capte la faible lumière de la lampe de chevet, et l'odeur de son savon musqué remplit tout mon espace vital.
Je m'assois sur le bord extrême du matelas, le dos voûté, essayant de maintenir une barrière invisible entre nous. C'est à cet instant précis que mon téléphone se met à vibrer. Le nom de Vasco illumine l'écran.
Mon cœur rate un battement. Vasco. L'homme que je n'ai vu qu'une fois mais qui occupe toutes mes pensées. C'est l'espoir d'un voyage dont j'ignore encore la destination, une promesse de fuite. Mais ici, sous le regard de David, cet appel ressemble à une intrusion.
— Réponds, Gaspard, murmure David. Sa voix est basse, chargée d'une ironie qui me glace. Ça ne me dérange pas. Au contraire...
Je décroche d'une main tremblante.
— Pronto? Gaspard? La voix de Vasco s'élève, chaude, avec cet accent italien que je redécouvre. Je ne savais pas si je pouvais t'appeler. On ne s'est vus qu'une fois, mais je voulais entendre ta voix. Je repense à ce soir au restaurant, à la façon dont tu me regardais...
— Allô, Vasco... je réponds, ma voix n'étant qu'un souffle. Je... je suis content que tu appelles.
Alors que Vasco commence à me raconter sa journée, de petites anecdotes sur sa vie là-bas, je sens le matelas s'enfoncer derrière moi. David s'est glissé tout contre mon dos. Sans un mot, il pose ses mains larges et puissantes sur mes épaules contractées.
Ses paumes sont brûlantes. Il commence un massage lent, pétrissant mes trapèzes. Je me fige, lançant un regard noir par-dessus mon épaule. David soutient mon regard avec une insolence prédatrice, un demi-sourire aux lèvres. Je ne dis rien, je ne peux pas m'emporter devant Vasco, alors je subis ce contact qui m'embrase.
— Gaspard ? Tout va bien ? demande Vasco. Tu sembles... ailleurs.
— Oui, oui... je t'écoute. Raconte-moi encore... ce que tu as fait aujourd'hui.
Vasco continue, il parle de ses amis, du temps qu'il fait en Italie, cherchant à créer un lien après notre unique rencontre. Mais dans cette chambre, David s'occupe de mon présent. Ses mains glissent sous le coton de mon t-shirt, effleurant ma peau nue.
Soudain, il attrape le bas du vêtement et commence à le remonter.
— Qu'est-ce que tu fais ? je siffle, la voix étranglée par la fureur.
David approche ses lèvres de mon oreille, son souffle chaud me faisant frissonner :
— C'est plus simple comme ça, Gaspard. Tu es un bloc de pierre. Laisse-moi t'aider à te détendre...
D'un mouvement assuré, il me force à retirer mon t-shirt. Je me retrouve torse nu, le téléphone pressé contre l'oreille, tandis que David s'installe derrière moi, ses jambes encerclant mes hanches, me bloquant contre sa poitrine ferme.
La conversation se prolonge. Vasco me confie ses premières impressions sur moi, des détails qu'il a retenus de notre rencontre. David, lui, explore mon corps. Ses mains redescendent sur mon torse. Ses pouces commencent à décrire des cercles sur mes pectoraux, se rapprochant inexorablement du centre.
Puis, il s'attarde. Ses doigts s'emparent de mes tétons, les pinçant et les roulant avec une précision cruelle. Un gémissement sourd, impossible à réprimer, remonte de ma gorge. C'est un son rauque, une plainte qui trahit le plaisir électrique qui me traverse malgré ma colère.
— Gaspard ? Vasco s'interrompt, inquiet. Qu'est-ce que tu as ? On dirait que tu as mal... ta respiration est bizarre.
— Non... non, je... je me suis cogné contre le bois du lit, je bafouille, la tête renversée en arrière contre l'épaule de David.
David sourit contre ma nuque. Il accentue ses caresses, ses mains descendant maintenant vers mon ventre, frôlant la ceinture de mon pantalon, tandis que ses genoux pressent mes cuisses. Je suis pris au piège. Chaque mot de Vasco me rappelle pourquoi je veux partir, mais mon corps répond aux provocations de l'homme qui me tient.
L'appel dure depuis vingt minutes. Vingt minutes de supplice. D'un côté, une voix qui essaie de me connaître après une seule soirée ; de l'autre, la réalité charnelle et moite de David qui ne me lâche pas. Ses mains explorent chaque parcelle de ma peau, cherchant à me faire abdiquer.
Je n'en peux plus.
— Vasco, je dois raccrocher. On se parle plus tard.
Je coupe la communication. Le silence qui suit est assourdissant. D'un mouvement brusque, je me dégage de l'emprise de David et bondis hors du lit. Je lui fais face, le torse nu, le souffle court.
— Putain, David ! je hurle presque. Tu me fais quoi, là ? C'est quoi ton jeu ?
