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✦ tounet777 Runway à contre-courant XSTORY
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Runway à contre-courant — Chapitre 40

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Runway à contre-courant

Chapitre 40

La tension dans la chambre est palpable. Je suis encore allongé sur le côté, le téléphone à la main après l'appel brutal de Fabio, le corps parcouru de frissons. Vasco est collé contre mon dos, son torse brûlant pressé contre moi. Sa main continue de caresser lentement mon ventre, descendant dangereusement bas, tandis que de l'autre il se branle doucement, lentement, sa grosse queue dure frottant contre mes fesses.
Il accélère légèrement le mouvement de sa main sur sa verge. Je sens son gland humide et chaud glisser entre mes fesses, laissant une traînée de liquide pré-séminal sur ma peau. Vasco grogne doucement contre mon oreille, sa respiration déjà plus lourde.
— Tu sens comme je suis dur pour toi ? murmure-t-il d'une voix rauque. Même après t'avoir rempli cette nuit, j'ai encore envie de ton cul…
Il commence à bouger les hanches. Sa grosse queue glisse maintenant entre mes fesses, de haut en bas, dans un mouvement lent et régulier. Le frottement est délicieux. Son membre épais et veineux passe entre mes globes, appuyant contre mon trou à chaque aller-retour sans y entrer. Chaque fois que son gland passe sur ma rosette, je frissonne violemment.
— Putain… Gaspard… ton cul est tellement chaud, souffle-t-il en accélérant un peu le va-et-vient. Je pourrais jouir juste comme ça, en me frottant contre toi…
Je gémis malgré moi, le corps trahissant mon désir. Ma propre queue est dure, tendue contre mon ventre. Vasco continue son mouvement, faisant glisser toute la longueur de sa bite entre mes fesses, de plus en plus vite. Le bruit humide de sa peau contre la mienne remplit la chambre.
Puis il change légèrement d'angle. Il attrape sa queue à la base et commence à titiller mon trou avec son gland. Il frotte le bout large et mouillé de sa verge en petits cercles autour de ma rosette, appuyant juste assez pour faire céder légèrement l'anneau sans pénétrer.
— Tu sens ça ? grogne-t-il contre mon oreille, la voix chargée de désir. Mon gland qui caresse ton petit trou… Il est tout humide, prêt à entrer… Tu veux que je te remplisse encore, hein ?
Je tremble. Chaque passage de son gland sur mon entrée me rend fou. Vasco continue à le frotter, appuyant un peu plus fort, faisant tourner le bout de sa queue sur mon trou sensible.
— Dis-moi que tu en as envie… murmure-t-il en continuant son supplice. Dis-moi que tu veux ma grosse bite au fond de ton cul…
Je perds complètement le contrôle. Dans un élan incontrôlable, je recule d'un coup sec les hanches. Le gland de Vasco force mon entrée et, d'un seul mouvement, je m'empale entièrement sur sa queue jusqu'à la base.
— Aaaahhh ! je crie, le corps traversé par une décharge de plaisir intense.
Vasco lâche un grognement rauque de surprise et de plaisir pur.
— Putain oui… ! grogne-t-il en m'attrapant fermement les hanches. Tu l'as prise tout entière d'un coup… Ton petit cul est tellement gourmand…
Sans me laisser le temps de respirer, il commence à me défoncer comme un dingue. Ses coups de reins sont puissants, profonds, sauvages. Il me pilonne sans aucune retenue, sa queue, entrant et sortant presque entièrement à chaque mouvement. Le claquement de ses hanches contre mes fesses résonne violemment dans la chambre.
— C'est ça que tu voulais ? halète-t-il en me martelant. Sentir ma grosse bite te défoncer le cul ? Tu es tellement serré autour de moi… Putain, Gaspard, ton trou me suce comme s'il voulait me garder à l'intérieur…
Il me baise avec une force incroyable, une main sur ma hanche, l'autre glissée sous mon ventre pour me maintenir en place. Chaque coup est si profond que je sens ses couilles claquer contre les miennes. Mon corps entier tremble, mes gémissements deviennent des cris incontrôlables.
Vasco change légèrement de position, me relevant un peu plus sur le côté tout en continuant à me pilonner. Il se penche sur moi, son torse collé à mon dos, et accélère encore le rythme.
