00:00 00:00
ou pour accéder à la lecture audio sans limite de temps
Couverture de Cybèle et pourtant, par unzeste85
Couverture de Cybèle et pourtant, par unzeste85
Temps de lecture Vues Date de publication Commentaires Partager Liste de lecture
Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Cybèle et pourtant — Chapitre 4

23 minutes
2k
Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

Auteur

Photo de profil de unzeste85
unzeste85
Histoires publiées
113
Abonnés
116
J'aime cumulés
14.8k

Cybèle et pourtant

Chapitre 4

Des nouvelles
Quelques jours après le malheureux épisode de la soirée chez Sophie, Armelle téléphona à Cédric.
— Allô Cédric ?
— Bonjour Armelle comment vas-tu ?
— Soulagée. Je viens te donner des nouvelles de MarieClaude. Elle va nettement mieux. Son séjour à Condom auprès de sa maman lui a fait le plus grand bien. Elle est maintenant revenue à Toulouse.
— Cela me fait très plaisir pour elle. C'est une bonne gosse.
— Tu sais la gosse, comme tu dis, a quand même vingt ans.
— Tu as raison, ce n'est plus une enfant. Mais que veux-tu, elle semble tellement fragile et elle est si attendrissante. Tu m'avais dit que tu me parlerais un peu d'elle. Pourquoi est-elle comme ça ? Et d'où lui viennent ses problèmes de jambe ?
— MarieClaude est née prématurée de dix semaines. Elle a failli ne pas survivre et est restée deux mois en couveuse. Finalement on a pu la sauver mais elle en a gardé des séquelles : Une santé fragile et un problème de hanche.
— C'est pour ça qu'elle a ces réactions curieuses ?
— Non car elle n'a pas toujours été comme ça. Jusqu'à l'âge de six ans elle était pleine de gaieté. On s'est connue quand j'avais cinq ans et elle quatre et je peux te dire quelle était super gaie et joueuse à cette époque malgré ses problèmes physiques dont elle se moquait bien. Un jour, on n'a jamais su pourquoi, elle a commencé à s'éteindre. Ses parents ont tout fait pour comprendre ce qui lui arrivait et ont dépensé une fortune en spécialistes, neuropsychiatres, psychologues, etc…, mais elle s'était complètement refermée sur elle-même et aucun spécialiste n'a réussi à établir le contact. Elle se prêtait toujours avec docilité aux exercices qu'ils lui faisaient faire, mais chaque fois qu'ils essayaient d'établir un contact pour la faire parler, elle ne se laissait pas abuser et éludait leurs questions. Elle était très forte à ce petit jeu.
Et puis un jour elle s'est mise à se dévaloriser, se trouvant tous les défauts possibles tout en refusant d'en voir un seul chez les autres. Là encore personne n'a jamais réussi à savoir pourquoi.
— Cela venait peut-être de son entourage. Tu sais ça arrive parfois.
— Si tu connaissais ses parents et son frère et que tu voyais la tendresse qu'ils lui témoignent tu comprendrais immédiatement que c'est impossible. Quand elle est avec eux, elle ne quitte les bras de sa maman que pour aller se réfugier sur les genoux de son père et même, parfois, de son frère. Ils sont tous très unis. Heureusement qu'elle a au moins ça.
— L'école ?
— Tu penses bien qu'ils y ont songé immédiatement et qu'ils ont essayé d'enquêter mais personne n'a trouvé le moindre élément pouvant impliquer celle-ci.
— Abusée par un inconnu ?
— Peut-être. Mais elle était tellement couvée à cette époque que ça paraît invraisemblable. D'ailleurs quand on a essayé de lui en parler elle ignorait manifestement que ça puisse exister et n'a même pas compris ce dont on lui parlait. Les spécialistes ont d'ailleurs écarté tous rapidement cette hypothèse. S'il s'est passé une des choses dont tu parles, elle en a si bien gardé le secret que personne ne l'a jamais découvert. Je pense malheureusement que jamais personne n'arrivera à percer son secret sauf miracle. En tout cas elle souffre et pense que c'est de sa faute. Ce à quoi tu as assisté l'autre soir en est un parfait exemple. Quand tout va bien elle est sereine et agréable bien que toujours très discrète. Mais elle est hypersensible et au moindre souci elle s'effondre et recommence à verser dans l'autoflagellation.
— Mais la première fois que je vous ai vues au CAPOUL elle a un peu fait la même chose !
