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Couverture de Cybèle et pourtant, par unzeste85
Couverture de Cybèle et pourtant, par unzeste85
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Cybèle et pourtant — Chapitre 18

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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unzeste85
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Cybèle et pourtant

Chapitre 18

Un pique-nique mouvementé
La veille avait été consacrée à un mini-exposition destinée à montrer à la maman de Cédric les tableaux réalisés par MarieClaude puis à faire visiter à cette dernière la boutique que tenait celle-ci. A cette occasion elles se mirent d'accord pour décorer les faireparts de mariage avec des reproductions des tableaux de la série consacrée à l'amour. Ensuite Cédric annonça son intention d'organiser un pique-nique dans l'arrière-pays.
Le lendemain matin, Cédric chargea dans le coffre de la Mercedes le matériel de pique-nique : Un grand plaid, une table de pique-nique pliable et deux fauteuils pliants en toile, une grande glacière contenant une salade de riz, du poulet, des fruits et des boissons. Il y avait naturellement le nécessaire en termes d'assiettes, de gobelets, de couverts et de serviettes. MarieClaude avait remis la tenue qu'elle portait l'avant-veille en revenant le soir. Ça n'était pas la tenue idéale pour pique-niquer mais elle en avait trop envie. Pour ne pas être en reste, Cédric portait lui aussi une tenue élégante composée d'un pantalon grège, d'une chemise Lacoste vert olive, d'un blouson de cuir fauve et de mocassins assortis au blouson. Ils formaient donc un couple très élégant.
— Où comptez-vous aller pique-niquer ?
— J'ai pensé au plateau de Canjuers c'est un endroit très sauvage et très beau.
— Fais attention de ne pas pénétrer sur les terrains militaires.
— Ne t'en fais pas maman. J'y suis déjà allé à plusieurs occasions. Les terrains militaires sont entièrement clôturés et il y a des panneaux signalant l'interdiction d'entrer. Attend ma chérie, je vais attacher ta ceinture. On devrait être sur place vers midi et demie. On passera par Grasse puis on remontera jusqu'aux gorges du Verdon. On les suivra et on montera sur le plateau de Canjuers. On y trouvera facilement un endroit pour pique-niquer. On pourra s'installer sous un pin parasol. Tu verras, il y aura des nuées de papillons. C'est magnifique.
Lorsqu'ils furent dans les gorges, MarieClaude ferma les yeux la plupart du temps tellement elle était impressionnée par les à-pics bordant la route. Contrairement à ses craintes, ils arrivèrent sans encombre sur le plateau. Ils prirent un chemin en terre qui serpentait entre les arbres. Au bout d'une dizaine de minutes Cédric arrêta la voiture sur un espace dégagé.
— Je pense qu'il vaut mieux ne pas aller plus loin sinon on sera trop près des grillages et ce sera moins agréable. Je vais aller regarder s'il y a un endroit sympa pour s'installer. Ne t'en fais pas, je n'en ai pas pour longtemps.
MarieClaude profita de l'absence de Cédric pour goûter la magie des lieux. La température était douce à l'ombre des arbres et le chant des cigales était assourdissant. L'ensemble était presqu'hypnotique. Enfin, Cédric revint.
— J'ai trouvé l'endroit idéal à une centaine de mètres d'ici à peine. Je vais t'y amener avec les deux fauteuils et la table et je reviendrai chercher le reste du matériel.
Quand ils furent arrivés MarieClaude battit des mains de plaisir.
— C'est un vrai paradis avec tous ces papillons de toutes les couleurs. Et l'air embaume la sève de pin chauffée au soleil. Je ne regrette vraiment pas d'être ici.
— Je t'ouvre un premier fauteuil et je vais ensuite chercher le reste.
Cinq minutes plus tard, Cédric revenait avec la glacière et le plaid.
— Je n'ai pas pu tout amener d'un coup. Il faut que je retourne chercher le panier qui contient le reste. Tu n'as pas trop chaud avec ton blouson ?
— Si ! un peu.
— Je vais le ramener à la voiture. J'y ai déjà laissé le mien. Je pourrai aller le chercher si tu en as besoin.
— Oh ! ça m'étonnerait beaucoup.
Après un dernier aller-retour, Cédric installa la table et les deux fauteuils. Il avait trouvé un endroit plat recouvert d'aiguilles de pin. Il y avait presque la place pour étaler le plaid en plus. Cédric voulut déplacer la table mais MarieClaude l'arrêta.