— Tu aimes quand je te prends comme ça ? grogne-t-il contre mon oreille, sa voix rauque et excitée. Quand je te remplis complètement ? Ton petit cul est fait pour ma queue… Il serre tellement fort…
Je ne peux plus répondre que par des gémissements et des cris. Le plaisir est trop intense. Vasco continue à me défoncer sans relâche, sa queue frottant sans pitié contre ma prostate à chaque coup. La sueur coule sur nos deux corps. Le lit grince furieusement sous nos mouvements.
— Je vais te remplir encore… halète-t-il, la voix de plus en plus rauque. Je vais déverser toute ma semence au fond de toi… Tu vas sentir ma bite palpiter pendant que je jouis…
Ses mouvements deviennent erratiques, plus brutaux. Il me baise comme un possédé, ses hanches, claquant violemment contre mes fesses. Soudain, il pousse un long grognement animal et s'enfonce au plus profond de moi. Sa tête tombe sur mon épaule, sa bouche contre ma peau tandis qu'il explose.
Je sens les jets puissants, brûlants et abondants de son sperme m'inonder. Vague après vague, il continue à jouir en moi, sa queue pulsant violemment au fond de mon cul. La sensation est tellement intense que je jouis à mon tour, mon propre sperme giclant sur les draps sans que je me touche, le corps secoué de spasmes incontrôlables.
Vasco reste profondément enfoui en moi, la tête posée sur mon épaule, le souffle court et brûlant contre ma peau. Il m'embrasse doucement la nuque, encore tremblant de plaisir.
Nous restons ainsi un long moment, unis, haletants, sans savoir si cette étreinte va reprendre ou si le temps va enfin nous rattraper.
Je reste un long moment immobile sur le lit, le regard fixé au plafond, essayant de reprendre mes esprits. Mon corps est encore parcouru de légers tremblements, ma peau brûlante, mon trou sensible et rempli de la semence chaude de Vasco. La culpabilité commence à monter doucement, comme une marée lente et inexorable. Je passe une main sur mon visage, soupirant profondément.
Vasco, allongé à côté de moi, caresse lentement mon dos du bout des doigts. Il semble sentir mon trouble, mais ne dit rien tout de suite. Il se redresse finalement, nu et magnifique, et attrape le téléphone de l'hôtel.
— Je commande le petit-déjeuner, dit-il d'une voix calme. Tu as besoin de reprendre des forces avant de partir.
Je hoche la tête sans répondre et me lève. Mes jambes sont encore faibles. Je me dirige vers la salle de bain luxueuse et ouvre l'eau chaude de la douche. Sous le jet puissant, je reste longtemps, laissant l'eau couler sur mon visage et mon corps. Je me lave soigneusement, presque obsessionnellement, comme pour effacer les traces de la nuit et du matin. Pourtant, je sais que ce n'est pas seulement physique. Je me sens partagé, déchiré entre le plaisir intense que Vasco me procure et l'amour sincère que j'éprouve pour David.
Une fois sec, je m'habille : un jean noir slim qui met en valeur mes jambes, un pull en cachemire beige Burberry et une veste légère. Quand je retourne dans la chambre, le petit-déjeuner est déjà arrivé. Vasco, vêtu seulement d'un peignoir blanc ouvert sur son torse, est assis à la petite table près de la fenêtre. Il a commandé un copieux repas : croissants chauds et dorés, fruits frais coupés, œufs brouillés, yaourts, jus d'orange pressé et un café serré pour lui, un thé pour moi.
— Viens manger, murmure-t-il en me tendant la main.
Je m'installe en face de lui. Pendant quelques minutes, nous mangeons en silence, un silence chargé d'émotion. Vasco me sert un croissant encore tiède et me regarde avec une tendresse inhabituelle.
— Tu vas me manquer, finit-il par dire doucement, en posant sa main sur la mienne. New York est une ville qui dévore les gens. Ne te laisse pas avaler complètement.
Je serre ses doigts.
— Toi aussi tu vas me manquer. Ces derniers jours avec toi… c'était intense. Trop intense.
Nous parlons un peu de Milan, du défilé, de ce qui nous attend. Vasco me raconte une anecdote drôle sur un créateur italien pendant que je mange. Pour un moment, l'atmosphère est presque douce, presque normale. Mais le poids du départ plane sur nous.