— Oui ! Pour la bonne raison que Sophie nous avait traînées un peu partout et que MarieClaude était épuisée.
— Encore Sophie !
— Ne pense pas trop de mal d'elle. Sophie a bien des défauts mais en dehors de moi c'est la seule personne gentille avec MarieClaude à qui sa présence fait souvent beaucoup de bien. Elle lui a témoigné de l'amitié de manière spontanée. C'est vrai que c'est une enfant gâtée mais ça vient surtout de son éducation. Elle a un bon fond. MarieClaude tient beaucoup à elle.
— Je te demande pardon mais je ne pense pas que je changerai d'opinion à son sujet. Rassure-toi, vous ne m'entendrez plus en dire du mal mais ce sera surtout pour ne pas froisser MarieClaude.
— J'ai l'impression que tu l'aimes bien.
— Tu as raison, je l'aime bien et je crois qu'elle mérite qu'on l'aime bien.
— Voilà ! Je voulais en tout cas te rassurer : Elle va beaucoup mieux.
— Merci d'avoir téléphoné. Cela me fait toujours plaisir de t'entendre.
— Au revoir.
Cédric était rassuré d'avoir de bonnes nouvelles de MarieClaude. Mais cela ne résolvait pas le problème de fond : Qu'est ce qui la rendait ainsi ? Il était évident qu'un ou plusieurs évènements dramatiques avaient dû la blesser profondément quand elle était petite. Mais quoi ?
Rencontre
Le samedi suivant Cédric se rendit à la FNAC. Il souhaitait s'acheter l'intégrale des impromptus pour piano de Schubert. Il chercha un certain temps au rayon de la musique classique et finit par trouver son bonheur au moment où il commençait à désespérer. Comme d'habitude le CD était bien en évidence en plein devant son nez. Il le prit et se retourna pour se diriger vers les caisses. C'est alors qu'il aperçut MarieClaude à deux pas de lui. Elle était occupée à chercher quelque chose dans ce même rayon et, concentrée sur ses recherches, elle ne l'avait pas remarqué. Cédric amusé par la coïncidence mais ne voulant pas lui faire perdre le fil de ses recherches attendit patiemment qu'elle en ait terminé. Soudain elle poussa un petit cri de plaisir et se saisit d'un CD l'air enchanté. C'était la première fois que Cédric la voyait sourire. Il préféra attendre qu'elle se tourne vers lui pour se manifester. Elle l'aperçut enfin, son visage se referma et elle se recula légèrement.
— Bonjour MarieClaude ! Quelle bonne surprise. J'étais justement passé au rayon de la musique pour acheter un CD quand je t'ai aperçue. Comment vas-tu ? Armelle m'avait dit que tu étais rentrée à Toulouse et que tu allais mieux.
Elle répondit d'un ton un peu distant :
— Je vais bien, je te remercie.
Elle désirait avant tout qu'on la laisse tranquille dans son coin. Chaque fois qu'elle avait essayé de le quitter, ça s'était mal terminé.
Cédric fut un peu refroidi par l'attitude de MarieClaude. Cette fille avait décidément un caractère bizarre. Il lui semblait mériter un accueil un peu plus chaleureux compte tenu de ce qu'il avait fait pour l'aider lors de la soirée donnée par Sophie. Néanmoins, il décida d'insister. Après tout c'était sans doute simplement quelqu'un qui ne se livrait pas facilement. D'ailleurs, elle paraissait plus effrayée qu'hostile.
— On s'entend très mal au milieu de cette foule. On devrait aller payer si tu en as fini. Ensuite on pourrait aller prendre un verre dans un endroit plus calme et moins encombré.
Elle hésita un peu. Il insista gentiment :
— Cela me ferait plaisir qu'on fasse un peu connaissance.
Elle ne tenait pas à ce qu'il s'intéresse à elle mais, étant donné qu'il lui avait porté secours la semaine précédente, elle ne pouvait pas se montrer impolie. Elle accepta donc sa proposition, du bout des lèvres. Ils payèrent à la caisse puis sortirent du magasin et se dirigèrent vers un bar proche qui ne payait pas de mine mais paraissait bien tranquille. Tout en marchant elle le remercia de nouveau pour la gentillesse dont il avait fait preuve.
— Ce n'est rien, je suis content d'avoir pu un peu t'aider.
— Tu sais, je ne recherche pas la pitié des autres.
— Je ne t'offre ni ma pitié, ni ma sympathie ; c'est ton amitié que je recherche.
— J'ai du mal à croire que quelqu'un puisse rechercher mon amitié.
