Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Runway à contre-courant — Chapitre 24
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Runway à contre-courant
Chapitre 24
Chapitre 24
Bennett lève la main et coupe brutalement le son. Un silence de plomb s'abat sur le plateau d'entraînement.
Au fond de la pièce, les deux représentants de la maison restent littéralement figés, coupés dans leur élan vers la sortie. La styliste senior a arrêté de feuilleter ses croquis, les yeux grands ouverts. Le directeur de casting, immobile, me dévisage comme s'il venait de voir une apparition. À côté d'eux, Fabio, mon agent, retient son souffle, un sourire incrédule se dessinant lentement sur ses lèvres.
Pendant de longues secondes, personne ne prononce un mot. L'atmosphère est chargée d'une tension pure, électrique. C'est la styliste senior qui brise le silence, sa voix trahissant une stupeur évidente.
— C'est... c'est assez rare de trouver une personne comme lui, murmure-t-elle en se tournant vers son collègue. En seulement deux jours de travail ? C'est incroyable. Il a capté l'essence de la maison en une fraction de seconde.
Le directeur de casting fait quelques pas vers moi, son regard acéré ayant totalement changé. La condescendance a disparu, remplacée par une fascination brute.
— Ce n'est plus seulement du flegme, Gaspard, dit-il, la voix basse. Il y a une assurance insolente dans ta démarche. Une autorité naturelle. Après cette démonstration, je refuse que tu sois simplement noyé dans la masse du défilé.
La styliste senior s'approche à son tour, un grand sourire aux lèvres.
— Il a raison, tranche-t-elle avec enthousiasme. C'est décidé. Tu ne feras pas seulement une apparition au milieu du show. Gaspard, tu vas faire l'ouverture et la clôture du défilé Burberry. Tu porteras le tout premier modèle, celui qui donne le ton et que le monde entier attend, et tu mèneras la marche finale pour la fermeture. C'est un immense privilège, surtout pour un premier contrat.
L'adrénaline me monte à la tête comme un shot d'alcool fort. Mon cœur cogne contre ma cage thoracique. L'ouverture et la clôture. Les deux postes les plus prestigieux de la mode internationale. Je jette un coup d'œil à Fabio, mon agent, qui a les yeux brillants de fierté et me fait un signe de tête victorieux.
Fabio s'avance alors vers moi, rompant sa distance habituelle. Il pose une main lourde et ferme sur mon épaule nue, son regard d'habitude si froid planté dans le mien.
— Tu viens de privilégier l'instinct, Gaspard. Tu as gagné ton billet pour la cour des grands. Mais l'exigence va doubler. Les plans changent. Ton voyage pour Londres est avancé : tu prends l'avion demain matin, à la première heure.
Un coup de panique brutal traverse mon euphorie. Je recule d'un pas, les yeux grands ouverts.
— Attends, quoi ? Demain matin ? Mais c'est trop tôt pour Londres, je ne suis pas prêt ! C'est de la folie pure, et comment David va me rejoindre là-bas ? Je ne peux pas faire ça tout seul !
Fabio esquisse un sourire calme, s'amusant à moitié de ma panique, et lève une main rassurante.
— Respire, Gaspard. Tout est sous contrôle. Tu pars d'abord seul pour toute la phase de préparation technique en atelier. David te rejoindra là-bas dans quinze jours, directement pour la semaine de la Fashion Week. La maison s'occupe de tout : ils lui enverront des billets allers-retours pour cette période et vous serez logés ensemble pour les jours du show. D'ici là, tu es entièrement entre les mains de la marque.
Je prends une grande inspiration, essayant de digérer l'information. Quinze jours seul à Londres avant de revoir David. C'est un gouffre qui s'ouvre, mais je refuse de fléchir.
— D'accord... d'accord. Et qu'est-ce qui m'attend là-bas, Fabio ?
Fabio croise les bras, son ton redevenant celui d'un chef d'orchestre implacable.
— Un véritable marathon de haute technologie humaine, Gaspard. Dès ton atterrissage, tu passes dans une autre dimension. La première étape, et la plus cruciale, c'est la validation suprême. Tu vas passer l'examen final directement devant le Directeur Artistique et Chef Designer de la maison. C'est lui le maître absolu. Il veut te voir bouger en direct avec les pièces maîtresses de la collection. C'est à ce moment précis qu'il confirmera si tu as l'étoffe pour porter le premier et le dernier vêtement du show. C'est une rencontre brève, intense, où tu devras dégager la même confiance absolue qu'à l'instant. Si tu flanches devant lui, tout s'arrête.
