Fiction
Gays
Orientation principale dans ce chapitre
• Fiction : Récit entièrement imaginé, avec des personnages et des situations inventés
• Inspiré du réel : Récit partant d'une expérience vécue, avec une part d'invention ou d'embellissement
• Réel : Récit fidèle à une expérience réellement vécue
• Fantasme : Histoire correspondant à un fantasme personnel ou collectif
• Poème : Texte rédigé sous forme poétique avec contenu érotique
Chrysalide : L'Effondrement des Murs — Chapitre 44
Certifiée écrite par un humain
D'après nous ce texte a été rédigé par un humain
Auteur
Chrysalide : L'Effondrement des Murs
Chapitre 44
Scène 4 : La Vague Inattendue
Après avoir quitté Paul devant le CDI, un étrange mélange d'excitation et de malaise avait saisi Yanis. Comme tous les mercredis après-midi, il se dirigea instinctivement vers la piscine municipale d'Avel, son refuge habituel pour dissiper le stress et éclaircir ses pensées. Le chemin était une suite mécanique de gestes appris par cœur : franchir la porte d'entrée coulissante, passer sa carte magnétique sur le lecteur et saluer d'un hochement de tête le jeune homme à l'accueil qui le connaissait bien. Dans les vestiaires, l'odeur familière du chlore et de l'humidité l'enveloppa. Il se déshabilla machinalement, ses pensées déjà occupées par Paul et les images de la séance de travail se bousculant dans son esprit. Il jeta ses vêtements dans son casier métallique, enfila son caleçon de bain noir sans même y prêter attention. Son esprit revenant constamment à la poignée de main, à la chaleur qui avait traversé sa paume et aux regards échangés.
Il ouvrit la porte battante menant aux douches collectives (un bref passage où il ne s'attarda pas, soucieux de ne pas attirer inutilement l'attention sur lui), puis accéda à la zone des bassins. Il plongea dans l'eau fraîche. Le chlore piquait légèrement ses narines, un choc vivifiant qui ne parvint pas à le ramener complètement à la réalité. Il enchaîna les longueurs, son corps s'élançant avec puissance dans l'eau, ses bras décrivant des cercles réguliers et ses jambes battant un rythme effréné. Mais ce soir, les pensées ne se dissipaient pas aussi facilement. Elles persistaient, comme des bulles tenaces qui remontaient à la surface. L'image de Paul flottait dans son esprit, claire et insistante : son rire, un son nouveau et étonnamment agréable. La façon dont il s'était concentré sur les images du Mur, ses sourcils froncés par la réflexion, et surtout, la sensation persistante de sa main dans la sienne — une chaleur qui semblait encore imprégner sa peau.
Alors qu'il commençait une nouvelle longueur, son corps glissant avec fluidité sous l'eau, une sensation inattendue se manifesta sous son boxer de bain : une érection claire et irrépressible. Son corps réagissait à ces pensées, à cette image de Paul, à ce contact qui avait duré trop longtemps pour être anodin. Yanis sentit une vague de gêne fulgurante et un soupçon de panique monter en lui.
Merde. Ici ? Au milieu des autres nageurs ?
Il jeta un rapide coup d'œil autour de lui, sa tête émergeant de l'eau. Quelques nageurs, la tête dans l'eau ou concentrés sur leur propre effort, semblaient ne rien remarquer. Mais la gêne persistait, brûlante, menaçant de le trahir. Il avait l'impression que tous les regards étaient braqués sur lui, même si, rationnellement, il savait que c'était faux.
Paul. Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à me le sortir de la tête ? Il n'est pas mon genre. Enfin si, il est mon genre, mais il est hétéro. Complètement hétéro. Ce n'est pas une option, jamais. Ne te fais pas d'illusions, Yanis. Tu connais la chanson. Ça finit toujours mal. Et maintenant ça ? Ici ? C'est ridicule. Je ne peux pas avoir ça ici, au vu et au su de tout le monde. N'importe qui pourrait voir. Merde, mais contrôle-toi !
Il se força à accélérer le rythme, cherchant à noyer ses pensées dans l'effort physique intense. Ses muscles travaillaient à plein régime, l'eau s'écoulait autour de lui, le souffle de plus en plus court. Mais plus il nageait, plus Paul semblait clair dans son esprit, et plus cette érection embarrassante — ce signe de son corps qu'il ne parvenait pas à maîtriser — s'accrochait. Il voulait la chasser, la faire disparaître à tout prix. Il redoubla de vitesse, sentant ses muscles brûler à l'effort, le souffle de plus en plus court, ses poumons hurlants. Il repensait aux regards de Paul, ces regards furtifs et intenses qu'il avait sentis ces derniers jours, et au regard plus direct qu'il avait reçu dans le couloir. Il se demanda si Paul ressentait quelque chose de similaire. Une curiosité grandissante, mêlée à une prudence ancrée, mais maintenant teintée d'une urgence physique qu'il ne parvenait absolument pas à maîtriser.