— Ce serait mieux d'attendre d'avoir mangé. On repliera ensuite la table et les sièges. On aura toute la place pour le plaid.
Cédric commença à déballer le repas que Marielle avait prévu pour eux.
— Alors, nous avons une salade de riz, crevettes, tomates, du poulet froid : deux blancs et deux cuisses. Il y a un pot de moutarde, un pot de cornichons, des olives noires et des vertes. Et en dessert on aura droit à des pommes et… à deux éclairs au chocolat. Pour nous désaltérer, maman a prévu du soda à l'orange, de l'eau fraiche et… une petite bouteille de sirop de grenadine. Et là, on a un thermos… de café et un autre… de thé. Et voilà un paquet de sablés pour aller avec.
— Je pense qu'on ramènera quelque chose.
— Je n'en suis pas sûr. J'ai une faim de loup.
Après le repas, ils replièrent la table et les sièges, rangèrent la vaisselle sale dans un sac en plastique avant de la remettre dans le panier et les restes de nourriture dans un petit sac qui retourna dans la glacière. Ils mirent le tout sur le côté et à la place, étendirent soigneusement le plaid sur un tapis d'aiguilles de pin puis s'étendirent dessus. Ils se serrèrent tendrement l'un contre l'autre et s'embrassèrent longuement et se disant des mots d'amour. Cédric se permit quelques caresses que MarieClaude accepta en gémissant doucement. Les caresses de Cédric se firent plus précises et plus intimes. MarieClaude commença à se cambrer en gémissant plus fortement. Il sentit alors qu'elle était en train de céder au désir qu'il aille plus loin. Il se sentit lui-même envahi par un désir de plus en plus difficile à maitriser. Sa main se dirigea vers la ceinture du pantalon de MarieClaude qui se cambra complètement.
Au moment où il allait céder à ses impulsions, il se souvint brusquement de la promesse qu'il avait faite à MarieClaude. La promesse qu'elle aurait une vraie nuit de noces. S'il continuait, elle était prête à le laisser faire. Mais après ? Que penserait-il de lui-même et que penserait-elle ? Pouvait-il, pour quelques instants de plaisir même partagé, lui faire abandonner le rêve qu'elle avait depuis des années ? Il avait promis et il n'avait qu'une parole.
— Pardonne-moi, ma chérie, j'ai failli briser ton rêve.
Sur l'instant MarieClaude fut affreusement déçue car elle était arrivée à un point où elle ne désirait plus qu'une chose : se donner entièrement à lui. Puis elle remarqua la tension qui habitait encore Cédric et réalisa l'effort presque surhumain qu'il avait été obligé de faire pour ne pas aller plus loin. Elle sentit alors disparaitre tout sentiment de frustration. Il venait de lui donner une véritable preuve d'amour.
— Merci mon amour. Tu viens de me faire un cadeau que je n'oublierai jamais.
Elle se nicha au creux de son bras et ils restèrent quelques instants silencieux et immobiles, le temps de calmer leurs pulsions. Cédric reprit enfin d'un ton apaisé.
— Que penses-tu de ton séjour à Èze ma chérie ?
MarieClaude le regarda les sourcils un peu froncés. Il s'inquiéta.
— Quelque chose ne va pas ?
— Si ! au contraire ! mais je cherche les bons mots.
Elle réfléchit encore quelques instants.
— Je me suis tout de suite bien entendue avec ta maman et plus ça va, plus nous nous entendons bien. J'ai l'impression que sur des tas de sujets nous sommes sur la même longueur d'onde. Je suis en totale confiance avec elle. Je pourrais lui confier mes secrets les plus intimes.
— J'en suis très heureux. Et mon père ?
— Ce que j'aime le plus chez ton père, c'est qu'il a une très grande délicatesse. Quand il me parle, il utilise instinctivement des mots qui n'agressent jamais. C'est quelqu'un qui a une autorité naturelle et qui est en même temps très doux. Je crois qu'il a énormément de psychologie. Il est très sécurisant. Vous vous ressemblez énormément tous les deux. Vous avez l'air de très bien vous entendre.
— Et Catherine ?
— Catherine est celle qui m'a le plus surprise. dimanche, je l'avais trouvée très gentille mais complètement farfelue. mardi, j'ai découvert quelqu'un d'autre. Je ne parle pas uniquement des cadeaux extrêmement généreux qu'elle m'a faits. Elle m'a fait part de sa philosophie de la vie. Elle m'a fait comprendre que l'estime des autres commence par l'estime de soi et qu'une certaine coquetterie est une marque de respect pour les autres quand elle reste dans des limites raisonnables. Ta réaction quand tu m'as vue m'a montré qu'elle avait raison.