— Peut être pourrais-tu me laisser le bénéfice du doute ?
— Ce n'est pas que je ne te crois pas, mais je ne suis probablement pas celle que tu penses.
— Je pense que tu es quelqu'un de très gentil, ce qui est une grande qualité, mais peut-être d'un peu trop gentil, ce qui peut être un handicap. Je pense que tu ne t'aimes pas beaucoup et que tu as tort. Je pense aussi que tu as peur des autres et que tu as peut-être parfois raison, mais surement pas tout le temps. Et je pense que tu as peur de moi et que tu as bien tort.
MarieClaude rougit.
— C'est vrai que je suis un peu sauvage. Pardonne-moi. Pardonne-moi aussi d'avoir gâché ta soirée l'autre jour.
— Si tu veux que nous soyons bons amis je ne veux plus que tu me fasses la moindre excuse. Cela me vexe profondément. Les amis ne s'excusent pas. Ils se comprennent.
Elle rosit et un grand sourire éclaira son visage. Depuis sa première rencontre avec Sophie, personne ne s'était comporté avec elle de façon aussi spontanément gentille.
— C'est promis.
Pour être plus tranquilles ils allèrent s'asseoir dans un coin à l'intérieur.
— Que veux-tu boire MarieClaude ?
— Je prendrais bien une grenadine.
Cédric interpella le serveur.
— Pourriez-vous nous servir une grenadine et un Perrier citron s'il vous plaît ?
Le serveur revint peu après avec les consommations.
— Pour qui est la grenadine ?
— Devinez répondit Cédric. Le serveur sourit.
— Je vais me risquer. Et il posa la grenadine devant MarieClaude.
— Gagné !
Le serveur sourit de nouveau et s'en alla.
— Alors qu'a tu déniché à la FNAC ? Tu avais l'air ravie de ta trouvaille.
— Je me suis acheté des lieder de Schubert.
— Quel hasard amusant. J'ai aussi acheté du Schubert mais c'était l'intégrale des impromptus pour piano. Tu aimes Schubert ?
— C'est mon compositeur préféré et j'adore ses lieder.
— Je ne connais pas les lieder à part la truite. Je ne suis pas très fan. Et surtout je ne parle pas l'Allemand alors je ne comprends pas les textes. Le seul air de Schubert que j'aime vraiment c'est L'Ave Maria qui est un chant merveilleux mais ça n'est pas un lieder.
MarieClaude répondit un peu timidement :
— Mais si c'est un lieder. Un des plus beaux d'ailleurs.
— Par exemple ! J'étais persuadé que c'était de la musique sacrée, le « Je vous salue Marie ».
— En fait c'est une prière que fait l'héroïne d'un poème de Walter Scott « La Dame du Lac ». C'est un extrait de ce poème. Les paroles n'ont rien à voir avec notre prière.
— Autant pour moi. Tu as l'air de bien t'y connaître. Pourquoi ne t'exprimes-tu pas plus souvent ?
— C'est parce que je n'aime pas parler de ce que je ne sais pas.
Elle se mit à rougir de confusion.
— Je m'excuse, je voulais seulement dire que…
Cédric l'interrompit faussement grondeur :
— Tu te rappelles ce que je t'ai dit tout à l'heure à propos des excuses ?
— C'est vrai ! Pardon !
— Encore ?
— Elle se mit à rire de bon cœur d'un petit rire perlé et lui demanda d'un ton candide :
— Alors si je te fais tomber une brique sur le pied je ne dois pas m'excuser ?
Cédric éclata de rire. Elle ne manquait pas d'humour.
— Peut être que si tu me fais tomber une brique sur le pied je t'en voudrai un peu, mais ce sera plutôt à cause de la brique. Ça doit faire un mal de chien.
Il lui sourit.
— Mais je ne suis pas sûr que tu puisses soulever une brique.
Elle se remit à rire. La glace était bien rompue à présent. Cédric était ravi d'avoir réussi à la faire rire et MarieClaude commençait à être en confiance. Il reprit :
— En plus c'est vrai. J'aime la grande musique mais je n'y connais pas grand-chose. Je la ressens plus de manière sensuelle qu'intellectuelle. C'est d'ailleurs la même chose pour les autres arts comme par exemple la peinture. Ce que j'aime c'est quand c'est concret, joli, quand ça me parle. La peinture abstraite, sans un titre, on ne voit pas ce que ça représente.
— La peinture abstraite parle aussi. Elle a besoin qu'on l'étudie et qu'on la comprenne. Après, on aime ou pas. Si on ne la comprend pas on ne peut pas l'aimer et si on ne l'étudie pas on ne peut pas la comprendre. Mais c'est vrai pour toute la peinture. Il y a toujours une démarche. Mais on a plus l'habitude de certaines d'entre elles.
