Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cybèle et pourtant — Chapitre 27
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cybèle et pourtant
Chapitre 27
Les malheurs de Sophie
Sophie, ce matin-là allait nettement mieux. Elle avait décidé de prendre sa vie en mains et de créer sa propre société. Cette perspective lui rendait son optimisme et, le cannabis aidant, elle commençait à oublier la déception que lui avait causée le « lâchage » de Cédric. Elle était un peu honteuse de son attitude vis-à-vis de MarieClaude, mais celle-ci savait si bien pardonner que tout serait vite oublié. Elle n'aurait qu'à lui faire un petit cadeau.
Elle avait abandonné l'idée de prendre quelques années sabbatiques quand elle s'était rendu compte que les autres ne faisaient pas comme elle. La plupart de ses connaissances étaient prises soit par des études, soit par une activité professionnelle de sorte qu'elles n'étaient pas disponibles pour partager ses distractions. Ça l'avait un peu surprise au début car elle pensait qu'ils trouveraient plus amusant de faire comme elle. Alors, elle avait longuement réfléchi à la question et avait fini par conclure qu'après tout, ça devait être amusant de travailler puisque presque tout le monde voulait le faire.
Elle avait donc décidé de chercher du travail. Elle avait répondu à une annonce offrant un poste de débutante dans une société s'occupant de l'aménagement de l'espace urbain. Elle n'avait pas grand-chose à mettre dans son curriculum vitae car elle n'avait même pas fait un seul stage pendant ses études. Elle avait donc ajouté une photo d'elle dans une robe un peu moulante mettant ses jolies formes en valeur.
Elle avait été assez rapidement reçue par le chef du personnel. Ce dernier lui avait paru plus intéressé par sa plastique irréprochable et ses jambes fuselées que par une expérience professionnelle pouvant se résumer en un mot : Néant. Elle avait donc été embauchée comme débutante avec une période d'essai d'un mois. Elle ne voyait pas trop l'intérêt d'une période d'essais. Elle supposa que, par honnêteté, les responsables de la société lui laissaient la possibilité de mettre fin à leur collaboration si elle n'était pas satisfaite du fonctionnement de l'entreprise.
Elle devait commencer le lundi suivant alors elle avait décidé de fêter dignement l'évènement le dimanche soir en allant faire la java dans une boite de nuit en compagnie de quelques soupirants. Elle avait fumé deux joints et avait bu une grande vodka et deux whiskies. Elle avait dansé et flirté jusqu'à deux heures du matin, heure à laquelle elle était rentrée « sagement » se coucher. Le lendemain matin elle s'était réveillée à neuf heures alors qu'on l'attendait à huit heures. Elle s'était dit que pour son premier jour, on se montrerait sûrement indulgent. Elle était arrivée à onze heures du matin et avait été accueillie plutôt fraîchement par le chef du personnel qui semblait plus intéressé ce jour-là par l'heure qu'indiquait sa montre que par sa plastique irréprochable et ses jambes fuselées. Elle avait pensé, dans un premier temps, lui reprocher son manque de galanterie, mais elle s'était dit qu'un peu de diplomatie pourrait lui faciliter les choses.
Elle inventa donc une histoire d'accident de la circulation nécessitant son témoignage. Elle rajouta qu'elle trouvait cet incident d'autant plus rageant que, sans cela, elle serait arrivée à l'heure et même probablement en avance.
Cette première journée l'avait franchement déçue.
D'abord, le directeur du personnel était resté très froid. Elle se demandait s'il avait cru à ses excuses. Il l'avait confiée à une simple employée qui s'était contentée de lui faire faire les procédures administratives d'embauche sans faire le moindre effort pour engager la conversation. Lorsque Sophie lui avait demandé à quelle heure elle avait son rendez-vous avec le PDG, elle s'était contentée de hausser les épaules en secouant la tête avec commisération, répliquant simplement par un insultant « n'importe quoi ! ». Sophie n'avait pas insisté. Le PDG devait sûrement préférer qu'elle passe quelques jours dans les bureaux avant de lui faire part de ses réflexions sur les possibilités d'amélioration de l'organisation.
D'abord, le directeur du personnel était resté très froid. Elle se demandait s'il avait cru à ses excuses. Il l'avait confiée à une simple employée qui s'était contentée de lui faire faire les procédures administratives d'embauche sans faire le moindre effort pour engager la conversation. Lorsque Sophie lui avait demandé à quelle heure elle avait son rendez-vous avec le PDG, elle s'était contentée de hausser les épaules en secouant la tête avec commisération, répliquant simplement par un insultant « n'importe quoi ! ». Sophie n'avait pas insisté. Le PDG devait sûrement préférer qu'elle passe quelques jours dans les bureaux avant de lui faire part de ses réflexions sur les possibilités d'amélioration de l'organisation.
Ensuite, ce fut son bureau qui la déçut. Elle avait longuement réfléchi à la décoration qu'elle comptait réaliser afin que ses clients soient plus à l'aise. Au lieu de cela, elle se retrouva au fond d'une grande salle aux murs peints en blanc sans aucune décoration et dans laquelle se trouvaient une dizaine de bureaux. On lui avait octroyé quelques crayons, deux stylos à bille, un téléphone sans accès direct à l'extérieur et tout de même, un ordinateur. Mais, elle eut beau chercher, aucun jeu n'était disponible sur cette machine. Quand elle demanda qui aurait la charge de taper ses courriers, son responsable lui répondit d'un ton sec que, si elle ne savait pas ce qu'était un traitement de texte, il allait falloir qu'elle apprenne très vite. Il ajouta que, de toute manière, on ne lui demandait pas de faire des courriers mais d'apprendre à travailler.
