Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cybèle et pourtant — Chapitre 13
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cybèle et pourtant
Chapitre 13
LA BENEDICTION
Ils sortirent de table vers quatorze heures et durent subir les instructions habituelles de la maman de MarieClaude.
— Les enfants vous devriez vous installer au bord de la piscine mais ne vous baignez pas tant que vous n'aurez pas fini de digérer. Vous pouvez prendre un bon bain de soleil. MarieClaude, tu n'oublieras pas de prendre ton chapeau et de te mettre de la crème.
— Ils se mirent tous en maillot de bain sauf Cédric. Ce dernier avait préféré mettre un bermuda de plage et une chemisette légère car, n'ayant été que très peu au soleil cette année-là, il ne tenait pas terminer l'après-midi rouge comme un homard après la cuisson. Il s'installa sur un des fauteuils. C'était un fauteuil en rotin muni d'un confortable coussin. Les quatre autres s'installèrent sur des transats. Ils ouvrirent les parasols car le soleil tapait fort ce jour-là. MarieClaude avait son petit maillot rose et sa capeline. Ça lui allait à merveille. Malgré son faible poids, elle n'était pas du tout osseuse car elle avait une ossature très fine. Avec cette tenue, elle avait une silhouette très harmonieuse et même très séduisante malgré des formes peu prononcées. Cédric se dit qu'il allait falloir qu'il l'épouse très vite.
— Ils se mirent tous en maillot de bain sauf Cédric. Ce dernier avait préféré mettre un bermuda de plage et une chemisette légère car, n'ayant été que très peu au soleil cette année-là, il ne tenait pas terminer l'après-midi rouge comme un homard après la cuisson. Il s'installa sur un des fauteuils. C'était un fauteuil en rotin muni d'un confortable coussin. Les quatre autres s'installèrent sur des transats. Ils ouvrirent les parasols car le soleil tapait fort ce jour-là. MarieClaude avait son petit maillot rose et sa capeline. Ça lui allait à merveille. Malgré son faible poids, elle n'était pas du tout osseuse car elle avait une ossature très fine. Avec cette tenue, elle avait une silhouette très harmonieuse et même très séduisante malgré des formes peu prononcées. Cédric se dit qu'il allait falloir qu'il l'épouse très vite.
Michèle vint les voir de nouveau.
— Nous allons à la messe de dix-huit heures ce soir avec ma mère. Si vous voulez venir avec nous, vous êtes les bienvenus. Cédric se tourna vers MarieClaude.
— Je pense qu'on pourrait y aller. Qu'est-ce que tu en penses ? Cela pourrait représenter pour nous une petite cérémonie de fiançailles. En plus, si on doit se marier dans cette paroisse, cela me donnera l'occasion de faire la connaissance du prêtre.
— Vous savez quoi, dit Michèle, je vais téléphoner au curé pour lui demander s'il peut faire une petite bénédiction après la messe.
— Ce serait formidable. Merci d'y avoir pensé Michèle.
— Je pense qu'on pourrait y aller. Qu'est-ce que tu en penses ? Cela pourrait représenter pour nous une petite cérémonie de fiançailles. En plus, si on doit se marier dans cette paroisse, cela me donnera l'occasion de faire la connaissance du prêtre.
— Vous savez quoi, dit Michèle, je vais téléphoner au curé pour lui demander s'il peut faire une petite bénédiction après la messe.
— Ce serait formidable. Merci d'y avoir pensé Michèle.
Elle alla téléphoner et revint quelques instants après pour annoncer triomphalement que monsieur le curé ferait une courte cérémonie à l'issue de la messe.
— Tu verras, dit Armelle, c'est un curé très sympa. C'est un peu un prêtre à l'ancienne mais il a beaucoup d'humanité. C'est lui qui va nous marier, Philippe et moi. En plus il nous connait depuis toujours MarieClaude et moi.
Michèle les avait quittés pour aller s'occuper de ranger le séjour, de lancer plusieurs fois le lave-vaisselle, et de faire un peu de ménage. Cédric avait proposé de l'aider, mais elle l'avait éconduit sans ménagement en lui disant qu'il n'était pas là pour ça, qu'elle était assez grande pour demander de l'aide si elle en avait besoin et que de toute manière il la dérangerait plus qu'autre chose. Il avait compris qu'il valait mieux ne pas insister alors il lui avait fait une bise et s'était rassis. Roger était allé faire une longue sieste. Il en avait bien besoin. Tous les samedis il était obligé d'aller s'étendre pour pouvoir récupérer des fatigues de la semaine. Françoise, dont l'âge respectable commençait à faire ses effets avait aussi besoin d'une bonne sieste d'autant plus qu'elle avait des habitudes plutôt matinales. Vers dix-sept heures, Michèle revint prévenir les jeunes gens qu'il allait bientôt leur falloir se préparer pour la messe.
En venant vers eux, elle vit qu'ils bavardaient à voix basse. MarieClaude s'était installée sur les genoux de Cédric. Elle était pelotonnée contre lui et dormait en suçant son pouce. Cédric l'entourait de ses deux bras, l'air complètement béat et, tout en bavardant avec les autres, lui donnait de temps en temps un petit baiser sur les cheveux. Elle soupira : Plus tôt MarieClaude serait mariée, plus tôt elle aurait quelqu'un pour s'occuper d'elle et la protéger. Par contre il n'était finalement pas plus mal qu'ils attendent quelques années avant d'avoir des enfants car, pour l'instant, c'était encore elle l'enfant.
Cédric fit un baiser sonore sur le nez de MarieClaude qui se réveilla en sursaut.
— Il va falloir commencer à nous préparer pour la messe ma puce chérie.
— Oh ! J'ai dormi longtemps ?
— Deux bonnes heures.
— Çà doit être toutes ces émotions qui m'ont fatiguée.
— Oh ! J'ai dormi longtemps ?
— Deux bonnes heures.
— Çà doit être toutes ces émotions qui m'ont fatiguée.