— Je ne flancherai pas, je réponds immédiatement, l'esprit de nouveau focalisé. Et ensuite ?
— Ensuite, tu entres de plain-pied dans la reality industrielle, enchaîne Fabio. Tu vas passer de longues heures avec l'équipe des Ateliers de Couture pour les essayages officiels. Les couturières et les premières d'atelier vont ajuster, épingler et retoucher chaque vêtement directement sur ton corps, au millimètre près. Qu'il s'agisse de notre trench iconique ou des coupes asymétriques plus dénudées, le tissu doit tomber de manière absolument parfaite sur ta silhouette. C'est un travail de patience épuisant. Tu devras rester immobile comme une statue pendant qu'on te pique la peau, mais c'est le prix à payer pour porter du sur-mesure.
— Je ne flancherai pas, je réponds immédiatement, l'esprit de nouveau focalisé. Et ensuite ?
— Ensuite, tu entres de plain-pied dans la reality industrielle, enchaîne Fabio. Tu vas passer de longues heures avec l'équipe des Ateliers de Couture pour les essayages officiels. Les couturières et les premières d'atelier vont ajuster, épingler et retoucher chaque vêtement directement sur ton corps, au millimètre près. Qu'il s'agisse de notre trench iconique ou des coupes asymétriques plus dénudées, le tissu doit tomber de manière absolument parfaite sur ta silhouette. C'est un travail de patience épuisant. Tu devras rester immobile comme une statue pendant qu'on te pique la peau, mais c'est le prix à payer pour porter du sur-mesure.
Fabio s'approche un peu plus pour détailler la suite du programme, l'œil brillant.
— Et prépare-toi, car après les ateliers, tu passes entre les mains du Coiffeur en chef. Pour une égérie, le look capillaire ne se décide pas en connaisseur en cinq minutes le jour J. C'est la session des essais de coiffure. Le coiffeur en chef crée le style de la saison en accord avec le créateur. Tu vas peut-être subir une transformation radicale : une coupe drastique, une coloration, ou même une décoloration des sourcils. Ils vont tester la texture de tes cheveux — qu'ils choisissent un effet mouillé, gominé ou ultra-naturel soufflé par le vent — sous les projecteurs de l'atelier pour voir comment elle réagit au mouvement de ta marche, surtout pour tes passages torse nu.
— Ils touchent à mes cheveux ? je demande, un peu surpris.
— C'est la règle, Gaspard, sourit Fabio. Ton corps est leur œuvre. Et ce n'est pas tout. Tu enchaîneras immédiatement avec le Maquilleur en chef pour définir le style de peau de la saison. Chez Burberry, on cherche un teint ultra-frais, moderne, presque transparent mais magnifié. Le maquilleur va tester la réaction des produits aux flashs des appareils photo pour éviter le moindre reflet disgracieux. Et puisque tu défiles dénudé, c'est aussi lui qui gère le maquillage du corps. Son équipe va appliquer des huiles sèches, des enlumineurs et des crèmes spécifiques sur ton torse, tes jambes et tes bras pour sculpter tes muscles de manière organique et leur donner un éclat satiné incroyable sous les stroboscopes.
— Ils touchent à mes cheveux ? je demande, un peu surpris.
— C'est la règle, Gaspard, sourit Fabio. Ton corps est leur œuvre. Et ce n'est pas tout. Tu enchaîneras immédiatement avec le Maquilleur en chef pour définir le style de peau de la saison. Chez Burberry, on cherche un teint ultra-frais, moderne, presque transparent mais magnifié. Le maquilleur va tester la réaction des produits aux flashs des appareils photo pour éviter le moindre reflet disgracieux. Et puisque tu défiles dénudé, c'est aussi lui qui gère le maquillage du corps. Son équipe va appliquer des huiles sèches, des enlumineurs et des crèmes spécifiques sur ton torse, tes jambes et tes bras pour sculpter tes muscles de manière organique et leur donner un éclat satiné incroyable sous les stroboscopes.
Fabio continue, ne me laissant aucun répit dans l'énumération de ce traitement d'élite.