David reste allongé, les mains derrière la tête, observant mon trouble avec une satisfaction tranquille. Son short gris est la seule chose qui le couvre encore.
— Je ne joue pas, Gaspard, répond-il d'une voix traînante. Je te montre juste qu'on ne peut pas ignorer ce qui est juste là, devant soi, pour un étranger à l'autre bout d'un fil.
Il se lève alors. Pas d'un bond, mais avec une lenteur calculée, chaque mouvement étant une torture pour mes nerfs à vif. Il s'approche de moi jusqu'à ce que je sente la chaleur animale qui se dégage de son torse. Ses yeux ne quittent pas les miens. Sans une once d'hésitation, ses mains descendent vers la taille de son short. Il défait le lien. Le molleton gris glisse, lourd, pour s'échouer à ses pieds.
Je suis pétrifié. Je devrais crier, m'enfuir, mais mes pieds semblent enracinés dans le plancher. Sa nudité est totale, brutale, magnifique. La réalité physique de David — la puissance de ses épaules, la ligne de ses hanches, la saillie de son désir — efface instantanément les souvenirs flous de Vasco.
— Si tu veux partir avec lui, murmure-t-il en s'avançant encore d'un pas, commence par apprendre à ne pas trembler quand un homme se tient devant toi.
Il éteint la lampe de chevet d'un geste sec. L'obscurité s'installe, striée par les éclairs bleutés qui déchirent le ciel.
— Couche-toi, Gaspard. Le lit est assez grand.
Je m'exécute, le corps rigide, et je me plaque sur le bord extrême du matelas, tournant le dos au vide, tournant le dos à lui. Mais le lit, qui me paraissait immense, semble avoir rétréci. Je sens le matelas s'enfoncer. Il s'allonge. Je sens sa chaleur, une onde de choc qui traverse l'espace entre nous.
Soudain, je sens ses doigts. Juste le bout de ses index, qui viennent effleurer le haut de mon dos, là où la peau est la plus sensible. Je frissonne violemment, un spasme que je ne peux réprimer. Il commence à tracer des lignes lentes, invisibles, le long de mes vertèbres.
— Tu sens ça, Gaspard ? murmure sa voix, tout près de mon oreille, son souffle chaud faisant dresser les poils de ma nuque. Ton corps ne ment pas. Lui, il sait ce qu'il veut.
Ses doigts redescendent, explorant mes flancs, tandis qu'il se rapproche encore. Il se colle contre moi. Son torse nu presse mon dos. Et là, contre mes fesses, je sens la dureté de son sexe qui gonfle, une présence massive et brûlante qui me donne le vertige.
— Parle-moi de ton Italien, continue-t-il, sa voix devenant plus basse, plus rauque. Est-ce qu'il connaît la courbe de ton dos ? Est-ce qu'il sait comment ta peau réagit quand on la frôle à peine ? Il ne connaît rien de toi. Il aime une idée. Moi, je connais l'odeur de ta sueur. Je connais le son de ton souffle quand tu as peur de succomber.
Je ferme les yeux, essayant désespérément de me rappeler le visage de Vasco, mais c'est David que je sens. C'est David qui m'envahit. Ses caresses deviennent plus insistantes, ses mains glissant maintenant vers mes hanches, m'attirant fermement contre lui. Je suis pris au piège entre ma raison qui hurle à l'aide et mes sens qui réclament plus de ce contact électrique.
— Dis-le, Gaspard. Dis que tu as envie que je continue.
Je ne sais plus quoi dire. Ma gorge est nouée. Je suis incapable de formuler une protestation. Le silence de la chambre est saturé de nos respirations croisées. À bout de forces, les nerfs brisés par cette tension insoutenable, je finis par me retourner brusquement, avec l'intention de le repousser, de mettre fin à ce supplice.
Mais David n'a pas reculé. En me retournant, je me jette presque contre lui. Nos visages se retrouvent à quelques millimètres. Dans la pénombre, ses yeux brillent d'une lueur prédatrice, fixés sur mes lèvres. Je sens son cœur battre contre le mien, un rythme sauvage qui résonne dans toute ma poitrine. Ses mains encadrent mon visage, ses pouces caressant doucement mes pommettes.
L'espace entre nous n'est plus qu'un souffle. Un millimètre de plus, et je sombre. Je vois son regard descendre sur ma bouche, sa tête s'incliner légèrement. Mon souffle se bloque. Je suis sur le point de...
Fin du chapitre 6.
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Chapitre 7
Gaspard et David, deux colocataires que tout semble opposer, se retrouvent seuls dans la maison familiale. Entre eux, une tension qui n'a plus rien d'innocent : des corps trop proches, des silences trop lourds, un désir que Gaspard refuse de nommer. D'un côté, un passé qui le retient. De l'autre, David, nu et arrogant, qui sait exactement quelle faille creuser. Jusqu'où cette nuit peut-elle les mener ?
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