Ils montèrent à l'étage prendre une douche et s'habiller. Quand ils redescendirent, ils trouvèrent Roger et Françoise en train de bavarder tranquillement dans le salon. Michèle finit de se préparer et les rejoignit. Ils partirent vers dix-sept heures trente car il fallait compter une dizaine de minutes de trajet et il valait mieux arriver en avance car il y avait du monde. Ils prirent trois voitures : Celle de Philippe et Armelle puisqu'ils iraient ensuite chez les parents d'Armelle, celle de Cédric qui prit MarieClaude et Benoît et enfin Roger emmenait avec lui Michèle et Françoise. En arrivant ils se garèrent sur la place devant l'église. Au moment de se diriger vers l'entrée de l'église, ils virent arriver les parents d'Armelle. Ils les attendirent pour les saluer. Annie, la maman d'Armelle embrassa tour à tour les membres de la famille Roussel. Quand elle arriva devant Cédric elle commença par lui tendre la main avec une légère hésitation puis soudain le reconnut.
— Cédric ?
— Bonjour tante Annie !
— Bonjour tante Annie !
Elle l'embrassa.
— Je ne t'ai pas reconnu tout de suite parce que je ne m'attendais pas du tout à te voir ici et je suis un peu perdue. Tu es venu avec Armelle ?
— Non. Je passe le week-end chez les Roussel.
— Non. Je passe le week-end chez les Roussel.
Sa tante se tourna vers Roger et Michèle.
— Vous ne m'aviez pas dit que vous connaissiez mon neveu.
— Nous avons fait sa connaissance aujourd'hui. Ils vont se marier avec MarieClaude.
— Là je commence à être complètement perdue. Vous pouvez m'expliquer ?
— Nous avons fait sa connaissance aujourd'hui. Ils vont se marier avec MarieClaude.
— Là je commence à être complètement perdue. Vous pouvez m'expliquer ?
Armelle intervint :
— Tu vas voir maman c'est très simple même si c'est un peu inattendu : Le jour où j'ai revu Cédric à Toulouse, j'étais avec MarieClaude et Sophie. Il se trouve qu'ils se sont revus un peu par hasard, qu'ils ont sympathisé, se sont revus et sont tombés amoureux l'un de l'autre. Benoît a invité Cédric pour le week-end pour faire la surprise à MarieClaude et Cédric l'a demandée en mariage à la fin du repas. C'est ce qu'on appelle un coup de foudre.
— Je suppose que vous êtes tous heureux à voir vos airs réjouis.
— Je suppose que vous êtes tous heureux à voir vos airs réjouis.
Michèle répondit.
— Tu supposes bien. Ton neveu est vraiment quelqu'un de bien. Nous l'aimons déjà tous beaucoup et nous sommes sûrs qu'il rendra MarieClaude très heureuse. Au fait ! J'ai téléphoné à monsieur le Curé. Il les bénira après la messe.
— C'est merveilleux ! Elle serra MarieClaude dans ses bras.
— Félicitations ma chérie. Tu ne peux pas imaginer comme je suis contente pour toi. Tu sais, tu as de la chance ; Cédric a toujours été un garçon affectueux et attentionné.
— C'est merveilleux ! Elle serra MarieClaude dans ses bras.
— Félicitations ma chérie. Tu ne peux pas imaginer comme je suis contente pour toi. Tu sais, tu as de la chance ; Cédric a toujours été un garçon affectueux et attentionné.
Elle se tourna vers Cédric.
— Et toi aussi mon grand tu as beaucoup de chance. Ta MarieClaude a d'immenses réserves d'amour à donner.
Ils entrèrent dans l'église et trouvèrent sur le devant deux rangées de chaises, ce qui leur permit de se mettre tous ensemble. Lorsque le curé arriva avec les servants et qu'il les vit, il leur adressa un sourire amical. Á la fin de son homélie, il annonça qu'à la fin de l'office il procèderait à la bénédiction des fiançailles d'une enfant de Condom et invita à rester ceux qui voudraient y assister. Á l'issue de la messe, il alla comme d'habitude converser avec quelques paroissiens, puis il revint vers les deux familles rassemblées devant l'autel. Il se fit présenter Cédric, puis indiqua à une quinzaine de paroissiens restés pour assister à la bénédiction qu'ils pouvaient se mettre de part et d'autre du Chœur afin de mieux assister à celle-ci. Cédric et MarieClaude se placèrent devant lui la main dans la main et les familles se mirent en arc de cercle derrière eux.
— Mes chers frères, nous sommes réunis ce soir pour fêter avec Notre seigneur Jésus Christ la promesse que se sont faite aujourd'hui deux enfants de Dieu : MarieClaude que nous avons eu la joie de baptiser ici même et dont nous aurons bientôt la joie de célébrer le mariage ; Cédric lié à une famille qui nous est chère et qui participe activement à l'animation de notre paroisse. Cédric et MarieClaude ont voulu cette cérémonie afin de témoigner de leur foi et de leur amour devant notre sauveur. Mes chers enfants, je suis sûr que votre amour mutuel éclairera tous ceux que vous rencontrerez dans votre vie comme Jésus éclaire de son amour les pêcheurs que nous sommes.
— Un servant présenta alors un plateau et le prêtre demanda à MarieClaude d'y déposer sa bague de fiançailles.
— Au nom du père, du fils et du saint esprit.
— Amen.
— Un servant présenta alors un plateau et le prêtre demanda à MarieClaude d'y déposer sa bague de fiançailles.
— Au nom du père, du fils et du saint esprit.
— Amen.
Le prêtre prit au deuxième servant le goupillon trempé dans l'eau bénite. Il s'en servit tout d'abord pour asperger la bague.
— Seigneur daigne bénir ce symbole de l'amour de tes deux enfants. Que cet amour soit éternel comme l'est ton amour pour tous tes enfants.
Il se tourna ensuite vers les deux jeunes gens émus.
— Et daigne aussi seigneur bénir ces deux enfants ainsi que tous leurs proches et leur descendance pour les siècles à venir.
— Amen.
— Allez dans la paix du Christ.
— Nous rendons grâce à Dieu.
— Amen.
— Allez dans la paix du Christ.
— Nous rendons grâce à Dieu.
