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Couverture de Cybèle et pourtant, par unzeste85
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Hétéro Orientation principale dans ce chapitre

Cybèle et pourtant — Chapitre 16

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Certifiée écrite par un humain D'après nous ce texte a été rédigé par un humain

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unzeste85
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Cybèle et pourtant

Chapitre 16

Arrivée
Le samedi matin, Cédric et MarieClaude se rendirent à l'aéroport. Cédric laissa MarieClaude sur le bord du trottoir avec les valises et alla garer la voiture au parking payant situé juste à côté. Ils se rendirent ensuite à l'enregistrement pour récupérer les billets et faire enregistrer leurs bagages. Ensuite, ils passèrent par l'inévitable douane avant de se rendre à la salle d'embarquement. Pour une fois l'avion partit à l'heure et atterrit à l'heure.
MarieClaude était terrifiée. Cédric la trouvait belle parce qu'il l'aimait mais elle savait qu'elle ne serait pas très valorisante comme épouse et qu'elle ne correspondait certainement pas à l'idée que se faisaient les parents de Cédric d'une belle-fille. Par ailleurs, elle avait vu des photos des parents de Cédric et n'avait pas manqué de remarquer leur élégance vestimentaire et le maquillage discret de Marielle. Ils formaient un couple très élégant et ils allaient la trouver très provinciale. Lorsqu'ils arrivèrent dans le hall d'accueil, Cédric chercha ses parents des yeux. Il les aperçut enfin. Ils étaient à une vingtaine de mètres et Marielle, la maman de Cédric, courait vers eux sous le regard amusé de son mari en agitant le bras. Arrivée à leur niveau, elle passa devant Cédric en l'ignorant royalement et se précipita vers MarieClaude pour la serrer tendrement dans ses bras.
— La voilà enfin notre petite MarieClaude !
MarieClaude n'avait même pas eu le temps d'être intimidée. L'accueil de Marielle la transportait de bonheur. Instinctivement elle se blottit contre elle et se laissa bercer. Marielle la câlinait tendrement.
— J'ai une deuxième fille maintenant. Elles restèrent serrées l'une contre l'autre jusqu'à ce que Christian n'interrompe son épouse en lui tapotant l'épaule.
— Je peux ?
Marielle libéra MarieClaude à regret et se tourna vers son fils pour lui dire bonjour. Christian s'approcha.
— Bonjour petite MarieClaude !
MarieClaude, intimidée ne savait quelle attitude adopter. Elle lui tendit la main.
— Ah non ! Les jolies filles, je ne leur serre pas la main, je leur fais la bise. Et il embrassa MarieClaude à son tour.
— Christian ! Tu n'as pas honte ?
— Paternellement bien sûr !
Marielle se tourna vers son fils :
— Il va falloir qu'on surveille bien ton père. Il a le béguin pour MarieClaude. Je suis sûre qu'il va essayer de te la voler.
— Ne l'écoute pas. Elle est jalouse.
— Bon ! Maintenant que les présentations son faites, vous les hommes, vous allez chercher les bagages pendant qu'avec MarieClaude nous vous attendons ici. Marielle prit MarieClaude par la taille et l'emmena vers les sièges situés sur les bords de l'accueil.
— Alors dis-moi ma chérie…
Cédric n'entendit pas la suite à cause du brouhaha. Avec son père, ils se dirigèrent vers les tapis roulants de livraison des bagages. L'accueil qu'avait reçu MarieClaude enchantait Cédric. Ses parents s'étaient exactement comportés de manière à mettre celle-ci tout de suite à l'aise.
— Félicitations ! Elle est absolument charmante. Ta mère en raffole et d'après ses réactions c'est visiblement la même chose pour Catherine. Et moi aussi d'ailleurs. Vous ne vous êtes pas encore rendu compte, mais elle est déjà adoptée par toute la famille.
Ils revinrent avec les valises. Marielle et MarieClaude étaient déjà en grande conversation. MarieClaude se sentait tout à fait à l'aise avec Marielle. La tendresse que lui avait tout de suite témoignée la maman de Cédric l'avait rassurée et sa nature pouvait s'exprimer sans arrières pensées.
— Restez ici toutes les deux. Cédric et moi on va apporter les valises jusqu'à la voiture. On repassera vous chercher ensuite.
Lorsqu'ils revinrent, Cédric descendit pour aller chercher Marielle et MarieClaude tandis que son père restait au volant. En arrivant près d'elles, il constata qu'elles continuaient à parler avec animation sans trop s'occuper de leur environnement. Elles le suivirent tout en continuant à bavarder. Elles s'installèrent toutes les deux à l'arrière. Cédric profita d'un instant de répit pour remarquer.
— Je me demande de quoi vous pouvez bien parler depuis tout à l'heure.
— Ce sont des discussions de femmes, répondit MarieClaude. Quand vous vous parlez de football ou de voitures, on ne vient pas vous dire que ça ne nous intéresse pas.