— Rien n'est laissé au hasard, poursuit-il. Tu passeras par le service des soins des mains et des pieds avec le Manucure et prothésiste ongulaire. Le grand public l'ignore, mais pour une égérie qui tient un sac de la marque ou ajuste ses lunettes de soleil, les mains font l'objet de gros plans serrés de la part des photographes. Tes ongles seront nettoyés, hydratés et coupés selon un standard strict, souvent nus ou couleur chair. Même chose pour tes pieds, qui doivent être impeccablement soignés pour éviter la moindre imperfection visible si tu portes des chaussures ouvertes.
— C'est un niveau de détail de fou..., je murmure, fasciné par cette machinerie invisible.
— C'est de la haute couture, réplique Fabio d'un ton sec. Tu rencontreras aussi le Directeur de production du show, le producteur de l'événement qui orchestre toute la logistique technique. Lors de la répétition générale, la veille du défilé, il te briefera sur la configuration exacte de la salle. Il te montrera l'emplacement des caméras de la captation vidéo officielle, l'endroit précis où tu devras t'arrêter, et surtout, il te donnera l'ordre exact de passage en coulisses et le timing précis au signal du top départ. C'est une mécanique horlogère. Et pour que tes pas soient parfaits, le Cordonnier de la marque travaillera directement sur tes chaussures de marche. Ce sont souvent des prototypes qui n'ont jamais été portés et qui glissent. Il vérifiera ton adhérence sur le revêtement spécifique du podium — qu'il soit en métal, en miroir ou en béton ciré. Si nécessaire, il ajoutera des patins antidérapants invisibles ou des protections à l'intérieur pour éviter que tu ne perdes une chaussure ou que tu ne glisses en direct.
— C'est un niveau de détail de fou..., je murmure, fasciné par cette machinerie invisible.
— C'est de la haute couture, réplique Fabio d'un ton sec. Tu rencontreras aussi le Directeur de production du show, le producteur de l'événement qui orchestre toute la logistique technique. Lors de la répétition générale, la veille du défilé, il te briefera sur la configuration exacte de la salle. Il te montrera l'emplacement des caméras de la captation vidéo officielle, l'endroit précis où tu devras t'arrêter, et surtout, il te donnera l'ordre exact de passage en coulisses et le timing précis au signal du top départ. C'est une mécanique horlogère. Et pour que tes pas soient parfaits, le Cordonnier de la marque travaillera directement sur tes chaussures de marche. Ce sont souvent des prototypes qui n'ont jamais été portés et qui glissent. Il vérifiera ton adhérence sur le revêtement spécifique du podium — qu'il soit en métal, en miroir ou en béton ciré. Si nécessaire, il ajoutera des patins antidérapants invisibles ou des protections à l'intérieur pour éviter que tu ne perdes une chaussure ou que tu ne glisses en direct.
Fabio me tapote l'avant-bras, un regard sérieux mais encourageant dans les yeux.
— En dehors des rendez-vous avec la marque, la maison met à ta disposition une équipe de préparation physique et de bien-être de très haut niveau. Tu vas travailler avec un Coach sportif pour des séances intensives de tonification musculaire, basées sur le Pilates et le gainage profond. Le but n'est pas de te transformer en culturiste, mais d'obtenir des muscles longs, dessinés, et de travailler l'ouverture de ta cage thoracique pour que tes épaules restent naturellement basses, même avec la fatigue. Tu auras aussi un plan alimentaire strict conçu par leur Nutritionniste. C'est un régime spécifique anti-ballonnement et éclat de la peau pour les cinq jours précédant le défilé. Élimination totale du sel et des sucres complexes la veille pour éviter toute rétention d'eau, afin que tes abdominaux et tes muscles soient parfaitement saillants quand tu seras torse nu. On privilégiera les protéines maigres et les graisses saines comme l'avocat et les amandes.
— Et pour le visage ? Les nuits vont être courtes avec le stress, je remarque.
— La maison a tout prévu, répond Fabio. Quarante-huit heures avant le show, tu passeras entre les mains d'un Facialiste pour un soin de la peau de pointe, avec un drainage lymphatique facial ou un traitement d'hydratation intradermique. Les caméras filment en ultra-haute définition, aucun défaut n'est toléré. Le massage va désenfler ton visage, sculpter ta mâchoire et tes pommettes par des pressions intenses, et saturer ta peau d'hydratation pour qu'elle reflète naturellement la lumière. Tu verras aussi leur Kinésithérapeute et ostéopathe pour une séance d'alignement corporel total. Marcher avec une cambrure forcée dans des chaussures rigides crée des tensions asymétriques. Il va débloquer tes articulations, ton bassin, tes vertèbres, et détendre tes trapèzes pour que ta marche conserve une fluidité absolue. Enfin, l'ultime étape avant le grand show sera le bronzage en cabine. Un expert va appliquer un voile de bronzage sur mesure, ultra-subtil et naturel sur tout ton corps. Le but est simplement d'unifier la couleur de ta peau, d'effacer les marques de sous-vêtements et de créer un effet d'optique qui ombre subtilement tes muscles pour accentuer ton relief sous les stroboscopes.
