Fiction
Hétéro
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Cybèle et pourtant — Chapitre 26
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Cybèle et pourtant
Chapitre 26
Valentin
Le lendemain soir, dans la voiture qui les ramenait à Toulouse, Cédric et MarieClaude commentèrent les évènements du week-end.
— J'avoue que j'ai été un peu surpris au début par Simona, mais finalement je trouve que c'est une fille très sympathique. Un peu brute de fonderie, mais très sympa. Elle a l'air d'être bien dans sa peau. J'ai l'impression que vous n'avez pas mal sympathisé toutes les deux.
— Oui, on a beaucoup échangé pendant votre absence. C'est une fille formidable. Mais, contrairement à ce que tu penses, elle n'est pas du tout bien dans sa peau.
— Tu m'étonnes un peu, je l'avoue. Elle n'a pas arrêté de rire et de plaisanter.
— Tu es certain qu'elle a ri tout le temps ?
— Il y a bien eu l'épisode des plateaux. J'ai l'impression qu'elle est très protectrice. Elle avait l'air vraiment en colère.
— Ce que personne n'a remarqué, c'est qu'elle était au bord des larmes.
— Tu en es certaine ?
— J'en suis d'autant plus certaine que, pendant votre absence elle a fondu en larmes.
— Naturellement elle s'est confiée à toi ? Qu'est-ce qui lui arrive ?
— Elle vit un drame épouvantable. Elle a un petit frère qui, suite à un accident, a perdu l'usage de ses jambes et qui souffre énormément. Elle va le voir presque tous les jours, et bientôt elle devra aussi s'occuper de lui le week-end. Manifestement ses parents sont en train de craquer et ne peuvent plus ou ne veulent plus s'en occuper. Elle est complètement coincée. Comme elle adore son petit frère, il est hors de question pour elle de le laisser tomber, mais, si elle doit s'occuper de lui tout le temps, elle n'arrivera pas à terminer ses études.
— Qu'en pense Benoît ?
— Il ne sait même pas qu'elle a un frère.
— Pourquoi le lui a-t-elle caché ?
— Je ne sais pas. Elle a sûrement peur de le faire fuir.
— Je ne pense pas que Benoît fuirait.
— Sans doute, mais avec ses airs de se ficher de tout, il n'attire pas les confidences de ce genre.
— Tu ne peux pas lui dire ce qui se passe ?
— Je trouve qu'il doit se comporter de manière telle qu'elle lui en parle spontanément. Tu n'es pas d'accord ?
— Sur le principe, tu as raison, mais là, il me semble qu'il y a urgence. Elle est en train de se noyer. On ne peut pas attendre tranquillement que Benoît ait appris à fabriquer tout seul une bouée. Si tu veux, je peux me charger de lui en parler.
— Non ! C'est à moi que Simona a raconté le drame qui les frappe et Benoît est mon frère. Mais tu as raison. Si le week-end prochain je me rends compte qu'elle ne lui a rien dit, je le ferai.
— Si ça se trouve, elle compte sur toi.
— C'est possible. En tout cas, je réalise la chance que j'ai d'avoir pu si facilement me confier à toi.
— Tu sais que je suis très fier que tu l'aie fait ?
— Tu peux l'être mon chéri. J'ai tout de suite senti que je pouvais te faire confiance. En attendant, j'ai décidé d'aller voir Valentin à Purpan jeudi après-midi au lieu d'aller aux beaux-arts.
— Valentin c'est le prénom du gamin ?
— Oui ! J'aimerai m'occuper un peu de lui.
— Simona est d'accord ?
— Le jeudi, elle ne peut pas aller le voir, alors elle ne demande que ça.
— C'est vraiment bien de ta part.
— Tu me vois aller prier à l'église alors que je ne suis même pas capable d'aider un pauvre gosse ?
— Tu sais, quand on emménagera dans notre maison, au départ on aura plein de pièces qui ne serviront à rien. On pourrait peut-être en aménager une pour lui. Il pourrait venir de temps en temps le week-end.
— Pourquoi pas. Mais il faut d'abord que Benoît aide Simona à résoudre au moins une partie du problème. Après, on pourra peut-être les aider à notre tour.
— Oui, on a beaucoup échangé pendant votre absence. C'est une fille formidable. Mais, contrairement à ce que tu penses, elle n'est pas du tout bien dans sa peau.
— Tu m'étonnes un peu, je l'avoue. Elle n'a pas arrêté de rire et de plaisanter.
— Tu es certain qu'elle a ri tout le temps ?
— Il y a bien eu l'épisode des plateaux. J'ai l'impression qu'elle est très protectrice. Elle avait l'air vraiment en colère.