La cérémonie était maintenant terminée. Le prêtre alla saluer les membres des deux familles.
— Alors Armelle ! L'échéance approche, si je ne m'abuse.
— C'est maintenant dans un mois mon père.
— Je suppose que tu attends ce jour avec impatience ?
— On ne peut rien vous cacher.
— C'est maintenant dans un mois mon père.
— Je suppose que tu attends ce jour avec impatience ?
— On ne peut rien vous cacher.
Le prêtre se tourna vers Cédric et MarieClaude qui se tenaient toujours par la main et se regardaient comme s'ils étaient seuls au monde. Il toussota en souriant pour attirer leur attention.
— Et vous mes enfants. Quand aurais-je la joie de célébrer votre mariage ? Ce fut Cédric qui répondit :
— Nous n'avons pas encore fixé de date précise compte tenu du fait que notre décision de nous marier est récente. Nous souhaiterions le faire début septembre en tenant compte naturellement des emplois du temps de toutes les personnes concernées et en particulier de vous-même, mon père.
— Nous n'avons pas encore fixé de date précise compte tenu du fait que notre décision de nous marier est récente. Nous souhaiterions le faire début septembre en tenant compte naturellement des emplois du temps de toutes les personnes concernées et en particulier de vous-même, mon père.
Le prêtre se tourna vers le papa de MarieClaude. Vous allez vous répartir les taches ?
— Nous en avons déjà discuté avec Michèle. Elle s'occupera des relations avec les participants, de la planification et de l'aspect administratif. Je m'occuperai moi-même de l'organisation des réjouissances.
— Fort bien ! Je communiquerai donc à madame Roussel nos disponibilités début septembre. Il me semble que nous n'avons pour l'instant aucune date de prise, mais les samedis partent en général très vite. Heureusement pour vous, de nombreuses personnes sont en vacances au mois d'août et souhaitent attendre la fin de celles-ci pour organiser la journée du mariage. Ne tardez tout de même pas trop.
— Je m'en occupe dès la semaine prochaine.
— Fort bien ! Je communiquerai donc à madame Roussel nos disponibilités début septembre. Il me semble que nous n'avons pour l'instant aucune date de prise, mais les samedis partent en général très vite. Heureusement pour vous, de nombreuses personnes sont en vacances au mois d'août et souhaitent attendre la fin de celles-ci pour organiser la journée du mariage. Ne tardez tout de même pas trop.
— Je m'en occupe dès la semaine prochaine.
Ils passèrent une dizaine de minutes à remercier les personnes qui étaient restées pour assister à la bénédiction et à leur présenter Cédric, puis ils sortirent et restèrent discuter avec les parents d'Armelle. Annie, après avoir de nouveau félicité Cédric et MarieClaude leur demanda.
— Dites-moi les enfants, ça nous ferait plaisir que vous veniez déjeuner demain ou lundi. Toi aussi Benoît bien sûr. Cela ne te dérange pas Michèle ?
— C'est-à-dire que j'ai déjà prévu les repas de midi de ces deux jours.
— Il ne reste plus que demain soir. Cela te dérangerait ?
— Non pas du tout. Je n'avais rien prévu de particulier.
— Alors nous disons donc demain soir les enfants. Vous venez quand vous voulez. Voyez cela avec Armelle et Philippe.
— C'est-à-dire que j'ai déjà prévu les repas de midi de ces deux jours.
— Il ne reste plus que demain soir. Cela te dérangerait ?
— Non pas du tout. Je n'avais rien prévu de particulier.
— Alors nous disons donc demain soir les enfants. Vous venez quand vous voulez. Voyez cela avec Armelle et Philippe.
Les loubards
Le lendemain matin, lorsqu'ils descendirent pour le petit déjeuner, Roger s'apprêtait à ramener Françoise à Auch. Ils lui dirent au revoir. Elle embrassa tendrement Benoît puis MarieClaude qu'elle serra longuement dans ses bras. Puis elle se tourna vers Cédric.
— Au revoir Cédric, Je suis très heureuse que ce soit toi que ma petite fille ait choisi pour faire sa vie. Je pense que vous êtes faits l'un pour l'autre et je suis sûre que vous serez très heureux ensemble. Depuis que vous vous aimez tous les deux elle est transformée. Sois en remercié. A propos, je ne t'ai pas encore félicité pour ta mise en scène d'hier à la fin du repas ; c'était très réussi.
— Cédric sourit.
— C'était improvisé.
— Oui, comme un air de jazz est improvisé.
— Comme un air de jazz.
— Cédric sourit.
— C'était improvisé.
— Oui, comme un air de jazz est improvisé.
— Comme un air de jazz.
Elle l'embrassa à son tour et monta en voiture. Celle-ci démarra et sortit de la propriété. Avant qu'elle disparaisse, Françoise leur fit un petit signe de la main. Les trois jeunes gens se rendirent à la salle à manger pour le petit déjeuner. De la cuisine, parvenait jusqu'à eux une bonne odeur de pain chaud et de viennoiseries. Sur la table trônait une grande motte de beurre entourée d'un pot de miel et de diverses confitures. Il y avait aussi une carafe remplie de jus d'oranges pressées. Michèle arriva bientôt transportant une grande corbeille contenant deux ou trois variétés de pain et une quantité impressionnante de croissants et de brioches. Elle disparut et revint avec une table roulante sur laquelle il y avait une cafetière, un grand pot de lait chaud et un autre pot de chocolat chaud.
— Voilà les enfants ! Vous devez être complètement affamés alors allez y servez-vous. S'il vous manque quelque chose, n'hésitez pas à demander. Cédric décida de faire un péché de gourmandise. Il mangea deux croissants et trois tartines de miel et de confiture. Pour sa part Benoît avala six viennoiseries et cinq tartines bien beurrées. Quand à MarieClaude, elle était affamée ce matin-là de sorte qu'elle mangea carrément une petite brioche et une demi-tartine à la confiture de fraise. Bien entendu Abélard eut plus que sa part de viennoiseries.