Cédric éclata de rire. Il était ravi de voir MarieClaude aussi à l'aise. Pendant le trajet, Marielle avait passé son bras autour des épaules de celle-ci et lui donnait des explications sur ce qu'on voyait par les vitres de la voiture.
— Nous prenons l'itinéraire des bords de mer. Ce n'est pas le plus rapide, mais c'est le plus pittoresque et surtout le plus joli.
Ils passèrent par la promenade des anglais puis par le port qu'ils contournèrent pour continuer vers Villefranche sur mer puis Beaulieu sur mer et arrivèrent à Èze tout de suite après. La maison des Mareuil se trouvait sur l'avenue de la Marne juste au-dessus de la route de la corniche. Un fois arrivés, ils posèrent les valises dans l'entrée et Marielle fit visiter la maison et le jardin à MarieClaude. La maison comportait un étage où se trouvaient trois chambres tandis qu'au rez-de-chaussée se trouvait un grand séjour qui s'ouvrait par une large baie vitrée sur une terrasse ensoleillée. Toutes les pièces étaient face à la mer en dehors de la cuisine et de la salle de bains. La vue sur la mer était magnifique. MarieClaude demanda :
— Y a-t-il de jolies plages à Èze ?
— Il y a une grande plage mais c'est une plage de galets.
Cédric intervint.
— MarieClaude a besoin de tremper son pied dans l'eau. Ça veut dire soit marcher au bord de la plage, soit s'asseoir. Je pense que la plage de Beaulieu sur mer qui est une plage de sable sera mieux adaptée. Christian regarda sa montre.
— Il n'est que dix heures et demie. Si vous voulez, je peux vous amener voir la plage des fourmis à Beaulieu. Elle est très agréable et possède des équipements variés. Nous pourrions quand même aller voir la plage de la baie à Èze. Elle est aussi équipée et le bord de l'eau est sablonneux. Par ailleurs, comme elle est plus grande et moins connue, vous y trouverez moins de monde surtout si vous y allez le matin.
— Compte tenu qu'il ne faut pas que MarieClaude expose trop son pied au soleil, il vaut mieux effectivement qu'on y aille le matin. Vous avez toujours les pochettes étanches ?
— Oui bien sûr. Christian se tourna vers MarieClaude :
— Ici, quand on va à la plage, on prend toujours une pochette ou un sac étanche pour y mettre les clés, les papiers, l'argent, les montres et les bijoux. Certains touristes un peu trop confiants se retrouvent à la gendarmerie en train de porter plainte pour vol, ce qui ne sert pas à grand-chose vu que les voleurs sont déjà à des centaines de kilomètres. Ils n'oublieront pas deux fois s'ils reviennent un jour, mais le mal est fait. Le mieux, à moins d'être sur une plage privée, et encore, est de n'amener que le strict nécessaire et le moins de choses de valeur possible y compris pour les vêtements.
— Il y a donc beaucoup de voleurs ici ?
— Comme sur toutes les plages susceptibles d'être fréquentées par une clientèle aisée.
— Tu viens avec nous maman ?
— Non mon chéri. Ce midi nous aurons du loup grillé. Je l'ai commandé chez mon poissonnier à Villefranche pour l'avoir bien frais ce matin. Il faut que j'aille le chercher.
— Tu veux qu'on passe acheter le pain ?
— Tu es gentil, mais je vais le prendre à Villefranche et je passerai aussi chez le pâtissier. Ça vous dirait une charlotte aux poires ou aux fraises ? MarieClaude qu'est-ce qui te ferait plaisir ? C'est à toi de choisir. Si tu préfères autre chose, n'hésite pas.
— Alors je veux bien une charlotte aux poires.
— Vous pouvez y aller maintenant. Cédric, tu peux baisser au passage les volets des deux chambres. Tu laisses les fenêtres entrouvertes. Christian mon chéri tu peux peut-être ouvrir tout de suite l'auvent de la terrasse ?
Ils déposèrent leurs valises dans les chambres et redescendirent les victuailles que les parents de MarieClaude leur avaient confiées à l'intention des Mareuil. Marielle les remercia chaleureusement.
— Je vais les garder pour cet hiver. Nous les mangerons à l'occasion des fêtes de fin d'année.
Ils se rendirent d'abord à la plage d'Èze et se garèrent avenue de la liberté. On accédait à la plage par des petits tunnels passant sous la voie ferrée et donnant sur un chemin de terre. Ce chemin de terre longeait l'arrière de la plage de sorte que celle-ci était facilement accessible sur toute sa longueur. Ils montèrent sur le petit terre-plein qui séparait le chemin de la plage. Celle-ci n'était pas très profonde par contre elle était très longue ce qui lui donnait une capacité intéressante. Ils purent admirer le paysage.
— Ici la plage est relativement profonde mais elle n'est pas surveillée. Le poste de surveillance est ou bout à droite, mais, là-bas, la plage est moins profonde et plus fréquentée. Vous voyez c'est une plage de galets mais au bord de l'eau c'est relativement sablonneux.