Là-dessus, il avait déposé un « Book » d'au moins une centaine de pages devant elle et lui avait demandé de le lire d'ici la fin de la journée, puis il était retourné vaquer à ses occupations. A midi, elle avait demandé timidement à quel endroit se trouvait le restaurant d'entreprise. On lui avait répondu qu'il n'y en avait pas et que de toute façon la plupart des employés de contentaient d'un sandwich car ils faisaient la journée continue. Elle était donc sortie prendre un café et une petite brioche toute seule dans un bar proche de l'entreprise avant de retourner au bureau. Elle avait ensuite essayé de faire la connaissance des personnes présentes en faisant allusion aux informations qu'elle avait lues la semaine passée dans « Closer ». Elle n'avait pas rencontré un franc succès et avait même fini par se faire envoyer sur les roses par la personne dont le bureau était le plus proche et qui lui avait reproché de l'empêcher de se concentrer avec ses inutiles bavardages.
Elle avait donc décidé de bouder, mais cela n'avait visiblement impressionné personne. Elle s'était finalement résignée à ouvrir le « Book » qui lui avait été remis et avait commencé à en tourner machinalement les pages tout en rêvassant. Quand vint l'heure de repartir, elle était arrivée au milieu du « Book », mais n'avait pas le moindre souvenir du contenu de la partie qu'elle avait cru regarder. Aussi, lorsque son responsable vint le lui réclamer, car il en avait besoin, elle bafouilla qu'elle ne l'avait pas tout à fait fini et qu'elle le rendrait sans faute le lendemain. Le soir, elle essaya de le lire sérieusement, mais c'était affreusement barbant et elle n'arrivait pas vraiment à se concentrer, de sorte que, quand elle alla se coucher, elle n'avait réussi à lire que quelques pages.
Le lendemain matin catastrophe ! Elle avait oublié de mettre son réveil à sonner et il était neuf heures du matin. Elle se rua dans la salle de bain pour faire une rapide toilette, déjeuna sur le pouce, s'habilla le plus rapidement possible, n'oubliant toutefois pas de se maquiller soigneusement, et arriva triomphalement au travail à dix heures. Elle était contente car elle avait réussi à gagner une heure sur la veille.
Quand elle arriva à son bureau, elle s'aperçut que son ordinateur avait disparu ainsi que son téléphone et sa papeterie. Son responsable, qui l'attendait, lui demanda de poser le « Book » et de se rendre immédiatement à la direction du personnel. Le Directeur du personnel ne semblait pas disponible et elle fut de nouveau reçue par l'employée qui lui avait fait remplir les procédures administratives la veille. Celle-ci la regarda froidement.
— Bien ! Vous avez été embauchée pour un salaire mensuel de deux mille Euros ce qui fait cent Euros par jour ouvré. Comme vous n'avez travaillé que quatre heures pour un horaire légal de sept heures par jour, cela vous fait un brut de cinquante-sept Euros. Avec vingt-cinq pour cent de charges sociales, cela vous fait un net de quarante-cinq Euros et soixante cents. Pouvez-vous signer ces papiers ?
— De quoi s'agit-il ?
— De votre solde de tout compte et votre certificat de travail.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Le solde de tout compte indique que nous vous avons payé tout ce que nous vous devions à ce jour. Quant au certificat, il indique que vous avez travaillé hier pour notre société et qu'à partir de ce matin, vous êtes libre de tout engagement.
— Ça veut dire quoi ?
— Que vous êtes virée. Bon ! Si vous voulez bien signer rapidement, j'ai beaucoup de travail aujourd'hui.
— De quoi s'agit-il ?
— De votre solde de tout compte et votre certificat de travail.
— Qu'est-ce que c'est ?
— Le solde de tout compte indique que nous vous avons payé tout ce que nous vous devions à ce jour. Quant au certificat, il indique que vous avez travaillé hier pour notre société et qu'à partir de ce matin, vous êtes libre de tout engagement.
— Ça veut dire quoi ?
— Que vous êtes virée. Bon ! Si vous voulez bien signer rapidement, j'ai beaucoup de travail aujourd'hui.
Sophie avait été terriblement déçue de ce qui s'était passé mais elle avait décidé que le meilleur moyen d'avancer était de se remettre en cause, de tirer les leçons du passé. En y réfléchissant objectivement, elle était obligée de s'avouer qu'elle n'était pas faite pour être salariée. Elle avait l'esprit trop indépendant, elle avait trop de personnalité. Cela faisait de l'ombre à ses collègues qui s'acharneraient à lui pourrir la vie. Même le PDG avait semblé l'éviter. C'était idiot de sa part car elle désirait seulement l'aider, pas prendre sa place. Non ! Il fallait qu'elle en revienne à son idée première qui était de monter sa propre société. Elle avait donc pris rendez-vous avec le directeur de l'agence qui gérait les comptes de ses parents, en tout cas ceux qui n'étaient pas en Suisse. Le nom de son père lui avait permis d'obtenir très rapidement un rendez-vous et c'est pourquoi, ce jour-là, elle franchissait, pleine d'un optimisme retrouvé, la porte de l'agence.
Elle se présenta à l'accueil et précisa qui elle était.
— Bonjour Mademoiselle Leroy. Monsieur Martin vous prie de bien vouloir l'excuser. Il est encore avec un client, mais il va vous recevoir tout de suite après. Voulez-vous un café ou un rafraîchissement pour vous aider à patienter ?
— Non merci, c'est très gentil à vous, mais ne donnez pas tant de mal.
— Si vous avez le moindre besoin, n'hésitez pas. Nous sommes à votre entière disposition.
— Non merci, c'est très gentil à vous, mais ne donnez pas tant de mal.
