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Couverture de Cybèle et pourtant, par unzeste85
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Fiction
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
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Cybèle et pourtant — Chapitre 23

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Cybèle et pourtant

Chapitre 23

La maison de MarieClaude
Le lendemain, Cédric consacra une partie de la journée à rechercher sur internet des maisons correspondant à ce qu'il recherchait. Il trouva trois ou quatre villas dont le nombre de pièces et le prix pouvaient convenir. Il y avait même une villa de huit pièces qui était d'un prix attractif, mais elle comportait sept chambres. Cela voulait dire que la pièce de séjour ne comptait que pour une pièce et donc qu'elle était petite. Par contre, elle avait l'avantage de permettre d'avoir quatre chambres d'enfants, un atelier de peinture, une chambre pour les parents et une pièce supplémentaire qui pourrait servir soit de chambre d'amis, soit d'extension pour le séjour pour peu qu'elle le jouxte et qu'on puisse abattre la cloison les séparant. Les autres maisons avaient sept pièces dont un séjour double.
S'ils avaient quatre ou cinq enfants ainsi qu'ils le souhaitaient, il faudrait faire un choix entre l'atelier et une chambre d'enfants, à moins qu'il soit possible d'aménager un garage attenant à la maison s'il en existait un.
Sur les photos, les quatre maisons semblaient en bon état et ne pas nécessiter de réparations particulières, mais il se méfiait des photos. Seule une visite approfondie permettrait de se rendre compte de l'état et des possibilités d'aménagement. Cédric ne voulait pas prendre de risque. Il proposa à MarieClaude de commencer par visiter les maisons qu'il avait sélectionnées. L'idée était de faire éventuellement une deuxième visite avec un architecte au cas où une ou deux maisons leur conviendraient, mais qu'ils auraient des doutes sur la solidité et les possibilités d'aménagement. Le risque était naturellement qu'une occasion puisse leur échapper s'ils tardaient trop à se décider. Cependant, ce risque n'était que modéré, ce genre de maisons ne se revendant pas très vite depuis quelques années.
Les quatre maisons étaient proposées pour un prix de vente de Sept Cent mille Euros. En ajoutant les frais de notaire, on arrivait à Sept cent soixante mille Euros. Comme ils disposaient au total de Huit cent vingt mille Euros à condition d'en emprunter trois cent mille, ils avaient largement assez. Les choses se présentaient donc plutôt bien. Le lendemain, il téléphona aux agences. Il n'y en avait que deux, chacune proposant deux des maisons. Il put donc obtenir un rendez-vous avec une première agence le samedi matin et un autre l'après-midi avec la seconde.
Ce même jour, MarieClaude reçut un coup de téléphone de sa maman qui lui signalait que sa robe de mariée était prête et qu'il fallait qu'elle aille l'essayer pour vérifier que tout allait bien.
— On en profitera pour prendre la robe du mariage civil qui, elle aussi, est prête. Je peux passer samedi, si tu veux.
— Non ! pas samedi. Nous allons visiter des maisons avec Cédric.
— Alors jeudi ?
— Oui, d'accord. Tu auras besoin qu'on se fasse véhiculer par Cédric ?
— Non. Je viendrai en voiture. Il faut que je ramène tes tenues de mariage à Condom et je serai trop chargée pour aller en train. De toute façon, il ne faut pas que Cédric les voit.
— Ah oui ! C'est d'ailleurs pour ça que je ne lui ai absolument rien dit.
— Tu as une conception bien à toi du secret ma chérie.
— Pourquoi ? J'ai gaffé l'autre jour ?
— On peut dire ça comme ça.
— Ah zut alors. Pourtant j'ai fait drôlement attention. Oh, et puis, je n'ai pas dû dire grand-chose.
Le jeudi, Michèle vint chercher MarieClaude directement à l'école en début d'après-midi. Les deux robes allaient parfaitement de sorte qu'aucun autre essayage ne serait nécessaire. A seize heures, elle put repartir à Condom avec les robes soigneusement empaquetées après avoir ramené sa fille à l'école.