— Et pour le visage ? Les nuits vont être courtes avec le stress, je remarque.
— La maison a tout prévu, répond Fabio. Quarante-huit heures avant le show, tu passeras entre les mains d'un Facialiste pour un soin de la peau de pointe, avec un drainage lymphatique facial ou un traitement d'hydratation intradermique. Les caméras filment en ultra-haute définition, aucun défaut n'est toléré. Le massage va désenfler ton visage, sculpter ta mâchoire et tes pommettes par des pressions intenses, et saturer ta peau d'hydratation pour qu'elle reflète naturellement la lumière. Tu verras aussi leur Kinésithérapeute et ostéopathe pour une séance d'alignement corporel total. Marcher avec une cambrure forcée dans des chaussures rigides crée des tensions asymétriques. Il va débloquer tes articulations, ton bassin, tes vertèbres, et détendre tes trapèzes pour que ta marche conserve une fluidité absolue. Enfin, l'ultime étape avant le grand show sera le bronzage en cabine. Un expert va appliquer un voile de bronzage sur mesure, ultra-subtil et naturel sur tout ton corps. Le but est simplement d'unifier la couleur de ta peau, d'effacer les marques de sous-vêtements et de créer un effet d'optique qui ombre subtilement tes muscles pour accentuer ton relief sous les stroboscopes.
Fabio se tourne vers la porte, jetant un dernier regard en arrière.
— Une fois que tu auras validé ce marathon, Gaspard, tu ne seras plus seulement un jeune homme de la rue. Tu seras devenu un produit de haute technologie de l'industrie de la mode, prêt à être révélé au monde entier. Habille-toi. Je te récupère demain matin à l'aube pour l'aéroport. Ne sois pas en retard.
Les représentants de la marque et Fabio quittent le studio, me laissant seul avec Bennett. Dans le grand miroir face à moi, mon reflet me renvoie l'image de ce corps sculpté, brillant de sueur, encore vibrant de l'effort et de la tension de la marche. Mes mains se mettent à trembler légèrement, non pas de peur, mais sous le coup de la redescente d'adrénaline. Je prends conscience que ma vie d'étudiant vient de s'effondrer pour laisser place à un destin hors normes. Je ramasse mon t-shirt au sol, le cœur battant à tout rompre, prêt à m'envoler pour Londres.
Je pousse la porte de l'appartement et l'odeur familière de David m'enveloppe aussitôt. Il est déjà rentré. Torse nu, seulement vêtu d'un jogging gris qui tombe bas sur ses hanches, il m'attend dans le salon, adossé au comptoir de la cuisine américaine. Dès que nos regards se croisent, quelque chose d'animal passe dans ses yeux. Je ne dis rien. Je lâche mon sac sur le sol et je marche droit vers lui.
Je me jette sur sa bouche avec une fougue désespérée. Mes mains s'accrochent à ses épaules nues, mes doigts s'enfoncent dans sa chair chaude et ferme. David grogne contre mes lèvres, un son rauque et possessif qui vibre dans ma poitrine. Il me plaque contre le mur du hall, ses grandes mains descendant immédiatement sur mes hanches pour me soulever légèrement. Sa langue force le passage, envahit ma bouche, me dévore comme s'il avait attendu ce moment toute la journée. Je gémis contre lui, le corps déjà en feu, frottant mon bassin contre le sien.
Quand il s'écarte enfin, juste assez pour reprendre son souffle, ses yeux noirs brillent d'un mélange de désir et d'inquiétude.
— Comment s'est passée ta journée ? murmure-t-il d'une voix basse, encore essoufflée par notre baiser.
Je reste collé à lui, le front contre son torse, essayant de trouver les mots. Ma respiration est encore saccadée.