— C'est vrai qu'elle a raison. Le fait que tu n'aies pas eu besoin d'être bien habillée et bien coiffée pour que je t'aime, n'empêche pas que de te voir ainsi me fait énormément plaisir.
— Eh bien tu vois, mine de rien c'est la personne qui m'a le plus influencée après toi.
Ils restèrent ainsi à savourer leur bonheur. Les papillons continuaient à occuper l'espace et les deux jeunes gens se régalaient à les voir voleter à quelques dizaines de centimètres, voire à se poser carrément sur eux. La température était toujours aussi douce et le vacarme des cigales encore plus assourdissant. Vers seize heures, Cédric remarqua :
— On va devoir rentrer maintenant. On a plus de deux heures et demie de route avant d'arriver.
Ils se levèrent et s'époussetèrent un peu.
— Je vais faire un premier trajet avec la glacière et le panier, puis je reviendrai te chercher. Je porterai la table et les sièges et tu porteras le plaid. Je te déplie un des sièges. Ça t'évitera de m'attendre debout ; à tout de suite.
Cédric repartit tranquillement vers la voiture. Il rangea le panier sur le siège arrière et la glacière dans le coffre. Il avait ouvert légèrement les vitres pour aérer l'intérieur. Comme il l'avait garée à l'ombre, elle n'était pas trop chaude. Il vérifia si les blousons étaient bien posés sur le siège arrière puis revint tranquillement chercher MarieClaude. Il était à peu près à mi-chemin quand il entendit cette dernière pousser un cri de terreur. Il se précipita en courant et découvrit MarieClaude terrorisée, tenant son siège devant elle pour se protéger face à quatre soldats qui la regardaient d'un air complètement ahuri. Il faut dire qu'ils étaient impressionnants avec leur tenue de combat, leurs armes et leur visage peinturluré pour améliorer leur camouflage.
— Ce n'est rien ! Cria-t-il, ce sont des soldats !
Tandis que MarieClaude, que Cédric avait rejointe, reposait le siège et essayait de calmer les battements de son cœur, un des soldats prit son talkie-walkie.
— Mon lieutenant ? On a un problème… Non, on ne s'est pas perdu cette fois et on est bien au point treize, mais on n'est pas seuls… Non deux pique-niqueurs… Non ils ne sont pas armés ; ils ont une table et deux fauteuils, mais ça n'a pas l'air d'être des armes… D'accord mon lieutenant, on ne bouge pas.
— Le lieutenant arrive tout de suite.
Cinq minutes plus tard une jeep s'arrêta près d'eux dans un jaillissement de sable et son passager sauta du véhicule l'air furieux.
— Qu'est-ce que vous foutez là nom de dieu ? Vous ne savez pas que vous êtes sur un terrain militaire ?
— Attendez ! Je ne comprends pas. Vous me dites que c'est un terrain militaire, mais il n'y a aucune clôture et aucun panneau de signalement.
— Ne me dites pas que vous êtes distrait au point de ne pas remarquer un grillage de trois mètres de haut et un panneau de deux mètres sur deux mètres.
— S'il y avait un grillage comment serions nous ici avec une voiture, et un ensemble de pique-nique ?
— Vous êtes peut-être passés par-dessus.
— C'est ça ! Ma fiancée, ce titan, a non seulement escaladé le grillage, mais en plus elle portait une Mercedes sur ses épaules ! Elle devait avoir bu de la potion magique.
— D'accord, d'accord ! Je vais envoyer deux hommes pour vérifier. Vous, Martin, allez avec le chauffeur vérifier cette histoire.
La jeep repartit en direction de la Mercedes et disparut rapidement.
— C'est tout de même bizarre cette histoire. Vous êtes sûrs que vous n'avez rien remarqué ?
— Rien !
— Même pas le panneau ?
— Non !
— Bizarre vraiment !
Cinq minutes après la Jeep revint.
— Alors ?
— Il y a bien une Mercedes à cent mètres. Elle est super mon lieutenant c'est une…
— Je ne vous demande pas de me décrire la voiture, Martin, mais le panneau et le grillage.
— Je ne peux pas mon Lieutenant !
— Pourquoi ?
— Ils ne sont plus là.