— Benoît demanda à Cédric :
— Dis-moi Cédric, j'ai rendez-vous à onze heures chez un copain de rugby qui habite à Condom. Il habite près de l'église. Papa est parti à Auch et ne sera pas revenu à temps pour m'y conduire. Ce serait sympa si tu pouvais m'y amener.
— Pas de problème. Tu en as pour combien de temps ?
— Au maximum une demi-heure ; sans doute moins.
— Alors je t'amène là-bas et je t'attends sur place.
— Tu pourras visiter l'église ou m'attendre au café des sports qui est sur la place.
— Je viens avec Cédric dit MarieClaude. Je pourrais te parler un peu de Condom et de l'église en attendant Benoît.
— J'y comptais bien ma chérie. Je suppose qu'en partant à onze heures moins vingt, ça devrait suffire ?
— Tout à fait ! Le dimanche il n'y a pas de problème de circulation.
— Benoît demanda à Cédric :
— Dis-moi Cédric, j'ai rendez-vous à onze heures chez un copain de rugby qui habite à Condom. Il habite près de l'église. Papa est parti à Auch et ne sera pas revenu à temps pour m'y conduire. Ce serait sympa si tu pouvais m'y amener.
— Pas de problème. Tu en as pour combien de temps ?
— Au maximum une demi-heure ; sans doute moins.
— Alors je t'amène là-bas et je t'attends sur place.
— Tu pourras visiter l'église ou m'attendre au café des sports qui est sur la place.
— Je viens avec Cédric dit MarieClaude. Je pourrais te parler un peu de Condom et de l'église en attendant Benoît.
— J'y comptais bien ma chérie. Je suppose qu'en partant à onze heures moins vingt, ça devrait suffire ?
— Tout à fait ! Le dimanche il n'y a pas de problème de circulation.
Cédric et MarieClaude s'installèrent au bord de la piscine sur la balancelle et bavardèrent en flirtant sous le regard attendri de Michèle qui était déjà à ses fourneaux. À dix heures et demie Benoît vint les rejoindre et ils se préparèrent pour partir. Une fois arrivés sur la place de l'église ils se séparèrent après s'être donné rendez-vous au café des sports. Cédric et MarieClaude allèrent s'installer à l'intérieur. Il y avait peu de monde à l'exception d'une dizaine de jeunes qui jouaient à des jeux électroniques du café avec forces exclamations et rires. MarieClaude commença les explications qu'elle avait promises.
— Il faut savoir que Condom est une importante ville étape sur le chemin de Compostelle qui part du Puy en Velay. Cela explique pourquoi il y a à Condom une cathédrale de cette importance. Cela explique aussi la renommée de l'Armagnac. Les pèlerins l'appréciaient particulièrement et ne manquaient pas d'en emporter quelques flacons avec eux quand ils continuaient leur voyage aussi bien à l'aller qu'au retour. MarieClaude comme à son habitude était parfaitement documentée et fournissait des détails historiques et architecturaux très intéressants sur l'édifice. A la fin de ses explications Cédric la félicita :
— Ma chérie, comme d'habitude tu es passionnante.
— Ma chérie, comme d'habitude tu es passionnante.
Elle rosit de plaisir. Cédric rajouta :
— J'aimerai trouver quelques cartes postales pour en envoyer à mes parents. Comme ça ils feront connaissance du lieu de célébration de notre mariage. Sais-tu si je pourrais en trouver aujourd'hui ?
— Il y a une petite librairie papeterie de l'autre côté de la place. Elle est ouverte le dimanche matin. Ils ont plein de cartes postales aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur de l'édifice.
— Je vais y faire un saut. Tu viens avec moi ?
— Non ! Je suis un peu fatiguée et il vaut mieux que je reste ici au cas où Benoît nous rejoindrait maintenant.
— Je n'en ai pas pour longtemps.
— Il y a une petite librairie papeterie de l'autre côté de la place. Elle est ouverte le dimanche matin. Ils ont plein de cartes postales aussi bien de l'intérieur que de l'extérieur de l'édifice.
— Je vais y faire un saut. Tu viens avec moi ?
— Non ! Je suis un peu fatiguée et il vaut mieux que je reste ici au cas où Benoît nous rejoindrait maintenant.
— Je n'en ai pas pour longtemps.
Après le départ de Cédric, MarieClaude se mit à rêvasser. Naturellement ses pensées portaient essentiellement sur Cédric, sur leur prochain mariage et sur leur vie future. Elle fut tirée de ses pensées par la présence de quatre garçons qui la regardaient en ricanant. Elle reconnut les principaux tourmenteurs de sa jeunesse.
— Mais c'est le crapaud ! Comment vas-tu ma belle, ou plutôt ma moche ? MarieClaude fut envahie par un sentiment de colère :
— Vous n'allez pas recommencer à m'embêter. J'en ai marre de ces conneries (C'était la première fois qu'elle jurait en public). Elle était rouge d'indignation.
— Mais c'est qu'elle est en colère la petite boiteuse. Super ! J'aime bien les filles qui résistent.
— Vous n'allez pas recommencer à m'embêter. J'en ai marre de ces conneries (C'était la première fois qu'elle jurait en public). Elle était rouge d'indignation.
— Mais c'est qu'elle est en colère la petite boiteuse. Super ! J'aime bien les filles qui résistent.
MarieClaude s'était levée et mise dans un coin tenant fermement sa canne. Elle était décidée à ne pas se laisser faire. Le patron du bar faisait comme s'il ne remarquait rien. Il ne tenait pas à avoir des problèmes.
— Allez viens. On va faire un gros câlin.
A ce moment-là Cédric revint de la librairie. Il vit MarieClaude réfugiée dans un coin rouge de colère et acculée par les quatre loubards. Il poussa un hurlement de rage et se précipita vers eux en leur ordonnant de la laisser tranquille. Ils se retournèrent vers lui et le toisèrent.
— De quoi te mêles-tu mon pote ? Ne me dis pas que tu es jaloux de ça.
En réponse le garçon qui venait de parler reçut une baffe monumentale qui l'envoya trois pas en arrière contre le rebord du bar. Il s'ébroua et avec ses trois copains avança menaçant vers Cédric qui ricana.