— C'était intense. Bennett m'a fait marcher pendant des heures. Il m'a crié dessus, m'a corrigé sans arrêt sur ma posture, mon regard, mes épaules. J'ai dû défiler torse nu sous des projecteurs aveuglants. Et puis les représentants de Burberry sont arrivés. Ils ont décidé que j'ouvrirai et je fermerai le défilé à Londres.
David se fige légèrement. Ses mains se crispent sur mes hanches.
— Londres ? Déjà ?
— Oui… je souffle. Je pars demain matin. Fabio a tout organisé. Tu recevras tes billets pour me rejoindre plus tard, pour la semaine du show.
— Oui… je souffle. Je pars demain matin. Fabio a tout organisé. Tu recevras tes billets pour me rejoindre plus tard, pour la semaine du show.
Un silence lourd s'installe. David me regarde, surpris, presque blessé.
— Et… Vasco ? Il sera là ?
Je hausse les épaules, sincère.
— Je n'en sais rien. Fabio n'a rien dit à ce sujet. Pourquoi tu demandes ça ?
David serre la mâchoire. Ses doigts s'enfoncent un peu plus dans ma chair.
— Parce que je suis un peu jaloux, avoue-t-il d'une voix rauque. L'idée qu'il te voie là-bas, qu'il soit près de toi… ça me rend dingue.
Je relève la tête et l'embrasse doucement, essayant de le rassurer.
— C'est toi que j'ai choisi, David. Toi.
À ce moment précis, l'interphone sonne. C'est Thomas, le masseur. David va lui ouvrir. Quelques minutes plus tard, Thomas entre avec sa table pliante et sa mallette. Il s'installe dans la chambre parentale. David et moi nous installons dans le salon pendant que le masseur prépare tout. Thomas m'appelle et je le rejoins. Je me déshabille entièrement, m'allonge sur le ventre sur la table. Thomas place une serviette sur mes fesses et commence le massage.
Ses mains chaudes et fermes, enduites d'huile tiède, glissent sur mon dos avec une précision experte. Il commence par de grands effleurages, puis passe à un pétrissage profond sur mes trapèzes et mes lombaires. La pression est forte, presque douloureuse par moments, mais chaque nœud de tension se défait lentement sous ses doigts. Je gémis doucement quand il s'attaque à mes épaules, puis à mes cuisses. Il travaille chaque muscle avec une force contrôlée, étirant, malaxant, libérant l'acide lactique accumulé pendant la séance avec Bennett. Je sens mon corps se détendre peu à peu, mes respirations devenant plus profondes. Thomas reste professionnel, silencieux, concentré sur son travail. Au bout d'une heure, il termine par des mouvements lents et apaisants, puis me dit doucement que la séance est finie.
Je me relève, le corps léger, les muscles souples. Thomas range son matériel, me salue poliment et quitte l'appartement. Je retourne dans le salon, encore un peu engourdi par le massage. David m'attend. Il a déjà dressé la table basse avec les sushis qu'il avait commandés avant mon retour. Nous nous asseyons côte à côte, nos genoux collés, nos regards qui se cherchent sans cesse. Nous mangeons en silence, savourant chaque bouchée, nos corps encore imprégnés de l'odeur de l'huile de massage.
Après le repas, David ne me laisse pas le temps de réfléchir. Il se lève, me soulève dans ses bras comme si je ne pesais rien et me porte jusqu'à la chambre. Il me jette sur le lit avec une force contrôlée, son corps massif s'abattant sur moi.
— Je vais te montrer à qui tu appartiens, grogne-t-il contre ma bouche.
Il m'embrasse avec une urgence sauvage, sa langue dominant la mienne. Ses mains arrachent mes vêtements, me laissant nu en quelques secondes. Il descend le long de mon corps, mordillant mes tétons jusqu'à ce que je gémisse, puis plus bas, léchant mon ventre, mes hanches. Quand il prend ma queue dans sa bouche, je pousse un cri rauque. Il me suce profondément, sa gorge se contractant autour de moi, sa langue tourbillonnant sur mon gland sensible. Je m'agrippe à ses cheveux, haletant.
— David… ahhh… ta bouche…
Il me relâche avec un pop humide et remonte pour m'embrasser, me faisant goûter mon propre goût sur sa langue. Puis il se redresse, s'agenouille au-dessus de mon visage et guide sa grosse queue épaisse vers mes lèvres.
— Ouvre, ordonne-t-il.