Ils se rendirent ensuite à la plage des fourmis à Beaulieu. Au passage, ils passèrent devant la plage de la petite Afrique mais ils ne s'arrêtèrent pas car c'était une plage de graviers. La plage des fourmis par contre était une plage de sable fin située tout au début du cap Ferrat. Elle était très jolie, mais comme elle était petite elle était déjà copieusement remplie. Tout le long du bord, des enfants jouaient à faire des châteaux de sable de sorte que marcher le long de la plage risquait de s'avérer difficile.
— Qu'en penses-tu MarieClaude ?
— Finalement je crois que je préfère la première plage. Là où on était ça avait l'air tranquille. Je n'aime pas trop quand il y a du monde.
— Eh bien c'est d'accord. Il faudra simplement que tu fasses bien attention de ne pas te tordre le pied sur les galets. On prendra deux matelas gonflables les jours où on voudra un peu se dorer au soleil.
— Bien les enfants ! Je pense que nous pouvons rentrer. Nous pourrons prendre un rafraîchissement sur la terrasse.
— Je ne crois pas que vous ayez du sirop de grenadine à la maison ? C'est la boisson favorite de MarieClaude.
— Tu fais bien de me le dire. On en achètera à Èze sur le trajet.
Quand ils arrivèrent, Marielle venait de rentrer elle aussi.
— Nous pensions prendre un rafraîchissement. Es-tu des nôtres ?
— Vous êtes gentils mais il faut d'abord que je prépare le repas. Je vous rejoindrai tout à l'heure.
— Je peux venir avec vous ? demanda MarieClaude.
— Bien sûr, ça me fera plaisir. Mais je te préviens : Je fais des choses simples. Je n'ai ni le talent ni la patience de ta maman qui, paraît-il est un vrai cordon bleu. Tu risques d'être déçue. Elles se rendirent à la cuisine, laissant seuls Cédric et son père.
— MarieClaude est tout à fait délicieuse. Elle semble pleine de douceur et s'exprime toujours avec plein de délicatesse. Elle a l'air de t'aimer énormément.
— C'est réciproque papa. Tu sais j'ai encore du mal à y croire. Je l'ai rencontrée pour la première fois il n'y a même pas deux mois et sa présence auprès de moi me semble si évidente que j'ai l'impression de l'avoir toujours connue. La première fois que je l'ai vue, je l'ai à peine remarquée et quinze jours après j'étais tombé amoureux d'elle.
— Il faut croire que vous étiez faits pour vous rencontrer.
Marielle et MarieClaude avaient rejoint la cuisine où trônait un magnifique poisson. Il y avait aussi une boite en carton contenant manifestement la charlotte aux poires.
— Nous allons mettre la charlotte au réfrigérateur. Ensuite nous préparerons le poisson. Je l'ai fait écailler et vider par le poissonnier. Nous accompagnerons le poisson d'un tian. En entrée, nous allons faire une bonne salade bien fraîche.
— Qu'est-ce que c'est qu'un tian ?
— C'est un plat de notre région à base de courgettes, d'aubergines et de tomates : On coupe les légumes en rondelles d'à peu près un centimètre d'épaisseur. On les met dans un plat pour aller au four en faisant plusieurs rangées parallèles dans le sens de la longueur et en alternant courgette, aubergine et tomate. On verse dessus un filet d'huile d'olive et on saupoudre d'un peu de sel, de poivre et de thym moulu. On enfourne une demi- heure à four moyen.
— Et pour le poisson ?
— C'est simple : On met à l'intérieur du loup un mélange de thym et de romarin hachés avec du persil. On rajoute quelques graines de fenouil et un peu de poivre. On met le poisson dans une grande feuille d'alu qu'on replie sans la fermer complètement. On passe au four à deux cent degrés pendant une vingtaine de minutes. Au moment de servir, on enlève la peau. On peut soit le servir entier, soit tirer les filets. Je préfère la deuxième solution. Je dépose les filets sur le tian et je sers avec du jus de citron. Tu vois, c'est une cuisine assez simple. En entrée nous allons faire une salade de tomate et de laitue avec des olives vertes et noires. Je fais une vinaigrette avec deux cuillers à soupe d'huile d'olive et une de vinaigre, une gousse d'ail coupée en lamelles, du sel et du poivre. Je coupe les tomates en rondelles et je les mets au fond du saladier. Je coupe les feuilles de laitue en quatre et les pose au-dessus des tomates avec les olives. Au moment de servir je mélange bien ma vinaigrette et la verse sur la salade que je mélange. La laitue n'a pas le temps de cuire et reste craquante. Comme tu le vois, nous sommes plutôt adeptes de la cuisine légère. J'espère que ça te conviendra.