— Pauvres petits ! Vous croyez être assez nombreux tous les quatre ? Vous me faites pitié.
A ce moment-là il entendit une voix goguenarde derrière lui :
— Et à dix tu crois qu'on sera assez nombreux ?
Il se retourna et vit six autres garçons qui venaient prêter main forte à leurs copains. Il essaya de faire face en se mettant le dos au mur. Le patron du bar était carrément parti. Cédric commençait à se dire qu'il allait passer un sale quart d'heure lorsqu'une voix puissante venant de la porte d'entrée du café lui demanda :
— Tu as un problème Cédric ?
Benoît s'encadrait dans la porte d'entrée suivi de deux malabars au moins aussi imposants que lui.
— Des petits cons s'en prenaient à MarieClaude, mais j'ai l'impression que le problème est en passe d'être résolu.
— Tirons-nous ! dit un des loubards.
— Tirons-nous ! dit un des loubards.
Ils se précipitèrent vers la sortie mais un des malabars réussit à rattraper le dernier d'entre eux par le col. Il le souleva de terre et se mit à le secouer en cadence tout en lui donnant des calottes. Le loubard était terrifié.
— Avant que tu nous quittes, je vais te donner un message pour tes copains. La petite demoiselle que vous avez insultée est la fiancée du gars qui est là (Il montra Cédric). Mais c'est aussi la sœur de cet autre gars (Il montra Benoît). Cet autre gars il fait partie de l'équipe de rugby d'Auch. Dans l'équipe d'Auch on est une quarantaine, tous copains, tous solidaires. Alors si quelqu'un s'en prend à l'un d'entre nous ou à un des membres de sa famille, c'est comme s'il s'en prenait à toute l'équipe. Fatalement, ça nous met tous très en colère. Et tu sais ce que ça donne quatre tonnes de gars en colère. Est-ce que tu peux imaginer ce que quatre tonnes de gars en colère peuvent faire à quoi ? à même pas huit cents kilos d'une dizaine de petits cons ? Moi j'en frémis d'avance. Alors il est très important que tu préviennes tes copains de l'énorme risque qu'ils prennent s'ils ne vont pas se faire voir ailleurs.
Il relâcha le loubard et lui asséna un monumental coup de pied à l'arrière train. Le loubard alla s'étaler au milieu de la rue et, se relevant, retourna en boitillant vers ses copains qui avaient assisté à la scène. Ils se concertèrent quelques temps puis s'en allèrent. Cédric et MarieClaude remercièrent chaleureusement les deux camarades de Benoît puis ils prirent le chemin du retour. Cédric tout en conduisant, observait MarieClaude un peu catastrophé. Comment allait-elle réagir à ces nouveaux affronts. En fait elle avait surtout l'air très en colère. Brusquement elle explosa.
— Non mais tu as vu ces petits cons ? Si j'avais eu un flingue je crois que je les aurais butés. Ou plutôt non. Je leur aurai tiré une balle dans les parties. Il paraît que ça fait horriblement mal. Cédric et Benoît soulagés de la voir réagir ainsi et stupéfaits de l'entendre jurer comme un charretier, éclatèrent de rire. Elle prit un air pincé.
— Je ne vois pas ce que cela a de drôle.
— Ce qui est drôle, c'est ton langage. Où l'as-tu appris ?
— C'est en t'écoutant parler, gros malin.
— Je ne vois pas ce que cela a de drôle.
— Ce qui est drôle, c'est ton langage. Où l'as-tu appris ?
— C'est en t'écoutant parler, gros malin.
L'atmosphère se détendit. Au bout d'un certain temps MarieClaude rajouta :
— Il vaut mieux ne pas en parler aux parents sinon papa aura une crise cardiaque ou alors il ira là-bas avec une mitrailleuse lourde.
— D'accord ! On n'en parlera pas.
— Benoît, tu remercieras de nouveau tes copains. Tu crois qu'ils feraient ce qu'ils ont dit ?
— Je ne crois pas qu'ils mèneraient une expédition punitive d'une telle ampleur mais un certain nombre ferait le déplacement à Condom pour passer discrètement les autres à tabac.
— D'accord ! On n'en parlera pas.
— Benoît, tu remercieras de nouveau tes copains. Tu crois qu'ils feraient ce qu'ils ont dit ?
— Je ne crois pas qu'ils mèneraient une expédition punitive d'une telle ampleur mais un certain nombre ferait le déplacement à Condom pour passer discrètement les autres à tabac.
MarieClaude caressa la main de son fiancé.
— Et merci, mon chéri. Tu t'es conduit comme un vrai chevalier.
Cédric sourit.
— Et tu ne m'as pas encore vu avec mon armure.
Les Maréchal
Pour midi, Michèle avait fait de nouveau un repas succulent. Il y avait en entrée des assiettes nordiques mariant saumon cru à l'aneth, anguille fumée, et des tranches fumées de divers poissons de mer. Le plat de poisson était un turbot poché servi avec une sauce au beurre blanc. Enfin le plat principal était un chapon farci aux marrons accompagné de pommes de terre et haricots verts sautés. Après le fromage, Michèle apporta une magnifique tarte aux pommes et poires recouverte d'amandes effilées et grillées, le tout nappé d'une gelée de groseilles. Après le café, Benoît et son père repartirent pour Auch car Benoît avait un match à seize heures. Son père le ramènerait directement à Condom chez les parents d'Armelle. Cédric et MarieClaude s'installèrent sur la balancelle pour digérer en somnolant au soleil.
— Tu sais pourquoi je t'aime Cédric ?
— Non mon amour. Pourquoi ?
— Je ne sais pas.
— Voilà une information très intéressante !
— Ce que je veux dire, c'est que je vois des tas de raisons pour t'aimer mais même quand je les mets bout à bout, j'ai l'impression qu'il y a encore autre chose. J'ai l'impression que si j'enlevais ces raisons l'une après l'autre, ça ne changerait rien. C'est curieux non ?
— Curieux, mais rassurant pour moi. Comme ça j'aurai toujours quelque chose que les autres n'auront jamais.
