Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cybèle et pourtant — Chapitre 22
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cybèle et pourtant
Chapitre 22
Faireparts
Les trois familles retournèrent finir la journée chez les Roussel. Catherine et Richard repartaient le lendemain matin tandis que Marielle et Christian restaient deux jours de plus à Condom, ce qui faciliterait la préparation du prochain mariage.
Cédric et MarieClaude se chargèrent de raccompagner Françoise à Auch. Pendant le trajet MarieClaude lui demanda malicieusement.
Cédric et MarieClaude se chargèrent de raccompagner Françoise à Auch. Pendant le trajet MarieClaude lui demanda malicieusement.
— Alors mamie ! Tu as fait connaissance du papa de Cédric et de Catherine ?
— Tais-toi ! J'ai eu la honte de ma vie. Elle les regarda soupçonneuse.
— Vous les aviez prévenus ?
— Tais-toi ! J'ai eu la honte de ma vie. Elle les regarda soupçonneuse.
— Vous les aviez prévenus ?
Cédric se mit à rire.
— Absolument pas ! J'ai été doublement méchant. Je n'ai pas prévenu mon père à ton sujet et je ne t'ai pas prévenue au sujet de Catherine.
— Qu'entends-tu par-là ?
— Cédric faillit lui répondre « Par-là, je n'entends pas grand-chose », mais se retint. C'était un peu vulgaire, même si cela s'accordait sans doute à ce que Françoise avait raconté à Catherine. Il répondit donc :
— Il faut savoir que Catherine a trois caractéristiques qui, conjuguées, peuvent parfois donner des résultats étonnants : Premièrement, elle prend tout au premier degré donc elle t'a cru. Deuxièmement elle n'est pas bégueule, donc tu ne l'as pas choquée. Troisièmement elle a le cœur sur la main et elle a voulu sincèrement t'aider.
— Je n'oserai plus jamais lui adresser la parole.
— Ne t'en fais pas ! Je lui expliquerai que tu as voulu faire une plaisanterie et tout se passera très bien. Je suis même sûr que vous devriez très bien vous entendre.
— Qu'entends-tu par-là ?
— Cédric faillit lui répondre « Par-là, je n'entends pas grand-chose », mais se retint. C'était un peu vulgaire, même si cela s'accordait sans doute à ce que Françoise avait raconté à Catherine. Il répondit donc :
— Il faut savoir que Catherine a trois caractéristiques qui, conjuguées, peuvent parfois donner des résultats étonnants : Premièrement, elle prend tout au premier degré donc elle t'a cru. Deuxièmement elle n'est pas bégueule, donc tu ne l'as pas choquée. Troisièmement elle a le cœur sur la main et elle a voulu sincèrement t'aider.
— Je n'oserai plus jamais lui adresser la parole.
— Ne t'en fais pas ! Je lui expliquerai que tu as voulu faire une plaisanterie et tout se passera très bien. Je suis même sûr que vous devriez très bien vous entendre.
Sur le chemin du retour, Cédric remarqua que MarieClaude avait un air tracassé.
— Quelque chose ne va pas ma chérie ?
— Je suis inquiète pour Sophie. Ce qu'elle a fait ne lui ressemble pas du tout.
— Je te répète que c'est sans doute qu'elle s'ennuyait.
— Mais non voyons ! C'est idiot ! Si elle s'ennuyait, elle aurait su trouver une excuse plausible pour s'en aller, mais, s'en aller comme une voleuse ne colle ni avec sa nature ni avec son éducation.
— A son éducation, je ne sais pas, mais à sa nature, excuse-moi mais tu sembles oublier ce qui s'est passé à sa soirée.
— Je suis inquiète pour Sophie. Ce qu'elle a fait ne lui ressemble pas du tout.
— Je te répète que c'est sans doute qu'elle s'ennuyait.
— Mais non voyons ! C'est idiot ! Si elle s'ennuyait, elle aurait su trouver une excuse plausible pour s'en aller, mais, s'en aller comme une voleuse ne colle ni avec sa nature ni avec son éducation.
— A son éducation, je ne sais pas, mais à sa nature, excuse-moi mais tu sembles oublier ce qui s'est passé à sa soirée.
MarieClaude se mit carrément en colère.
— Tu ne vas tout de même pas me ressortir ça à chaque fois que nous parlons de Sophie ! Ça commence à bien faire ! Sophie est mon amie et je l'aime beaucoup ! Ce n'est pas parce qu'elle a commis une erreur une fois que tu peux te permettre de la condamner comme ça !
La jeune fille avait les larmes aux yeux.
— C'est notre première dispute.
Cédric était bouleversé par cette réaction. Il n'avait jamais été dans ses intentions de blesser MarieClaude, mais, manifestement, il l'avait fait. Il essaya de comprendre.
— Je te prie de me pardonner, ma chérie. J'ai en effet tort de juger Sophie sur un fait isolé. C'est simplement que je ne supporte pas qu'on te fasse du mal.
— Je sais, mais Sophie à maintes occasions a été très gentille avec moi.
— Oui, je comprends. Je suppose que l'amitié que vous portiez chacune à Armelle vous a rapprochées.
— Qu'est-ce que tu entends par là ?
— Je veux dire que quand Armelle vous a présentées l'une à l'autre…
— Armelle ne m'a jamais présentée à Sophie ! C'est moi qui les présentées l'une à l'autre !
— Ça alors j'étais persuadé du contraire. Tu devrais me raconter comment cela s'est fait, ça m'évitera de dire n'importe quoi sur le sujet.
— C'est vrai que j'aurais pu t'en parler plus tôt. Bref, tout a commencé il y a trois ans quand je suis entrée aux beaux-arts. J'étais complètement perdue et j'avais un cafard pas possible. C'était la première fois que je quittais le cocon familial. En plus, je reconnais que je ne suis pas très débrouillarde. Je ne savais même pas comment acheter les tickets pour le restaurant universitaire. Les deux premiers jours, je me suis contentée d'un sandwich.
— Armelle n'était pas là ?
— Non ! elle avait d'abord voulu aller à Bordeaux. Ce n'est qu'au bout de deux mois qu'elle a changé d'école. Les formations proposées ne lui convenaient pas.