— Tu crois ?
— Prenons un exemple : Indique-moi un tableau que tu aimes.
— Par exemple la naissance de Vénus de Botticelli. J'adore ce tableau.
— C'est un exemple parfait. Qu'est-ce que tu vois sur le tableau ?
— Je vois Vénus nue debout dans un grand coquillage. Elle est entourée de trois personnages.
— Comment sais-tu que c'est Vénus ?
— Parce que c'est marqué en dessous du tableau ou qu'on me l'a dit.
— Si ça n'était pas marqué tu ne saurais pas que c'est elle. Donc il faut qu'on t'explique que c'est Vénus. Mais peux-tu me dire à quelle époque et dans quel pays Vénus a vécu ?
— C'est une légende, une abstraction.
— Une abstraction ? Tiens ? Et tu comprends quand même ce tableau ?
Cédric éclata de rire.
— Touché ! J'ai encore parlé de ce que je ne connais pas. C'est peut-être à moi de m'excuser. Mais par contre tu me parais très pointue sur ces sujets. Je suis vraiment impressionné.
— Si on parlait d'avions je pense que c'est moi qui serait impressionnée dit-elle avec un petit sourire.
— C'est vrai, dit Cédric en riant. Le problème c'est que dans mon domaine on admet qu'il faut des connaissances pour en parler alors qu'en matière d'art on se sent tous capables d'en parler doctement.
MarieClaude continua.
— Je n'ai pas encore tout à fait terminé. Il existe des tas de tableaux très bien peints représentant des femmes nues. Il y a aussi des revues spécialisées avec des photos de très belles femmes nues. Alors pourrais-tu me dire pourquoi c'est justement ce tableau-là qui t'émeut ?
— Je n'y ai pas vraiment réfléchi.
— Son côté érotique ?
— Non ! Au contraire, je trouve qu'il se dégage de l'œuvre une certaine innocence que le peintre a voulu transmettre. Il resta un instant songeur ; Je crois que j'ai compris. En dehors des qualités esthétiques, de la beauté formelle, car Vénus est très belle, ce qui fait la valeur de cette œuvre, c'est cette impression de pudeur innocente. On peut dire qu'il y a en quelque sorte un message dans ce tableau mais que ce message est du second degré. MarieClaude approuva gravement.
— Le message, compte autant que le contenu dans la plupart des tableaux dignes de ce nom. Sans message, un tableau n'est qu'une simple image. Une image peut être jolie mais ça reste une simple image. Ceci est vrai pour tous les styles de peinture.
— Je suppose que tu peins puisque tu fais les Beaux-Arts en filière Art. Quel genre de peinture fais-tu ?
— Je fais de la peinture abstraite.
Cédric sourit.
— Décidément, je manque un peu de savoir vivre aujourd'hui je crois… C'est vrai que ça n'est pas si facile que ça de ne jamais s'excuser. Et quel domaine t'intéresse particulièrement ?
— J'essaie de traduire en peinture ce que les gens ressentent, leurs sentiments, l'amour, la jalousie etc…
— Comment t'y prends-tu ?
— Quand je choisis un sujet je commence par me documenter dans les bibliothèques ou sur Internet pour trouver des écrits qui traitent du sujet sur le plan philosophique ou psychologique. J'essaie ensuite d'en faire la synthèse afin de m'imprégner du sujet. Ensuite, je fais différentes ébauches de formes et de couleurs. Je les compare et j'en fais une synthèse pour réaliser l'œuvre finale. Ça n'est pas toujours très facile et j'y passe beaucoup de temps. Mais ce n'est pas simplement une œuvre intellectuelle. Cela correspond autant à ce que le sujet représente à mes yeux qu'à ce que la personne concernée est censée ressentir. J'ai peint par exemple un tableau sur la paresse. J'ai essayé de décrire ce que ressent le paresseux, mais ce que j'en pense intervient aussi pour beaucoup dans la construction.
— Je suis très impressionné. Ça doit te prendre un temps fou de faire ça en plus de tes études. Je suppose que tu peins surtout l'été pendant les vacances ?
— Non pas spécialement. A la limite j'ai presque moins de facilités l'été parce que je ne suis plus aux Beaux-Arts mais au musée des Augustins où j'organise des visites guidées.
— Tes jambes le supportent ?
— Je m'arrange. Je prends une canne.