— Ce que personne n'a remarqué, c'est qu'elle était au bord des larmes.
— Tu en es certaine ?
— J'en suis d'autant plus certaine que, pendant votre absence elle a fondu en larmes.
— Naturellement elle s'est confiée à toi ? Qu'est-ce qui lui arrive ?
— Elle vit un drame épouvantable. Elle a un petit frère qui, suite à un accident, a perdu l'usage de ses jambes et qui souffre énormément. Elle va le voir presque tous les jours, et bientôt elle devra aussi s'occuper de lui le week-end. Manifestement ses parents sont en train de craquer et ne peuvent plus ou ne veulent plus s'en occuper. Elle est complètement coincée. Comme elle adore son petit frère, il est hors de question pour elle de le laisser tomber, mais, si elle doit s'occuper de lui tout le temps, elle n'arrivera pas à terminer ses études.
— Qu'en pense Benoît ?
— Il ne sait même pas qu'elle a un frère.
— Pourquoi le lui a-t-elle caché ?
— Je ne sais pas. Elle a sûrement peur de le faire fuir.
— Je ne pense pas que Benoît fuirait.
— Sans doute, mais avec ses airs de se ficher de tout, il n'attire pas les confidences de ce genre.
— Tu ne peux pas lui dire ce qui se passe ?
— Je trouve qu'il doit se comporter de manière telle qu'elle lui en parle spontanément. Tu n'es pas d'accord ?
— Sur le principe, tu as raison, mais là, il me semble qu'il y a urgence. Elle est en train de se noyer. On ne peut pas attendre tranquillement que Benoît ait appris à fabriquer tout seul une bouée. Si tu veux, je peux me charger de lui en parler.
— Non ! C'est à moi que Simona a raconté le drame qui les frappe et Benoît est mon frère. Mais tu as raison. Si le week-end prochain je me rends compte qu'elle ne lui a rien dit, je le ferai.
— Si ça se trouve, elle compte sur toi.
— C'est possible. En tout cas, je réalise la chance que j'ai d'avoir pu si facilement me confier à toi.
— Tu sais que je suis très fier que tu l'aie fait ?
— Tu peux l'être mon chéri. J'ai tout de suite senti que je pouvais te faire confiance. En attendant, j'ai décidé d'aller voir Valentin à Purpan jeudi après-midi au lieu d'aller aux beaux-arts.
— Valentin c'est le prénom du gamin ?
— Oui ! J'aimerai m'occuper un peu de lui.
— Simona est d'accord ?
— Le jeudi, elle ne peut pas aller le voir, alors elle ne demande que ça.
— C'est vraiment bien de ta part.
— Tu me vois aller prier à l'église alors que je ne suis même pas capable d'aider un pauvre gosse ?
— Tu sais, quand on emménagera dans notre maison, au départ on aura plein de pièces qui ne serviront à rien. On pourrait peut-être en aménager une pour lui. Il pourrait venir de temps en temps le week-end.
— Pourquoi pas. Mais il faut d'abord que Benoît aide Simona à résoudre au moins une partie du problème. Après, on pourra peut-être les aider à notre tour.
Le jeudi suivant, dans une chambre de l'hôpital Purpan, un petit garçon essayait désespérément de ne plus pleurer. Il avait de nouveau subi une véritable torture ce matin-là. Il était de plus en plus terrifié à la pensée que le lendemain ça allait recommencer, et encore le jour suivant, et encore et encore. On lui promettait sans cesse que les choses allaient bientôt s'améliorer et que ça allait lui faire de moins en moins mal. Mais les choses s'amélioraient si lentement et il avait toujours tellement mal ! Il ne demandait qu'une chose, c'était qu'on le laisse en paix. Mais, quand il le disait, on lui répondait que c'était pour son bien et qu'il lui fallait être plus courageux. Plus courageux ! On voyait bien qu'ils n'étaient pas à sa place. Et Simona ! Elle ne voyait pas combien il avait besoin d'elle ? C'était sa grande sœur quand même !
D'ailleurs, même leurs parents disaient qu'elle avait des obligations vis-à-vis de lui ; que, eux, ils faisaient tout ce qu'ils pouvaient et que Simona pouvait bien en faire un peu plus. Alors, forcément, il lui faisait des reproches et puis, ensuite il regrettait ce qu'il avait dit. Il avait peur qu'elle ne revienne pas. Il lui demandait pardon. Elle répondait que ça n'avait pas d'importance et qu'elle l'aimait très fort. Lui aussi il l'aimait très fort, mais pourquoi elle ne venait pas plus souvent le voir ?