— Oh ! ne le répétez à personne, mais je trouve que la cuisine de maman est un peu lourde pour moi. Je n'ose pas lui dire parce que je ne veux pas la peiner vu le mal qu'elle se donne. Et puis papa et Benoît sont des gourmands et de très gros mangeurs et ils adorent sa cuisine. Maman a raté sa vocation, elle aurait dû ouvrir un restaurant gastronomique. Mais quand on va dans un restaurant gastronomique, c'est une ou deux fois par an, pas tous les week-end, samedi et dimanche. Remarquez, elle fait sa cuisine pour les autres et se sert elle-même de petites quantités. Heureusement elle accompagne le plat de résistance de haricots verts à la vapeur et de pommes de terre sautées à la graisse d'oies. Alors je mange des haricots verts et quand elle fait un chapon farci au foie gras, par exemple, je me contente d'un morceau de blanc. Maman sait depuis longtemps que ce n'est pas la peine d'insister. Alors le menu que vous proposez me convient parfaitement. C'est déjà presque trop copieux pour moi, mais je vais faire un péché de gourmandise.
— On boira un peu de rosé léger, mais il y aura aussi de l'eau plate et de la San Pellegrino. C'est un peu pareil que de la Badoit. Si tu veux bien, on va découper les légumes et la salade ensemble. Je vais te donner un tablier. Il sera un peu grand mais ça devrait aller. Je te laisserai préparer le tian pendant que je m'occuperai du poisson. En le préparant tout de suite il sera bien parfumé au moment de le mettre au four. Par contre on mettra le tian au four tout de suite. Quand il sera prêt, on le tiendra au chaud dans le petit four-rôtissoire. Je mettrai le loup au four un peu avant qu'on se mette à table et on mangera la salade en attendant qu'il soit prêt à son tour.
Elles entreprirent donc de préparer le repas tout en bavardant.
— Tu sais, nous sommes vraiment contents que tu épouse bientôt Cédric. Il m'a l'air vraiment très épris.
— Vous ne pouvez pas savoir comme je l'aime. Dès que je suis avec lui j'ai l'impression d'être en sécurité.
— Tu as raison. C'est un garçon très solide que sa nature profonde pousse à construire.
— Je me demande parfois si je suis à la hauteur.
— Ne t'inquiète surtout pas. Si tu ne l'étais pas il ne se serait jamais intéressé à toi. Mais dis-moi, comment vous êtes-vous connus ? Je n'en reviens pas encore, tellement tout est allé si vite.
— Eh bien voilà ! Le dernier samedi de mai, nous étions allées à la FNAC avec Armelle et une autre amie qui s'appelle Sophie. Cette dernière préparait une soirée pour le samedi suivant. En sortant, nous avons voulu aller prendre un pot dans une brasserie située proche de la FNAC, place Wilson. C'est tout à fait par hasard qu'Armelle a reconnu Cédric. Il nous a invitées à prendre un pot avec lui. Il était très sympathique mais il ne s'est pas vraiment intéressé à moi. Sophie a décidé de l'inviter à sa soirée. Moi aussi j'étais invitée, mais surtout pour aider au buffet. Malheureusement pour moi, il y avait un monde fou et Sophie avait oublié de prévoir des serveurs, de sorte que je me suis trouvée toute seule à assurer le service au buffet. Quand Cédric a vu ça en arrivant, il a décidé de m'aider. Sans lui je ne m'en serais jamais sortie. Et puis, alors qu'il s'était absenté j'ai été insultée par des invités qui devaient avoir un peu trop bu. Cédric a tout vu et a obligé le garçon à me faire des excuses. Il était très en colère et il m'a ramenée de force chez moi.
— Il a bien fait ! Tu étais en train de te faire exploiter.
— Le samedi suivant j'étais de nouveau à la FNAC pour chercher un C.D. de Schubert et il se trouve que lui aussi. Il a voulu m'inviter à prendre un verre et là nous avons fait vraiment connaissance. Il s'est montré d'une gentillesse incroyable avec moi. Il m'a dit qu'il aimerait qu'on se revoie et m'a invitée à déjeuner le lendemain pour qu'ensuite que je lui fasse visiter le musée des Augustins. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à tomber amoureuse de lui. Le lendemain s'est merveilleusement bien passé, puis il m'a demandé de lui montrer mes toiles. Elles étaient à l'école des beaux-arts. Mon professeur principal les avait exposées dans son atelier. Cédric les a beaucoup aimés mais il y en a un que j'ai voulu lui cacher sans y parvenir car c'est un autoportrait qui raconte mes malheurs de jeunesse. J'ai été la tête de turc de mes camarades de classe depuis le cours préparatoire parce que je boitais et que je n'étais pas jolie. Ils ont été très cruels avec moi et j'en ai énormément souffert. Quand il a vu le tableau, Cédric a tout de suite deviné ce qui m'était arrivé. Alors, pour la première fois de ma vie, j'ai réussi à me confier à quelqu'un. Cette confession m'a libérée et en plus nous a énormément rapprochés l'un de l'autre. Je crois que c'est ce jour-là que Cédric s'est mis à m'aimer mais il ne me l'a avoué que la semaine d'après quand nous sommes allés en Andorre.et qu'il s'est occupé de moi après mon accident. Oh Marielle ! si vous saviez comme il est gentil avec moi ! Parfois je me demande si ça n'est pas par pitié. Je suis si peu séduisante !
