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Couverture de Cybèle et pourtant, par unzeste85
Couverture de Cybèle et pourtant, par unzeste85
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Cybèle et pourtant — Chapitre 8

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unzeste85
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Cybèle et pourtant

Chapitre 8

L'accident
La visite se termina vers dix-sept heures et le car les ramena à Andorre la Vieille. Ils avaient quartier libre jusqu'à dix-neuf heures, heure à laquelle le car devait les ramener à Toulouse. Le voyage de retour serait moins long car il n'y avait pas d'arrêt à Ax-les-Thermes. Comme MarieClaude commençait à traîner un peu la jambe, ils décidèrent d'aller prendre un verre dans un café peu éloigné de la gare routière où le car les attendrait. Ils n'avaient pas été les seuls à avoir cette idée et la salle était bien remplie. La journée ayant été assez longue, l'ambiance était au calme et le brouhaha des conversations ne les empêchait pas de converser entre eux. Tout le monde semblait satisfait du déroulement de la journée. Les autres membres du groupe commentaient la visite en jetant des regards empreints d'admiration et de sympathie vers MarieClaude. Les trois compagnons de celle-ci le lui firent remarquer ce qui la fit de nouveau rosir de plaisir.
C'était la première fois que tant de gens la traitaient ainsi ou en tout cas qu'elle s'en rendait compte. Il est vrai que la confession qu'elle avait faite le dimanche précédent à Cédric avait permis de crever l'abcès et, son amour pour Cédric aidant, elle commençait à percevoir les choses sous un angle nouveau. Ils continuaient à se parler de plus en plus paresseusement laissant le silence s'établir entre eux et savourant simplement l'instant présent. Armelle somnolait appuyée contre Philippe qui la serrait tendrement contre lui. Cédric et MarieClaude n'en étaient pas encore là mais Cédric avait gardé la main de MarieClaude dans la sienne et cela leur suffisait pour l'instant.
Enfin, vers dix-huit heures trente ils se levèrent pour rejoindre tranquillement le car. Cédric et MarieClaude sortirent les premiers. Il s'effaça pour la laisser passer tout en posant la main sur son épaule. Au moment où ils arrivaient sur le trottoir, ils virent arriver une voiture circulant à grande vitesse en zigzaguant. Elle était occupée par une bande de garçons et de filles excités. Quand elle arriva à leur niveau elle fit une embardée manquant de peu de monter sur le trottoir. Elle continua néanmoins sa route et disparut. Cependant MarieClaude prit peur et recula précipitamment en poussant un cri d'effroi. Malheureusement le trottoir était défoncé à cet endroit et elle mit le pied dans un trou. Comme par hasard, c'était du côté de la mauvaise jambe. Elle tomba par terre en poussant un cri de peur et de douleur. Cédric et leurs deux amis se précipitèrent pour l'aider à se relever.
Elle tenta de les rassurer mais quand elle essaya de se remettre debout elle s'effondra de nouveau par terre en hurlant de douleur. Affolé Cédric la prit dans ses bras et la ramena à l'intérieur de l'établissement où ils essayèrent tant bien que mal de l'installer sur une chaise, le pied reposant sur une autre. Cédric eut le réflexe de lui enlever sa chaussure car son pied allait certainement enfler et ce serait alors un supplice pour elle s'il fallait la lui enlever à ce moment-là. Il avait avec lui un sac à dos qu'il avait amené par précaution et dans lequel il avait glissé un pull, quelques mouchoirs et une bouteille d'eau. Il y mit la chaussure de MarieClaude et sortit son pull qu'il glissa en boule sous le pied de la jeune fille. Celle-ci sanglotait dans les bras d'Armelle blême et elle-même au bord des larmes. Entre deux sanglots MarieClaude leur disait que ce n'était pas grave et s'excusait de gâcher leur journée.
Philippe et Cédric se concertèrent rapidement et décidèrent de l'emmener d'urgence à l'hôpital. Le patron du bar téléphona obligeamment à un taxi qui arriva rapidement. Il accepta qu'ils montent tous les quatre et Cédric s'installa à l'arrière du véhicule avec MarieClaude sur les genoux. Armelle s'installa à ses côtés et Philippe prit la place de devant à côté du chauffeur. Arrivés à l'hôpital Cédric régla la course et ils se présentèrent à l'accueil où ils expliquèrent ce qui motivait leur visite. On les conduisit dans une salle d'attente le temps que l'interne de garde vienne les voir. Quand il arriva, il examina rapidement MarieClaude et leur annonça qu'il fallait faire une radio. Deux infirmiers de présentèrent avec un brancard et emmenèrent MarieClaude terrorisée au service de radiologie. Pendant qu'ils attendaient, Cédric dit à ses deux compagnons qu'il allait rester avec MarieClaude et qu'il n'était donc pas nécessaire qu'ils restent eux aussi.
Ils pouvaient partir et se rendre à la gare routière ; ils avaient encore le temps de prendre le car. Armelle n'était pas du tout d'accord. Personne ne l'empêcherait de s'occuper de sa petite sœur.