— Et toi, pourquoi tu m'aimes.
— Laisse-moi réfléchir un peu. Il se concentra quelques instants.
— Quand j'essaye de trouver une raison il y en a une qui s'impose à toutes les autres. Je t'aime parce que tu es belle. Tu es si belle mon amour !
— Ou alors tu me trouves belle parce que tu m'aimes ?
— En fait je ne sais pas. Les deux peut-être.
— Mais qu'est ce qui est venu en premier ?
— Les deux sont arrivés en même temps. D'un seul coup j'ai réalisé que tu étais belle et que je t'aimais. Ça a été brusquement une évidence. Ils restèrent quelques instants silencieux, puis Cédric reprit :
— MarieClaude, j'aurais voulu te parler de quelque chose.
— Quoi donc ?
— Je voudrais revenir sur les brimades que tu as subies dans ta jeunesse. Les loubards de ce matin faisaient partie des enfants qui te les ont faites subir ?
— Oui. On était dans la même classe.
— Après ce qui s'est passé ce matin et qui n'était pas très discret, ne pense-tu pas que tes parents risquent d'avoir des échos qui pourraient leur mettre la puce à l'oreille ?
— Oui. Cela me tracasse un peu.
— Tu n'envisage pas de leur en parler ?
— Si, mais ce week-end ça serait beaucoup pour eux. Tu seras là le week-end prochain ?
— Bien sûr !
— Alors je leur en parlerai samedi prochain. Mais il faudra que tu m'aides un peu. Ce ne sera pas très facile.
— Bien sûr ! Et pour Armelle ?
— Je préfèrerais que ce soit toi qui lui parles. Tu pourrais faire ça ce soir quand nous serons tous les quatre.
— On pourrait les inviter à prendre un verre ensemble avant le repas.
— Oui, pourquoi pas.
— Je vais leur téléphoner tout de suite pour voir ça avec eux.
— Non mon amour. Pourquoi ?
— Je ne sais pas.
— Voilà une information très intéressante !
— Ce que je veux dire, c'est que je vois des tas de raisons pour t'aimer mais même quand je les mets bout à bout, j'ai l'impression qu'il y a encore autre chose. J'ai l'impression que si j'enlevais ces raisons l'une après l'autre, ça ne changerait rien. C'est curieux non ?
— Curieux, mais rassurant pour moi. Comme ça j'aurai toujours quelque chose que les autres n'auront jamais.
— Et toi, pourquoi tu m'aimes.
— Laisse-moi réfléchir un peu. Il se concentra quelques instants.
— Quand j'essaye de trouver une raison il y en a une qui s'impose à toutes les autres. Je t'aime parce que tu es belle. Tu es si belle mon amour !
— Ou alors tu me trouves belle parce que tu m'aimes ?
— En fait je ne sais pas. Les deux peut-être.
— Mais qu'est ce qui est venu en premier ?
— Les deux sont arrivés en même temps. D'un seul coup j'ai réalisé que tu étais belle et que je t'aimais. Ça a été brusquement une évidence. Ils restèrent quelques instants silencieux, puis Cédric reprit :
— MarieClaude, j'aurais voulu te parler de quelque chose.
— Quoi donc ?
— Je voudrais revenir sur les brimades que tu as subies dans ta jeunesse. Les loubards de ce matin faisaient partie des enfants qui te les ont faites subir ?
— Oui. On était dans la même classe.
— Après ce qui s'est passé ce matin et qui n'était pas très discret, ne pense-tu pas que tes parents risquent d'avoir des échos qui pourraient leur mettre la puce à l'oreille ?
— Oui. Cela me tracasse un peu.
— Tu n'envisage pas de leur en parler ?
— Si, mais ce week-end ça serait beaucoup pour eux. Tu seras là le week-end prochain ?
— Bien sûr !
— Alors je leur en parlerai samedi prochain. Mais il faudra que tu m'aides un peu. Ce ne sera pas très facile.
— Bien sûr ! Et pour Armelle ?
— Je préfèrerais que ce soit toi qui lui parles. Tu pourrais faire ça ce soir quand nous serons tous les quatre.
— On pourrait les inviter à prendre un verre ensemble avant le repas.
— Oui, pourquoi pas.
— Je vais leur téléphoner tout de suite pour voir ça avec eux.
Cédric composa le numéro d'Armelle.
— Armelle ? Je suis avec MarieClaude et nous souhaiterions vous voir avant le repas de ce soir, car nous voudrions vous confier une chose qui est pour l'instant confidentielle.
— C'est grave ?
— Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, si c'est à ça que tu penses. Mais je ne peux pas t'en parler comme ça au téléphone.
— Bon d'accord ! On se voit où ?
— MarieClaude propose que nous allions prendre un verre au café de la paix. Dix-huit heures trente si ça vous va.
— D'accord ! A tout à l'heure. Cédric raccrocha. MarieClaude se blottit un peu plus contre lui.
— Tout est si simple quad tu es avec moi et si compliqué quand tu n'es pas là.
— Je ne vois qu'une solution. Il faut que je sois toujours avec toi.
— Tu crois que tu pourrais me ramener avec toi à Toulouse le week-end prochain ?
— Bien sûr si tu te sens suffisamment rétablie. Tu pourrais prévenir tes parents que tu prendras ta décision en fin de semaine. Comme ça ils ne seront pas pris par surprise.
— C'est grave ?
— Ce n'est pas une mauvaise nouvelle, si c'est à ça que tu penses. Mais je ne peux pas t'en parler comme ça au téléphone.
— Bon d'accord ! On se voit où ?
— MarieClaude propose que nous allions prendre un verre au café de la paix. Dix-huit heures trente si ça vous va.
— D'accord ! A tout à l'heure. Cédric raccrocha. MarieClaude se blottit un peu plus contre lui.
— Tout est si simple quad tu es avec moi et si compliqué quand tu n'es pas là.
— Je ne vois qu'une solution. Il faut que je sois toujours avec toi.
— Tu crois que tu pourrais me ramener avec toi à Toulouse le week-end prochain ?