— Si ça peut te rassurer, tu sais ce qu'il m'a dit quand il m'a téléphoné après m'avoir envoyé des photos ?
— Non. Qu'est-ce qu'il a dit ?
— Il m'a dit : « Tu as vu comme elle est belle ? ».
— C'est vrai ! Je crois que pour lui, je suis belle. Mais je ne comprends pas vraiment pourquoi.
— C'est qu'il te voit dans ta globalité, à travers son amour pour toi et non pas selon les critères esthétiques du moment. Mais, tu sais, je connais au moins une personne, en dehors de Cédric, qui aurait pu tomber amoureux de toi.
— Qui ?
— Christian, son père, il y a trente ans. Tu t'apercevras qu'ils se ressemblent beaucoup. C'est pour ça qu'ils s'entendent aussi bien. Bon ! On va pouvoir les rejoindre pour prendre un rafraîchissement nous aussi. On l'a bien mérité.
— Merci Marielle. Tu es très gentille avec moi. Oh pardon !
— Non ! ne t'excuse pas ! Tu me fais très plaisir en me tutoyant.
Elles rejoignirent Cédric et son père sur la terrasse. MarieClaude avait passé sa main sous le bras de Marielle et avait appuyé sa tête contre l'épaule de cette dernière. Marielle l'embrassa sur la tempe et la laissa s'asseoir près de Cédric. MarieClaude se serra aussitôt contre lui. Elle était rayonnante de bonheur. Après le rafraîchissement, Cédric et son père mirent le couvert pendant que Marielle et MarieClaude retournaient à la cuisine. Elles mirent le tian dans la rôtissoire-four et mirent le poisson dans le grand four. Elles finirent de préparer la salade et tout le monde se mit à table. Christian proposa un peu de rosé à MarieClaude. Celle-ci accepta.
— Mais il faudra me pardonner si ensuite je suis un peu pompette.
Après la salade, Marielle retourna à la cuisine et sortit le loup du four. Elle retira la peau puis leva les filets avant de les poser sur le tian qu'elle avait retiré de la rôtissoire. Elle les arrosa d'un jus de citron puis apporta le plat sur la table. MarieClaude se régala et pour une fois elle finit entièrement le contenu de son assiette.
— Qu'est-ce que c'est bon !
— Tu ne trouves pas que c'est trop léger ?
— Oh non ! Au contraire. C'est délicieux comme ça. On profite tellement bien du goût du poisson et des légumes. C'est mieux qu'avec une sauce. Il y a des sauces avec lesquelles on a plus le goût de la sauce que du reste. C'est dommage.
Après le plat principal, Marielle amena directement la charlotte aux poires. Elle avait proposé du fromage sans conviction mais personne n'en voulait. Après le repas, ils retournèrent sur la terrasse pour prendre le café. A sa demande, MarieClaude prit un thé léger. Ils bavardèrent tranquillement en somnolant légèrement. Le rosé frais peut être assez traître l'été, associé au soleil et à la méditerranée. C'est alors qu'apparut la reine des lieux. Mademoiselle Mitsou en personne. C'était une très belle chatte persane entièrement blanche avec de magnifiques yeux verts.
— Ah ! Je vois que sa majesté a fini de bouder. Elle n'aime pas trop être dérangée, mais elle finit toujours par se montrer car elle adore se faire admirer.
— C'est vrai qu'elle est très belle.
La chatte fit le tour des personnes présentes en se caressant à leurs jambes. Quand elle arriva à MarieClaude, elle commença par la sentir légèrement méfiante, puis sauta sur ses genoux en ronronnant. Elle lui donna deux ou trois petits coups de tête, puis fit un peu de toilette et se roula en boule pour reprendre sa sieste.
— Je crois qu'elle t'a adoptée. Elle ne fait pas ça avec tout le monde. Elle daigne t'autoriser à la révérer. L'avantage qu'ont les chats sur les chiens, c'est qu'ils n'ont pas besoin de réclamer sans cesse notre attention ; l'admiration qu'ils ont pour eux-mêmes leur suffit. Je suis sûre que Narcisse qui est mort d'amour pour son propre reflet dans l'eau n'était pas un humain mais un chat.
Catherine
Le lendemain matin, MarieClaude se réveilla vers sept heures du matin. Elle n'avait pas très bien dormi car c'était le jour où elle allait faire la connaissance de Catherine. Elle était un peu anxieuse de savoir comment celle-ci allait l'accueillir. Compte tenu de ce qu'elle avait vécu, elle était plus à l'aise avec des personnes de la génération de ses parents qu'avec ceux de la sienne. Elle descendit furtivement au rez-de-chaussée. Christian était déjà levé et avait commencé à préparer le petit déjeuner. MarieClaude, un peu intimidée, était sur le point de remonter quand il l'aperçut.