— Il n'en est pas question ! C'est à moi de m'occuper d'elle. Tu n'as qu'à repartir avec Philippe, je n'ai pas besoin de…
Cédric l'interrompit brutalement :
— Écoute tu es bien gentille mais c'est moi qui reste. Un point c'est tout ! D'ailleurs il risque d'y avoir des sommes à débourser. Moi j'ai une activité professionnelle et je n'ai aucun problème pour ça. Pour l'instant vous dépendez encore de vos parents et vous n'avez pas un rond. Alors la question est réglée !
Armelle était rouge de colère.
— Dis donc je ne te permets pas de me parler sur ce ton ! Je sais ce que je dis. Je suis la mieux placée pour m'occuper d'elle !
— N'insiste pas !
Ils s'affrontaient du regard, personne ne voulant céder. Philippe intervint d'un ton calme mais déterminé.
— Je suis désolé Armelle mais c'est Cédric qui a raison.
— Comment ? Tu le défends ?
— Je ne défends personne. Il se tourna vers Cédric. Bon ! Voilà ce que je propose : Armelle et moi retournons au car et on les prévient qu'il y a un problème et que vous ne pouvez pas le prendre. Je leur demanderai s'il y a des places libres dans celui de vingt et une heures et je te téléphone pour te tenir au courant. De ton côté, dès que tu as des nouvelles tu nous téléphones. Tu dois comprendre qu'Armelle est très inquiète pour MarieClaude. Il se tourna vers Armelle.
— Voilà ma chérie il faut qu'on y aille si on veut arriver à temps. Heureusement la gare routière est proche ; on peut y aller à pied. Il prit Armelle fermement par la main et l'entraîna vers la sortie. Pour l'instant elle était trop sidérée pour réagir. Mais une fois arrivés à la gare routière qui était effectivement très proche, elle laissa éclater sa colère.
— Je ne comprends pas que tu aies pu lui donner raison. Cédric connaît à peine MarieClaude alors que moi je la connais depuis qu'on est toutes petites. Il ne saura jamais s'en occuper.
— Calme-toi. Cédric saura parfaitement s'occuper de MarieClaude et, crois-moi, MarieClaude est certainement de mon avis.
— Je ne vois pas ce qui peut te permettre de dire ça.
— Regarde les photos que j'ai prises au sanctuaire. Tu comprendras pourquoi je dis ça.
— Je ne vois vraiment pas ce que des photos viennent faire ici.
— Laisse-moi te les montrer s'il te plait !
Philippe passa rapidement sur les premières photos et arriva sur celles où figuraient Cédric et MarieClaude. Il lui montra d'abord celle où MarieClaude regardait Cédric. Armelle la regarda et dit d'un ton méprisant :
— Oui ! Elle est amoureuse de lui. Mon pauvre Philippe ! Tu crois que je ne m'en étais pas déjà aperçue ?
— Regarde maintenant la suivante.
C'était celle où Cédric regardait MarieClaude. Armelle la regarda et ouvrit la bouche de stupéfaction.
— Non ! Ce n'est pas vrai ! ça alors je n'en crois pas mes yeux ! Cédric et MarieClaude ?
— Je pense que Cédric est très amoureux de MarieClaude et qu'il n'a pas encore réussi à lui dire.
— C'est vrai qu'il a une manière de la regarder ! Il éprouve manifestement plus que de l'amitié à son égard.
— Je ne pense pas que Cédric soit du genre superficiel et c'est pour ça que je suis sûr qu'il va très bien s'en occuper.
— Je crois que tu as raison avoua-t-elle vaincue. Il s'en occupera mieux que n'importe qui.
— Bon ! en attendant je vais aller voir les chauffeurs des cars pour me renseigner et je reviens.
Il revint quelques instants plus tard.
— C'est un peu embêtant. Il ne reste plus qu'une place dans le car de vingt et une heure. Je vais téléphoner à Cédric pour le prévenir.
Il appela donc Cédric.
— Allô Cédric ? J'ai vu les chauffeurs de car. Il reste juste une place dans le car de vingt et une heure. Désolé.
— Ce n'est pas grave ! Je trouverai bien une solution. Je parlerai au chauffeur du car. Si on ne trouve pas de solution, il y a toujours la possibilité d'aller à l'hôtel à Andorre la Vieille. Dis à Armelle de ne pas se faire de soucis. Elle est toujours fâchée ?
— Non ça va mieux mais téléphone-nous dès que tu as des informations.
— Pas de problème.
— Au fait. J'ai regardé les photos qui sont réussies. Je te les envoie sur ton smartphone ou par émail ?
— Envoie-les dans ma boite mail.
— OK ! Bon courage.
— Merci ! Au revoir.
Cédric était toujours dans la salle d'attente. L'interne vint le rechercher et l'amena dans son bureau où il avait amené MarieClaude qui était maintenant assise dans un fauteuil roulant le pied maintenu en l'air par une sorte de gouttière fixée au siège.
— Bien ! Nous avons examiné votre pied, Mademoiselle. Malheureusement vous avez une fracture qui va nécessiter une opération. MarieClaude ne répondit rien ; elle était blême. Cédric décida qu'il valait mieux que ce soit lui qui dialogue avec l'interne.
— L'opération est-elle lourde ?
— Elle est relativement délicate, mais ce sont des cas dont nous avons l'habitude. Il y a des skieurs ici l'hiver.