— Donc tu étais seule et perdue.
— C'est ça. C'est alors que Sophie est venue à mon aide. Elle m'avait remarquée et elle avait tout de suite compris que je ne m'en sortais pas. C'est donc elle qui m'a expliqué toutes les procédures et tous les trucs qui permettent de s'en sortir.
— Bref elle t'a mis le pied à l'étrier.
— Elle n'a pas fait que ça. Elle a remarqué très vite que je ne connaissais personne et que les gens avaient tendance à m'éviter. Elle a décidé de s'occuper quotidiennement de moi. Tous les jours, nous avons mangé ensemble au restaurant universitaire et, à chaque fois, elle m'a aidé à porter mon plateau. Même le week-end, elle s'arrangeait pour me consacrer du temps en m'amenant à la FNAC ou au cinéma. Je n'oublierai jamais ce qu'elle a fait pour moi.
— Et quand Armelle est arrivée ?
— J'étais avec Armelle ce jour-là quand Sophie est venue me chercher pour aller au restaurant universitaire. Au début elles se sont un peu regardées en chien de faïence. Armelle n'appréciait pas trop le style sophistiqué de Sophie. Mais quand je lui ai raconté combien Sophie avait été gentille avec moi ces deux premiers mois, elle a changé totalement d'opinion à son égard et elles sont devenues très copines à leur tour. On est devenues toutes les trois inséparables.
— Je ne voyais pas du tout Sophie comme ça. Elle est pleine de contradictions.
— D'un côté, il y a la Sophie enfant gâtée et habituée à ce que tout le monde soit à son service. D'un autre côté on a une Sophie généreuse et fidèle en amitié. Moi, je crois que la vraie Sophie c'est la deuxième. Et la deuxième ne va pas bien du tout.
— Le mieux, c'est le lui téléphoner quand nous serons à Toulouse. Elle te dira peut-être ce qui ne va pas.
— Je sais, mais Sophie à maintes occasions a été très gentille avec moi.
— Oui, je comprends. Je suppose que l'amitié que vous portiez chacune à Armelle vous a rapprochées.
— Qu'est-ce que tu entends par là ?
— Je veux dire que quand Armelle vous a présentées l'une à l'autre…
— Armelle ne m'a jamais présentée à Sophie ! C'est moi qui les présentées l'une à l'autre !
— Ça alors j'étais persuadé du contraire. Tu devrais me raconter comment cela s'est fait, ça m'évitera de dire n'importe quoi sur le sujet.
— C'est vrai que j'aurais pu t'en parler plus tôt. Bref, tout a commencé il y a trois ans quand je suis entrée aux beaux-arts. J'étais complètement perdue et j'avais un cafard pas possible. C'était la première fois que je quittais le cocon familial. En plus, je reconnais que je ne suis pas très débrouillarde. Je ne savais même pas comment acheter les tickets pour le restaurant universitaire. Les deux premiers jours, je me suis contentée d'un sandwich.
— Armelle n'était pas là ?
— Non ! elle avait d'abord voulu aller à Bordeaux. Ce n'est qu'au bout de deux mois qu'elle a changé d'école. Les formations proposées ne lui convenaient pas.
— Donc tu étais seule et perdue.
— C'est ça. C'est alors que Sophie est venue à mon aide. Elle m'avait remarquée et elle avait tout de suite compris que je ne m'en sortais pas. C'est donc elle qui m'a expliqué toutes les procédures et tous les trucs qui permettent de s'en sortir.
— Bref elle t'a mis le pied à l'étrier.
— Elle n'a pas fait que ça. Elle a remarqué très vite que je ne connaissais personne et que les gens avaient tendance à m'éviter. Elle a décidé de s'occuper quotidiennement de moi. Tous les jours, nous avons mangé ensemble au restaurant universitaire et, à chaque fois, elle m'a aidé à porter mon plateau. Même le week-end, elle s'arrangeait pour me consacrer du temps en m'amenant à la FNAC ou au cinéma. Je n'oublierai jamais ce qu'elle a fait pour moi.
— Et quand Armelle est arrivée ?
— J'étais avec Armelle ce jour-là quand Sophie est venue me chercher pour aller au restaurant universitaire. Au début elles se sont un peu regardées en chien de faïence. Armelle n'appréciait pas trop le style sophistiqué de Sophie. Mais quand je lui ai raconté combien Sophie avait été gentille avec moi ces deux premiers mois, elle a changé totalement d'opinion à son égard et elles sont devenues très copines à leur tour. On est devenues toutes les trois inséparables.
— Je ne voyais pas du tout Sophie comme ça. Elle est pleine de contradictions.
— D'un côté, il y a la Sophie enfant gâtée et habituée à ce que tout le monde soit à son service. D'un autre côté on a une Sophie généreuse et fidèle en amitié. Moi, je crois que la vraie Sophie c'est la deuxième. Et la deuxième ne va pas bien du tout.
— Le mieux, c'est le lui téléphoner quand nous serons à Toulouse. Elle te dira peut-être ce qui ne va pas.
Quand ils arrivèrent à Condom, Michèle avait préparé un repas froid. Il était constitué d'un ensemble de charcuteries et de foie gras. Il y avait en outre une énorme salade de riz, des légumes crus et un saumon froid en gelée. Chacun pouvait se servir ce qui lui plaisait. On n'attendait plus qu'eux. Hugo avait été couché dans la chambre de ses grands-parents et s'était endormi aussitôt. La journée avait été longue pour lui. Catherine félicita MarieClaude.
— Grace à toi Hugo a été sage toute la journée. Il y a vraiment quelque chose qui se passe entre vous.
Marielle intervint.
— Moi, je crois qu'il se passe quelque chose entre MarieClaude et les enfants. Vous comptez nous faire la joie d'en avoir combien ?
MarieClaude répondit tranquillement :
— J'aimerais bien en avoir quatre. Le premier naitra dans trois ans et ensuite j'en aurai un tous les deux ans.
— Et si tu as des jumeaux.
— Alors ça fera cinq.