Ils continuèrent à parler à bâtons rompus sans voir passer le temps. MarieClaude était maintenant complètement détendue. Cédric avait quelque chose de rassurant. Quand à ce dernier, il était époustouflé. Cette fille apparemment complètement effacée se révélait avoir une personnalité et une culture étonnantes.
Brusquement MarieClaude regarda sa montre.
— Mon dieu ! Nous sommes ici depuis deux heures.
— Tu veux rire !
Il regarda sa montre.
— Je n'ai pas vu passer le temps, constata-t-il stupéfait.
— Il faut que je parte tout de suite ! Je dois rendre un service à ma logeuse et je vais être en retard. Elle doit être terriblement inquiète.
— Ne t'en fais pas. Ma voiture est à côté ; je vais te ramener.
— Tu es vraiment très gentil.
Ils se rendirent au parking. Cédric l'aida à s'asseoir, vérifia qu'elle était bien installée, se mit au volant et démarra. Il cherchait comment faire pour la revoir car il lui semblait qu'elle gagnait à être connue. Il eut soudain une idée.
— Est ce que tu as prévu quelque chose demain ?
— Rien de particulier. Le dimanche je reste en général dans ma chambre quand je ne suis pas à Condom.
— Le musée des Augustins est-il ouvert le dimanche ?
Elle le regarda un peu interloquée. Pourquoi lui demandait-il ça ?
— Il est ouvert tout l'après-midi. Pourquoi ?
— J'ai besoin d'améliorer ma culture artistique et tu me parais être un excellent professeur. Si je t'invitais à déjeuner demain, accepterais-tu de me faire faire une visite commentée ?
— MarieClaude était un peu prise de court. Elle balbutia :
— Oui, enfin je ne sais pas…
— Si ça t'ennuie…
— Non pas du tout ! Je suis surprise c'est tout. Je ne m'y attendais pas.
— Alors on est d'accord ?
— Oui bien sûr !
— Dans ce cas je passerai te prendre sur le coup de midi. On ira déjeuner tranquillement à la brasserie des Beaux-Arts et ensuite on ira au musée.
— D'accord !
Ils arrivèrent peu après devant le pavillon où elle était logée et elle le quitta rapidement. Elle était aux anges.
En rentrant chez lui, Cédric repensait avec étonnement à ces deux heures passées avec MarieClaude. Il avait découvert quelqu'un de rare, il en était maintenant convaincu. Une fille disposant de telles qualités ne pouvait qu'avoir connu des événements dramatiques pour en arriver à cette fragilité. Il se demandait si quelqu'un arriverait un jour à obtenir d'elle qu'elle en parle. Elle avait absolument besoin d'évacuer tout ce qui la bloquait sinon sa santé mentale risquait de se dégrader un jour.
En retard
MarieClaude ne dormit guère cette nuit-là. Elle était à la fois ravie et affolée à la perspective de passer une partie de la journée avec Cédric. Ravie parce que Cédric était gentil avec elle et essayait de la comprendre plutôt que de porter des jugements à priori. Affolée parce qu'elle était évidemment tombée amoureuse de lui et que, sachant que ce n'était pas réciproque, elle ne savait vraiment pas comment se comporter avec lui. En plus, même s'il avait l'air très gentil, très différent des autres, elle ne pouvait se défaire de la crainte qu'il ne soit pas sincère et se moque d'elle. Beau comme il était, ce n'était peut-être qu'un séducteur qui avait juste envie de passer une journée amusante. Au moment de se lever il lui vint une furieuse envie de rester pelotonnée sous sa couette. Mais de toute façon elle avait accepté son invitation et elle ne pouvait pas se défiler, et puis elle avait trop envie de le revoir. Elle prit donc son courage à deux mains et se leva.
Elle jeta un regard critique sur les vêtements qu'elle portait habituellement. Elle ne pouvait tout de même pas se permettre de venir habillée avec négligence pour aller déjeuner avec lui au restaurant. Elle sortit la jupe que sa maman lui avait achetée de force et qu'elle n'avait jamais mise, ainsi que le pull qui allait avec. Horreur ! Ils étaient complètement froissés tous les deux bien que propres. Affolée, elle alla trouver madame Alquier pour lui demander si elle pouvait lui prêter un fer à repasser. Voyant son affolement, la vieille dame la calma en lui disant d'aller prendre un bon bain pendant qu'elle même lui repasserait ses affaires. Elle lui dit aussi de se faire un shampoing et qu'elle se chargerait de lui sécher les cheveux et de lui faire une jolie coiffure.