Le samedi matin, les deux jeunes gens visitèrent les deux premières maisons qui avaient toutes les deux sept pièces. Ils éliminèrent l'une des deux. Elle était plutôt triste avec des ouvertures trop petites. En plus, le jardin était petit et entouré de hauts murs nus. L'effet était oppressant et ne compensait pas une cuisine et une salle de bain remarquablement aménagées et des pièces spacieuses. La seconde, par contre leur plut tout de suite. Elle était éclairée par de grandes baies vitrées et donnait sur un jardin nettement plus grand que le précédent, dont les murs étaient cachés par des haies et de la vigne vierge. Son seul inconvénient était l'absence de garage, ce qui obligerait à choisir entre l'atelier et une chambre d'enfant.
Ils furent tentés de se décider immédiatement pour cette maison, mais, pour ne pas rater quelque chose, ils décidèrent de maintenir les visites de l'après-midi. A quinze heures, ils étaient à l'agence et le commercial les amena tout de suite visiter les deux maisons qu'ils avaient sélectionnées. La première avait elle aussi sept pièces et n'était pas mal elle non plus. Elle était visuellement moins attrayante, mais elle possédait un garage attenant pouvant être facilement transformé en atelier. Son jardin était lui aussi très agréable. Cela méritait réflexion, car elle cadrait mieux à leurs besoins. Ils décidèrent donc de réserver encore leur opinion. Ils arrivèrent enfin devant la dernière maison, celle qui possédait huit pièces. Le commercial de l'agence les fit entrer. Ils firent trois pas à l'intérieur puis MarieClaude s'arrêta, tourna autour d'elle-même l'air concentré avant d'annoncer d'une voix tranquille :
— Je veux celle-là.
— Voyons, ma puce, il faut tout de même que nous la visitions !
— Bien sûr mon chéri ! Mais c'est celle-là que je veux.
Ils visitèrent la maison qui était fort jolie. Cédric commençait à être séduit. Pourtant, elle n'était pas très bien organisée. Son architecture interne était un peu fantaisiste et l'extérieur donnait l'impression qu'elle avait été construite en plusieurs fois. La visite dura une demi-heure et ils se rendirent de nouveau dans l'entrée. Cédric avait demandé pendant la visite s'il était possible de pratiquer une ouverture entre le séjour et une chambre du rez-de-chaussée.
— C'est d'autant plus facile qu'une cloison avait été rajoutée au milieu de l'ancien séjour par les propriétaires actuels qui avaient besoin d'une chambre supplémentaire.
A la fin de la visite, il leur demanda ce qu'ils pensaient de la maison. MarieClaude répondit d'une voix tranquille :
— Je veux celle-là.
Il y avait dans sa voix une certitude absolue.
— Ma chérie, si tu veux celle-là on va l'acheter, mais j'aimerais savoir pourquoi tu es si sûre de toi.
— C'est ma maison. C'est là que je veux vivre. C'est là que nous serons heureux. Je le sens.
MarieClaude était incapable d'expliquer les raisons de son choix. Celui-ci était purement intuitif. Elle avait tout simplement eu le coup de foudre pour cette maison. Cédric, de son côté, était un peu déstabilisé par son attitude. Cependant il avait confiance en elle et en ses intuitions. Après tout, elle allait vivre là toute la journée et il fallait qu'elle s'y sente bien. Pour sa part, même si la maison avait un aspect un peu fantaisiste, il la trouvait agréable. Par ailleurs, elle avait l'air en excellent état et avait été manifestement bien entretenue.
— Très bien ! C'est décidé nous allons l'acheter.
Le commercial s'était discrètement assuré, dès la première visite, que le couple avait les moyens financiers d'acquérir un bien immobilier de cette valeur. Les explications claires de Cédric l'en avaient rapidement convaincu.