— Au fait dit Marielle, j'ai amené les échantillons des faireparts. On pourra les regarder après le repas si vous voulez.
— Et si tu as des jumeaux.
— Alors ça fera cinq.
— Au fait dit Marielle, j'ai amené les échantillons des faireparts. On pourra les regarder après le repas si vous voulez.
A la fin du repas, elle monta chercher les échantillons dans la chambre où dormait Hugo. Ce dernier dormait à poings fermés et ne se réveilla pas. Elle redescendit et étala les sept échantillons sur une table. C'était très réussi. Les reproductions en miniature étaient magnifiques et les couleurs choisies pour les fonds étaient parfaitement adaptées. L'ensemble était très harmonieux. Cédric et MarieClaude étaient enchantés et Catherine et Richard très admiratifs. Michèle regarda les faireparts avec attention.
— C'est joli ces petits dessins ! Vous avez trouvé ça où ?
— Ce sont des reproductions d'œuvres de MarieClaude.
— Oh ! Mais tu sais que tu dessines bien ma chérie ! C'est très mignon. Tu as vu Roger comme ta fille dessine bien ?
— Ce sont des reproductions d'œuvres de MarieClaude.
— Oh ! Mais tu sais que tu dessines bien ma chérie ! C'est très mignon. Tu as vu Roger comme ta fille dessine bien ?
Roger regarda les faireparts et décréta d'un ton docte :
— J'aime bien les couleurs.
Benoît n'en pensait rien du tout. Il trouvait qu'on avait plus vite fait de téléphoner que d'envoyer un fairepart. Marielle, légèrement déstabilisée par la réaction des Roussel remballa les échantillons.
— Il ne nous reste plus qu'à décider des quantités et je ferai lancer la fabrication. Si je téléphone à mon artisan, il pourra vous envoyer les faireparts par colissimo et vous les aurez d'ici la fin de la semaine.
— On pourra les envoyer tout de suite. De toute façon, les personnes invitées sont déjà au courant et nous ont répondu par mail ou au téléphone.
— On pourra les envoyer tout de suite. De toute façon, les personnes invitées sont déjà au courant et nous ont répondu par mail ou au téléphone.
Vers dix heures du soir, Catherine et Richard décidèrent qu'il était l'heure de partir. Ils montèrent chercher Hugo qui dormait profondément et l'installèrent avec précautions sur son siège bébé. Ils dirent aurevoir à tout le monde et s'en allèrent. MarieClaude eut une petite larme.
— Il va me manquer.
Le lendemain matin, MarieClaude rejoignit Marielle sur la terrasse. Celle-ci lui demanda :
— Alors ? Tu es contente pour les faireparts ?
— Oh oui ! C'est très réussi et je suis très fière qu'on puisse voir des œuvres de moi. Je suis un peu vaniteuse tu ne trouves pas ?
— Mais non voyons ! Quand quelqu'un écrit un livre, c'est pour que d'autres le lisent. Quand un compositeur écrit une musique c'est pour qu'elle soit écoutée. Quand un peintre peint un tableau, c'est pour qu'il soit regardé. Si tu ne peignais que des œuvres que tu ne voudrais pas montrer, c'est qu'il y aurait un gros problème.
— Il y a un tableau que je ne montre pas.
— Oui et il correspond à un gros problème que tu as besoin d'évacuer avant de le montrer aux autres. Tu es une artiste et les artistes veulent être reconnus pour ce qu'ils sont.
— Tu crois que je suis une artiste ?
— Je crois même que tu vas devenir une grande artiste reconnue.
— Oh oui ! C'est très réussi et je suis très fière qu'on puisse voir des œuvres de moi. Je suis un peu vaniteuse tu ne trouves pas ?
— Mais non voyons ! Quand quelqu'un écrit un livre, c'est pour que d'autres le lisent. Quand un compositeur écrit une musique c'est pour qu'elle soit écoutée. Quand un peintre peint un tableau, c'est pour qu'il soit regardé. Si tu ne peignais que des œuvres que tu ne voudrais pas montrer, c'est qu'il y aurait un gros problème.
— Il y a un tableau que je ne montre pas.
— Oui et il correspond à un gros problème que tu as besoin d'évacuer avant de le montrer aux autres. Tu es une artiste et les artistes veulent être reconnus pour ce qu'ils sont.
— Tu crois que je suis une artiste ?
— Je crois même que tu vas devenir une grande artiste reconnue.
Marielle reprit :
— A propos de reconnaissance, tu n'as jamais montré tes tableaux à tes parents ?
— Non ! jamais.
— C'est dommage.
— Tu as vu comment ils ont réagi hier soir ? Ils sont ravis que je fasse quelque chose qui me plait, mais ne s'intéressent pas du tout à la peinture. Tu pourrais les amener dans le plus beau musée du monde, maman s'intéresserait au parquet et à la propreté des vitres et papa se renseignerait pour savoir s'il y a bon restaurant dans le coin.
— C'est un peu dur ce que tu dis.
— Mais non ! Je les adore. Ils ont d'énormes qualités. Simplement, la peinture ça n'est pas leur truc.
— Non ! jamais.
— C'est dommage.
— Tu as vu comment ils ont réagi hier soir ? Ils sont ravis que je fasse quelque chose qui me plait, mais ne s'intéressent pas du tout à la peinture. Tu pourrais les amener dans le plus beau musée du monde, maman s'intéresserait au parquet et à la propreté des vitres et papa se renseignerait pour savoir s'il y a bon restaurant dans le coin.
— C'est un peu dur ce que tu dis.
— Mais non ! Je les adore. Ils ont d'énormes qualités. Simplement, la peinture ça n'est pas leur truc.
Faux bond
En fin d'après-midi, Cédric et MarieClaude repartirent pour Toulouse. Le lendemain matin, Cédric avait une réunion importante qu'il ne pouvait manquer. En pénétrant dans le logement, MarieClaude s'exclama ravie :
— Enfin chez nous !