— Ils ont disparu ?
— Non ! Ils sont dans le petit ravin. Il y a au moins cinquante mètres de grillage dans le petit ravin. C'est pour ça que je ne peux pas vous les décrire. C'est trop loin.
— Qui a bien pu faire ça ?
— Çà n'est pas moi, mon Lieutenant.
— Ah bon ? vous êtes sûr ?
— Je vous assure mon Lieutenant ! D'ailleurs ça ne peut pas être moi : Je viens d'arriver. Et puis, je le saurais si c'était moi, mon Lieutenant.
— Je vous crois, Martin ; je vous demande simplement si vous avez remarqué quelque chose de particulier, Martin ; vous comprenez Martin ?
— Oh oui ! Mon Lieutenant. Je comprends.
— Et alors ?
— Alors quoi mon Lieutenant ?
— Alors, avez-vous remarqué quelque chose de particulier, Martin ?
— Oui mon Lieutenant ! J'ai remarqué quelque chose !
— Et qu'avez-vous remarqué, Martin, si ce n'est pas indiscret ?
— Ben je ne sais pas mon Lieutenant.
— Comment-ça ? Qu'est-ce que vous ne savez pas ?
— Si c'est indiscret mon Lieutenant.
— Martin, ici on est les gentils, alors je suis certain que ce n'est pas indiscret. Qu'avez-vous remarqué, Martin ?
— Il y avait des traces mon Lieutenant.
— Des traces de quoi, Martin ?
— Des traces de tracteur, mon Lieutenant.
— C'est bien, Martin. Vous voyez, ça n'était pas difficile.
— Oh non, mon Lieutenant ! enfin quand même un peu.
Le lieutenant se tourna vers Cédric et MarieClaude, l'air un peu fatigué.
— Vous avez vu Forrest Gump au cinéma ?
Il prit son talkie-walkie.
— Mon commandant ? … Je suis au point treize. Le panneau de signalisation et cinquante mètres de grillage ont été arrachés, visiblement avec un tracteur, et jetés dans un ravin. Du coup deux pique-niqueurs sont entrés… Non deux cent mètres seulement… Non, un jeune couple d'aspect plutôt bourgeois… Sincèrement je crois qu'ils n'ont rien à voir dans cette histoire. Mauvais endroit au mauvais moment… D'accord mon Commandant.
Il se retourna de nouveau vers le couple
— Vous allez pouvoir repartir. Désolés de vous avoir fait peur, Mademoiselle.
MarieClaude répondit d'un air très digne.
— Vous ne m'avez pas fait peur du tout. J'ai simplement été surprise.
Les quatre soldats du début étaient hilares. MarieClaude les regarda avec sévérité, puis elle ne put s'empêcher d'éclater de rire.
— En réalité, je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie. Je crois bien que j'ai cru que vous étiez des extra-terrestres et que vous alliez m'enlever pour m'emmener sur une planète lointaine.
— Bon ! avant que vous ne partiez, je dois vous demander quelques renseignements sur vous.
— Lesquels ?
— Je n'en ai pas la moindre idée. Je n'ai jamais imaginé avoir à faire ça un jour.
— Je pense que si nous vous donnons nos noms, professions, adresses et numéro de téléphone ainsi que ceux de nos parents ça devrait suffire ?
— D'accord ! Si ça ne sert à rien ça ne peut pas faire de mal.
— Prenez la table et un siège, vous serez mieux pour écrire.
Quand ils eurent terminé, le Lieutenant les fit raccompagner à la Mercedes en Jeep avec le reste de leur matériel de pique-nique. Ça n'était pas vraiment nécessaire, mais le geste était aimable. Ils s'installèrent dans la voiture, puis repartirent en faisant un signe d'adieu aux deux soldats qui les regardèrent repartir. Cédric réalisa qu'en fait le Lieutenant voulait que les soldats vérifient s'ils partaient bien. Quand ils eurent franchi quelques centaines de mètres, ils éclatèrent tous les deux de rire.
— Je ne savais pas qu'on devait rencontrer Forrest Gump aujourd'hui.
— Moi non plus. Par contre, au début, j'ai tellement eu peur que j'ai cru que j'allais faire pipi dans ma culotte. D'ailleurs, si tu pouvais arrêter la voiture dans un endroit discret, ça me rendrait bien service.