Finalement, il prit une feuille de papier et des crayons de couleur et se mit à dessiner. C'était encore ce qu'il y avait de mieux pour lui changer les idées. Il fut interrompu par un coup discret frappé à la porte. Celle-ci s'ouvrit et il vit entrer une femme qu'il n'avait encore jamais vue. Elle était plutôt jeune pour une vieille, un peu plus jeune peut-être que Simona et, surtout, beaucoup plus petite. Elle n'était pas très jolie et elle se déplaçait avec une canne. Un an auparavant il se serait sûrement moqué d'elle, mais maintenant, il n'avait plus trop le cœur à ça. Il la regarda s'approcher avec méfiance. Peut-être qu'elle venait le torturer comme on lui faisait le matin. Mais elle souriait gentiment ; elle n'avait pas un air méchant. Et puis elle n'avait pas de blouse d'infirmière. Elle avait un sac à dos et tenait un carton à dessins dans la main droite.
— Bonjour Valentin. Je ne te dérange pas ?
— Comment vous connaissez mon nom ? On ne s'est jamais vu.
— Je connais ton nom parce que c'est ta grande sœur qui me l'a dit.
— Vous connaissez Simona ?
— Oui ! Je ne la connais pas depuis très longtemps mais on est devenues amies.
— Vous faites du rugby ensemble ?
— Comment vous connaissez mon nom ? On ne s'est jamais vu.
— Je connais ton nom parce que c'est ta grande sœur qui me l'a dit.
— Vous connaissez Simona ?
— Oui ! Je ne la connais pas depuis très longtemps mais on est devenues amies.
— Vous faites du rugby ensemble ?
Elle éclata de rire.
— Tu me vois courir sur un stade de rugby avec un ballon dans une main et une canne dans l'autre ?
Il essaya d'imaginer la scène, et ça le fit rire lui aussi.
— C'est vrai que tu aurais l'air, enfin que vous auriez l'air ridicule.
Il se rendit compte qu'il avait fait une gaffe en disant « tu », mais la jeune dame n'eut pas l'air de s'en formaliser. Elle répondit seulement :
— Je préfèrerais que tu me tutoie. Si tu me vouvoie, ça va m'intimider.
Il ne savait pas qu'il pouvait intimider une grande personne. Il répondit d'un air magnanime :
— D'accord, je vais te tutoyer, comme ça tu seras plus à l'aise.
— Ç'est drôlement sympa de ta part. Ça me soulage.
— C'est quoi ce grand carton à dessins ?
— Ça, c'est un peu à cause de Simona. Elle m'a dit que tu dessinais bien. Alors, comme je dessine moi aussi, j'ai pensé que ça pourrait t'intéresser de regarder quelques tableaux que j'ai peints. Et puis, entre collègues, on pourrait échanger des idées.
— Moi, je ne peins pas, je dessine. J'aimerais peindre comme toi, mais j'ai seulement des crayons de couleur.
— Ah oui ! pendant que j'y pense. Figure-toi que j'avais une boîte de peintures que j'aimais bien, et puis je l'ai perdue. Ça m'a fait de la peine parce que j'y tenais beaucoup. Mais, comme il m'en fallait absolument une, j'en ai acheté une nouvelle. Et je venais juste de l'acheter quand j'ai retrouvé mon ancienne boîte. Tu penses bien que j'étais drôlement contente, mais, maintenant je me retrouve avec deux boîtes. C'est complètement idiot non ?
— Ç'est drôlement sympa de ta part. Ça me soulage.
— C'est quoi ce grand carton à dessins ?
— Ça, c'est un peu à cause de Simona. Elle m'a dit que tu dessinais bien. Alors, comme je dessine moi aussi, j'ai pensé que ça pourrait t'intéresser de regarder quelques tableaux que j'ai peints. Et puis, entre collègues, on pourrait échanger des idées.
— Moi, je ne peins pas, je dessine. J'aimerais peindre comme toi, mais j'ai seulement des crayons de couleur.
— Ah oui ! pendant que j'y pense. Figure-toi que j'avais une boîte de peintures que j'aimais bien, et puis je l'ai perdue. Ça m'a fait de la peine parce que j'y tenais beaucoup. Mais, comme il m'en fallait absolument une, j'en ai acheté une nouvelle. Et je venais juste de l'acheter quand j'ai retrouvé mon ancienne boîte. Tu penses bien que j'étais drôlement contente, mais, maintenant je me retrouve avec deux boîtes. C'est complètement idiot non ?
Les yeux du petit garçon commençaient à briller de convoitise.
— Oui, c'est un peu idiot.