— Si vous avez le moindre besoin, n'hésitez pas. Nous sommes à votre entière disposition.
Sophie était très favorablement impressionnée. Ça avait l'air d'une agence vraiment sérieuse. Au bout de cinq minutes à peine, elle vit s'ouvrir la porte du bureau de la direction et Monsieur Martin en sortit en compagnie d'un client. Il lui adressa un grand sourire et fit signe à l'hôtesse d'accueil de l'introduire. Sophie s'assit dans un fauteuil des plus confortables et quelques instants plus tard, monsieur Martin la rejoignit.
— Mademoiselle Leroy ! Je suis vraiment très honoré de votre visite, et je vous supplie d'excuser ce petit retard bien involontaire. Etes-vous bien assise ? Voulez-vous que l'hôtesse vous apporte un petit café ou un rafraîchissement ?
— Je vous remercie. Elle me l'a déjà proposé, mais je n'ai besoin de rien.
— Quelques biscuits ? J'ai aussi de très bons chocolats.
— Vous êtes très gentil, mais tout va bien ; je n'ai besoin de rien.
— Alors dans ce cas je serais ravi de savoir ce qui me vaut l'honneur de vous rencontrer. Je suppose que vous avez besoin de nos services. Je ne pense pas qu'il y ait le moindre problème. Notre devise c'est « Vous demandez ? vous obtenez ! ».
— C'est une excellente devise que vous avez là monsieur Martin.
— Alors ! qu'allez nous nous demander Mademoiselle Leroy ? Attendez, laissez-moi deviner. Vous voulez vous acheter une nouvelle voiture ? C'est ça ! J'en suis sûr vous avez besoin d'un petit prêt pour acheter une voiture. Avez-vous déjà fait un choix ?
— Pas du tout, monsieur Martin. Je n'ai pas l'intention de changer de voiture.
— Je vous remercie. Elle me l'a déjà proposé, mais je n'ai besoin de rien.
— Quelques biscuits ? J'ai aussi de très bons chocolats.
— Vous êtes très gentil, mais tout va bien ; je n'ai besoin de rien.
— Alors dans ce cas je serais ravi de savoir ce qui me vaut l'honneur de vous rencontrer. Je suppose que vous avez besoin de nos services. Je ne pense pas qu'il y ait le moindre problème. Notre devise c'est « Vous demandez ? vous obtenez ! ».
— C'est une excellente devise que vous avez là monsieur Martin.
— Alors ! qu'allez nous nous demander Mademoiselle Leroy ? Attendez, laissez-moi deviner. Vous voulez vous acheter une nouvelle voiture ? C'est ça ! J'en suis sûr vous avez besoin d'un petit prêt pour acheter une voiture. Avez-vous déjà fait un choix ?
— Pas du tout, monsieur Martin. Je n'ai pas l'intention de changer de voiture.
Le directeur de l'agence rit de bon cœur.
— Ah ! vous m'avez bien eu. Allez ! Je donne ma langue au chat ! Dites-moi tout !
— Eh bien, monsieur Martin, j'ai décidé de monter ma propre société.
— Ah… Mais… Oui… Oui… oui… C'est une excellente heu… idée de… heu… monter une société… heu… une excellente idée…
— Eh bien, monsieur Martin, j'ai décidé de monter ma propre société.
— Ah… Mais… Oui… Oui… oui… C'est une excellente heu… idée de… heu… monter une société… heu… une excellente idée…
Monsieur Martin semblait légèrement déstabilisé.
— Je ne m'attendais pas à ça. Et heu… quel genre de… heu… société souhaitez-vous heu… monter ?
— Une société de design pour l'aménagement urbain.
— Oui… Oui… Oui… l'aménagement urbain… Il y en a déjà une bonne demi-douzaine. Vous pensez qu'il y a encore un créneau ?
— J'en suis certaine.
— Bien, mademoiselle Leroy, je vais voir ce que je peux faire.
— Il y a un problème ?
— Nooooon ! Il y a seulement quelques… disons… préalables. C'est ça ! quelques préalables !
— Puis-je savoir lesquels ?
— Je suppose que vous n'avez pas de fortune personnelle ?
— Je suis héritière monsieur Leroy !
— Je veux dire des biens qui vous appartiennent en propre.
— Non.
— Alors, je suppose que votre père va se porter caution pour votre emprunt ?
— Qu'est-ce que ça veut dire se porter caution ?
— Ça veut dire que si, ce qui peut arriver, vous ne pouvez pas rembourser, c'est votre papa qui devra rembourser à votre place.
— Ah c'est ça ? Alors, ne vous en faites pas. Mon père a toujours remboursé mes dettes.
— Me voilà tout à fait rassuré. C'est une simple formalité et dès que nous aurons la déclaration signée…
— Il faut un papier signé ?
— Naturellement ! D'ailleurs, votre papa est très au fait de ces choses-là.
— Alors, il faudra que je lui en parle.
— De la caution ?
— Et puis du fait que je crée une entreprise.
— Il n'est pas au courant ?
— Vous savez, ma décision de créer une entreprise est très récente.
— Vous voulez dire quelques mois seulement ?
— Non ! La semaine dernière.
— Méééé… vous avez réussi à rédiger un dossier complet en une semaine ?
— Quel dossier ?
— Un dossier disant quand et comment vous comptez créer votre entreprise, avec une étude de marché et un business plan.
— Vous savez, moi, j'ai tout dans la tête. Alors, je ne vois pas trop l'intérêt de faire un business machin.
— Mademoiselle, je ne doute pas de vos capacités à créer une entreprise, mais je crois qu'il faut d'abord que vous en parliez à votre papa.
— Vous ne voulez pas me prêter de l'argent ?