— Et les suites ?
— Il faudra l'hospitaliser à peu près une semaine. Ensuite il faudra qu'elle se repose. Elle aura un plâtre de sorte qu'elle pourra marcher avec des cannes anglaises mais avec prudence quand même. Cédric regarda MarieClaude qui avait l'air terrifiée. Elle balbutia :
— Il faudra que je reste ici une semaine ?
Cédric comprit que ce qui la terrifiait, c'était l'idée de rester seule en Andorre au moins autant que de subir une opération. Il intervint de nouveau :
— Pardonnez-moi, docteur, je ne doute pas un instant de la capacité de cet hôpital de l'opérer avec toute les compétences requises mais il me paraît difficile de la laisser seule ici pendant une semaine. Je pense même que c'est impossible. Je préfère la ramener avec moi à Toulouse. Il y a tout ce qu'il faut là-bas.
— Je comprends. Qu'en pensez-vous Mademoiselle ?
— Ramène-moi avec toi dit MarieClaude dans un souffle en regardant Cédric d'un air suppliant. L'interne la regarda un peu attendri.
— Bon d'accord ! Je vous laisse quelques instants. Je vais chercher des antis inflammatoires et des analgésiques pour lui administrer tout de suite et d'autres à lui donner dans six heures. Attention il ne serait pas prudent de les lui administrer plus tôt.
Il sortit.
— Armelle et Philippe sont encore là ?
— Non ! Je les ai fait repartir. C'est moi qui m'occupe de toi. On va essayer de rentrer par le car de vingt et une heures. Si ce n'est pas possible j'essayerai de nous faire repartir en ambulance ce soir où plus probablement demain. Si c'est demain on ira à l'hôtel.
— Je suis contente que ce soit toi qui t'occupes de moi.
— Je n'aurais laissé personne d'autre le faire à ma place. J'ai même eu une dispute avec Armelle à cause de ça.
L'interne revint bientôt, administra à MarieClaude les médicaments qu'il avait amenés, donna à Cédric le reste et conclut :
— Bon je vous laisse. Vous pouvez garder le fauteuil roulant. Vous pourrez payer la facture et demander un taxi à l'accueil. Gardez le fauteuil jusqu'à l'arrivée du taxi.
Cédric revint donc à l'accueil en poussant le fauteuil roulant. Il régla la facture et commanda un taxi. Celui-ci arriva quelques minutes plus tard et les amena directement à la gare routière. Cédric installa MarieClaude sur un banc et alla parler au chauffeur qui lisait tranquillement dans son car.
— Bonjour monsieur, je suis avec une jeune fille qui s'est blessée au pied. Nous devions prendre l'autre car mais cela a été impossible car nous étions à l'hôpital. Des amis m'ont téléphoné que vous aviez encore de la place.
— C'est à dire qu'il m'en reste une mais vous êtes deux.
— Ce n'est pas grave. Je me fais fort de faire le trajet debout.
— Désolé mais pour des questions de sécurité et d'assurance, je ne peux malheureusement pas accepter. C'est strictement interdit. Je veux bien vous rendre service, mais là je risque ma place.
Cédric réfléchit un instant :
— Et si je la prends sur mes genoux ça pourrait aller ?
— Cela fera une personne en plus de la capacité maximale autorisée mais ça reste acceptable. Vous pouvez monter tout de suite. Je vous conseille de vous installer au fond dans un des coins ; c'est là que vous aurez le plus de place devant vos jambes.
— Merci beaucoup ! Vous êtes vraiment très obligeant.
— Si la petite a besoin de quelque chose, demandez-moi. J'ai de l'eau et des gobelets.
— Merci beaucoup. Je pense que j'ai ce qu'il faut dans mon sac.
Cédric alla Chercher MarieClaude. Il la prit dans ses bras pour l'amener dans le car.
— Je suis désolé mais tu vas devoir voyager sur mes genoux.
Elle lui sourit faiblement.
— Je crois que je m'y résignerai.
Cédric monta dans le car avec MarieClaude dans les bras. Le poids de celle-ci ne posait pas de problème mais il devait prendre des précautions pour éviter de lui cogner le pied dans un espace aussi restreint. Ils arrivèrent sans encombre au fond du car. Il posa MarieClaude sur un des sièges puis aménagea la place située dans le coin, rangea son sac après avoir récupéré son pull et la bouteille d'eau. Il reprit MarieClaude contre lui, s'assit et l'installa sur ses genoux le plus confortablement possible. MarieClaude se blottit contre sa poitrine. Elle était un peu rassurée car elle se sentait protégée et que les analgésiques avaient fait leur effet. Cédric était profondément ému de la sentir contre lui. Elle était si fragile, si vulnérable et il avait fallu que ça lui arrive à elle. Il se sentait un peu responsable de ce qui lui était arrivé. Après tout il aurait pu sortir devant elle au lieu de simplement poser sa main sur son épaule.
Il se souvint alors qu'il fallait qu'il téléphone à Philippe pour le tenir au courant et composa le numéro de celui-ci. L'écoute n'était pas parfaite mais acceptable. Ils étaient encore à la gare routière donc près des relais. Par ailleurs le car de dix-neuf heures était parti depuis presque deux heures et était donc sorti de la partie montagneuse du trajet.