Il était neuf heures et son ami devait passer à midi ce qui leur laissait largement le temps de bien la préparer. Bien sûr MarieClaude fut prête plus d'une heure avant le rendez-vous. Elle essaya de passer le temps en lisant mais elle n'arrivait pas à se concentrer. Elle essaya aussi de se mettre de la musique mais cela ne réussit pas à la calmer. A midi moins dix, elle décida de sortir attendre dans la rue. Elle fit les cent pas en guettant l'arrivé de Cédric, espérant qu'il serait en avance. Malheureusement il n'était pas en avance. Il n'allait sûrement pas tarder à arriver. Mais les minutes passaient et Cédric n'était toujours pas là.
Cédric ne voulait surtout pas arriver en retard à leur rendez-vous. Il était content que MarieClaude ait accepté son amitié et comptait bien que tous les deux passeraient ensemble une journée agréable. Il ne voulait donc pas la gâcher par une attitude désinvolte qu'il détestait chez les autres. Par ailleurs, il ne voulait pas risquer de stresser MarieClaude, dont il avait compris la fragilité, en l'obligeant à l'attendre. Il était donc parti en avance afin de se prémunir contre un éventuel contretemps.
Il commençait à se dire qu'il allait être ridiculement en avance, lorsqu'il se trouva bloqué vers la fin d'une rue étroite et en sens unique. Très rapidement d'autres véhicules vinrent s'agglutiner derrière l'Audi de sorte que tout le monde se trouva complètement bloqué et dans l'impossibilité de faire demi-tour. Peu de temps après, il entendit les sirènes de la police et du SAMU. A n'en pas douter, un grave accident de la circulation s'était produit à un mauvais endroit et il faudrait un certain temps avant que la circulation ne soit rétablie. Il décida donc de téléphoner à MarieClaude pour la prévenir afin qu'elle ne s'inquiète pas. Il était un peu déçu, mais il lui fallait bien prendre son mal en patience. Il composa le numéro de MarieClaude, mais il tomba sur un répondeur indiquant que le numéro n'était pas disponible. Il vérifia le numéro et le composa de nouveau, mais obtint la même réponse.
Il commença à s'énerver et refit le numéro toutes les deux ou trois minutes, toujours sans succès. Il était maintenant totalement exaspéré : Il avait tout fait pour arriver en avance et il allait finalement être en retard. Enfin, la circulation fut rétablie. Quelques centaines de mètres plus loin il dépassa deux carcasses de voitures complètement embouties à un carrefour. Cela le calma aussitôt et lui ôta l'envie d'accélérer pour regagner le temps perdu. Il arriva enfin dans la rue où se trouvait le pavillon dans lequel MarieClaude était logée et aperçut cette dernière désemparée au bord du trottoir.
MarieClaude était à bout de nerfs. Elle commençait à se dire que Cédric ne viendrait pas et trouvait toutes les raisons possibles pouvant expliquer qu'il avait décidé finalement de faire faux bond. Ça ne faisait plus de doute : tout se passait comme d'habitude. Soit il la tenait pour quelqu'un qu'il n'était pas nécessaire de ménager, soit, ce qui était encore pire, il se moquait d'elle comme tous les autres. Elle était au bord des larmes. C'était évident : il ne viendrait pas. Elle se préparait à rentrer quand enfin elle vit arriver la voiture de Cédric. Elle fut envahie par une onde de bonheur : il était venu. Il n'était pas comme tous les autres. Cédric s'arrêta à sa hauteur et descendit en hâte de son véhicule.
— Je suis désolé, j'étais en avance mais j'ai été bloqué par un embouteillage dû à un accident. Il a fallu du temps pour que la police puisse dégager la circulation. J'ai bien essayé de te téléphoner mais ton portable ne répondait pas. Elle sortit ce dernier.
— C'est stupide ! Je l'ai éteint pour le mettre à recharger et j'ai complètement oublié de le rallumer.
— Je suis vraiment désolé et je te présente toutes mes excuses pour ce retard. J'aurais dû prendre plus de précautions.
— Non je t'assure. Je venais juste de sortir dans la rue (Elle n'allait tout de même pas avouer qu'elle avait attendu vingt minutes en arpentant la rue !).
Commentaires Partager Liste de lecture