— Je vous propose de retourner à l'agence. Pour les premières formalités.
— Quelles sont-elles ?
— A moins que vous puissiez verser aujourd'hui dix pour cent du montant de la vente, c'est-à-dire soixante-dix mille Euros, nous allons vous faire signer un compromis de vente valable un mois. Dès que vous pourrez verser les dix pour cent, le compromis sera transformé en promesse de vente. Ensuite, c'est le notaire qui prendra la suite. En général, il faut compter un délai de trois mois avant la remise des clés.
— Nous n'avons pas la possibilité de payer les dix pour cent aujourd'hui pour des raisons purement administratives, bien que nous possédions cette somme, mais je pourrai le faire avant la fin septembre. Nous nous marions samedi prochain et ensuite nous partons en voyage de noces jusqu'au dix-huit. Nous pourrions passer le vingt.
— Très bien ! J'organiserai donc un rendez-vous l'après-midi du vingt.
Le mariage de MarieClaude
La semaine précédant le samedi de leur mariage fut éprouvante nerveusement pour les deux jeunes gens. Ils avaient tous les deux le sentiment qu'un imprévu allait empêcher la cérémonie. MarieClaude, en particulier avait l'impression qu'elle était en train de dormir et qu'elle allait se réveiller pour s'apercevoir qu'on était encore en Mai, qu'elle avait rencontré Cédric la veille au CAPOUL et qu'elle avait rêvé tout le reste. C'était très stressant et elle attendait avec impatience la fin de cette pénible attente. Cédric se demandait avec anxiété s'il n'avait rien oublié, repassant sans cesse dans sa mémoire tout ce qui était à prévoir pour le mariage. Il avait beau faire confiance à ses parents et à ceux de MarieClaude, il aurait quand même voulu pouvoir vérifier s'ils n'avaient rien oublié et n'avaient commis aucune erreur. Heureusement, il avait beaucoup de travail, ce qui lui permettait de penser à autre chose.
Comme le mariage civil avait lieu le samedi matin, Cédric avait pris son après-midi du vendredi. La veille, ils avaient préparé leurs bagages. MarieClaude avait pris ses nouveaux vêtements offerts par Catherine. Cédric avait pris son nouveau costume et son smoking. Il avait pris en outre toutes ses affaires d'été puisqu'il en aurait besoin au Kenya. Les bagages de MarieClaude seraient préparés par Michèle. Celle-ci voulait être sûre que sa fille aurait tout ce dont elle aurait besoin pour leur séjour à Mombasa.
Quand ils arrivèrent à Condom Marielle et Christian étaient déjà là ainsi que Françoise. Ils avaient décidé que cette nuit-là, afin de respecter la tradition, Cédric passerait la nuit à l'hôtel. Il s'agissait de l'hôtel où ils devaient passer leur nuit de noces. Bien entendu, il ne dormirait pas dans la chambre nuptiale. C'était dans ce même hôtel qu'étaient logés Helmut et Gisela. MarieClaude et lui devaient diner avec eux ce soir-là afin que les deux jeunes femmes puissent faire connaissance. D'emblée, le courant passa entre elles. Gisela était très gentille et elle fut très heureuse de pouvoir discuter avec quelqu'un qui parlait la même langue qu'elle. Elle avoua à MarieClaude qu'elle n'était pas très douée pour les langues et qu'elle parlait seulement l'anglais et, en plus, très mal. La soirée se passa donc très agréablement. Elle ne dura pas très longtemps toutefois car la journée du lendemain allait être longue.
A vingt-deux heures trente, Cédric raccompagna MarieClaude à la villa et retourna se coucher.