— Tu ne me déranges pas, MarieClaude. Viens t'assoir dans la cuisine pendant que je prépare le petit déjeuner. On pourra bavarder un peu ; ça nous permettra de mieux nous connaître. Tu as toujours vécu à Condom ?
— Oui. J'y suis née. Mes parents avaient déjà la villa ou j'ai grandi.
— Tes parents sont de Condom ?
— Papa est de Condom mais maman est d'Auch. D'ailleurs ma grand-mère habite toujours à Auch. Elle vient souvent nous voir.
— Il paraît que tu fais de très brillantes études.
MarieClaude rosit un peu.
— Ça n'a rien à voir avec les vôtres ou celles de Cédric.
— C'est peut-être vrai sur le plan purement technique, encore que, si j'ai bien compris, il y a des connaissances assez pointues à acquérir dans ton domaine. Mais, surtout, cela fait appel à des capacités très différentes. Cédric et moi serions totalement incapables de faire ce que tu fais. Quand je vois ce que fait Marielle, je suis rempli d'admiration. Tu as amené plusieurs de tes toiles je crois ?
— Oui. Cédric m'a acheté une valise rien que pour ça.
— Marielle est très impatiente de les voir. Je ne sais pas quand tu pourras les lui montrer parce qu'elle veut les voir en n'ayant que ça à faire. Ça risque d'être mercredi car elle veut aussi te faire visiter sa boutique et voir avec toi les faire-part de mariage. Bon ! qu'est-ce que tu prendras pour ton petit déjeuner. Il y a du café ou du thé.
— J'ai trouvé le thé très bon hier.
— C'est du Darjeeling. C'est léger et parfumé à la fois. Il y aura des toasts grillés et des tranches de pain de mie passées au grille-pain. Il y aura aussi de la marmelade d'orange et de la confiture de myrtilles. Et un bon jus d'orange bien sûr. Si tu veux autre chose, on pourra aller lundi faire des courses.
— Oh non ! Ça ira très bien.
— Aujourd'hui tu vas faire la connaissance de Catherine. Elle a hâte de te connaître alors je pense qu'elle risque d'arriver assez tôt. Ça n'a pas l'air de te faire plaisir ?
— Si, mais j'ai un peu peur.
— Pourquoi grand dieu ?
— C'est que les personnes comme elle me trouvent en général un peu nunuche. Je suis plus à l'aise avec les grandes personnes.
— Mais tu es une grande personne.
— Je veux dire des gens plus âgés. Ils sont plus tolérants avec moi.
— Je comprends, mais rassure-toi ; elle est très directe, voire parfois brutale mais, en même temps, c'est quelqu'un de très chaleureux et de très gentil. Armelle, quand elle était petite, l'adorait car Catherine la maternait et s'occupait beaucoup d'elle pendant les vacances. En fait, tu risques surtout de la trouver un peu envahissante.
— Son mari est gentil ?
— Très gentil. Il la canalise un peu, mais il n'essaye pas de la changer. Il s'accommode très bien de son caractère. Si tu veux, on peut prendre tout de suite notre petit déjeuner. Ici chacun déjeune quand il descend et se sert lui-même. Le premier descendu prépare du café pour les autres. On va se mettre sur la terrasse. Le matin elle est encore ombragée et l'air est frais.
Une dizaine de minutes plus tard, ils furent rejoints par Marielle puis par Cédric. Ils remontèrent ensuite faire leur toilette et s'habiller. Cédric et MarieClaude allèrent ensuite visiter les vieilles rues d'Èze et passèrent devant la boutique de Marielle. Vers dix heures trente, ils revinrent à la villa et allèrent s'installer sur la balancelle de la terrasse en attendant Catherine, Richard et Hugo. A onze heures, on entendit une voiture klaxonner et, quelques instants plus tard la sonnerie de la porte d'entrée retentit. Cédric sourit.
— Attache ta ceinture, voici le cyclone.
MarieClaude entendit des éclats de voix qui se rapprochaient. Elle comprit vaguement qu'un évènement allait se produire vers la fin janvier et que Catherine et sa mère semblaient ravies. Soudain, Catherine apparut avec Hugo dans les bras et suivie de Richard. MarieClaude était stupéfaite. Elle s'était attendue à une grande et belle femme plutôt imposante. En réalité, elle voyait devant elle une petite bonne femme rondelette et qui ne lui parut pas du tout impressionnante. Elle se précipita vers MarieClaude et de but en blanc, sans même lui dire bonjour s'exclama.
— Dis donc ! Toutes mes félicitations ! Tu vas bientôt être marraine !
Puis elle enchaîna.
— Le gamin qui est dans mes bras, c'est Hugo et celui qui est derrière moi, c'est Richard. Richard, je te présente MarieClaude. C'est ma belle-sœur. Hugo fais un bisou à Tatie avant que je te monte dans la chambre de mamie. Tu vas faire un gros dodo et tout à l'heure tu pourras descendre. Richard dis bonjour toi aussi.