Un pique-nique mouvementé
Le lendemain matin, Cédric chargea dans le coffre de la Mercedes le matériel de pique-nique : Un grand plaid, une table de pique-nique pliable et deux fauteuils pliants en toile, une grande glacière contenant une salade de riz, du poulet, des fruits et des boissons. Il y avait naturellement le nécessaire en termes d'assiettes, de gobelets, de couverts et de serviettes. MarieClaude avait remis la tenue qu'elle portait l'avant-veille en revenant le soir. Ça n'était pas la tenue idéale pour pique-niquer mais elle en avait trop envie. Pour ne pas être en reste, Cédric portait lui aussi une tenue élégante composée d'un pantalon grège, d'une chemise Lacoste vert olive, d'un blouson de cuir fauve et de mocassins assortis au blouson. Ils formaient donc un couple très élégant.
— Où comptez-vous aller pique-niquer ?
— J'ai pensé au plateau de Canjuers c'est un endroit très sauvage et très beau.
— Fais attention de ne pas pénétrer sur les terrains militaires.
— Ne t'en fais pas maman. J'y suis déjà allé à plusieurs occasions. Les terrains militaires sont entièrement clôturés et il y a des panneaux signalant l'interdiction d'entrer. Attend ma chérie, je vais attacher ta ceinture. On devrait être sur place vers midi et demie. On passera par Grasse puis on remontera jusqu'aux gorges du Verdon. On les suivra et on montera sur le plateau de Canjuers. On y trouvera facilement un endroit pour pique-niquer. On pourra s'installer sous un pin parasol. Tu verras, il y aura des nuées de papillons. C'est magnifique.
Lorsqu'ils furent dans les gorges, MarieClaude ferma les yeux la plupart du temps tellement elle était impressionnée par les à-pics bordant la route. Contrairement à ses craintes, ils arrivèrent sans encombre sur le plateau. Ils prirent un chemin en terre qui serpentait entre les arbres. Au bout d'une dizaine de minutes Cédric arrêta la voiture sur un espace dégagé.
— Je pense qu'il vaut mieux ne pas aller plus loin sinon on sera trop près des grillages et ce sera moins agréable. Je vais aller regarder s'il y a un endroit sympa pour s'installer. Ne t'en fais pas, je n'en ai pas pour longtemps.
MarieClaude profita de l'absence de Cédric pour goûter la magie des lieux. La température était douce à l'ombre des arbres et le chant des cigales était assourdissant. L'ensemble était presqu'hypnotique. Enfin, Cédric revint.
— J'ai trouvé l'endroit idéal à une centaine de mètres d'ici à peine. Je vais t'y amener avec les deux fauteuils et la table et je reviendrai chercher le reste du matériel.
Quand ils furent arrivés MarieClaude battit des mains de plaisir.
— C'est un vrai paradis avec tous ces papillons de toutes les couleurs. Et l'air embaume la sève de pin chauffée au soleil. Je ne regrette vraiment pas d'être ici.
— Je t'ouvre un premier fauteuil et je vais ensuite chercher le reste.
Cinq minutes plus tard, Cédric revenait avec la glacière et le plaid.
— Je n'ai pas pu tout amener d'un coup. Il faut que je retourne chercher le panier qui contient le reste. Tu n'as pas trop chaud avec ton blouson ?
— Si ! un peu.
— Je vais le ramener à la voiture. J'y ai déjà laissé le mien. Je pourrai aller le chercher si tu en as besoin.
— Oh ! ça m'étonnerait beaucoup.
Après un dernier aller-retour, Cédric installa la table et les deux fauteuils. Il avait trouvé un endroit plat recouvert d'aiguilles de pin. Il y avait presque la place pour étaler le plaid en plus. Cédric voulut déplacer la table mais MarieClaude l'arrêta.
— Ce serait mieux d'attendre d'avoir mangé. On repliera ensuite la table et les sièges. On aura toute la place pour le plaid.
Cédric commença à déballer le repas que Marielle avait prévu pour eux.
— Alors, nous avons une salade de riz, crevettes, tomates, du poulet froid : deux blancs et deux cuisses. Il y a un pot de moutarde, un pot de cornichons, des olives noires et des vertes. Et en dessert on aura droit à des pommes et… à deux éclairs au chocolat. Pour nous désaltérer, maman a prévu du soda à l'orange, de l'eau fraiche et… une petite bouteille de sirop de grenadine. Et là, on a un thermos… de café et un autre… de thé. Et voilà un paquet de sablés pour aller avec.
— Je pense qu'on ramènera quelque chose.