— Philippe ? Je te téléphone comme convenu pour te mettre au courant.
— Comment va MarieClaude ?
— La radiographie a montré une fracture du pied gauche qui va nécessiter une opération.
— En Andorre ?
— Non ! Il faudra qu'elle reste hospitalisée une semaine et il est absolument hors de question de la laisser seule à Andorre la Vieille. J'ai décidé de la ramener à Toulouse pour l'y faire opérer.
— Tu as eu tout à fait raison à mon avis. Comment rentrez-vous ?
— Nous sommes dans le car de vingt et une heures.
— Il y avait encore de la place ?
— Il n'en restait plus qu'une mais le chauffeur a accepté qu'elle voyage sur mes genoux. Philippe eut un sourire intérieur et répondit sur un ton légèrement moqueur.
— Je suis sûr que c'est de toute manière la solution qu'elle préfère. Je vais tenir Armelle au courant. Au fait ça y est je t'ai envoyé les photos. Je suis sûr que tu les trouveras intéressantes.
Philippe raccrocha laissant Cédric légèrement interloqué. Il ne voyait pas pourquoi Philippe avait l'air de donner autant d'importance à de simples photos.
Philippe se tourna vers Armelle et lui annonça la nouvelle :
— MarieClaude a une fracture du pied gauche. Il va falloir l'opérer. Cédric la ramène à Toulouse. Ils prennent le deuxième car. MarieClaude fait le trajet sur les genoux de Cédric car il ne restait plus qu'une place.
— Le contraire m'aurait étonné ! De toute manière, s'il était resté deux places, il aurait surement trouvé une bonne excuse pour la prendre quand même sur ses genoux.
Cédric et MarieClaude attendirent patiemment l'heure du départ. Le car commençait à se remplir. Vers vingt et une heure tout le monde était arrivé et le car put repartir pour Toulouse. L'ambiance était plutôt calme. Il commençait à faire nuit, les randonneurs étaient fatigués par leur sortie et par le dernier repas bien arrosé qu'ils venaient de prendre. Tout le monde s'était mis à somnoler et on commençait même à entendre les premiers ronflements. Leur voisin s'était complètement endormi et, vu son état, on pouvait même penser qu'il faudrait vivement le secouer pour le réveiller à l'arrivée. On pouvait se demander comment il ferait pour rentrer chez lui. Il fallait espérer que quelqu'un consentirait à l'y aider.
Cédric était doublement ému : D'abord, naturellement à cause de l'accident de MarieClaude ; la fille qu'il aimait s'était blessée devant lui et il n'avait rien pu y faire. Il était d'autant plus bouleversé qu'il s'était promis de la protéger dorénavant. Mais une autre émotion beaucoup plus douce le disputait à la première : Pour la première fois, il tenait dans ses bras et serrait contre lui l'amour de sa vie, celle avec qui il avait décidé de construire son avenir ; leur avenir.
Le temps passa. Lorsqu'ils traversèrent Ax-les-Thermes Cédric sentit que MarieClaude commençait à se crisper. Manifestement la douleur recommençait à se manifester. Il aurait bien voulu lui administrer de nouveaux les analgésiques que l'interne avait donnés mais ce dernier l'avait fortement déconseillé. La mettre en danger pour lui éviter d'avoir mal serait totalement irresponsable. Il se sentait complètement désarmé. Plus le temps passait plus elle paraissait souffrir. Il lui demanda si elle avait très mal. Elle répondit faiblement que ça pouvait aller mais ce n'était visiblement pas le cas.
Soudain il s'aperçut qu'elle pleurait en silence. Elle le faisait tout doucement dans l'espoir qu'il ne se rendrait compte de rien mais de grosses larmes coulaient de ses yeux. Cédric était bouleversé. A la fin, ce fut plus fort que lui et il l'embrassa longuement sur la tempe. Tout de suite il maudit sa précipitation. MarieClaude le regardait les yeux écarquillés. Le jeune homme était désespéré. Il s'était promis d'attendre le bon moment pour lui dire qu'il l'aimait mais il était en train de tout gâcher en s'y prenant trop rapidement et au plus mauvais moment. Elle allait penser qu'il voulait profiter de la situation. MarieClaude, de son côté, n'arrivait pas encore à réaliser ce qui venait de se passer ; ce dont elle n'osait même pas rêver depuis plusieurs jours venait de se produire : Cédric l'avait embrassée et c'était manifestement plus qu'un baiser amical. Ce dernier se mit à balbutier des excuses maladroites pour finalement conclure piteusement.
— Pardonne moi, j'en avais tellement envie. Je n'ai pas pu résister.
A ce moment-là il sentit les lèvres de MarieClaude sur sa joue. Celle-ci, à son tour, l'embrassa longuement. Il la regarda ébloui. Elle le regardait tendrement et lui demanda :
— S'il te plait, embrasse-moi encore.
Alors il se mit à couvrir de baisers avec passion ce petit visage un peu ingrat qui était si rapidement devenu pour lui, le plus beau des visages. Elle se mit à l'embrasser elle aussi maladroitement et enfin leurs lèvres se rencontrèrent. Ils entrouvrirent leurs bouches et échangèrent un long, long, long premier baiser. Lorsqu'enfin leurs lèvres se séparèrent il la regarda extasié :
— Je t'aime tant, mon amour. Je n'aurais jamais cru qu'on puisse aimer quelqu'un autant que je t'aime.