De fait, elle avait déjà imprimé sa marque sur le logement, déplaçant ou faisant déplacer par Cédric les quelques bibelots et les quelques gravures qu'il avait et posant en évidence les photos des membres de sa famille qui ne la quittaient jamais. Cédric avait accepté de bonne grâce ces quelques modifications. Elle ne lui avait d'ailleurs pas demandé son avis. Ils remirent le logement en route et MarieClaude alla dans la cuisine pour préparer le repas. Le réfrigérateur était vide, mais Michèle leur avait préparé un panier rempli de victuailles diverses qui leur laisserait le temps de le remplir à nouveau. Cédric était sur le point de vider les valises pour ranger leurs vêtements, mais MarieClaude l'interrompit.
— Ce n'est pas la peine pour l'instant. Je m'occuperai de ça demain. J'ai décidé de rester à la maison. Je vais faire du ménage et une ou deux machines à laver. Et puis de toute façon il faut que je réorganise complètement la penderie. C'est une vraie pagaille. Tu as vraiment besoin que je m'occupe de toi.
Le lendemain, quand Cédric se réveilla, MarieClaude était déjà levée et chantonnait dans « SA cuisine ». Une bonne odeur de café et de pain grillé finit de le réveiller et il se dirigea vers la cuisine. MarieClaude avait déjà tout préparé. Il n'avait plus qu'à s'asseoir. Elle lui servit un grand bol de café noir.
— Miel ou confiture ?
— Miel, mais je peux m'en occuper moi-même.
— Ça me fait plaisir. Et puis il faut que tu sois en forme pour ta réunion.
— Miel, mais je peux m'en occuper moi-même.
— Ça me fait plaisir. Et puis il faut que tu sois en forme pour ta réunion.
Elle déjeuna rapidement d'un thé et d'une biscotte et se leva.
— Bon ! Je vais aller te préparer ton costume d'été. Je te sors une chemise blanche et ta cravate marron.
Elle disparut dans la chambre en se remettant à chanter. Cédric était partagé entre un léger sentiment de culpabilité et le plaisir de se faire gâter. Manifestement, MarieClaude, si elle ne ressemblait pas à sa mère physiquement, avait hérité de Michèle son tempérament « Mère poule ». Après avoir pris son petit déjeuner, il se rendit dans la salle de bain. Il se rasa soigneusement et prit une douche avant de revenir dans le séjour. MarieClaude avait replié la banquette et s'efforçait vainement de la remettre à sa place.
— Ah non ! Quand même pas ! Tu vas t'esquinter. C'est beaucoup trop lourd pour toi.
— C'est vrai que c'est plus difficile que je l'avais imaginé, répondit MarieClaude contrite.
— Je suis très content que tu veuilles t'occuper de ton foyer, mais c'est d'une épouse dont j'ai besoin ; pas d'une esclave.
— C'est vrai que c'est plus difficile que je l'avais imaginé, répondit MarieClaude contrite.
— Je suis très content que tu veuilles t'occuper de ton foyer, mais c'est d'une épouse dont j'ai besoin ; pas d'une esclave.
Un petit quart d'heure plus tard, Cédric s'en alla après avoir dit tendrement au revoir à MarieClaude. Il était en pleine forme. Il n'avait jamais encore passé d'aussi merveilleuses vacances. Sa réunion se passa très bien et il put se remettre immédiatement « dans le bain ». Néanmoins, à midi, il fut ravi de rentrer pour passer une petite heure avec « sa presque épouse ». Quand il pénétra dans l'appartement, il fut un peu surpris de ne pas être accueilli par celle-ci. L'appartement semblait propre et bien rangé, mais le silence régnait. Un peu inquiet, il appela :
— C'est moi !
Personne ne répondit. Il se rendit à grands pas dans le séjour. MarieClaude, effondrée sur la banquette, sanglotait en silence. Complètement affolé, il se précipita vers elle.
— Ma chérie ! Que se passe-t-il ?
Elle le regarda le visage ravagé par les larmes.
— Sophie ne viendra pas à notre mariage.
Le premier réflexe de Cédric fut de se dire : Ah bon ! Ce n'est que ça ! Mais il savait maintenant que Sophie était quelqu'un de très important pour MarieClaude. Il la prit sur ses genoux et, tout en la berçant, lui demanda.
— Elle est malade ?
— Non, elle n'est pas malade, enfin je ne crois pas.
— Qu'est-ce qu'elle a alors ?
— Elle ne veut pas venir. Elle ne veut pas être mon témoin.
— Non, elle n'est pas malade, enfin je ne crois pas.
— Qu'est-ce qu'elle a alors ?
— Elle ne veut pas venir. Elle ne veut pas être mon témoin.
Cédric était stupéfait. Sophie avait bien des défauts, mais tout de même, refuser d'aller au mariage d'une de ses meilleures amies ne lui ressemblait pas. Et surtout, refuser d'être témoin était particulièrement blessant.
— Mais ? elle t'a donné ses raisons ?
— Oui.
— Et alors ?
— Je ne sais pas comment te le dire.
— Vas-y carrément. Elle désapprouve notre mariage ? Je croyais qu'elle m'aimait bien.
— Elle ne t'aime pas bien. Elle t'aime tout court.
— Oui.
— Et alors ?
— Je ne sais pas comment te le dire.
— Vas-y carrément. Elle désapprouve notre mariage ? Je croyais qu'elle m'aimait bien.
— Elle ne t'aime pas bien. Elle t'aime tout court.
MarieClaude s'était activée toute la matinée et avait réussi à réaliser toutes les taches qui faisaient partie du programme qu'elle s'était fixé. Elle avait nettoyé, lavé, rangé et avait préparé le repas. Comme elle avait fini plus tôt que prévu, elle avait décidé de téléphoner à Sophie pour prendre de ses nouvelles.
— Sophie ? Je suis contente de t'avoir au téléphone. Comme tu es partie en coup de vent samedi, je me demandais si tu allais bien.
— Eh bien tu vois, il y a parfois des gens qui partent sans dire au revoir. Je me souviens même d'une personne qui a fait ça récemment à une soirée que je donnais.
— Mais, balbutia MarieClaude au bord des larmes, je m'étais faite insulter !
— Et alors ? Tu n'es peut-être pas la seule.
— Quelqu'un t'a insultée ?