Le lendemain matin, tout le monde se retrouva vers dix-heures moins le quart devant la mairie. Cédric était très élégant dans son nouveau costume. MarieClaude avait mis la robe que sa maman lui avait achetée à Toulouse. Sa forme rappelait celle de la robe offerte par Catherine mais elle était rose pastel. Son maquillage était assorti à sa robe, aussi bien pour ses lèvres que pour ses ongles. Elle était rayonnante. C'était encore le Maire qui devait les marier. Roger était un personnage important de la communauté condomoise, ce qui justifiait la présence du maire lui-même, d'autant plus que le papa de MarieClaude faisait partie de ses soutiens politiques. Il fit un discours sobre et amical, ne pouvant s'empêcher toutefois de l'émailler de quelques allusions de nature nettement politiques au grand déplaisir de Pierre, le père d'Armelle, qui militait pour son adversaire malheureux des dernières élections municipales.
A la fin du discours, le secrétaire de mairie les invita à signer le registre des mariages suivis de leurs quatre témoins. De très nombreuses photos furent naturellement prises à ce moment-là. Cela fait, le secrétaire de mairie remit le livret de famille au maire qui le regarda vaguement avant de le remettre aux époux.
Après le départ du maire, les personnes présentes se congratulèrent mutuellement et félicitèrent les nouveaux mariés. Les deux familles, accompagnées des témoins et de leurs conjoints se rendirent ensuite dans un restaurant de la ville pour se restaurer. Michèle aurait bien aimé inviter tout le monde à la villa, mais elle n'avait vraiment pas le temps de faire de la cuisine ce jour-là. Pour une fois Roger domina sa gourmandise et exigea fermement que le repas ait lieu au restaurant. De fait les mets servis étaient très bons, ce que Michèle consentit à admettre du bout de lèvres, tout en affirmant qu'elle aurait fait mieux à la place du cuisinier du restaurant. Le repas se déroula dans une ambiance joyeuse. MarieClaude était particulièrement en forme et on entendait souvent son petit rire perlé. A la fin du repas, on se sépara et chacun retourna se préparer pour le mariage religieux.
La cérémonie commençait à dix-sept heures. Cinq minutes avant, le début, Cédric remonta la nef centrale pendant que s'élevait la musique de l'Ave Maria de Schubert chantée par une choriste de l'opéra de Toulouse accompagnée à l'orgue par un professeur du conservatoire de musique. Compte tenu du fait que cette introduction ne faisait pas vraiment partie de la cérémonie religieuse proprement dite, elle était autorisée bien que de nature profane au même titre que la marche nuptiale qui accompagnait traditionnellement la sortie des mariés.
Cédric était splendide dans son smoking noir qui donnait l'impression d'avoir été fait sur mesure pour lui. En arrivant près des sièges disposés pour eux devant l'autel, il se tourna vers l'entrée où, presqu'immédiatement, MarieClaude apparut au bras de son père. Elle était absolument adorable dans sa robe courte de dentelle et coiffée d'un voile assorti. Elle avançait en souriant, appuyée sur sa canne en même temps que sur le bras gauche de son père. Celui-ci était rouge de fierté. Ils arrivèrent à leur tour devant l'autel et Roger laissa MarieClaude se placer à côté de Cédric. Le curé de la paroisse, entouré de deux enfants de cœur, était présent depuis le début de l'Ave Maria et ils attendirent la fin de celui-ci pour s'assoir sous le regard bienveillant du prêtre. La cérémonie religieuse proprement dite commença.
Le sourire qu'affichait MarieClaude s'était peu à peu effacé. Elle s'était mise rapidement à pâlir. L'émotion commençait à l'envahir et elle ne parvenait à suivre la cérémonie que grâce à une longue habitude lui permettant de connaître par cœur le déroulement de celle-ci. L'homélie fut un modèle du genre. Le prêtre éprouvait une profonde affection pour la jeune fille qu'il connaissait si bien depuis qu'il l'avait baptisée. Il l'avait vue toutes les semaines depuis qu'elle était en âge d'aller à l'église et avait été conquis par sa piété et sa douceur. Cédric fut profondément ému par les paroles du prêtre qui étaient autant inspirées par l'affection que par la foi. MarieClaude avait à peine entendu l'homélie. Submergée par l'émotion, elle était maintenant blanche comme un linge. S'en apercevant, Cédric tendit le bras vers elle pour lui caresser la main afin de la réconforter, mais elle s'accrocha à celle-ci comme à une bouée de sauvetage.