— Je n'en suis pas sûr. J'ai une faim de loup.
Après le repas, ils replièrent la table et les sièges, rangèrent la vaisselle sale dans un sac en plastique avant de la remettre dans le panier et les restes de nourriture dans un petit sac qui retourna dans la glacière. Ils mirent le tout sur le côté et à la place, étendirent soigneusement le plaid sur un tapis d'aiguilles de pin puis s'étendirent dessus. Ils se serrèrent tendrement l'un contre l'autre et s'embrassèrent longuement et se disant des mots d'amour. Cédric se permit quelques caresses que MarieClaude accepta en gémissant doucement. Les caresses de Cédric se firent plus précises et plus intimes. MarieClaude commença à se cambrer en gémissant plus fortement. Il sentit alors qu'elle était en train de céder au désir qu'il aille plus loin. Il se sentit lui-même envahi par un désir de plus en plus difficile à maitriser. Sa main se dirigea vers la ceinture du pantalon de MarieClaude qui se cambra complètement.
Au moment où il allait céder à ses impulsions, il se souvint brusquement de la promesse qu'il avait faite à MarieClaude. La promesse qu'elle aurait une vraie nuit de noces. S'il continuait, elle était prête à le laisser faire. Mais après ? Que penserait-il de lui-même et que penserait-elle ? Pouvait-il, pour quelques instants de plaisir même partagé, lui faire abandonner le rêve qu'elle avait depuis des années ? Il avait promis et il n'avait qu'une parole.
— Pardonne-moi, ma chérie, j'ai failli briser ton rêve.
Sur l'instant MarieClaude fut affreusement déçue car elle était arrivée à un point où elle ne désirait plus qu'une chose : se donner entièrement à lui. Puis elle remarqua la tension qui habitait encore Cédric et réalisa l'effort presque surhumain qu'il avait été obligé de faire pour ne pas aller plus loin. Elle sentit alors disparaitre tout sentiment de frustration. Il venait de lui donner une véritable preuve d'amour.
— Merci mon amour. Tu viens de me faire un cadeau que je n'oublierai jamais.
Elle se nicha au creux de son bras et ils restèrent quelques instants silencieux et immobiles, le temps de calmer leurs pulsions. Cédric reprit enfin d'un ton apaisé.
— Que penses-tu de ton séjour à Èze ma chérie ?
MarieClaude le regarda les sourcils un peu froncés. Il s'inquiéta.
— Quelque chose ne va pas ?
— Si ! au contraire ! mais je cherche les bons mots.
Elle réfléchit encore quelques instants.
— Je me suis tout de suite bien entendue avec ta maman et plus ça va, plus nous nous entendons bien. J'ai l'impression que sur des tas de sujets nous sommes sur la même longueur d'onde. Je suis en totale confiance avec elle. Je pourrais lui confier mes secrets les plus intimes.
— J'en suis très heureux. Et mon père ?
— Ce que j'aime le plus chez ton père, c'est qu'il a une très grande délicatesse. Quand il me parle, il utilise instinctivement des mots qui n'agressent jamais. C'est quelqu'un qui a une autorité naturelle et qui est en même temps très doux. Je crois qu'il a énormément de psychologie. Il est très sécurisant. Vous vous ressemblez énormément tous les deux. Vous avez l'air de très bien vous entendre.
— Et Catherine ?
— Catherine est celle qui m'a le plus surprise. dimanche, je l'avais trouvée très gentille mais complètement farfelue. mardi, j'ai découvert quelqu'un d'autre. Je ne parle pas uniquement des cadeaux extrêmement généreux qu'elle m'a faits. Elle m'a fait part de sa philosophie de la vie. Elle m'a fait comprendre que l'estime des autres commence par l'estime de soi et qu'une certaine coquetterie est une marque de respect pour les autres quand elle reste dans des limites raisonnables. Ta réaction quand tu m'as vue m'a montré qu'elle avait raison.
— C'est vrai qu'elle a raison. Le fait que tu n'aies pas eu besoin d'être bien habillée et bien coiffée pour que je t'aime, n'empêche pas que de te voir ainsi me fait énormément plaisir.
— Eh bien tu vois, mine de rien c'est la personne qui m'a le plus influencée après toi.
Ils restèrent ainsi à savourer leur bonheur. Les papillons continuaient à occuper l'espace et les deux jeunes gens se régalaient à les voir voleter à quelques dizaines de centimètres, voire à se poser carrément sur eux. La température était toujours aussi douce et le vacarme des cigales encore plus assourdissant. Vers seize heures, Cédric remarqua :
— On va devoir rentrer maintenant. On a plus de deux heures et demie de route avant d'arriver.