— Mademoiselle, je vous en prie, allez très vite en parler à votre papa ! C'est très important !
— Bon ! mais c'est une perte de temps.
— Je vous en supplie, mademoiselle Leroy, parlez-en d'abord à votre papa.
— Oui ! ça va ! j'ai compris ! Je vais lui en parler. Mais, permettez-moi de vous dire que si vous continuez à vous montrer aussi pusillanime, vous n'arriverez pas à faire beaucoup d'affaires !
— Une société de design pour l'aménagement urbain.
— Oui… Oui… Oui… l'aménagement urbain… Il y en a déjà une bonne demi-douzaine. Vous pensez qu'il y a encore un créneau ?
— J'en suis certaine.
— Bien, mademoiselle Leroy, je vais voir ce que je peux faire.
— Il y a un problème ?
— Nooooon ! Il y a seulement quelques… disons… préalables. C'est ça ! quelques préalables !
— Puis-je savoir lesquels ?
— Je suppose que vous n'avez pas de fortune personnelle ?
— Je suis héritière monsieur Leroy !
— Je veux dire des biens qui vous appartiennent en propre.
— Non.
— Alors, je suppose que votre père va se porter caution pour votre emprunt ?
— Qu'est-ce que ça veut dire se porter caution ?
— Ça veut dire que si, ce qui peut arriver, vous ne pouvez pas rembourser, c'est votre papa qui devra rembourser à votre place.
— Ah c'est ça ? Alors, ne vous en faites pas. Mon père a toujours remboursé mes dettes.
— Me voilà tout à fait rassuré. C'est une simple formalité et dès que nous aurons la déclaration signée…
— Il faut un papier signé ?
— Naturellement ! D'ailleurs, votre papa est très au fait de ces choses-là.
— Alors, il faudra que je lui en parle.
— De la caution ?
— Et puis du fait que je crée une entreprise.
— Il n'est pas au courant ?
— Vous savez, ma décision de créer une entreprise est très récente.
— Vous voulez dire quelques mois seulement ?
— Non ! La semaine dernière.
— Méééé… vous avez réussi à rédiger un dossier complet en une semaine ?
— Quel dossier ?
— Un dossier disant quand et comment vous comptez créer votre entreprise, avec une étude de marché et un business plan.
— Vous savez, moi, j'ai tout dans la tête. Alors, je ne vois pas trop l'intérêt de faire un business machin.
— Mademoiselle, je ne doute pas de vos capacités à créer une entreprise, mais je crois qu'il faut d'abord que vous en parliez à votre papa.
— Vous ne voulez pas me prêter de l'argent ?
— Mademoiselle, je vous en prie, allez très vite en parler à votre papa ! C'est très important !
— Bon ! mais c'est une perte de temps.
— Je vous en supplie, mademoiselle Leroy, parlez-en d'abord à votre papa.
— Oui ! ça va ! j'ai compris ! Je vais lui en parler. Mais, permettez-moi de vous dire que si vous continuez à vous montrer aussi pusillanime, vous n'arriverez pas à faire beaucoup d'affaires !
Elle se leva très digne.
— Inutile de me raccompagner, je trouverai moi-même la sortie.
Dès qu'elle fut partie, monsieur Martin courut à l'accueil.
— Mademoiselle trouvez-moi tout de suite monsieur Leroy et passez-le-moi. Surtout, dites-lui que c'est urgent.
Sophie était ulcérée d'avoir été traitée comme elle l'avait été ce matin-là. Pour se calmer, elle alla s'asseoir à la terrasse d'un café. Elle essaya de réfléchir à ce qui s'était passé. Elle était bien obligée d'admettre qu'elle s'était comportée de manière idiote. Elle ne s'était pas préoccupée des conditions à remplir pour pouvoir emprunter et d'ailleurs, elle n'avait aucune idée de la somme dont elle aurait besoin. Elle n'avait pas non plus réfléchi avant de décider de créer une entreprise.
Au début, elle avait été tentée d'aller se plaindre à son père de s'être faite éconduire mais, à la réflexion, elle pensait que plus elle serait discrète sur ce malheureux évènement, mieux cela vaudrait pour elle. Elle décida donc de se taire et de garder pour elle la honte que lui inspirait maintenant sa sottise. C'était sans compter avec le coup de téléphone que son père avait reçu de monsieur Martin. Lorsqu'elle revint à l'hôtel particulier, sa mère l'attendait.
Au début, elle avait été tentée d'aller se plaindre à son père de s'être faite éconduire mais, à la réflexion, elle pensait que plus elle serait discrète sur ce malheureux évènement, mieux cela vaudrait pour elle. Elle décida donc de se taire et de garder pour elle la honte que lui inspirait maintenant sa sottise. C'était sans compter avec le coup de téléphone que son père avait reçu de monsieur Martin. Lorsqu'elle revint à l'hôtel particulier, sa mère l'attendait.
— Ton père t'attend à la bibliothèque.
— Tu sais pourquoi ?
— Tu sais pourquoi ?
Sa mère la regarda avec froideur.
— Il te le dira lui-même.
Sophie se dirigea très inquiète vers la bibliothèque. Ce pouvait-il que son père soit déjà au courant ? Elle frappa discrètement à la porte de la bibliothèque. Son père lui dit d'entrer. Il lui tournait le dos.
— Assieds-toi.
— Papa, je…
— Je t'ai dit de t'asseoir !
— Papa, je…
— Je t'ai dit de t'asseoir !
Elle s'assit précipitamment.
— Papa, je…
Il se retourna et la toisa avec le plus profond mépris.
— Dis-moi, Sophie. T'estimes-tu intelligente ?
— Heu… je ne sais pas papa.