— Surtout que, si on ne s'en sert pas, la peinture devient toute sèche et on n'a plus qu'à la jeter. Quel gâchis, tu ne trouves pas ?
— Surtout que, si on ne s'en sert pas, la peinture devient toute sèche et on n'a plus qu'à la jeter. Quel gâchis, tu ne trouves pas ?
Valentin répondit avec enthousiasme.
— Oh oui ! ça serait un vrai gâchis !
— Alors, tu me rendrais service en la prenant. Je me sentirai moins bête. Et puis tu sais, elle est comme neuve. Je n'ai pas eu le temps de m'en servir. Tu veux bien me la prendre ?
— Alors, tu me rendrais service en la prenant. Je me sentirai moins bête. Et puis tu sais, elle est comme neuve. Je n'ai pas eu le temps de m'en servir. Tu veux bien me la prendre ?
Tout en parlant, MarieClaude avait sorti une magnifique boîte de peinture qu'elle venait d'acheter. Le petit garçon la lui arracha littéralement des mains et l'ouvrit fébrilement. Il n'en crut pas ses yeux : Elle était remplie de tubes de gouache sur deux niveaux. Il y avait bien une trentaine de tubes, tous d'une couleur différente. Il y avait en outre un assortiment de pinceaux et une palette pour faire les mélanges.
— Ah oui ! Il y avait aussi ça qui allait avec.
C'était un gobelet pour l'eau avec un support qu'on pouvait fixer sur le bord de la table à l'aide d'une pince.
— Et puis, je t'ai apporté un peu de papier canson pour que tu puisses peindre dessus.
— Tu crois que je peux l'utiliser tout de suite ?
— Bien sûr ! C'est ta boîte après tout.
— Tu crois que je peux l'utiliser tout de suite ?
— Bien sûr ! C'est ta boîte après tout.
Il dit d'un ton pas très convaincu :
— Tu veux peut-être d'abord me montrer tes peintures ?
— Oh ! Ça n'est pas pressé, on peut attendre jeudi prochain ou un autre encore.
— Tu reviens jeudi prochain ?
— Ça me ferait rudement plaisir ! mais seulement si je ne te dérange pas.
— Oh ! Ça n'est pas pressé, on peut attendre jeudi prochain ou un autre encore.
— Tu reviens jeudi prochain ?
— Ça me ferait rudement plaisir ! mais seulement si je ne te dérange pas.
Le petit garçon prit un air faussement détaché.
— Oh ! si ça te fait plaisir, moi ça ne me dérange pas du tout.
— Chic ! Je suis drôlement contente ! Comme ça, je pourrai t'apporter plus de papier. Et puis, je pourrais aussi t'amener des livres pleins de reproductions de tableaux. C'est mon mari qui me les a offerts avant notre mariage quand j'étais à l'hôpital.
— Tu as réussi à te dégoter un mari toi ? (Il se mordit les lèvres confus).
— Eh oui, tu vois, malgré ma canne et mon vilain visage, j'ai réussi à rencontrer mon prince charmant.
— Les princes charmants, ça n'existe pas ; ce sont des histoires de fille.
— C'est vrai qu'il n'est pas prince, mais il est très gentil. C'est lui qui m'a amené en voiture avant de retourner au travail. Il faut que je l'attende ici. J'essayerai de ne pas te déranger pendant que tu peindras.
— Tu ne me déranges pas du tout. Je suis capable de peindre en parlant.
— Chic ! Je suis drôlement contente ! Comme ça, je pourrai t'apporter plus de papier. Et puis, je pourrais aussi t'amener des livres pleins de reproductions de tableaux. C'est mon mari qui me les a offerts avant notre mariage quand j'étais à l'hôpital.
— Tu as réussi à te dégoter un mari toi ? (Il se mordit les lèvres confus).
— Eh oui, tu vois, malgré ma canne et mon vilain visage, j'ai réussi à rencontrer mon prince charmant.
— Les princes charmants, ça n'existe pas ; ce sont des histoires de fille.
— C'est vrai qu'il n'est pas prince, mais il est très gentil. C'est lui qui m'a amené en voiture avant de retourner au travail. Il faut que je l'attende ici. J'essayerai de ne pas te déranger pendant que tu peindras.
— Tu ne me déranges pas du tout. Je suis capable de peindre en parlant.