Ils se levèrent et s'époussetèrent un peu.
— Je vais faire un premier trajet avec la glacière et le panier, puis je reviendrai te chercher. Je porterai la table et les sièges et tu porteras le plaid. Je te déplie un des sièges. Ça t'évitera de m'attendre debout ; à tout de suite.
Cédric repartit tranquillement vers la voiture. Il rangea le panier sur le siège arrière et la glacière dans le coffre. Il avait ouvert légèrement les vitres pour aérer l'intérieur. Comme il l'avait garée à l'ombre, elle n'était pas trop chaude. Il vérifia si les blousons étaient bien posés sur le siège arrière puis revint tranquillement chercher MarieClaude. Il était à peu près à mi-chemin quand il entendit cette dernière pousser un cri de terreur. Il se précipita en courant et découvrit MarieClaude terrorisée, tenant son siège devant elle pour se protéger face à quatre soldats qui la regardaient d'un air complètement ahuri. Il faut dire qu'ils étaient impressionnants avec leur tenue de combat, leurs armes et leur visage peinturluré pour améliorer leur camouflage.
— Ce n'est rien ! Cria-t-il, ce sont des soldats !
Tandis que MarieClaude, que Cédric avait rejointe, reposait le siège et essayait de calmer les battements de son cœur, un des soldats prit son talkie-walkie.
— Mon lieutenant ? On a un problème… Non, on ne s'est pas perdu cette fois et on est bien au point treize, mais on n'est pas seuls… Non deux pique-niqueurs… Non ils ne sont pas armés ; ils ont une table et deux fauteuils, mais ça n'a pas l'air d'être des armes… D'accord mon lieutenant, on ne bouge pas.
— Le lieutenant arrive tout de suite.
Cinq minutes plus tard une jeep s'arrêta près d'eux dans un jaillissement de sable et son passager sauta du véhicule l'air furieux.
— Qu'est-ce que vous foutez là nom de dieu ? Vous ne savez pas que vous êtes sur un terrain militaire ?
— Attendez ! Je ne comprends pas. Vous me dites que c'est un terrain militaire, mais il n'y a aucune clôture et aucun panneau de signalement.
— Ne me dites pas que vous êtes distrait au point de ne pas remarquer un grillage de trois mètres de haut et un panneau de deux mètres sur deux mètres.
— S'il y avait un grillage comment serions nous ici avec une voiture, et un ensemble de pique-nique ?
— Vous êtes peut-être passés par-dessus.
— C'est ça ! Ma fiancée, ce titan, a non seulement escaladé le grillage, mais en plus elle portait une Mercedes sur ses épaules ! Elle devait avoir bu de la potion magique.
— D'accord, d'accord ! Je vais envoyer deux hommes pour vérifier. Vous, Martin, allez avec le chauffeur vérifier cette histoire.
La jeep repartit en direction de la Mercedes et disparut rapidement.
— C'est tout de même bizarre cette histoire. Vous êtes sûrs que vous n'avez rien remarqué ?
— Rien !
— Même pas le panneau ?
— Non !
— Bizarre vraiment !
Cinq minutes après la Jeep revint.
— Alors ?
— Il y a bien une Mercedes à cent mètres. Elle est super mon lieutenant c'est une…
— Je ne vous demande pas de me décrire la voiture, Martin, mais le panneau et le grillage.
— Je ne peux pas mon Lieutenant !
— Pourquoi ?
— Ils ne sont plus là.
— Ils ont disparu ?
— Non ! Ils sont dans le petit ravin. Il y a au moins cinquante mètres de grillage dans le petit ravin. C'est pour ça que je ne peux pas vous les décrire. C'est trop loin.
— Qui a bien pu faire ça ?
— Çà n'est pas moi, mon Lieutenant.
— Ah bon ? vous êtes sûr ?
— Je vous assure mon Lieutenant ! D'ailleurs ça ne peut pas être moi : Je viens d'arriver. Et puis, je le saurais si c'était moi, mon Lieutenant.
— Je vous crois, Martin ; je vous demande simplement si vous avez remarqué quelque chose de particulier, Martin ; vous comprenez Martin ?
— Oh oui ! Mon Lieutenant. Je comprends.
— Et alors ?
— Alors quoi mon Lieutenant ?