— Moi aussi je t'aime et ce soir je suis la femme la plus heureuse de la terre.
Elle se blottit encore un peu plus dans ses bras les yeux illuminés de bonheur. . Elle garderait toute sa vie le souvenir du goût de ce premier baiser.
Une nuit chez Cédric
Pendant le reste du voyage de retour MarieClaude souffrit encore de son pied. Cependant ce qui venait de se produire entre eux l'avait rendue tellement euphorique que plus rien ne parvenait à contrarier son bonheur. Alors qu'elle venait de se casser un pied, et se préparait à passer sur la table d'opération, ce jour était le plus beau jour de sa vie. Elle partageait d'ailleurs ce sentiment avec le garçon qui la serrait dans ses bras et continuait à lui butiner le visage de petits baisers. Cédric était au septième ciel : Elle voulait bien de lui. Il avait trouvé son âme sœur. C'était à lui et à lui seul qu'il revenait maintenant de la chérir et de la protéger. Il était à elle et elle était à lui.
Le car arriva enfin à destination vers vingt-trois heures trente. Cédric récupéra son sac à dos puis reprit MarieClaude dans ses bras et descendit du car. Il fallait encore rejoindre le parking pour reprendre son véhicule et il eut encore à la porter quelques centaines de mètres. Elle n'était pas bien lourde mais quand il arriva à l'Audi il commençait à fatiguer. Il lui était difficile de l'asseoir sur le siège avant. Il décida donc que le mieux pour elle était de s'étendre sur la banquette arrière. Il essaya tout de même de la maintenir avec les ceintures de sécurité. Ensuite, il démarra et se rendit directement à son appartement en roulant avec mille précautions afin d'éviter de la secouer. Quand il la reprit dans ses bras pour la sortir du véhicule elle ne reconnut pas le pavillon de Madame Alquier.
— Où sommes-nous ?
— Devant mon immeuble. J'ai décidé qu'il valait mieux que tu passes la nuit chez moi.
Elle devint rouge de confusion.
— C'est encore un peu tôt. Je ne suis pas encore prête à…
Cédric sourit en la regardant avec tendresse.
— Rassure toi je n'ai jamais eu l'intention d'abuser de la situation. Si je préfère te garder avec moi c'est que je vais devoir m'occuper de toi tôt demain matin. D'autre part, ta chambre est probablement trop petite pour que je puisse rester afin de veiller sur toi. Enfin, je ne suis pas sûr que ta propriétaire soit physiquement capable de te manipuler voire de te porter si nécessaire.
Elle eut l'air soulagée. Cédric rajouta :
— Je tiens à te préciser cependant que je suis un garçon normal et que j'attends avec impatience le jour où nos relations deviendront physiquement intimes. Mais c'est toi qui choisiras ce jour. C'est ta prérogative.
— Je crois que j'aimerais avoir une vraie nuit de noces le jour de mon mariage. Je sais que je suis un peu ridicule.
— Tu n'es absolument pas ridicule. Au contraire cela me parait très beau. Et puis, je gagne déjà très bien ma vie. Nos fiançailles pourront donc être courtes. Bien entendu, cela suppose que tu acceptes de m'épouser.
— C'est une demande en mariage ?
— Ça m'en a tout l'air. Alors veux-tu m'accepter comme époux ?
— Bien sûr que je le veux !
Cédric, toujours portant MarieClaude dans ses bras, entra dans l'immeuble et rejoignit son appartement. Il eut un peu de mal à ouvrir sa porte tout en la portant mais il ne voulait pas risquer que son pied touche le sol. Enfin, il entra, se dirigea directement vers la chambre et la déposa délicatement sur le lit avant d'aller refermer la porte d'entrée. Il alla ensuite prendre dans un placard un grand teeshirt puis revint la voir.
— Tiens ma chérie ! Je t'ai amené ce teeshirt je pense que pour toi ce sera presque une chemise de nuit. Je te laisse te déshabiller. Quand tu auras fini appelle-moi. Je viendrai récupérer tes vêtements. J'irai aussi laver tes sous vêtement. J'ai un séchoir à serviettes qui devrait suffire pour qu'ils soient secs demain matin.
Il sortit de la chambre, ferma la porte derrière lui et alla attendre dans le séjour. Au bout de dix minutes il commença à s'inquiéter. Il ne voulait pas risquer de la surprendre en petite tenue mais il se demandait si elle n'avait pas eu un problème. Elle était peut-être évanouie ou pire. Il ne savait que faire. Soudain il entendit un cri de douleur provenant de la chambre. Il se précipita, ouvrit la porte et vit MarieClaude en pleurs. Elle était toujours habillée.
— Je n'y arrive pas ! gémit-elle.
Elle ne pouvait tout de même pas dormir en jupe et pull-over avec des sous-vêtements imprégnés de sueur.
— Je vais devoir t'aider lui dit Cédric.
Elle devint rouge comme une pivoine.