— Je pense que tu te crois sincèrement intelligente. C'est un point sur lequel nous sommes d'ailleurs en complet désaccord. Moi, je crois que tu es une parfaite imbécile.
— Papa, je suis désolée…
— C'est moi qui suis désolé. Je suis désolé d'avoir enfanté une des pires petites dindes qui aient jamais vu le jour. Je dois dire qu'en ce domaine, tu es une sorte de championne. Il y a des gens qui ont des enfants qui sont champions de football ou championnes de tennis. Moi, j'ai une fille qui est championne d'imbécilité. Tu vois, je me suis demandé dans un premier temps, si j'allais te faire interner dans un asile psychiatrique, mais tout bien considéré, ça pourrait nuire aux affaires à cause du scandale. J'ai donc décidé de t'accorder un sursis. J'ai obtenu de Martin qu'il jette un voile discret sur votre entrevue de ce matin. Nous ferons comme si rien ne s'était passé.
— Papa, je vous demande pardon…
— Non. Tu veux seulement éviter de te faire engueuler. Mais, tu vois, je n'ai pas élevé la voix. J'ai gardé mon calme. Cependant tu aurais bien tort de croire que j'oublierai la honte que tu m'as faite. Voila ! je crois que j'ai fait le tour du problème. Tu peux t'en aller. Vas où tu veux, ça m'est complètement indifférent mais surtout, évite de te montrer à moi pendant que je mange. Je risquerais de vomir mon repas en te voyant. Je ne te retiens pas. Je serai très heureux de ne pas avoir à contempler ton air imbécile pendant un certain temps.
— Heu… je ne sais pas papa.
— Je pense que tu te crois sincèrement intelligente. C'est un point sur lequel nous sommes d'ailleurs en complet désaccord. Moi, je crois que tu es une parfaite imbécile.
— Papa, je suis désolée…
— C'est moi qui suis désolé. Je suis désolé d'avoir enfanté une des pires petites dindes qui aient jamais vu le jour. Je dois dire qu'en ce domaine, tu es une sorte de championne. Il y a des gens qui ont des enfants qui sont champions de football ou championnes de tennis. Moi, j'ai une fille qui est championne d'imbécilité. Tu vois, je me suis demandé dans un premier temps, si j'allais te faire interner dans un asile psychiatrique, mais tout bien considéré, ça pourrait nuire aux affaires à cause du scandale. J'ai donc décidé de t'accorder un sursis. J'ai obtenu de Martin qu'il jette un voile discret sur votre entrevue de ce matin. Nous ferons comme si rien ne s'était passé.
— Papa, je vous demande pardon…
— Non. Tu veux seulement éviter de te faire engueuler. Mais, tu vois, je n'ai pas élevé la voix. J'ai gardé mon calme. Cependant tu aurais bien tort de croire que j'oublierai la honte que tu m'as faite. Voila ! je crois que j'ai fait le tour du problème. Tu peux t'en aller. Vas où tu veux, ça m'est complètement indifférent mais surtout, évite de te montrer à moi pendant que je mange. Je risquerais de vomir mon repas en te voyant. Je ne te retiens pas. Je serai très heureux de ne pas avoir à contempler ton air imbécile pendant un certain temps.
Sophie quitta la bibliothèque complètement désemparée. Elle se rendait compte qu'elle avait fait une bêtise et qu'elle méritait une sévère réprimande, mais elle n'avait pas l'impression d'avoir mérité un tel mépris, une telle haine. Elle avait le sentiment d'être devenue une étrangère pour son père. En sortant, elle croisa sa mère dans le salon. Cette dernière la regarda froidement.
— Tu voulais prendre un congé sabbatique de plusieurs années. C'était une très bonne idée. Il faut simplement que tu t'éloignes quelques temps d'ici pour ton bien et pour notre tranquillité.
Sophie courut s'enfermer dans sa chambre, se jeta sur son lit et éclata en sanglots. Elle naviguait en plein cauchemar. Ses parents n'avaient jamais été très affectueux avec elle, mais, jamais non plus, ils ne l'avaient traitée ainsi. Au bout d'une demi-heure, elle finit par se calmer. Elle se leva, se dirigea vers le tiroir secret de son secrétaire, prit dedans le dernier joint qui y restait et l'alluma. Elle en tira quelques bouffées, puis l'écrasa rageusement sur la semelle de sa chaussure avant de le jeter dans la corbeille à papier. Ça ne lui faisait plus aucun effet. Elle tourna en rond dans sa chambre en remuant des idées noires. Elle finit par s'allonger pour essayer de dormir et elle réussit à somnoler quelques temps. Vers quinze heures, elle décida de sortir pour se changer les idées. Elle alla se rafraîchir le visage et refaire son maquillage puis redescendit au rez-de-chaussée. Comme elle passait devant le salon, elle entendit sa mère l'appeler.
— Sophie !
— Oui maman ?
— J'ai à te parler !
— Oui maman ?
— J'ai à te parler !
Elle se dirigea vers sa mère et s'assit en face d'elle. Elle l'aurait volontiers envoyée balader, mais elle se sentait vidée de toute énergie.
— Nous avons discuté à ton sujet, ton père et moi. Il ne souhaite pas avoir l'occasion de te rencontrer actuellement.
— J'ai effectivement CRU comprendre (Elle appuya sur le « cru » d'un ton sarcastique) qu'il ne voulait plus me voir.
— Ne me réponds pas sur ce ton !
— J'ai effectivement CRU comprendre (Elle appuya sur le « cru » d'un ton sarcastique) qu'il ne voulait plus me voir.
— Ne me réponds pas sur ce ton !
Sophie répondit avec lassitude.
— Je vous prie de m'excuser.