— Oui ! C'est tout ce bonheur étalé devant moi qui a été une insulte pendant toute la journée.
— Je ne comprends pas.
— Si tu ne comprends pas, ce n'est pas à moi de t'expliquer.
— Sophie ! Je suis ton amie. Dis-moi ce qui ne va pas.
— Rien. Tout va bien. Tout va très bien.
— Tu ne veux pas qu'on se voie ?
— Ça ne me parait pas utile pour l'instant.
— J'aimerais tout de même te voir avant mon mariage.
— Je ne viendrai pas à ton mariage.
— Quoi ? Sophie tu ne peux pas me faire ça !
— Oh si ! Je peux te faire ça.
— Mais enfin pourquoi ? Tu n'es pas contente que j'épouse le garçon que j'aime ?
— Non ! Je ne suis pas contente. Je ne suis même pas contente du tout.
— Mais enfin pourquoi ?
— Parce que je l'aime moi aussi espèce d'idiote.
— Eh bien tu vois, il y a parfois des gens qui partent sans dire au revoir. Je me souviens même d'une personne qui a fait ça récemment à une soirée que je donnais.
— Mais, balbutia MarieClaude au bord des larmes, je m'étais faite insulter !
— Et alors ? Tu n'es peut-être pas la seule.
— Quelqu'un t'a insultée ?
— Oui ! C'est tout ce bonheur étalé devant moi qui a été une insulte pendant toute la journée.
— Je ne comprends pas.
— Si tu ne comprends pas, ce n'est pas à moi de t'expliquer.
— Sophie ! Je suis ton amie. Dis-moi ce qui ne va pas.
— Rien. Tout va bien. Tout va très bien.
— Tu ne veux pas qu'on se voie ?
— Ça ne me parait pas utile pour l'instant.
— J'aimerais tout de même te voir avant mon mariage.
— Je ne viendrai pas à ton mariage.
— Quoi ? Sophie tu ne peux pas me faire ça !
— Oh si ! Je peux te faire ça.
— Mais enfin pourquoi ? Tu n'es pas contente que j'épouse le garçon que j'aime ?
— Non ! Je ne suis pas contente. Je ne suis même pas contente du tout.
— Mais enfin pourquoi ?
— Parce que je l'aime moi aussi espèce d'idiote.
Sur ce, Sophie avait raccroché brutalement.
En entendant ce récit, Cédric fut à la fois stupéfait et consterné. MarieClaude se tordait les mains de désespoir.
En entendant ce récit, Cédric fut à la fois stupéfait et consterné. MarieClaude se tordait les mains de désespoir.
— Qu'est-ce que je peux faire pour que ça s'arrange ? Qu'est-ce que je peux faire ?
Cédric lui répondit d'une voix douce.
— Tu ne peux rien faire car tu n'es absolument pour rien dans cette histoire.
— Mais c'est à cause de moi que tu n'as pas voulu d'elle !
— Absolument pas. Je n'aurais jamais pu construire quelque chose de durable avec elle. Écoute ma chérie, j'ai compris que Sophie a des problèmes et qu'elle n'est pas très heureuse. Je compatis car j'ai de l'amitié pour elle. Mais, si elle est amoureuse de moi, c'est un problème qu'elle seule peut résoudre. Tout ce que nous pouvons faire, c'est de rester disponibles pour elle pour le jour où, je l'espère, elle se rapprochera à nouveau de nous.
— Tu me conseilles de ne rien faire ?
— Il y a une chose que tu peux faire. C'est lui envoyer un courrier ou un mail pour lui dire que tu l'aimes toujours. Ça n'est pas grand-chose, mais parfois un petit geste peut avoir beaucoup d'importance.
— Tu as sans doute raison. Je vais lui envoyer un mail.
— En tout cas, il faut que tu sois convaincue d'une chose : Personne n'a le droit de gâcher notre mariage. Je suis peut-être égoïste mais, pour moi, notre bonheur est plus important que celui des autres. C'est une question de priorité.
— Mais c'est à cause de moi que tu n'as pas voulu d'elle !
— Absolument pas. Je n'aurais jamais pu construire quelque chose de durable avec elle. Écoute ma chérie, j'ai compris que Sophie a des problèmes et qu'elle n'est pas très heureuse. Je compatis car j'ai de l'amitié pour elle. Mais, si elle est amoureuse de moi, c'est un problème qu'elle seule peut résoudre. Tout ce que nous pouvons faire, c'est de rester disponibles pour elle pour le jour où, je l'espère, elle se rapprochera à nouveau de nous.
— Tu me conseilles de ne rien faire ?
— Il y a une chose que tu peux faire. C'est lui envoyer un courrier ou un mail pour lui dire que tu l'aimes toujours. Ça n'est pas grand-chose, mais parfois un petit geste peut avoir beaucoup d'importance.
— Tu as sans doute raison. Je vais lui envoyer un mail.
— En tout cas, il faut que tu sois convaincue d'une chose : Personne n'a le droit de gâcher notre mariage. Je suis peut-être égoïste mais, pour moi, notre bonheur est plus important que celui des autres. C'est une question de priorité.
MarieClaude se serra contre lui.
— Ma priorité, c'est toi. C'est toi que je choisis.
— Merci ma chérie. Mais pour l'instant je te rappelle que c'est elle qui a choisi de rompre.
— C'est vrai que j'ai peut-être le défaut de manquer de recul en amitié.
— Ce n'est pas un défaut. Mais ça peut parfois être un handicap.
— Merci ma chérie. Mais pour l'instant je te rappelle que c'est elle qui a choisi de rompre.
— C'est vrai que j'ai peut-être le défaut de manquer de recul en amitié.
— Ce n'est pas un défaut. Mais ça peut parfois être un handicap.
Petit à petit, la détresse de MarieClaude s'était transformée en simple tristesse. Elle était trop heureuse pour ne pas relativiser ce qui s'était passé. Après tout, Sophie n'était ni malade ni en danger. Les choses finiraient fatalement par s'arranger avec le temps. Elle conclut, fataliste :
— Finalement, j'aurai seulement deux témoins à mon mariage.