Elle l'aida à mieux s'installer, à fixer le support du gobelet sur le bord du fauteuil roulant et alla remplir le gobelet au lavabo. Elle s'assit sur le bord du lit et ils se mirent à bavarder. Valentin était ravi de sa nouvelle copine. C'était la première personne qui ne lui avait pas parlé une seule fois de son accident. Même Simona, ne pouvait s'empêcher de lui demander toutes les cinq minutes s'il était bien assis, s'il avait besoin de quelque chose etc… etc…. Ça partait d‘un bon sentiment, mais ça ne lui changeait pas vraiment les idées.
Lorsque Cédric pénétra dans la chambre en fin d'après-midi, il vit MarieClaude en train de discuter avec un adorable blondinet qui était en train de peindre avec application. Le petit garçon le regarda d'un air interrogateur tandis que MarieClaude l'accueillait avec un grand sourire.
Lorsque Cédric pénétra dans la chambre en fin d'après-midi, il vit MarieClaude en train de discuter avec un adorable blondinet qui était en train de peindre avec application. Le petit garçon le regarda d'un air interrogateur tandis que MarieClaude l'accueillait avec un grand sourire.
— Bonsoir chéri ! Je te présente Valentin, un futur grand peintre. Valentin, je te présente Cédric, mon mari.
Cédric prit un air faussement sévère.
— Dis-donc toi, tu ne serais pas en train d'essayer de me piquer ma nana ?
MarieClaude fit semblant d'être effrayée.
— Je t'assure mon chéri que Valentin est un garçon très correct. Il y a seulement une grande amitié entre nous.
— Oui ! déclara le petit garçon, seulement une grande amitié.
— Oui ! déclara le petit garçon, seulement une grande amitié.
Il se rendit compte qu'ils souriaient tous les deux et éclata de rire.
— Vous me faites une farce.
Ils rirent à leur tour.
— Gagné, petit fripon ! Ravi de faire ta connaissance.
Cédric serra la main du petit garçon puis, apercevant la boite de peinture, siffla d'admiration.
— Elle est superbe ta boite de peinture !
— C'est MarieClaude qui voulait que je la prenne. J'ai accepté pour qu'elle n'ait pas l'air bête.
— C'est MarieClaude qui voulait que je la prenne. J'ai accepté pour qu'elle n'ait pas l'air bête.
Cédric hésita quelques secondes. Il ne voyait pas tellement le rapport entre une boite de peinture et le fait d'avoir l'air bête ou pas. MarieClaude lui fit un clin d'œil discret, l'air de dire « je t'expliquerai plus tard ». Il se reprit.
— C'est sympa de ta part.
Il se tourna vers MarieClaude.
— Tu t'es fait un véritable ami à ce que je vois.
Il continua à taquiner gentiment le petit garçon qui était aux anges, mais il fut bientôt l'heure de se dire au revoir. Valentin était un peu déçu.
— Le temps passe drôlement vite !
— C'est vrai remarqua MarieClaude ; je ne l'ai pas vu passer.
— C'est vrai remarqua MarieClaude ; je ne l'ai pas vu passer.
Comme elle se penchait vers lui pour lui dire au revoir, le petit garçon lui demanda avec un regard rempli d'inquiétude et d'espoir à la fois :
— Alors tu reviendras jeudi prochain ?
Elle lui fit un petit baiser sur la joue.
— Sans faute, je te le promets.
Lorsque, le lendemain, Simona pénétra dans la chambre de son frère, elle eut la surprise de le voir chantonner tout en s'appliquant à peindre sur une grande feuille de dessin. Une belle boite de peinture trônait sur la table. Levant les yeux, il remarqua le regard interrogateur que sa grande sœur posait sur la boite de peinture.
— C'est une copine qui m'a donné la boite. Elle est à moi maintenant.
— Je ne savais pas que tu avais une copine. Tu la connais depuis longtemps ?
— Depuis hier. Elle s'appelle MarieClaude et elle m'a dit qu'elle te connaissait. C'est une vieille, mais moins que toi quand même. Elle est drôlement gentille, mais elle est un peu laide. Mais elle a quand même réussi à se dégoter un prince charmant. Mais il n'est pas vraiment prince. Mais il est très gentil, lui aussi. Et elle est restée tout l'après-midi, mais elle a été obligée de partir parce qu'il fallait qu'elle aille faire la cuisine pour son mari, mais je m'en fichais bien qu'elle parte parce qu'elle a dit qu'elle revenait jeudi prochain pour me montrer des tableaux qu'elle a peints parce que moi je préférais peindre, mais elle est quand même restée avec moi parce qu'elle était obligée d'attendre que son mari vienne la chercher pour qu'elle aille lui faire la cuisine. C'est vrai que tu la connais ? Et puis, tu sais, elle va encore m'apporter du papier pour peindre et puis elle va me prêter des livres où il y a plein de tableaux. Pas des vrais, seulement des photos, mais il parait que c'est quand même très joli. Et c'est ma copine. Et son mari, il était jaloux parce qu'il croyait que je voulais lui piquer sa nana. Mais il n'était pas vraiment jaloux ; c'était juste une blague. On a bien ri. T'a vu ? J'ai même un gobelet qu'on peut attacher à la table.