— Bien sûr si tu te sens suffisamment rétablie. Tu pourrais prévenir tes parents que tu prendras ta décision en fin de semaine. Comme ça ils ne seront pas pris par surprise.
Ils se rendirent, comme prévu, vers dix-huit heures trente à Condom où ils retrouvèrent Armelle et Philippe au café de la paix.
— Alors qu'est ce qui se passe ? Tu m'as un peu inquiétée tout à l'heure.
— Il s'agit de MarieClaude. Elle souhaite que je vous parle à sa place d'une longue série d'évènements dont jusqu'à présent elle n'avait réussi à parler à personne et qui lui ont littéralement pourri la vie depuis son plus jeune âge. Elle m'a demandé de vous en parler aujourd'hui et elle en parlera le week-end prochain à ses parents. Je préfèrerais passer sous silence les conditions dans lesquelles elle a été amenée à m'en parler. Je pense que cela restera pour nous un moment extrêmement fort et profondément intime que nous garderons pour nous deux.
— Mon dieu dit Armelle en palissant. Qu'est ce qui s'est passé.
— A partir son plus jeune âge, MarieClaude a été victime pendant des années de brimades extrêmement cruelles de la part de ses petits camarades. Une série de malentendus l'a amenée à se replier sur elle-même sans être capable d'en parler, ni à toi, ni à ses parents.
— Il s'agit de MarieClaude. Elle souhaite que je vous parle à sa place d'une longue série d'évènements dont jusqu'à présent elle n'avait réussi à parler à personne et qui lui ont littéralement pourri la vie depuis son plus jeune âge. Elle m'a demandé de vous en parler aujourd'hui et elle en parlera le week-end prochain à ses parents. Je préfèrerais passer sous silence les conditions dans lesquelles elle a été amenée à m'en parler. Je pense que cela restera pour nous un moment extrêmement fort et profondément intime que nous garderons pour nous deux.
— Mon dieu dit Armelle en palissant. Qu'est ce qui s'est passé.
— A partir son plus jeune âge, MarieClaude a été victime pendant des années de brimades extrêmement cruelles de la part de ses petits camarades. Une série de malentendus l'a amenée à se replier sur elle-même sans être capable d'en parler, ni à toi, ni à ses parents.
Cédric rapporta longuement le récit que lui avait fait MarieClaude. Quand il eut terminé, Armelle était effondrée et Philippe était lui-même plutôt secoué. MarieClaude intervint alors.
— Armelle, je vois bien que tu es bouleversée par ce que tu viens d'entendre et cela ne me surprend pas compte tenu de l'affection qui nous lie depuis notre plus tendre enfance. Mais il faut que tu saches que grâce à Cédric, j'ai pu franchir une étape décisive qui change ma vie. Le fait d'avoir pu parler à quelqu'un a eu sur moi un effet thérapeutique extraordinaire. Je suis capable, maintenant, de prendre du recul et de relativiser ce qui m'est arrivé. Cela ne fait pas disparaître ce que j'ai vécu, mais ça en fait quelque chose de mon passé en non plus de mon présent. Par ailleurs, l'amour de Cédric m'a fait comprendre une chose essentielle : C'est l'amour que nous portent les autres qui nous rend beaux. Mes parents ne se trompaient pas quand ils disaient que j'étais belle ; J'étais et je suis belle pour eux comme je le suis pour Cédric et, j'en suis sûre, pour toi aussi. Alors, ne t'inquiète pas pour moi. Je suis redevenue la petite fille heureuse que j'étais avant mes six ans. Pour moi, la vie est belle et c'est cela qui compte. Je vais bientôt faire comme toi et épouser l'amour de ma vie avec qui j'aurai des enfants et qui me rendra, qui me rend déjà, la femme la plus heureuse de la terre.
— Je suis heureuse de te voir de nouveau parmi nous, lui répondit Armelle, mais ça ne m'empêche pas d'être très émue de ce que Cédric nous a raconté. Il va me falloir digérer tout ça. Mais je pense que ce n'est pas grand-chose par rapport à ce que tu as enduré. Tu n'as pas voulu mettre encore tes parents au courant ?
— Non ! Pas encore. Ce week-end c'est encore un peu tôt et, comme je veux que Cédric soit présent, j'attendrai le week-end prochain.
— Cédric, Philippe voudrait te demander quelque chose.
— Voilà ! Pour notre mariage, Armelle a choisi pour témoins MarieClaude et Sophie. J'ai demandé à Benoît d'être le mien et je souhaiterais que tu te joignes à lui.
— Bien sûr ! J'en serai ravi. Y a-t 'il des consignes particulières en termes de vêtements Armelle ?
— Non ! Mes parents ont des salaires d'enseignants et ceux de Philippe ont des salaires de fonctionnaires municipaux. Notre mariage sera donc quelque chose de très simple. Il n'y aura guère plus d'une trentaine de personnes invitées. Ce sera dans une petite auberge des environs. Le papa de MarieClaude nous a obtenu des prix car il connait bien le propriétaire.
— Je suis heureuse de te voir de nouveau parmi nous, lui répondit Armelle, mais ça ne m'empêche pas d'être très émue de ce que Cédric nous a raconté. Il va me falloir digérer tout ça. Mais je pense que ce n'est pas grand-chose par rapport à ce que tu as enduré. Tu n'as pas voulu mettre encore tes parents au courant ?
— Non ! Pas encore. Ce week-end c'est encore un peu tôt et, comme je veux que Cédric soit présent, j'attendrai le week-end prochain.
— Cédric, Philippe voudrait te demander quelque chose.
— Voilà ! Pour notre mariage, Armelle a choisi pour témoins MarieClaude et Sophie. J'ai demandé à Benoît d'être le mien et je souhaiterais que tu te joignes à lui.
— Bien sûr ! J'en serai ravi. Y a-t 'il des consignes particulières en termes de vêtements Armelle ?
— Non ! Mes parents ont des salaires d'enseignants et ceux de Philippe ont des salaires de fonctionnaires municipaux. Notre mariage sera donc quelque chose de très simple. Il n'y aura guère plus d'une trentaine de personnes invitées. Ce sera dans une petite auberge des environs. Le papa de MarieClaude nous a obtenu des prix car il connait bien le propriétaire.