Après le repas, Cédric qui s'apprêtait à repartir s'inquiéta.
— Tu es sûre que ça ira cet après-midi ?
— Ne t'en fais pas. J'ai encore de l'occupation. Il faut que je fasse un peu de couture et puis j'irai faire un tour à l'église pour faire une prière à l'intention de Sophie.
— Ne t'en fais pas. J'ai encore de l'occupation. Il faut que je fasse un peu de couture et puis j'irai faire un tour à l'église pour faire une prière à l'intention de Sophie.
Après le départ de Cédric, MarieClaude lava rapidement la vaisselle, l'essuya et la rangea. Elle sortit ensuite sa trousse à couture qu'elle emportait toujours avec elle. En réorganisant la penderie de la chambre, elle avait examiné les vêtements de Cédric et s'était aperçue que certains boutons menaçaient de se détacher et qu'il y avait deux ou trois accrocs à ses vêtements de sport.
— Ah ces hommes !
Une fois ses travaux de couture terminés, elle sortit pour se rendre à la paroisse Saint Joseph qui se trouvait dans le quartier de la côte pavée. Celle-ci n'était pas très proche et elle dut prendre un bus pour s'en rapprocher. Une fois arrivée, elle mit sa mantille et alla s'agenouiller sur un banc près du chœur. Cette mantille était devenue très importante pour elle car elle était un symbole de foi et d'humilité. Les gens devaient la trouver un peu ridicule, mais elle n'en avait cure. Pendant qu'elle priait, le curé de la paroisse qui avait à faire à l'église ce jour-là l'observait avec curiosité tout en s'occupant de ce qu'il avait à faire. Il n'avait guère l'habitude de trouver autant de piété sans ostentation chez une si jeune femme. Au moment où elle terminait sa prière, MarieClaude aperçut le prêtre et se dirigea vers lui.
— Bonjour mon père.
— Bonjour mon enfant. Je ne crois pas vous avoir déjà vue dans notre église. Je m'en souviendrais.
— C'est la première fois que je viens. Jusqu'ici j'habitais trop loin, mais j'ai déménagé pour m'installer chez mon fiancé.
— Bonjour mon enfant. Je ne crois pas vous avoir déjà vue dans notre église. Je m'en souviendrais.
— C'est la première fois que je viens. Jusqu'ici j'habitais trop loin, mais j'ai déménagé pour m'installer chez mon fiancé.
Le prêtre se rembrunit un peu.
— Auriez-vous commis, votre fiancé et vous, un péché dont vous souhaiteriez vous confesser ?
MarieClaude devint écarlate.
— Oh non mon père ! Je n'ai jamais commis le péché de la chair ! Je suis encore vierge.
— Alors, peut-être souhaitez-vous un conseil ?
— C'est cela.
— Je vous écoute.
— Je dois me marier bientôt. J'avais demandé à une amie d'être témoin à mon mariage. Elle vient de m'annoncer qu'elle n'y assisterait pas.
— Elle vous a dit pourquoi ?
— Oui. Elle est amoureuse de mon fiancé.
— Elle vous en veut ?
— Alors, peut-être souhaitez-vous un conseil ?
— C'est cela.
— Je vous écoute.
— Je dois me marier bientôt. J'avais demandé à une amie d'être témoin à mon mariage. Elle vient de m'annoncer qu'elle n'y assisterait pas.
— Elle vous a dit pourquoi ?
— Oui. Elle est amoureuse de mon fiancé.
— Elle vous en veut ?
MarieClaude murmura.
— Je crois. Elle ne veut plus me voir et elle m'a dit des choses qui m'ont fait de la peine parce qu'elle est malheureuse. C'est pour cela que j'ai voulu faire une prière pour que Dieu l'aide dans sa détresse.
— Est-ce qu'elle a la foi ?
— Elle est catholique, mais je ne crois pas qu'elle pratique.
— Alors elle a particulièrement besoin de vos prières. Puisque vous le demandez avec sincérité, Dieu ne manquera pas de l'aider … et de lui pardonner.
— Lui pardonner, mon Père ? Quel péché ?
— Le péché d'envie mon enfant.
— Alors, je vais prier à nouveau.
— Comment se nomme votre amie ?
— Sophie.
— Eh bien je l'inclurai dans les intentions de prières de la messe de samedi soir.
— Je vous remercie mon père.
— Dieu aime les âmes pures mon enfant.
— Est-ce qu'elle a la foi ?
— Elle est catholique, mais je ne crois pas qu'elle pratique.
— Alors elle a particulièrement besoin de vos prières. Puisque vous le demandez avec sincérité, Dieu ne manquera pas de l'aider … et de lui pardonner.
— Lui pardonner, mon Père ? Quel péché ?
— Le péché d'envie mon enfant.
— Alors, je vais prier à nouveau.
— Comment se nomme votre amie ?
— Sophie.
— Eh bien je l'inclurai dans les intentions de prières de la messe de samedi soir.
— Je vous remercie mon père.
— Dieu aime les âmes pures mon enfant.
Lorsque Cédric revint le soir, il retrouva une MarieClaude apaisée et sereine.
— Tu as l'air d'aller mieux, ce soir.
— Oui. Je suis allée prier pour Sophie. J'ai parlé au curé qui était présent. Il m'a dit de prier pour que Dieu l'aide et lui pardonne le péché d'envie qu'elle commet. Je n'avais pas pensé qu'elle avait commis un péché.
— Le curé a raison. Elle n'a pas choisi d'être malheureuse, mais elle a choisi d'être méchante. Il est normal que tu demandes à Dieu de lui pardonner, même si toi tu l'as déjà fait.
— Il m'a dit que samedi soir pour la messe, il ajouterait Sophie aux intentions de prière.
— Je suppose que tu voudras y être.
— Oui !
— Bon ! On va téléphoner à tes parents pour leur dire qu'on n'ira pas à Condom pour le week-end. A moins que tu veuilles y aller dimanche matin.
— Ça n'en vaut pas vraiment la peine et puis il faudra qu'ils admettent qu'on n'ira pas les voir tous les week-ends. D'ailleurs, pendant les années scolaires je n'y allais pas toutes les semaines. On aura souvent des choses à faire le samedi. A propos de choses à faire, je te rappelle que le frigo est vide. Il faudrait qu'on aille au supermarché.