— Je ne savais pas que tu avais une copine. Tu la connais depuis longtemps ?
— Depuis hier. Elle s'appelle MarieClaude et elle m'a dit qu'elle te connaissait. C'est une vieille, mais moins que toi quand même. Elle est drôlement gentille, mais elle est un peu laide. Mais elle a quand même réussi à se dégoter un prince charmant. Mais il n'est pas vraiment prince. Mais il est très gentil, lui aussi. Et elle est restée tout l'après-midi, mais elle a été obligée de partir parce qu'il fallait qu'elle aille faire la cuisine pour son mari, mais je m'en fichais bien qu'elle parte parce qu'elle a dit qu'elle revenait jeudi prochain pour me montrer des tableaux qu'elle a peints parce que moi je préférais peindre, mais elle est quand même restée avec moi parce qu'elle était obligée d'attendre que son mari vienne la chercher pour qu'elle aille lui faire la cuisine. C'est vrai que tu la connais ? Et puis, tu sais, elle va encore m'apporter du papier pour peindre et puis elle va me prêter des livres où il y a plein de tableaux. Pas des vrais, seulement des photos, mais il parait que c'est quand même très joli. Et c'est ma copine. Et son mari, il était jaloux parce qu'il croyait que je voulais lui piquer sa nana. Mais il n'était pas vraiment jaloux ; c'était juste une blague. On a bien ri. T'a vu ? J'ai même un gobelet qu'on peut attacher à la table.
Il s'arrêta enfin de parler, cherchant visiblement quelque chose à raconter encore. Simona en profita pour lui demander.
— Alors tu as passé une bonne journée hier ?
— Oui (Il resta pensif quelques instants). Je crois que j'étais bien content. Je l'aime bien. Je ne l'aime pas autant que toi, mais je l'aime bien quand même. Tu l'aime bien toi aussi ?
— Oh oui, mon ange, je l'aime même beaucoup.
— Oui (Il resta pensif quelques instants). Je crois que j'étais bien content. Je l'aime bien. Je ne l'aime pas autant que toi, mais je l'aime bien quand même. Tu l'aime bien toi aussi ?
— Oh oui, mon ange, je l'aime même beaucoup.
Adopté
Le samedi suivant, les deux couples se retrouvèrent à nouveau à Condom. Françoise était restée à Auch. Simona remercia discrètement MarieClaude de ce qu'elle avait fait pour son petit frère. Celle-ci lui répondit avec sévérité :
— Simona ! est-ce que Benoit est au courant pour Valentin ?
Simona balbutia.
— Je ne sais pas. Je ne crois pas.
— Simona ! Tu sais si tu lui en as parlé ou pas !
— Non, je ne lui en ai pas parlé.
— Pourquoi ? grand Dieu !
— Je n'ai pas osé.
— Vous êtes vraiment deux crétins. Elle se dirigea vers Benoît et lui dit d'un ton autoritaire.
— Viens avec moi, j'ai à te parler.
— Simona ! Tu sais si tu lui en as parlé ou pas !
— Non, je ne lui en ai pas parlé.
— Pourquoi ? grand Dieu !
— Je n'ai pas osé.
— Vous êtes vraiment deux crétins. Elle se dirigea vers Benoît et lui dit d'un ton autoritaire.
— Viens avec moi, j'ai à te parler.
Elle l'entraina à l'écart sous le regard surpris de leurs parents et celui inquiet de Simona. Ils ne pouvaient pas entendre ce qu'ils se disaient, mais, visiblement, MarieClaude était en train de passer un véritable savon à son frère. Ce dernier avait l'air penaud. Elle lui parla ensuite d'un ton plus mesuré et il parut stupéfait. Enfin il devint rouge de colère, se tourna vers Simona et revint vers elle bouillant visiblement de rage.
— Suis-moi !
Il l'attrapa brutalement par la main et la traina littéralement dans la maison. Quelques instants plus tard, ils entendirent un bruit de dispute venant de la chambre de benoît. De la terrasse, on ne pouvait comprendre ce qu'ils se disaient, mais Benoît avait l'air très en colère. A un moment, ils entendirent ce dernier tonner :
— Et tu comptais m'en parler quand ?
Simona répondit d'un ton véhément, mais Benoît l'interrompit.