Une fois le petit-déjeuner terminé, je me lève et commence à remplir ma grande valise. Je plie avec soin tous les vêtements offerts par les différentes maisons lors de la Fashion Week de Milan : les chemises en soie fluide de Versace, les pantalons en cuir souple de Gucci, les pulls en cachemire ultradoux de Prada, les costumes sur-mesure du créateur de mon dernier défilé. Chaque pièce est un souvenir tangible de mon ascension fulgurante. J'ajoute également les accessoires : une paire de chaussures en cuir verni noir, une ceinture en alligator, plusieurs flacons de parfum exclusifs, et même une veste en daim offerte par un styliste italien. La valise devient lourde, symbole concret de cette nouvelle vie luxueuse qui m'éloigne de plus en plus de mes racines.
Vasco me regarde en silence pendant que je ferme la valise. L'atmosphère devient lourde. Il s'approche lentement, pose ses mains sur mes hanches et m'attire contre lui.
— C'est déjà l'heure… murmure-t-il, la voix un peu rauque. New York va t'engloutir, piccolo. Fais attention à toi là-bas.
Je sens ma gorge se serrer. Je passe mes bras autour de son cou et le serre fort contre moi. Son odeur, mélange de peau, de sexe et de parfum coûteux, m'envahit une dernière fois.
— Toi aussi… réponds-je doucement. Je… je ne sais pas quand on se reverra.
Vasco pose son front contre le mien. Ses yeux sombres sont plus tristes que d'habitude. Il m'embrasse lentement, tendrement, presque avec mélancolie. Ce n'est plus la passion dévorante de tout à l'heure, mais un baiser chargé d'au revoir, profond et douloureux. Ses lèvres restent longtemps contre les miennes, comme s'il voulait graver ce moment.
— Tu vas me manquer, avoue-t-il contre ma bouche. Plus que tu ne l'imagines.
Je ferme les yeux, le cœur lourd. Nous restons enlacés un long moment avant que je ne m'écarte à regret. Le chauffeur m'attend en bas.
Le trajet jusqu'à l'aéroport se fait dans une berline aux vitres teintées. Assis à l'arrière, je sors mon téléphone et compose le numéro de David. Mon cœur bat fort. Il décroche à la troisième sonnerie.
— Gaspard ? dit-il immédiatement, la voix pleine d'espoir.
— Salut mon cœur… Comment tu vas ? Je voulais entendre ta voix. Tu me manques terriblement.
— Tu me manques aussi, répond David, la voix un peu cassée. C'est dur ici sans toi. Les photos de ton dernier défilé à Milan tournent encore partout… Tu as vu Vasco là-bas ?
Je ferme les yeux un instant, puis décide de dire la vérité.
— Oui… Il est venu dans ma chambre cette nuit. On a… couché ensemble.
Un long silence s'installe. J'entends David respirer profondément à l'autre bout du fil.
— D'accord… finit-il par dire. Je m'en doutais un peu en voyant les photos. Merci de me l'avoir dit. Je… je comprends que c'est compliqué pour toi en ce moment. Mais j'ai hâte de te revoir. Vraiment hâte.
— Moi aussi, David. Tellement. Je dois partir dans peu de temps pour New York, mais je ne sais même pas combien de temps je vais y rester. Fabio m'a juste dit que c'était urgent.
— New York… répète-t-il doucement. Fais attention à toi, d'accord ? Reviens-moi entier.
Nous parlons encore quelques minutes, de choses simples, de la ferme, de Marion, de tout sauf de la douleur qui nous sépare. Sa voix me fait du bien, même si elle me rappelle à quel point je suis déchiré.
À l'aéroport, c'est le chaos. Dès que je descends de la voiture, plusieurs fans m'aperçoivent. Des cris fusent :
— Gaspard ! Gaspard, par ici !
Des téléphones se lèvent, des flashs crépitent. Un groupe de jeunes filles et garçons se précipite vers moi. Je souris mécaniquement, signe des autographes sur des téléphones, des carnets, des billets d'avion. Une fille me serre dans ses bras en pleurant presque.
— Tu es encore plus beau en vrai !
Je pose avec eux pour des selfies, le cœur battant. La célébrité devient concrète, presque écrasante. Un agent de sécurité de l'aéroport finit par intervenir pour m'escorter jusqu'au salon VIP.
Fabio m'attend là, impeccable dans son costume, un café à la main.