— Nous avons décidé qu'il serait bon que tu t'éloignes d'ici pour le moment. Nous allons donc mettre à ta disposition un des studios que nous possédons en ville et qui vient d'être libéré par son occupant précédent. Bien entendu, tu n'auras strictement rien à payer comme c'est le cas maintenant et tu auras même une femme de ménage qui passera deux fois par semaine. Tu disposeras en outre d'une somme mensuelle de cinq mille Euros pour te nourrir, te vêtir, pour ta voiture et ton abonnement téléphonique. Tu dépenseras cette somme comme tu l'entendras, mais tu n'auras pas un Cent de plus si tu as tout dépensé avant la fin du mois. Nous nous occupons de vider ta chambre et de faire transporter meubles et affaires personnelles dans ton studio. La cuisine est entièrement équipée et quand tu emménageras demain tu trouveras le réfrigérateur déjà rempli. Ensuite, tu te débrouilleras pour ranger tes affaires toi-même, ce qui te changera, ou si tu préfères, tu les laisseras dans leurs cartons ; c'est ton problème. Voici un papier sur lequel figurent l'adresse et le numéro de téléphone de ton nouveau logement. Il s'agit du téléphone fixe. Tu recevras sous peu un nouveau téléphone portable avec un nouveau numéro.
— Pourquoi je ne peux pas garder l'ancien ?
— Parce que, ma chère, ton ancien numéro est associé à notre abonnement téléphonique et Internet à nous tandis que le nouveau sera associé à ton abonnement à toi, abonnement que tu paieras toi-même. Je pense que dès que tu auras constaté ce que ça coute de téléphoner sans arrêt ou de jouer à des jeux en ligne avec un smartphone, tu modèreras ton enthousiasme d'utilisatrice. Ton ancien numéro sera désactivé demain, mais je suis certaine que ça ne sera pas un problème pour toi de te contenter de ton téléphone fixe quelques jours. Voilà aussi les clefs de ton nouveau logement. Je te conseille d'être là au moment où on te livrera tes meubles et tes affaires sinon tu risques de les retrouver sur le trottoir en arrivant chez toi. Une dernière chose : Ce soir, tu ne dines pas avec nous, mais à titre exceptionnel, tu es autorisée à manger à la cuisine ce que tu te seras toi-même préparé. Maintenant, tu peux disposer.
— Nous avons décidé qu'il serait bon que tu t'éloignes d'ici pour le moment. Nous allons donc mettre à ta disposition un des studios que nous possédons en ville et qui vient d'être libéré par son occupant précédent. Bien entendu, tu n'auras strictement rien à payer comme c'est le cas maintenant et tu auras même une femme de ménage qui passera deux fois par semaine. Tu disposeras en outre d'une somme mensuelle de cinq mille Euros pour te nourrir, te vêtir, pour ta voiture et ton abonnement téléphonique. Tu dépenseras cette somme comme tu l'entendras, mais tu n'auras pas un Cent de plus si tu as tout dépensé avant la fin du mois. Nous nous occupons de vider ta chambre et de faire transporter meubles et affaires personnelles dans ton studio. La cuisine est entièrement équipée et quand tu emménageras demain tu trouveras le réfrigérateur déjà rempli. Ensuite, tu te débrouilleras pour ranger tes affaires toi-même, ce qui te changera, ou si tu préfères, tu les laisseras dans leurs cartons ; c'est ton problème. Voici un papier sur lequel figurent l'adresse et le numéro de téléphone de ton nouveau logement. Il s'agit du téléphone fixe. Tu recevras sous peu un nouveau téléphone portable avec un nouveau numéro.
— Pourquoi je ne peux pas garder l'ancien ?
— Parce que, ma chère, ton ancien numéro est associé à notre abonnement téléphonique et Internet à nous tandis que le nouveau sera associé à ton abonnement à toi, abonnement que tu paieras toi-même. Je pense que dès que tu auras constaté ce que ça coute de téléphoner sans arrêt ou de jouer à des jeux en ligne avec un smartphone, tu modèreras ton enthousiasme d'utilisatrice. Ton ancien numéro sera désactivé demain, mais je suis certaine que ça ne sera pas un problème pour toi de te contenter de ton téléphone fixe quelques jours. Voilà aussi les clefs de ton nouveau logement. Je te conseille d'être là au moment où on te livrera tes meubles et tes affaires sinon tu risques de les retrouver sur le trottoir en arrivant chez toi. Une dernière chose : Ce soir, tu ne dines pas avec nous, mais à titre exceptionnel, tu es autorisée à manger à la cuisine ce que tu te seras toi-même préparé. Maintenant, tu peux disposer.
Sophie sortit de la pièce complètement sonnée. Elle avait de la peine à réaliser qu'elle venait de se faire « virer » en quelques minutes de la chambre qu'elle occupait depuis sa plus tendre enfance. Elle sortit de l'hôtel particulier et se dirigea machinalement vers sa voiture. Elle conduisit comme une somnambule jusqu'à l'adresse de son logement et pénétra dans celui-ci. Il était complètement vide en dehors d'un boitier internet et d'un téléphone fixe. De la cuisine provenait le ronronnement du réfrigérateur. Il était effectivement garni de nourriture ; quelques conserves ainsi qu'un paquet de riz avaient été rangés dans un des placards. Elle retourna dans la pièce de séjour, s'assit par terre contre un des murs, les bras entourant ses jambes pliées et la tête posée sur les genoux. Elle resta ainsi plusieurs heures sans bouger. Lorsque la nuit tomba, elle se roula en boule sur la moquette et s'endormit.