Le logement des Maréchal était dans un immeuble assez ancien mais bien entretenu. Le quartier semblait plutôt calme. Lorsqu'ils arrivèrent, Benoît venait d'arriver et était dans le séjour en train de bavarder avec Pierre Maréchal. Pierre Maréchal était un homme d'une cinquantaine d'années. Son crane commençait à se dégarnir et, avec ses lunettes, il avait le physique qu'on s'attend à voir chez un enseignant. Annie, la maman d'Armelle, avait un air doux et serein. Armelle lui ressemblait beaucoup mais elle était plus grande que sa mère. Cette dernière les accueillit affectueusement.
— Le repas est bientôt prêt. Si vous voulez, Armelle peut vous faire visiter l'appartement en attendant. Ce sera vite fait d'ailleurs car il est plutôt petit. Armelle leur fit faire un rapide tour du propriétaire. L'appartement se composait de deux chambres, d'une petite pièce servant manifestement de bureau et d'un séjour relativement spacieux sans pour autant être immense. Toutes les pièces étaient meublées et décorées de manière simple mais chaleureuse et de bon goût. C'était un appartement intime dans lequel on se sentait à l'aise. Ils revinrent s'installer dans le séjour pendant qu'Armelle allait aider sa maman à finir de préparer le repas. Peu de temps après, celle-ci vint leur dire que c'était prêt et ils passèrent à table. Le repas très simple se composait d'un velouté aux asperges et d'un rôti de porc agrémenté de pommes de terre sautées et de carottes bouillies additionnées de beurre salé et de persil. C'était simple mais très bien cuisiné. Annie avait servi à Benoît une assiette particulièrement bien remplie sur laquelle il se jeta avec appétit. Il eut bientôt fini et se vit servir une deuxième assiettée identique à la première. Un peu gêné, il s'excusa.
— C'est tellement bon !
— C'est tellement bon !
Annie lui sourit.
— Avec ta taille et après un match, c'est normal que tu aies faim.
Benoît n'osa pas avouer qu'à la sortie des vestiaires il avait dévoré un énorme sandwich.
— Au fait c'est vrai ! Comment s'est passé ton match ?
Benoît grogna.
— Je préfère parler d'autre chose.
Philippe éclata de rire.
— Je suppose que ça veut dire que vous vous êtes fait étriller ?
— C'est la faute de l'arbitre. Il n'arrêtait pas de nous siffler des coups francs !
— Allez, la terre ne va pas s'arrêter de tourner !
— Non mais ça m'agace.
— C'est la faute de l'arbitre. Il n'arrêtait pas de nous siffler des coups francs !
— Allez, la terre ne va pas s'arrêter de tourner !
— Non mais ça m'agace.
Puis il sourit.
— Mais dimanche prochain vous allez voir ! Ça va saigner !
Après le rôti ils mangèrent un peu de fromage puis une belle tarte aux pommes.
— Alors Cédric, j'espère que tu viens au mariage de ta cousine !
— Bien sûr tante Annie. Je ne manquerai ça pour rien au monde.
— D'autant plus, rajouta Philippe, que Cédric sera mon témoin avec Benoît.
— Je suis très contente de vous revoir, ton père, ta maman et Catherine pour le mariage. Elle se tourna vers Pierre. NOUS sommes très contents de vous revoir TOUS. Elle avait insisté lourdement sur « nous » et sur « tous ».
— Bien sûr grogna le papa d'Armelle.
— Bien sûr tante Annie. Je ne manquerai ça pour rien au monde.
— D'autant plus, rajouta Philippe, que Cédric sera mon témoin avec Benoît.
— Je suis très contente de vous revoir, ton père, ta maman et Catherine pour le mariage. Elle se tourna vers Pierre. NOUS sommes très contents de vous revoir TOUS. Elle avait insisté lourdement sur « nous » et sur « tous ».
— Bien sûr grogna le papa d'Armelle.
Cédric sourit malicieusement à sa tante.
— Je suis sûr que c'est tout à fait réciproque pour NOUS TOUS.
Il avait à son tour appuyé sur le « nous tous ». La soirée continua gaiement. Pierre raconta quelques anecdotes sur les sottises qu'arrivaient à écrire certains de ses élèves. Il avait beaucoup d'humour. Vers onze heures du soir, ils prirent congé en remerciant chaleureusement les parents d'Armelle. Pendant le trajet de retour Benoît demanda.
— Dis-moi Cédric, qu'est-ce que cela voulait dire quand ta tante a insisté lourdement sur le fait qu'ils étaient tous contents de vous revoir ?
— Cédric éclata de rire.
— Figure-toi que ça fait une dizaine d'années que mon oncle et mon père sont fâchés. Ils étaient très copains avant mais ils se sont mis à parler politique. Mon oncle est un pacifiste et papa a été pilote de chasse pendant quinze ans. Maman et tante Annie pensent qu'ils se sentent tout bêtes mais qu'ils ne savent pas comment s'y prendre pour se réconcilier. Peut-être que nos mariages à Armelle et à moi seront en mesure de régler le problème.
— Je me demande si parfois nos parents ne sont pas encore moins raisonnables que nous intervint Benoît.
— Cédric éclata de rire.
— Figure-toi que ça fait une dizaine d'années que mon oncle et mon père sont fâchés. Ils étaient très copains avant mais ils se sont mis à parler politique. Mon oncle est un pacifiste et papa a été pilote de chasse pendant quinze ans. Maman et tante Annie pensent qu'ils se sentent tout bêtes mais qu'ils ne savent pas comment s'y prendre pour se réconcilier. Peut-être que nos mariages à Armelle et à moi seront en mesure de régler le problème.
— Je me demande si parfois nos parents ne sont pas encore moins raisonnables que nous intervint Benoît.
MarieClaude éclata de rire.
— Ça c'est l'histoire de la paille et de la poutre Benoît.
— GninGninGnin !
— GninGninGnin !
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