— Enfin ! dit-il en me voyant. On embarque dans quarante minutes. Classe affaires, comme d'habitude. Tu as l'air crevé, mais ça va passer.
Nous montons dans l'avion. Les sièges sont spacieux, confortables. Une fois installé, je ferme les yeux, essayant de me reposer pendant le vol.
L'arrivée à New York est étourdissante. La ville semble vibrer d'une énergie folle. Le chauffeur nous dépose devant The Plaza Hotel, l'un des plus beaux et mythiques hôtels de Manhattan, face à Central Park. Ma suite est somptueuse : vue imprenable sur le parc, marbre, lustres en cristal, un lit king-size gigantesque.
Dès le lendemain matin, le tourbillon commence.
Fabio m'emmène dans un studio discret à Brooklyn pour le contrat secret du parfum. La marque est un géant américain de cosmétiques. Les directeurs, deux hommes en costume strict, m'observent pendant des heures sous des lumières différentes.
— On cherche quelqu'un qui incarne à la fois la brutalité et l'élégance, explique l'un d'eux. Tu as ce quelque chose de brut, de provincial, qui plaît énormément aux Américains.
Je pose pendant des heures, changeant de tenues, de regards. À la fin de la journée, Fabio me glisse à l'oreille :
— Ils sont conquis. Le contrat est pratiquement signé. Ça va te mettre à l'abri financièrement pour plusieurs années.
Les jours suivants sont un véritable cirque médiatique. Je passe au Tonight Show avec Jimmy Fallon. Sur scène, je raconte mon histoire avec le sourire, gérant mon accent du mieux possible. Le public rit, applaudit. Je deviens, en quelques jours, un visage connu du grand public américain.
Le shooting pour Vogue US est un sommet. Sur les toits de Manhattan, avec vue sur l'Empire State Building, je pose aux côtés de top-modèles légendaires. Anna Wintour passe même brièvement sur le set. Son regard perçant me jauge. Un simple hochement de tête de sa part, et je sais que j'ai réussi un test majeur.
La préparation du Met Gala est folle. Pendant une semaine entière, je passe des heures dans un atelier secret de Manhattan pour créer un costume extravagant : une veste en velours noir brodée de motifs inspirés de la campagne française, avec des touches modernes et audacieuses. Les essayages sont interminables, les ajustements constants.
Enfin, la signature avec la nouvelle agence mère américaine se fait au 20ème étage d'un gratte-ciel de verre. Entouré d'avocats, je signe le contrat qui officialise mon transfert vers IMG Models. On me présente mon équipe US : deux nouveaux agents ultra-efficaces, un garde du corps discret nommé Marcus, et une coach en communication qui me répète sans cesse : « Sourire, toujours sourire. »
New York m'absorbe complètement. Entre les shootings, les interviews et les soirées, je pense souvent à David… et à Vasco. La machine tourne à plein régime, et je me laisse emporter, sans vraiment savoir où elle va m'emmener.
Le vol de retour vers Londres est long. Installé en classe affaires, je regarde par le hublot les nuages défiler. Fabio est assis en face de moi, lunettes sur le nez, tapotant frénétiquement sur sa tablette. Il finit par lever les yeux et me fixe avec ce regard professionnel que je connais trop bien.
— Gaspard, il faut qu'on parle sérieusement, commence-t-il en rangeant son écran. New York a été un succès phénoménal, mais ta vie va changer radicalement maintenant. L'agence a pris une décision : tu dois t'installer définitivement à Londres.
Je me redresse brusquement dans mon siège.
— Quoi ? À Londres ? Mais… je ne veux pas vivre ici à plein temps. Ma vie est en France, avec David, avec mes parents…
Fabio secoue la tête, intraitable.
— Ce n'est plus possible. Les paparazzi te suivent déjà partout. Ton ancien appartement à Besançon serait une passoire. Londres est le centre européen de la mode, Burberry y a son siège, et c'est plus facile pour gérer ta sécurité et tes contrats internationaux. L'agence finance entièrement un appartement sécurisé à Notting Hill. Tu n'as pas le choix, Gaspard. C'est non négociable si tu veux continuer à ce niveau.
Je serre les poings, la colère et la tristesse se mélangeant en moi.
— Vous décidez tout pour moi… ma vie, mon adresse, mon avenir… Et David dans tout ça ?
— Tu pourras le voir autant que tu veux, répond Fabio plus doucement. Mais pour l'instant, concentre-toi sur ta carrière. C'est ton moment.