— Tu aurais pu me laisser le bénéfice du doute !
Simona se mit alors à pleurer. Michèle, inquiète demanda :
— Ils ont déjà une scène de ménage ?
— Non maman, ce n'est pas une scène de ménage. C'est plutôt une sorte de déclaration d'amour.
— Non maman, ce n'est pas une scène de ménage. C'est plutôt une sorte de déclaration d'amour.
De fait, Benoît semblait s'être calmé et essayait apparemment de consoler sa future épouse. Au bout d'une dizaine de minutes, ils virent réapparaitre le couple. Benoît marchait d'un pas décidé, tenant fermement la main de Simona qui s'essuyait encore les yeux.
— Papa !!
— Benoît !!
— Je vais avoir besoin dorénavant du vieux break.
— Pourquoi ?
— A partir de la semaine prochaine nous viendrons avec le petit frère de Simona.
— Tu as besoin d'un break pour le petit frère de Simona ? Mais tu ne nous as jamais parlé de lui !
— Benoît !!
— Je vais avoir besoin dorénavant du vieux break.
— Pourquoi ?
— A partir de la semaine prochaine nous viendrons avec le petit frère de Simona.
— Tu as besoin d'un break pour le petit frère de Simona ? Mais tu ne nous as jamais parlé de lui !
Benoît regarda sévèrement Simona.
— Figurez-vous que j'apprends son existence aujourd'hui. J'ai besoin d'un break pour transporter son fauteuil roulant. Il a eu un très grave accident l'année dernière et il commence seulement sa rééducation. Alors, je peux avoir le break papa ?
— Evidemment que tu peux l'avoir, et nous serons très contents d'accueillir le petit frère de Simona, Mais je ne comprends pas pourquoi il ne va pas chez ses parents.
— Je préfère ne pas faire de commentaire à ce sujet. En tout cas, Simona est toute seule pour s'occuper de son petit frère.
— Bon d'accord ! On va aménager une des chambres d'amis. A moins qu'on le mette en bas dans le bureau qu'on réaménagerait.
— Je crois que Simona préfèrerait qu'il soit à l'étage pour la nuit. Il risque d'avoir peur tout seul en bas.
— Il a besoin d'un lit médicalisé ?
— Je pense que oui.
— Très bien ! tout sera prêt le week-end prochain.
— Evidemment que tu peux l'avoir, et nous serons très contents d'accueillir le petit frère de Simona, Mais je ne comprends pas pourquoi il ne va pas chez ses parents.
— Je préfère ne pas faire de commentaire à ce sujet. En tout cas, Simona est toute seule pour s'occuper de son petit frère.
— Bon d'accord ! On va aménager une des chambres d'amis. A moins qu'on le mette en bas dans le bureau qu'on réaménagerait.
— Je crois que Simona préfèrerait qu'il soit à l'étage pour la nuit. Il risque d'avoir peur tout seul en bas.
— Il a besoin d'un lit médicalisé ?
— Je pense que oui.
— Très bien ! tout sera prêt le week-end prochain.
Michèle regarda Simona d'un air de reproche.
— Simona ! tu aurais dû nous en parler tout de suite.
Simona fondit de nouveau en larmes, incapable de répondre. Alors, MarieClaude vint vers elle, la prit par la main, la fit s'asseoir et, s'asseyant à côté d'elle, se mit à la bercer dans ses bras.
— Ne pleure plus ma chérie, tout va finir par s'arranger. Tu vas voir, on va tous s'y mettre et ton petit ange sera comme un coq en pâte.
Elle continua d'un ton décidé.
— Bon ! On a un certain nombre de contraintes. D'abord, il est hors de question que Simona et Benoît interrompent leurs études. Ensuite, notre petit Valentin doit faire de la rééducation. Simona, quels jours fait-il de la rééducation ?
— Le matin du lundi au vendredi.
— Jamais l'après-midi ?
— Jamais. La rééducation c'est toujours le matin.
— Est-ce que notre petit Valentin doit être nécessairement hospitalisé ?
— Non, mais où veux-tu en venir ?
— Attends ! Avons-nous un moyen de pression pour que la garde de notre petit Valentin soit confiée à Simona ? Papa, tu ne pourrais pas faire quelque chose ?
— Vu que, manifestement, c'est Simona qui s'en occupe, ça ne devrait pas être trop difficile si ses parents sont d'accord. En cas de problème je connais de très bons avocats.