— Ne t'en fais pas mon amour, ma proposition n'a rien de pervers. Essaye de prendre les choses avec philosophie. De mon côté, je m'efforcerai d'être rapide et discret.
Il entreprit de la déshabiller et de lui mettre le teeshirt en essayant de la regarder le moins possible. De son côté, MarieClaude, d'abord tendue comme une corde de piano, finit par se détendre un peu et fit son possible pour lui faciliter le travail. Cédric fut héroïque en cette occasion, mais ne put s'empêcher de penser qu'il allait lui falloir l'épouser très vite. Une fois qu'elle fut prête, il l'amena prendre ses précautions pour la nuit. Ensuite il alla chercher une cuvette d'eau tiède, un gant de toilette, du savon et une serviette propre. Il lui lava le visage, le cou, les bras et les mains et l'essuya soigneusement. Puis il retourna dans la salle de bains en récupérant au passage ses sous-vêtements qu'il lava rapidement et disposa sur le séchoir à serviettes électrique pour qu'ils sèchent pendant la nuit. Il alla ensuite chercher un fauteuil dans le séjour et le ramena dans la chambre près du lit. Il alla se mettre en pyjama et enfila sa robe de chambre.
Il revint, se pencha sur MarieClaude et l'embrassa tendrement.
— Essaye de dormir un peu, mon amour, je te réveillerai à deux heures du matin pour de donner tes médicaments.
Il alla ensuite s'installer dans le fauteuil après l'avoir rapproché le plus possible du lit. Il éteignit la lampe de chevet et se cala du mieux qu'il put. Il pensait qu'il pourrait un peu se reposer mais il ne croyait pas pouvoir dormir cette nuit-là. Heureusement il était habitué à utiliser certaines techniques de relaxation qui lui avaient bien servi à l'époque des oraux du concours d'entrée à l'école polytechnique. Il avait la main sur l'accoudoir du fauteuil quand, au bout de quelques instants, il sentit une petite main se poser sur la sienne. Il la lui prit et ils restèrent ainsi sans bouger. A deux heures du matin il lui donna les anti-inflammatoires et les analgésiques qui firent rapidement leur effet. Elle put enfin dormir et, finalement, lui aussi y parvint.
Au matin
Vers sept heures du matin, il finissait sa toilette, quand il entendit vibrer son smartphone. Il se dirigea rapidement vers le séjour, ferma la porte de la chambre de façon à laisser MarieClaude dormir et répondit.
— Oui ! Allô ?
— Cédric ! Ou est MarieClaude ? Elle n'est pas chez elle et Madame Alquier est complètement affolée.
— Pour l'instant elle dort.
— Mais où ?
— Chez moi.
— Quoi ? (Armelle paniquait) Mais où dort elle ?
— Dans mon lit bien sûr.
— Mais… Et toi ?
Cédric éclata de rire.
— Rassure toi j'ai dormi dans un fauteuil à côté du lit. J'ai préféré l'amener chez moi pour m'occuper d'elle. Tu devrais téléphoner à Madame Alquier pour la rassurer.
— D'accord ! Je lui téléphone tout de suite et ensuite on arrive avec Philippe.
— Mais vous ne deviez pas aller à Condom ?
— On ira plus tard. Pour l'instant, il faut qu'on soit avec elle pour prévenir ses parents car ils voudront sûrement que je la leur passe et il me sera difficile de leur expliquer où elle se trouve et qui s'occupe d'elle.
— Tu as raison. Cette fois je pense que je vais avoir besoin de toi.
— Elle est habillée ?
— Et bien non. Hier soir je l'ai déshabillée, je lui ai passé un teeshirt et je lui ai lavé ses sous-vêtements. Franchement, pour l'instant, je préférerais que ce soit toi qui la rhabille. Hier j'ai été héroïque mais je ne sais pas si j'arriverai à l'être aussi aujourd'hui. Je plaisante, mais tout de même nous n'étions à l'aise ni l'un ni l'autre.
— D'accord on arrive rapidement. On s'organisera ensemble à notre arrivée.
— A tout de suite.
Un quart d'heure plus tard Armelle et Philippe étaient là.
— Vous avez pu téléphoner à Madame Alquier ?
— Oui. Je l'ai rassurée et je lui ai promis que je lui donnerai des nouvelles.
— Bien ! Par quoi on commence ?
— Je crois que déjà il faudrait la réveiller. Ensuite, je téléphonerai à ses parents pour les prévenir. Après on agira en fonction des circonstances.
Ils ouvrirent la porte de la chambre et se rapprochèrent du lit. Cédric se pencha vers MarieClaude et lui secoua doucement l'épaule.
— MarieClaude ? Il faut te réveiller.
MarieClaude ouvrit un œil et lui sourit tendrement.
— Bonjour mon amour.
Elle lui passa les bras autour du cou et pressa ses lèvres contre les siennes. Cédric était un peu gêné à cause de la présence d'Armelle et de Philippe, mais il répondit tout de même à son baiser et ils oublièrent tout pendant un court moment. Armelle les regardait ahurie. Philippe toussota et Cédric reprit ses esprits.
— Philippe et Armelle sont là.
MarieClaude les regarda amicalement.
— Oh bonjour ! C'est gentil de passer me voir. Comment ça va ?