Richard sourit avec bienveillance.
— D'accord, mais je te préviens, je n'irai pas faire un gros dodo ensuite.
Catherine haussa les épaules et secoua la tête avec commisération puis elle disparut aussi vite qu'elle était arrivée.
— Bonjour MarieClaude. Je suis ravi de faire ta connaissance. Ne te formalise pas, Catherine de dit pas forcément les choses dans le bon ordre mais, en général, elle n'oublie rien.
Dix minutes plus tard, Catherine réapparut.
— Ah ! Enfin un peu de calme. Au fait ! Bonjour ma chérie et toutes mes félicitations pour ton mariage. En réalité, je ne sais pas si je dois te féliciter. Je me demande comment tu as fait pour tomber amoureuse de ce grand dadais même pas encore sorti des jupes de sa maman. Enfin, tous les goûts sont dans la nature.
Elle s'approcha de la balancelle et s'inséra entre MarieClaude et Cédric qu'elle repoussa sur le côté.
— Pousse-toi un peu ! Tu ne vois pas qu'on a à parler ?
— Je te rappelle tout de même que c'est ma fiancée.
— Oui mais n'empêche que sans moi tu ne l'aurais jamais connue.
— Alors là, j'aimerais bien comprendre !
— C'est très simple. Si je ne vous avais pas fait jouer ensemble, Armelle et toi, quand vous étiez petits, elle n'aurait pas été contente de te revoir à Toulouse et tu n'aurais jamais rencontré MarieClaude. Elle se tourna vers MarieClaude, la regarda, et s'exclama consternée :
— Mon dieu ma chérie ! Qui te coupe les cheveux ?
— C'est ma maman.
— Oh là-là ! Il ne faut jamais faire ça ! Nos mères nous coiffent comme si c'était elles qu'elles coiffaient. Elles font dans la ringardise.
Marielle s'exclama :
— Dis donc, ça n'est pas très sympa pour moi.
— Ne le prends pas mal maman chérie, mais ce sont des coiffures pour votre âge. Ne t'en fais pas ma cocotte, mardi je vais m'occuper de toi.
— Ah bon ? Demanda Cédric, tu nous invites mardi ?
— Pas du tout ! J'ai dit que j'invitais MarieClaude. Pas toi.
— Tiens ! Qu'est-ce que je suis censé faire pendant ce temps ?
— Pendant ce temps, tu t'occuperas un peu de ton filleul. Tu joueras avec lui, ça vous fera le plus grand bien à tous les deux. De toute manière, ce qu'on va faire mardi ne t'intéresserait pas.
— Et c'est quoi ?
— Figure-toi qu'on va acheter le cadeau de fiançailles de MarieClaude parce que si je devais compter sur vous pour vous occuper d'elle, je me demande comment elle ferait pour survivre. Elle s'arrêta brusquement et remarqua le visage hilare de tous les autres.
— Quoi ? Qu'est-ce que j'ai dit ?
— Oh rien ! répondit son père, on attend simplement la fin de la séance.
— La séance de quoi ?
— De cinéma ma chérie.
Catherine prit un air écœuré :
— Comme d'habitude, personne ne me prend au sérieux. Un jour vous comprendrez ! vous comprendrez !
Personne n'eut le temps de demander ce qu'ils comprendraient car Catherine se tourna vers son frère.
— Salut toi. Comment tu vas ? Elle lui fit un baiser affectueux. Toutes mes félicitations pour ton mariage, mon chéri. Tu ne peux pas savoir comme je suis heureuse pour vous deux.
— Je t'aime ma Catherine.
— Moi aussi je vous aime. Ça ne t'ennuie pas trop que je t'enlève MarieClaude mardi ? Tu sais, je n'en aurai pas souvent l'occasion.
— Mais non ! Je serai ravi de garder Hugo.
— Bon ! j'amènerai Hugo vers dix heures et j'emmène MarieClaude à Nice. Je te ramène en fin d'après-midi comme ça on aura le temps de se parler. Ça te va MarieClaude ?
— Bien sûr. Ça me fera même très plaisir. Mais heu… qu'est-ce que tu as voulu dire tout à l'heure quand tu as parlé de marraine ?
— Ah oui, j'oubliais complètement ! Je vais avoir un autre bébé en janvier. Alors j'ai déjà choisi la marraine : Ce sera toi. Je viens de l'apprendre alors j'ai tout dit dans le désordre.
Vers midi, Catherine monta chercher Hugo qui était réveillé et commençait à s'impatienter. Elle l'installa d'autorité sur les genoux de Cédric.
— Tiens, je te confie Hugo pendant que je vais lui préparer à manger.
Hugo ne l'entendait pas de cette oreille. Il se tortilla comme un ver et se rapprocha de MarieClaude sur les genoux de laquelle Mitsou était installée. Il poussa sans ménagements la chatte qui émit un miaulement outré avant de s'en aller, très digne, bouder sur un fauteuil libre, puis il s'empara de la place sur les genoux de MarieClaude ravie. Richard s'esclaffa.