— Pendant qu'on y est on va aller directement au centre commercial pour aller acheter un grand lit.
— Oui. Je suis allée prier pour Sophie. J'ai parlé au curé qui était présent. Il m'a dit de prier pour que Dieu l'aide et lui pardonne le péché d'envie qu'elle commet. Je n'avais pas pensé qu'elle avait commis un péché.
— Le curé a raison. Elle n'a pas choisi d'être malheureuse, mais elle a choisi d'être méchante. Il est normal que tu demandes à Dieu de lui pardonner, même si toi tu l'as déjà fait.
— Il m'a dit que samedi soir pour la messe, il ajouterait Sophie aux intentions de prière.
— Je suppose que tu voudras y être.
— Oui !
— Bon ! On va téléphoner à tes parents pour leur dire qu'on n'ira pas à Condom pour le week-end. A moins que tu veuilles y aller dimanche matin.
— Ça n'en vaut pas vraiment la peine et puis il faudra qu'ils admettent qu'on n'ira pas les voir tous les week-ends. D'ailleurs, pendant les années scolaires je n'y allais pas toutes les semaines. On aura souvent des choses à faire le samedi. A propos de choses à faire, je te rappelle que le frigo est vide. Il faudrait qu'on aille au supermarché.
— Pendant qu'on y est on va aller directement au centre commercial pour aller acheter un grand lit.
MarieClaude rosit légèrement mais rajouta :
— Oui, mais, dans ce cas, il faudra aussi acheter des draps et un dessus de lit.
— Tu oublies la couverture.
— C'est moins urgent. On pourra la commander sur catalogue. Mais comment on va faire pour le transport du lit ?
— On ne va pas le transporter nous-mêmes. On va se faire livrer samedi.
— On peut choisir le jour ?
— Oui, moyennant un supplément.
— Qu'est-ce qu'on fera du petit lit ?
— Il est démontable. On le mettra à la cave avec le matelas en attendant.
— Tu oublies la couverture.
— C'est moins urgent. On pourra la commander sur catalogue. Mais comment on va faire pour le transport du lit ?
— On ne va pas le transporter nous-mêmes. On va se faire livrer samedi.
— On peut choisir le jour ?
— Oui, moyennant un supplément.
— Qu'est-ce qu'on fera du petit lit ?
— Il est démontable. On le mettra à la cave avec le matelas en attendant.
Ils se rendirent au centre commercial et commandèrent le lit et le matelas. Ils allèrent ensuite acheter les draps et le couvre-lit. Ils terminèrent par les courses au supermarché. Ils rentrèrent ensuite pour ranger leurs achats, puis, comme il était un peu tard pour faire la cuisine, allèrent diner au « Bistrot du matou ».
Le jeudi soir suivant, Cédric téléphona à ses parents pour savoir si leur séjour à Condom s'était bien passé. Il eut son père au téléphone. Ce dernier lui confirma que tout c'était bien passé.
Le jeudi soir suivant, Cédric téléphona à ses parents pour savoir si leur séjour à Condom s'était bien passé. Il eut son père au téléphone. Ce dernier lui confirma que tout c'était bien passé.
— Avec Roger, nous avons été choisir le lieu de la réception pendant que vos mères dressaient la liste des invités. Ensuite, nous les avons amenées sur le site pour qu'elles fassent les plans de tables. Donc tout va bien en dehors du fait qu'il va nous falloir nous mettre au régime ta mère et moi.
— Qu'est-ce qui me restera à faire ?
— Je pense que ce serait bien que le six septembre tu viennes à votre mariage. N'oublie pas d'amener MarieClaude. Plus sérieusement, Roger tient absolument à s'occuper de tout. Il veut que le mariage de MarieClaude soit parfait.
— Elle est à côté de moi et elle t'entend.
— Bonjour MarieClaude.
— Bonjour Christian.
— Tu sais, tu as des parents qui t'adorent, en particulier ton papa. Tu lui demanderais d'escalader l'Everest, il le ferait.
— C'est pour ça que je ne lui demanderai jamais.
— C'était une image.
— Je l'ai bien compris, mais ce que je veux dire moi, c'est que je ne lui demanderai jamais quelque chose qu'il n'oserait pas me refuser. (Elle regarda Cédric malicieusement) Cédric est le seul à qui je fais ça.
— Et ça marche ?
— Bien sûr.
— Qu'est-ce qui me restera à faire ?
— Je pense que ce serait bien que le six septembre tu viennes à votre mariage. N'oublie pas d'amener MarieClaude. Plus sérieusement, Roger tient absolument à s'occuper de tout. Il veut que le mariage de MarieClaude soit parfait.
— Elle est à côté de moi et elle t'entend.
— Bonjour MarieClaude.
— Bonjour Christian.
— Tu sais, tu as des parents qui t'adorent, en particulier ton papa. Tu lui demanderais d'escalader l'Everest, il le ferait.
— C'est pour ça que je ne lui demanderai jamais.
— C'était une image.
— Je l'ai bien compris, mais ce que je veux dire moi, c'est que je ne lui demanderai jamais quelque chose qu'il n'oserait pas me refuser. (Elle regarda Cédric malicieusement) Cédric est le seul à qui je fais ça.
— Et ça marche ?
— Bien sûr.
Cédric contemplait MarieClaude d'un air béat. Plus ça allait plus il était subjugué. Elle avait beaucoup de qualités, mais en plus, ces qualités étaient poussées à l'extrême. Elle était extrêmement intelligente en même temps qu'extrêmement modeste, extrêmement artiste en en même temps extrêmement pédagogue. Elle était extrêmement pieuse en même temps qu'extrêmement tolérante. Et, surtout, après toutes les épreuves qu'elle avait endurées, elle avait une capacité d'aimer hors du commun. Il se sentait tout petit à côté d'elle. Comment ne pas l'aimer ? Christian reprit :
— A propos, j'ai une nouvelle à vous apprendre. Je vais prendre ma retraite à la fin de l'année.