Armelle lui répondit doucement :
— C'est à toi qu'il faut le demander ma chérie.
— Très bien ! Elle réfléchit un court moment.
— Tu sais que je me suis cassé le pied ? Ça fait drôlement mal mais on va m'opérer.
— Je sais ma chérie. Je vais téléphoner à tes parents pour les mettre au courant.
— Ils vont être rudement inquiets. Il faudra que je les rassure.
Armelle était complètement décontenancée. MarieClaude avait l'air de prendre son accident avec autant de sérénité que si elle s'était simplement cassé un ongle. Quelque chose avait dû se passer pour qu'elle ait autant changé. Elle ne pouvait pas deviner que MarieClaude avait enfin pu confier la cause de ses tourments à celui qu'elle aimait et qui l'aimait.
— Bon ! Je téléphone à tes parents.
Elle composa le numéro de la villa. Ce fut Roger, le père de MarieClaude qui lui répondit.
— Bonjour Monsieur Roussel c'est Armelle.
— Bonjour Armelle ! MarieClaude a un problème ?
— Elle a eu un petit accident. Elle s'est fait mal en tombant.
— C'est grave ?
— Elle a une fracture du pied gauche. Il va falloir l'opérer.
— Vous êtes à l'hôpital ?
— Non ! Pas encore. On pensait l'amener à l'hôpital Purpan.
— Non ! Pas d'hôpital. Ce sont de vraies usines. Il faut l'amener à la Clinique de l'Union. C'est une clinique orthopédique qui prend des patients en urgence. Si vous avez un problème, vous demandez le professeur Morel et vous lui dites que MarieClaude est la fille de monsieur Roussel de Condom.
— D'accord !
— Souviens-toi : Le docteur Morel. Maintenant passe-moi ma fille.
Armelle passa le téléphone à MarieClaude.
— Ton papa veut te parler.
— Allô papa ? Comment vas-tu ?
— C'est de toi qu'il s'agit ma chérie, pas de moi. Qu'est ce qui t'est arrivé ? Ta maman est à côté de moi et j'ai mis le haut-parleur.
— On était à Andorre la Vieille et on allait prendre le car du retour. Une voiture à fait une embardée devant nous et j'ai eu peur. En reculant j'ai mis le pied dans un trou. On m'a fait une radio à l'hôpital et ils ont dit qu'il fallait m'opérer. On a préféré faire ça à Toulouse.
— Tu n'as pas trop mal ?
— J'ai moins mal que hier soir.
— Ma chérie on va avoir une semaine épouvantable. Un contrôle fiscal, des entretiens d'embauche et de gros clients du Nord de la France qui se déplacent spécialement. Aujourd'hui on est coincé. Demain on va s'arranger avec ta mère pour passer la journée avec toi, mais les autres jours on devra être à Condom.
— Ne t'en fais pas mon petit papa ça se passera très bien. Je suis sûre que tout le monde s'occupera très bien de moi.
— Je t'embrasse très fort et je te passe ta mère. Je t'aime.
La maman de MarieClaude prit le téléphone à son tour.
— Mon bébé ! Je t'aime. Je serai là demain matin. Je resterai tout le temps avec toi je te le promets. Et les autres jours je te téléphonerai.
Elle était en larmes.
— Ne pleure pas maman chérie. Je suis sûre que tout va bien se passer.
— Tu dis à Armelle qu'il faut qu'elle te prenne ton gros pull rouge. Je ne veux pas que tu prennes froid.
— Maman ! On est fin juin !
— On ne sait jamais ! Il faut aussi quelle t'amène tous tes sous-vêtements et des chemisiers. Demain je t'amènerai une dizaine de culottes, trois ou quatre soutiens gorges avec un autre pull. Le vert. Et puis j'irai t'acheter ce soir quelques chemises de nuit et deux ou trois jupes. Tu ne pourras pas porter de pantalon ni de pyjama. J'oublie certainement quelque chose.
— Je suis sûre que tu ne manqueras pas d'y penser.
— Ah oui ! Justement j'allais oublier. Il faut qu'elle t'amène tes affaires de toilette. Demain je t'en apporterai d'autres.
— Papa va râler.
— Je sais mais il fera ce que je lui dirai. Ma chérie il s'impatiente parce que nous sommes déjà en retard. Je t'embrasse tendrement.
— Au revoir maman chérie.
Elle raccrocha.
— Ou bien elle croit que j'en ai pour plusieurs mois, ou bien elle pense que je change de sous-vêtements cinq fois par jour.
— Bon ! dit Armelle. Je vais t'aider à faire un peu de toilette et puis je t'habillerai. A moins que tu préfères que ce soit Cédric.
MarieClaude rosit un peu.
— Il fait ça très bien mais je crois que je serais plus à l'aise si c'est toi.
— Lui aussi je crois.
Cédric intervint.
— Bon je vais préparer de quoi lui faire sa toilette à moins que tu préfères que je la transporte dans la salle de bains.
— Non ! Moins elle aura besoin de s'asseoir mieux ça vaudra, je pense. Il faudrait la porter d'abord aux toilettes. Je te rappellerai quand il faudra revenir la chercher.
— D'accord. Tu trouveras ses sous-vêtements sur un séchoir dans la salle de bains. Tu ne peux pas te tromper.