Je tourne la tête vers le hublot, la gorge nouée. Je n'ai pas le choix. La machine est lancée, et elle m'entraîne loin de tout ce que je connaissais.
L'avion atterrit à Heathrow sous un ciel gris typiquement britannique. Dès que je passe la douane et que les portes automatiques du terminal s'ouvrent, je comprends que plus rien ne sera comme avant.
Une dizaine de paparazzi m'attendent, appareils photo en bandoulière. Les flashs crépitent immédiatement.
— Gaspard ! Par ici ! Un sourire pour nous !
— Gaspard, comment s'est passé New York ?
— Est-ce que tu confirmes ta relation avec Vasco ?
Je baisse la tête, lunettes de soleil sur le nez, et accélère le pas. Marcus, mon nouveau garde du corps américain, se place immédiatement devant moi pour faire barrage. Des cris et des questions fusent de tous côtés. Pour la première fois, ce ne sont plus seulement des fans, mais des professionnels de la traque. Mon visage est désormais connu bien au-delà du milieu de la mode.
L'agence m'a réservé une berline noire aux vitres complètement opaques. Je m'engouffre à l'intérieur, le cœur battant. Marcus monte à l'avant.
— Bienvenue chez toi, monsieur, dit le chauffeur avec un sourire poli.
Mais ce n'est plus vraiment chez moi. Impossible de retourner dans mon ancien petit appartement. Les paparazzi le connaîtraient en moins de vingt-quatre heures. L'agence a tout organisé : un appartement ultra-sécurisé dans un quartier calme et chic de Notting Hill. Un immeuble discret avec portier, système de vidéosurveillance 24h/24 et un accès privé par parking souterrain.
Quand j'entre pour la première fois dans ce nouvel appartement, je reste sans voix. Grand salon lumineux avec vue sur un jardin privé, cuisine ultra-moderne, deux chambres spacieuses, une salle de bain en marbre et un dressing déjà à moitié rempli de vêtements envoyés par les marques. C'est beau, luxueux… et terriblement impersonnel. Je m'assois sur le canapé en cuir et passe une main sur mon visage, épuisé.
Les semaines qui suivent sont une avalanche.
Un matin, en sortant chercher le journal, je tombe sur mon propre visage. Des affiches gigantesques de douze mètres de haut ornent les façades des grands magasins de Regent Street. Mon regard sérieux, torse nu, une bouteille de parfum à la main. Le même visuel est partout : sur les abribus, dans le métro, sur les panneaux publicitaires de Paris, New York, Tokyo et Milan. La campagne du parfum a été lancée simultanément dans le monde entier.
Les spots télévisés passent en boucle. La vidéo tournée en secret à Brooklyn, avec une lumière chaude et une musique sensuelle, montre mon visage en gros plan, puis un plan large où je marche dans les rues de New York. Le baiser avec Vasco à Milan est subtilement évoqué dans le montage. Le monde entier associe désormais mon image à cette marque de luxe.
Les virements arrivent par vagues. Des sommes à six chiffres. Puis à sept. Mon compte en banque, qui affichait autrefois un solde ridicule, explose littéralement. Fabio m'oblige à rencontrer une équipe financière complète : un gestionnaire de patrimoine, un comptable et un avocat fiscaliste.
— Tu ne peux plus gérer ça tout seul, me dit-il lors d'une réunion dans son bureau londonien. Tu paies maintenant des impôts dans trois pays différents. Il faut structurer tout ça.
Je passe des heures à signer des documents, à comprendre des placements, des sociétés offshore, des optimisations fiscales. C'est vertigineux. Il y a encore un mois, je comptais chaque euro pour finir le mois. Aujourd'hui, je suis riche. Vraiment riche.
Dès que j'ai un peu de répit, je refuse toutes les soirées londoniennes. Ma seule priorité, c'est David. Ne pouvant pas aller à Besançon sans être suivi par les paparazzi, j'achète un billet Eurostar en première classe et lui demande de me rejoindre discrètement à Londres.
Le jour de son arrivée, je l'attends dans l'appartement de Notting Hill, le cœur battant. Quand la porte s'ouvre et qu'il entre, valise à la main, l'émotion nous submerge tous les deux.
David reste figé un instant, regardant l'immense salon, les baies vitrées, le luxe discret qui m'entoure désormais.