Cédric n'osa pas dégager sa main et, pendant toute la durée de la cérémonie, elle resta accrochée désespérément à lui. Elle était tellement bouleversée qu'elle n'entendait pratiquement plus les paroles du prêtre et faisait mécaniquement les gestes que Cédric lui indiquait discrètement.
Le prêtre, qui s'était tout de suite rendu compte du problème essayait de son côté de leur faciliter les choses en parlant le plus clairement possible et en précisant à chaque fois : Maintenant vous pouvez vous lever (ou vous asseoir ou vous mettre à genoux). Lorsque le prêtre leur demanda s'ils consentaient au mariage, elle arriva à peine à prononcer le « oui » d'une voix tremblante. Quand le moment fut venu d'échanger les anneaux elle tremblait tellement que Cédric dut l'aider lorsqu'elle essaya de lui passer le sien au doigt. Lorsqu'enfin le prêtre leur indiqua qu'ils pouvaient s'embrasser, elle se pelotonna contre Cédric, enfouit son visage contre sa poitrine et fondit en larmes. Naturellement, l'assistance toute entière était elle-même extrêmement émue et bien des gens eurent la larme à l'œil. Au bout de quelques minutes, les sanglots de MarieClaude s'espacèrent. Cédric la prit par les épaules et, la reculant légèrement, il la regarda tendrement.
— C'est fini, ma chérie, nous sommes mariés.
Elle s'arrêta de pleurer, le regarda avec intensité et se remit à sourire. Cédric se tourna vers le prêtre.
— Je crois que nous pouvons continuer.
La cérémonie était presque terminée. Quelques minutes plus tard, le prêtre prononça la bénédiction finale et conclut par l'habituel « Allez dans la paix du Christ ». Aussitôt retentit la marche nuptiale et le couple redescendit l'allée centrale au son de la musique de Mendelssohn. MarieClaude ne quittait pas des yeux son mari ; SON MARI ! Ça y était ; elle avait épousé l'homme qu'elle aimait et qui l'aimait. Finalement, le prince charmant avait bel et bien remarqué le petit crapaud sur le bord du chemin et son amour l'avait transformé en princesse. Maintenant, elle avait définitivement tourné la page d'un passé douloureux. Une nouvelle vie l'attendait. Cédric pensait, comme elle, qu'une nouvelle vie l'attendait, mais, pour lui, c'était elle la princesse qui lui avait fait l'honneur d'accepter son amour.
Ils s'arrêtèrent en haut des marches du porche principal bientôt encadrés par leurs parents respectifs et se prêtèrent avec complaisance aux obligations des photos souvenir, l'officielle et toutes les autres, pendant que la foule sortait par les portes latérales et revenait en bas des marches pour leur témoigner son affection. Les gens avaient été conquis par la réaction émouvante de la jeune mariée et aussi par la délicatesse de sa silhouette. Les mêmes personnes qui, peu de temps auparavant, l'ignoraient lorsqu'ils n'essayaient pas carrément de l'éviter cherchaient maintenant son regard dans l'espoir d'obtenir un sourire. Ils avaient raison d'ailleurs : elle n'était peut-être pas très jolie, mais elle possédait une qualité rare : la grâce. Le tout, c'était de prendre le temps de la regarder, ce que trop peu de gens avaient fait jusque-là.