Les coussins de mamie
Quand le week-end suivant MarieClaude et Cédric arrivèrent à Condom, la jeune femme était plutôt satisfaite de la tournure que prenaient les évènements. D'abord, ils avaient déjà réussi, Cédric et elle, à établir avec Valentin une relation d'amitié et même d'affection qui, si elle ne remplaçait pas l'amour qu'ils se portaient Simona et lui, lui changeait les idées et lui redonnait du courage. Quand elle avait annoncé au petit garçon ravi que, selon toute probabilité, ils le prendraient en pension chez eux dans leur nouvelle maison, au lieu de lui répondre, il lui avait tendu les bras. Elle l'avait serré dans ses bras et avait manqué fondre en larmes d'émotion. Ensuite, elle était allée expliquer à son professeur pourquoi elle souhaitait que leurs réunions de travail se tiennent le matin. Il avait à peine hésité avant d'accepter.
Quand le week-end suivant MarieClaude et Cédric arrivèrent à Condom, la jeune femme était plutôt satisfaite de la tournure que prenaient les évènements. D'abord, ils avaient déjà réussi, Cédric et elle, à établir avec Valentin une relation d'amitié et même d'affection qui, si elle ne remplaçait pas l'amour qu'ils se portaient Simona et lui, lui changeait les idées et lui redonnait du courage. Quand elle avait annoncé au petit garçon ravi que, selon toute probabilité, ils le prendraient en pension chez eux dans leur nouvelle maison, au lieu de lui répondre, il lui avait tendu les bras. Elle l'avait serré dans ses bras et avait manqué fondre en larmes d'émotion. Ensuite, elle était allée expliquer à son professeur pourquoi elle souhaitait que leurs réunions de travail se tiennent le matin. Il avait à peine hésité avant d'accepter.
Enfin, Roger avait déjà pris contact avec les parents de Simona qui, après quelques hésitations de principe, avaient assez rapidement accepté de déléguer à cette dernière l'autorité parentale sur son petit frère. La procédure était assez simple, mais Roger préférait faire appel à un avocat pour disposer d'un argumentaire solide qui puisse assurer le succès de la démarche auprès du juge aux affaires familiales. Comme il s'agissait d'une démarche conjointe de Simona et de ses parents, le juge des affaires familiales prendrait sa décision rapidement. Connaissant son père, MarieClaude ne doutait pas que l'affaire serait rondement menée. Il n'était pas chef d'entreprise pour rien. Les parents de Valentin avaient été d'autant plus faciles à convaincre, que Roger leur avait fait miroiter le fait que Simona emménagerait avec Benoît et donc ne leur couterait plus grand-chose pour ses études.
Ce n'étaient pas de mauvais bougres, mais leurs moyens financiers étaient à la mesure de leur force morale, c'est-à-dire limités.
Michèle allait et venait d'une pièce à l'autre en marmonnant. Quand MarieClaude l'embrassa, elle lui rendit son baiser distraitement et recommença son manège. MarieClaude interrogea du regard son père qui observa avec philosophie :
Michèle allait et venait d'une pièce à l'autre en marmonnant. Quand MarieClaude l'embrassa, elle lui rendit son baiser distraitement et recommença son manège. MarieClaude interrogea du regard son père qui observa avec philosophie :
— Elle est comme ça depuis ce matin.
Michèle explosa.
— Et comment voulez-vous que je sois ! Je ne sais même pas ce qu'il aime ce petit. J'ai mis des roses dans sa chambre et je ne sais même pas s'il aime l'odeur. Peut-être qu'il est allergique au roses après tout. Mon dieu mon dieu que faire ? Et ma cuisine ? Est-ce qu'il va aimer ma cuisine ? Et puis, ça fait un an qu'il mange à l'hôpital. Peut-être qu'il ne va pas bien supporter ma cuisine.
A ce moment-là le portail d'entrée s'ouvrit et le break alla se garer. Ils virent sortir du véhicule Benoit et Simona ; Benoit sortit un fauteuil roulant du coffre arrière et ouvrit ensuite la porte arrière droite. Ils le virent disparaitre à moitié à l'intérieur de véhicule, puis il réapparut tenant dans ses bras Valentin qui lui avait passé les bras autour du cou. Au lieu de l'asseoir sur le fauteuil roulant, il garda le petit garçon dans ses bras et se dirigea vers la terrasse suivie de Simona qui poussait le fauteuil vide. Il serrait tendrement le petit garçon contre lui.
— Papa, Maman, je vous présente notre petit Valentin qui vient passer le premier d'un très grand nombre de week-end à Condom.
Michèle, d'abord pétrifiée, se mit à sourire timidement et approcha une main tremblante de la tête de l'enfant pour lui caresser doucement les cheveux. Il tourna la tête vers elle, lui sourit gentiment et dit :
— C'est joli chez toi ! Et puis ça sent bon.
Benoit lui demanda :
— Tu veux que je te mette dans ton fauteuil chaton ?
Michèle objecta pleine d'espoir.
— Il serait surement mieux sur mes genoux.
Valentin sourit de nouveau gentiment.
— C'est sûr que ça doit être drôlement plus confortable si c'est comme Simona.
Benoit assit le petit garçon sur les genoux de Michèle. Celui-ci, resta assis bien droit. Michèle lui demanda un peu inquiète.
— Tu n'es pas bien assis ?
— Je peux m'appuyer sur tes coussins ?
— Tu veux qu'on t'amène un coussin ?
— Je peux m'appuyer sur tes coussins ?
— Tu veux qu'on t'amène un coussin ?
Simona se mit à rire et montra à Michèle sa poitrine. Celle-ci sourit tendrement :
— Oui, tu peux t'appuyer sur mes coussins mon chéri.
Le petit garçon appuya la tête sur la poitrine de Michèle et poussa un soupir de satisfaction.