— Gaspard… murmure-t-il.
Je me précipite vers lui et le serre dans mes bras de toutes mes forces. Nous restons longtemps enlacés, sans parler. Il sent la même odeur que toujours : un mélange de savon, de lessive et de lui. Je respire son cou comme si ma vie en dépendait.
— Tu m'as tellement manqué, dis-je d'une voix brisée.
— Toi aussi… répond-il en me serrant plus fort. Tellement.
Nous passons les premières heures à nous retrouver. Nous faisons l'amour lentement, tendrement, comme pour rattraper tout le temps perdu. Ensuite, nous restons au lit pendant des heures, à parler de tout et de rien, à rire, à pleurer un peu aussi. Le décalage est palpable : j'ai changé physiquement, je parle différemment, je vis dans un univers qu'il ne connaît pas. Mais au fond, je reste son Gaspard.
Quelques jours plus tard, lors d'un dîner calme que j'ai préparé moi-même dans la cuisine de l'appartement, je pose enfin les cartes sur la table.
— David… Ma vie a complètement changé, et ça va aller de plus en plus vite. Je ne peux plus vivre cette aventure sans toi. Les distances, les fuseaux horaires, les agents… ça va nous détruire si on reste séparés. J'ai besoin que tu sois mon ancrage. Viens vivre avec moi à Londres.
David repose sa fourchette. Il reste silencieux un long moment, les yeux baissés sur son assiette.
— C'est… magnifique ce que tu me proposes, finit-il par dire. Mais c'est aussi terrifiant. Quitter Besançon, mes études, mes amis, ma famille… J'ai peur de devenir simplement « le copain de Gaspard, l'égérie Burberry ». J'ai peur de me perdre dans ton ombre.
Je lui prends la main par-dessus la table.
— Je ne veux pas que tu deviennes mon assistant. À Londres, avec les contacts de l'agence, tu pourras trouver un travail qui te plaît, reprendre tes études ou même lancer tes propres projets. On construira une vie à deux, équilibrée. Je te le promets. Je ne veux pas te perdre, David. Tu es la seule chose qui me garde les pieds sur terre.
Nous en parlons pendant des heures. Des doutes, des peurs, des espoirs. David me parle de sa vie à Besançon, de la pression qu'il ressent déjà à cause des rumeurs. Je lui promets que je ferai tout pour le protéger, que je serai là pour lui comme il l'a toujours été pour moi.
Après plusieurs jours de réflexion et de longues discussions tard le soir, l'amour l'emporte. David accepte.
— Oui, dit-il un soir, les yeux brillants. Je viens avec toi.
Les semaines suivantes sont consacrées au déménagement. Nous organisons les cartons depuis Besançon. Je l'aide financièrement et administrativement pour toutes les démarches. Quand il arrive définitivement à Notting Hill avec ses affaires, c'est comme un nouveau chapitre qui commence.
Désormais, quand je rentre épuisé d'un shooting ou d'un débriefing tendu, je ne suis plus seul. David est là. Il devient mon refuge secret, la personne qui m'aimait avant que le monde entier ne connaisse mon nom.
Vasco ne disparaît pas de ma vie. Nos chemins se croisent régulièrement sur les défilés à Paris, Milan ou même New York. Chaque fois, l'air devient électrique. Nous échangeons des regards intenses, parfois quelques mots en coulisses, chargés de tension et de souvenirs. Une nuit à Paris, après un défilé commun, nous finissons par passer quelques heures ensemble dans une chambre d'hôtel. La passion est toujours là, brûlante, mais je rentre toujours vers David. Ce triangle devient ma nouvelle réalité : un équilibre fragile entre amour, désir et culpabilité.
Les mois passent. Ma carrière explose, mon compte en banque aussi, mais c'est dans les bras de David, dans notre appartement de Notting Hill, que je retrouve un semblant de paix.
Fin du chapitre 40.
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Chapitre 41
Gaspard et David partagent une vie à Notting Hill, solide et amoureuse, rythmée par les défilés et les retours au foyer. Vasco, mannequin charismatique et présence indispensable, tisse entre eux un lien à trois rare, libre et assumé. Derrière les rires et les dîners complices, chacun porte en silence ses propres désirs et ses propres fragilités. Jusqu'où peut-on aimer, et que demande vraiment une vie partagée entre lumières et intimité ?
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