Je prends sa verge massive dans ma bouche, l'avalant aussi loin que je peux. David grogne, attrape ma tête et commence à baiser ma bouche avec des coups de reins puissants. Sa queue glisse au fond de ma gorge, me faisant baver abondamment. Je gémis autour de lui, les yeux larmoyants, le laissant me prendre comme il veut.
— Putain, Gaspard… tu suces tellement bien… grogne-t-il en accélérant.
Après plusieurs minutes intenses, il se retire, me retourne sur le ventre et écarte mes fesses. Sa langue chaude et humide plonge directement sur mon trou. Je crie dans l'oreiller tandis qu'il me dévore, sa langue, entrant profondément, me préparant avec une avidité presque brutale. Deux doigts, puis trois, me pénètrent, m'élargissant, frottant ma prostate jusqu'à ce que je sanglote de plaisir.
— David… baise-moi… je t'en supplie…
Il se positionne derrière moi et s'enfonce d'un coup long et puissant. Je hurle son nom, cambrant le dos. Il commence à me pilonner avec force, ses hanches claquant contre mes fesses. Chaque coup est profond, brutal, parfait. Il me baise en missionnaire, puis me met à quatre pattes, tirant mes cheveux en arrière. Il me retourne encore, me prend sur le côté, une jambe sur son épaule, puis me soulève complètement pour me baiser debout contre le mur, ses muscles bandés sous l'effort.
— Tu es à moi ! grogne-t-il en me martelant. Dis-le !
— Je suis à toi ! David ! Ahhh ! Plus fort !
— Je suis à toi ! David ! Ahhh ! Plus fort !
Il me repose sur le lit, me baise dans une dernière position, mes jambes sur ses épaules, me pliant en deux. Ses coups deviennent erratiques, puissants. Il pousse un long râle animal et jouit violemment en moi, des jets brûlants et abondants qui me remplissent complètement. La sensation me fait basculer. Je jouis à mon tour, mon sperme giclant sur mon ventre et mon torse.
David se retire lentement, son sperme coulant de mon trou ouvert. Il recueille une grande quantité de mon propre sperme sur ses doigts et les porte à ma bouche.
— Mange, murmure-t-il d'une voix rauque.
J'ouvre la bouche et lèche ses doigts, goûtant mon propre goût. Il m'embrasse ensuite langoureusement, nos langues se mêlant dans un baiser profond, sale et passionné.
— Tu es à moi, Gaspard, souffle-t-il contre mes lèvres. À moi seul.
Épuisé, je m'endors presque immédiatement dans ses bras protecteurs. David me caresse lentement sur tout le corps, ses grandes mains glissant sur mon dos, mes fesses, mes cuisses. Il dépose des baisers doux dans mon cou, murmurant des mots tendres contre ma peau tandis que je sombre dans un sommeil profond, blotti contre lui.
Le bip strident du réveil n'a pas encore retenti que le changement d'atmosphère dans la chambre me tire déjà de mon sommeil profond. La pénombre de l'aube enveloppe la pièce d'une lueur bleutée, typique de ces fins de nuits de septembre à Besançon, où la fraîcheur de la rentrée commence tout juste à se faire sentir à l'extérieur. Pourtant, sous les draps, la chaleur est étouffante.
Je bouge légèrement la tête sur l'oreiller, l'esprit encore embrumé par la fatigue de ces deux jours de folie et les courbatures profondes laissées par le massage de Thomas et l'étreinte sauvage de la nuit. C'est à ce moment-là que je le sens. Un souffle chaud, régulier, et une présence massive qui me domine.
En ouvrant les yeux, je me fige. David ne dort plus. Il est agenouillé au-dessus de moi, ses longues jambes encadrant mes épaules, son corps sculpté et sombre se découpant dans la pénombre. Mes yeux se posent immédiatement sur ce qui se trouve à quelques millimètres à peine de mes lèvres : sa grosse queue, droite, lourde, pleinement en érection, qui pulse doucement au rythme de ses battements de cœur. L'odeur de sa peau, brute, masculine, mêlée aux effluves de notre nuit, me percute instantanément le cerveau.
— Réveille-toi, Gasp, murmure-t-il d'une voix si basse et si rauque qu'elle me fait frissonner le long de l'échine.
Son regard noir est planté dans le mien, chargé de cette même possessivité animale qui l'animait quelques heures plus tôt. Avant même que je puisse articuler le moindre mot, ses grandes mains s'abaissent. Ses doigts puissants s'enfoncent dans mes cheveux, agrippant mes mèches à la racine pour maintenir ma tête fermement contre l'oreiller.