— Tu es aussi confortable que Simona. Tes coussins sont plus petits, mais ils sont plus mous. C'est mieux.
Simona éclata de rire comme tout le monde.
— Je ne sais pas laquelle de nous-deux doit se vexer.
Michèle ronronnait de bonheur.
— Tu as faim, mon chéri ?
— Oui.
— Et qu'est-ce que tu aimes bien manger ?
— Les frites et les pâtes.
— J'en étais sûre ! s'exclama Michèle désespérée. Je suis désolée. Mamie est désolée mon trésor. Mamie ne savait pas que tu aimais les frites. Mamie va tout de suite te faire des frites.
— Oui.
— Et qu'est-ce que tu aimes bien manger ?
— Les frites et les pâtes.
— J'en étais sûre ! s'exclama Michèle désespérée. Je suis désolée. Mamie est désolée mon trésor. Mamie ne savait pas que tu aimais les frites. Mamie va tout de suite te faire des frites.
MarieClaude intervint.
— Maman ! Calme-toi. Ça n'est pas la fin du monde ! Ce que tu fais est toujours délicieux et tout le monde adore ça. Je suis sûre que ton trésor aimera ça. Tu n'es pas d'accord Valentin ?
— Elle a raison, mamie, c'est sûrement aussi bon que des frites.
— Elle a raison, mamie, c'est sûrement aussi bon que des frites.
Il réfléchit un instant.
— De toute façon ça peut pas être pire qu'à l'hôpital.
— Dis-donc, tu l'appelle mamie ?
— Ben ! c'est elle qui a commencé.
— Oui, mais tu as sans doute déjà des mamies.
— Non ! Je n'en ai jamais eu. Il paraît que c'est rudement sympa une mamie. Ça fait des câlins et des cadeaux.
— Dis-donc, tu l'appelle mamie ?
— Ben ! c'est elle qui a commencé.
— Oui, mais tu as sans doute déjà des mamies.
— Non ! Je n'en ai jamais eu. Il paraît que c'est rudement sympa une mamie. Ça fait des câlins et des cadeaux.
Il s'affala de nouveau contre la poitrine de Michèle.
— En tout cas c'est rudement confortable les mamies.
Après le repas, Cédric prit Simona à part.
— Je trouve Valentin vraiment très bébé pour un enfant de son âge. Il a des problèmes particuliers sur ce plan ?
— Si tu entends par là qu'il a un quelconque retard de développement mental, tu fais erreur.
— Il a tout de même quelque chose non ?
— Il n'a pas de retard, mais il a un énorme problème affectif. Ce n'était pas un enfant désiré, alors mes parents n'ont pas été très affectueux avec lui. D'autre part, à l'hôpital, ils sont trop occupés pour s'intéresser à chaque enfant. Ils ne sont pas méchants, mais ils estiment qu'ils sont là pour soigner, pas pour faire des câlins. Alors, chaque fois que quelqu'un lui témoigne de l'affection, il joue les bébés pour se l'attacher un peu plus.
— Dis-donc ! avec Michèle, ça ne va pas être triste. Il va la mener par le bout du nez. Elle ne demande que ça d'ailleurs.
— MarieClaude aussi, j'ai l'impression.
— Oh ne t'en fais pas pour MarieClaude. Elle a beaucoup plus de recul que sa maman. Elle sera très affectueuse avec lui, mais elle saura le remettre gentiment à sa place s'il en prend un peu trop à son aise. Michèle ne voit qu'une chose, c'est un petit garçon malheureux qui a besoin de câlins. MarieClaude voit un petit garçon qu'il est très important de préparer à surmonter ses handicaps. Je te conseille d'avoir une attitude plus proche de celle de MarieClaude que de celle de Michèle.
— Tu as sans doute raison.
— Valentin est comme la plupart des enfants : Il aime les câlins. Mais tu sais ce dont il a le plus besoin ?
— De quoi ?
— De rire !
— Si tu entends par là qu'il a un quelconque retard de développement mental, tu fais erreur.
— Il a tout de même quelque chose non ?
— Il n'a pas de retard, mais il a un énorme problème affectif. Ce n'était pas un enfant désiré, alors mes parents n'ont pas été très affectueux avec lui. D'autre part, à l'hôpital, ils sont trop occupés pour s'intéresser à chaque enfant. Ils ne sont pas méchants, mais ils estiment qu'ils sont là pour soigner, pas pour faire des câlins. Alors, chaque fois que quelqu'un lui témoigne de l'affection, il joue les bébés pour se l'attacher un peu plus.
— Dis-donc ! avec Michèle, ça ne va pas être triste. Il va la mener par le bout du nez. Elle ne demande que ça d'ailleurs.
— MarieClaude aussi, j'ai l'impression.
— Oh ne t'en fais pas pour MarieClaude. Elle a beaucoup plus de recul que sa maman. Elle sera très affectueuse avec lui, mais elle saura le remettre gentiment à sa place s'il en prend un peu trop à son aise. Michèle ne voit qu'une chose, c'est un petit garçon malheureux qui a besoin de câlins. MarieClaude voit un petit garçon qu'il est très important de préparer à surmonter ses handicaps. Je te conseille d'avoir une attitude plus proche de celle de MarieClaude que de celle de Michèle.
— Tu as sans doute raison.
— Valentin est comme la plupart des enfants : Il aime les câlins. Mais tu sais ce dont il a le plus besoin ?
— De quoi ?
— De rire !
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Commentaires ()
Le moral de Valentin ainsi que celui de Simona va remonter en flèche avec un aussi bienveillant et aimant entourage.
On voudrait qu'il existe une multitude de Marie Claude pour que le monde aille mieux.