— Alors, avez-vous remarqué quelque chose de particulier, Martin ?
— Oui mon Lieutenant ! J'ai remarqué quelque chose !
— Et qu'avez-vous remarqué, Martin, si ce n'est pas indiscret ?
— Ben je ne sais pas mon Lieutenant.
— Comment-ça ? Qu'est-ce que vous ne savez pas ?
— Si c'est indiscret mon Lieutenant.
— Martin, ici on est les gentils, alors je suis certain que ce n'est pas indiscret. Qu'avez-vous remarqué, Martin ?
— Il y avait des traces mon Lieutenant.
— Des traces de quoi, Martin ?
— Des traces de tracteur, mon Lieutenant.
— C'est bien, Martin. Vous voyez, ça n'était pas difficile.
— Oh non, mon Lieutenant ! enfin quand même un peu.
Le lieutenant se tourna vers Cédric et MarieClaude, l'air un peu fatigué.
— Vous avez vu Forrest Gump au cinéma ?
Il prit son talkie-walkie.
— Mon commandant ? … Je suis au point treize. Le panneau de signalisation et cinquante mètres de grillage ont été arrachés, visiblement avec un tracteur, et jetés dans un ravin. Du coup deux pique-niqueurs sont entrés… Non deux cent mètres seulement… Non, un jeune couple d'aspect plutôt bourgeois… Sincèrement je crois qu'ils n'ont rien à voir dans cette histoire. Mauvais endroit au mauvais moment… D'accord mon Commandant.
Il se retourna de nouveau vers le couple
— Vous allez pouvoir repartir. Désolés de vous avoir fait peur, Mademoiselle.
MarieClaude répondit d'un air très digne.
— Vous ne m'avez pas fait peur du tout. J'ai simplement été surprise.
Les quatre soldats du début étaient hilares. MarieClaude les regarda avec sévérité, puis elle ne put s'empêcher d'éclater de rire.
— En réalité, je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie. Je crois bien que j'ai cru que vous étiez des extra-terrestres et que vous alliez m'enlever pour m'emmener sur une planète lointaine.
— Bon ! avant que vous ne partiez, je dois vous demander quelques renseignements sur vous.
— Lesquels ?
— Je n'en ai pas la moindre idée. Je n'ai jamais imaginé avoir à faire ça un jour.
— Je pense que si nous vous donnons nos noms, professions, adresses et numéro de téléphone ainsi que ceux de nos parents ça devrait suffire ?
— D'accord ! Si ça ne sert à rien ça ne peut pas faire de mal.
— Prenez la table et un siège, vous serez mieux pour écrire.
Quand ils eurent terminé, le Lieutenant les fit raccompagner à la Mercedes en Jeep avec le reste de leur matériel de pique-nique. Ça n'était pas vraiment nécessaire, mais le geste était aimable. Ils s'installèrent dans la voiture, puis repartirent en faisant un signe d'adieu aux deux soldats qui les regardèrent repartir. Cédric réalisa qu'en fait le Lieutenant voulait que les soldats vérifient s'ils partaient bien. Quand ils eurent franchi quelques centaines de mètres, ils éclatèrent tous les deux de rire.
— Je ne savais pas qu'on devait rencontrer Forrest Gump aujourd'hui.
— Moi non plus. Par contre, au début, j'ai tellement eu peur que j'ai cru que j'allais faire pipi dans ma culotte. D'ailleurs, si tu pouvais arrêter la voiture dans un endroit discret, ça me rendrait bien service.
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Frodon
26 décembre 2025 à 20:22
Sacré pique-nique… les militaires ont failli débarquer sur une scène érotique, si Cédric n’avait pas été assez fort pour arrêter ses caresses
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unzeste85
1 octobre 2025 à 16:05
Je suis consterné. Je ne comprends pa ce qui c’est passé. Tout ce que je sais c’est que j’avais d’énormes problèmes de validation àce moment là et que j’ai du sacrifier deux chapitres précédant celui sur le piquenique.
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Iznogood
1 octobre 2025 à 13:55
Il faut absolument que j’arrête de boire parce que je vois double en lisant… et à mon âge c’est inquiétant. ^^

C’est un bon petit gars ce Cédric et comme ils doivent attendre avec impatience une nuit de noces qui s’annonce fabuleuse !

Est-ce qu’ils afficheront le drap avec la tache de sang à la fenêtre ? Non parce que tant qu’à faire dans la tradition… ^^
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