Au bout d'un bon quart d'heure, la foule commença à se disperser. Helmut alla chercher la luxueuse limousine qu'il avait louée pour l'occasion et la voiture emmena le jeune couple et leurs amis allemands vers le lieu des réjouissances, une gentilhommière située en pleine campagne, dans les jardins de laquelle un cocktail était donné avant le repas de mariage. Cédric avait donné les clefs de l'Audi à Benoît qui se chargea d'emmener le véhicule afin qu'il soit à la disposition du couple en fin de soirée. La veille, Roger avait déposé à l'hôtel une enveloppe contenant les billets d'avion que lui avait remis Christian et le bon d'échange pour Le Severin Sea lodge de Mombasa. Le couple pourrait ainsi s'éclipser en toute liberté lorsqu'il le jugerait bon.
Le cocktail était surtout destiné à honorer les personnalités de Condom et un grand nombre de connaissances, clients et fournisseurs qui ne participeraient pas au repas de mariage. La plupart souhaitèrent être présentés au jeune couple, qui s'acquitta du mieux qu'il put de la tache consistant à se déclarer infiniment honorés de rencontrer un tas de gens qu'ils n'avaient jamais vus auparavant et qu'ils ne reverraient sans doute plus jamais. MarieClaude commençait à souffrir un peu de sa jambe et vit arriver avec soulagement le moment de passer au repas.
La salle était occupée par des tables rondes de dix personnes. Au centre se trouvait naturellement celle des nouveaux mariés. Elle était occupée, outre par ces derniers, par Armelle et Philippe, Helmut et Gisela, Benoît et enfin Catherine, Richard et Hugo. Ce dernier avait été très sage jusque-là. Cependant, il commençait à être un peu grognon, car la journée avait été longue et de plus il boudait parce qu'il était assis entre ses parents et non entre Cédric et MarieClaude. Gisela était entre MarieClaude et Armelle avec lesquelles elle était ravie de pouvoir discuter. Helmut n'avait pas les mêmes contraintes de langue que son épouse et participait à l'animation de la table en échangeant de nombreuses plaisanteries avec les autres convives.
Au moment de servir la pièce montée, un des serveurs arriva avec le micro destiné aux allocutions des membres de la famille. Les deux pères s'étaient concertés pour le choix des contenus. Ce fut Roger Roussel qui s'exprima en premier. Il avait choisi de parler de Cédric. Il commença par raconter sur un mode plaisant dans quelles conditions celui-ci avait fait sa demande en mariage, sur l'impression que leur avait faite d'emblée celui qu'ils croyaient être un camarade de Benoît, puis passa à la gaffe de MarieClaude en fin de repas pour terminer par la stupéfaction et la joie qu'ils avaient ressenti en découvrant l'amour que se portaient les deux jeunes gens. Il continua sur un ton plus grave, exprimant la considération et l'affection qu'ils avaient si rapidement ressenti pour ce garçon si sérieux si solide et si déterminé à fournir amour et protection à leur fille chérie. A la fin de son intervention, il alla vers Cédric très ému et ils se firent mutuellement une longue accolade.
Christian prit la suite et raconta l'impression très forte que leur avait faite MarieClaude lorsqu'ils l'avaient découverte quelques semaines auparavant à l'aéroport de Nice. Il raconta comment elle avait séduit immédiatement toute la famille par sa gentillesse, son charme et sa simplicité. Il raconta combien sa présence lumineuse avait éclairé la dizaine de jours qu'elle avait passés auprès d'eux et la nostalgie qui les avait saisis lors de son départ. Il termina, lui aussi, en se dirigeant vers la jeune fille qui le regardait les larmes aux yeux et en la serrant tendrement dans ses bras. A la fin du repas, le moment vint d'ouvrir le bal. Tandis que Cédric dansait avec sa mère, Roger fit trois tours de valse avec sa fille. Comme celle-ci était bien incapable de danser, il la porta carrément dans ses bras en tournant sur lui-même. Il la reposa ensuite et Cédric et lui changèrent de cavalière.
Cédric entreprit à son tour de danser avec MarieClaude, mais, au lieu de la porter avec ostentation, il lui fit poser le pied gauche sur son pied droit et la maintint solidement debout contre lui. Il se mit à danser lentement avec elle de manière telle qu'on s'apercevait à peine que lui seul dansait. Ils continuèrent ainsi jusqu'à la fin de la danse puis il la raccompagna à sa place et resta assis auprès d'elle.