Lorsque Yanis atteignit sa limite physique, sentant ses membres faiblir, la tête lourde de l'effort intense, il s'arrêta au bout de bassin et s'agrippa au rebord carrelé, essoufflé et épuisé. La vision de Paul avait quitté son esprit, remplacée par l'épuisement. Son érection disparut avec elle, comme par magie. Un immense soupir de soulagement lui échappa.
À bout de force, il décida de sortir du bassin, l'eau ruisselant le long de son corps, et se dirigea vers les vestiaires pour prendre une douche chaude et se changer. Une fois seul dans sa cabine individuelle, complètement nu, il se regarda : tout était redevenu normal. Un petit sourire amer étira ses lèvres.
— Alors, mon vieux, murmura Yanis, un souffle mêlant humour et exaspération. On n'est pas très discipliné aujourd'hui, hein ? La prochaine fois, on se tient à carreau en public, d'accord ? On a failli faire une scène.
Il ouvrit la porte battante menant aux douches collectives (un bref passage où il ne s'attarda pas, soucieux de ne pas attirer inutilement l'attention sur lui), puis accéda à la zone des bassins. Il plongea dans l'eau fraîche. Le chlore piquait légèrement ses narines, un choc vivifiant qui ne parvint pas à le ramener complètement à la réalité. Il enchaîna les longueurs, son corps s'élançant avec puissance dans l'eau, ses bras décrivant des cercles réguliers et ses jambes battant un rythme effréné. Mais ce soir, les pensées ne se dissipaient pas aussi facilement. Elles persistaient, comme des bulles tenaces qui remontaient à la surface. L'image de Paul flottait dans son esprit, claire et insistante : son rire, un son nouveau et étonnamment agréable. La façon dont il s'était concentré sur les images du Mur, ses sourcils froncés par la réflexion, et surtout, la sensation persistante de sa main dans la sienne — une chaleur qui semblait encore imprégner sa peau.
Alors qu'il commençait une nouvelle longueur, son corps glissant avec fluidité sous l'eau, une sensation inattendue se manifesta sous son boxer de bain : une érection claire et irrépressible. Son corps réagissait à ces pensées, à cette image de Paul, à ce contact qui avait duré trop longtemps pour être anodin. Yanis sentit une vague de gêne fulgurante et un soupçon de panique monter en lui.
Merde. Ici ? Au milieu des autres nageurs ?
Il jeta un rapide coup d'œil autour de lui, sa tête émergeant de l'eau. Quelques nageurs, la tête dans l'eau ou concentrés sur leur propre effort, semblaient ne rien remarquer. Mais la gêne persistait, brûlante, menaçant de le trahir. Il avait l'impression que tous les regards étaient braqués sur lui, même si, rationnellement, il savait que c'était faux.
Paul. Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à me le sortir de la tête ? Il n'est pas mon genre. Enfin si, il est mon genre, mais il est hétéro. Complètement hétéro. Ce n'est pas une option, jamais. Ne te fais pas d'illusions, Yanis. Tu connais la chanson. Ça finit toujours mal. Et maintenant ça ? Ici ? C'est ridicule. Je ne peux pas avoir ça ici, au vu et au su de tout le monde. N'importe qui pourrait voir. Merde, mais contrôle-toi !
Il se força à accélérer le rythme, cherchant à noyer ses pensées dans l'effort physique intense. Ses muscles travaillaient à plein régime, l'eau s'écoulait autour de lui, le souffle de plus en plus court. Mais plus il nageait, plus Paul semblait clair dans son esprit, et plus cette érection embarrassante — ce signe de son corps qu'il ne parvenait pas à maîtriser — s'accrochait. Il voulait la chasser, la faire disparaître à tout prix. Il redoubla de vitesse, sentant ses muscles brûler à l'effort, le souffle de plus en plus court, ses poumons hurlants. Il repensait aux regards de Paul, ces regards furtifs et intenses qu'il avait sentis ces derniers jours, et au regard plus direct qu'il avait reçu dans le couloir. Il se demanda si Paul ressentait quelque chose de similaire. Une curiosité grandissante, mêlée à une prudence ancrée, mais maintenant teintée d'une urgence physique qu'il ne parvenait absolument pas à maîtriser.
Lorsque Yanis atteignit sa limite physique, sentant ses membres faiblir, la tête lourde de l'effort intense, il s'arrêta au bout de bassin et s'agrippa au rebord carrelé, essoufflé et épuisé. La vision de Paul avait quitté son esprit, remplacée par l'épuisement. Son érection disparut avec elle, comme par magie. Un immense soupir de soulagement lui échappa.
À bout de force, il décida de sortir du bassin, l'eau ruisselant le long de son corps, et se dirigea vers les vestiaires pour prendre une douche chaude et se changer. Une fois seul dans sa cabine individuelle, complètement nu, il se regarda : tout était redevenu normal. Un petit sourire amer étira ses lèvres.
— Alors, mon vieux, murmura Yanis, un souffle mêlant humour et exaspération. On n'est pas très discipliné aujourd'hui, hein ? La prochaine fois, on se tient à carreau en public, d'accord ? On a failli faire une scène.
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