— Tu pars dans quelques heures, continue-t-il en appuyant doucement le bout de son gland chaud contre mes lèvres closes. Je veux que tu rates ton avion en pensant à moi. Ouvre.
Je n'oppose aucune résistance. Ma bouche s'entrouvre d'un coup, et David s'enfonce. Il n'y a aucune douceur dans son geste, aucune hésitation. Il pousse sa verge massive profondément, cherchant le fond de ma gorge, utilisant mes lèvres et ma bouche avec une autorité absolue, comme s'il prenait possession de mon petit cul de la veille. Je lâche un gémissement étouffé contre sa chair, les yeux instantanément larmoyants sous la puissance de la pénétration buccale.
David grogne, un son de satisfaction pure qui vibre directement dans mes dents. Ses coups de reins deviennent réguliers, lourds, verticaux. Il dicte le rythme, me soumettant entièrement à son plaisir matinal. Mes mains viennent se poser sur ses cuisses denses pour essayer de trouver un appui, mais sa force est trop grande. À chaque fois qu'il se retire presque entièrement, me laissant juste le temps d'aspirer une bouffée d'air, c'est pour s'enfoncer de plus belle, me faisant baver abondamment sur ses couilles et ses hanches.
Le bruit humide de ses va-et-vient résonne dans le silence de la chambre, entrecoupé par mes râles étouffés et ses jurons murmurés. Il me prend avec une fougue brute, déchargeant toute la frustration de ce départ imminent au fond de ma gorge. Les minutes s'étirent, intenses, brûlantes, jusqu'à ce que sa posture se fige, ses muscles tendus à l'extrême sous l'effort. Dans un ultime coup de rein plus profond que les autres, il pousse un long râle animal et décharge une quantité énorme de sperme directement au fond de ma gorge. Les jets brûlants et épais se succèdent, m'obligeant à tout avaler jusqu'à la dernière goutte sans pouvoir reprendre mon souffle.
Je déglutis difficilement, acceptant chaque nuance de sa possession, le corps vibrant de cette décharge d'adrénaline matinale. Lorsqu'il se retire enfin, haletant, son pouce vient essuyer le coin de mes lèvres avec une tendresse rugueuse.
— Voilà, souffle-t-il, les yeux brillants. Maintenant, tu es prêt pour Londres.
Il glisse hors de moi et se lève du lit, me laissant pantelant sur le matelas, l'esprit complètement retourné. Le contraste est violent quand, quelques minutes plus tard, la réalité nous rattrape sous la forme d'un chronomètre invisible.
Après une douche rapide qui achève de détendre mes muscles, je rejoins David dans la cuisine. L'odeur du café noir et des œufs brouillés a remplacé celle du sexe. Il a préparé un petit-déjeuner copieux, conscient que le régime strict de la marque et le marathon de la Fashion Week de septembre vont bientôt commencer pour moi. Nous prenons notre café presque côte à côte sur le comptoir, nos genoux se frôlant. Le silence est différent cette fois ; il est lourd de l'imminence du départ. Les regards que David me lance sont chargés d'une jalousie latente mais contenue, une promesse silencieuse que ces quinze jours de séparation ne changeront rien à ce qui nous lie.
Une fois mon café terminé, je me lève pour préparer mes dernières affaires. Je rassemble mes vêtements, vérifie mes papiers et boucle définitivement ma valise dans l'entrée. C'est à ce moment précis que l'interphone retentit. C'est Fabio.
L'estomac se noue instantanément. David s'approche, sa stature massive bloquant la lumière du couloir. Il prend le sac de mes mains, insistant pour descendre les marches avec moi.
Devant l'immeuble, la berline noire aux vitres teintées ronronne dans l'air frais et matinal. À l'arrière, j'aperçois la silhouette nette de Fabio, déjà concentré sur sa tablette. David pose la valise, se tourne vers moi et me saisit par la nuque pour m'embrasser profondément. Ses lèvres marquent les miennes une dernière fois avant qu'il ne me souffle contre la bouche :
— Tu es à moi, Gaspard.
Je hoche la tête, incapable de parler tant l'émotion me serre la gorge. Je monte dans la voiture, la portière claque, et Fabio lève à peine les yeux vers moi alors que le véhicule démarre en trombe vers l'aéroport.
Fin du chapitre 24.
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