Tout le monde ne dansait pas en même temps de sorte qu'ils eurent en permanence des convives à leur table. A vrai dire, MarieClaude et Cédric ne s'amusaient plus du tout. Ils avaient passé au moins deux semaines en tout dans le même logement sans céder à la tentation de partager le même lit, mais cela avait été très dur pour tous les deux. Maintenant qu'ils étaient mariés, plus rien ne s'opposait à ce que leur union devienne enfin totale. Au bout d'une demi-heure, MarieClaude chuchota en se serrant contre son époux.
— Je voudrais que nous partions.
Cédric la regarda quelques instants sans rien dire, puis il l'aida à se lever et ils s'éclipsèrent en disant un au revoir discret à Philippe et Armelle qui étaient assis à la table à ce moment-là. Ceux-ci les regardèrent partir en souriant.
— Ils ont l'air vraiment pressés.
— Apparemment, ils ont tout de même été plus patients que nous.
Les deux jeunes gens se dirigèrent presqu'en courant vers la voiture et celle-ci démarra immédiatement. Dix minutes plus tard, l'Audi se garait devant l'hôtel. Ils se rendirent à la réception et récupérèrent les clefs de la chambre nuptiale. A peine la porte refermée, ils se précipitèrent dans les bras l'un de l'autre et unirent longuement leurs lèvres. Ils n'avaient plus à se retenir ; ils étaient maintenant l'un à l'autre. Cédric commença à déshabiller lentement MarieClaude en commençant par lui enlever son voile. Il passa ensuite derrière elle et ouvrit la fermeture éclair de sa robe et lui dégagea les épaules et les bras. La robe tomba naturellement aux pieds de la jeune femme. Il la dénuda complètement avant de la coucher tendrement sur le lit. Tout en se déshabillant à son tour, il contempla le si joli corps qu'il allait enfin pouvoir posséder. MarieClaude gardait les yeux fermés mais son corps était totalement offert.
Il s'approcha du lit ; elle ouvrit alors les yeux et le contempla à son tour. Il se coucha contre elle et ils restèrent quelques instants sans bouger. Il commença alors à la caresser, ses mains et sa bouche partant à la découverte de son corps dont il explora les lieux les plus intimes. Elle se mit à gémir doucement. Il continua longtemps ses caresses jusqu'à ce qu'elle lui murmure :
— Maintenant !
Alors, tout doucement, il pénétra la grotte de la déesse. Elle poussa un petit cri de douleur et se crispa dans ses bras. Il l'embrassa tendrement sans bouger jusqu'à ce qu'il la sente se détendre. Il commença alors un long va-et-vient, s'efforçant de maîtriser son désir. Peu à peu, elle se mit à onduler sous lui en recommençant à gémir. Ils continuèrent ainsi pendant un certain temps, jusqu'à ce qu'il sente le jeune corps se mettre à trembler. Il accéléra alors ses mouvements et finit par exploser en elle pendant qu'elle poussait un grand cri de plaisir. Ils restèrent enlacés, savourant leur bonheur. MarieClaude venait de découvrir une sensation nouvelle faite de plénitude et de plaisir. Pour Cédric, la sensation était aussi nouvelle. Ce n'était pas la première fois pour lui, mais il venait de découvrir que le plaisir pouvait provenir autant de celui qu'on donne que de celui qu'on prend. Ils se donnèrent encore l'un à l'autre pendant plusieurs heures avant de s'endormir épuisés.
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Iznogood
2 septembre 2026 à 21:23
C’est tout à fait délicieux.
Un voyage dans le temps, une autre époque habilement transposée en notre temps.
Oh… bien entendu, des esprits chagrins y verront du boomer’s Time mais … fuc.k Nicolas ^^’
Soyez respectueux
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