— Hugo préfère nettement les femmes.
— Il a de qui tenir ! Répondit Catherine qui arrivait avec l'assiette contenant le steak haché et les coquillettes à la sauce tomate qui constituaient le repas d'Hugo.
— Heureusement que je préfère les femmes, mon trésor, sinon nous ne serions pas mariés.
— Ce n'est pas dans ce sens-là que je le disais figure toi. De toute manière, il y a des jours où je me dis que je serais beaucoup plus tranquille toute seule.
Christian regarda sa montre.
— Dites donc ! Elle a tenu presque une heure cette fois.
— Les chiens aboient et la caravane passe répondit Catherine d'un air digne.
Richard installa Hugo sur la chaise haute et lui mit un grand bavoir. Catherine coupa le steak en morceaux et posa l'assiette devant Hugo pour lui donner à manger. Hélas, le petit garçon avait décidé qu'il était capable de se débrouiller tout seul. En un instant il avait plongé une main dans les coquillettes tout en saisissant avec l'autre un morceau de steak haché qu'il écrasa tout en le portant à sa bouche. Catherine voulut retirer précipitamment l'assiette mais Hugo balaya avec enthousiasme le dessus de celle-ci de sa menotte déjà pleine de sauce tomate et tout le contenu se retrouva par terre. La seule qui ne fut pas prise au dépourvu ce fut Mitsou qui avait compris depuis longtemps que quand on donnait à manger à Hugo, elle faisait un bon repas elle aussi. Catherine dit avec philosophie :
— Vous venez d'assister à une nouvelle tentative pour battre le record du monde du mangeur le plus sale. Hugo vous remercie de vos applaudissements et essayera de faire mieux la prochaine fois. Maman ! Tu as eu raison de prévoir un deuxième steak et du rab de coquillettes. Ce n'est pas la peine d'apporter la serpillère. Mitsou s'est dévouée pour le nettoyage.
— Attend je vais chercher la nouvelle assiette proposa MarieClaude alors que Catherine essayait de nettoyer Hugo et le plateau de la chaise haute. Lorsqu'elle revint, Catherine lui proposa :
— Tu ne veux pas essayer ? Il avait l'air d'être calme avec toi.
— Je veux bien essayer, mais je te préviens que je n'ai pas l'habitude. Je ne garantis rien.
Elle s'assit devant Hugo et, tenant en main l'assiette dans laquelle le steak avait déjà été coupé, présenta à Hugo tantôt un morceau de viande, tantôt une cuiller de coquillettes. Hugo regardait MarieClaude avec malice et celle-ci se demandait quel coup il préparait. Mais non ! Il mangea sagement tout le contenu de son assiette.
— Petit chameau ! s'exclama Catherine en riant. Je suis sûre qu'il fait ça pour me narguer.
— C'est certainement parce que je l'intimide ! dit MarieClaude un peu gênée.
Catherine éclata de rire.
— Ne t'excuse pas. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas fait de bêtise en mangeant. Tu verras quand tu en auras. Ils sont adorables, mais question nourriture il faut avoir la patience d'un grand philosophe. Ça commence par les biberons qu'ils régurgitent alors qu'on vient de les changer ; ça continue par les éternuements quand ils ont la bouche pleine, que tu viens de te changer et que tu as justement oublié de mettre un tablier bien couvrant ; ensuite, c'est le morceau de viande mélangé à de la purée qu'ils enlèvent de leur bouche et jettent par terre. Mais ça ne fait rien, on les adore. Richard tu veux bien aller le changer mon chéri, toi qui aimes tant ça ?
— Pas de problème. Je le recouche ensuite ?
— Oui ! s'il te plait. Moi, je vais mettre le couvert.
— Je viens avec toi dit MarieClaude. Elles disparurent à l'intérieur.
— Ta fiancée est charmante Cédric. J'ai l'impression qu'elle était un peu dépassée à certains moments.
— Ne t'en fais pas ! Elle était un peu dépassée par le rythme, mais ça l'aura surtout amusée. Tu sais il y a aussi de sacrés numéros dans sa famille.
En fin d'après-midi, lorsque la famille Leblanc fut repartie pour Nice, MarieClaude et Cédric se retrouvèrent un moment, seuls sur la terrasse.
— Alors ma chérie. Comment as-tu trouvée ma sœur ?
— Elle est très gentille, mais c'est vraiment un sacré numéro. Ton beau-frère doit parfois être épuisé.
— Pas tant que ça. En fait elle a besoin d'un public, donc chez eux c'est nettement plus calme.
— Je me demande ce que ça donnerait avec ma grand-mère.
— Je vais t'étonner, mais je pense qu'elle fait partie des rares personnes qui arriveraient à déstabiliser Françoise. Françoise lui débiterait des énormités mais Catherine passerait complètement à côté et dirait, elle aussi des énormités, mais sans même s'en rendre compte.
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