— Ah bon ? Pas possible ! Même le soutien-gorge ?
— Ce n'est pas la bonne taille.
Philippe intervint.
— Là j'ai l'impression que ça dérape un peu. Bon on vous laisse. Cédric il faudrait téléphoner à la clinique pour les prévenir.
— C'est ce que je m'apprêtais à faire. Je vais d'abord vérifier où c'est. J'ai un G.P.S. intégré dans mon smartphone et un autre dans la voiture, mais j'ai horreur de me laisser guider aveuglément sans savoir où je vais. Il regarda le plan sur son smartphone. C'est du bon côté assez près d'ici. Tu vois c'est tout près de l'autoroute vers Albi.
Cédric téléphona à la clinique et obtint rapidement les urgences. On lui répondit qu'il pouvait passer dès qu'il voulait.
— Si tu veux bien, Philippe, on prendra ma voiture avec MarieClaude et vous suivrez avec Armelle.
— Je crois que ce sera mieux si Armelle vient avec vous. Moi je suivrai seul.
— D'accord. Il n'y a plus qu'à attendre. Je vais prévenir mon chef de service que je serai absent aujourd'hui. J'ai des congés en retard. Il est presque huit heures. Il doit être déjà arrivé. C'est un lève-tôt.
Il téléphona à son supérieur et le prévint sobrement de son absence.
— J'ai l'impression que tu es bien accroché, remarqua Philippe.
— Je n'en reviens pas de la chance que j'ai. J'ai rencontré la femme de ma vie et elle veut bien de moi. J'espère que ce n'est pas seulement à cause de son pied.
Philippe sourit.
— Quand tu verras comment elle te regarde sur les photos tu seras totalement rassuré. Elle n'avait aucun problème de pied à ce moment-là. Tu sais vous êtes tous les deux très transparents à ce sujet. J'ai deviné qu'il y avait quelque chose entre vous dès hier matin.
— Elle est merveilleuse.
— Je suis heureux qu'il y ait eu au moins une personne pour s'en rendre compte. Même s'il n'y avait que cela, ça suffirait pour que je te considère comme un type bien. Tu la mérites.
— Merci Philippe. Je sais que tu es un type bien toi aussi. Armelle sera très heureuse avec toi. Tu la mérites toi aussi. Votre couple respire l'harmonie.
— Bon ! Il ne reste plus qu'à attendre ces dames.
Armelle avait entrepris d'habiller MarieClaude. Celle-ci était visiblement au septième ciel.
— Il m'a dit qu'il m'aimait Armelle. Tu te rends compte ? On se connaît depuis moins d'un mois et il m'a dit qu'il m'aimait.
Armelle en avait les larmes aux yeux tellement MarieClaude était émouvante.
— Cela s'appelle un coup de foudre ma chérie. Tu en es très éprise n'est-ce pas ?
— Je l'aime à la folie. Si tu savais comme il est gentil avec moi. Je ne pensais pas qu'on pouvait être aussi gentil. Enfin, je suis sûre que Philippe est très gentil lui aussi.
— Oui ! Je suis au courant figure toi.
Elle finit de l'habiller.
— Bon ! Je crois qu'on va pouvoir appeler les garçons.
Elle alla ouvrir la porte de la chambre.
— Elle est prête !
Cédric définit comment ils allaient s'organiser.
— Bien ! Philippe et moi on va l'installer dans l'Audi. Tu viendras avec elle et Philippe suivra avec sa voiture. Quand on sera arrivé vous pourrez aller chez elle pour y chercher ses affaires. Surtout n'oubliez pas le pull ! Sa maman vous en voudrait à mort. Moi je resterai avec elle.
— Tu ne vas pas au boulot ?
— Non ! J'ai prévenu mon supérieur que je prenais ma journée parce que ma fiancée devait se faire opérer. Je tiens à être à côté d'elle. Allez ma chérie ! Attrape-moi par le cou je vais te porter. Philippe peux-tu prendre mes clefs de voiture sur la table du séjour ainsi que mon portefeuille ? Armelle, s'il te plaît, pourras tu fermer la porte d'entrée, derrière nous ? Les clefs sont sur la porte. Il faudra faire deux tours.
Quelques minutes plus tard, MarieClaude était confortablement installée à l'arrière de l'Audi serrée contre Armelle. Cédric démarra et se dirigea vers la clinique, suivi de Philippe.
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Photo de profil de Frodon
Frodon
24 décembre 2025 à 07:29
Un accident malheureux , mais pour déboucher sur une déclaration d’amour mutuel qui vaut tous les analgésiques. On pourrait presque ne plus en vouloir au chauffard. Une histoire d’amour plus qu’une histoire de sexe, c’est rafraîchissant et agréable.
Merci
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Gubbe
1 septembre 2025 à 22:35
Bravo pour cette belle histoire d’amour trés envoutante
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Photo de profil de Ornix45
Ornix45
1 septembre 2025 à 19:06
Ça commence à se concrétiser entre eux deux.
Et merci pour ce chapitre.
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Photo de profil de Papou18
Papou18
1 septembre 2025 à 18:09
Quel plaisir de suivre cet amour naissant, où la beauté intérieure à toute sa place.
Vivement la suite.
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