Ce chapitre vous a plu ? Encouragez l'auteur en un geste.

J'aime
ou laissez un mot
Soyez respectueux
Publier
Chapitre suivant
Chapitre 5
30 minutes
1.9k
100
4
Chapitre suivant

Commentaires ()

Passer les 2 commentaires
Photo de profil de Gubbe
Gubbe
21 août 2025 à 17:02
Trés agréable à lire. Histoire trés passionant comme vous savez les écrires.
En espérant que Cédric arrive a redonner confiance à MarieClaude
Soyez respectueux
Répondre
Photo de profil de Papou18
Papou18
20 août 2025 à 19:15
Très belle histoire, et particulièrement bien écrite.
Félicitations et vivement la suite. ;)
Soyez respectueux
Répondre

Histoires similaires

✦ unzeste85 Cybèle chapitre 10 XSTORY
Cybèle chapitre 10
Chapitre unique
Par unzeste85
82
1
1.6k
Hétéro
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 3
Par Exorium
275
9
43.9k
Hétéro
✦ rechabual Mon adorable voisine ! XSTORY
Mon adorable voisine !
Chapitre 1
Par rechabual
293
3
22.1k
Hétéro
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 7
Par Exorium
269
9
13k
Hétéro
✦ unzeste85 Si jolie XSTORY
Si jolie
Chapitre 5
Par unzeste85
263
3
9.7k
Lesbiennes
✦ unzeste85 Si jolie XSTORY
Si jolie
Chapitre 6
Par unzeste85
242
5
9.1k
Lesbiennes
✦ unzeste85 Si jolie XSTORY
Si jolie
Chapitre 2
Par unzeste85
266
8
26.9k
Lesbiennes
✦ unzeste85 Si jolie XSTORY
Si jolie
Chapitre 9
Par unzeste85
204
9
6.3k
Lesbiennes
✦ Exorium Voisines (1) XSTORY
Voisines (1)
Chapitre 10
Par Exorium
245
11
12.8k
Hétéro

Restez informé des nouvelles histoires

Recevez les dernières publications directement dans votre boîte mail

Explorez les catégories

Parcourez notre vaste sélection d'histoires érotiques classées par catégories pour trouver exactement ce qui éveille votre désir

Mode sombre
Apparition progressive
Lecteur Audio