— Je croyais que tu ne devais la prendre que dans deux ans.
— C'est vrai, mais je n'ai pas vraiment le choix. Air France va fermer ses bureaux de province et concentrer toutes ses activités en région parisienne.
— Tu n'es pas employé par l'aéroport de Nice ?
— Non ! Je travaille à l'aéroport, mais pour Air France. Comme je ne veux pas remettre en cause notre vie à Èze et la boutique de ta mère, j'ai demandé à bénéficier d'un licenciement à des conditions très intéressantes : Pendant deux ans, Air France complètera ma retraite civile à concurrence de mon salaire actuel et me permet de continuer à bénéficier des avantages consentis pour les déplacements en avion.
— Tu ne vas pas t'ennuyer ?
— Non ! Je vais m'occuper de toute la gestion de la boutique. Marielle se concentrera sur la partie artistique et moi sur la partie financière et contractuelle. C'est de toute façon ce que nous comptions faire dans deux ans.
— Tu ne vas pas regretter ton poste ?
— Tu sais, quand on est à deux ans de la retraite, on pense autant à celle-ci qu'au travail.
— Je croyais que tu ne devais la prendre que dans deux ans.
— C'est vrai, mais je n'ai pas vraiment le choix. Air France va fermer ses bureaux de province et concentrer toutes ses activités en région parisienne.
— Tu n'es pas employé par l'aéroport de Nice ?
— Non ! Je travaille à l'aéroport, mais pour Air France. Comme je ne veux pas remettre en cause notre vie à Èze et la boutique de ta mère, j'ai demandé à bénéficier d'un licenciement à des conditions très intéressantes : Pendant deux ans, Air France complètera ma retraite civile à concurrence de mon salaire actuel et me permet de continuer à bénéficier des avantages consentis pour les déplacements en avion.
— Tu ne vas pas t'ennuyer ?
— Non ! Je vais m'occuper de toute la gestion de la boutique. Marielle se concentrera sur la partie artistique et moi sur la partie financière et contractuelle. C'est de toute façon ce que nous comptions faire dans deux ans.
— Tu ne vas pas regretter ton poste ?
— Tu sais, quand on est à deux ans de la retraite, on pense autant à celle-ci qu'au travail.
Le samedi suivant, vers onze heures, on sonna à la porte de l'appartement. C'était le lit qui arrivait, accompagné de son matelas. Cédric avait déjà démonté l'ancien et l'avait descendu à la cave. Le temps de déballer le tout et, un quart d'heure plus tard, les livreurs étaient repartis. Ils déballèrent une paire de draps et le dessus de lit et firent ensemble le lit. MarieClaude avait eu un petit pincement au cœur quand Cédric avait démonté l'ancien lit. C'était là qu'elle avait dormi la nuit de son accident et cela avait été pour elle un moment très émouvant malgré la douleur.
A dix-huit heures, ils étaient à l'église Saint Joseph pour assister à la messe du samedi soir. Ils s'étaient mis au premier rang de sorte que le curé reconnut tout de suite MarieClaude. La présence de ces deux jeunes gens lui fit chaud au cœur. Toulouse n'était pas une ville très religieuse et la présence de jeunes couples était de moins en moins fréquente. Il n'oublia pas Sophie dans les intentions de prières.
A dix-huit heures, ils étaient à l'église Saint Joseph pour assister à la messe du samedi soir. Ils s'étaient mis au premier rang de sorte que le curé reconnut tout de suite MarieClaude. La présence de ces deux jeunes gens lui fit chaud au cœur. Toulouse n'était pas une ville très religieuse et la présence de jeunes couples était de moins en moins fréquente. Il n'oublia pas Sophie dans les intentions de prières.
— Nous prions aussi pour Sophie, Seigneur, afin que, dans ton infinie bonté, tu lui pardonne ses erreurs et apporte l'apaisement à son âme blessée.
De grosses larmes coulaient des yeux de MarieClaude. Cédric lui serrait la main avec tendresse sous le regard compatissant du prêtre. Elle était profondément blessée par la dureté des paroles de celle qu'elle continuait à considérer comme son amie.
A la fin de la cérémonie religieuse, elle alla remercier le curé. Elle avait aussi quelque chose à lui demander.
A la fin de la cérémonie religieuse, elle alla remercier le curé. Elle avait aussi quelque chose à lui demander.
— Serait-il possible de participer à des séances de préparation au mariage dans la paroisse ?
— Où vous mariez-vous ?
— A Condom.
— Vous n'avez pas la possibilité de participer à des séances à Condom ?
— Non malheureusement. Aucune séance n'a été programmée avant la mi-septembre or nous nous marions le six.
— Dans ce cas, je peux vous inscrire pour mercredi prochain et le suivant. C'est à dix-neuf heures trente. L'heure de fin dépend des participants.
— Où ont lieu les réunions ?
— Ici même. Nous disposons d'une petite salle de réunion à côté du presbytère.
— C'est vraiment très aimable à vous. Nous ne savions pas comment résoudre notre problème.
— Vous savez, ces réunions sont des échanges. Vous apporterez surement aux autres autant que vous recevrez d'eux.
— Où vous mariez-vous ?
— A Condom.
— Vous n'avez pas la possibilité de participer à des séances à Condom ?
— Non malheureusement. Aucune séance n'a été programmée avant la mi-septembre or nous nous marions le six.
— Dans ce cas, je peux vous inscrire pour mercredi prochain et le suivant. C'est à dix-neuf heures trente. L'heure de fin dépend des participants.
— Où ont lieu les réunions ?
— Ici même. Nous disposons d'une petite salle de réunion à côté du presbytère.
— C'est vraiment très aimable à vous. Nous ne savions pas comment résoudre notre problème.
— Vous savez, ces réunions sont des échanges. Vous apporterez surement aux autres autant que vous recevrez d'eux.
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Commentaires ()
cette histoire fait référence à des valeurs que je respecte et qui font trop défauts aujourd'hui
Tout se passe de nos jours sauf les mentalités qui sont d'une autre époque. 🫠
Du coup, on se prend à rêver... 🥹 à ce qui aurait pu être 💭