— Bon ! Je compte sur toi. C'est très important ! Simona ! il faudra que tu patientes jusqu'à la fin de l'année. Pour le week-end c'est réglé : Valentin sera ici et il y aura du monde pour t'aider à t'occuper de lui. D'ici la fin de l'année, je pourrai consacrer deux après-midi à Valentin chaque semaine. A partir de la fin de l'année, nous emménageons dans notre nouveau logement. Nous prendrons donc Valentin en pension à partir de ce moment-là. Comme j'aurai mon atelier de peinture chez nous, je pourrai m'occuper de lui l'après-midi. Le matin, il sera à l'hôpital pour sa rééducation. Cédric s'occupera des allers-retours et, quand il ne pourra pas, ce sera Benoît ou toi.
— Mais toi tu fais aussi des études ?
— C'est du travail de recherche et il n'y a pas de cours l'après-midi. Je dois seulement avoir des réunions périodiques avec mon professeur. Je les programmerai le matin.
— Ton professeur ne sera peut-être pas d'accord !
— J'en fais mon affaire.
— Et pour le prix de la pension ?
— Tu es malade ? Tu ne vas pas payer pour que Valentin vienne passer ses week-end à Condom alors que c'est ton petit frère.
— Je parlais de chez vous à Toulouse.
— Chez nous à Toulouse, c'est exactement la même chose. Franchement, je ne comprends même pas que tu aies pensé qu'on pouvait faire une chose pareille. Ici, ce n'est pas le genre de la maison. Voyons ! je crois que je n'oublie rien. Ouf ! ça m'a donné soif.
— Le matin du lundi au vendredi.
— Jamais l'après-midi ?
— Jamais. La rééducation c'est toujours le matin.
— Est-ce que notre petit Valentin doit être nécessairement hospitalisé ?
— Non, mais où veux-tu en venir ?
— Attends ! Avons-nous un moyen de pression pour que la garde de notre petit Valentin soit confiée à Simona ? Papa, tu ne pourrais pas faire quelque chose ?
— Vu que, manifestement, c'est Simona qui s'en occupe, ça ne devrait pas être trop difficile si ses parents sont d'accord. En cas de problème je connais de très bons avocats.
— Bon ! Je compte sur toi. C'est très important ! Simona ! il faudra que tu patientes jusqu'à la fin de l'année. Pour le week-end c'est réglé : Valentin sera ici et il y aura du monde pour t'aider à t'occuper de lui. D'ici la fin de l'année, je pourrai consacrer deux après-midi à Valentin chaque semaine. A partir de la fin de l'année, nous emménageons dans notre nouveau logement. Nous prendrons donc Valentin en pension à partir de ce moment-là. Comme j'aurai mon atelier de peinture chez nous, je pourrai m'occuper de lui l'après-midi. Le matin, il sera à l'hôpital pour sa rééducation. Cédric s'occupera des allers-retours et, quand il ne pourra pas, ce sera Benoît ou toi.
— Mais toi tu fais aussi des études ?
— C'est du travail de recherche et il n'y a pas de cours l'après-midi. Je dois seulement avoir des réunions périodiques avec mon professeur. Je les programmerai le matin.
— Ton professeur ne sera peut-être pas d'accord !
— J'en fais mon affaire.
— Et pour le prix de la pension ?
— Tu es malade ? Tu ne vas pas payer pour que Valentin vienne passer ses week-end à Condom alors que c'est ton petit frère.
— Je parlais de chez vous à Toulouse.
— Chez nous à Toulouse, c'est exactement la même chose. Franchement, je ne comprends même pas que tu aies pensé qu'on pouvait faire une chose pareille. Ici, ce n'est pas le genre de la maison. Voyons ! je crois que je n'oublie rien. Ouf ! ça m'a donné soif.
Cédric objecta.
— Tu pourrais peut-être nous demander notre avis.
— Quelqu'un à une meilleure idée ? N'hésitez surtout pas ! Non ? Alors la discussion est close. Ce n'est pas avec du Bla-Bla-Bla qu'on résout les problèmes. Cédric, soit gentil, prépare-moi une grenadine.
— Quelqu'un à une meilleure idée ? N'hésitez surtout pas ! Non ? Alors la discussion est close. Ce n'est pas avec du Bla-Bla-Bla qu'on résout les problèmes. Cédric, soit gentil, prépare-moi une grenadine.
Elle regarda autour d'elle et s'aperçut que tout le monde la regardait d'un air complètement ahuri. Elle se mit à rougir et à se recroqueviller sur elle-même. Elle balbutia.
— Enfin, je crois que ça serait une bonne solution. Non ?
Roger regarda sa fille avec tendresse.
— Ton papa est très fier de toi, ma chérie.
— Ton papa est très fier de toi, ma chérie.
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C’est vraiment agréable :)